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ANTRAIN

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La commune d'Antrain (pucenoire.gif (96 octets) Entraven) est chef lieu de canton. Antrain dépend de l'arrondissement de Fougères, du département d' Ille-et-Vilaine (Bretagne).                     

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de ANTRAIN

Antrain vient du latin "inter amnes" (entre les rivières). 

Antrain, encore appelé Antrain-sur-Couësnon, est une étape sur la route du Mont-Saint-Michel. L'église d'Antrain est donnée dans la seconde moitié du XIème siècle et au début du XIIème siècle par ses possesseurs laïques Turulle, Yves et Hervé, aux abbayes de Saint-Florent en Anjou et de Marmoutiers en Touraine, et passe à l'évêque de Rennes dès le commencement du XIIIème siècle. La terre de Bonnefontaine est donnée en 1070 à l'abbaye de Marmoutiers. Saint Vincent Ferrier, dominicain espagnol, fait des prédications à Antrain en 1418. 

Dans la seconde moitié du XIème siècle, dit M. Maupillé (voir Notices historique sur les paroisses du canton d'Antrain, 19), l'église d'Antrain appartenait à trois seigneurs nommés Turulle, fils de Réginald-le-Gros, — Yves, fils d'Urvodius ou Urvoy, — et Hervé, fils de Burchard. Il est difficile de déterminer d'une façon précise quelle était la part afférente à chacun de ces seigneurs dans la propriété de cette église. Nous savons seulement que celle de Turulle se composait du quart du produit des oblations et des sépultures, et du quart également des dîmes de toute la paroisse. La part d'Yves semble avoir été égale à celle de Turulle ; enfin, tout porte à croire que celle d'Hervé égalait celle des deux autres, c'est-à-dire représentait la moitié des revenus de l'église et de la paroisse? (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 389). Turulle paraît avoir disposé le premier, vers 1057, de sa portion en faveur de l'abbaye de Saint-Florent de Saumur ; il y ajouta le don de la terre et de l'étang de Montbulain, en Romazy, mais il exigea 8 livres pour lui et une vache avec son veau pour sa femme ; les religieux annexèrent cette donation à leur prieuré de Tremblay (Archives d'Anjou, I, 266). L'exemple de Turulle ne tarda pas à être suivi par Yves, fils d'Urvoy, mais celui-ci céda ses droits à l'abbaye de Marmoutiers. L'histoire ne nous dit pas l'époque précise à laquelle eut lieu cette cession, elle nous apprend seulement qu'Yves étant lui-même entré comme religieux à l'abbaye de Marmoutiers, en 1095, profita de la circonstance pour lui confirmer la donation de l'église d'Antrain, qu'il lui avait faite sans doute quelques années auparavant. Au commencement du XIIème siècle, l'église d'Antrain se trouvait donc partagée, d'un côté, entre les deux abbayes de Saint-Florent de Saumur et de Marmoutiers, qui en possédaient chacune un quart ; et, de l'autre côté, Hervé, fils de Burchard, qui persistait à détenir l'autre moitié. Mais le moment n'était pas éloigné où ce seigneur lui-même allait cesser de fermer l'oreille aux pressantes sollicitations de l'Eglise et se dessaisir de sa portion. Ce fut en 1105 que, comme Yves, il en disposa en faveur de Marmoutiers. « Herveus, Burchardi filius, quidquid habebat in ecclesia S. Andree de Entreiaco Sto Martino dedit et duas partes decime parochie » . Cette disposition, toutefois, ne fut pas à titre purement gratuit ; l'acte qui nous en a conservé le souvenir constate qu'il reçut une somme de 10 livres des mains de Fulbert, un des religieux chargé de la paroisse de Saint-Ouen, et qu'il exigea que, dans le cas où ses fils ou bien quelques-uns de ses gens viendraient par la suite à créer dans l'église d'Antrain des ressources suffisantes pour l'entretien de deux religieux, l'abbaye serait tenue de les y envoyer et de les y maintenir. Par suite de cette donation, l'abbaye de Marmoutiers se trouvait réunir en sa possession environ les trois quarts de l'église d'Antrain. Cependant, de cette quotité, il y avait encore à défalquer la part qui appartenait à un prêtre nommé Godefroy, que les seigneurs avaient sans doute chargé du gouvernement de la paroisse, lorsqu'ils en étaient encore en possession. Cet ecclésiastique lui-même céda à l'entraînement de l'exemple qui lui était donné, et remit sa personne et ses biens à la disposition de Marmoutiers, se et sua omnia dedit ; non pas qu'il se soit fait religieux, mais sans doute qu'il consentit à recevoir de cette abbaye une nouvelle investiture. Il stipula, en effet, que les revenus de l'autel seraient partagés par portions égales entre lui et les religieux, mais qu'il profiterait seul des messes privées, des confessions, des baptêmes et des purifications. Cet accord est d'environ 1124 à 1137 (M. Maupillé, loco citato). Les religieux de Marmoutiers semblent avoir dès lors annexé l'église d'Antrain à leur prieuré de la Trinité de Fougères. Marbode, évêque de Rennes, approuva les dispositions d'Hervé en leur faveur, et leur concéda le droit de patronage de cette église d'Antrain vers 1100-1120. Mais dès la fin du XIIème siècle les droits de Marmoutiers à Antrain étaient sensiblement amoindris ; ils se réduisaient alors au patronage, à la moitié des oblations et des autres revenus de l'église, et à une égale portion dans les dîmes de la paroisse ; encore ces droits lui étaient-ils contestés par Herbert, évêque de Rennes. Mais ce saint prélat voulut régler définitivement ses rapports avec les moines de Marmoutiers, et en 1197 fut passée la transaction suivante : « D'un côté, les religieux renoncèrent entièrement au patronage et aux autres droits qu'ils avaient exercés jusqu'alors dans la perception des oblations et des autres revenus d'Antrain, et en firent à tout jamais l'abandon en faveur de l'évêque et de ses successeurs. Ce fut alors que le patronage de l'église d'Antrain fut donné par l'évêque de Rennes à un de ses chanoines ; ce qui forma l'un des bénéfices monoculaires . De l'autre côté, l'évêque, pour tenir compte aux religieux et les indemniser de ce sacrifice, éleva leur portion dans le partage des dîmes qui leur étaient communes avec le recteur, en leur accordant les trois quarts là où ils n'avaient auparavant que la moitié, l'autre quart restant affecté au recteur. Une réserve fut faite néanmoins pour le mulet et le panais, dont le partage dut se faire moitié par moitié ». Il fut aussi réglé que le prieur de la Trinité et le recteur d'Antrain auraient « leurs collecteurs dans la campagne aussi bien que leurs batteurs dans l'aire, chacun en raison de la portion qui lui était afférente dans le partage ; que toutes les dîmes seraient apportées à la grange du prieur, dont le recteur aurait une clef ; que celui-ci pourrait y établir un gardien et l'y maintenir aussi longtemps que les dîmes y seraient en dépôt. Enfin, le recteur nommé à Antrain devait, avant d'entrer en fonctions, prêter serment entre les mains du prieur de la Trinité de Fougères d'exécuter fidèlement toutes les conditions qui lui étaient imposées par la transaction » (M. Maupillé, loco citato). Cependant il ne faut pas oublier que les moines de Saint-Florent possédaient toujours le quart de l'église d'Antrain ; ils en avaient donné la jouissance à leur prieur de Tremblay ; mais Pierre de Dinan, successeur d'Herbert sur le siège épiscopal de Rennes, résolut de régler également leur situation à Antrain en conséquence de la précédente transaction. En 1203, cet évêque fit passer un accord entre Guy Marse, recteur d'Antrain, et Guérin, prieur de Tremblay ; le prieur renonça à tous ses droits sur le quart des oblations et des prémices de l'église d'Antrain, et, de son côté, le recteur s'engagea à lui payer, chaque année, 25 sols, monnaie d'Angers, également partagés en deux termes, à la Saint-Luc et à Pâques (Archives départementales de Maine-et-Loire - D. Huynes, Histoire ms. de Saint-Florent, 174). Par suite de ces transactions, aucun moine n'eut plus droit dans l'église d'Antrain (nota : C'est évidemment à la présence des moines à Antrain qu'est due la formation de la terre de l'Abbaye, aliénée par les religieux avant 1540 ; à cette dernière époque, en effet, la seigneurie de l'Abbaye, contenant 40 journaux, touchant à la ville d'Antrain, à la seigneurie de Bonnefontaine, à la rivière de Couasnon et à la chapelle Saint-Laurent, appartenait à François de Channé, seigneur du Sollier. - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine) . Pendant longtemps le prieur de la Trinité de Fougères demeura gros décimateur à Antrain ; mais à la suite d'arrangements conclus entre les deux abbayes de Marmoutiers et de Saint-Florent, le prieur de Tremblay finit par absorber la totalité des dîmes de cette paroisse. C'est du moins ce qui semble résulter d'un aveu du prieuré de la Trinité de Fougères en 1542, dans lequel il n'est fait nulle mention des dîmes d'Antrain, et d'une transaction dont voici le résumé, passée le 15 juin 1687 entre le prieur de Tremblay et les trésoriers d'Antrain. Par cet accord, le prieur de Tremblay eut la libre disposition de toutes les dîmes, tant grosses que menues, même des novales, de la ville et de la paroisse d'Antrain, à la charge de payer chaque année : 1° au recteur d'Antrain, la somme de 450 livres pour sa portion congrue et celle de son vicaire ; 2° au trésor de l'église d'Antrain, 68 boisseaux de froment rouge, mesure d'Antrain ; 3° aux prêtres de la ville, 60 livres pour trois messes par semaine, dues par le prieur de la Trinité de Fougères sur les dîmes de la paroisse ; 4° au Chapitre de la cathédrale, 15 livres 4 sols 6 deniers ; et enfin d'acquitter tous les droits de visite et autres dont la charge pouvait incomber à la paroisse. — De leur côté, les trésoriers durent payer au prieur de Tremblay une rente annuelle de 120 livres, destinée sans doute à lui tenir lieu de la part à laquelle il avait droit dans la perception des revenus casuels de l'église (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 3). Notons, en passant, que les trésoriers d'Antrain ont laissé des registres de comptes fort curieux, de 1542 à 1577 et de 1643 à 1773 ; ils sont déposés aux Archives départementales d'Ille-et-Vilaine et renferment bien des détails sur les coutumes religieuses du XVIème siècle (Pouillé de Rennes). 

Antrain était une châtellenie et possédait jadis un droit de haute justice. La seigneurie appartient en 1105 à Hervé, fils de Bruchard, en 1140 à Jeanne de Dol, épouse de Raoul II de Fougères et reste entre les mains des barons de Fougères jusqu'en 1789. La châtellenie d'Antrain était jadis une sergentise féodée de celle de Saint-Brice, en Saint-Brice-en-Coglès. 

La maison seigneuriale de la paroisse d'Antrain était le château de Bonne-Fontaine (ou Bonnefontaine). La terre de Bonne-Fontaine est donnée vers la fin du XIème siècle par Geoffroy Chausseboeuf au Prieuré de Tremblay, dépendant de l'Abbaye de Saint-Florent en Anjou. Bonne-Fontaine était une châtellenie d'ancienneté, érigée en baronnie en 1578 et exerçait à Autrain un droit de haute justice : elle relevait de la baronnie de Fougères. Propriété des seigneurs de Saint-Brice (avant 1380), puis des familles de Porcon (en 1380), de la Marzelière (en 1533), du marquis de Coëtquen (au XVIIème siècle), de Durfort ducs de Duras (au XVIIIème siècle), de la Motte seigneurs de Lesnage (avant 1755 et en 1789).

On rencontre les appellations suivantes : Intramnum (au XIème siècle), Entreiacum et Entrenium (au XIIème siècle), Intremium (XIIIème siècle), Intraineyum (au XIVème siècle), Entraim (au XVIème siècle).

Note 1 : il serait assez singulier que dans une petite ville comme Antrain, jouissant au moyen-âge d'une certaine importance seigneuriale, il n'y eût pas eu jadis un hospice quelconque. Aussi croyons-nous que la chapelle Saint-Laurent, entourée d'un cimetière et située à environ 500 mètres de la ville, devait être le dernier vestige d'une maladrerie fort antique. Malheureusement il ne reste plus de traces de cette chapelle et nous n'avons pas retrouvé les archives concernant son histoire. Il y avait une école de garçons en cette paroisse, dont l'instituteur était nommé jadis par l'abbé de Rillé (Pouillé de Rennes).

Note 2 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse d'Antrain : Jean, « Johannes presbiter ecclesie de Intramno » (en 1197). Guy Marse, « Guido Marse persona ecclesie de lntranno » (en 1203). Nicolas Hallard (chapelain de Saint-Léonard de Fougères, en 1508). Marc Gérault (également chapelain de Saint-Léonard, en 1550). Jean Champion (en 1624). Pierre Deschamps (licencié en droit canon, en 1639 ; décédé en 1690). Jean-Baptiste de Brégel (pourvu en 1690, intenta en 1694 au prieur de Tremblay un procès que continua son successeur). Jacques de Brégel (docteur en Sorbonne, pourvu vers 1700, il résigna dès 1705). Joseph Daniel (prêtre d'Antrain, il fut pourvu le 25 novembre 1705. Il y avait cinq autres prêtres résidant à Antrain de son temps. Décédé en 1752). Gilles-Pierre Bertin (prêtre du diocèse, nommé le 11 janvier 1753, il résigna en 1760). Bonaventure Cadeu (prêtre du diocèse, pourvu le 9 septembre 1760, il gouverna jusqu'à l'époque de la Révolution). Julien La Coquerie (1803, décédé en 1824). Michel Lambert (1824-1830). Gilles Nouel (chanoine honoraire, 1830-1858). François Deminiac (1858-1861). Simon Jégu (1861-1877). Jean-Marie Fresnel (à partir de 1877), .....

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PATRIMOINE de ANTRAIN

l'église Saint-André (XIIème –XVIème - XVIIème et XVIIIème siècles). Cette église est consacrée en 1105 et agrandie en 1542. Le Pouillé de Rennes stipule que l'église d'Antrain, dédiée à saint André dès le XIIème siècle, semble avoir été reconstruite ou du moins grandement restaurée à la suite de la transaction passée en 1197 entre l'évêque de Rennes et les moines bénédictins qui l'abandonnèrent à ce prélat. L'emploi simultané qu'on y remarque du plein cintre et de l'ogive annonce bien la transition qui se fit vers ce temps du style roman au style gothique. « Elle est formée d'une seule nef, accompagnée de deux transepts et terminée à l'Est par un chevet circulaire. La porte occidentale, ainsi qu'une autre porte ouverte dans le mur méridional, sont en plein cintre et ont leurs archivoltes subdivisées ; deux petites colonnes, placées de chaque côté, supportent leurs voussures, qui sont ornées d'un rang de dents de scie. Au-dessus de la première de ces portes s'ouvre une fenêtre en lancette, encadrée dans un plein cintre. Cette fenêtre semble placée là, au frontispice de l'église, comme pour en marquer la date par son double caractère » (M. Maupillé, Notice sur les paroisses du canton d'Antrain, 25. — La charpente de la nef a été refaite au XVIème siècle, comme le prouve cette inscription gravée sur la sablière septentrionale : Lan M. Vc quarante deux Jehan Bigner an ce lieu ma mis). « Deux autres fenêtres en meurtrières, percées dans le mur septentrional de la nef, mais aujourd'hui bouchées ; huit contreforts romans et une petite abside accolée au mur transversal du transept Nord, sembleraient devoir lui faire assigner une origine plus ancienne ; mais il est possible que bien des années se soient écoulées entre l'époque où elle fut commencée et celle où elle fut achevée. Cette abside (qui sert aujourd'hui de sacristie) est assez curieuse : elle est flanquée de quatre contreforts romans, et dans les vides qu'ils laissent entre eux se dessinent trois baies, avec amortissement en plein cintre, destinées à laisser pénétrer la lumière à l'intérieur. Ses parois étaient intérieurement décorées de peintures à fresque dont on voit encore quelques restes à la voûte, mais tellement détériorés par l'humidité qu'il est difficile de reconnaître les sujets. Il semble pourtant, dit M. l'abbé Brune, qu'on y a représenté les trois personnes de la Sainte Trinité, environnées d'anges. Quelques bordures en couleur rouge, noire et jaune, sont mieux conservées. Il paraît, du reste, que deux enduits ont été peints successivement, et le premier n'est guère plus endommagé que le second » (Archéologie religieuse, 240). « On aperçoit, au-dessus de la boiserie des petits autels qui sont appliqués au mur transversal des transepts, une forte moulure torique qui dessine la forme de l'arcade cintrée au moyen de laquelle ils étaient mis en communication avec leurs absides. Celle du transept Sud a probablement été détruite à l'époque où l'on a reconstruit le chevet. L'inter-transept ou carré central, sur lequel repose la tour, est la partie la plus remarquable de l'édifice. Les colonnes qui soutiennent les arcades sont disposées en faisceau et surmontées de chapiteaux moitié romans, moitié gothiques. Les arcades elles-mêmes sont formées par des ogives, ou plutôt par des cintres à peine brisés, qui accusent l'ogive aux premiers moments de son apparition, et leurs archivoltes, ornées de moulures croisées sur leur face extérieure, viennent appuyer ce premier témoignage, que confirment encore les nervures toriques qui décorent la voûte. Dans l'angle formé par la rencontre du mur transversal du transept et du chevet, au Nord, on remarque une tourelle extérieure qui devait contenir autrefois un escalier pour monter à la tour carrée qui s'élève au-dessus de l'inter-transept. La partie inférieure de cette tour seulement est ancienne et appartient à la construction primitive ; la partie supérieure date de 1675 ; elle a la forme d'un dôme et a remplacé une autre construction qui avait été élevée en 1546 et dans laquelle on avait admis des fillettes (Petits clochetons accompagnant un clocher ou une cloche) comme ornement, ce qui donne à supposer qu'elle affectait la forme pyramidale. Le chevet a dû être refait à une époque assez rapprochée de nous, peut-être à l'époque de la reconstruction de la tour ; il est dans le style ogival, mais du plus mauvais goût. M. Brune y mentionne une verrière d'un assez bon dessin, mais pâle de couleur. On y voit le Christ en croix avec la Madeleine et quelques autres personnages de la Passion. Les autres fenêtres ont reçu depuis (en 1867) des verrières qui les mettent en harmonie avec celle-ci. On remarque encore dans le choeur des stalles sculptées qui, quoique mutilées, présentent des détails assez bien traités ; elles semblent appartenir au XVIème siècle. Vers le milieu de ce siècle, on comptait dans l'église d'Antrain quatre chapelles, consacrées à Notre-Dame, à saint Eloy, à saint Denis et à saint Laurent. L'église possédait aussi à cette époque un orgue, qui était touché par Me Nicollet, lequel recevait la somme de 15 livres par an pour ses honoraires. Enfin, dans ce même XVIème siècle le Carême était prêché chaque année, dans l'église d'Antrain, par des religieux qui, pendant la station, donnaient également des instructions à La Fontenelle » (M. Maupillé, loco citato). On y comptait aussi un grand nombre de confréries : celles de la Sainte-Vierge, des Cinq Plaies de Notre-Seigneur, des Défunts, de Saint-Fiacre, de Saint-Roch, Saint-Sébastien et Saint-Fabien. Dans les derniers siècles, le baron de Bonnefontaine avait les droits de prééminence et de seigneur fondateur dans l'église et le cimetière d'Antrain ; il était, en outre, autorisé à tenir deux foires aux fêtes de saint André et de saint Luc ; mais le baron de Fougères avait toujours les droits de supériorité dans la paroisse d'Antrain et même dans l'église (Pouillé de Rennes). L'église actuelle comprend une nef, une abside, un transept et une tour centrale. Le croisillon nord du transept possède une absidiole qui semble antérieure au milieu du XIIème siècle. Une partie de la nef a été refaite au XVIème siècle : la date de 1760 se lit sur la muraille. Le pignon ouest date du XIIème siècle. La face sud du XIIème siècle possède une porte cintrée dite porte des Femmes. La croisée du transept est surmontée d'une tour carrée, romane à sa base et datée à son sommet de 1675. La partie supérieure de la tour a été refaite en 1546 et en 1675. Le choeur a été refait au XVIIème siècle. L'église était jadis entourée d'une litre aux armes des seigneurs de Bonne-Fontaine (ou Bonnefontaine). Les décorations intérieures datent de 1886-1888. Le maître-autel avec tabernacle, oeuvre du sculpteur Etienne Le Bezot, date de 1753. La nef date du XVIIIème siècle. Les stalles datent du XVIème siècle. Le chevet date du XVIIème siècle. L'église abrite une statue de Notre-Dame de Bonne Espérance du XVIIème siècle ainsi que plusieurs peintures du XIXème siècle dont celles représentant saint Michel, saint Luc et saint Jean. Le seigneur de Bonne-Fontaine était prééminencier et prétendait même être fondateur ; ils jouissait d'un enfeu et d'un banc dans le choeur qu'entourait une litre à ses armes, et avait, en outre, un autre enfeu et un autre banc armoriés dans la chapelle de la sainte Vierge (Archives d'Ille-et-Vilaine, 9, G, 6) ;

l'ancienne chapelle Saint-Jean et Saint-Denis, bâtie en 1875, pour desservir un hôpital projeté, par M. Jean Anger, prêtre d'Antrain et curé de Villettes (Pouillé de Rennes) ;

l'ancienne Chapelle Saint-Denis, aujourd'hui disparue et située jadis route de Saint-Brice-en-Coglès, à la sortie d'Antrain. La foire qui se tenait jadis à l'ombre de ce petit sanctuaire subsiste encore à la fin du XIXème siècle ;

l'ancienne chapelle Saint-Laurent, signalée dès 1540, mais aujourd'hui disparue ;

l'ancienne Chapelle de la Croix-Crocq, aujourd'hui disparue et située jadis route de Bonne-Fontaine ;

la croix Cholet (1633), située non loin du manoir de la Choltais et édifiée par Jacques Boulain, propriétaire de la Choltais ;

la croix Dom Michel, située au village des Croix. Elle est décorée de macarons ;

la croix (XVIème siècle), chargée d'un Christ et qui porte un écusson du XVIème siècle ;

la croix monolithe (XVème siècle), située route de Trans. Cette croix est sculptée d'un Christ à la Flagellation ;

l'ancien manoir de la Choltais (1528 ou 1548), situé route de Tremblay à Montanel et édifié par Geffroy le Camus. Propriété successive des familles le Camus (en 1528), Boulain (en 1635), Douart seigneurs de la Morinaye (en 1640 et en 1680), du Bois le Bon (en 1700), Tuffin seigneurs de Sesmaisons (en 1763 et en 1789) ;

le château de Bonnefontaine ou Bonne-Fontaine (XVI-XIXème siècle). La terre de Bonnefontaine est donnée en 1070 à l'abbaye de Marmoutiers. A la fin du XIVème siècle, ce domaine est la propriété de Jean de Porcon, puis de Pierre de La Marzellière qui fait construire le château en 1547. Il se compose de deux bâtiments et plusieurs tourelles ou tours : le bâtiment nord est un peu plus ancien que le bâtiment sud. Bonne-Fontaine possédait jadis des fossés, un pont-levis, une chapelle privée et une fuie. La chapelle, dépendant du manoir de Bonnefontaine, avait été fondée par les seigneurs du lieu. En 1762, Jean de la Motte, seigneur de Lesnage et de Bonnefontaine, présenta Pierre Lodin, prêtre, pour la desservir. Elle avait dû remplacer une très-ancienne chapelle dépendant du prieuré de Tremblay (Pouillé de Rennes). Le château est réaménagé en 1880 par le vicomte de Guiton ; 

les anciennes maisons du bourg d'Antrain : la maison du Saut-Gautier ou de l'Ormeau (propriété de la famille Boulain au début du XVIème siècle), la Maison des Douves et l'ancienne prison (XVI-XVIIIème siècle) avec sa tourelle située rue de Pontorson ;

le pont sur le Couësnon (XVIIème siècle) ; 

l'ancien port de l'Angle (XVIIème siècle) ; 

l'ancien manoir (XVII-XVIIIème siècle), situé boulevard de la République. Il s'agit de l'ancien auditoire de la seigneurie de la Ballue en Bazouges-la-Pèrouse. Ce manoir est aussi surnommé "Maison Familiale" ou "Hôtel Grand-Maison" ; 

le lavoir (XVII-XVIIIème siècle). Restauré au XXème siècle ; 

la fontaine de "l'An II" (XIXème siècle) ; 

la fontaine de dévotion (XIXème siècle), oratoire dédié à Saint-Sulpice et Saint-Laurent ; 

les moulins du Couesnon, du Vivier, de Bonne-Fontaine ;

A signaler aussi :

la motte féodale située sur les bords du Couësnon ;

certains archéologues pensent qu'une forteresse aurait existé à l'origine près de la rue des Douves et à l'extrémité de la rue Mousset ;

les ruines d'une fortification située au village de la Motte. Cette fortification dont on ignore l'histoire aurait remplacé un ancien oppidum ;

l'ancien manoir de la Cour Horlande, situé rue de Loysance ;

l'ancien manoir de la Barbaye, situé route de Pontorson. Propriété successive des familles de Québriac (en 1413), du Breil seigneurs de Plumaugat (avant 1502), de Coëtquen (en 1502), Pinier seigneurs de Launay-Pinier (en 1513), Pépin (vers 1553), du Plessis seigneurs du Plessis-Morvan (au début du XVIIème siècle), des Douëtil (en 1615), Artur seigneurs du Ronceray (en 1664 et en 1789) ;

l'ancien manoir du Vivier, situé route de Saint-Brice-en-Coglès. Propriété de la famille Porcon seigneurs de Bonne-Fontaine en 1513 ;

l'ancien manoir de l'Angle, situé route de Sougéal. Il possédait jadis un droit de haute justice. Propriété de la famille de Porcon, du Gué en 1506, puis de la famille de la Marzelière vers 1567 et en 1604 ;

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ANCIENNE NOBLESSE de ANTRAIN

Dès le XIème siècle la petite ville d'Antrain semble être le chef-lieu d'une région appelée l'Antrenois, représentant à peu près ce qu'on nomma plus tard la châtellenie d'Antrain. Cette seigneurie était un grand fief s'étendant, en l'an 1105, dans les quatre paroisses d'Antrain, Tremblay, Romazy et Saint-Léger, et dont jouissait alors Hervé, fils de Burchard, seigneur qui fit don à l'abbaye de Marmoutiers de la moitié de l'église d'Antrain. Il est bien difficile, dit M. Maupillé, de décider si, dès lors, le territoire d'Antrain faisait partie de la baronnie de Fougères. Sa position en dehors des cinq grandes vairies qui paraissent avoir formé la division primitive de cette terre, l'absence de l'intervention des seigneurs de Fougères dans les actes qui concernent les paroisses de sa circonscription ; l'intervention, au contraire, des seigneurs de Combourg, plus d'une fois constatée dans ces mêmes actes ; enfin, l'adjonction bien certaine de la paroisse de Saint-Léger à ce groupe féodal, semblent autant de faits qui sont de nature à faire supposer que ses relations de dépendance le rattachaient à Combourg plutôt qu'à Fougères. Mais vers l'an 1140 Raoul II, baron de Fougères, épousa Jeanne de Dol, soeur de Jean, sire de Combourg ; rien ne s'oppose à l'hypothèse que le territoire d'Antrain ait constitué la dot de la dame de Fougères et que son union à la baronnie de ce nom ait été la conséquence de ce mariage. Depuis cette époque et dans tout le cours de son existence la châtellenie d'Antrain suivit assez ordinairement la destinée de la baronnie de Fougères, dont elle forma une des principales annexes. Cependant nous l'en voyons une fois détachée au commencement du XVIIème siècle et en demeurer séparée pendant l'espace de vingt et un ans. Henri IV, voulant récompenser les services signalés que lui avait rendus Charles de Cossé, duc de Brissac et maréchal de France, lui donna, par lettres patentes du 13 mars 1600, la jouissance durant sa vie de la châtellenie d'Antrain. Mais à la mort du maréchal, arrivée en 1621, cette seigneurie fit retour à la baronnie de Fougères et n'en fut plus séparée depuis. A cette époque la châtellenie d'Antrain s'étendait en cinq paroisses : Antrain, Chauvigné, Saint-Mard-le-Blanc, Romazy et Le Tiercent. Ses revenus en argent atteignaient en 1672 le total de 849 livres 2 sols ; ses revenus en grains consistaient en 752 boisseaux d'avoine, mesure de Fougères ; 350 boisseaux également d'avoine, mesure d'Antrain, et 32 boisseaux de froment, aussi mesure d'Antrain : ce que M. Maupillé évalue à environ 824 hectolitres d'avoine et 30 hectolitres de froment. La juridiction seigneuriale d'Antrain était importante ; parmi les terres qui en relevaient on comptait huit hautes justices, savoir : les baronnies de Bonnefontaine et du Tiercent, le marquisat de la Balue, le comté de Montmoron, la vicomté de la Belinaye, le prieuré de Tremblay et les seigneuries de la Chattière et des Portes, — et deux moyennes justices : les seigneuries du Pontavice et de la Vairie. A quinze cents mètres d'Antrain, sur le bord et en aval du Couesnon, on retrouve au village de la Motte les derniers vestiges du château de la seigneurie. C'est un pan de muraille faisant partie d'un ancien ouvrage de fortification. « Son épaisseur, son mode de construction, et mieux que cela encore, une meurtrière ou plutôt une archière, car ce n'est qu'une fente très étroite et allongée que l'on remarque sur l'un de ses côtés, ne permettent pas le plus léger doute à cet égard. Cette archière témoigne de l'antiquité de cette construction et semble devoir la faire remonter à une époque antérieure à l'invention du canon. Du reste, si l'on juge de l'importance de cette forteresse par la surface qui semble déterminée par un mamelon de forme quasi circulaire dont l'aspect, au milieu des prairies, rappelle assez celui d'un château à motte sans donjon, son étendue devait être considérable et ne pas s'éloigner beaucoup d'un hectare. Le pan de muraille qui a échappé à la destruction se trouve dans la partie basse et la plus rapprochée de la rivière. Il y a tout lieu de supposer qu'il faisait partie d'une tour élevée à cet endroit » (Maupillé, Notices historiques, 14). Malheureusement l'histoire reste muette au sujet de cette forteresse de la châtellenie d'Antrain, et aucun fait d'armes s'y rattachant n'est venu à notre connaissance. Il y a bien des siècles évidemment qu'elle dut être ruinée (abbé Guillotin de Corson).

La baronnie de Bonnefontaine (ou Bonne-Fontaine) : Vers la fin du XIème siècle, Geffroy Chausseboeuf donna aux religieux de Saint-Florent sa terre de Bonnefontaine, située près de la route de Tremblay à Antrain. Cette terre fut-elle le noyau de la seigneu­rie de Bonnefontaine ? Ne fut-elle pas plutôt ce qu'on appela aux siècles suivants la métairie de l'Abbaye, voisine du château de Bonnefontaine ? Nous ne le savons point, mais ce qu'il importe de constater, c'est l'existence dès cette époque reculée d'une terre en Antrain, appelée Bonnefontaine. Quant à la formation de la seigneurie de Bonnefontaine, nous croyons volontiers, avec M. Maupillé (notices sur les paroisses du canton d'Antrain), qu'elle fut le résultat successif des alliances de la famille de Porcon — qui semble de bonne heure propriétaire de la maison de Bonnefontaine — surtout avec les héritières de Saint-Brice et de Tiercent, riches maisons ayant plusieurs fiefs aux environs d'Antrain. Quoi qu'il en soit, le premier seigneur de Bonnefontaine qui nous apparaisse dans l'histoire est Jean de Porcon — fils d'Olivier de Porcon « l'un des plus vaillants capitaines qui suivirent Bertrand du Guesclin en toutes ses guerres et expéditions tant, en France qu'en Espagne ». Ce Jean de Porcon, vivant en 1380 et 1486, épousa Jeanne de Saint-Brice et fut seigneur de Bonnefontaine en Antrain et de Porcon en Saint-Meloir-des-Ondes. Le 23 septembre 1435, Guillaume de Porcon, seigneur dudit lieu, rendit aveu à la baronnie de Fougères pour ses terres et seigneuries de Bonnefontaine et du Fail en Saint-Etienne-en-Coglais. Son fils, Jean de Porcon, seigneur de Porcon et de Bonnefontaine, fit de même le 6 juin 1475 ; il avait rendu de grands services au duc François II et se trouvait capitaine d'Antrain en 1469. Il épousa Marguerite du Tiercent dont il eut, entre autres enfants, Arthur de Porcon, chambellan de la duchesse Anne et capitaine de Fougères en 1489. Celui-ci fut marié deux fois : -1° avec Marguerite de Saint-Gilles, -2° avec Catherine de L'Hôpital. Jean de Porcon, sorti du premier lit, fut seigneur de Porcon et de Bonnefontaine après son père ; il s'unit le 9 février 1488 à Jeanne d'Estouteville, mais mourut sans postérité. Sa succession fut recueillie par son frère François de Porcon, seigneur des Carrées, en Cherrueix, mari de Jeanne de Pouez, dame de la Cherbaudière en Saint-Hilaire-des-Landes (nota : cette dame fit par testament vers 1524 une fondation au couvent de Bonne-Nouvelle à Rennes où elle fut inhumée). De cette union naquit Gilles de Porcon, qui le 15 juillet 1527 rendit aveu pour ses manoir et seigneurie de Bonnefontaine. Il épousa Radegonde Bourgneuf, fille du seigneur de Cucé, décéda le 15 janvier 1533 et fut inhumé dans l'église d'Antrain. Le seigneur de Bonnefontaine ne laissait que deux filles : l'aînée, Françoise de Porcon, dame de Porcon, Bonnefontaine, le Fail, la Cherbaudière, etc., apporta toutes ses seigneuries à son mari, Pierre de la Marzelière, seigneur dudit lieu, en Bain ; elle-même en rendit aveu le 10 juin 1540 (Archives de Loire-Inférieure). L'année suivante, Pierre de la Marzelière se présenta à la revue militaire des gentilshommes en qualité de seigneur de Bonnefontaine, « monté et armé en estat d'homme d'armes, accompagné d'un aultre homme d'armes armé à la légère et de deux pages » ; il déclara posséder de 8 à 900 livres de revenu noble (Bibliothèque de Rennes. Mss. de Missirien). Ce seigneur obtint permission en 1547 de fortifier Bonnefontaine qu'il laissa à son fils aîné, Renaud de la Marzelière, créé en 1578 baron de Bonnefontaine, décédé en 1588 et époux de Marie du Gué. De cette union sortit autre Renaud de la Marzelière, gouverneur de Fougères et mari d'Anne du Guémadeuc. Celui-ci rendit aveu pour Bonnefontaine le 4 juin 1603 et fut tué en duel l'année suivante. Comme ce seigneur ne laissait pas d'enfants, son frère François de la Marzelière lui succéda ; mais, ce dernier, marié à Gillonne d'Harcourt, n'eut que deux filles, dont l'aînée, Françoise de la Marzelière, devint dame de Bonnefontaine. Cette dame avait épousé Malo, marquis de Coëtquen, auquel elle apporta ses grandes seigneuries de la Marzelière, du Gué et de Bonnefontaine ; il mourut en août 1674, et elle-même le suivit au tombeau le 14 juillet 1677. Leur fils aîné, Malo, marquis de Coëtquen et baron de Bonnefontaine, épousa Marguerite de Rohan-Chabot et mourut en 1679. L'année suivante, son fils Malo-Auguste, marquis de Coëtquen rendit aveu pour sa baronnie de Bonnefontaine. Cette seigneurie passa ensuite aux petites filles du marquis de Coëtquen, qui en jouirent d'abord par indivis ; mais, s'étant mariées, l'une à Charles de Rochechouart, duc de Mortemart, et l'autre à Emmanuel de Durfort, duc de Duras, et la première étant venue à mourir le 3 juin 1746, Bonnefontaine échut tout entier à la seconde. La duchesse de Duras ne conserva pas longtemps Bonnefontaine, elle vendit bientôt cette seigneurie à Jean-Pierre de la Motte de Lesnage qui en 1756 prenait le titre de baron de Bonnefontaine. Fils de Pierre de la Motte et de Servanne Miniac, seigneur et dame du Bignon en Saint-Suliac, le nouveau seigneur de Bonnefontaine épousa Anne-Thérèse du Fresne et mourut sans postérité en 1779. Après la mort, en 1779, de Jean Pierre de la Motte, le seigneur de Lesnage, Bonnefontaine demeura quelques années indivise entre les deux frères du défunt, Joseph de la Motte, comte de Montmuran, et Julien de la Motte, baron de Trans et époux de Marie Bouleau ; ceux-ci en firent hommage au roi dans ces conditions, le 10 mars 1785. Le baron de Trans était mort en 1787. Bonnefontaine demeura au comte de Montmuran décédé à Jersey pendant l'émigration. La baronnie de Bonnefontaine échut ensuite au fils de ce dernier, Pierre-Martial de la Motte, seigneur de Montmuran. Celui-ci émigra à la Révolution, vit vendre nationalement ses château et terre de Bonnefontaine et mourut, en 1823, sans laisser de postérité de Charlotte de Guibert sa femme. Bonnefontaine, châtellenie d'ancienneté relevant de la baronnie de Fougères, fut érigée elle-même en baronnie par lettres patentes d'Henri III, données en juillet 1578 et vérifiées le 30 octobre suivant. Par ces lettres le roi unit à Bonnefontaine les seigneuries du Fail, de la Cherbaudière et de Langle, et forma du tout la nouvelle baronnie (Archives du Parlement de Bretagne). Le château de Bonnefontaine, d'abord simple manoir, avait été remplacé, au XVIème siècle par une vraie forteresse qui subsiste encore, admirablement restaurée au XIXème siècle. C'est en 1547 qu'Henri II autorisa Pierre de la Marzelière à construire ce beau château qui tint garnison pendant la Ligue. Le principal corps de logis richement décoré dans le style ogival fleuri est défendu à une de ses extrémités par une grosse tour qui est une sorte de donjon ; il présente à l'autre bout deux autres tours, l'une cylindrique, l'autre octogonale particulièrement élégante. Un nouveau corps de logis, ajouté à l'ancienne construction et également de style fleuri, se termine par une dernière grosse tour qui fait le pendant du donjon. Cette belle demeure du XVIème siècle, aménagée avec art de façon à satisfaire toutes les exigences des moeurs de nos jours, fait grand honneur à ses propriétaires qui l'ont restaurée et qui l'habitent au XIXème siècle, M. et Mme de Guiton. Ajoutons qu'un magnifique parc arrosé d'eaux vives entoure ce somptueux château. La baronnie de Bonnefontaine se composait en 1680 de ce qui suit : le château de Bonnefontaine avec « ses tours, fossés et pont-levis », sa chapelle dédiée à Notre-Dame et fondée de messes, son colombier, ses bois et rabines, ses étangs et moulins, etc. ; — les anciens manoirs de Langle, de la Barbotais et de Vaublain ; — les métairies de Bonnefontaine, de Perrousel, de la Bertinière, du Vivier, de l'Abbaye, de la Fauvelais, des Juanderies ; — les moulins du Vivier en Antrain, de Briand en Tremblay, plus trois moulins en Chauvigné. La haute justice de Bonnefontaine s'exerçait à Antrain même, et s'étendait sur plusieurs fiefs appartenant aux douze paroisses d'Antrain, Tremblay, Chauvigné , Rimou, la Fontenelle, Sougeal, Bazouges-la-Pérouse, Marcillé-Raoul, Saint-Brice, la Celle en Coglais, Saint-Hilaire-des-Landes et Saint-Mard-le-Blanc. A Antrain aussi le seigneur de Bonnefontaine avait droit de tenir un marché le samedi de chaque semaine et des foires aux fêtes de saint Luc et de saint André (nota : en 1547, Henri II lui avait accordé ce marché et quatre foires par an). Dans l'église paroissiale d'Antrain le même seigneur était prééminencier et prétendait même être fondateur ; il jouissait d'un enfeu et d'un banc dans le choeur qu'entourait une litre à ses armes, et avait, en outre, un autre enfeu et un autre banc armoriés dans la chapelle de la sainte Vierge (Archives d'Ille-et-Vilaine, 9, G, 6). Hors d'Antrain le baron de Bonnefontaine était regardé comme seigneur fondateur des deux églises de Chauvigné et de celle de la Fontenelle. Il avait aussi en Chauvigné le droit de foire aux jours de la Mi-Carême, de saint Georges et de la Transfiguration. De toutes les dîmes de grains recueillies en cette même paroisse de Chauvigné par le recteur du lieu et le prieur de Saint-Sauveur-des-Landes, les pailles, balles, vannures et écussons appartenaient au seigneur de Bonnefontaine ; les tenanciers étaient obligés de les charroyer et conduire à ses faneries. M. de Bonnefontaine avait aussi le droit de pêche prohibitive dans les rivières de Couesnon et de Loisance en toute l'étendue de ses fiefs. Terminons par l'énumération de certains devoirs plus singuliers que gênants que devaient rendre à leur seigneur les tenanciers de Bonnefontaine. C'est ainsi qu'en la ville d'Antrain plusieurs habitants jouissaient de leurs maisons à la condition d'acquitter chaque année quelques redevances, sous peine chacun de soixante sous d'amende : l'un devait une gibecière, l'autre un jeu de quilles et deux boules ; celui-ci un gant de fauconnier et celui-là un collier à lévrier avec laise de soie aux couleurs du seigneur ; d'autres enfin devaient des sonnettes d'argent pour un épervier, plusieurs étrilles, une boule de buis, etc. A Chauvigné le recteur de la paroisse était tenu, à cause de sa maison presbytériale relevant de Bonnefontaine, d'offrir au seigneur, le jour du sacre, sous peine de soixante sous d'amende, « un chapeau de roses », c'est-à-dire une couronne de fleurs de rosier. Au bourg de Chauvigné se trouvait aussi une autre maison dont le propriétaire devait donner une mesure d'avoine au cheval du baron de Bonnefontaine ou à la haquenée de sa femme, lorsque ces seigneurs et dame venaient à la messe en l'église de Chauvigné (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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