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BOISHARDY, un chef chouan.
(1762-1795)

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Amateur Jérôme Bras de Forges seigneur de Boishardy (Bretagne).

BOISHARDY FUT-IL LE LA ROCHEJACQUELEIN DES COTES-DU-NORD ?

Amateur Jérôme Bras de Forges seigneur de Boishardy appelé « Monsieur Charles » est né le 13 octobre 1762 à Bréhand près de Moncontour ; il fut tué dans la nuit du 16 au 17 juin 1795 à 32 ans à la Ville-Gourio près de la Chapelle Saint-Malo. Du 15 septembre 1791 au 9 juillet 1792 il est lieutenant au 60ème régiment d'infanterie, l'ancien régiment du Royal Marine. Il donne brutalement sa démission quand son régiment s'apprête à partir pour Saint-Domingue. Pendant qu'il était en garnison à la Rochelle, le Marquis Armand Tuffin de la Rouërie (13 avril 1751 - 30 janvier 1793) organise un plan d'insurrection contre-révolutionnaire dès le 5 décembre 1971. Le premier Chouan dont Chateaubriand trace un vigoureux portrait dans les Mémoires d'Outre-Tombe avait la trempe d'un vrai meneur d'hommes ; il sut s'assurer les services de mendiants qui devinrent messagers de la bonne cause et colporteurs des idées contre-révolutionnaires.

L'action contre-révolutionnaire d'un Boishardy fut plus tardive et ne couvrit que deux années (23 mars 1793 - 17 juin 1795). Nous sommes loin des cinq années avancées par Charles Le Goffic en 1930 dans son ouvrage : la Chouannerie « Blancs contre Bleus » (1790-1800).

Son action militaire fut freinée par des impératifs diplomatiques. Le nom de Boishardy est souvent cité, mais son action est restée dans l'ensemble assez méconnue. On s'est plu à accumuler à son sujet les erreurs et les contradictions les plus flagrantes ! De plus il ne fit rien de son vivant pour soigner sa popularité et jouer le premier rôle comme le fit Charette en Vendée. Charette surnommé « le vice roi du pays de Retz » ou le « second fondateur de la monarchie » s'est comporté en véritable potentat et connut une très grande célébrité. Boishardy et Charette ont des points communs. Presque du même âge, épris tous les deux de gloire, parfois chevaleresques, très séduisants, ils connurent un destin tragique. Charette fut un très bon militaire mais se révéla un bien piètre diplomate ; Boishardy, bon officier se montra un excellent diplomate. On leur a prêté de nombreuses aventures galantes ; tous les deux traqués eurent l'intention de se rendre à Jersey.

Seul Charette garda jusqu'au bout le ferme espoir d'échapper à la mort ; il se montra d'une cruauté exagérée et se débarrassera sans scrupule de ses meilleurs amis ; les jugements portés sur lui sont souvent très durs. Quant à Boishardy ses biographes ont souligné les côtés humains et généreux du personnage qui sut plus d'une fois épargner des vies humaines et s'opposer à tout moment aux pillages. Ils se comporte en grand seigneur à l'égard des ennemis qui tombent en son pouvoir. Il ne put s'imposer comme un Georges Cadoudal qui sacrifia tout à son idéal et dont la chasteté augmentait la vigueur de décision ! Boishardy à la tête de petits groupes de chouans, lançant des attaques limitées, est le créateur d'un nouveau style de combat : la guérilla. Ne pouvant déployer ses troupes en terrain découvert il ne fut pas un meneur d'hommes à la façon d'un La Rochejacquelein en Vendée. Boishardy enlisé dans les débordements amoureux apparaît, comme le souligne E. Souvestre, sous les traits peu flatteurs d'un « Lovelace en sabots ». Amoureux éperdu de Mademoiselle de Kercadio, qui n'avait rien de la fougue des Amazones vendéennes, il courut à sa perte autant par mollesse que par découragement. Le Chevalier d'Andigné nous révèle certains pressentiments funestes qui enlevèrent à un homme traqué toute vélléité de lutte.

BOISHARDY FUT-IL LE COMPLICE DU MARQUIS DE LA ROUERIE ?

Boishardy en garnison à La Rochelle donne sa démission pour des raisons obscures le 9 juillet 1792 ; d'après ce que nous savons de lui il s'agit de motifs sentimentaux ; de plus sa famille possédait des salines près de Guérande. ceci expliquerait un séjour prolongé de Boishardy après sa démission. Mais il est surprenant qu'il ail prêté serment, le 16 octobre, de maintenir la liberté ou l'égalité, ou de mourir en les défendant et de maintenir la sûreté des personnes et propriétés. (Fonds Tempier ADCN.) Faut-il en conclure qu'il adhéra à un idéal révolutionnaire ? Il est difficile de l'affirmer. A la fin de 1792 il regagne incognito son château de Bréhand. Pendant ce temps le Marquis de la Rouërie trahi par un de ses confidents et traqué par les sbires de la convention, se réfugie le 12 janvier 1793 au château de la Guyomarais près de la forêt de la Hunaudaye. Le 19 il tombe malade et le châtelain appelle en consultation le docteur Taburet de Lamballe. Le 21 janvier Louis XVI est exécuté ; l'infortuné marquis apprend la nouvelle et tombe foudroyé le 30 janvier 1793. Le 26 février 1793 la conspiration est découverte. D'après ce contexte les possibilités d'une participation de Boishardy à cette conspiration sont assez restreintes, de toute manière, tardives voire même improbables.

Et pourtant presque tous les biographes du chef chouan affirment tout naturellement que Boishardy fut le complice du marquis de la Rouërie. En 1921 le Chanoine Pommeret l'affirmait encore, influencé par les indications fournies par P. Hemon dans le Comte du Trévou (1892-1902). Mais en 1931 il réfute ce point de vue et démontre que la participation de Boishardy dans le complot ourdi par le Marquis de la Rouërie est peu vraisemblable. La plupart des biographes, selon lui ont suivi les affirmations des autorités de l'époque qui pour expliquer la prise d'armes soudaine du châtelain de Bréhand du 23 mars 1793 et justifier un manque éventuel de vigilance, n'ont pas manqué de la rattacher à la conspiration découverte quelques semaines auparavant (le 26 février 1793).

Dans son livre bien documenté « Les Amazones de la chouannerie » (1939) Théophile Briant avance l'idée d'une rencontre entre Boishardy et le colonel Armand par l'intermédiaire du médecin Taburet de Lamballe. Laissons lui la parole : « A sa deuxième visite, Taburet, confia à Thérèse de Moëlien que Boishardy désirait connaître le colonel Armand, prendre ses ordres et refaire la liaison avec tous les comités royalistes de la conjuration ». Théophile Briant nous fait même assister à cette entrevue : « En quelques mots, le colonel Armand expliqua à Boishardy les grandes lignes de la conjuration. Il lui nomma les principaux affidés et le chargea officiellement du recrutement dans les Côtes-du-Nord. ». Quoiqu'il en soit Boishardy a certainement eu connaissance du complot par un de ses amis ; et le hasard veut justement que le médecin Taburet était un ami de la famille… Un peu plus tard la mère de la fiancée de Boishardy vint habiter chez les Taburet. Dans ces conditions Boishardy a été mêlé de près ou de loin à cette conjuration.

23 MARS 1793 : BOISHARDY LEVE L'ETENDARD DE LA REVOLTE — UN SORCIER EST NE.

Le 23 mars Boishardy déguisé en paysan, armé de deux pistolets passés dans la ceinture, et brandissant un fusil à deux coups, suivi de son fermier Le Borgne, harangue du haut du cimetière de Bréhand la garnison des environs ; il la conduisit à la lande du Gras près de Meslin. Il y fut rejoint par les habitants de plusieurs communes : Saint-Aaron, Quessoy, Plaintel, Andel, Coëtmieux, Maroué. Ils arborent des cocardes blanches, voient leurs rangs augmenter d'heure en heure et au nombre de 4 000 les insurgés sous les ordres de Boishardy gagnent Pommeret et un peu plus tard mettent en déroute un détachement de la garde nationale de Lamballe. Quelles raisons précises ont poussé le châtelain de Bréhand à s'insurger contre la République ? Quelques mois auparavant il a prêté le serment civique, est revenu incognito en Bretagne pour se mettre peu de temps après à la tête des insurgés.

Il y a eu la levée en masse des 300 000 hommes décrétée par la Convention le 24 février 1793, la découverte de la conspiration de la Rouërie qui devait soulever toute la Bretagne. Et pourtant un officier de petite noblesse comme lui n'avait pas d'intérêt à défendre l'ancien régime et aurait pu faire carrière dans les armées républicaines !

D'après le Chanoine Le Douarec, Boishardy aurait commencé la lutte après avoir reçu un avertissement du ciel par l'intermédiaire d'un garçon de 14 ans de Saint-Brandan, Jean Bannier que l'on retrouve à Moncontour et à Lamballe ; ses prédications le font regarder comme un prodige.

Le prophète aurait annoncé que l'action de Boishardy aiderait à remettre sur le trône le roi légitime. L'existence de Jean Bannier qui s'enrôla par la suite dans les troupes du chef chouan est attestée par les registres du département.

« L'agent du comité de sûreté générale fut envoyé dans Pommeret pour y découvrir un enfant de Saint-Brandan qu'on disait doué de prophétie. Cet enfant de 11 ans se nommait J. Bannier et était accompagné d'un prêtre et de l'émigré Boishardy ».

Signalement de l'accusateur public Besné concernant Boishardy (Bretagne).

APRES SA CONDAMNATION A MORT PAR CONTUMACE
LE 30 AVRIL 1793 BOISHARDY DISPARAIT D'OCTOBRE 1793 A JUILLET 1794

Après sa condamnation à mort par contumace le 30 avril 1793 Boishardy, surnommé « le sorcier » se terre dans des retraites sûres. Le jardinier du Colombier, François Duroy, croit l'apercevoir ; Boishardy aurait tiré deux coups de pistolet sur Pierre Galais, du Tertre Moro, qui lui reprochait de pêcher dans l'étang de cette propriété. Le 27 octobre les autorités croient pouvoir s'emparer du « sorcier », mais peine perdue, « Monsieur Charles » échappe à toutes les embuscades.

A partir de cette date on perd sa trace jusqu'au mois d'août 1794. Selon le Chanoine Pommeret, le proscrit serait entré en relation avec les chouans du Morbihan qui sous les ordres du Boisguy suivirent l'armée catholique et royale après son passage de la Loire. Georges Cadoudal rejoignit les Vendéens à Fougères pour ne les quitter qu'à Savenay.

Pourquoi Boishardy n'aurait-il pas suivi l'exemple de Cadoudal qui s'était rendu en Vendée pour s'exercer à une guerre d'escarmouches, prélude à toutes les autres formes de guerillas. Par la suite Boishardy, de retour à Bréhand, s'entoure d'anciens chefs vendéens comme Chantreau et Solilhac. Si l'on en croit Cretineau-Joly Chantreau semble avoir joué un rôle prépondérant dans les décisions prises par Boishardy. « Boishardy dont les premiers mouvements étaient toujours soumis à la raison plus froide de l'officier vendéen régularise ses succès ». Boishardy rencontrera deux fois les Républicains en la personne du général Humbert. Avant la trève il sera en partie question de quelques affaires de la campagne de Vendée où deux chouans avaient eu part. La déclaration suivante des chefs royalistes laisserait à penser que Boishardy n'est pas resté étranger aux mouvements de la guerre de Vendée ; il n'a pas cessé d'ailleurs de rester en relations épistolaires avec Charette. « Ce n'est point lorsqu'on a fait la guerre de Vendée, lorsque depuis deux ans on travaille avec constance à rassembler les sujets de Louis XVII au milieu de vos soldats que la mort peut effrayer. ».

Dans la proclamation des généraux et chefs de l'armée catholique et royale de Bretagne on relève entre autres le nom de Boishardy. Cette proclamation est saisie au mois d'août 1794 à Saint-Malo. Le 20 août les royalistes adressent une proclamation aux soldats français : « ... il ne sera pas fait de prisonniers ».

Le 26 août, le comte de Puisaye charge Boishardy du commandement de Lamballe. Le souci constant de Puisaye était de connaître la force des chouans de l'intérieur, du côté de la Loire, d'établir une correspondance suivie avec eux coûte que coûte et de rester en contact permanent avec Charette. Mais Puisaye ne semblait pas avoir une confiance absolue en la fermeté de Boishardy qui malgré un prestige accru ne pouvait affirmer son autorité sur les chefs qui auraient dû lui obéir ; il fut amené à adjoindre au chef chouan Jouette comme chef de division et Solilhac comme adjudant général de l'armée.

On ne sait à quel titre précis Boishardy se rendit en Vendée au quartier général de Belleville conférer avec Charette.

Le 22 novembre 1794 Gilles Garandel trace le bilan des entretiens de Boishardy avec Charette : « Boishardy et six autres chefs de l'Etat major de l'armée catholique et royale sont allés dans la Vendée conférer avec Charette. Ils sont de retour depuis trois mois ; ils recrutent sans cesse et organisent des compagnies... ». Puisaye délivre 6 brevets de chevalier de Saint-Louis dont un à Boishardy. Le 24 novembre Puisaye écrit à Cormatin : « Boishardy est colonel et chevalier de Saint-Louis. Il ne tiendra qu'à lui de faire un chemin rapide ; envoyez vers Charette, mille fois s'il le faut » (Pacification de l'Ouest, Chassin). Le 26 décembre Puisaye écrit à Cormatin : « Avez-vous des nouvelles de Charette ? » Cette question surprend un peu puisque Boishardy est revenu depuis un moment de Vendée. Le 15 décembre, Boishardy sûr de ses forces attaque et s'empare de Jugon et de Plédéliac. Ce sera le seul fait d'armes important de la carrière du chef chouan. Ce succès, quelque soit sa portée, lui permettait de traiter avantageusement avec les républicains. Un statu quo exige toujours de part et d'autre des situations équivalentes. Le 24 décembre, Madame de Kercadio, mère de Joséphine la fiancée de Boishardy, dut subir une perquisition à la suite de l'accusation suivante : la mise en circulation de faux assignats ; la perquisition eut lieu dans la maison de la femme du docteur Taburet, Porte de la Fraternité à Lamballe. Une nouvelle fouille eut lieu au château de la ville Louët..... Bois-hardy se porta garant de l'innocence de sa fiancée qui fut laissée chez elle, malgré une tentative de fuite. Boishardy affirma qu'un chouan, Marc-Antoine, les avait introduits à son insu. Après deux rencontres avec le général Humbert une trève est enfin signée le 3 janvier 1795.

L'affaire de la ville Mario près de Plouha où la responsabilité de Boishardy n'est pas en cause se solde par un échec. Les chouans n'étaient pas de taille à affronter les républicains dans une bataille rangée. Le traité de la Mabilais le 20 avril 1795 auquel participa Boishardy, sous la pression de sa fiancée, fut incontestablement un succès pour la cause des royalistes mais la paix très précaire qui s'ensuivit ne devait durer que quelques semaines. Boishardy repartit une seconde fois en Vendée pour conférer avec Charette.

DESARROI ET DOUTES DE BOISHARDY APRES LE TRAITE DE LA MABILAIS

Le chevalier d'Andigné, « le grand chouan », le futur général royaliste qui tint tête à Napoléon, nous livre de précieux renseignements sur les grands noms de la chouannerie bretonne en particulier sur Boishardy chez qui il trouva refuge à Bréhand après l'écrasement des Vendéens en décembre 1793 à Savenay. Ses mémoires publiées tardivement en 1900 par E. Biré présentent le destin tragique de Boishardy sous un jour nouveau. D'Andigné porte un jugement sévère mais lucide sur l'envergure militaire, politique de Monsieur Charles. Tous ses biographes n'ont pas manqué de citer le jugement lapidaire d'un chef vendéen : « Il avait tout ce qu'il fallait pour faire un bon officier, rien de ce qui constitue un chef de parti ». Il est vrai qu'Andigné était un adversaire acharné de tout rapprochement avec les républicains ! En toute objectivité Boishardy n'avait rien de l'a trempe et de l'obstination d'un Cadoudal, homme d'une seule pièce ; un colosse à tous égards qui avait sacrifié sa vie intime à un idéal politique des plus astreignants.

Boishardy qui éprouvait sans doute la secrète nostalgie de l'armée régulière avait la plus grande horreur du pillage. Un jour il s'apprêtait à faire fusiller un chouan qui avait dérobé des objets de valeur et c'est à grand peine qu'un de ses officiers obtint le pardon du coupable ! En ce sens il fut d'une très grande honnêteté ; le chevalier d’Andigné habitué aux heurts sanglants de la Vendée fut stupéfait de trouver dans le salon de Boishardy le général Humbert conversant avec des officiers royalistes. Quelques mois plus tard à Moncontour Madame Latimier du Clezieux, femme d'un riche notable, offrait l'hospitalité dans sa demeure place de Penthièvre au général Hoche qui rencontra à plusieurs reprises Boishardy... La légende veut que le pacificateur de la Vendée ne remarqua pas les blessés chouans soignés dans la pièce voisine ! D'Andigné souligne l'indécision et le désarroi de Boishardy quelques jours après la rupture de la paix (1er juin 1795). « Il a juré de ne jamais reprendre les armes contre la République. Manquera-t-il à son serment ou se résignera-t-il à ne pas prendre sa part de l'immanquable victoire de la cause royale !... ». De plus « Hoche lui avait témoigné de l'intérêt et n'avait rien négligé pour se l'attirer ». D'Andigné poursuit ses remarques et nous dépeint un homme vraiment traqué s'abandonnant à un pressentiment tragique. Un soldat auparavant équilibré et jovial, aux ripostes aussi vives qu'imprévues, perd soudain toute combativité et semble engourdi par un mal étrange. « L'espèce de nonchalance à laquelle il s'abandonnait semblait un pressentiment du sort qui l'attendait. Deux jours après notre entrevue il fut surpris et massacré ».

Emile Souvestre dans « Les Souvenirs d'un Bas Breton » (1860) nous livre des renseignements intéressants sur la figure de Boishardy que la tradition locale fait passer pour un bellâtre campagnard « lovelace en sabots » réunissant par ailleurs toutes les qualités capables d'attirer l'admiration populaire. Souvestre après tant d'autres souligne sa très grande générosité déjà évoquée par Garaby en 1836 dans l'Annuaire des Côtes-du-Nord et confirmée par Charles Le Maout en 1846. Mais selon Souvestre les royalistes combattaient le dos au mur sans espoir d'un véritable succès. Cet état d'esprit prêté à Boishardy expliquerait l'état d'abattement où il se trouvait quelques jours avant le guet-apens tragique. « La cocarde noire que nous portons est moins un signe de parti que de douleur ; nous sommes en deuil de toutes nos joies perdues, et il ne faudrait pas nous appeler une armée de royalistes mais une armée de désespérés ».

P. Levot dans la Biographie Bretonne (1857) fait état d'un pressentiment funeste de Boishardy remettant à son ami intime le docteur Taburet sa flûte et une bague. « Il pensait être tué à Quiberon où il devait partir dans quelques jours » ...

Et pourtant une lettre du 3 juin 1795 retrouvée sur le corps ensanglanté de Boishardy trahit au contraire une combativité à toute épreuve.

« Guignes du côté de Dinan à Rennes chouanne que c'est un plaisir ; Pierrot du Morbihan a chouanné le fameux Hardi de Merdrignac. Il laisse à votre prudence ainsi qu'à Tonton le moyen de faire aux bleus tout le mal que vous pourrez, travaillez-les ferme ! Un détachement que nous avions envoyé dans la forêt de la Hunaudaye est arrivé ce matin. Ils ont été chez le juge de paix de Plédéliac ; ils ont fait maison nette. Ainsi courage frappez ferme. Ce sont de grands coups qui les déconcerte ».

P. Hémon dans un opuscule « Le comte du Trévou » (1892-1902) nous livre une description psychologique de Boishardy où l'on sent la lecture des Mémoires du Chevalier d'Andigné. Il nous dépeint un Boishardy harcelé, ébranlé dans ses convictions par les contacts fréquents qu'il a eus avec des chefs bleus prestigieux : en particulier un général auréolé de gloire de 27 ans, Hoche lui fait peut-être regretter l'armée régulière. De plus soucieux de fonder un foyer il se rend compte que le désir d'épouser celle qui passe pour être plus sa maîtresse que sa fiancée n'est pas réalisable pour un homme traqué à mort, résistant mal à un encerclement inévitable. En secret il répugne de plus en plus à subir une aide anglaise, très éloignée du sens du devoir qui ne cesse d'habiter en lui. Sauver une cause même justifiée à l'aide des ennemis de la France lui semble une véritable indignité. Charles Le Goffic en 1930 s'interroge sur les causes profondes de la tristesse qui envahit subitement un homme si jovial et si entreprenant.

Ph. Roussel dans son livre « De Cadoudal à Frotté » (1962) consacre quelques pages à Boishardy et nous livre l'image d'un personnage hésitant devant l'appel à l'intervention anglaise, en proie à une véritable torture morale (sic). Hanté par un pressentiment funeste, il était décidé à épouser Joséphine de Kercadio à la chapelle Saint-Malo dans la nuit du 16 au 17 juin 1795 et l'union devait être célébrée par un prêtre réfractaire à la faveur des ténèbres...

Quoiqu'il en soit Boishardy a vécu des journées angoissantes ; il sait que sa résistance tire à sa fin ; les autorités militaire ont ordre de l'arrêter par tous les moyens... Le 8 juin Louis XVII meurt à la prison du Temple ; il est possible que Boishardy ait eu connaissance de cette disparition qui réduisait. à néant tout espoir immédiat de restauration monarchique. Boishardy apprend également la mort d'un de ses amis, le comte de Silz dans le Morbihan ; les mailles du filet se resserrent à tel point que Boishardy, perdant la tête, songe à s'enfuir Jersey. (Chanoine Pommeret).

LA MORT DE BOISHARDY : L'ULTIME HESITATION

Au début du siècle P. Hémon suggérait à un éventuel chercheur de passer en revue les différentes versions de la mort de Boishardy données par ses biographes.

Dans la nuit du 16 au 17 juin 1795 Boishardy passait la nuit avec sa garde du corps et une troupe de 60 chouans dans un verger fleuri situé entre le Vau-Gourio et l'étang du Moulin de Rainon. Il campait avec une jeune fille Joséphine de Kercadio qui passait pour être sa fiancée, sa femme ou sa maitresse ! Certains biographes arguent de la proximité de la chapelle Saint-Malo pour prêter à Boishardy l'intention d'y recevoir la bénédiction nuptiale de la main d'un prêtre insermenté. Le drame va se dérouler un peu avant le lever du jour vers trois heures du matin. Nous possédons le témoignage de Guérin l'aide de camp de Boishardy et le procès-verbal établi par le maire de Moncontour à 6 heures du matin, sans oublier le rapport du général Rey parlant du « suicide » de Boishardy.

Boishardy cerné, atteint de trois coups de feu alors qu'il tente de s'échapper, s'écroule près des champs Piroués non loin de la chapelle Saint-Malo ; sa tête est détachée du tronc par un transfuge recueilli par Boishardy ou par le capitaine Arditos commandant un détachement de la Gironde ; elle est promenée à Moncontour et à Lamballe avant d'être jetée dans l'étang de Launay.

Du Chatellier dans l'histoire de la Révolution dans les départements de l'ancienne Bretagne évoque très brièvement ce drame. « Le transfuge aurait révélé la cachette de Boishardy. Celui-ci surpris s'enfuit et revint voir ce que devint sa fiancée ; surpris par un grenadier il est tué et le transfuge lui tranche la tête et la promène à Moncontour et à Lamballe ». Le président habasque donne à la même époque des détails sur le déroulement du drame. Boishardy se trouvait dans un champ de la métairie de la ville Hëmé près de Moncontour. Il avait fait suspendre son hamac à un pommier ; il passait la nuit en compagnie d'une jeune fille qui était ou devait être son épouse ! Il n'y avait aucune allusion à l'éventuel mariage qui devait être célébré cette nuit-là. La garde du corps se compose de Guérin, l’aide de camp, Richard, secrétaire, Le Borgne, valet de chambre, Carlo l'un de ses fermiers et un cinquième personnage non identifié. Le Borgne veille ; soudain il avertit son maître d'un mouvement de troupe sur la route venant de Lamballe ; les soldats cernent le champ où se trouve la petite troupe. Boishardy conseille à sa compagne de demeurer cachée dans le hamac et s'enfuit avec les cinq hommes. Mais hors d'atteinte, pris sans doute de scrupule, il revint sur ses pas, se glisse de fossé en fossé et c'est à ce moment qu'il est aperçu par un grenadier qui lui tire un coup de fusil ; atteint aux reins Boishardy s'écroule, se relève, tente de franchir un fossé, reçoit trois coups de feu et finit par s'écrouler près de la chapelle Saint-Malo. Le traître qui l'a vendu, nommé Charles, déserteur d'un régiment de Paris, que Boishardy avait recueilli et ramené de Vendée indique qu'il s'agit là de Boishardy et lui coupe la tête avec son sabre. Charles Le Maout en 1846 dans les Annales Armoricaines relate d'une façon analogue la mort de Boishardy qui aurait pu échapper à la mort s'il n'était pas revenu sur ses pas. « Mais ramené dit-on par le désir de savoir ce qu'est devenue son amie, Boishardy glisse de fossé en fossé jusqu'au champ où il était couché... ».

P. Levot dans sa Biographie Bretonne (1857) consacre une notice très détaillée à Boishardy. Selon lui Mademoiselle de Kercadio était la fiancée ou la maîtresse de Boishardy. Celui-ci lui avait donné rendez-vous avant son départ pour Quiberon (de forts contingents de chouans sous les ordres du Chevalier de Tinténiac devaient participer à cette maheureuse affaire). La garde du corps se composait de 5 hommes, Guérin, l'aide de camp, Richard, secrétaire, Le Borgne, valet de chambre et deux soldats (aucune mention de Carlo, un des fermiers de Boishardy). Boishardy se voyant trahi s'enfuit avec les 5 hommes et conseille à sa fiancée de rester sur place ; c'est en revenant sur ses pas qu'il est surpris par un grenadier et atteint d'un coup de feu dans les reins. L'hésitation d'un Boishardy revenant sur ses pas correspond à ce que nous savons de lui, mais il reste assez surprenant qu'un homme ait pu laisser seule devant l'ennemi celle qu'il aimait !

En 1858 Geslin de Bourgogne et A. de Barthélénry donnèrent une version de la mort de Boishardy, en reprenant d'ailleurs le témoignage de Guérin. Ces deux auteurs ajoutent un élément nouveau : celui du mariage nocturne à la chapelle Saint-Malo. D'après A. Houssaye les mariages et les baptêmes célébrés par les prêtres assermentés (les fameux juroux) étaient rectifiés dans cette chapelle par des prêtres insermentés. Il y a de beaux passages qui font penser à la scène finale des Chouans de Balzac (1829). Monsieur Richard professeur d'histoire à la faculté des lettres de Nantes a bien résumé l'influence qu'aurait pu avoir la lecture de ce roman sur la version tardive de la mort de Boishardy. Ce n'est plus le fidèle Le Borgne qui donne l'alerte mais l'aide de camp Guérin. Les pommiers en fleurs se muent en genêts ! Boishardy blessé confie sa fiancée à deux de ses hommes Villemain aubergiste à Hénon et le jeune Hervé du Lorin (qui devaient être les témoins du mariage) et lui donne rendez-vous au château de Boscenit dans la paroisse de Saint-Gilles-du-Mené.

« Il sait qu'il ne l'y rejoindra pas et que l'adieu rapidement échangé entre eux est l'adieu suprême. Ainsi ne tente-t-il plus aucun effort pour s'échapper et s'asseyant sur un chêne il attend. Bientôt il voit venir un officier et lui présente son épée, celui-ci la saisit et la lui passe lâchement au travers du corps... ».

Le général Rey le futur chef des contre-chouans ou faux chouans (créés seulement par un arrêté de la convention nationale du 4 septembre 1795) donne une autre version des faits. Il avance le thème du suicide de Boishardy et donne l'impression de vouloir disculper l'officier Arditos commandant un détachement du bataillon de la Gironde. Le thème du suicide ferait penser que le chef royaliste a pu être achevé vivant !

Laissons la parole au général Rey : « Le 17 juin Boishardy ayant reçu deux coups de feu et un coup de sabre s'est achevé d'un coup de pistolet ». G. Lenôtre dans « La Mirlitantouille » : épisodes de la chouannerie bretonne (1933) prête à Boishardy l'intention d'épouser sa fiancée. « Il sentait l'urgence d'assurer l'avenir de la jeune fille qu'il aimait et malgré les misérables conditions de son existence présente, il résolut d'épouser sans retard Mademoiselle de Kercadio ». Cette hypothèse avait déjà été formulée par : P. Hémon en 1902 ; le chanoine Le Douarec dans son livre très documenté « une nichée de chouans » (1946) affirme que Boishardy était déjà marié quand il fut trahi par un transfuge de la guerre de Vendée. Pour étayer cette thèse on peut citer l'achat du trousseau de mariée à Saint-Brieuc le 14 janvier et la lettre de Joséphine de Kercadio à « son cher petit époux ».

On n'arrive pas à comprendre les motifs exacts de cet acharnement sur un ennemi mort dont la générosité était bien connue. Charette dont la cruauté était indéniable fut épargné jusqu'au bout ; on fit tout pour le capturer vivant et on le traita royalement jusqu'à son exécution. Dans le cas de Boishardy on peut avancer plusieurs hypothèses. La première esquissée par Ch. Le Goffic (1930) laisserait penser que certains républicains auraient voulu venger le général Hoche. Ce dernier aurait aimé Madame du Clézieux et Boishardy ne serait pas resté insensible aux charmes de cette femme ravissante mais pourtant vertueuse ! (la tête de Boishardy aurait été déposée sur la fenêtre de celle-ci). Il faut certainement tenir Hoche étranger à cette affaire de rivalité amoureuse ; il fit tout pour épargner la vie du chef chouan et la lettre qu'il écrit le 18 juin montre toute l'estime qu'il portait à un adversaire courageux. Hoche fut lui-même menacé plus d'une fois et frôlé par le couperet de la guillotine et une fois de plus il ne cache pas sa sympathie pour un ennemi de la République.

Rennes le 30 prairial an III (18 juin 1795).
« Je suis indigné de la conduite de ceux qui ont souffert que l'on promenât la tête d'un ennemi vaincu. Pensent-ils ces êtres féroces nous rendre témoins des horribles scènes de la Vendée ? Il est malheureux mon cher Crublier, que vous ne vous soyez pas trouvé là pour empêcher ce que je regarde comme un crime envers l'honneur, l'honnêteté et la générosité françaises. Sans perdre un moment, vous voudrez bien faire arrêter les officiers qui commandaient le détachement de grenadiers et ceux d'entre eux qui ont coupé ou promené la tête du cadavre de Boishardy. Pour copie conforme le général en chef signé Hoche ».

Une seconde hypothèse est avancée par E. Souvestre : une amoureuse éconduite aurait révélé pour se venger la cachette de Boishardy. Une troisème hypothèse laisserait à penser que le transfuge ramené de Vendée par Boishardy aurait pu trahir son bienfaiteur par amour pour Mademoiselle de Kercadio.

Les principaux acteurs de ce drame connurent une fin tragique. Le traître Charles fut exécuté peu de temps après la mort de Boishardy dans des circonstances obscures ; le général Hoche, quant à lui, mourut empoisonné. Boishardy officier obscur, se révéla à lui-même en prenant les armes contre la République plus par devoir que par ambition personnelle. Sa vigueur initiale et sa clairvoyance diplomatique furent progressivement entravées par un amour inopportun ! Il aurait certainement mérité de faire partie d'une armée régulière ou de tomber en héros comme le chevalier de Tinténiac à Coëtlogon peu de temps après l'affaire de Quiberon. Chevaleresque et humain, il méritait cette remarque émue de la comtesse de la Villirouet « Ah ! que son nom soit à jamais béni comme aussi à jamais il vivra dans nos cœurs ».

Ainsi Boishardy par ses réelles qualités humaines et un rayonnement indiscutable aurait pu connaître un destin exemplaire.

« Telle fut la fin, souligne E. Souvestre, de cet homme qui eût dû naître au temps du Cid et succomber dans quelque noble guerre contre l'étranger... ».

(Gérard Fernier).

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