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HISTOIRE SAINTE - ANCIEN TESTAMENT (de l'établissement de la Monarchie à la division en deux Royaumes) |
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Depuis l'établissement de la Monarchie jusqu'à la division en deux Royaumes (de 1095 à 975 environ avant Jésus-Christ - durée 120 ans). Les faits remarquables de cette époque sont : - le sacre de Saül et l'établissement de la Monarchie. - le sacre de David. - la mort de Goliath. - le règne de David. - le règne de Salomon. - la construction du temple de Jérusalem. |
DU DEBUT DE LA MONARCHIE A LA DIVISION EN DEUX ROYAUMES
Règne de Saül (1095 à 1055 avant Jésus-Christ)
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Les
Israélites demandent un roi : |
Samuel,
devenu très âgé, se décharge d'une partie de la judicature sur ses deux
fils, qui n'imitèrent pas sa vertu. Leur mauvaise conduite porta les Israélites
à demander un roi. Les anciens vinrent trouver Samuel et lui dirent : "Vous
voilà devenu vieux, et vos enfants ne marchent pas dans vos voies. Etablissez
donc sur nous un roi, comme ont toutes les nations, afin qu'il nous
gouverne".
Cette
demande déplut à Samuel. Il consulta le Seigneur, qui lui répondit : "Ecoute
la voix de ce peuple ; car ce n'est pas toi, mais c'est moi qu'il rejette, afin
que je ne règne plus sur eux".
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Samuel
sacre Saül : |
Lorsque
le prophète attendait en silence que Dieu lui fit connaître le roi qu'il
destinait aux enfants d'Israël, Saül, fils de Cis, de la tribu de Benjamin,
parcourait la campagne avec un serviteur, pour chercher ses ânesses qui s'étaient
égarées.
Après
bien des démarches inutiles, Saül se trouva proche de Ramatha, et résolut d'y
aller consulter le Voyant, c'est-à-dire Samuel. Comme il entrait dans la ville,
le prophète s'avançait pour offrir un sacrifice, et Dieu lui dit "Voilà
l'homme que j'ai choisi pour être roi sur mon peuple".
Samuel
reçut Saül avec la plus grande distinction, et le rassura sur la perte des ânesses.
Le lendemain, il l'accompagna hors de la ville ; et, laissant le serviteur
marcher devant eux, il prit une petite fiole d'huile, la lui répandit sur la tête,
et l'embrassa en disant : "Le Seigneur, par cette onction, vous sacre
prince sur son héritage, et vous délivrerez son peuple des mains de ses
ennemis".
Pour
faire connaître le choix du Seigneur, Samuel réunit le peuple à Maspha, et le
sort favorisa Saül. On le chercha longtemps, car il se tenait caché dans la
maison de son père. Lorsqu'il fut amené au milieu de la multitude, il dépassait
de la tête tous ceux qui l'entouraient. Samuel dit alors : "Vous voyez quel est celui que le Seigneur a choisi : il n'y en a
point parmi vous qui lui soit semblable". Tout le peuple s'écria : "Vive
le roi !".
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La
première victoire de Saül : |
Un
mois après l'élection de Saül, le roi des Ammonites vint assiéger Jabès de
Galaad. Les habitants, réduits à l'extrémité, implorèrent le secours de Saül.
Au premier ordre du roi, tout Israël se leva comme un seul homme, et dès le
lendemain Jabès était délivrée et les Ammonites taillés en pièces ou
dispersés.
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Première
faute de Saül : |
Saül
régnait depuis deux ans, lorsque Jonathas, son fils, attaqua et défit la
garnison que les Philistins avaient à Gabaa. Ce fut le signal de la guerre. Une
armée ennemie, "aussi nombreuse que le sable de la mer", vint camper
à Machmas. Les Israélites, effrayés, passèrent le Jourdain, ou allèrent se
cacher dans les cavernes. Saül était resté à Galgala ; d'après les ordres
de Dieu, il y devait attendre Samuel pendant sept jours, et ne rien entreprendre
en son absence. Sur la fin du septième jour, Saül , craignant de se voir
abandonné par ses soldats, offrit l'holocauste que le grand prêtre seul avait
le droit de présenter au Seigneur. Samuel arriva au moment où le sacrifice
s'achevait ; il reprit sévèrement le roi et lui dit : "Si vous aviez
observé ce que Dieu vous avait ordonné, il aurait affermi votre trône sur
Israël ; mais, en punition de votre désobéissance, votre règne ne subsistera
point ; Dieu s'est déjà choisi un homme selon son cœur…". Cette menace
n'eut pas un accomplissement immédiat. Saül ne fut abandonné qu'après de
nouvelles fautes. Avant de le punir, Dieu le rendit victorieux de tous les
oppresseurs de son peuple.
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Courage
de Jonathas : |
Jonathas,
par son courage, mit en déroute les Philistins. Ce jeune prince, animé de
l'esprit de Dieu, se dirigea seul avec son écuyer vers leur camp ; il escalada
les rochers les plus escarpés, et tua quelques soldats isolés ; les autres
prirent peur, s'enfuirent et tournèrent leurs armes les uns contre les autres.
Saül,
instruit du désordre qui régnait parmi les Philistins et en ignorant la cause,
résolut de les attaquer. Pour attirer la bénédiction de Dieu sur son armée,
il dit devant le peuple : "Maudit
soit l'homme qui prendra quelque nourriture avant le soir, jusqu'à ce que je me
sois vengé de mes ennemis !".
Les
troupes passèrent à travers un bois, où se trouvait beaucoup de miel, et
personne n'osa y toucher. Jonathas seul, qui ignorait l'ordre de son ère, en
prit un peu au bout d'une baguette, et le porta à sa bouche pour ranimer ses
forces. Saül voulait lui appliquer la sentence de mort qu'il avait prononcée,
mais les Israélites, pleins d'admiration pour les grandes actions de Jonathas,
s'y opposèrent et dirent : "Nous
jurons par le Seigneur qu'il ne tombera pas un seul cheveu de sa tête ; car
aujourd'hui Dieu était visiblement avec lui".
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Seconde faute de Saül ; il est rejeté de Dieu : |
Saül
régnait depuis vingt ans, lorsque Samuel vint lui dire de la part du Seigneur :
"Je me suis souvenu de ce que les
Amalécites ont fait à mon peuple ; marche contre eux, et détruis tout ce qui
leur appartient". Saül rassembla son armée, battit les Almalécites,
et les passa au fil de l'épée, mais il épargna Agag, leur roi, et réserva la
meilleure part du butin. Dieu s'irrita de cette désobéissance, et dit à
Samuel : "Je me repens d'avoir fait
Saül roi de mon peuple, parce qu'il a manqué de fidélité dans l'exécution
de mes ordres".
Samuel
en fut affligé, et pria le Seigneur toute la nuit. Avant le jour, il alla
trouver Saül, qui le salua en disant : "J'ai
accompli la parole du Seigneur. Mais, lui dit Samuel, d'où viennent les cris
d'animaux que j'entends ?". "C'est,
répondit Saül, que le peuple a conservé
ce qu'il y avait de meilleur dans les troupeaux des Almalécites pour l'immoler
au Seigneur". Samuel lui dit : "Sont-ce
des holocaustes et des victimes que Dieu demande ? N'est-ce pas plutôt une
exacte fidélité à exécuter ce qu'il a commandé ? L'obéissance vaut mieux
que les sacrifices. Parce que vous avez rejeté la parole du Seigneur, le
Seigneur vous rejette à son tour ; il ne veut plus que vous régniez sur son
peuple".
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David
est sacré au milieu de ses frères – David joue de la harpe devant Saül
: |
Le
Seigneur dit à Samuel : "Remplis ta
corne d'huile, et rends-toi chez Isaï de Bethléem ; c'est à un de ses enfants
que je destine la couronne". Isaï présenta successivement sept de ses
fils ; mais le choix de Dieu ne tomba sur aucun d'eux. "Sont-ce là tous vos fils ? dit Samuel à Isaï.
Il n'en reste un, appelé David, répondit le père ;
mais c'est un enfant que j'occupe à garder les troupeaux". Faites-le venir, ajouta Samuel,
car nous ne nous mettrons point à table qu'il ne soit ici". Isaï
l'envoya donc chercher. C'était un jeune homme de quinze ans, blond et d'un
visage agréable. Quand il parut, Dieu dit à Samuel : "Voilà celui que j'ai choisi ; ne tarde pas à le sacrer".
Cependant
l'esprit malin tourmentait violemment Saül. Ses officiers, pour l'apaiser, lui
conseillèrent de chercher un homme qui jouât habilement de la harpe. Le jeune
David fut choisi ; il vint à la cour, et fut aimé du roi qui en fit son écuyer.
Chaque fois que Saül était en proie aux obsessions, le jeune berger touchait
de la harpe ; aux accords de l'instrument le roi redevenait calme et le mauvais
esprit s'éloignait de lui.
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Combat de David contre Goliath : |
Pendant
une nouvelle guerre des Philistins contre Saül, un géant nommé Goliath, haut
de plus de six coudées, venait matin et soir, depuis quarante jours, défier
les braves d'Israël et insulter à toute l'armée. Saül avait promis sa fille
à celui qui le vaincrait ; mais nul n'osait se hasarder au combat. Témoin des
insultes de Goliath, David se présenta devant Saül pour obtenir la permission
de le combattre : "Prince, dit-il, je
suis accoutumé à poursuivre et à mettre en pièces les ours et les lions qui
viennent attaquer mes troupeaux ; je laverai la honte d'Israël dans le sang de
ce Philistin".
David
prit son bâton, choisit dans le torrent cinq pierres bien polies, les mit dans
sa panetière de berger, et s'avança la fronde à la main. Goliath, le voyant
approcher, lui cria : "Suis-je un
chien, pour que tu viennes à moi avec un bâton ? Approche, et je donnerai ta
chair à manger aux oiseaux du ciel et aux bêtes de la terre". David
lui répondit : "Tu viens à moi avec
le glaive, la lance et le bouclier ; mais moi je viens à toi au nom du Seigneur
des armées, qui va punir ton impiété et tes blasphèmes et te livrer entre
mes mains, afin que toute la terre sache qu'il y a un Dieu dans Israël".
En même temps, il fit tourner sa fronde, et lança une pierre qui s'enfonça
dans le front de Goliath ; le géant tomba la face contre terre. Davis courut à
lui, et, saisissant la lourde épée de son adversaire, il lui trancha la tête
et la porta en triomphe au camp d'Israël.
Cette
mort répandit la terreur parmi les Philistins, qui furent taillés en pièces,
et tout l'honneur de la victoire fut attribué à David.
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Jalousie
de Saül contre David : |
Lorsque
David revint du combat contre Goliath, les femmes sortirent de toutes les
villes, en chantant au son des tambours et des sistres : "Saül a tué mille Philistins ; David en a tué dix milles".
Cette parole déplut étrangement à Saül, qui conçut contre David une
violente jalousie et résolut de le perdre ; mais Jonathas s'unit d'une étroite
amitié avec David et le prévint plusieurs fois des dangers qui le menaçaient.
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Saül
fait massacrer Achimélech : |
David,
obligé de fuir pour éviter la colère de Saül, quitta la cour, suivi de
quatre cents hommes qui lui furent toujours dévoués, et se retira à Nobé, où
était alors l'arche. Le grand prêtre Achimélech, touché de compassion à la
vue de cet injuste traitement, remit à David l'épée de Goliath, qui avait été
déposée dans le tabernacle ; et, à défaut d'autre nourriture, il lui donna
ainsi qu'à ses gens les pains de proposition, que les prêtres seuls pouvaient
manger. Cette charité vraiment sacerdotale coûta la vie au grand prêtre ; car
Saül, emporté par son aveugle passion, se plaignit que tous ses sujets et même
son fils se déclaraient contre lui ; il fit égorger Achimélech et 85 prêtres
du Seigneur.
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David épargne Saül : |
Saül
poursuivit David avec une armée de trois mille hommes. Il entra seul dans une
caverne où David et ses gens s'étaient cachés. A la faveur de l'obscurité,
David coupa le bord du manteau de Saül, et le lui montra ensuite de loin, en
criant : "Je pouvais aujourd'hui vous
ôter la vie, et je ne l'ai pas voulu. Que le Seigneur soit juge entre vous et
moi".
Une
autre fois, David et Abisaï, son écuyer, pénétrèrent la nuit, sans être
vus, jusqu'à la tente de Saül, et le trouvèrent endormi. Ils s'emparèrent de
sa lance et de sa coupe ; et lorsqu'ils furent sur la montagne voisine, David
appela à grands cris Abner, général de l'armée de Saül, et lui reprocha sa
négligence à garder son prince. Il fit ensuite reporter la lance et la coupe
du roi. Saül admira ce nouveau trait de générosité ; il proclama l'innocence
de son gendre, s'avoua coupable, et s'engagea à ne plus le persécuter.
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La
mort de Saül : |
Les
philistins s'étant précipités sur Israël, les tribus méridionales, qui se
rappelaient le massacre des prêtres de Nobé, ne firent aucune résistance.
Saül,
à la tête de ses troupes, campait sur la montagne de Gelboé. Saisi de frayeur
à la vue de l'ennemi, il consulta le Seigneur, mais il n'en reçut aucune réponse.
Agissant alors en désespéré, il quitta ses habits royaux pour n'être pas
reconnu, et, suivi de deux officiers, se rendit à Endor, chez une femme possédée
d'un esprit de magie. "Consulte pour
moi ton démon, lui dit-il ; fais-moi
paraître Samuel".
Le
prophète, par la permission de Dieu, apparut à l'instant et dit Saül : "Pourquoi
troublez-vous mon repos et pourquoi m'interrogez-vous, puisque le Seigneur vous
a déjà abandonné et qu'il est passé à celui qui doit régner à votre place
? Dieu va vous livrer aux Philistins, et demain, vous et vos fils, vous serez
avec moi, et le Seigneur livrera aux Philistins le camp d'Israël".
Saül
engagea le combat d'un cœur défaillant. Ses troupes furent taillées en pièces,
Jonathas et deux autres de ses enfants périrent. Comme il attendait à tout
moment la mort qui lui avait été annoncée, le désespoir le porta à prier
son écuyer de le tuer. Celui-ci ayant refusé de le faire, Saül se jeta sur la
pointe de son épée et mourut ainsi dans sa révolte contre le Seigneur.
Règne de David (1055 à 1015 avant Jésus-Christ)
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David
est reconnu roi par la tribu de Juda : |
Après
la mort de Saül, David, ayant consulté le Seigneur, se rendit à Hébron ; les
anciens de la tribu de Juda vinrent l'y trouver et lui donnèrent l'onction
royale. Mais les autres tribus, à la sollicitation d'Abner, offrirent le
couronnement à Isboseth, le dernier des enfants de Saül, âgé de 40 ans. Les
deux partis demeurèrent en paix environ sept ans ; puis Abner ayant commencé
les hostilités, David lui opposa Joab, son général, qui remporta une grande
victoire près de la piscine de Gabaon.
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David
est reconnu roi par tout Israël : |
Isboseth
fut assassiné et toutes les tribus vinrent à Hébron faire leur soumission à
David, qui fut sacré de nouveau, et déclaré seul souverain du peuple de Dieu,
selon la promesse que Samuel lui avait faite vingt ans auparavant.
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Les
conquêtes de David. La prise de Sion : |
Après
un règne de sept ans à Hébron, David résolut de se rendre à Jérusalem avec
les tribus réunies et d'en chasser les Jébuséens. Leur citadelle, bâtie sur
le mont Sion, fut emportée d'assaut, et David y fit construire son palais.
David
défit aussi les Philistins et les Amalécites ; il délivra ainsi son peuple de
l'oppression de ses ennemis et du tribut qu'il avait payé longtemps aux
Philistins.
Toute
la terre promise était alors au pouvoir de David ; il avait soumis les peuples
situés à l'orient de la Judée, une partie de la Syrie et de l'Idumée. Il
possédait sur la mer Rouge des ports pour le commerce qu'Israël faisait alors
avec les nations de l'Asie et de l'Afrique les plus éloignées.
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La
translation de l'arche : |
L'arche
d'alliance était restée en dépôt à Cariathiarim, chez Abinadab, pendant
tout le règne de Saül. David forma le dessein de la transporter à Jérusalem,
et fit préparer dans son palais un pavillon magnifique pour la recevoir.
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Les crimes de David : |
David
succomba à la tentation qui le surprit lorsqu'il vivait dans la mollesse et
l'oisiveté. Il voulut épouser Bethsabée, femme d'Urie, un de ses plus braves
officiers. A ce crime, il en joignit un second, en ordonnant à Joab d'exposer
Urie à un danger imminent et de le laisser tuer par les ennemis.
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La pénitence de David : |
Les
remontrances du prophète Nathan touchèrent David, qui rentra en lui-même. "J'ai
péché contre le Seigneur", dit-il avec une douleur profonde. Dieu
accepta le sacrifice de son humiliation et de sa pénitence, et lui fit dire par
son prophète : "Vous ne mourrez point ; mais le malheur fondra sur votre maison,
parce que vous avez donné lieu aux ennemis du Seigneur de blasphémer contre
lui".
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La révolte d'Absalom : |
Amnon,
fils aîné de David, avait attiré sur lui la haine de son frère Absalom.
Pendant deux années entières Absalom retint sa vengeance, puis il invita Amnon
à un festin et le fit assassiner. Après son fratricide, ce mauvais fils
travailla à soulever le peuple ; et lorsqu'il se crut assuré d'un parti assez
fort pour renverser David, son père, il se rendit à Hébron, et s'y fit déclarer
roi.
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La mort d'Absalom : |
Absalom
entra comme en triomphe dans Jérusalem ; son séjour dans cette ville donna à
David le temps de se reconnaître. Les deux armées engagèrent le combat dans
la forêt d'Ephraïm, et l'armée d'Absalom, quoique incomparablement plus
nombreuses, fut battue. Absalom lui-même chercha son salut dans la fuite. Comme
il passait sous un chêne, ses cheveux, extraordinairement longs, s'embarrassèrent
dans les branches, et son mulet continuant sa course, il resta suspendu sans
pouvoir se dégager.
Joab,
se fâcha qu'on ne l'eût pas tué, et qu'on se fût arrêté aux prières que
David avait faites de l'épargner. Il se fit conduire où il était, et lui perça
le cœur de trois lances.
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Le
sacre de Salomon : |
David
étant vieux et infirme, Adonias, l'aîné des enfants qui lui restaient, prit
prétexte de son droit d'aînesse pour se faire proclamer roi dans un festin.
David, averti par Bethsabée, fit promptement sacrer Salomon, à qui Dieu
destinait la couronne, et le parti d'Adonias fut dispersé.
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La mort de David : |
David,
se voyant près de mourir, donna ses dernières instructions à Salomon ; il lui
commanda de bâtir le temple dont il avait dressé le plan, et qu'il avait tant
souhaité ériger lui-même à la gloire du Seigneur.
Il
mourut à l'âge de 71 ans, après un règne de quarante ans, dont sept à Hébron,
sur la tribu de Juda, et trente trois à Jérusalem, sur tout Israël. Il fut
enseveli dans le Sion, qui dès lors fut nommée la ville de David.
David
nous offre le modèle des vertus les plus sublimes. Sa générosité pour Saül,
sa grande amitié pour Jonathas, sa compassion pour son peuple, son courage et
sa résignation dans le malheur nous révèlent l'âme grande et magnanime du
roi. Son élévation sur le trône et ses prodigieuses victoires nous montrent
l'élu du Seigneur.
Le
grand nombre de psaumes et de cantiques qu'il a composés, et que l'Eglise redit
chaque jour dans ses prières, respirent la piété la plus tendre, et ont pour
objet principal Jésus-Christ, après lequel son âme ardente soupire, comme le
cerf altéré soupire après l'eau des fontaines.
David
eut le malheur de tomber dans de grandes fautes ; mais son repentir l'a rendu le
modèle des vrais pénitents.
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Gouvernement
de David : |
Saül
n'avait été qu'un général d'armée, agissant d'après les ordres de Dieu,
transmis par Samuel, et n'ayant point de cour, point de demeure fixe. Israël n'était
encore qu'un peuple adonné à l'agriculture et au soin des troupeaux, mais il
devint insensiblement un peuple guerrier.
Le
génie de David transforma la nation en rendant le pouvoir absolu : l'hérédité
donna à la royauté une forme définitive. La résidence permanente de la cour
à Jérusalem fit de cette capitale le centre de l'autorité civile et de
l'autorité religieuse ; enfin l'accroissement considérable de l'Etat par des
conquêtes conduisit à une organisation militaire qui embrassait toutes les
parties de l'administration.
L'armée
se composa de douze corps de 24 000 hommes chacun, servant par mois tour à
tour. Elle était divisée par tribus, ayant pour chefs des princes qui étaient
officiers à la guerre, juges et magistrats en temps de paix, et conseillers du
roi pour les affaires civiles et religieuses.
Les
tribus étaient subdivisées en corps de mille hommes commandés par un officier
ayant sous ses ordres les centurions et les décurions, qui commandaient, les
uns cent, et les autres dix hommes.
Règne de Salomon (1015 à 975 avant Jésus-Christ)
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Salomon
demande à Dieu la sagesse : |
Après
la mort de David, Dieu apparut en songe à Salomon son fils, et lui dit : "Demande
ce que tu veux, et tu seras exaucé". "Seigneur,
répondit le jeune prince, vous avez comblé
de bienfaits David mon père, et vous m'avez fait asseoir sur son trône ; mais
je ne suis encore qu'un enfant au milieu d'un grand peuple …, donnez-moi un cœur
docile, afin que je puisse discerner entre le bien et le mal …".
La
prière de Salomon fut agréable au Seigneur, qui lui répondit : "Parce
que tu n'as choisi ni la gloire, ni la fortune, mais la sagesse pour discerner
ce qui est juste, je t'accorde ce don précieux, et j'ajoute ce que tu n'as pas
demandé, c'est-à-dire les richesses et la gloire".
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Le jugement de Salomon : |
Deux
femmes qui demeuraient ensemble avaient chacune un enfant en bas âge ; l'un des
deux ayant été trouvé mort, chaque mère réclamait l'enfant vivant comme étant
le sien. L'affaire fut portée devant le roi. "Que l'on coupe en deux l'enfant vivant, dit Salomon,
et que chacune en ait la moitié".
La
véritable mère, sentant ses entrailles émues, s'écria : "Je vous en conjure, Seigneur, donnez l'enfant vivant à celle-là,
et ne le tuez point". L'autre femme au contraire disait : "Qu'il
ne soit ni à toi ni à moi, mais qu'on le partage en deux".
Salomon
dit alors, en montrant la première femme : "Donnez
à celle-ci l'enfant vivant, car c'est elle qui est sa mère". Tout
Israël admira le jugement du roi, et reconnut que la sagesse de Dieu était en
lui pour rendre la justice.
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La construction du temple (1011
avant Jésus-Christ) : |
La
quatrième année de son règne, Salomon fit niveler le sommet du mont Moria, au
nord-est de Jérusalem, et commença le temple que David son père avait projeté
de bâtir à la gloire du Seigneur. Il mit sept ans et demi à construire ce
superbe édifice, dont la beauté et la richesse en firent l'une des merveilles
du monde.
Le
temple de Salomon fut bâti sur le modèle du tabernacle que Moïse avait
construit dans le désert, mais dans des proportions doubles, et avec des
pierres énormes, taillées avec grand soin dans la carrière. Les parois intérieures
étaient lambrissées de cèdre et recouvertes de feuilles d'or.
Le temple proprement dit avait soixante coudées de longueur sur vingt de largeur, et trente de hauteur moyenne ; il comprenait trois parties essentielles : le vestibule, le Saint et le Saint des Saints.
Le Saint des Saints, ou Sanctuaire, contenait l'arche d'alliance. Deux chérubins, de dix coudées de hauteur, placés de chaque côté de l'arche, étendaient leurs ailes au-dessus du propitiatoire. Le grand prêtre seul avait accès une fois l'année dans le sanctuaire.
Le Saint était séparé du Saint des Saints par un voile d'étoffe précieuse, couvert de broderies. Il renfermait l'autel des parfums, dix tables d'or destinées à recevoir les pains de proposition et dix chandeliers d'or à sept branches, dont les extrémités portaient des lampes perpétuellement allumées.
A l'extérieur des murs du temple étaient bâtis trois étages de petites chambres attenantes à l'édifice sacré.
Autour du temple, Salomon fit établir un parvis entouré de portiques. Dans la suite, et par périodes successives, on construisit quatre parvis ou cours distinctes, disposées en plates-formes s'élevant successivement les unes au-dessus des autres et fermées par diverses constructions ou par des clôtures.
1- Le parvis intérieur, ou parvis des prêtres, entourait le temple ; là se trouvaient l'autel d'airain des holocaustes, et un vaste bassin appelé mer d'airain, qui servait aux purifications des prêtres;
2- Le parvis des Israélites, qui précédait le parvis des prêtres et recevait les Juifs purifiés.
3- Le parvis des femmes.
4- Le parvis des Gentils ou des Nations (construit sous Hérode), beaucoup plus vaste, et situé en dehors des parvis précédents, et qui était accessible même aux païens.
Le temple construit par Salomon fut détruit par Nabuchodonosor, puis réédifié par Zorobabel après la captivité de Babylone. Enfin, environ 17 ans avant Jésus-Christ, le temple de Zorobabel fut reconstruit avec une grande magnificence par Hérode le Grand. C'est ce dernier temple que Jésus-Christ honora de sa présence, et que les soldats de Titus pillèrent et brûlèrent, en l'an 70.
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La
dédicace
du temple : |
Salomon célébra la dédicace du temple par une fête religieuse qui dura sept jours et qui fut d'une magnificence extraordinaire. La majesté du Seigneur s'y rendit sensible sous la forme d'une nuée ; le feu du ciel descendit sur les victimes, et l'alliance de Dieu avec son peuple fut solennellement renouvelée.
Après la solennité de cette dédicace, l'Eternel apparut une seconde fois à Salomon, et lui dit : "J'ai exaucé ta prière, et j'ai sanctifié cette demeure que tu as bâtie. Si tu marches en ma présence, comme a marché ton père, dans la simplicité de ton coeur, j'établirai ton règne à jamais sur Israël. Si, au contraire, toi et tes enfants ne gardez pas mes commandements et que vous adoriez des dieux étrangers, j'exterminerai les Israélites de ce pays que je leur ai donné, et je rejetterai loin de ma présence ce temple élevé en mon nom ....".
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Richesse
et puissance de Salomon : |
Le temple achevé, Salomon, bâtit un palais magnifique pour lui et un autre pour la reine. Il embellit Jérusalem et l'entoura de fortifications. Il fonda plusieurs villes ; la plus célèbre fut Thadmor (Palmyre), dont on retrouve aujourd'hui les ruines dans le désert, à l'orient de la Palestine.
Il répara plusieurs ports sur la mer Rouge, entre autres Asiongaber, et unit ses flottes à celles des Phéniciens ; Jérusalem devint le centre d'un commerce actif et florissant, et la Judée connut une abondance extraordinaire.
Il fortifia un grand nombre de places, Hazor, Mageddo, Gazer, Béthoron ; il assujettit et rendit tributaires tous les peuples voisins, sa domination s'étendit depuis l'Euphrate jusqu'à l'Egypte.
Salomon ne fut pas seulement un roi magnifique ; il mit à profit la paix de son règne pour composer des ouvrages qui ont immortalisé son nom. Il a écrit le livre des Proverbes, celui de l'Ecclésiaste et le Cantique des cantiques. Ses autres ouvrages ne sont pas parvenus jusqu'à nous ; mais ils devaient être en grand nombre, puisque l'Ecriture nous apprend qu'il a parlé des plantes depuis le cèdre du Liban jusqu'à l'hysope, et des divers animaux de la terre.
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Chute
de Salomon : |
La réputation dont jouissait Salomon, ses immenses richesses, les honneurs qu'il recevait de toutes parts, finirent par corrompre son coeur et aveugler son esprit. Il contracta des alliances défendues, avec des femmes étrangères qui le pervertirent et le firent tomber dans l'idolâtrie. Il érigea des autels et offrit l'encens à Moloch, idole des Ammonites, et à Chamos, dieu des Moabites.
Le Seigneur irrité lui apparut, et lui dit : "Puisque tu n'as pas gardé mon alliance, je diviserai ton royaume, et je le donnerai à l'un de tes serviteurs... Néanmoins, en considération de David, ce ne sera pas pendant ta vie, mais sous le règne de ton fils".
Parmi les ennemis que Dieu suscita à Salomon se trouvait Jéroboam, que son intelligence avait élevé au poste d'intendant des tribus d'Ephraïm et de Manassé. Poursuivi par la haine de Salomon, il s'enfuit et se réfugia près du roi d'Egypte.
Salomon mourut après 40 ans de règne. L'Ecriture ne dit pas s'il s'est repenti de ses fautes, ou s'il est mort dans son impiété.
F.F.
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