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ABBAYE SAINT-GUENOLE DE LANDEVENNEC

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Abbaye Saint-Guénolé de LANDEVENNEC- Landévennec

Landévennec (ou Landevenec) doit son origine au monastère que fonde saint Guingalois, nommé plus communément saint Guénolé (ou Gwénolé) en Bretagne, à la fin du Vème siècle ou au début du VIème siècle. Saint Guénolé est le fils d’un émigré insulaire appelé Fracan (prince de la Bretagne insulaire) et de son épouse Gwenn. Saint-Guénolé, frère de Gwethénoc et Jacques, naît au manoir de Lesguen, en Plouguin, en l'an 461. Il est l'élève de saint Budoc, sur l'île Lavret. Le roi Grallon qui est le bienfaiteur de l'abbaye, meurt l'an 505, et il est inhumé dans l'église abbatiale. Saint-Guenolé meurt en l'an 532 (ou en 504). La maison (abbatia Landtevenecensis) est fondée pour neuf religieux et l'abbé jouit d'un revenu de six mille francs. Louis le Débonnaire, qui veut soumettre les monastères de Bretagne à une règle unique, impose, en 818, la règle de Saint-Benoit. Un manuscrit de la Bibliothèque Laurentienne de Florence (en Italie) nous apprend que deux moines de Landévennec, Pierre et Fidèle, au cours d'un pèlerinage à Rome probablement, aurait trouvé bon accueil auprès de Jean, évêque d'Arezzo (872-898). On trouve mentionnés aussi dans divers documents anciens les noms des moines Clèment (auteur de la "Vie brève" de Guénolé), Gurdisten ou Wrdisten (auteur de la "Vita Sancti Winvaloei"), Wrmonoc ou Wormonoc (auteur de la "Vie de saint Paul Aurélien", en 884). Le monastère primitif est détruit par les normands en 913 ("Eodem anno destructum est monasterium S. Winvaloei a Normannis" - en cette année (913) même le monastère de S. Guénolé fut détruit par les Normands - voir Bibliothèque royale de Copenhague / Fonds Thott, n° 239). De cette époque, plusieurs moines nous sont connus (grâce à un acte passé entre les moines et un donateur) : "Benoît (abbé, successeur de Gurdisten), Ridetwet (prévôt), Martin (doyen), Caradoc (moine), Clément (moine), Wethenoc (moine), Heuchomarch (moine), Retchar (moine), Daniel (moine), Catwaran (moine), Iohann (moine), Loesguoret (moine), Domin (moine)". Le même acte mentionne aussi la présence de quelques laïcs : Dereic, Hethmeren, Hoelechet et d'autres. Dans leur fuite, les moines emportent avec eux les reliques. L'itinéraire des moines est le suivant : d'abord au Mans, puis au château du Loir, et enfin à S. Lau d'Angers. Leurs pérégrinations s'achèvent à Montreuil-sur-Mer, car une charte, datée de 1042, du roi Henri Ier stipule : "Le comte Helgaud reçut en asile avec générosité et munificence le dit saint Walloy (Guénolé), apporté des régions de Bretagne à cause de la crainte des pirates, au temps de l'empereur Louis, fils de Charles le Chauve, et lui donne d'abord un cimetière public qui servait à la sépulture des voyageurs et des étrangers ; plus neuf maisons sous la forteresse, avec un pré adjacent auxdites maisons. Il y ajouta ensuite la villa de Cavron, libre de toute servitude et d'impôts, avec deux églises et un moulin ....". Il faut dire d'ailleurs que les reliques de saint Guénolé ne sont pas les seules reliques bretonnes. Montreuil possède jusqu'à la Révolution des reliques des saints Corentin et Conogan, de saint Malo, de saint Ethbin, et de saint Kilien. De ce trésor, en 1790, on commence d'abord par établir l'inventaire, puis à dépouiller les châsses de leur or et argent, et enfin, le 30 septembre 1793, le représentant en mission, André Dumont, "fit entasser sur la place d'armes toutes reliques, statues, tableaux et autres livres d'église et les livra au feu ..." (de saint Guénolé, Montreuil ne garde guère qu'un ossement). L'abbaye n'est reconstruit que trente ans plus tard lorsque les moines reviennent à Landévennec en 936. Vers la fin du XIème siècle, l'église abbatiale est agrandie. En 1383, les Anglais forcés de lever le siège de Brest, ravagent l'abbaye. Pendant les guerres de la Ligue, l'abbaye souffre tour à tour des Royaux et des Ligueurs. La mense abbatiale est en 1781 unie à l'évêché de Quimper. L'église est dédiée à la sainte Vierge. La vente de l'abbaye de Landévennec est organisée le 21 mai 1792 (mise à prix de 34 000 livres). Mais il ne se présente personne et elle reste en vente jusqu'à ce que Joseph Duplessis l'achète en 1796 au prix de 2 160 livres afin de la revendre en pièces détachées. Les stalles vont meubler l'église Saint-Louis de Brest. Les arcades sont réutilisées pour faire un marché à volaille. Les pierres sculptées sont utilisées comme pavés. Le reste de l'abbaye est acheté en 1875 par le comte Louis de Chalus qui va tenter de faire renaître l'abbaye. La nouvelle abbaye (1953-1965) est édifiée par la communauté bénédictine de Kerbénéat. Les vestiges de l'abbaye Saint Guénolé datent du IX-XIIème siècle. Le tombeau du roi Gradlon date du XIIème siècle. 

Plan de l'abbaye de Landévennec avant la Révolution

Plan de l'abbaye de Landévennec avant la Révolution.

Saint Guingalois (Guénolé), fils de Fracan de la Grande-Bretagne et de Guen (Gwenn) ou Blanche, son épouse, est le premier abbé de Landévennec. Ce saint meurt le 3 mars 504 (ou vers l'an 532). Saint Guenhael succède à saint Guingalois en 504. Après avoir gouverné son monastère durant 7 ans, il est obligé de l'abandonner et de passer dans l'île de Bretagne pour éviter la fureur des Frisons, qui mettent tout à feu et à sang dans l'Armorique. Rioval ayant chassé les Frisons en 513, saint Guenhael revient à son monastère, où il va séjourner quelques temps, c'est-à-dire trois ans. Il se retire, ensuite dans le diocèse de Vannes, où il meurt vers l'an 518. L'ancien catalogue des abbés de Landévennec, inséré au cartulaire de cette maison, fait succéder à saint Guenhael, Matmunoc, Segneu, OElam, Gurdestin, Benedic, Gurdilec, Johan, Clément, Johan et Gurlohet (ou Guholet), sur lesquels la tradition ne nous fournit rien. Une charte-notice, datée entre 944 et 952, conservée dans le Cartulaire de l'abbaye, la 25ème, est un procès-verbal de donations, dressé au nom d'Alain Barbetorte et attesté de lui, et de ses deux fils, Gwérec et Hoël, ainsi que des évêques de Dol, Nantes, Vannes et Aleth, à l'abbé de Landévennec, qui est alors Johan ou Iohann (Jean) : "Abbati Iohanni, quia vocavit illum infra mara atque invitavit, et jusjurandum juraverunt ejus fideles illi antequam venisset, hi sunt Amalgod atque Uuethenoc, super altare sancti Petri apostoli, et iste Iohannes satisfactione deservivit inter barbaros plurimaque inter genera Saxonum atque Normanorum, et necessariam multis vicibus assiduis pacem (que) trans mare atque infra mare ad gaudium nostrum nuntiavit ..." (A l'abbé Jean, parce qu'il l'a appelé et invité à venir de ce côté-ci de la mer, et que ses fidèles, à savoir Amaglod et Wethenoc, avant qu'il ne vînt, lui ont prêté serment sur l'autel de saint Pierre apôtre, et parce que ce Jean a rendu service à la satisfaction (de tous) au milieu des barbares et de plusieurs groupes de Saxons et de Normands, et à plusieurs reprises, assidûment, de l'autre côté et de côté-ci de la mer, nous a annoncé la paix indispensable, pour notre joie...). De son patrimoine, Alain Barbetorte ajoute ce qui suit : "- le monastère de Saint Médard et sa terre, quatre milles de long, deux de large, avec bois, eaux et près, terres cultes et incultes, et dépendances ; - l'église de Sainte-Croix, en ville de Nantes, et celle de Saint-Cyr, hors ville ; - la moitié de la trève et de l'église de Sucé, à cinq milles de Nantes, avec ses dépendances ; - l'église du même saint (Saint Cyr ?) et toute l'île appelée Bath Wenran (Batz en Guérande) avec ses dépendances, ainsi que la dîme de son vin, deux parts sur la dîme des poissons et vingt muids du sel de tonlieu, vingt muids de froment, la dîme en espèces et le tonlieu ou cens libre du sel, à servir chaque année à saint Guénolé, et à son susdit abbé Yann en propriété et héritage perpétuel". Matmonoc ou Matmunoc, abbé de Landévennec, va trouver en 818 l'empereur Louis le Débonnaire pour lui rendre ses hommages. L'empereur l'exhorte à quitter la règle de saint Colomban, et à prendre celle de saint Benoît, qui est alors en usage dans les monastères des Gaules. L'abbé lui promet de faire ce qu'il demande, et c'est donc à lui que l'ordre de Saint-Benoît est redevable de l'abbaye de Landévennec. Gurdestin, abbé, écrit dans le IXème siècle, la Vie de saint Guingalois, fondateur de son monastère. Cette Vie est au commencement du cartulaire de la maison, qui paraît avoir été écrit dans le même siècle. Benoît, abbé de Landévennec, obtient d'Hepunou, fils de Rivelen, l'église de Sancius (ndlr : nom se trouvant ainsi dans le texte latin de la donation, publié par O. Morice). Cette donation est approuvée par Huarveten, évêque de Quimper. Cadnou est gratifié par Budic, comte de Cornouaille, du vicariat d'Edern, sous le règne du duc Alain le Grand, décédé en 907. On ignore l'année de la mort de cet abbé, le jour est marqué dans le nécrologe du monastère au 14 août. Jean est fait prisonnier par les Normands. Après une longue captivité, il est mis en liberté et revient en Bretagne. Le duc Alain Barbetorte lui donne le soin de l'abbaye de Landévennec, et fonde en sa considération le prieuré de Batz, près de Guérande. Blenlived ou Blenliguet assiste à la fondation de l'église de Saint-Ronan de Locronan (ou Locrenan), faite en 1031, par Alain Cagnart (ou Canhiard), comte de Cornouaille. Ce dernier fonde aussi le monastère de Sainte-Croix de Quimperlé (Kemperlé) vers 1029. Le quatrième fils d'Alain Canhiart et de Judith, nommé Benoît, prend l'habit monastique à Landévennec dans les années 1050, en attendant de devenir abbé de Quimperlé. Sa cadette, Hodierne devient abbesse de Locmaria près de Quimper. C'est à Landévennec enfin que la comtesse Judith, très proche de l'abbé Elisuc, est enseveli, en 1063, dans l'église abbatiale. On ne sait pas l'année de la mort de Blenlived : le jour en est marqué au 13 juin dans le nécrologe du monastère. Elizée ou Elizuc ou Elisuc souscrit à une donation faite à l'abbaye de Quimperlé, en 1037, par Judith, comtesse de Cornouaille. Elisuc est intronisé en 1047. Il meurt le 4 juillet 1055, suivant la Chronique de Quimperlé. Killac ou Killa ou Kyllai est élu en 1056, puis assiste au sacre du roi Philippe Ier en 1060, et meurt le 9 juin 1085. Justin est témoin dans le différend que les religieux de Redon ont, l'an 1089, avec les chapelains du duc Alain Fergent, pour la célébration du service divin en présence de ce prince. Un procès-verbal, daté vers 1080, est reproduit dans le Cartulaire (n° 51) : "Sache le lecteur que Justin, abbé de Saint-Guénolé, avec sa communauté, a accepté que soient données au Christ, en hôpital au service des pèlerins et indigents, le tiers de la dîme de la trève de Pétran et la villa d'Haldebert avec ses redevances. Reçus de Briec, serviteur du dit hôpital, en signe de charité, dix sols, pour que cette donation soit tenue pour perpétuelle. Quiconque s'aviserait de détruire ceci, qu'il sache qu'il entendra le Seigneur lui dire : J'ai été étranger et tu ne m'as pas accueilli. Fait au chapitre, l'entendant et y consentant tous les frères : Sausoiarn, Gurloen, Hedrus et Rodald, de saint Melaine (Rennes) ; et les moines de Saint-Sauveur (Redon), Guéguon, Héloco et Héhoiarn, présents avec leur abbé ; ainsi que Rédorède, Gudian, Iohan, Urvodius, Orscand, Jonas, Jacob, Adoric, Stéphan, Daniel, Lancelin". Ces dernier sont sûrement les moines de Landévennec. L'année de la mort de Justin est inconnue, mais le jour en est marqué au 10 novembre dans le nécrologe de son monastère. Parmi les abbés suivants, plusieurs ne sont connus que de nom (le nécrologe de leur monastère, qui les indique presque tous, marque seulement le jour de leur mort, sans dire toujours en quelle année elle est arrivée). On trouve Guillaume, Lancelin, Orscand et Elinard ou Elmard (ou Elimaire, de l'abbaye de Quimperlé) qui occupe le siége abbatial en 1142, et meurt le 27 mai 1142. L'abbé Grallon ou Graslon (ou Gradlon) souscrit la charte donnée en 1160 aux chevaliers du Temple, par le duc Conan le Petit. Il meurt le 12 mars, selon le nécrologe de son abbaye. On trouve ensuite, Rivalon dit de Broc-Erec ou Broerec'h (moine de la dite abbaye) puis un second Gradlon, qui est dit "du Plou Saint-Eneour au pays de Cap-Caval". Jacques qui le suit, est semble-t-il, le "Majister Jacobus" mentionné en 1161 et devenu plus tard "Jacobus monachus" du Cartulaire de Sainte-Croix. Le Rivalon suivant est dit "du Faou" (ou "du Fou") et meurt le 14 novembre 1216 (ou 1218), selon le même nécrologe. Tadic a quelques différends avec R., évêque de Quimper, touchant la visite que ce prélat veut faire dans l'abbaye de Landévennec. Cette dispute qui commence en 1226, se termine en 1236, par la médiation de Cadioc, évêque de Vannes. C'est le même Tadic, qui en 1224, est chargé par le pape Honorius III d'informer conjointement avec l'évêque de Léon, sur la sainteté de l'ancien abbé de Carnoët, Maurice Duault, décédé en 1191, et dont les cisterciens demandent la canonisation. Tadic meurt le 20 juin 1240, selon le nécrologe de son monastère. Rivallon de Ploemergat meurt le 11 avril 1254. Rivallon de Treflès meurt le 24 février 1256. Bernard d'Edern meurt le 6 août 1271. Bernard de Kerlauré meurt le samedi avant l'Ascension, en l'année 1280. Rivallon, religieux de Quimperlé, succède au précédent, et meurt en 1282, selon la Chronique de Quimperlé. Rioc meurt le 7 janvier 1283, suivant le nécrologe de son monastère. Jean de Léon occupe le siége abbatial au mois de juin 1293. Gradlon, religieux de Quimperlé, succède au précédent, et meurt le 13 mars 1307, suivant le nécrologe de Quimperlé. Jean Le Porc (1283-1308) meurt le 23 mars 1308. Guillaume, religieux de Saint-Melaine de Rennes, succède à Jean Le Porc et meurt le 3 octobre 1317 (ou 1311). Yves Gormon, nommé abbé le 17 août 1317, meurt le 17 juin 1344, suivant le nécrologe de son monastère. Jean de Langoueznou, abbé après Yves Gormon, aurait été, dit-on, témoin du prodige qui s'est opéré au tombeau de Salaun, surnommé "ar foll", de la bouche duquel il sortit après sa mort un lis dont toutes les feuilles portaient ces mots écrits en lettres d'or : Ave Maria. Cet abbé vit très saintement et l'on assure qu'on aurait obtenu à une certaine époque plusieurs miracles à son tombeau. Il est l'auteur de la prose "Languentibus in purgatoris". Après la mort, sans héritier direct, en 1341, du duc Jean III, deux compétiteurs s'opposent : Charles de Blois (époux de Jeanne de Penthièvre, nièce du duc défunt) et Jean de Montfort (son demi-frère). Les Français prennent le parti de Charles de Blois et les Anglais viennent à l'aide de Montfort. Le monastère se trouve alors dans une grande détresse comme le font sentir certains Actes du Saint-Siège, alors en Avignon :  "- le 29 mai 1356, Innocent VI, donne mandat aux évêques d'Angers, Quimper et Léon de frapper d'excommunication quiconque aura commis des violences contre les religieux de Landévennec et contre leurs biens ; - le 14 juin 1389, Clément VII, charge les évêques d'Angers, Quimper et Léon de porter secours à l'abbé de Landévennec, qui a été dépossédé de son monastère et dont les religieux sont dispersés". Alain de Pièzres meurt à Avignon. Armel de Languern ou Armel de Villeneuve (ou Gernevez) en Lanvern (Plonéour) meurt le 22 juillet 1362. Alain de Daoulas meurt le 3 juin 1371. Bernard meurt en 1380. Par acte du 6 décembre 1382, Clément VII charge les évêques de Saint-Brieuc, Quimper et Tréguier, "de mettre l'abbé Guillaume de Parthenay en possession de son monastère de Landévennec et de soumettre à son obédience les religieux de ce monastère, sous menace de sanctions". Guillaume et les moines sont expulsés par les Anglais et le monastère est alors pillé. Dès 1394, on retrouve le monastère de Landévennec, taxé de 120 florins d'or par la "Chambre apostolique". En 1398, l'abbé Guillaume est présent aux Etats de Bretagne, réunis à Rennes. Guillaume de Partenay (ou Partenai) meurt le 9 août 1399. Yves de Poulmic, abbé de 1399 à 1425, est témoin de l'enquête faite le 4 août 1410, sur les droits du vicomte de Rohan en Cornouaille et en Léon. Il meurt le 5 avril 1426, selon le nécrologe de son abbaye. Henri Morillon, abbé de 1425 à 1442, meurt le 22 février 1442. Jacques de Villeblanche est élu abbé de Landévennec en 1443. La bulle du pape Eugène IV en le nommant abbé de "Saint Vyngolay de Landevenech", précise qu'il est chanoine de Luçon, à peine âgé de 20 ans, et engagé dans les ordres mineurs. Il est nommé dès 1443 à l'évêché de Quimper par le pape Eugène IV, mais refusé par le duc. Le duc n'ayant agréé cette nomination, le pape transfère alors à Quimper Alain l'Espervez, évêque de Dol. Jacques de Villeblanche assiste, le 15 octobre 1480, à l'entrée solennelle de Gui ou Guy, évêque de Quimper, et meurt en 1490. Jacques de Villeblanche fait "lambricer nostre église et faire le grand escalier, qui va aux greniers, et plusieurs autres choses". Matthieu Hemery, nommé abbé le 20 juillet 1489, meurt le 2 septembre 1496. Jean de Vieux-Chastel (ou Cozmaner), religieux de Landévennec dès 1477 et prieur du prieuré Saint-Guénodé de Tonq ou Conq (Concarneau), est élu en 1496 (ou 1497) et tient le siége pendant 25 ans. Jean du Chastel se heurte à un prétendant, un certain Tourmelan, religieux bénédictin et prieur de Ruffiac (dépendant de l'abbaye de Redon). Une bulle d'excommunication, réclamée par Jean du Vieux-Chastel, est signée du pape Alexandre VI, l'an 1498. Il fait faire "les grandes fenestres qui sont dans nostre église, scavoir au bout de la nef, à la croisée du costé du cloistre et celle qui sont au tour des chapelles. Il fait faire les chaises du choeur, le Grand S. Guénolé de pierre qui est au grand autel, la chapelle de S. Barbe qui est aprésent celle de Nostres Dame ....". Il décède le 19 mars 1552 et il est enterré "devant l'autel de Nostre Dame d'aprésent, dans une sépulture de pierre eslevé lequel on mit proche la croisée l'an 1645 quant l'onhaussa l'église..." (Dom Noël Mars). Thomas Le Roy, clerc de la Chambre Apostolique, secrétaire des brefs et nommé à l'évêché de Dol (nomination refusée par le roi), obtient en 1522 l'abbaye de Landévennec en commende, et meurt en 1524. Alain de Tregain, archidiacre de Quimper, reçoit du pape Clément VII en 1524 les bulles de l'abbaye de Landévennec. Cette place lui est disputée par quelque régulier, mais Alain est maintenu, le 3 octobre 1526, dans son bénéfice. Louis de Kerguern succède à l'archidiacre de Quimper, et meurt au mois de juin 1534. A cette époque, frère Alain de Pencoet se prétend abbé de Landévennec, et il semble être apparemment celui qui a disputé l'abbaye à Alain de Tregain. Maurice Brient (ou Briand) obtient mainlevée de l'abbaye de Landévennec le 14 avril 1525, et meurt en 1538. Arnould Brient, doyen de Notre-Dame de Cléry (au diocèse d'Orléans), obtient les bulles de l'abbaye de Landévennec au mois de septembre 1538, et prête au roi serment de fidélité le 30 avril 1541. Il fait beaucoup de réparations et d'embellissements dans son église. Maurice de Commacre, neveu du précédent, est fait coadjuteur de Landévennec en 1540 à l'âge de 17 ans, succède à son oncle en 1555, et résigne à Pierre Loargan en 1577. Pierre Loargan, dit "Brasparts", obtient en 1577, du pape Grégoire XIII, les bulles de l'abbaye de Landévennec sur la résignation de Maurice de Commacre. C'est un prêtre simple et fort ignorant. En effet, il était gouverné par René de Mesgouez et surtout le frère de ce dernier Troïlus, le marquis de La Roche, qui avait l'administration du temporel de l'abbaye et qui en percevait les fruits. Ce seigneur de La Roche, craignant que frère Louis Lansulien, prieur de l'abbaye, ne le trouble dans son administration le flatte toujours d'une résignation, mais il n'exécutera jamais sa promesse, et le prieur meurt en 1601 sans avoir rien obtenu. Ainsi c'est mal à propos qu'on lui donne le titre d'abbé dans le nécrologe. René de Mesgouez et son frère Troïlus (page et amant de la reine Catherine de Médicis) s'entendent en effet pour faire main basse sur l'abbaye de Landévennec : vaisselles d'argent, ornements et vases sacrés, cloches, et surtout le bois (10 000 pieds d'arbres coupés), tout y passe. L'abbaye ne tarde pas alors à tomber en ruine, comme en témoigne un constat d'huissier établi en 1603 : ".. fenêtres sans vitres ou bouchées, murs écroulés, toitures à jours, église et maison livrées au vent et à la pluie". Aux méfaits des Mesgouez, s'ajoutent les guerres de la Ligue : "En l'an 1593, la porte sacrée de ladicte abbaye (de son tabernacle) qui estoict d'or massif et les plus beaux ornementz qui y estoient servant au service divin furent emportés et ravagés avecque les meubles de ladicte maison et garnitures des chambres pour loger lesdictz religieux par les gentz de guerre entrèrent aux chambres de ladicte Maison et d'iceux emportèrent tout ce qu'ilz y trouvèrent entre tous les garandz de ladicte Maison et abbaye qui estoient en un grand coffre (les chartes)". Au mois de janvier 1594, un régiment de la Ligue conduit par le comte de la Maignanne aurait logé dans l'abbaye et "en l'espace de trois jours lesquels brûlèrent toutes les restes des boisages quy restoient en ladicte Maison portes et fenestres d'icelle et le reste des garandz demeurés apprès ledict premier ravaige en la chambre basse de ladicte maison nommée la chambre de sainct Benoist jettèrent la plus grande partie au feu et le reste sous les piedz de leurs chevaux tellement quilz ont été perdus et gatées". Au mois d'octobre 1595, "une troupe d'anglois comme l'on alloict au siège de Craouzon dessendirent en ladicte maison et abbaye de Landévennec, quilz entrèrent dans l'église d'icelle et emportèrent le reste des ornementz comme chapples et chasubles, nappes et lingeries, et les autres choses qu'ils y trouvèrent". A la fin de 1596, il reste sept moines. En 1597, ils sont cinq religieux : Louis Lansulien, Jean Mathézou, Ollivier Le Beuzit, Pierre Le Gouez, Guillaume du Louet. En 1603, ils ne sont plus que trois, et deux en 1608. Jean Brient (ou Briand ou Briant), chanoine et archidiacre de Quimper, obtient les bulles de l'abbaye en 1608, sur la résignation de Pierre Loargan le 15 mars 1608. Le 27 octobre 1608, le pape Paul V signe la Bulle de commission pour la commende de Landévennec, au nom de Jean Briant, en même temps d'ailleurs que les Bulles de recommandation (datées du 6 novembre 1608), au roi, à l'évêque de Quimper, et aux frères de la communauté de Landévennec ("Paulus Quintus, servus servorum Dei, dilectis filiis conventus monasterii Sancti Vingolei de Landeguennec ordinis sancti Benedicti Corisopitensi dioecesi ..."). Il prend possession de l'abbaye le 9 juin 1609, et dès lors il s'applique à assurer les urgences matérielles et à rétablir le temporel qui était dans un grand désordre. Il y remédie pour le spirituel, en introduisant, dans son monastère, en 1616, les Pères de la Société de Bretagne : Benoît Grousdoit, Christophe Picot, Jean Talliotz, Guillaume Robineau. Un "concordat" est signé en 1617 avec le Visiteur de la Société, Fr. François Stample. Mais des querelles entre l'abbé et les moines ont lieu, car chaque parti s'acharne à tirer à lui la couverture pour le partage des revenus (Plainte des moines en 1619, Arrêt du Parlement révoquant le concordat en 1622, nouveau concordat en 1623, requête de l'abbé en 1625, requête des moines en 1626, Arrêt du Parlement et retour au "statu quo ante" en 1629, ...). Jean Brient démissionne en 1627 et meurt le 21 mai 1632, et il est inhumé dans son église où l'on voit son épitaphe : "Hic exspectat resurrectionem mortuorum R. ac V. vir Joannes Brient Curiosolita, qui superstes juris utriusque doctor, archidiaconnus ac canonicus Corisopitensis hujusque coenobii archimandrita, ejusque reformationis auctor, bonorum venditorum redhibitor, aedium aedificiorumque restaurator, novorumque pervigil exstitit exstructor". Pierre Tanguy (ou Tangui) est pourvu de l'abbaye en 1627 par suite de la résignation qu'en avait faite Jean Brient le 1er mars de la même année. Il est neveu de Pierre Brient : "Messire Pierre Tangui, conseiller du Roy, Aumônier ordinaire de la Reyne Anne d'Autriche, parent du deffunt Briand". Pierre Tanguy prend possession de l'abbaye le 21 février 1630, et y introduit les Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur en 1636, alors qu'un arrêt du 28 août 1631 mettait les moines en demeure de "se faire agréger à laditte Réformation de Saint-Maur dans les trois mois". Il meurt en 1669, et il est enterré dans la chapelle de Notre-Dame dans l'église abbatiale. Les armoiries de Pierre Tanguy se voient au presbytère de Crozon et de Trégarvan, au Petit-Folgoat et à l'église de Landévennec, à l'église d'Argol, à Plomodiern (chapelle Saint-Sula), en Edern (chapelle de Guelvain), et ailleurs. Jacques Tanguy, neveu de Pierre Tanguy, est nommé en 1665 sur la résignation du précédent, assiste aux Etats tenus à Vitré en 1673 en qualité d'abbé de Landévennec. Il est lui aussi "conseiller et chapelain ordinaire de la deffuncte Reine mère du Roys" (Anne d'Autriche) et dit encore "seigneur de Guelvain (en Edern) et des Sales (Landrévarzec) et autres lieux". Il meurt le 18 novembre 1695, et il est enterré dans la même chapelle. Très préoccupés par leurs rentes et revenus, ni Pierre Tanguy, ni Jacques Tanguy, n'ont vraiment contribué au développement de l'abbaye. Pierre de Léneboux (ou Le Neboux) de La Brosse, évêque de Saint-Paul de Léon, prend possession de l'abbaye le 6 avril 1696. Il meurt dans son diocèse (à Brest) le 18 septembre 1701. Balthazar de Rousselet de Château-Renaud (ou Chateaurenaud), abbé de Fontaine-les-Blanches, ordre de Cîteaux, est pourvu de l'abbaye de Landévennec le 4 janvier 1701 et prend possession de l'abbaye le 12 mars 1702. Il meurt au mois d'avril 1712 sans s'être beaucoup occupé de cette abbaye, où il ne résidait guère (l'état de l'église ne faisait qu'empirer). Claude Marie Duplessis (ou Duplessix) d'Argentré est nommé le 18 août 1712, et meurt le 25 novembre 1713. Jacques Philippe de Varennes, nommé à l'abbaye de Landévennec le 24 décembre 1713, prend possession de l'abbaye en 1714, et meurt en 1745. Jean Baptiste Marie Champion de Cicé (fils de Marie Rose de Varennes), né à Rennes le 10 février 1725, nommé à l'abbaye de Landévennec le 24 mars 1746 (à peine âgé de 21 ans), est d'abord vicaire général de Bourges, ensuite évêque de Troyes (en 1758) et sacré à Rome en cette qualité par le pape Clément XIII le 3 septembre 1758, puis transféré à Auxerre le 1er janvier 1761. Il ne réside pas souvent en son abbaye (se faisant remplacer par son frère et ayant droit, Louis Toussaint, lieutenant des vaisseaux du roi) et il est le dernier abbé à posséder cette abbaye en commende. La mense abbatiale est réunie ensuite à l'évêché de Quimper en 1781. Dès le 4 février 1781, "un brevet du Roy autorise l'évêque à engager en cour de Rome la procédure en vue d'extinction et d'union de l'abbaye" (à noter que la bulle pontificale était datée de "l'an de l'Incarnation mil sept cent quatre vingt un, le dix des calendes de Février" (soit le 23 janvier 1781)). On dénombre quatre moines en 1783 à s'opposer à leur abbé dans le cadre de l'union à l'évêché de Quimper : Jacques Maurice, prieur (37 ans), Antoine Roullon, sénieur (53 ans), Michel Vezat (55 ans), François Lésec ou Lézec, procureur (38 ans). En 1790, on trouve toujours quatre moines : Pierre Le Moyne, prieur (47 ans), Jullien Pierre Le Gal, sénieur (49 ans), Jullien Pierre Jolivel, procureur (38 ans) et François Lésec. Dès le 22 février 1791, la paroisse de Landévennec fait usage de l'église abbatiale "attendu qu'il ne s'y trouve plus de religieux". M. de Cicé, après avoir souffert un long exil (à partir de 1792), meurt en Prusse dans le courant de l'année 1805 (le 6 août 1805 à Halberstadt).

" Landévennec a été fondé dans le cours du Vème siècle par saint Guénolé, disciple de saint Budoc, ami de saint Corentin et du roi Grallon. C'est dans un site enchanteur, au fond de la rade de Brest, à l'embouchure des rivières du Faou et de Châteaulin, qu'il établit son monastère. Sur ce coin de terre abrité contre les tempêtes le climat était si doux, la vie des premiers moines si pure et si céleste qu'ils vieillissaient, mais ils ne mouraient pas. Ils furent obligés de demander à Dieu de quitter ce monde et d'aller jouir de lui dans le paradis ; leur prière fut exaucée, mais pendant longtemps ce fut par ordre d'ancienneté que la mort vint les délivrer. Cette tradition populaire a admirablement inspiré notre poète Brizeux dans La Légende des Immortels. Ces premiers disciples et leurs successeurs suivaient la règle des moines écossais, pour ce qui est du régime de vie, de la tonsure et du costume qui consistait en une robe recouverte d'un manteau en peau de chèvres. Louis le Débonnaire, pendant qu'il campait dans la forêt de Priziac, dans une de ses expéditions contre le roi Morvan, en 818, voulant obtenir l'uniformité dans tous les monastères de Bretagne, eut un entretien avec Matmona, abbé de Landévennec, et lui imposa comme aux autres la règle de saint Benoît, qui fut désormais suivie (Cartul., p. 76). Le corps de saint Guénolé fut enseveli dans l'oratoire qu'il avait construit et transféré ensuite dans la grande église qui fut bâtie plus tard (Cartul., p. 134). Cet édifice fut détruit par les Normands et après le retour des moines et la remise en état du monastère par l'abbé Jean, l'un de ses successeurs, Blenlivet ou Brélivet, 1031-1047, reconstruisit l'église qui a subsisté pendant près de huit siècles et dont nous ne voyons plus que les ruines. Vendue comme propriété nationale pendant la Révolution, elle existait encore entière vers 1810 ou 1815, mais alors son acquéreur s'acharna à la détruire, il y établit un four à chaux et employa une grande partie des matériaux de l'église et de l'abbaye à cette industrie. Il reste cependant une partie des murs sur une certaine hauteur et les soubassements des piles qui ont été dégagés par l'ancien propriétaire, M. le comte de Chalus, ce qui permet de déterminer exactement le tracé de l'édifice. Il se composait d'une nef de 7 mètres de largeur et de deux bas-côtés de 3m10, de deux bras de croix, assez profonds, d'un sanctuaire en hémicycle ferré par quatre colonnes cylindriques et contourné par un bas-côté ou déambulatoire sur lequel s'ouvrent trois chapelles rayonnantes en cul-de-four, celle du milieu étant un peu plus profonde que les deux autres. La longueur totale est de 51m80, la longueur de la nef et des bas-côtés, 13m20, et celle des transepts en travers, 30m80. Le plan a la même disposition que ceux de Loctudy et de Saint-Gildas-de-Rhuys et il est assez probable que le constructeur s'est inspiré de ce dernier édifice, commencé en 1008 et consacré en 1032. Les dix piliers de la nef de Landévennec sont en carré long avec pilastre du côté du collatéral et colonnettes cylindriques dans l'intérieur des arcades. Les quatre piles du transept et les deux de l'entrée du sanctuaire sont en forme de croix grecque et cantonnées de trois colonnettes. Presque toutes ces colonnettes ont leurs bases couvertes de sculptures un peu barbares, mais caractéristiques du XIème siècle. Il en est de même des chapiteaux dont quelques-uns sont encore en place, et la plupart gisants par terre ; on y trouve des crossettes, volutes, enroulements, chevrons et passementeries, branches et feuillages, animaux et petits personnages informes. M. Louis Courajod, ancien professeur de sculpture française à l'Ecole du Louvre, a reconnu dans quelques-uns de ces chapiteaux l'influence irlandaise. Le sol intérieur ou pavé s'en va en pente en s'abaissant vers le sanctuaire, de sorte que le niveau de l'abside est d'environ un mètre plus bas que celui de l'extrémité ouest. C'est une particularité que l'on retrouve aussi à Loctudy. Les trois chapelles rayonnantes et le pourtour du choeur ont conservé leurs fenêtres en plein-cintre. Chaque chapelle est percée de trois fenêtres de 0m80 de largeur et de 2m50 environ de hauteur, et le mur de pourtour qui les sépare a des baies géminées un peu plus étroites. Dans les collatéraux on ne trouve plus de fenêtres, sauf une seule dans le mur midi, véritable meurtrière de 2 mètres de hauteur, n'ayant à l'extérieur que 0m20 d'ouverture et offrant à l'intérieur un évasement de 0m80. Au lieu de correspondre à l'axe d'une travée, elle se trouve placée au droit d'une pile, singularité que l'on rencontre aussi dans les bas-côtés de Loc-Maria-Quimper. Dans le transept nord on voit la trace d'une petite chapelle demi-circulaire, où se trouvait, dit-on, le tombeau de saint Guénolé. Le tombeau était vide à l'époque de la reconstruction de l'église puisque les reliques du saint fondateur en furent retirées lors de l'invasion des Normands et transportées par des moines à Montreuil-sur-Mer, en 924 ou 925. Il est à croire cependant que la position de ce sépulcre, désormais vide mais toujours vénérable, influa sur la disposition et les dimensions de la nouvelle église rebâtie sur l'emplacement de l'ancienne. A l'angle du transept opposé, dans l'espace compris entre le bas-côté du choeur et la sacristie, est le tombeau du roi Grallon. C'est une sorte de caveau où l'on peut pénétrer de trois côtés par des arcades basses de 0m80 de largeur. Autour du carré intérieur mesurant 2m40 de côté règnent trois marches qui descendent à un niveau de 0m60 et à cette profondeur on voit un sarcophage qui n'est point une auge de pierre comme on en trouve généralement dans les églises anciennes et les cimetières primitifs, mais c'est une logette en maçonnerie d'appareil moyen, affectant la forme du corps, large de 0m50 aux épaules, 0m30 aux pieds, profonde de 0m40 et ayant une petite cellule de 0m20 sur 0m15 pour recevoir la tête. Les pieds étaient à l'orient et la tête à l'extrémité ouest. Le tombeau est maintenant envahi par les terres éboulées et par les herbes parasites. Pour ce qui est des bâtiments de l'abbaye, quelques substructions, quelques restes de maçonneries en indiquent les anciennes dispositions ; on reconnaît la place du cloître dont un côté longeait le collatéral sud de l'église, et un fragment de chapiteau, un seul, accroché aux restes d'une porte, montre par un reste de feuille admirablement galbée que ce cloître datait de la belle époque du XIIIème siècle. Mais ce cloître primitif aurait été, d'après quelques-uns, remplacé au XVIIème siècle par des piliers et des arcades que l'on retrouve maintenant à Brest où elles ont été transportées pour construire le Marché-Pouliquen, dans le voisinage des halles de Saint-Louis. C'est avec un grand serrement de coeur que l'on voit réduite à cet état l'abbaye la plus ancienne et la plus illustre de notre Basse-Bretagne et l'on évoque avec tristesse la mémoire de saint Guénolé, le fondateur, de son fils chéri et successeur, saint Guénael, et des admirables moines qui ont sanctifié ces lieux, et non moins celle du roi Grallon-Meur qui voulut y mourir et y être enseveli " (abbé Abgrall, 1901).

 

Eglise de l'abbaye de Landévennec

 

Chapiteaux de l'abbaye de Landévennec

ÉGLISE ABBATIALE (d'après M. Peyron et M. Abgrall, en 1917).

Vendue comme propriété nationale pendant la Révolution, l'église de l'abbaye existait encore entière vers 1810 ou 1815 ; mais alors son acquéreur s'acharna à la détruire, il y établit un four à chaux et employa une grande partie des matériaux de l'église et de l'abbaye à cette industrie. Il reste cependant une partie des murs sur une certaine hauteur et les soubassements des piles qui ont été dégagés par le propriétaire actuel, M. le comte de Chalus, ce qui permet de déterminer exactement le tracé de l'édifice. Il se composait d'une nef de 7 mètres de largeur et de deux bas-côtés de 3 m. 10, de deux bras de croix assez profonds, d'un sanctuaire en hémicycle fermé par quatre colonnes cylindriques et contourné par un bas-côté, ou déambulatoire sur lequel s'ouvrent trois chapelles rayonnantes en cul-de-four, celle du milieu étant un peu plus profonde que les deux autres. La longueur totale est de 51m. 80, la largeur de la nef et des bas-côtés, 13 m. 20, et celle des transepts en travers. 30 m. 80.

Le plan a la même disposition que ceux de Loctudy et de Saint-Gildas-de-Rhuys et il est assez probable que le constructeur s'est inspiré de ce dernier édifice, commencé en 1008 et consacré en 1032 ; terminé plus probablement à la fin du XIème siècle. Les dix piliers de la nef de Landévennec sont en carré long avec pilastre du côté du collatéral et colonnettes cylindriques dans l'intérieur des arcades. Les quatre piles du transept et les deux de l'entrée du sanctuaire sont en forme de croix grecque et cantonnées de trois colonnettes. Presque toutes ces colonnettes ont leurs bases couvertes de sculptures un peu barbares, mais caractéristiques du XIème siècle. Il en est de même des chapiteaux, dont quelques-uns sont encore en place, et la plupart gisant par terre ; on y trouve des crossettes, volu­tes, enroulements, chevrons et passementeries, branches et feuillages, animaux et petits personnages informes. M. Louis Courajod, ancien professeur de l'histoire de la sculpture française à l'Ecole du Louvre, a reconnu dans quelques uns de ces chapiteaux l'influence irlandaise.

Le sol intérieur ou pavé s'en va en pente en s'abaissant vers le sanctuaire, de sorte que le niveau de l'abside est d'environ un mètre plus bas que celui-ci de l'extrémité Ouest. C'est une particularité que l'on retrouve aussi à Loctudy.

Les trois chapelles rayonnantes et le pourtour du choeur ont conservé leurs fenêtres en plein-cintre. Chaque cha­pelle est percée de trois fenêtres de 0 m. 80 de largeur et de 2 m. 50 environ de hauteur, et le mur de pourtour qui les sépare a des baies géminées un peu plus étroites. Dans les collatéraux, on ne trouve plus de fenêtres, sauf une seule dans le mur Midi, véritable meurtrière de deux mètres de hauteur, n'ayant à l'extérieur que 0 m. 20 d'ouverture et offrant à l'intérieur un évasement de 0 m. 80. Au lieu de correspondre à l'axe d'une travée, elle se trouve placée au droit d'une pile, singularité que l'on rencontre aussi dans les bas-côtés de Loc-Maria-Quimper.

Dans le transept Nord, se trouvait, dit-on, le tombeau de saint Guénolé. Le tombeau était vide à l'époque de la reconstruction de l'église, puisque les reliques du saint fondateur en furent retirées lors de l'invasion des Normands et transportées par des moines à Montreuil-sur-Mer en 924 ou 925. Il est à croire cependant que la position de ce sépulcre, désormais vide mais toujours vénérable, influa sur la disposition et les dimensions de la nouvelle église rebâtie sur l'emplacement de l'ancienne.

A l'angle du transept opposé, dans l'espace compris entre le bas-côté du choeur et la sacristie, est le tombeau du roi Grallon. C'est une sorte de caveau où l'on peut pénétrer de trois côtés par des arcades basses de 0 m. 80 de largeur. Autour du carré intérieur, mesurant 2 m. 40 de côté, règnent trois marches qui descendent à un niveau de 0 m. 60, et à cette profondeur on voit un sarcophage qui n'est point une auge de pierre comme on en trouve généralement dans les églises anciennes et les cimetières primitifs, mais c'est une logette en maçonnerie d'appareil moyen, affectant la forme du corps, large de 0 m. 50 aux épaules, 0 m. 30 aux pieds, profonde de 0 m. 40 et ayant une petite cellule de 0 m. 20 sur 0 m. 15 pour recevoir la tête. Les pieds étaient à l'Orient et la tête à l'extrémité Ouest. Le tombeau est maintenant envahi par les terres éboulées et par les herbes parasites.

Pour ce qui est des bâtiments de l'abbaye, quelques substructions, quelques restes de maçonneries en indiquent les anciennes dispositions ; on reconnaît la place du cloître, dont un côté longeait le collatéral Sud de l'église, et un fragment de chapiteau, un seul, accroché aux restes d'une porte, montre, par un fragment de feuille admirablement galbée, que ce cloître datait de la belle époque du XIIIème siècle. Mais ce cloître primitif aurait été, d'après quelques-uns, remplacé au XVIIème siècle par des piliers et des arcades que l'on retrouve maintenant à Brest, où elles ont été transportées pour construire le Marché-Pouliquen, dans le voisinage des halles de Saint-Louis.

C'est avec un grand serrement de coeur que l'on voit réduite à cet état l'abbaye la plus ancienne et la plus illustre de notre Basse-Bretagne, et l'on évoque avec tristesse la mémoire de saint Guénolé, le fondateur, de son fils chéri et successeur, saint Guénael, et des admirables moines qui ont sanctifié ces lieux, et non moins celle du roi Grallon-Meur qui voulut y mourir et y être enseveli.

Nota. — Dans le dernier paragraphe de la vie de saint Guénael, dans Albert Le Grand, 3 Novembre, il est dit que Noménoé rebâtit l'église de Landévennec en l'an 857. Cette église n'a pas eu une longue existence et a dû être détruite peu de temps après par les Normands. En subsiste-t-il quelques restes dans les ruines que nous possédons maintenant ?

 

INVENTAIRE DRESSÉ A LANDÉVENNEC, LE 21 MAI 1790 :

« Argenterie :

Quatre plats d'argent ronds pour entrées ;

Quatre id. plus petits pour entremets ;

Un grand plat d'argent oval ;

Quatre autres plats d'argent ovals, plus petits ;

Deux saladiers ;

Une grande caffetière ;

Une écuelle avec sa couverture ;

Deux pots huiliers ;

Deux sallières ;

Deux flambeaux avec une paire de mouchettes ;

Deux grandes cuillers à potage ;

Cinq cuillers à ragoûts ;

Vingt-neuf couverts et, en plus, deux cuillers ;

Une douzaine de cuillers à café.

On a déjà donné, pour contribution patriotique, un grand plat rond et une soupière pesant ensemble 14 marcs ; au total : cent dix-huit marcs.

Dans la salle de récréation des religieux : boiseries à hauteur d'appui, encadrant une tapisserie à grands personnages ; un canapé et six fauteuils en tapisserie ; une grande glace sur une console.

Dans la bibliothèque : environ 2.000 volumes.

En la sacristie :

Quatre reliquaires en partie garnis d'argent ;

Un reliquaire d'argent, avec un ossement de saint Guénolé ;

Un bâton de chantre en argent ;

Une petite croix et deux chandeliers de vermeille ;

Une croix processionnelle en argent ;

Un bénitier, un encensoir d'argent ;

Un calice en vermeil ;

Trois calices d'argent ;

Un soleil d'argent qui se monte sur le pied du plus grand calice ;

Un petit bassin et deux burettes d'argent ;

Boîte et deux fioles pour les saintes huiles.

Deux canots, un petit et un grand, avec leurs appareaux ».

A la suite de cet inventaire, « avons interpellé Dom Pierre Le Moyne, âgé de 47 ans, prieur, de nous dire si son intention est de sortir ou de rester dans les maisons de son Ordre ; il nous a répondu qu'il était pénétré de respect pour tous les décrets de l'Assemblée Nationale, et qu'ayant appris qu'elle devait réserver des maisons, il demande à aller demeurer dans une de son Ordre que l'Assemblée Nationale voudra bien lui indiquer ».

« Dom Julien-Pierre Le Gall, sénieur, âgé de 49 ans, a répondu qu'il est dans l'intention de sortir de son Ordre, à l'époque qui sera fixée par l'Assemblée Nationale ».

« Dom Julien-Pierre Jolivet, procureur, âgé de 38 ans, a répondu que ses intentions étaient de profiter de la liberté que l'Assemblée Nationale avait bien voulu lui donner, et que nécessité par le mauvais état de sa santé, il se dispose de se retirer incessamment dans sa famille ; qu'au surplus, il est rempli de la plus respectueuse soumission pour tous les décrets de l'auguste Assemblée ».

Dom Le Moyne est laissé gardiataire du monastère.

 

ÉTAT DES REVENUS ET CHARGES DE LANDÉVENNEC EN MAI 1790 (G.326) :

Recettes :

« Pension due par l'Abbé au Couvent : 1.500 livres. 

Montagne et champs près de Penforn, que les religieux font valoir : 150 livres.

Douze charretées de foin, payées par l'Abbé en argent : 96 livres.

Dîme de la frérie de Penran, en Telgruc : 120 livres.

Id. de Penanreun,   id. : 100 livres.

Id. de Kerjean,      id. : 150 livres.

Id. de la frérie de Lespiquet : 150 livres.

Id. de la frérie de Caon, Telgruc : 90 livres.

Id. de la frérie de Kereven, Argol : 69 livres.

Id. de Treselemon : 54 livres.

Id. de la frérie de Moros : 100 livres.

Id. de la frérie de Fontaine-Blanche : 45 livres.

Id. de Kerilis : 72 livres.

Id. de la frérie de Lanvily : 84 livres.

Id. de Goulet, Argol : 120 livres.

Id. de Louvergat : 120 livres.

76 arpents de bois tailli, 25 coupes par an valant : 120 livres.

L'île Tibidy, affermée : 25 livres.

Village de la Villeneuve, Argol : 200 livres.

Moulin de Trevgarvan : 330 livres.

Moulin de Pen-an-Poul : 300 livres.

Moulins d'Argol de Peran.

       Id.   du Jeun.

       Id.   du Loch.

       Id.   de Saint-Eulla.

       Id.   à mer.

Maison de Belair, à Quimper, afféagée à M. de l'Archantel : 157 livres.

Prieuré de Châteaulin, affermé au Sr. Blondin : 1.280 livres.

Prieuré de Lanvern, affermé au Sr. Laridon : 225 livres.

Id. de l'Hôpital-Camfrout, affermé à Guillaume Guermeur : 90 livres.

Id. de Saint-Pierre le Parc, affermé à Marie Gallerou : 220 livres.

Id.   de Concarneau, réuni à l'hôpital de Conc : 1 livre.

 

Recettes du prieuré de Batz (Nantes) :

Prieuré de Saint-Guénolé de Batz : 300 livres.

Dîmes en grains du Croizic : 700 livres.

Maison priorale et jardin : 80 livres.

Un moulin à vent : 40 livres.

Cinquante oeilletz salants.

5.400 oeilletz sur lesquels on dîme au 16ème : 702 livres.

Le revenu total du prieuré de Batz peut valoir 8.140 livres.

Total des revenus de la mense conventuelle : 16.060 livres ».  

 

Charges :

« Décimes de Quimper : 1.049 livres.

Réparations : 500 livres.

Entretien de la sacristie : 200 livres.

Aumônes à la porte du monastère : 500 livres.

Gages des domestiques : 750 livres.

Honoraires des chirurgiens : 200 livres.

Portion congrue des recteur et vicaire de Châteaulin : 1.050 livres.

Charge sur la mense conventuelle : 4.249 livres ».

 

« Charges pour le prieuré de Batz :

Décimes payés à Nantes :  1.550 livres.

Portion congrue des recteur et vicaire de Batz : 1.400 livres.

Pension du recteur du Croizic : 150 livres.

Au prédicateur de l'Avent et du Carême : 18 livres.

Aux pauvres, un tonneau de seigle : 200 livres.

Frais pour couvrir les dîmes : 800 livres.

Réparations du prieuré : 200 livres.

Total : 4.318 livres ».  

 

Voir   Landévennec " Liste des abbés de l'ancienne abbaye de Landévennec ". 

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

 

Le 10 mai 1953, le cardinal Roques, archevêque de Rennes, pose la première pierre de ce qui sera le nouveau Landévennec, relevé par les bénédictins de Kerbénéat (en Plounéventer) sous l'autorité du prieur Louis Félix Colliot (nommé le 29 novembre 1937). Le nouveau monastère de Landévennec est inauguré le 7 septembre 1958. L'église abbatiale est consacrée le 1er juillet 1965 par Mgr Paul Gouyon, archevêque de Rennes (la première pierre de l'église abbatiale avait été posée le 6 octobre 1962 par Mgr Fauvel). En avril 1970, le Père Louis Félix Colliot, depuis 1937 supérieur de la communauté de moines, est remplacée (à sa demande) par le Père Robert Jean-de-la-Croix de l'abbaye de la "Pierre-qui-Vire". Ce dernier est installé comme prieur-administrateur le 11 juin 1970, puis est nommé abbé de la communauté, et béni le 1er Juillet 1972 par Mgr Barbu, évêque du diocèse.

Nota : Louis-Félix Colliot (1906-1991) naquit à Saint-Pierre-Quilbignon, près de Brest, le 24 mai 1906. Son père se nommait Joseph Colliot et sa mère Rosalie Mailloux, épouse Colliot. 

Abbaye de Landévennec (Bretagne)

Abbaye de Landévennec (Bretagne)

   

 

Il est ordonné diacre le 25 juillet 1928 puis nommé d'abord quatrième vicaire à Landerneau. Le 20 octobre 1931, il entre au monastère de Kerbénéat (situé à deux pas de Landerneau). Après son noviciat, il prend l'habit le 21 novembre 1931, sous le nom de Frère Louis-Félix, et prête ses premiers voeux devant le Père Eugène Joie, le 22 novembre 1932. Il est nommé abbé de Kerbénéat le 5 septembre 1945. 

 

Le 18 juin 1950, il est décidé le rachat de Landévennec et le transfert de la communauté de Kerbénéat à Landévennec (sur la colline de Pen-Forn). 

   

Abbaye de Landévennec (Bretagne)

   

Abbaye de Landévennec (Bretagne)

Abbaye de Landévennec (Bretagne)

Colline de Pen-Forn

Pose et bénédiction de la première pierre

Abbaye de Landévennec (Bretagne)

Abbaye de Landévennec (Bretagne)

Messe dans l'ancienne abbaye

Pères Robert Jean-de-la-Croix et Louis-Félix Colliot 

Abbaye de Landévennec (Bretagne)  

   

Abbaye de Landévennec (Bretagne)

Entrée de l'église abbatiale 

 

Abbaye de Landévennec (Bretagne)

Abbaye de Landévennec (Bretagne)

 "Vierge à l'enfant" bois polychrome du XIVème siècle

"Saint-Guénolé" bois polychrome du XVème siècle

Abbaye de Landévennec (Bretagne)

Note 1 : l'existence d'un premier établissement monastique sur l'île de Tibidy, avant l'implantation définitive à Landévennec, aux environs de l'année 500, semble une tradition solide. Un moine, nommé Walloë (appelé Win-Walloë, plus tard) aurait créé un ermitage en ce lieu, d'où le nom de Landowinoch donné à ce lieu. Il se peut que le nom primitif de Guénolé ait été Win-Walloë ou Walloë tout court (voir "Vita Sancti Winwalloei" de Gurdisten au IXème siècle). Tibidy va demeurer prieuré de l'abbaye de Landévennec jusqu'à la Révolution. A travers l'histoire, on trouve les appellations suivantes : en 818 (Landeuinnoch [dans la "Vita"] et Landouinoch [dans le Ms Faesulanus XXXIV], dans le Diplôme de Louis le Pieux), en 1050 (Lanteuuennoc et Lanteguennoc, dans le Cartulaire de Landévennec), en 1236 (Landeguennoc et Landeguennec, dans le Cartulaire de Quimper), en 1293 (Landeg[uennoc], semble-t-il, dans le Martyrologe de Landévennec), en 1308 (Landeg[uennoc], semble-t-il, dans l'Epitaphe de Jean le Porc), en 1443 (Landevenech, dans la Bulle de Jacques de Villeblanche), en 1608 (Lanteuuennec, dans la Bulle de Jean Briand), au XVIIème siècle (Landevenec, dans de nombreux documents), en 1648 (Landevennec, par Dom Noël Mars).

Note 2 : face à un relâchement de la discipline monastique, et à l'influence néfaste des abbés commendataires, la Congrégation dite de Saint-Maur est née en 1618 comme filiale française de la réforme lorraine de Saint-Vanne (1604). Le prieur n'est plus élu par les moines, mais désigné par le Chapitre Général triennal ayant tout pouvoir législatif et exécutif, nommant le supérieur général et ses deux assistants, désignant les prieurs pour tous les monastères, eux aussi pour trois ans et rééligible une fois. Le prieur gouverne assisté de doyens ou "sénieurs", et d'un économe ou "procureur". Les prieurs de Landévennec, nommés par le Chapitre Général triennal, sont :  Dom David Broussaux (en 1636), Odile Bataille (en 1639), Eustache Raoul (en 1642), Félix Pasquier (en 1645), Félix Pasquier (en 1648), Jean Guyhard (en 1651), Jérôme Chantreuil (en 1654), Jérôme Chantreuil (en 1657), Robert Diée (en 1660), René Roquet (en 1663), Robert Diée (en 1666), Robert Diée (en 1669), Pierre Terrien (en 1672), Michel Canart (en 1675), Nicolas de Saint-Denis (en 1678), Vital Armand (en 1681), Maur Audren de Kerdrel (en 1684), Jean Bellan (en 1687), Julien Doite (en 1690), Guillaume Hinaut (en 1693), Pierre Cosson (en 1696), Pierre Gingatz (en 1699), Henri Le Louédec (en 1700 et en 1702), René Béchereau (en 1705), Corentin Jouan (en 1708), Gilles de Saxe (en 1711), Claude Patron (en 1712), André Lemaître (en 1714), Joseph Castel (en 1717), Pierre Allard (en 1720), Jean Garnier (en 1721 et en 1723), Bernard Gestin (en 1724), Patrice Le Breton (en 1727), Julien de La Boissière (en 1730), Henri Morin (en 1733), Yves Roumain (en 1736 et en 1739), Jean Pohon (en 1742 et en 1745), Jean François Ernault (en 1748 et en 1751), Julien Guillotel (en 1754), Augustin Cassar (en 1756), Etienne de Langle (en 1757), Mathieu de le Rocheaulion (en 1758), Barthélémy Dugas (en 1759), Jean Cruchon (en 1761), Jean François Dupuy (en 1763), Marc Antoine Guillon (en 1766), Jean Thomas Lamandé (en 1769), René Guy Heuilly (en 1771), Jean Cruchon (en 1772), .... A signaler qu'en 1713, le pape parle de supprimer Saint-Maur "que tout le monde sait être la source la plus féconde de l'erreur". Clément XI promulgue, le 8 septembre 1713, la bulle "Unigenitus", condamnation formelle du Jansénisme.

Note 2 bis : NOMS DE QUELQUES PRIEURS DE L'ABBAYE DE LANDÉVENNEC DEPUIS LE XVIIème SIÈCLE (d'après M. Peyron) : - En 1620. Gabriel Poulpiquet. - En 1621. René Silguy. - En 1628. Benoît Grosdoy. - En 1673. Louis Decamps. - En 1685. Maur Audren. - En 1687. Jean Bellan. - En 1688. Julien Doigt. - En 1693. Guillaume Hinant. - En 1696. Pierre Cosson. - En 1699. Pierre Gingat. - En 1700. Hervé Le Louédec. - En 1705. René Berhereau. - En 1708. Corentin Jouan. - En 1711. Gilles de Saxe. - En 1712. Claude Patron. - En 1712. Octobre. Dom Yves Cochet. - En 1714. André Le Maître. - En 1717-1720. Joseph Castel. - En 1723. Pierre Allard. - En 1724. Jean Garnier. - En 1724-1726. Bernard Jestin. - En 1726. Louis de la Touche. - En 1727-1729. Patrice Le Breton. - En 1730-1733. Julien de la Boissière. - En 1733-1736. Henri Morin. - En 1736-1739. Yves Romain. - En 1739-1742. Yves Romain réélu. - En 1742-1745. Jean Pohou. - En 1745-1748. Jean Pohou réélu. - En 1748-1751. Jean-François Ernanet. - En 1751-1754. Jean-François Ernanet réélu. - En 1754-1756. Julien Guillotel. - En 1756-1757. Augustin Cassard. - En 1757-1758. Etienne Le Langle. - En 1758-1759. Mathieu de la Roche. - En 1759-1761. Barthélemy Dugas. - En 1761-1766. René Cruchon. - En 1766-1766. Jean-Baptiste Dupuy. - En 1766-1769. Marc-Antoine-Jean Guillou. - En 1769. Julien-Thomas Lamandé. - En 1780. Jacques-François Marie. - En 1781. P. Barat. - En 1783. Jacques Maurice. - En 1790. Pierre Le Moyne.

Note 3 : de l'abbaye de Landévennec relèvent, depuis le XIème siècle, huit prieurés : l'île de Sein, Batz-en-Guérande (Batz-sur-Mer), Tibidy, l'Hôpital-Camfrout, Le Parc en Rosnoën, Lanvern (en Plonéour), le Conq de Cornouaille (Concarneau) et Châteaulin (Saint-Idunet). L'abbé de Landévennec est le "recteur primitif" avec droit de nomination d'un "Vicaire perpétuel" des paroisses de Landévennec, Argol (avec Trégarvan), Telgru, Dinéault, Landrévarzec, Edern et Lothey. Des contestations ont lieu : à Dinéault (en 1644), à l'Hôpital-Camfrout (en 1653), à Landévennec (en 1673, en 1691, en 1695) et à Argol (en 1688).

Note 4 : des actes consignés dans le Registre Capitulaire montre que la communauté oscille entre 4 et 8 moines, de 1686 à 1771 : - le 19 juillet 1699, sont mentionnés : Pierre Gingatz (prieur), Martinus Corneau (sous-prieur), Guido Thoumyn (sénieur) et Renatus Clemenceau; - le 25 juin 1736, sont mentionnés : Guilellemus Rouault (sous prieur), Joanne Corentinus Jouan, Aegidius Brindeau (à noter qu'Yves Roumain est le prieur de l'abbaye); - le 28 février 1755, sont mentionnés : Julien Guillotel (prieur), Jean Le Perchec (sous-prieur), Mathieu Portier, G. Gauvain, Mathurin Mercier, Jean-Baptiste Defranc, Jean Charles Bobin (secrétaire); - le 12 juillet 1767, sont mentionnés : Marc Antoine Guillon (prieur), Jean Charles Bobin (sous-prieur), J.J. Mermier, R. Levittoux (procureur), M. Guéritault, A. Berthelot (secrétaire). 

Note 5 : la dîme (impôt d'église) était jadis perçue par l'abbaye de Landévennec dans : - les prieurés de Batz, Châteaulin, Camfrout, Concarneau, île de Sein, Lanvern, Rosnoën ; - les églises de Landévennec, Argol, Telgruc, Dinéault, Edern, Landrévarzec et Lothey ; - les chapelles de Gulvain et Hellen (Edern), Trolès (Briec), Sainte-Anne (Plonévez-Porzay), Landivinec (Saint-Guénolé), Saint-Jean (Leydez), Saint-Laurent (Crozon), Notre-Dame de Lorette (Plogonnec), Quélennec (Ergué-Gabéric), Trinité et Rochemadou (Argol), Landrémel (Lothey) et Saint-Guénolé (Moëlan). A noter aussi que l'abbaye de Landévennec jouissait du droit de haute, basse et moyenne justice. Elle possédait quatre fourches patibulaires qui se dressaient sur les hauteurs de Gorréquer (le champ a pris le nom de "Park ar Justisou"). L'auditoire et le parquet de la juridiction étaient au bourg de Landévennec, jouxtant la maison presbytérale (les audiences s'y tenaient le mercredi). En 1660 et 1702, c'est un dénommé Buzaré qui est sénéchal. En 1681, J. Quentric est notaire et Julien Faou, notaire-registrateur. En 1692, Julien Faou est notaire et Pierre Brunet est notaire-registrateur. En 1709, Pierre Brunet est notaire et Charles Quentric est notaire-registrateur. Les prévôts mentionnés sont : Le Neizic, Kerrédan, Kerbour, Lanvily et Brigneau.

Note 6 : sous la Révolution les biens de l'abbaye de Landévennec sont vendus comme Bien National aux plus offrants. Le sieur Bouchet, de Brest-Recouvrance, se rend acquéreur de la métairie aux prix de 10 000 livres, ainsi que de la maison abbatiale. Le sieur Richard-Duplessix, négociant à Brest et membre du Directoire Départementale du Finistère, se rend acquéreur pour 24 000 livres du monastère. Le moulin de Pen-an-Poul (Argol) est vendu le 27 mai 1791, la ferme de Guernevez (Villeneuve) est vendue le 30 mai 1791, le moulin de Caméros et le moulin Neuf d'Argol sont vendus le 1er juillet 1791, puis le convenant des Le Roy à Caméros, le convenant Bideau à Lézargon, etc .... Des chapelles aussi sont vendues : la chapelle de Loch-a-Madou (Argol) en 1796 pour 150 livres et 14 sols, la chapelle de Sainte Gwen. Pour tirer parti de son abbaye et par appas du gain, le sieur Duplessis se met à la revendre pièce par pièce : les stalles de l'église (le 30 août 1797) partent pour l'église Saint-Louis de Brest, les pierres sont vendues aux entrepreneurs brestois Rojoux et Pouliquen, le cloître des maurites est converti en marché aux volailles (Marché Pouliquen), des pierres sculptées finissent en pavés après 1848, les livres et parchemins servent à faire des gargouses à poudre (à Brest) ou pour humecter les tabacs (à Morlaix). Le second propriétaire de l'abbaye est M. Guillaume Tiphaine (ou Thiphaigne), ancien capitaine des vaisseaux de l'Etat : il se rend acquéreur de la chapelle de Saint-Gwen en 1803, de la maison conventuelle et de l'église vers 1806. Décédé en 1814, ses héritiers (famille Etesse) remettent l'abbaye en vente pour 32 000 francs et trouvent un acquéreur en la personne de Charles Aveline, le 18 décembre 1815. Par manque de paiement, le domaine est saisi et mis en vente par la justice, le 12 octobre 1825. C'est M. Mery Vincent, architecte et parent des créanciers Etesse du Havre, qui se rend acquéreur de l'ensemble pour 14 300 francs, puis le revend au docteur Bavay de Crozon, le 1er avril 1843 pour la somme de 30 000 francs. Ce dernier conserve la propriété de l'abbaye jusqu'à sa mort, en 1873. La propriété est ensuite acheté par le comte Louis de Chalus, le 9 octobre 1875, pour la somme de 91 000 francs (son projet était de développer la culture fruitière et maraîchère). M. René de Chalus (fils de Luis de Chalus), propriétaire du domaine de Landévennec, vend aux bénédictins de Kerbénéat une partie de ce dernier domaine (dont il avait hérité de son père en 1927) pour la somme de 15 millions de francs le 28 juillet 1950 (en présence de Me Conan, notaire). L'antique abbaye de Landévennec va alors être relevée par les moines de Kerbénéat. 

Note 7 : Montreuil-sur-Mer est, après 913, le lieu d'exil des moines de l'abbaye de Landévennec fuyant l'invasion des Normands en Bretagne. Les moines y établissent un monastère avec église abbatiale, le tout de Saint-Walloy, mais appelé de Saint-Saulve à partir du XIème siècle. Les reliques de saint Guénolé (Walloë) avec sa chasuble et sa cloche y sont conservées jusqu'à la Révolution. L'église paroissiale Saint-Saulve (ancienne abbatiale) remonte au XIème siècle et a été reconstruite après 1467, date où l'édifice a été victime d'un tremblement de terre, et de nouveau après 1537, date à laquelle l'édifice a été incendié par les troupes de Charles Quint et d'Henri VIII d'Angleterre.

Note 8 : le culte de saint Guénolé s'est répandu au Xème siècle jusqu'en Grande-Bretagne : - à East-Portlemouth (au sud-ouest du Devon), l'église paroissiale est appelée "Ecclesia sancti Wonewalai de Portlemouth" ou "Sancti Wynwalai" (en 1372) ; - à Gunwalloe (sud-ouest du Cornwall) ; - à Landewednack (sud du Cornwall), l'église paroissiale est appelée "sancti Wynwolay" (en 1319) ; - à Roscraddock (en Saint-Clere), on signale une "capella sancti Wynwolloei in parochia Sci Clari" ; - à Saint-Germans (sud-ouest de Plymouth), on signale une ancienne chapelle aujourd'hui disparue en un lieu appelé "Saint-Winnol" ; - à Towednack (Ouest du Cornwall) dont le nom vient de Towinnoc (Lan-Dowinnoc) ; - à Tremaine (en Lauceston), on signale une "capella parochialis et curata sancti Winwolei de Tremene".

Voir aussi  abbaye de Landévennec Photos de l'ancienne abbaye de Landévennec prises en 2008 

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