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Un récit inédit de la mort de Geffroy de Pontblanc (ou Pont-Blanc).

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Un récit inédit de la mort de Geffroy de Pontblanc.

On sait qu'il est question, depuis plusieurs années, d'élever un monument à la mémoire de Geffroy de Pontblanc. M. Louis Le Guennec, le sagace érudit morlaisien, me communique sur le héros de la défense lannionnaise, en 1346, un document d'un très vif intérêt. C'est un extrait, gracieusement copié sur l'original par M. Le Bergevin, d'une généalogie de la famille de Lannion, par Pierre de Lannion, seigneur du Cruguil et du Vieux-Chastel (1624 ? 1636 ?). Pierre de Lannion étant le frère aîné de ce Jean de Lannion, seigneur des Aubrays, gouverneur de Lannion, fameux dans les ballades bretonnes sous le nom de Lézobré. On remarquera plus particulièrement dans son récit le passage relatif à l'inhumation de Geffroy de Pontblanc, de Geffroy de Kerimel et de messire Tournemine, dans l'église paroissiale du Baly. Je ne crois avoir vu encore nulle part, me dit M. Le Guennec, que les tombes de ces trois chevaliers existassent dans l'église du Baly et leurs effigies sur les vitraux. C'est donc là probablement un renseignement inédit. Qui sait si, à l'aide d'aveux et autres titres, on ne pourrait pas découvrir exactement le lieu de leur sépulture ?

Geoffroy de Pontblanc

... Lannion est une belle plaisante et jollie petitte ville, riche et marchande, en leuesché de Treguier, distante dud. Treguier de quatre lieues, de la Rochederien trois, de Guingamp sept, de Morlaix sept, de Lanmeur cinq, et unne de lancienne cittée de Lexobie, de laquelle on void les ruines quon nomme a present Cozquerdetts (sic), c'est à dire vieille citté, qui autrefois et auant la ruine dicelle par Hasting, condûct et cheff dune bande de Normantz pirattes idolattres, lan 836 estoit le siege espicopal de leuesché aussi dict de Lexobie, depuis transféré a Treguier et appellé leuesché de Treguier lan 848.

Cette ville est plus longue que large, sittuée en unne pante ou vallée descendant vers la riuiere du Leguer, qui lui, est au soleil couchant, et ser a rendre en la mer britannique, a unne lieue au dessoubtz, non loign de Cosquerdetts. Durant les guerres ciuilles dentre Charles de Blois et Jean de Bretagne comte de Montfort Amaury, elle fut prinsse, pillee, saccagee, ruinee, et ses habitants ranctionnes et emmenetz prisonniers par lennemy, comme le raporte l'histoire de ce païs en ces termes :

Lan MCCCXLVJ, Messire Richard Toussainctz, lun des cheffs de la garnison de la Rochederien, ayant plusieurs fois essayé de prendre la ville de Lannion, qui tenait pour Charles de Bloys, et faict plusieurs courses de garnisons dentre les deux uilles de diuerses aduentures, et souuent a laduantage de ceux de Lannion, finalement icelui auec ses gentz gaigna deux soldatz de la garnison de cette place, lesquelz un dimanche matin estans de la garde de la porte, le firent entrer et ses gentz, qui se saizirent de la ville, la prindrent, et pillerent les marchands d'icelle qui estoient riches, et en tuerent ce qu'ils voullurent. Au bruict de lentrée se trouua un cheualier nommé Geffroy de Pontblanc, homme vaillant et puissant de sa personne, lequel print une picque et son espée, et sortie en la rue, et trouuant les ennemis entrés, dabord versa en pouldre deux des premiers qui rencontra, percez a jour au tiers, rompit sa picque entre ses mains, et sur ce mist lespée au poing, commençant a charger a dextre et a senestre, tellement questant la rue estroite, et lui seul enteste, il les recula et fit abandonner le lieu, les contraignant de se retirer jusques en la place commune de la ville, auquel lieu craignant destre enuironné, sedressa contre un perron, et de ce lieu se deffendit si vaillamment, qu'oncques homme naprocha de lui, et quil le fist tomber a ses pieds en sorte que jamais lennemy ne le peult entourer.

Ceux qui estoient autour de lui, frappantz de loing sans oser laprocher finalement, ils furent contraintz de faire venir un archer pour lui tirer parmy eulx, lequel lattaignant dune fleche en la jointure du genouil, tellement que de la en auant il ne se peut mouuoir en maniere comme deuant, qui fut cause que diminuant sa force et dextérité, ils se jetterent de toutes parts sur lui, et lui donnerent plusieurs coups, finalement le tuerent le plus injurieusement comme soldat sans honneur, lui firent plusieurs outrages, lui arracherent les dentz, et creuerent les yeux a son escuier qui le secondoit.

Le capitaine Toussaintz en eust grand regret deplaisir, et regretta fort quils nauoient sauué et prins viff un sj vaillant homme. Il ne mourut pas seul, car plusieurs autres furent tuez, du nombre desquelz furent deux autres vaillants cheualiers, Messire Geffroy de Kerimel et Messire Tournemine, de la maison de Barach, lesquelz trois cheualiers furent inhumez en la chapelle du chasteau, dicte maintenant Nostre Dame du Baly, et remarque on encore une pierre tumballe de lun diceux, mais les deux autres ont estés transportez, et voyoit leurs effigies auec leurs armes en une des vitres dicelle esglise, auec ce petit escrit : lan mil trois cent quarante six, ces trois cheualiers furent occis en la prinse de Lannion, mais on a depuis reffait la vittre de neuf, et ny voit on plus rien de cela. Le sieur de Coetuhan y fut prins, et Messire Rolland Phelippes, seneschal uniuersel de Bretaigne soubz Messire Charles de Blois, Maistre Thebault Mescon, docteur en droit, auxquel les soldats firent porter leurs bagages à la Rochederien, sans robbes, nuspiedz, et la teste nue sans chaperon, et pillèrent ce quils purent porter, emmenèrent prisonniers tous les gentilshommes et bourgeois riches, et de la sempartirent sans y laisser gardes, ne la voulans tenir ; par quoy ceux des habitans qui s'estoient enfuis et eschappés, tost après y retournèrent, si fortifièrent dedans depuis la deffandirent.

Cette ville et son chasteau (ruiné depuis) a esté de tout temps le siege et lieu dune grande et ample seigneurie et chastellenie, qui a eu ses seigneurs particuliers qui en portent le surnom et les armes, qui sont : d'argent a trois merlettes de sable au cheff de gueulle chargé de 3 quintefeuilles dargent.

(Extrait de la Généalogie de Lannion, par Pierre de Lannion. Manuscrit de L'Isle).

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