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BRIE |
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La commune
de Brie ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de BRIE
Brie vient, semble-t-il, du celte "briva" ou "brieria" (pont).
Vers le Xème ou le XIème siècle, les seigneurs de la localité, dénommée Beria en 1096, construisent une motte féodale au bourg de Brie. Cette demeure est en ruines vers la fin du XIVème siècle. L'église de Brie existe dès 1096, mais la paroisse n'est fondée qu'au XVIIème siècle par un ermite nommé Robert de Garmeaux, de la famille des seigneurs de Garmeaux en Janzé.
Dans le courant du XIème siècle, un chevalier nome Jungonée, s'étant fait moine à Redon, donne aux religieux de cette abbaye la moitié d'un village situé dans la paroisse de Brie, au bord de la rivière d'Ise, dans le pays de Rennes, et appelée la terre de Bernard-le-Chien (« Tradidit medietatem ville site in plebe que vocatur Beria, super Isam fluvium, in pago Redonensi, terram videlicet Bernardi cognomento Canis ». - Cartulaire de l'abbaye de Redon, 290). Après sa mort, Rainier, son fils, demande à son tour l'habit monastique et confirme l'abbaye de Redon, en 1096, dans la possession de cette terre. Les seigneurs du lieu, Riwallon Le Bigot et Hamon, son fils, approuvèrent cette nouvelle donation, faite solennellement dans le cimetière de Notre-Dame de Brie, « in cimiterio Sancte Marie in Beria », en présence de nombreux témoins, tels que Robert de Brie et Gaultier, son fils, le doyen Robert, les prêtres Adelard et Gaultier, le maître d'école Garnier, etc. (Cartulaire de Redon, 291). Les Bénédictins de Redon ne semblent pas avoir conservé longtemps des terres en Brie, car il n'est plus fait mention d'eux dans cette paroisse, où vinrent s'établir, au contraire, des moines de Saint-Melaine de Rennes, qui y fondèrent le prieuré de la Sainte Trinité de Beauchesne (village de Beauchêne) qu'ils occupent jusqu'au milieu du XVIIème siècle. Au XIIème siècle, le pape, l'archevêque de Tours et les évêques de Rennes confirment les moines de l'abbaye de Saint-Melaine dans la possession de l'église de Beauchesne, "ecclesia de Bella Quercu" (Cartulaire de l'abbaye Saint-Melaine). Au prieuré de Beauchesne est annexé, plus tard, en même temps que celui de Tresboeuf, le prieuré de Saint-Blaise de Pont-Rémy, situé en la paroisse de Dompierre-du-Chemin. Le recteur de Brie était nommé par l'ordinaire et devait être grand décimateur dans sa paroisse, car son revenu net atteignait, d'après sa propre déclaration faite en 1790, la somme de 2 292 livres (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 29) (Pouillé de Rennes).
La seigneurie de Brie qui exerçait un droit de haute justice et la châtellenie du Désert-à-Janzé sont regroupées en une seule seigneurie, le marquisat de Brie (vers 1660). La seigneurie de Brie appartient en 1096 aux seigneurs de ce nom, puis à la famille Tournemine, seigneurs de la Hunaudaye qui la vend en 1405 à Jean de Malestroit, évêque de Saint-Brieuc ; celui-ci la donne à son Chapitre en 1414. Elle devient par la suite la propriété des familles Loaisel (en 1457), Montbourcher et Cahideuc (en 1670), Lopriac, seigneurs de Coëtmadeuc (en 1697), Kerhuent, et Langle, seigneurs de Beaumanoir (en 1766).
On rencontre les appellations suivantes : Plebs Beria (en 1096), Berie (en 1240), Beria (en 1516).
Note 1 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Brie : Jean de Kergu (décédé vers 1490), Pierre Harel (au XVIème siècle), Julien Perroys (1593-1619, inhumé dans l'église), Nicolas Vainchet, François Nepveu (décédé en 1624), Julien Ramage (1624-1626), Jean Ermyne (1626-1649), Vincent Gleyo (1649-1652), Pierre du Quélenec (1652-1688, inhumé dans le cimetière puis transféré dans l'église le 14 septembre 1867), Jean-Baptiste des Nos (1688-1705), Jean-Michel Mottais (1705-1709), Charles-Claude Apuril (1709-1710), André Apuril (1710-1720), Jean Portier (1720-1722), Vincent Trocheu (1722-1744, inhumé dans le sanctuaire), Luc Landais (1744-1775), Charles-Nicolas Tanguy (1775-1783, inhumé dans le choeur), Michel Sébastien Eon (1783-1786), Pierre Eon (1786-1789 et en 1803), Julien Chevy (1804-1806), Charles Lanoë (1806-1817), Jean Collet (1817-1829), Joseph Legourd (1829-1856), François Morel (1856-1862), Prosper Cuisnier (1862-1872), Julien Louédin (1872-1874), François Plihon (à partir de 1874), ....
Note 2 : On a conservé le sceau de dom Jacques Jambot, qui ratifia, en qualité de prieur de Beauchesne, le traité de Guérande, le 6 avril 1380. Ce sceau rond représente la Sainte Trinité sous la figure du Père-Eternel, vieillard barbu et ceint d'un bandeau royal, vu de trois quarts et placé dans un encadrement triangulaire.
Voir
"
Le
cahier de doléances de Brie en 1789
".
PATRIMOINE de BRIE
l'église
Notre-Dame (XI-XVI-XVII-XIXème siècle). Nous venons de voir que le cimetière,
et par suite l'église de Notre-Dame de Brie, existaient dès l'an 1096, or,
une partie de ce vieil édifice reste encore debout ; mais au XVIème siècle
on remania le bas de la nef et on construisit un porche, aujourd'hui disparu
; puis au XVIIème on augmenta l'édifice de deux chapelles, dont l'une
porte la date 1645, de façon à former une croix ; enfin, de nos jours, on
éleva à l'Ouest une tour, construite en 1865, et on reconstruisit toute la
nef en 1881. La partie ancienne consiste donc dans le choeur ; elle est intéressante,
car c'est un chevet droit de pur style roman ; or, les chevets droits du
XIème siècle sont très rares, comme chacun sait. Ce chevet est appuyé
extérieurement par trois contreforts plats, deux près des angles et un
central ; entre ces contreforts s'ouvrent deux étroites fenêtres romanes.
Naguère la partie supérieure de la nef était encore, dit-on, dans le même
style. On se figure donc bien ce qu'était l'église de Brie au ne siècle :
simple rectangle parfait, sans abside et sans chapelles, solidement soutenue
par ses contreforts et parcimonieusement éclairée par ses meurtrières ;
au haut de la nef, et la séparant du choeur, devait être un arc triomphal
supportant en partie le clocher, mais démoli quand on construisit les
chapelles. Trois retables en marbre et tuffeau garnissent les autels et ne seraient
point sans mérite s'ils n'avaient été ridiculement peints en 1824. Celui
du maître-autel date de 1638, les deux autres sont de 1653. Sur la pierre
fondamentale de l'autel Saint-Jean est gravé : Le 2 janvier 1653 a été
posée cette première pierre par Jean du Quélenec escuyer, sieur de la
Brousse. Un écusson d'hermines au chef de gueules chargé de trois
fleurs de lys d'or, armoiries de la famille du Quélenec, accompagne
cette inscription. Sur la pierre semblable de l'autel Saint-Fiacre, on lit :
Le 2 janvier 1653 a été posée cette première pierre par noble et
discret Mre Pierre du Quélenec sieur des Longsprés, recteur de cette
paroisse de Brye. Au-dessous est le même écusson que ci-dessus. Ne
quittons pas cet autel sans mentionner la confrérie de Saint-Fiacre, érigée
à Brie en 1639 par le pape Urbain VIII et fort sagement rétablie en 1880.
Toutes les prééminences d'église, les droits de fondation, supériorité,
enfeu, lisière et banc seigneurial appartenaient en 1680 à Jean-François
de Cahideuc, marquis de Brie, héritier de François Loaisel [nota :
c'est ce dernier qui obtint du roi, en 1660, l'union des terres de Brie et
de Chambière et leur érection en marquisat. La première de ces terres
avait, entre autres droits, celui de tenir trois foires à Brie et de faire
courir quintaine sur des chevaux fournis par le seigneur ; tous les nouveaux
mariés étaient tenus d'exécuter cette course sur le pâtis de la
Quintaine. (Archives Nationales, P. 1712)] (Pouillé de Rennes). La sacristie date de 1645. Le
clocher date de 1865. Les deux chapelles qui forment transept datent du
XVIIème siècle. La porte date de 1645. Le retable du maître-autel, oeuvre
de Pierre Corbineau, date de 1638. Le nouveau cimetière est édifié en 1869. On voyait sur l'autel nord
les armes de la famille Pioger, seigneurs de Beauchesne depuis le XVIIème
siècle, et sur l'autel sud celles de la famille Quelenec. Les seigneurs de
Brie possédaient un droit d'enfeu dans l'église et les droits de supériorité
et fondation de l'église de Brie, avec banc à queue, enfeu, armoiries et lizière ;
la
croix de l'enclos paroissial (XVIème siècle) ;
l'ancienne
chapelle de la Sainte-Trinité, située au lieu-dit Le Haut-Beauchêne. Le
bénitier date du XI-XIIème siècle. Un cimetière se trouvait autrefois
près de la chapelle. Le prieuré de Beauchêne ou de la Sainte-Trinité
appartenait en 1152 à l'Abbaye Saint-Melaine de Rennes. A côté du
sanctuaire se trouvaient jadis le cimetière, où l'on enterrait encore en
1626, le logis prioral, qui est resté debout et qu'on appelait en 1678 la Salle
Neuve, la métairie, la grange et le pressoir, les jardins, vergers et
vignes, enfin les bois de haute futaie et les autres pièces de terre
dépendant de l'abbaye de Saint-Melaine. Non loin du village se trouvait un
gros chêne qui aurait, dit-on, donné son nom au prieuré. C'est au pied de
cet arbre que s'exerçait d'ordinaire la juridiction seigneuriale, haute,
moyenne et basse, du prieur de Beauchesne (ou Beauchêne). Celui-ci
jouissait d'un bailliage s'étendant dans les paroisses de Brie, Tresboeuf,
Chanteloup et Cornuz. Il avait en outre, une certaine quantité de dîmes,
notamment la moitié de celles de Tresboeuf. Aussi est-il tenu en 1678 de
dire ou faire dire "cinq messes par semaine, scavoir deux en la
chapelle de la Trinité de Beauchesne et trois en l'église paroissiale de
Tresboeuf". La maison priorale et le domaine du prieuré de
Beauchesne étaient affermés, en 1769, à Jean Robin, 300 livres et six
poulardes de Janzé, mais dans cette "ferme" n'étaient pas
compris les droits seigneuriaux et les dîmes. Aussi, vers 1777, dom Odon
Jacobet de Nombel, bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, habitant
l'abbaye d'Eysse au diocèse d'Agen, et prieur de Beauchesne, afferma-t-il
son prieuré avec tous ses droits 1 300 livres, plus l'acquit des cinq
messes hebdomadaires dues à Beauchesne et à Tresboeuf (Archives
départementales d'Ille-et-Vilaine). Parmi les prieurs de Beauchesne, notons
Thomas Mocqué, sieur de la Vergne et recteur de Mézières (en 1584),
Charles de Sévigné (en 1642), René de Sévigné, abbé de Genston et
chanoine de Rennes (en 1647), Joseph Sébastien du Cambout de Pontchâteau,
abbé de la Vieuville (en 1663), Dominique de la Teurade (en 1678), Elzéard
des Achards de la Beaume, évêque d'Halicarnasse (en 1730), François des
Achards de la Beaume, doyen de Saint-Agricola d'Avignon (en 1756). En 1790,
dom Charles Joseph Béry, bénédictin de l'abbaye de Saint-Melaine et
dernier prieur de Beauchesne, déclara posséder : - une vieille métairie
à Beauchesne, une grange neuve, deux jardins et 71 journaux de terre, - la
moitié de toute la dîme de Tresboeuf et quatre autres traits de dîmes en
Chanteloup, Cornuz, Brie et Janzé, - un fief valant seulement 4 livres de
rente, - le clos de l'Aumône, contenant 10 journaux, - et enfin quelques
landes. Le tout était estimé alors valoir environ 2 000 livres de revenu.
Mais comme il y avait 361 livres 16 sols de charges, il ne restait au prieur
que 1 638 livres 4 sols de rente nette (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 H, 21) ;
l'ancien
logis des moines du prieuré de Beauchêne (XI-XIIème siècle), appelé au
XVIIème siècle la "Salle Neuve" ;
le
manoir du prieuré (XVI-XVII-XIXème siècle). Propriété successive des
familles Marigné (en 1427), Songeux (en 1583), Pioger (en 1662), le Tort,
sieurs du Tremblay (en 1672), Pioger (en 1789). Il s'agit de l'ancien
presbytère de Brie (jusqu'en 1926) ;
le
manoir du Petit-Long-Pré (XVI-XXème siècle). Il relevait de la
châtellenie du Désert-à-Janzé. Propriété successive des familles
Guiné (en 1513), Pléau (en 1616), Quelenec (en 1640), Dondel, seigneurs de
la Hautière (en 1709 et 1746), Regnier, sieurs de la Courpéan (en 1789) ;
la
maison (1601), située au lieu-dit la Haute-Chère ;
le
manoir de Bel-Air (XVII-XIXème siècle). Il était la propriété de la famille Mellet en 1640 ;
l'école
privée du Sacré-Cœur (1877) ;
l'ancien
presbytère (vers 1885), situé rue d'Anjou ;
3 moulins
dont le moulin à eau de Corbe et le moulin à vent de la Sencière ;
A signaler aussi :
la
motte féodale (XIème siècle), située à la Pommeraie-Benton ;
l'ancien
manoir de la Grande-Maison (XVIème siècle). Il possédait une fuie et
appartenait à la famille Loaisel, seigneurs de Brie ;
l'ancien
manoir de la Rivière-Montalembert. Propriété successive des familles
Montalembert (en 1615), le Tort, sieurs de la Godinière (en 1643 et 1703),
Poirier (en 1717), Pommereul, sieurs des Longrais (en 1732 et 1772) ;
l'ancien
manoir du Feu. Il était à la famille Poligné en 1427 ;
l'ancien
manoir du Bois-Bouestel. Propriété successive des familles Guinet (en 1583
et 1599), Mellet (en 1648), le Gouz, seigneurs de la Roualle (en 1657),
Debroise, sieurs de la Rangeardière (en 1701) ;
l'ancien
menhir appelé la Pierre de la Fontaine au Feu (situé près du village de Belle-Epine) ;
l'ancien
manoir de la Sancerie. Il était à la famille Teillay en 1427 et à la famille Vaurozé en 1468 ;
l'ancien
manoir de Bourgneuf. Propriété successive des familles Garmeaux (en 1635),
Poirier, sieurs de la Grette (en 1675 et 1720), le Pannetier, sieurs de la
Chouannière (en 1733 et 1753), le Lièvre, sieurs de la Morinière (en 1787) ;
l'ancien
manoir de la Pommeraye. Il possédait autrefois une chapelle privative. La
chapelle Saint-Jacques de la Pommeraye-Bintin, bâtie au bord de l'avenue du
manoir de ce nom, existait dès 1615. Le 20 septembre 1657, à la prière de
Charles Le Goulz, seigneur de la Roualle et de la Pommeraye-Bintin, le
recteur de Brie « fit la réconciliation et bénédiction nouvelle de la
chapelle Saint-Jacques, dépendant de la maison de la Pommeraye, laquelle
avait été abandonnée depuis quelques années ». Ce sanctuaire, qui
était fondé de messes, n'existe plus. Le manoir était au XVème siècle à la famille Parthenay ;
l'ancien
manoir de la Pommeraye-Bintin. Propriété successive des familles Bintin,
Parthenay (en 1427), Aiguillermy (en 1540), Beaudouin et Champion (en 1575),
Lodin, Loaisel, seigneurs de Brie (en 1600), le Gouz, seigneurs de la
Roualle (en 1654), Debroise, sieurs de la Rangardière (en 1701) ;
l'ancien
manoir de la Pommeraye-Serpaud. Propriété successive des familles Serpaud
(en 1427), la Martinière (en 1513), la Serpaudière (en 1523), Pioger (en
1607 et 1650), le Rouillé, sieurs des Grands-Champs (en 1671), Pommereul,
sieurs des Longrais (en 1732), Tortelier (en 1769), Ravenel, seigneurs du Boisteilleul (en 1770) ;
le
village de Gresbusson aurait possédé autrefois une chapelle ;
ANCIENNE NOBLESSE de BRIE
Le marquisat de Brie : On voit encore dans le bourg de Brie les derniers vestiges d'une grosse motte entourée de douves et de forme carrée ; là s'élevait au XIème siècle le château seigneurial de Brie dont le donjon, de forme également carrée, occupait un des angles de la motte ; M. Gaultier du Mottay, propriétaire de ce terrain et archéologue bien connu en Bretagne, en retrouva les substructions en 1856 et dit qu'au moment de la Révolution ce donjon avait encore une hauteur de près de trois mètres. En dehors de l'enceinte fortifiée de ce château se trouvait une autre motte circulaire, bien moins importante, qui devait être une motte féodale, signe d'antique juridiction. La famille de Brie, portant : d'argent à trois fasces crénelées de sable, posséda assez longtemps ce château : Robert de Brie et Gaultier son fils furent témoins en 1096 à Brie d'une donation faite à l'abbaye de Redon ; Anseau de Brie accompagna Foulques d'Anjou en Palestine en 1129 ; Robert de Brie fit un don en 1283 à l'abbaye de Saint-Sulpice des Bois, à l'occasion de l'entrée de sa fille Agnès dans ce monastère ; enfin Anger de Brie en 1371, Jean de Brie en 1380, et Perrot de Brie en 1392 figurent parmi les écuyers bretons de ce temps-là (Archives d'Ille-et-Vilaine - Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne). Mais la branche aînée des sires de Brie paraît s'être éteinte en Bretagne vers la fin du XIVème siècle, tandis qu'une branche cadette prospérait en Anjou ; vers le même temps, semble-t-il, s'écroula le château de Brie ruiné par les guerres ; ses seigneurs ne le reconstruisirent point. Jean de Malestroit, qui fut sacré évêque de Saint-Brieuc en 1405, acheta la seigneurie de Brie d'avec Pierre Tournemine et Typhaine du Guesclin, seigneur et dame de la Hunaudaye et de Brie. Toutefois, ce prélat ne conserva pas longtemps Brie qu'il donna en 1414 aux chanoines de sa cathédrale (Geslin de Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne, I, 32). Il est vraisemblable que le chapitre de Saint-Brieuc vendit la terre seigneuriale de Brie à Jean Loaisel, juge universel de Bretagne en 1457, mari de Jeanne Sevestre, fille du trésorier du duché ; ce personnage qui joua un grand rôle à la cour de Bretagne prenait, en effet, les titres de seigneur de Brie et de Chambières. Son fils, Guillaume Loaisel, aussi seigneur de Brie, épousa en 1476 Matheline Madeuc, fille du seigneur de Guémadeuc ; il rendit aveu en 1500 pour l'hôtel de Brie, sis à Rennes sur la place du Marché-à-l'Avoir, et qu'il tenait de la duchesse Anne à devoir « de vingt alliers à prendre cailles pour toute rentes » ; il possédait également en 1513, au bourg de Brie, un manoir appelé la Grand'Maison. Jacques Loaisel, seigneur de Brie, son fils, épousa d'abord Magdeleine de Maure, puis Goharde du Tiercent ; cette dernière dame était veuve en 1543. Ce fut leur petit-fils, François Loaisel, fils de feu autre François Loaisel et de Claude de Montauban, qui leur succéda à Brie ; il épousa : 1° en 1559 Marguerite de Chevigné, fille du seigneur d'Anetz ; 2° Jacqueline Crespin, qui était veuve de lui en 1570. Ce dernier mariage fut célébré à Brie par un ministre protestant, le seigneur de Brie s'étant rallié à l'hérésie de Calvin. Isaac Loaisel, sorti de cette union, fut seigneur de Brie et président à mortier au Parlement de Bretagne. Il devint l'un des fauteurs les plus ardents du protestantisme dans le pays de Rennes et il se trouva mêlé à toutes les affaires de la Ligue en Bretagne ; il s'unit en 1588 à Catherine Faucon, fille du seigneur de Ris, et acheta en 1599 les terre et seigneurie de la Motte en la paroisse de SaintArmel ; il mourut en septembre 1634, après avoir abjuré l'hérésie, et fut inhumé dans la cathédrale de Rennes en la chapelle Saint-Nicolas dépendant de sa seigneurie de la Motte-Saint-Armel (nota : On voyait encore à Rennes son tombeau en 1756 : c'était « une table de marbre noir portée par quatre consoles en marbre jaspé » avec l'écusson des Loaisel : d'argent d trois merlettes de sable, 2, 1). Sa femme, Catherine Faucon, l'y suivit dans la même tombe le 3 septembre 1641 (Généalogie des Loaisel - Archives d'Ille-et-Vilaine et de Loire-Inférieure). Leur fils, François Loaisel, premier marquis de Brie, et également président au Parlement de Bretagne, épousa vers 1630 Mathurine de Baud, acquit la seigneurie du Désert-à-Janzé, obtint du roi la création du marquisat de Brie en 1660, et mourut à 63 ans en son hôtel à Rennes le 1er mai 1670 ; son corps fut très solennellement inhumé le 5 mai par l'évêque de Rennes dans la chapelle de Saint-Nicolas en la cathédrale ; sa veuve fut enterrée près de lui le 7 octobre 1676. Ces seigneur et dame de Brie n'avaient eu qu'un fils baptisé en 1632 sous le nom d'Isaac, mais décédé à l'âge de deux ans. Après la mort de François Loaisel, le marquisat de Brie passa donc aux mains de Guyonne de Montbourcher, veuve de Sébastien de Cahideuc, marquis de Bois-de-la-Motte, et descendant, comme le dernier seigneur de Brie, de François Loaisel et de Claude de Montauban. Cette dame mourut le 13 février 1688, laissant à son fils Jean-François de Cahideuc, marquis du Bois-de-la-Motte, époux de Charlotte de Langan, le marquisat de Brie, que celui-ci vendit en 1697. L'acquéreur fut René de Lopriac, seigneur de Coëtmadeuc et marquis d'Assérac, qui mourut le 4 décembre 1707. Il laissait deux fils de son union avec Hélène Romieu : Jacques de Lopriac, qui rendit aveu pour le marquisat de Brie en 1708, mais qui décéda à Paris sans postérité le 29 août 1712, et René de Lopriac, marquis de Brie après la mort de son frère aîné, qui s'était uni en 1696 à Judith Rogon, fille du seigneur de Beaubois, et qui mourut en juillet 1734. De cette union sortit Guy-Marie de Lopriac, comte de Donges, auquel son père donna le marquisat de Brie dès 1721 ; il avait épousé en 1718 Marie-Louise de la Rochefoucault de Roye et mourut subitement le 10 juillet 1764, ayant vu décéder avant lui son seul fils, Guy-Louis de Lopriac, marquis de Donges, à l'âge de 23 ans, en 1747. Sa succession fut recueillie par sa fille Félicité de Lopriac, femme de Louis-Joseph, marquis de Kerhoent ; ceux-ci vendirent le marquisat de Brie, le 21 septembre 1766, à Louis Jean de Langle, comte de Beaumanoir. Ce dernier, président au Parlement de Bretagne et époux de Jeanne de Robien, mourut le 4 mai 1773, laissant le marquisat de Brie à son frère Louis-Marie de Langle, qui en fit hommage au roi en 1773 et mourut le 13 janvier 1778. Quand vint la Révolution, le marquisat de Brie appartenait à l'héritier de ce dernier seigneur, Jean-Marie de Langle, qui émigra ; aussi la terre de Brie fut elle vendue nationalement. La seigneurie de Brie proprement dite relevait de la châtellenie du Désert-à-Janzé ; elle se composait du grand bailliage de Brie, formant une haute justice, divisé en trois fiefs et s'étendant en Brie, Tresboeuf et Sainte-Colombe ; du château ruiné de Brie, du manoir de la Grand'Maison et de sa fuie, des moulins de Corbe et de la Lardière ; d'un droit de coutume levé sur tous les marchands traversant le bourg de Brie — d'un droit de quintaine sur tous les paroissiens de Brie « y ayant couché la première fois avec leurs femmes après leurs épousailles » ; cette quintaine se courait sur des chevaux fournis par le sire de Brie, et les hommes qui refusaient de la courir devaient fournir un boisseau d'avoine mesure de Janzé — du droit de tenir trois foires par an au bourg de Brie — enfin des droits de supériorité et fondation de l'église de Brie, avec banc à queue, enfeu, armoiries et lizière en ce sanctuaire (M. de Missirien - Bibliothèque de Rennes). En revanche, le seigneur de Brie devait à celui du Désert, « oultre la foy, rachapt et chambellenage, 10 sols de rente au vendredy Benoist » (Aveux de 1541 et 1583). En 1541 Jacques Loaisel, seigneur de Brie, fournit à l'armée, à cause de sa terre, « un homme d'armes bien monté et bien armé, accompagné d'un coustilleux bien armé et monté et d'un page portant lance » (Archives nationales, P 1712 – Archives de Loire-Inférieure). Le sire de Brie accrut beaucoup ses domaines en achetant les terres seigneuriales de Chambières et de la Motte, sises en la paroisse de Saint-Armel. Le château de Chambières dont il subsiste encore quelques tours crénelées devint la résidence des Loaisel et des Cahideuc, seigneurs de Brie. Toutefois ces terres ne furent pas féodalement unies à celle de Brie, mais François Loaisel obtint du roi leur érection en vicomté sous le titre de vicomté de la Motte-Saint-Armel. Quant à la seigneurie de Brie, son importance fut grandement augmentée par l'acquisition que fit son possesseur de la belle châtellenie du Désert-à-Janzé, fief dominant Brie, comprenant 52 bailliages formés en une vingtaine de paroisses. Louis XIV, pour satisfaire les légitimes désirs de François Loaisel, seigneur de Brie, unit, par lettres patentes datées de mars 1660 et enregistrées au Parlement de Bretagne le 26 juin suivant, la seigneurie de Brie à la châtellenie du Désert-à-Janzé (nota : cette châtellenie, qu'on appelait parfois simplement la châtellenie de Janzé, était une section de la très grande châtellenie du Désert, comprenant à l'origine près d'un quart du diocèse de Rennes, mais subdivisée au XVIème siècle en cinq ou six seigneuries) et érigea le tout en une seule seigneurie sous le titre de marquisat de Brie. Quelque importante que fut la châtellenie de Janzé, elle ne comprenait ni château ni terres et consistait surtout en droits féodaux ; le domaine proche du nouveau marquisat demeura donc à peu près le même que celui de la seigneurie de Brie. Mais les fiefs du Désert, s'étendant en Saint-Pierre et Saint-Martin de Janzé, Tresboeuf, la Couyère, Châteaubourg, Ossé, Coësmes, Lalleu, Venèfle, Cornuz, Nouvoitou, Châteaugiron, Domloup, Sainte-Colombe, le Teil, Brie, SaintArmel, Vern, Le Sel, etc., donnaient à leur possesseur les droits de haute justice, avec gibet, ceps et collier, auditoire et prison — droit d'avoir « halles et annonerie » à Janzé — droit de tenir en ce bourg cinq foires par an et un marché tous les mercredis avec prévôté, coutumes, police et bouteillage « de deux pots par pipe » — droit de lever de nombreuses rentes en grains et en deniers et « deux paires et demye de gants blancs » — plusieurs mouvances nobles faisant autant de vassaux de tous les possesseurs de manoirs autour de Janzé — droit de supériorité, fondation et prééminences, avec bancs, litres et enfeus, dans les églises paroissiales Saint-Pierre et Saint-Martin de Janzé — droit de supériorité seulement dans les églises de Tresboeuf et de Sainte-Colombe. — Enfin la juridiction seigneuriale du marquisat de Brie s'exerçait deux fois chaque semaine le mercredi à Janzé et le jeudi à Brie (Archives de Loire-Inférieure). Comme au XVIIIème siècle le bourg de Janzé prenait un certain développement commercial qui subsiste encore au XIXème siècle. On comprend que le marquis de Brie — qu'on appelait aussi parfois marquis de Janzé — acquit promptement dans la contrée une réelle importance (abbé Guillotin de Corson).
Lors de la Réformation faite en 1427, dans l'évêché de Rennes, par les commissaires Alain Le Jambu et Jean Le Caorcin, plusieurs nobles sont mentionnés à Brie (78 contribuants, 9 mendiants et 6 métayers) :
Les
enfants de Jean de Parthenay, seigneur du manoir de la Pommeraye ;
Le
sire du Teillay, sr. du manoir de la Censie (Sancerie) ;
Jean
Sépant (Serpaud), sr. de la Pommeraie ;
Olivier
de Marigné ;
Le
manoir du Feu de Pierre de Poligné.
La
montre des gentilshommes de l'évêché de Rennes, de 1541, mentionne à
Brye les nobles suivants :
" Jacques Louaysel
escuyer seigneur de Brye se monstre en robe et présente
pour luy ung homme bien monté et armé en estat d'homme d'armes acompaigné d'un
coustilleux bien armé et monté et ung paige portant lance. Et sur l'obiection
faicte par mesdictz seigneurs les commissaires audict seigneur de Brye que aux
dernières monstres ledict Louaysel avoit fourny uncore ung aultre homme armé en
estat d'archer, l'advertissant qu'il eust à fournyr comme il avoit faict à la
précédante et dernière monstre, a confessé que véritablement il avoit fourny uncore ung
aultre homme en estat d'archer armé, mais que depuix il avoit maryé l'une de ses filles
à laquelle il avoit baillé cinquante livres de rente pour partie de son
advenant.
Et le Roy a dit par ses lettres que on debvoit [faire] du
plus plus, et du moins moins. Et [que] à ceste cause il avoit dimynué la charge
et numbre de chevaulx qu'il soulloit et avoit acoustumé de fournyr. Ce que a
esté ordonné estre rédigé par escript.
Et a ledict seigneur de Brye déclaré
qu'il avoit baillé déclaracion à monseigneur le séneschal de son [revenu] noble
qui se montoit alors VI cens VI livres de rente. Et depuix qu'il a acquis et
augmenté son bien de vignt livres de rente. Surtout quoy sont à rabatre
lesdictes L livres de rente. Et a ledict seigneur de Brye faict le serment.
Julian
de La Mareschée se présente monté et armé en estat d'archer pour il et
Jehan Guyné et Pierre du Ruffray. Et déclare ledict Mareschée par serment tenir
environ vignt livres de rente. Ledict Jehan Guyné environ XX livres de rente. Et
ledict du Ruffray environ XV livres de rente.
Et ont requis estre adjoincts
du seigneur d'Escaillun [Note : Manoir des Caillons (Escaillun), en Crévin.
Crévin fut distrait de Poligné et érige en paroisse en 1838] et de Ollivier d'Auvergne Couldray
[Note : Manoir du Coudray, en Corps-Nuds]. Il
leur en sera faict raison. Et ont touz troys faict le serment.
Jehan de Marigné seigneur de Beauchesne se présente en robe et fournist ung homme pour luy bien monté et armé en estat d'archer. Et a ledict de Marigné déclaré par serment son revenu valloir environ IXxxVIII livres. Et a faict ledict de Marigné le serment. " (B. de Pleguen, E. Becdelièvre, et G. Sèvegrand).
(à compléter)
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