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LE RÉGIME SEIGNEURIAL A ALLAIRE : LES MONTRES

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LES MONTRES.

Si les nobles étaient exempts d'impôts, ils devaient à leur suzerain le concours de leurs personnes et de leurs armes. Charge très lourde pour les petits seigneurs qui devaient se présenter aux revues : Montres, dès réception de la convocation émanant du suzerain. Le harnois, l'uniforme étaient imposés suivant les revenus des feudataires. Tout était réglé par mandement des Ducs. Les veuves et les mineurs étaient obligés de fournir un homme noble à leur place.

Les registres de ces Montres présentent l'intérêt de nous renseigner sur l'équipement des nobles et par là de leurs richesses et revenus.

Au-dessous de 60 livres de rente, le possesseur du fief devait se présenter en brigandine ou en paletoc. Entre 60 et 140 livres de rente, il fallait s'adjoindre un coutilleur, soit 2 chevaux. Entre 300 et 400 livres, il fallait 2 archers, un coutilleur et un page, ce qui faisait 5 chevaux... et ainsi de suite par tranche de 100 livres.

Voici pour Allaire la tenue de quelques seigneurs à la Montre de Vannes de 1464 :

— Mahé de la Pommeraye (60 livres) se présente à cheval, brigandine, sallade, épée et dague. Il lui manque gantelets et voulges, d'où injonction.

— Guillaume de Bogier (Vaudequip) est inscrit pour 300 livres de rente et doit se présenter devant « Monsieur Le Mareschal » [Note : Cette revue était présidée par le sire de Malestroit, maréchal de Bretagne]. Ceux qui ne pouvaient se présenter avec l'équipement imposé étaient déclarés « défaillants ». Ainsi les « hoirs de Marie Gicquel ».

Une deuxième Montre se tint à Vannes en 1477. Guillaume de Bogier est déclaré avoir 400 livres de rente (ses revenus augmentent, il fait partie de la maison du duc). Pour 400 livres également Messire Jehan de Bellouan. Guillaume de la Pommeraye, taxé sur 240 livres, se présente en brigandine, sallade, épée, dague, voulge, gantelets, gorgerette, mais il lui manque un archer : injonction !

Une troisième Montre eut lieu à Auray en 1481 [Note : Cette montre fut motivée par les menaces de Louis XI lorsqu'il apprit le projet de mariage entre la future duchesse Anne et le fils d'Edouard IV, le prince de Galles]. On relève :

400 livres à Messire Jehan de Belouan,
400 livres à Guillaume de Bogier,
100 livres à Jehan du Boschet,
240 livres à Guillaume de la Paumeraye,
30 livres à Vincent Rivault,
40 livres à Jehan Gravot,
50 livres à Guillaume de la Rembaudière,
20 livres à Denis Janvier.
20 livres à La veuve Eon de Brécéhan,
20 livres à la veuve Eon Le Taffle.

La modicité des chiffres nous frappe si nous les comparons à ceux de Jehan de Malestroit (3.000 livres de rente). Nos petits seigneurs menaçaient de tomber dans l'indigence. Le nombre des défaillants augmentait à chaque montre, ils ne pouvaient plus tenir leur rang. Dès cette époque, la grosse fortune commençait à passer aux mains des bourgeois. Les grands seigneurs n'habitaient plus leur manoir et séjournaient en ville. Le droit d'aînesse n'était pas toujours respecté, les domaines, donc les rentes, se morcelaient. C'était le début d'une décadence qui ira en s'accentuant jusqu'à la Révolution.

(Georges Le Cler).

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