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VIEILLES MAISONS, VIEUX VILLAGES D'ALLAIRE |
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VIEILLES MAISONS, VIEUX VILLAGES.
Le décor
qui borde les grands chemins
est à tout le monde. Il en est de plus
intimes
et d'infiniment plus séduisants.
(Madeleine DESROSEAUX).
L'histoire d'une paroisse ne se résume pas à l'étude des seigneuries. Les maisons de villages nichées au fond d'un chemin creux ou égarées sous les chênes ont la leur, plus humble mais tout aussi captivante.
« La vie humble aux travaux ennuyeux et faciles est une œuvre de choix qui veut beaucoup d'amour ».
Essayons de retrouver ces obscurs témoins du passé, avant que le progrès, monstre sans pitié, ne vienne les abattre.
Nous avons déjà parlé de quelques anciennes maisons du bourg : Le Boais Périgault, la Noëferme, l'ancien manoir de Lallié. Il en est d'autres qui méritent d'attirer notre attention.
A l'intersection de la route d'Allaire à Rieux et d'Allaire à Redon s'élève une maison qui, pour être bien admirée demande à être vue de la cour intérieure dans laquelle on pénètre par un porche imposant. C'était la demeure du sénéchal de La Forêt-Kerroland, de son vrai nom : le manoir du Pâtis Saint-Hilaire. Elle avait certes belle allure, cette gentilhommière ! Son pigeonnier garde encore le souvenir de ses procureurs, greffiers et notaires qui, entre deux plaids, se livraient à leur distraction favorite. Ses lettres de noblesse datent de 1447. Là résidait Jehan Gicquel « soubs la dame de la Forêt ». Les siècles ont passé, seigneurs et sénéchaux aussi, mais cette bâtisse reste là, témoin d'une époque révolue à jamais.
Puisque la route nous y invite, continuons notre promenade jusqu'à la Croix-Torlay. Nous apercevons le pignon d'une haute demeure, la Maladrerie (dans le pays dit à tort : Maladrie). Rien de spécial, direz-vous ? Erreur. Nous avons devant nous l'ancien hôpital des lépreux d'Allaire. De Lazare — le lépreux — on a fait ladre, ladrerie, et maladrerie : asile de lépreux. Pendant au moins trois siècles, la Bretagne a été un des plus ardents foyers de lèpre. Ces malheureux isolés des autres habitants, n'avaient d'autres ressources que d'attendre l'ultime délivrance : la mort... et quelle mort !
Quittons ces lieux, témoins de tant de détresse, et suivons le chemin bordé d'herbes folles qui nous conduira à la Pichonnerie. Curieux nom en vérité : un mot breton : pichon (petit oiseau) auquel on a accolé une terminaison bien française. Ici réside la famille Le Villoux, une des plus anciennes de la paroisse. Originaire du village de La Maréchalaie, Mathurin Le Villoux acheta La Pichonnerie le 24 décembre 1785 « avant midi ». Mais les ancêtres de la Maréchalaie sont cités depuis 1670. L'un d'eux émigra à la Ville-Garel. La fille de Mathurin Le Villoux, Marie, prit pour époux un Hémery de Chez-Rousseau, nous disent les archives, le « 12 brumaire sixième année républicaine, 2 novembre 1798, vieux style » ! La famille possédait La Brochardaie et « la maison et bois de Commenant contenant treize mètres dix-neuf centimètres de longueur couverte en ardoises » (sic). Pierre Le Villoux collabora à la rédaction du cahier de doléances d'Allaire le 24 janvier et le 16 mars 1789. Aujourd'hui, les enfants Le Villoux représentent deux des plus anciennes familles d'Allaire. Leur mère, une Dayon [Note : Cf. le Vaujouan] peut elle aussi comparer avantageusement sa généalogie à celle de son mari.
Revenons au bourg. Face au manoir du Pâtis Saint-Hilaire, au coin de la place de l'Eglise, se dresse l'hôtel Le Gallic, l'ancienne geôle des seigneurs de Deil. Les temps ont bien changé ! Où est la cruche d'eau et la miche de pain bis des condamnés ! Y attenant, une vieille maison décrépite qui ne « tient plus son rang » : la Maison Vieil, du nom d'un propriétaire y résidant en 1781. Elle s'élève à l'emplacement d'un vieux manoir où vivait Pierre Pollo, en 1426. Tour à tour auberge (affermée 45 livres à Pierre Amouroux en 1784), puis boulangerie, elle reste aujourd'hui inhabitée, attendant que de nouveaux propriétaires la prennent en charge.
Un peu plus loin, les maisons Le Mauff et Noury nous rappellent que bien avant la Révolution, les nobles de la commune aimaient à se réunir après les offices pour discuter de leurs prochaines parties de chasse et de leurs affaires. Les deux maisons n'en faisaient qu'une autrefois. C'était un « pied à terre » assez confortable, n'est-ce pas ?
« Jouxte » au café Juhel, la boulangerie Hamon-Potier occupe le manoir de la Baiotterie (Bouilleterie). Peu de traces de leurs propriétaires dans les registres. Seul un René Rolland est signalé sieur de la Baiotterie en 1692. La façade a bien changé, mais du « chemin de dessous », près du clos des paroissiens, détournez-vous et admirez la tourelle carrée — sœur jumelle, mais plus petite — de celle du Vaudeguip. Elle date du XVème siècle.
A l'Ouest du bourg, la Nationale 775 nous amène jusqu'à la croix de la Hillaie. Laissons le bitume aux automobilistes pressés et suivons la route de Caden. Saluons en passant le village de la Mornaie qui lui n'a pas d'histoire que celle des familles laborieuses qui s'y sont succédées. A droite, caché en partie par un rideau d'arbres jaloux, le Rouflet ! Nous gardons le souvenir de Jean Bloyet et de Marie Guégan qui y demeuraient en l'an de grâce 1792.
Immédiatement après, Tréméhan [Note : Les cartes d'état-major ont confondu Tréméhan et Préméhan, mais les vieux textes signalent bien « Tréméhan, prés dudit Rouflé »]. Vieux village, siège autrefois d'un petit noblaillon habitant manoir. Jusqu'en 1492, Tréméhan faisait partie du fief de Brandéhal. A cette date, il passera au Vaudeguip duquel il restera tributaire jusqu'en 1919 [Note : Date d'achat par la famille Mathurin]. Le 14 février 1558, Jehan de Quengo rendait aveu à Jehan, sire de Rieux, pour « le manoir et maison de Tréméhan avec ses issues, jardins et dépendances ». La tenue de Tréméhan devait une moyenne de 3 à 4 corvées « de bien en août », pour « feigner et battre bledz ». Quelques-unes de ces corvées sont « à charruer ou labourer avec boeufs ». Le cahier des comptes du Vaudeguip pour l'année 1662, retrouvé aux archives de Rennes, porte « Je resu de la veuve gaineu de la metherie de tréméant : six poulles, vint et cinct livres de beure ». Voilà une orthographe un peu... fantaisiste !
Tréméhan-Préméhan : similitude de nom et de destin. Fief de Brandéhal jusqu'en 1492, puis du Vaudeguip. En 1537, Jehan de Quengo reconnaît que la maison et métairie du Prémohan sont redevables de « huit sous de rente, appelée taille ». Ils doivent être payés au prévôt du Bussonguérin.
En 1558, le sieur du Vaudeguip rendait aveu au sire de Rieux pour « les manoir et maisons de Prémorhan et dépend, avec un domaine avec garenne et refuge à connils ».
On sait encore qu'en 1776, la métairie du « Prémohan » était exploitée par « Morice Mouraud et sa femme Guillemette Poirier ». Depuis 1920, Préméhan appartient à la famille Marquier et, par mariage, à Edouard Lelièvre et Joseph Mathurin.
Touchant Tréméhan, le Castreuc. Cité au XVème siècle, ce village relevait du comté de Rieux à Rieux, « à devoir foy, hommage, rachapt », et autres devoirs seigneuriaux. Le « Cassereul » fut acheté en 1700 par Mathurin Noury pour 640 livres.
Poursuivons notre randonnée. Au passage, Brandéhal. La maison nous tourne le dos. Est-elle vexée de ne plus connaître les fastes des Couesby ? Non, ce doit être par timidité. Une halte au Bois-Payen et à la chapelle Saint-Etienne. Notre-Dame de la Patience, bien mutilée, nous regarde avec encouragement et nous invite à nous rendre à Brambouhé, ancienne propriété de missire Hellard, natif de Caden et curé-doyen d'Allaire après la Révolution. De Brambouhé, à travers sapinières et landes fleuries, nous atteignons le Boschet. Les bâtiments de ferme, bien tassés sous le poids des ans, gardent encore quelques vieilles pierres sculptées, restes médiocres du manoir de Jehan du Boschet, inscrit pour 100 livres de rente à la montre de 1481.
Voisin du Boschet, le Bois-Richard, berceau de la famille du même nom au XVème siècle. Ce village fournit maints ecclésiastiques aux XVIème et XVIIème siècles (familles Bloyet). Rappelons que Joseph Vieil, sieur du Bois Richard, possédait une maison au bourg. Nous nous y sommes arrêtés. Rejoignons le Rouflet et, par « la crière » descendons au Gros-Chêne. Vieux village lui aussi, siège autrefois d'une villa gallo-romaine importante. En 1905, on y enlevait les tuiles par charretées !
Traversons la route nationale. Par une allée majestueuse, rajeunie dernièrement, nous atteignons le Buisson-Guérin.
Voilà une grande seigneurie, fondée par la famille Guérin qui blasonnait « d'azur au sautoir d'argent accompagné d'un croissant de même au sommet ». Elle possédait outre le Buisson-Guérin, des terres en Saint-Vincent et en Bains (La Roche du Teil).
De cette lignée, on connaît un Jean Guérin, soldat du connétable Bertrand du Guesclin.
En 1547, le Buisson-Guérin est acquis par Simon Apvril ou Apuril, apôtre de la religion réformée comme son parent Jean Apuril, sieur de Lormaye (Lourmois) en Nivillac. D'abord vassal du Vaudeguip, le seigneur du Buisson-Guérin devait fournir chaque année, le 24 décembre à midi « trois petites cognées, pour icelles être portées et rendues audit seigneur du Vaudeguip par ses receveurs et commis chacune nuit de Noël dedans le château de Rieux es mains du portier dudit château, ou 5 sous monnoie, et à défaut dudit portier de se trouver à la porte, l'y appelant par trois fois à haute voix, être tenus de jeter les dites cognées dessus ou dessous par ladite porte dudit château ou ladite somme de 5 sous rnonnoie ».
Voilà un langage que ne désapprouverait pas Maistre Rabelais !
René Pépin, sieur de Deil, achètera manoirs et maisons du Buisson-Guérin [Note : Voir Deil].
Deux pas à faire et nous tombons à Brelan, centre de villulae contemporaines du temple de Léhéro ! Un crochet vers le Vaubily, maison natale du terrible Jacques Gauthier, nous permet de revoir « la fontaine de la Brette », bien délaissée et moussue à souhait.
Bientôt les premières maisons de Saint-Eutrope apparaissent blotties autour de leur chapelle plusieurs fois centenaire. Saint-Eutrope, direz-vous, de vieilles maisons ! Oui, de bonnes vieilles grand'mères respectables. De hautes bâtisses, la plupart délaissées, témoignent de l'importance passée de cette frairie. Un prêtre y aurait séjourné à demeure. On vous montrera « le presbytère » de Saint-Eutrope. A la Révolution, un malheureux ecclésiastique « camouflé » dans une chambre, fut surpris par les bleus. Il dut à ses bonnes jambes de pouvoir fuir... pas très loin, hélas ! Près de La Cadaie, il fut rattrapé et fusillé incontinent. L'emplacement est toujours visible. D'humbles fleurs des champs poussent sur sa tombe et les fourrés d'alentour étendent un réseau touffu de ronces protectrices sur ce lieu respectable.
Et la foire, donc. Bien ancienne cette Assemblée du 30 avril. « Les bons gâs d'Allaire s'en vont en avril et reviennent en mai », disait-on. Elle était fréquentée de tous les environs. On y buvait « sec ». L'aubergiste du bourg amenait ses barriques, le boulanger son pain. Les marchands déballaient l'un sa graine de chanvre, l'autre ses chapeaux de paille — gare à la canicule ! — Et le marchand de cheveux ! Une tradition : les femmes vendaient leurs cheveux pour avoir des mouchoirs ! Le commerce était florissant et portait surtout sur les bovins et porcins. Les bagarres étaient nombreuses ; le soleil tapait « durs » malgré le chapeau de paille nouvellement acheté, la « bolée » pétillante calmait la soif, mais excitait les nerfs ! Il fallut appeler la maréchaussée. Ce fut la fin de cette foire, image vivante et colorée du terroir. Pourquoi faut-il donc que tout disparaisse !
Allons-nous délaisser le Nord de la commune ? Certes pas ! de la Croix Payen, nous escaladons le raidillon menant au moulin de la Perrière. Silhouette bien sympathique mais quelque peu dégingandée. « Meunier, tu dors ». Eh oui, depuis fort longtemps. Ses ailes devaient tourner gaillardement lorsque Pierre Gauthier, le meunier de Gléré, l'acheta pour 2.416 francs en 1818 !
Un peu de terrain plat nous amène à Bogé, village natal de la puissante famille du Vaudeguip. Profitons de la descente du « Guerno ». Voici, à droite, à flanc de coteau, La Fosse, centre du bailliage du même nom qui englobait Le Béziers et Legré, sous le Vaudeguip, si proche de nous.
Carrefour à droite, bien brutal et nous surgissons à Loppo, vieille frairie de la paroisse où saint Marc et son lion trônent toujours dans la chapelle vétuste au clocheton trapu mais original. Le Loppo remonte dans la nuit des temps. Le mot, racine celtique, nous rappelle la localité « Lopodunum », le fort de Lopo, baignant dans le Neckar, près de Mannheim. Ici vivait Jehan de Saint-Martin au début du XVème siècle ! A 500 mètres le « Vielz-Moulin », fief du Vaudeguip, garde un secret : où était situé son moulin ?
De l'autre côté de la route, nous apercevons la Ville-Mahé - les gens du pays disent la Ville Maha ! Croyez-moi, ce « crochet » vaut la peine. Nous avons ici une des plus anciennes maisons nobles d'Allaire et l'une des mieux conservées. L'ancien manoir fut édifié par les Mahé de la Pommeraye qui possédaient alors tout le terrain entourant la chapelle Saint-Marc. La maison qui subsiste aujourd'hui date de trois siècles. Elle a belle allure. Les propriétaires ont su l'entretenir soigneusement et elle a gardé son cachet historique sans devenir pitoyables ruines. Depuis le début du XVIIème siècle elle est la propriété de la famille Hémery qui a compté plusieurs prêtres parmi ses membres. Entre autres, citons missire Pierre Hémery, subcuré d'Allaire en 1678 sous le rectorat de Julien-René du Bouëxic, seigneur de la Rochejouardaye qui mourut à Allaire le 29 août 1719.
Un autre ecclésiastique célèbre de cette famille : René Hémery, recteur de Saint-Gorgon sous la Révolution. Il lui arrivera bien des aventures et il frôlera plus d'une fois le couperet de la guillotine. Il mourut à la Ville-Mahé, en 1831, âgé de 89 ans.
La Ville-Mahé semble avoir été le « presbytère » des desservants de la chapelle Saint-Marc. Fouillée par les « bleus », elle livra maints objets du culte. Voilà une maison pleine de souvenirs, n'est-ce pas !
Par la route nouvellement tracée, remontons à la Poinaie. Nous nous y arrêterons tout à l'heure ; en attendant, par une berge d'accès facile, nous nous dirigeons vers Trévilleuc, ancienne dépendance de la Poinaie. Au passage, nous traversons des pièces de terre au nom évocateur : « La fuie » et sa voisine : « le colombier ». N'y a-t-il pas encore des pierres le long du talus ? C'est là que les seigneurs de la Poinaie avaient installé leur colombier. Il a disparu, mais le cadastre en garde le souvenir. Quant à Trévilleuc, c'est un vieux village bien caché. J'aime y aller...
Et voici la Poinaie, ou plutôt la Payennaie, berceau de la famille Payen. « Il y avait une fois... », pourrait-on murmurer tristement en contemplant les ruines de l'ancien manoir. Il devait pourtant rivaliser d'élégance avec bien d'autres gentilhommières si l'on en juge par les moulures, entrelacs et cheminées remarquables de finesse et de goût. Là vécut la famille de Boisguéhenneuc [Noble : Originaire de Caro. En 1427, Guillaume du Boais-Guéhenneuc est reconnu noble « par cause de son hôtel du Cleyo »], aux consonances rudes et sauvages comme le site environnant. L'étang — l'un des plus jolis de la paroisse — a rendu définitivement ses eaux au Dieu Soleil et à Dame Tourbe, par manque d'entretien, bien sûr ! Les moulins à eaux et à vent ? Souvenirs tout cela ! Isolées, les maisons ne voient pas beaucoup de passants, mais depuis l'érection du monument de Brancheleux, quelques touristes passent, sans daigner regarder cependant ces ruines... encore si nobles pour celui qui les comprend et qui les aime ! Il y avait une fois...
Notre route nous amène bientôt à Logeraie, après escalades de talus — escalades souvent assez périlleuses — Cette construction porte toujours sa date de naissance sur une pierre de lucarne : 1606. Il connut des heures de splendeur, ce manoir. Sculptures et ornementations semblent vouloir résister coûte que coûte à l'usure du temps. Un débarras de la ferme semble avoir été un petit oratoire !
La Paumeraye reste ignorée. On a bien du mal à la découvrir pour la première fois. Au XIVème siècle, le manoir de la Paumeraye était sans conteste l'un des plus riches de la commune. Allez donc admirer la cheminée reléguée sous la grange ! Quelques vieilles pierres, parmi les plus belles, ont pu être sauvées et enrichissent la maison curiale. Berceau de la famille La Pommeraie, c'est probablement ici que naquit Guillaume de la Pommeraie, sieur d'Henlé, recteur de Saint-Gravé. Le Vieux-Moulin, avant d'appartenir au Vaudeguip, était dépendant de « la Paulmeraye, en laquelle il y a terres arables et frostes, boais anciens, vignes coulombier ».
Si vous voulez maintenant filer vers Saint-Jean-la-Poterie — Saint-Jean-de-Bretagne — arrêtez-vous au Vaudepierre, ancien fief du Vaudeguip. En 1464, Jean Janvier y habite et subsiste de ses pauvres rentes (35 livres). Au XVIIème siècle, il appartenait à la famille Le Trezle dont l'un des membres, Jacques, épousa une demoiselle Renée de Forges.
Notre promenade est terminée. Mais non, nous avons oublié de passer à la « Sauldraye », simple village aujourd'hui, mais autrefois forteresse imposante. Ici se retira Me Julien Guyodo, sénéchal, en 1695. Il n'y a pas longtemps, on pouvait admirer une des tours du château, coiffée de lierre et bordée de lichen. Rien ne subsiste.
Le Révolutionnaire Le Batteux, de Redon, l'avait fait incendier. Le soir, à la veillée d'hiver, les bons vieux vous diront qu' « un trésor est caché dedans ». Si vous y croyez, allez donc voir vous-même ; mais le plus beau trésor n'est-il pas celui que nous venons de découvrir : l'âme des ancêtres gravée dans les murailles de nos maisons ?.
(Georges Le Cler).
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