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LA FAMILLE BRIDON

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NOTES SUR LA FAMILLE BRIDON.

Dans ses Vies des Saints de la Bretagne-Armorique, dont la première édition fut imprimée à Nantes en 1636-1637, Albert Le Grand dit à la fin de sa biographie de Saint Félix, évêque de Nantes, en citant les sources où il a puisé : « M. Jacques Brydon, sieur de Lauberdière, en a traité l'histoire fort exactement en son histoire de Bretaigne manuscrite ».

Et quand il termine le récit de la vie de Saint Martin de Vertou, il énumère encore parmi ses documents : « l'Histoire manuscrite de Sainct Félix et les Mémoires du sieur de l'Auberdière Brydon ».

Ainsi, avant l'année 1636, Jacques Bridon, sieur de l'Auberdière, avait écrit plusieurs ouvrages manuscrits dont la trace est aujourd'hui perdue, mais que l'on trouverait peut-être, en cherchant bien, à la Bibliothèque Nationale, à Paris, suivant l'opinion de Ludovic Chapplain, archiviste du département de la Loire-Inférieure en 1835. (Voir les Annales de la Société Académique de Nantes, 1835, pages 368 et 369).

L'Auberdière, terre dont il était seigneur, est située, non loin des bords de la Loire, dans la commune de la Chapelle-Basse-Mer.

L'ouvrage d'Albert Le Grand cité plus haut est le premier texte imprimé connu de nous où il est question de la famille Bridon, dont le nom s'écrivait alors Brydon [Note : D'après une tradition qui s'est perpétuée dans la famille, les Brydon seraient originaires d'Ecosse et seraient venus s'établir en Bretagne, à la suite des troubles politiques et religieux vers le milieu du XVIème siècle ; mais cette tradition ne repose sur aucun document écrit].

C'était, comme on le voit, dès 1636, une famille notable, qui avait des prétentions à la noblesse. Sous Louis XIV, en 1668, ces prétentions lui furent contestées et elle ne put les appuyer de preuves suffisantes, car on lit dans le manuscrit n° 1673, de la Bibliothèque publique de Nantes, résumé de la Réformation de la Noblesse de Bretagne, tome 1er, page 305 : « Jacques Bridon, sieur de Lauberdière, demeurant à Nantes, s'est désisté de la qualité de noble par luy prise et a payé 100 livres le premier octobre 1668 ».

Ce Jacques Bridon est le fils de Jacques Bridon, auteur des ouvrages manuscrits dont a parlé Albert Le Grand. Il était « avocat à la Cour » et avait épousé Françoise de Marquès, soeur d'Isabelle de Marquès qui était mariée à André Boussineau, sieur de la Patissière. (Notes historiques sur quelques paroisses du diocèse de Nantes, par H. du Bois de la Patellière, 2ème série, page 387).

Françoise de Marquès « épouse de Jacques Brydon sieur de Lauberdière » figure comme marraine à Oudon, le 29 août 1659, dans un acte de baptême. (Inventaire sommaire des Archives départementales de la Loire-Inférieure, par Léon Maître, tome V, archives civiles, série E, supplément, page 23, n° 1733).

Le même auteur signale à la même page, également à Oudon, le 6 mai 1663, un baptême où « Françoise Brydon, épouse de Jacques Maillard, sieur du Plessis, avocat au Parlement », est marraine avec « Gabriel Dronet de Villeserin, bachelier en théologie ».

Cette Françoise Brydon doit être une soeur de Jacques Brydon de l'Auberdière.

M. Léon Maître constate encore à Oudon (page 24, n° 1738), le 11 octobre 1701, la présence d'un G. Bridon au mariage de Nicolas Clemenceau, procureur au Parlement, fils de Jacques Clemenceau, sieur de la Marchanderie.

A la page 423, n° 3560, il cite un acte de baptême, à Haute-Goulaine, le 12 février 1690, où une fille de Jacques Bridon de l'Auberdière et de Françoise de Marquès, nommée Françoise Bridon, est marraine avec Gabriel de Saint Pern.

La famille Bridon, évincée de la Noblesse par les Réformateurs en 1668, y entra peu après en achetant une charge à la Chambre des Comptes de Bretagne.

Dans son Nobiliaire et Armorial de Bretagne, 2ème édition, tome 1er, page 132, Pol Potier de Courcy, après avoir donné les armes des Bridon qui sont : « Tranché d'or et de gueules à un lion de l'un en l'autre » [Note : M. René Kerviler (Répertoire général de Bio-Bibliographie bretonne, tome VI, page 364), dit qu'on les trouve aussi « Tranché d'argent et de sinople à un lion de l'un en l'autre ». Il ajoute que la famille Bridon figure trois fois à l'Armorial général manuscrit d'Hozier, I, 156, II, 478, 602], mentionne « un Maître des Comptes en 1694 ».

Ce Maître des Comptes était André Bridon de l'Auberdière, seigneur du Cartron, dans la paroisse de Haute-Goulaine, depuis l'année 1680. La terre du Cartron appartenait auparavant à la famille Ruyz.

Il fut nommé Maître à la Chambre des Comptes de Bretagne par lettres de Louis XIV, du 12 novembre 1694, et reçu le 14 décembre suivant. (Manuscrit n° 1215 de la Bibliothèque de Nantes). Il mourut le 26 juillet 1728, âgé de 61 ans et fut inhumé à Nantes, dans l'église de Saint Vincent, ainsi que le dit Camille Mellinet, à la page 292 du tome 1er de son ouvrage « La Commune et la Milice de Nantes », dont voici le texte : « 1728, Pierre tombale à Saint Vincent. Messire André Bridon, seigneur du Cartron, conseiller du roi, maître ordinaire en sa Chambre des Comptes de Bretagne ».

Son coeur fut mis dans « un reliquaire en plomb qui se voyait encastré dans le mur d'une chapelle » de l'église de Haute-Goulaine démolie en 1867. Ce reliquaire fait aujourd'hui partie de la collection archéologique du canton de Vertou, dont M. Charles Marionneau a dressé le Catalogue. (Bulletin de la Société Archéologique de Nantes, 1876, page 355).

Un second Bridon remplit la même charge de Maître des Comptes pendant les premières années du XVIIIème siècle. Il se nommait François Bridon, seigneur du Cartron. On trouve aux Archives départementales de la Loire-Inférieure, série E, n° 678, une procédure relative à des arrérages dus par lui aux Bénédictins de Pirmil.

Sur les registres des mariages de la paroisse d'Oudon est inscrit, à la date du 27 octobre 1733, le mariage d'Anne Bridon, fille de « Jacques Bridon, juge prévôt de la ville d'Ancenis, et de Marguerite Dusaule » avec « Pierre Jochaud du Plessis, sénéchal, juge civil et criminel de la juridiction d'Oudon ». (Inventaire sommaire des Archives départementales de la Loire-Inférieure, série E, supplément, page 25, n° 1741).

A quelle branche de la famille Bridon appartenait ce Jacques Bridon, père d'Anne Bridon ?

Est-ce à la branche des Bridon de l'Auberdière ou à celle des Bridon de la Gicquelière, terre située dans la paroisse du Cellier, voisine d'Oudon, sur la rive droite de la Loire, presqu'en face de l'Auberdière, située sur la rive gauche. Nous n'avons pas assez de renseignements pour être fixé sur ce point.

 

BRANCHE DES BRIDON DE LA GICQUELIERE.

I.  Le premier chef de la branche des Bridon de la Gicquelière qui nous soit connu d'une manière certaine, est Jean Bridon, maître-orfèvre à Nantes, marié à Henriette Bricet, qui dans un acte de baptême, à la paroisse Saint Nicolas de Nantes, prend le titre de sieur de la Gicquelière, le 29 octobre 1646. On sait que les nobles pouvaient sans déroger exercer la profession d'orfèvre. C'est ce que rappelle M. Edouard Pied, dans son ouvrage « Les anciens corps d'arts et de métiers de Nantes », tome III, page 5, où il écrit : « L'orfèvrerie était considérée comme un art noble qui, loin de faire déchoir le gentilhomme, anoblissait le roturier ; c'était autrefois un axiome reçu partout :  Orfèvre ne déroge pas ».

 

II. Ce Jean Bridon eut pour fils Pierre Bridon Ier, maître-orfèvre, demeurant rue et paroisse Saint Nicolas de Nantes, qui épousa Perrine Menoret [Note : A Oudon, le 6 octobre 1763, dans un baptême, Catherine Menoret, veuve de Joseph de la Bazillais, est marraine de son petit-fils Charles-Marie-Joseph de la Ruelle, fils de Charles de la Ruelle, écuyer, et de Jeanne-Josèphe de la Bazillais. (Inventaire sommaire des Archives départementales de la Loire-Inférieure, série E. Supplément, p. 26, n° 1744)] et prend également le titre de sieur de la Gicquelière, à Saint Nicolas, le 10 septembre 1672, dans un acte de baptême où sa femme est marraine avec Jean d'Espinose, sieur de la Caillerie. Il mourut le 6 juillet 1673. (Voir Les Artistes Nantais, par le M. de Granges de Surgères, page 80).

 

III. Son fils, Pierre II, né le 4 mai 1669, fut baptisé le 6 mai à la même église. (A ce baptême Pierre Ier signe : de la Gicquelière Bridon). Il devint aussi maître-orfèvre à Nantes. Il s'était marié à Marguerite Sevin.

Le « Dictionnaire des Ennoblissements ou Recueil des lettres de Noblesse depuis leur origine, tiré des Registres de la Chambre des Comptes et de la Cour des Aides de Paris » publié à Paris en 1788, page 34 du tome second (n° 73.242 de la Bibliothèque publique de Nantes), mentionne un Pierre Bridon anobli en 1704.

Le « Dictionnaire des Anoblis », supplément du Chartrier français (Paris, librairie J.-B. Dumoulin, page 84 (n° 54.728 de la Bibliothèque de Nantes,) dit aussi : « Bridon (Pierre) anobli par lettres de l'an 1704 ». Selon toute apparence, ce Pierre Bridon est Pierre II ; mais, pour en avoir la preuve, il faudrait posséder le texte des lettres d'anoblissement dont parle le Dictionnaire publié en 1788. Or des recherches, faites aux Archives Nationales à Paris, dans le fonds de la Chambre des Comptes, n'ont donné aucun résultat, un incendie ayant détruit en 1737 la plus grande partie de ce fonds. Cependant il est probable que le texte de ces lettres d'anoblissement de Pierre Bridon existe encore quelque part, car, vers le milieu du XIXème siècle, une vieille demoiselle alliée à la famille se présenta chez M. Anselme Bridon dont il va être question ci-après, et proposa de lui céder des pièces qui, disait-elle, prouvaient qu'il était noble ainsi que les autres membres de la famille Bridon. Comme elle était sans fortune et qu'il aurait fallu payer ces titres, il ne voulut pas donner suite à sa proposition.

Pierre II Bridon avait un frère nommé Jean, « marchand de draps de soie » à Nantes, marié à Marguerite Servant le 1er Juillet 1698, à la paroisse Sainte-Croix, et dont Bizeul décrit ainsi les armoiries dans son manuscrit intitulé « Histoire généalogique de la province de Bretagne » page 64 (n° 1678 des Manuscrits de la Bibliothèque de Nantes), « D'azur à un sanglier passant d'or accompagné de 6 billettes rangées dont 3 en chef et 3 en pointe ».

Au mariage de ce Jean Bridon assistaient son frère Pierre II et un autre frère nommé François.

 

IV. De Pierre II, naquit Pierre III, aussi baptisé à Saint Nicolas de Nantes, le 29 mai 1702. Il fut encore maître-orfèvre, rue de la Casserie, à Nantes, et épousa Marie-Madeleine Bory, dont il eut de nombreux enfants. Il avait fait bâtir une « chapelle domestique », à sa terre de la Caillerie, dans la paroisse de la Haie-Fouassière, car on lit dans l'Inventaire sommaire des Archives départementales de la Loire-Inférieure, par M. Léon Maître, tome V, série E, Supplément, page 431, n° 3587 : « Le 6 juin 1764 a été bénite la chapelle domestique de M. Bridon, négociant, sise au village de la Caillerie, sous l'invocation de Saint Pierre et de Sainte Marie-Madeleine, en présence de Charles Hallouin, recteur de la Haie-Fouassière ».

 

V. L'un de ses enfants, Charles-Augustin Bridon, baptisé à Saint Nicolas de Nantes, le 11 décembre 1746, devint capitaine de navire et négociant. Il fut notable à Nantes, en 1792, sous la Mairie de Baco de la Chapelle, et mourut le 9 octobre 1822, à sa terre de la Rairie, commune de Pont-Saint-Martin (Loire-Inférieure). Dans son Répertoire général de Bio-Bibliographie bretonne, tome VI, page 365, M. René Kerviler dit qu'il « figure sur la liste des 550 plus forts contribuables de la Loire-Inférieure en l'an XI et en 1809 ».

En 1808, quand Napoléon Ier et l'Impératrice Joséphine vinrent à Nantes, sa femme Mathurine-Constance Jacques d'Arancy était parmi les cent dames qui leur furent présentées par le Maire Bertrand-Geslin. (La Commune et la Milice de Nantes, par Camille Mellinet, 12ème volume, page 107).

 

VI. De celle-ci Charles-Augustin Bridon eut plusieurs enfants :

Mathurin-Arsène Bridon, marié à Félicité Berneval, en 1805, à Nantes ;

Augustin-René-Armand Bridon, né à Paimboeuf, en 1778, qui fut élève de l'Ecole Polytechnique, puis négociant à Nantes, et épousa Magdelaine-Michelle-Jeanne Joterat-Jacquier, fille de Michel-Antoine Joterat-Jacquier et de Eulalie-Magdelaine de Cigongne ;

Anselme Bridon, marié à Nantes, en 1817, à Flore-Anne Demangeat, dont les deux filles Anne-Eudoxie et Aurélie épousèrent, en 1842, Charles-Christophe Laënnec, avocat à Nantes, et Emile Pellu du Champ-Renou, receveur municipal de la même ville.

 

VII. D'Augustin-René-Armand Bridon et de Magdelaine-Michelle-Jeanne Joterat-Jacquier naquirent :

Armand Bridon, né à Nantes, le 30 frimaire an IX (21 décembre 1800), capitaine au long-cours, marié à Ernestine Berneval ;

Michel Bridon, raffineur à la Nouvelle-Orléans, décédé célibataire dans cette ville ;

Marie-Marcellin-Anselme Bridon, capitaine au long-cours, décédé célibataire à Paimboeuf ;

Jenny-Félicie Bridon, décédée célibataire à Nantes ;

Clémence-Célestine Bridon, mariée à François-Désiré Demangeat, décédée à Paris, sans postérité ;

Théophile Bridon, né à Nantes en 1812, associé d'agent de change à Paris, marié à Stéphanie-Emilie Duval, dont la fille aînée, Clémence, épousa Benjamin Vandier, lieutenant de vaisseau, puis député et sénateur de la Vendée. Leur fille cadette, Alice, épousa René Delpit, lieutenant de vaisseau, fils de Jean-Martial Delpit, député de la Dordogne à l'Assemblée Nationale de 1871. Cette dernière est morte sans postérité. Sa soeur, veuve de Benjamin Vandier, a trois enfants, Pierre Vandier, lieutenant de vaisseau, Paul Vandier et Anne-Marie Vandier, mariée à Edmond Doumerc, capitaine d'infanterie.

 

VIII. De l'union d'Armand Bridon et d'Ernestine Berneval naquirent Armande Bridon, décédée célibataire, et Ernest-Auguste Bridon, né le 16 août 1833, avocat, qui épousa le 7 mai 1860, à Pornic, Marie-Ernestine-Clotilde Rousse, née à La Plaine (Loire-Inférieure) le 23 septembre 1836, fille d'Adolple Rousse et d'Ernestine Griffé. Il mourut le 6 mars 1904, à Pornic, après avoir perdu sa femme et cinq enfants décédés célibataires, Marie, Armande, Armand, Jeanne et Anne.

 

IX. Il n'a laissé qu'un fils Joseph-Ernest-Marie-Louis Bridon, docteur en droit, né à Pornic le 11 avril 1875, marié à Nantes le 16 juin 1904, à Anne-Marie-Caroline Rousse, née à Nantes le 13 août 1878, fille de Joseph-Adolphe-Marie Rousse et de Marie-Thérèse-Augustine Rousselot.

 

Note : On trouve dans l'ouvrage de Camille Mellinet : « La Commune et la Milice de Nantes » et dans le « Livre Doré de l'Hôtel-de-Ville de Nantes » des détails sur les membres de la famille Bridon et sur les fonctions publiques qu'ils ont remplies. (Joseph Rousse).

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