Web Internet de Voyage Vacances Rencontre Patrimoine Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Bienvenue !

LES MAIRES (GRALL, RIOU, ROUDAUT) DE CLÉDER SOUS LA RÉVOLUTION.

  Retour page d'accueil       Retour "Cléder sous la Révolution"       Retour "Ville de Cléder" 

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

MAIRIE DE F.-M. GRALL (1791).

Pendant l'année 1791, le maire de Cléder était François-Marie Grall, de Kertanguy.

Parmi les affaires de cette époque dont les documents demeurent, citons les réclamations de plusieurs prêtres et l'arrestation de M. Bolloré de Kerbalanec (ou Botloré, ou de Botloré).

Le 20 janvier 1791 c'est Jean-Pierre Grossin, prêtre de Saint-Mathieu de Morlaix, qui demande les honoraires de sa chapellenie de Cléder, dite des Sparfel : 45 livres, pour une messe par semaine, revenu annuel de deux pièces de terre à Mesaliou louées 24 livres à François Milin, et deux pièces à Parcou-Carof, louées 21 livres à Olivier Le Goff. Il avait refusé le serment schismatique dès avant le 15 février 1791.

Louis-Marie Thomas était titulaire de la chapellenie dite des Grall, à Cléder. (En 1792, il deviendra recteur jureur de Landunvez.) Cette fondation avait été faite par Christophe Grall, prêtre. Elle comportait deux messes basses par semaine, l'une le lundi à Cléder (avec service à notes — chanté — à Noël), l'autre le vendredi à Saint-Pol à l'autel de Toussaints. Le revenu était fourni, en Cléder, par une maison et son jardin à Kerlisien, et par deux liors, affermés 45 livres à Joseph Huelvan ; en Saint-Pol, au Minihy, 2 pièces de terre à Meaziou-ar-C'hroasant louées 30 livres à Hervé Creac'h, et une autre place Crépin, près Keraugon, dans le quartier dit Crucifix-des-Champs, louée 27 livres à Colomban Quéré. En tout 102 livres, dont 57 à déduire pour la « desserte » des messes.

Le 11 février 1790, Thomas avait envoyé la liste des revenus et des charges au district de Landerneau. Nommé à Landunvez, en mars 1791, il adressa ses titres de chapellenie au district de Morlaix en avril ; et puis, ses honoraires de 1790 et 1791 restant toujours impayés par la Nation (72 messes), il informa Landerneau de ce déboire le 24 mai 1792. Entre temps, Morlaix l'avait renvoyé au District de Lesneven (4 février 1792). Infatigable, Thomas porta sa réclamation à Lesneven (14 juin 1792). Le Directoire lesnevien fit diligence : il fixa le « traitement » de l'ex-chapelain à 102 livres à compter du 1er janvier 1790, sauf toutes déductions ordonnées par les lois et décrets en vigueur ; mais il décida que Thomas ne toucherait que la moitié de la somme tant qu'il serait « fonctionnaire public » ; recteur, par exemple, selon la théorie erronée de l'époque. Thomas devint ainsi un cumulard mitigé.

Paul-Marie Bloc'h, autre chapelain — nous le retrouverons — réclame son traitement le 8 octobre 1791.

« Je ne suis point cette année moins travaillant dans les fonctions publiques et divines, que je l'étais l'année dernière... ».

Et il signe : « P. Bloc'h, prêtre de Cléder et y servant dans les fonctions divines ».

Un pauvre homme et un triste prêtre !

Le clergé paroissial est victime, lui aussi, de la pénurie du Trésor public ; l'État a su confisquer, mais il ne sait pas payer. Peut-être aussi quelque mauvais vouloir de certains employés, puisque d'autres prêtres sont mieux traités ?

C'est pourquoi le bureau de la municipalité décerne aux vicaires le certificat suivant :
— François Borgne et René Le Got sont fonctionnaires à Cléder depuis trois ans et plus, Marzin depuis janvier 1790, « très méritants de percevoir les traitements décrétés par la loi ». Signent : Fr.-M. Grall, maire ; Fr. Quillévéré, procureur de la commune ; Antoine Prigent, Jean Le Duc, Louis Edern ; Perrot, secrétaire-greffier.

Le recteur apostille le certificat : — Ces messieurs, dit-il, « sont très nécessaires et à peine suffisants pour la desserte de la paroisse ».

Lui-même réclame au District de Lesneven 2.675 livres pour traitement en retard. Il mentionne son âge : 44 ans, et la durée de son rectorat : 10 ans (4 février 1791). Les difficultés ne cessent pas pour autant, ni les démarches qui sont de lourds dérangements : Cléder n'est pas porte à porte avec Lesneven ! Par bonheur, M. Laurent connaît un des administrateurs du Directoire, M. Jannic. C'est à lui qu'il écrit le 16 novembre 1791 une lettre fort précise : le recteur a versé 1.600 livres à MM. Borgne et Le Got, 350 à M. Marzin, 150 au trésorier du District, — et à part ces versements, les vicaires n'ont rien reçu pour l'année 1790. La conclusion n'est pas sans dignité : « Faites-moi la grâce de me communiquer votre façon de penser... ».

Et ce n'est pas sans émotion que l'on garde ce papier de chiffon, où l'encre retient depuis 147 ans le sable brillant qui l'avait séchée... On voit le geste du recteur...

A M. Jannic encore, le 7 décembre 1791, M. Laurent affirme n'avoir rien touché pour 1790, ni M. Borgne pour 1791, et MM. Le Got et Marzin n'ont reçu en 1791 que la moitié de leur dû, malgré tant de démarches. — « Nous osons vous prier, monsieur, dit le recteur fidèle à son devoir, de vouloir bien nous éviter des peines inutiles, et peut-être bientôt des douleurs amères... Procurez-moi l'occasion de saluer Mme Jannic, de vous répéter à tous les deux mes souhaits de bonne année... » pour 1792, l'année de l'exil !

Un autre proscrit (mais batailleur), M. Claude Bolloré de Kerbalannec, de la paroisse de Plouvorn, était venu demeurer à Cléder au château de Tronjoly, dont le propriétaire, M. de Parcevaux, avait émigré laissant sa femme au pays. Suspect, il fut mis en surveillance à Lesneven. Le 20 octobre 1791, il écrivit une lettre de protestation.

C'est par erreur, dit-il, qu'on lui attribue « des propos sur la Révolution française », sans doute parce qu'il demeurait au ci-devant château de Tronjoly, ce qui donnait à « croire qu'il pensait comme l'émigré Parcevaux ». Et il s'écrie :

« Je jure d'être fidèle à la Nation, d'obéir aux lois de la République, de maintenir la liberté et l'égalité, respecter les personnes et les propriétés et mourir s'il le faut pour l'exécution de la loi ».

(Ce serment, admis comme licite par une minorité, était jugé illicite par le Pape Pie VI, qui pourtant ne le condamna pas officiellement).

Il requiert de Guillier et Poulain, commissaires du Département, du district de Lesneven, de l'accusateur public de Quimper, « ... d'avoir égard à mon repentir, oublier mes torts passés, autoriser mon élargissement... promettant toute réconciliation avec ceux qui ont déposés contre moi, renonceant aux dispositions de la sentence du juge de paix de Cléder, m'obligeant même de ne plus demeurer qu'à deux lieues de ladite paroisse et de payer à Jean Le Corre, de Lesneven, ce qui peut lui être légitimement dû pour m'avoir gardé jusqu'à ce jour à Lesneven... ».

Nous ignorons s'il fut exaucé ou s'il fut transféré dans quelque geôle, Mais le 28 août 1792, le brestois Belval, commissaire procureur général syndic du Département, ordonna au capitaine de gendarmerie Garnier de faire conduire par deux gendarmes, de brigade en brigade, à Lesneven, « le sieur Kerbalanec père, qui sera remis aux ordres du commissaire du Département près de ce District ». — Il s'en tirera, comme nous verrons.

 

MAIRIE DE JEAN RIOU (1792).

Les élections municipales étant annuelles, de par la loi, le Conseil de Cléder et le Général (conseil des Notables) se réunirent le 11 novembre 1791 dans le hangar qui servait d'église, pour choisir les conseillers pour 1792.

Après l'office du matin, Jean Riou de Kersaint fut élu par 30 voix sur 37... et l'on alla se restaurer. On revint aux urnes l'après-midi. Au premier scrutin, François Priser, de Feunteun-meur, fut élu par 19 voix sur 24 ; au deuxième tour, Jean Séité de Mespaul par 17 et Yves Floc'h du bourg par 15 ; au troisième, Olivier Trividic de Kertanguy par 11 voix sur 28.

Le juge de paix François Rozec, avoué, présenta la démission de son assesseur Paul Séité qui n'avait pas atteint l'âge légal de 25 ans.

Et avant de se séparer, les électeurs émirent le vœu que Landerneau fût choisi comme chef-lieu du département, parce que cette ville leur était plus commode que Quimper. Ils ne seront exaucés qu'en 1794, et pour peu de temps : après que 26 des Administrateurs du Finistère auront été guillotinés à Brest...

Huit jours après l'élection de Jean Riou, lesdits Administrateurs avaient parlé de déporter les prêtres qui avaient refusé et qui refuseraient de jurer fidélité à la Constitution civile du clergé, votée le 12 juillet 1790 par les députés, et condamnée par le Pape le 10 mars 1791. M. Laurent et ses vicaires refusèrent le serment ; le chapelain Paul-Marie Bloc'h jura.

Depuis le 20 janvier 1784 il signait « prêtre curé » de Cléder, sans être officiellement vicaire. M. Marzin, vicaire fidèle et confesseur de la foi, après le 20 mars 1792 continue cependant de signer les actes de l'état paroissial, jusqu'au 12 juillet. Et le 29 août la signature de Bloc'h s'étale : « curé, curé constitutionnel, curé conformiste... ».

Le dernier acte d'état-civil (décès) rédigé par un prêtre est signé Paul-Marie Bloch, curé de Cléder, en date du 19 novembre 1792. Les registres passent alors à l'autorité municipale.

Une fois paraît la signature d'un vicaire, Le Scanff, dont nous ne savons rien. C'est peut-être François Le Scanf, de Carantec, né en 1742, vicaire constitutionnel d'Henvic qu'il dut quitter à cause de l'hostilité des catholiques ; nommé le 29 juin 1792 à Carantec son pays natal, il est à Commana en 1798, et mal vu des autorités parce qu'il trouble « l'ordre public ».

Le 26 août 1792 une loi sauvage de l'Assemblée législative ordonna aux prêtres non-jureurs, dits réfractaires, de sortir du département sous huit jours, et du royaume sous quinze jours. M. Marzin se cacha en Cléder; les autres partirent pour l'Angleterre.

Déjà dès le 21 août, une lettre du Conseil général du Finistère avait ordonné l'arrestation de Mme de Parcevaux-Tronjoly, belle-fille du chef d'escadre, et son internement au Château du Taureau, la pire prison du Finistère. Son crime ? Femme d'émigré ! La sentence fut exécutée le 24. Mais le même jour que la lettre officielle, le même Conseil avait rédigé un arrêt en forme, qui ordonnait de « renfermer » Mme de Parcevaux dans une maison conventuelle de Morlaix : tant d'innocents étaient suspects, et tant de couvents étaient confisqués, que les prisons ordinaires durent être doublées par les monastères désaffectés ! Cet arrêt fut reçu à Lesneven par la Commission extraordinaire du Département « départis » dans ce chef-lieu de District, dont Cléder relevait. Pleins de respect pour « la forme », les commissaires Jullou, Julien Jullien, L.-J. Guillier (futur guillotiné) et Gorgy transmirent l'ordre au District de Morlaix, le 25 août, avec prière d'obtempérer immédiatement et de s'entendre avec le Conseil général « pour le mode de détention de cette dame ». Mme de Parcevaux fut alors écrouée à l'Hôpital général de Morlaix [Note : Dans son ouvrage « Expilly », le chanoine Pelven écrit en 1913 : « Les réfractaires trouvent un asile assuré près des châteaux de Kerjean et de Tronjoly dont les propriétaires, mesdames de Coatanscour et de Parcevaux, menacent leurs fermiers d'expulsion s'ils assistent à la messe des prêtres insermentés ». La précaution n'était guère nécessaire. Faut-il conclure de ce fait que Mme de Parcevaux fut « la principale instigatrice » de la rébellion de Saint-Pol, comme l'a dit un mémorialiste ?].

Cléder supporta mal cette injustice. Le 13 novembre 1792, les vingt « citoyens actifs » de la commune se réunirent dans le cimetière de l'église paroissiale et signèrent une adresse énergique, fort bien rédigée, réclamant la mise en liberté de dame Jacquette Bullion, épouse d'Ambroise-Marie Toussaint Parcevaux, arrêtée pour des motifs inconnus, par suite d'une mesure contraire aux lois et décrets de la République, contraire au droit naturel qui veut que les individus soient considérés comme innocents tant que les preuves manquent pour les déclarer coupables. Le maintien de Mme de Parcevaux en prison depuis onze semaines est donc arbitraire : aux termes de la loi elle aurait dû être interrogée dans les 24 heures et relâchée si aucune preuve n'était découverte contre elle. Or, il est impossible que cette dame soit coupable. Elle ne s'occupe que de ses enfants et des pauvres et nécessiteux dont elle est la Providence.

— Nous demandons si elle a commis un délit, ce que nous ne pouvons croire ; et nous réclamons, si elle est innocente, sa libération provisoire ; au besoin, nous cautionnerons pour elle. De même, que soit jugé le citoyen Delvincourt [Note : Généalogiste accommodant, à l'imagination créatrice], arrêté avec elle à Tronjoly et interné au château du Taureau, et qu'il soit libéré si aucune charge ne pèse sur lui.

(Chez Delvincourt, à Saint-Pol, la municipalité Raoul avait fait saisir deux pistolets à un coup et une poire à poudre, le 25 juin 1791).

Les délibérants décident de dresser trois copies de la pièce généreuse : la première pour la Municipalité ; la deuxième pour le District de Lesneven (elle y sera portée par Denis Postec de Kerallo, Charles Le Goarant de Kerbuzuguet, Claude Moisan de Kerduoc'h) ; la troisième pour le Conseil du Département à Quimper (elle sera portée par Joseph-Marie-Auguste Kerguvelen du bourg, Claude Milin du Luquent, Goulven Guillou de Streat-Alec). Et plus de quarante signatures suivent.

Ne pouvons-nous tenir à honneur de citer ces braves gens, qui risquaient leur liberté pour défendre la bienfaitrice du pays ? Voici les noms :

L'ancien maire Fr.-M. Grall, Jean Le Got, Yves Le Got, Olivier Riou, Denis Postec, Jean Postec, Vincent Postec, Louis Moisan, Claude Moisan, Yves Caer, Vincent Caer, Y. Floc'h, Etienne Derrien, Fr. Priser, Ch. Le Goarant, Nicolas Inisan, Mear, J. Le Duf, M. Cadiou, J. Le Goff, Y. Nédélec, F. Bizien, J. Lehars (Le Han ?), Y. Prigent, Vincent Guéguen, J. Rozec, V. Hélard, Y. Carof, Paul Rohou, Quiviger, V. Guillou, Y. Bris, Louis André, Roignant, Cleac'h, F. Cadiou, Louis Le Milin, Claude Guéguen, Y. Brest, Prigent Séité, etc...

Les officiers municipaux approuvèrent aussitôt la protestation et signèrent : J. Riou, maire : Antoine Prigent, André Guillevin, Paul Grall, Louis Edern, Paul Roudaut, O. Trividic, J. Séité, Y. Floc'h, Fr. Quillévéré, procureur de la commune.

Honneur à eux tous : ils furent de dignes fils de Cléder !

Est-ce à cette intervention que Mme de Parcevaux dut d'être libérée ?... Elle le fut, puisque nous la verrons l'année suivante arrêtée de nouveau à Cléder !...

Du reste, l'humanité commandait la mesure de grâce si noblement demandée, — si les terroristes jamais admettent le devoir d'humanité. Mme de Parcevaux, en effet, avait quatre garçons en bas âge, dont le dernier, Ambroise-Marie-Allain, n'était âgé que de quatre mois quand sa mère fut incarcérée !

Né le 15 juillet 1792, il avait été ondoyé le même jour par le recteur M. Laurent, dans la chapelle du château de Tronjoly, — et il attendra le supplément de cérémonies jusqu'au 30 novembre 1802. En présence de M. Laurent, rentré d'exil, alors, « à Cléder, au lieu destiné pour le culte », le célébrant fut l'abbé de Troérin, ancien chanoine et grand-chantre du diocèse de Léon, qui devait finir vicaire général de Quimper. Le parrain fut Ambroise-Marie de Carné, cousin germain de l'enfant ; la marraine, Marie-Marquette-Françoise-Julie de la Boissière-Lerruit, dame de Lanascol.

Signent : MM. de Troérin, de Mathézou, ex-chanoine de Léon, Henry, Péron, vicaires généraux de Léon, — Laurent, Marzin, J. Le Roux, prêtres de Cléder ; MM. A. de Carné, Hervé Gilart Keranflec'h, Ch. Quemper Lanascol, Parcevaux père, Parcevaux (Armand, Louis, Charles, frères d'Ambroise) ; Mme Marie-Thomase de la Boissière, Bullion-Parcevaux... J. Quemper de Lanascol, Chef-du-Bois.

Lorsque les invités échangèrent leurs souvenirs devant M. Ambroise-Toussaint-Marie de Parcevaux, le père ex-émigré, et Mme Dreuze-Jacquette Bullion de Monlouet, la mère ex-prisonnière, l'entretien ne manqua ni d'intérêt et de piquant, ni de mélancolie et d'espérances...

 

MAIRIE D'YVES ROUDAUT (1793).

Le 9 décembre 1792, après l'office religieux célébré dans le hangar comme d'habitude, les citoyens se réunirent pour l'élection du nouveau Conseil.

En présence du maire Jean Riou et du procureur de la commune François Quillévéré, les deux plus âgés des assistants furent choisis comme président et secrétaire provisoires de l'assemblée : François Rosec, de Mean-Savet et Louis Edern, de la Villeneuve. Les scrutateurs furent Jean Rosec,de Kerjean-Bian, Olivier Abhamon, de Keraouézan, et Paul Séité, de Mespaul (Mespaulyou ? Vern-Mespaul ?).

Au premier scrutin, 42 votants, Olivier Abhamon fut élu président, et Jean Rosec secrétaire.

Deuxième scrutin : pour l'élection du maire. Yves Roudaut et Olivier Riou se partagèrent les 50 suffrages des votants, mais aucun d'eux n'obtient une majorité suffisante.

Troisième scrutin, 53 votants : Y. Roudaut, 45 voix, élu maire ; O. Riou, 8 voix.

Quatrième scrutin, 44 votants : Gabriel Cadiou, 26 voix, élu procureur de la commune.

Cinquième scrutin, 39 votants. Sont élus officiers municipaux : Paul Séité, de Mespaul, 22 voix ; O. Riou, de Kersaint, 21 voix ; Jean Nédélec, de Les...uir, 18 voix ; René Le Jacq, de Kerlizien, 15 ; Jean Tanné, du Vern, 14 ; Jean Marc, du Vern, 11 ; François Rosec, de Kerdilin, 7 ; Fr. Brochec, de Kergounadec'h, 6.

C'est ce Conseil municipal qui, l'année suivante, sera traîné à la prison de Morlaix (où plusieurs succomberont) par la fantaisie atroce d'un voleur alcoolique de Brest, promu tyran du Nord-Finistère par le caprice du criminel Jean Bon Saint-André, le pasteur protestant député à la Convention, créateur du Tribunal révolutionnaire de Brest.

Un sixième et dernier scrutin (33 votants) nomma 21 notables de la paroisse. Avec le Conseil municipal ils forment le Conseil général de la commune.

Ce sont : Pierre Roignant, de Kerleyerigou, 15 voix ; Yves Guillou, Kersulien, et René Moal, Lodegalet, 14 ; Olivier Méar, Kersaint, et Jérôme Riou, Kersaint, 13 ; Louis Priser, Meanfaoutet, et Olivier Prigent, Roz, 12 ; Jean Quivijer, Kerollo, Jean Priser, Kerider, et François Priser, Kerisur (?), 10 ; Vincent Guillou, du Vern, François Guillou, de Peren, Vincent Grall, de Guitarsoul, Sébastien Reungoat, de Kerlizien, et Pierre Mesguen, de Locmaria, 9 voix ; Paul André, de Peren, Yves Trondec, de Kerenveyer, et René Henry, de Kerantraou, 8 voix.

Suppléants : Paul Rohou, de Run-ar-C'hovel, 7 voix ; Joachim Guéguen, de Vourn, 7 ; Jean Le Duff, de Kerloudano, 6.

La copie certifiée conforme, du 15 décembre 1792, est signée Postec (de Kerallo, sauf erreur).

Comme on voit, ce n'était pas un petit travail de former un Conseil municipal et un Conseil général de commune, à l'époque ! Mais il fallait encore nommer deux officiers publics chargés de l'état-civil.

Nouvelle réunion électorale, le 13 décembre 1792. Le maire Yves Roudaut et le procureur Gabriel Cadiou président d'abord. Les deux Notables les plus âgés sont nommés président et secrétaire provisoires : Pierre Roignant et Paul André. Scrutateurs : Gabriel Cadiou, de Kerlizien, et Yves Roudaut, de Creac'hpiguet.

Sont élus d'abord le président et le secrétaire de séance (20 votants) : Paul Séité, de Mespaul, Olivier Riou, de Kersaint. Ils sont ensuite élus scrutateurs par 21 votants. On imagine le vote :

Te raio, Paol ; te ive, Olier. C'hui zo kouls ha fors piou. Kuites da zale ! [Note : Tu feras, Paul ; toi aussi Olivier. Vous valez n'importe lequel Pour en finir !].

Enfin, les mêmes 21 passent à l'élection des deux officiers publics : le Notable René Moal, de Lodégalet, 19 voix, et l'officier municipal Jean Tanné, du Vern, 18 voix.

L'acte est signé : Postec, secrétaire-greffier. C'est un clerc tonsuré du Séminaire de Saint-Pol, qui n'a pas pu ou pas voulu continuer les études cléricales. Il sera emprisonné avec le Conseil municipal.

(René Cardaliaguet).

© Copyright - Tous droits réservés.