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LA CHAPELLE GWENNOJEN

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La chapelle Gwennojen est dédiée à Sainte Geneviève et relevait avant la Révolution de la seigneurie de Kerhuel. C'est un petit édifice rectangulaire reconstruit en 1767 et érigé en Chapelle de secours le 25 nivôse an XII.

Il existe sur le territoire de Saint-Michel-en-Grève une toute petite chapelle, connue sous le nom breton de Chapel Gwennojen. On l’appelle aussi à l’occasion Santes Jénovéfa. Elle est désignée dans les actes et au cadastre sous le nom de chapelle Sainte Geneviève (1). L’on raconte dans le pays que cette chapelle aurait été élevée par les habitants de Plouzélambre (2), en exécution d’un vœu qu’ils auraient fait, pour le cas où la peste n’entrerait pas dans la paroisse. Et, précisément, l’on fait remarquer que gwennojen signifie " sentier ". La peste se serait arrêtée à ce sentier.

Gwennojen est sans rapport avec le nom de Geneviève, en breton Jénovéfa. Le noms de Jénovéfa et de Geneviève ont toujours été bien connus en Bretagne, par suite des nombreux mystères sur la Vie de sainte Geneviève, et l’on ne saurait expliquer une forme divergente comme Gwennojen. Au contraire, tout semble indiquer que l’on a organisé dans cette chapelle le culte de sainte Geneviève pour y remplacer le culte d’un autre saint. Le nom seul de ce saint aurait subsisté. L’on dit chapelle Gwennojen, comme l’on dit Chapelle Christ, Chapelle Blévara, etc., et il semble fort probable que le saint primitif était un saint et non pas une sainte (3).

  1. Dans un acte du 23 août 1750 (Arch. Dép. Côtes d’Armor E 2722), il est question d’une issue nommée " issue de Guenoson ", en la frairie de Guénoson, paroisse de Saint-Michel, à proximité de la dite chapelle.
  2. Le territoire de Plouzélambre englobait autrefois Saint-Michel-en-Grève et Tréduder.
  3. Luzel, dans son " Journal de route ". in Ann. de Bret.,XXV9I 1910-1911, p. 133, signalait " la vieille chapelle de Gwenoden, appelée aujourd’hui Gwenojen et Geneviève, du roman, je crois ".

[Largillière René – les saints et l’organisation chrétienne primitive dans l’Armorique bretonne, 1925]

 Bretagne : Histoire de la chapelle de Saint-Michel-en-Grève

B. Jollivet en 1859 dans son ouvrage "Côtes du Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes du département, tome IV" stipule: "La chapelle de Sainte Geneviève se situe au milieu d'un champ et renferme l'autel le plus ancien peut-être de notre pays. L'autel est adossé au pignon oriental de la chapelle et se compose d'une table en granit grossièrement travaillée, supportée par deux colonnettes à piedestaux et chapiteaux romains, reposant par derrière sur deux pierres brutes faisant office de corbelets. Cet autel est entièrement masqué par une boiserie sculptée qui forme l'autel actuel, et qu'il faut soulever pour voir l'autel primitif, auquel on assigne généralement pour date la fin du douzième siècle. Le pardon de cette chapelle est très suivi".

En 1897, la Chapelle était en ruines, le retable de l'autel et les chandeliers furent emportés. Il ne restait plus que la statue de la sainte au milieu d'instruments agricoles.

Depuis, au XXème siècle, la Chapelle a été restaurée et renferme les statues de Saint Pierre et de Sainte Geneviève.  Il s'agit d'une chapelle de plan rectangulaire, à vaisseau unique, construite en granite et schiste. Le pignon occidental comporte une porte en plein-cintre moulurée surmontée d'une niche à saint.

Au sommet de l'édifice se trouve un clocheton de forme carrée accessible depuis un escalier situé à droite de l'édifice est formé de huit dalles de schiste (comme on peut le voir sur la photo). Au Nord et au Sud de l'édifice se trouvent des baies vitrées en plein-cintre et au dessus du chevet se trouve une baie axiale en arc brisé (XVème siècle). 

Au Sud de l'édifice se voit également à droite de la baie, une porte en arc brisé mais murée. Au Nord de l'édifice, près de la baie, plusieurs écus sont encore visibles. A noter que l'écu situé à gauche de la baie présente un calice sculpté en bas-relief. 

Le calvaire voisin porte la date de 1737. 

[extrait du " répertoire des églises et chapelles" société d'Emulation du département des Côtes du Nord]

Près de la chapelle se trouvaient jadis deux fontaines (aujourd'hui disparues) dédiées à la sainte Vierge et à saint Fiacre :

 Bretagne : Histoire de la chapelle de Saint-Michel-en-Grève

 Un pardon s'y tient encore tous les ans :

Pardon ayant eu lieu vers 1930-1950

Comme on peut le voir le pardon était très suivi.

"Au fond de cette anse que bordent les côtes un peu nues et arides de Trédrez, de Saint-Efflam et de Locquirec, un peu au-dessus de cette baie sablonneuse que baignent tour à tour une mer tantôt d’azur tantôt houleuse et nombre de ruisseaux aux eaux bleues et limpides, à environ deux kilomètres de Roch-Allaz, sur ce sol où le barde Gwenchlan maudit tant de fois jadis les progrès du Christianisme naissant dans nos comtés, là même où ce faux prophète, luttant contre la prédication évangélique, avec autant de violence que de présomptueuse confiance, promettait aux plus féroces doctrines du druidisme l’éternelle possession de l’avenir, là, dans une ancienne et modeste chapelle, isolée au milieu d’un champ se trouve le plus ancien autel que nous connaissions dans nos contrées. Cette chapelle c'est celle de Sainte Geneviève, dans la paroisse de Saint-Michel-en-Grève. L’autel adossé au pignon oriental se compose d’une table en granite grossièrement œuvrée, supportée, en face, par deux colonnettes à piédestaux et chapiteaux romans et reposant par derrière sur deux pierres brutes affectant la forme et faisant l’office de modillons ou corbelets. Le vandalisme restaurateur ou autre qui a détruit ailleurs tant d’autres monuments religieux , s’est d’abord borné à recouvrir celui-ci de force couches de peintures et de marbrures, puis a fini plus tard par le voiler derrière une caisse en bois sculptée dans le style de la plupart de celles que la renaissance a introduites dans nos sanctuaires. En vain donc l’on chercherait aujourd’hui dans cette chapelle la trace d’un monument roman, en vain franchirait-on même la grille si grotesque et si intéressante du cancel pour voir de plus près tous les meubles de sanctuaire, si l’on ne soulève la boiserie dont nous venons de parler, on ne verra, que le plus banal des autels.

Il resterait maintenant à discuter l’âge de ce monument. Certes, la discussion à cet égard n’a pas besoin d’être longue, car il nous semble qu’il serait bien difficile de nous prouver que nous ne serons pas dans le vrai quand nous rapporterons à la fin du XIIème siècle la construction primitive de cet autel. Et cependant, peut-être voudra-t-on lui contester cette antiquité, mais quelque concluante que puisse être en apparence l’argumentation qu’on nous opposerait à cet égard, cela ne nous empêchera pas de continuer à affirmer, qu’à moins de tirer à notre monument son caractère roman de transition ou autre, la précision de l’époque à laquelle nous rapporterons son origine se trouvera toujours justifiée…. »

[Article tiré du journal « Le Lannionnais » daté du 8 janvier 1855]

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