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ALLAIRE DURANT L'EPOQUE ROMAINE

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L'ÉPOQUE ROMAINE.

La Voie Romaine :

Lorsque Jules César entra en campagne contre les Venètes en 56 avant J.-C., le principal obstacle à franchir était la Vilaine dont les marais constituaient une défense sérieuse pour l'est du pays Venète. La Voie Romaine actuelle, franchissant le fleuve à Rieux, remplaça une ancienne piste celtique reliant Juliomagus (Angers) à Dariorigum (Vannes) en passant par Portus Namnetum (Nantes). Il est probable que Jules César emprunta cette voie Celtique pour aller étouffer la résistance des Venètes. Ce chemin se révélant d'un intérêt stratégique de premier ordre, les Romains le transformèrent en une voie militaire de grande circulation qu'on peut encore suivre aisément en grande partie sur le territoire d'Allaire.

Jusqu'à la croix de La Hillaie, la Voie Romaine se confond avec la route moderne de Vannes à Redon. Après avoir reçu le chemin de Saint-Gorgon, la route nationale se dirige vers l'Est pour gagner le bourg d'Allaire, la Voie Romaine s'en sépare et continue en direction du Sud-Est [Note : A cet endroit, la voie vient d'être élargie et transformée en chemin vicinal], passant sous la maison la plus septentrionale du village des Petites-Forêts. Elle traverse la grande prairie de la ferme de Sainte-Anne où l'on distingue facilement son agger. Puis, passant à cent mètres au Nord-Est de la ferme de Kerneven [Note : Dit à tort : « kernavet »], la voie pénètre dans un bois de pins, nommé la « Forêt des Potiers » et entre dans les Bois Brûlés après avoir traversé la route de Redon à Béganne. Elle continue ensuite pour aboutir à Rieux, au pied du château féodal.

Le temple gallo-romain de Léhéro.

Au mois de février 1899, M. Ruaud, greffier de la Justice de Paix à Allaire, propriétaire de Belleville, fit défricher la lande dite de « Léhéro », située au bord de la route de Vannes, à l'endroit où la Voie Romaine quitte cette dernière pour se diriger vers le Sud-Est. Au milieu d'un massif d'ajoncs et de bruyères, apparut un tumulus d'un mètre de hauteur où un gros chêne avait planté ses racines. En déblayant ce monticule, les ouvriers mirent à jour des substructions que M. Ruaud prit soin de conserver. Il s'agissait de deux quadrilatères de forme carrée, l'un renfermant l'autre. Le premier mesurait 13 m. de côté ; le deuxième 5,75 m. et s'élevait à environ 1 mètre du sol. L'entrée du sanctuaire s'ouvrait à l'est. Entre les deux murs, un couloir de 3 m. de largeur faisait le tour du monument. M. le Comte René de Laigue vint étudier cet édifice. « On y pénétrait en passant sous un portique soutenu par deux colonnes dont on peut voir les soubassements, et l'on se trouvait alors dans une sorte de cloître entourant le sanctuaire et dont le sol, formé de ciment dur comme la pierre, est en pente inclinée du mur extérieur vers le mur intérieur ».

La marche qui donnait accès au péribole était usée par le frottement des pieds, preuve que ce monument était très fréquenté.

Sous un amas de pierres, de débris de tuiles et de fragments de poterie, on découvrit un grand bronze d'Antonin le Pieux (138-161) et deux petits bronzes, l'un de Gallien (253-268), l'autre de Tetricus (268-273). A côté, les ouvriers mirent à jour une série de statuettes. Tous ces objets peuvent se voir au château de la Bretesche, en Missillac, propriété du Comte de Montaigu. D'après les traces relevées sur les murs, le temple fut détruit par le feu. Est-ce par les premiers chrétiens ? L'absence de l'autel pourrait le faire croire. Une ordonnance de l'évêque au Vème siècle décréta l'abolition des temples païens.

Que penser de ce monument ? Il remonte à l'époque Romaine et sa destination religieuse ne fait aucun doute. Mais les découvertes récentes nous apportent des précisions importantes.

Ces temples gallo-romains, appelés « fana », ne se rencontrent que dans les contrées occupées, avant les Romains, par les Celtes. Ils ont bien été élevés à l'époque Romaine, mais par les descendants des Celtes et « conformément aux vieilles traditions nationales et indigènes ». Les divinités qu'on y invoquait n'appartiennent pas à la mythologie Romaine. Il ne s'agit pas ici de Vénus Anadyomènes, ni de Latones ou Lucines, mais d'une divinité Celtique « dispensatrice de la fertilité dans les champs, chez les animaux et chez les hommes ».

Ainsi donc, ce fanum vient apporter à nouveau la preuve que le pays d'Allaire était habité par une peuplade celte assez importante pour garder ses traditions et ses croyances, même sous l'occupation Romaine.

D'autres fana ont été découverts dans la région, l'un à Rieux, plus petit, mais également situé en bordure de la Voie Romaine, l'autre à la Grée Mahé en Pluherlin. Regrettons que les vestiges de ce fanum aient été détruits. On aurait dû conserver ces débris, restes d'un monument élevé par nos ancêtres, les Celtes. Hélas, tout fut abattu et servit à empierrer le chemin de la ferme.

(Georges Le Cler).

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