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PRINCIPALES CELEBRITES DE LESNEVEN ET SES ANCIENNES DEPENDANCES. |
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XIII. Principales célébrités de Lesneven et de ses anciennes dépendances.
Lesneven et ses anciennes dépendances ont donné le jour ou ont vu vivre : (a) des personnages illustres ; (b) des familles féodales dant les noms méritent d'être connus. Certains de ces noms sont restés tristement célèbres : d'autres, par contre, doivent être pieusement conservés. Aussi, croyons-nous devoir consacrer un chapitre spécial à l'énumération de ces personnalités et de ces familles, en accompagnant chaque nom de détails appropriés, puisés aux meilleures sources.
(a) Personnages illustres.
1. Hervé Podeur de Kéroulay, docteur en droit et en théologie, évêque de Tréguier, naquit à Lesneven au début du XIVème siècle. On lui doit un très curieux mémoire sur la Noblesse de Bretagne. Il mourut en 1385.
2. Simon Richard [Note : Son fils, Richard, dit de Lesneven, mourut évêque de Dol (Ille-et-Vilaine), le 20 mai 1405. En 1536, Messire François Richard — autre descendant sans doute du capitaine Richard — protonotaire du Saint-Siège, grand archidiacre et chanoine de Léon, habitait le manoir de la Vigne, en Guissény, manoir dont les vestiges sont toujours très apparents], Capitaine et bailli de Lesneven de 1350 à 1378, prend part le 27 mars 1351 au fameux combat des Trente où trente chevaliers bretons, commandés par de Beaumanoir, se battirent victorieusement contre trente chevaliers anglais. Ainsi que l'attestent les poèmes contemporains. Simon Richard y fit merveille.
3. Alain de Coëtivy, successivement archevêque d'Avignon, puis cardinal, naquit le 8 novembre 1407 au manoir de Coëtlestremeur, en Plounéventer et mourut à Rome, le 22 juillet 1474. Quand il venait en Bretagne, il séjournait au château de Penmarch, en Saint-Frégant, afin d'être à proximité de l'église du Folgoët qu'il affectionnait tout particulièrement [Note : Les de Coëtivy étaient alliés à la famille royale].
4. En 1555, mourut Olivier Richard, natif de Lesneven, descendant du célèbre capitaine Richard. Docteur en théologie, conseiller au Parlement de Bretagne. Olivier Richard se montra le protecteur éclairé des lettres et des arts. A la chapelle de Tariec, près de Lannilis, se voit toujours le mausolée de ce savant et distingué chanoine.
5. Au début du XVIème siècle, l'immortel amiral Hervé de Portzmoguer — une rue de Lesneven porte son nom — habitait le château de Coëtjunval [Note : De ce château qui a joué un si grand rôle dans l'histoire de Lesneven, il ne subsite que quelques maigres vestiges, recouverts de lierre et ronces. — Ce manoir joue aussi un certain rôle dans les romans de Lancelot et de Tristan sous le nom de petit Boisjenval] attenant pour ainsi dire à l'église du Folgoët. Hervé s'était marié avec Jeanne de Coetmenech, fille de Prigent et de Marguerite de Kerlouan, propriétaire de ce château.
Le 10 août 1512, — 1513 selon certains historiens — Hervé de Porzmoguer, commandant de la Cordelière [Note : Ainsi appelée du nom d'une décoration portée, par les dames bretonnes au temps d’Anne de Bretagne. C’est la reine Anne qui fit construire la Cordelière à Morlaix] montée par 1.200 hommes d'équipage, rencontra la flotte anglaise forte de 80 voiles — il n'en avait que 20 — à la hauteur de la pointe de St-Mathieu. Au cours de cette sanglante rencontre, Hervé fut tué ainsi que plusieurs des officiers, notamment Hervé de Coëtjunval [Note : Anne de Bretagne avait elle-même choisi les officiers « dans cette pléiade de braves, qui à cette époque entourait le Folgoët et Lesneven et leur avait donné pour chef l’immortel Hervé de Porzmoguer ». (Arch. et bibliot. de M. de Kerdanet)].
Mais la Cordelière, en s'enflammant et en enflammant la Régente d'Angleterre portant le pavillon amiral, avait permis aux autres vaisseaux de disperser la flotte anglaise et d'opérer une descente en Angleterre.
6. Christophe Luzinec, né à Lesneven, y mourut au 17ème siècle. Ce fut l'un des plus habiles orfèvres des temps modernes. On lui doit notamment la reproduction fidèle et en argent massif de la basilique du Folgoët (1614). Ce merveilleux chef-d'œuvre d'orfèvrerie et de ciselure, si souvent mentionné dans les Annales de Bretagne, fut vendu comme bien national, lors de la période révolutionnaire.
7. Alain Cap naquit à Lesneven, en 1578, et y mourut le 4 avril 1644. Ce fut, selon l'expression de M. de Kerdanet, « le génie verrier du Folgoët, son Michel-Ange ». On lui est redevable de la plus grande partie des vitraux des principales églises de Cornouailles et de Léon. On admirait plus particulièrement ceux de Quimper, de St-Pol, du Folgoët, de la chapelle du château de Kerjean (le Versailles breton). Les vitraux primitifs du Folgoët ont été anéantis par le funeste incendie de 1708.
8. Au milieu du XVIIème siècle, Lesneven comptait un poète breton en la personne de Bernard du Saint-Esprit. Il avait emprunté le surnom de Saint-Esprit à la petite chapelle située au voisinage de la ville, sur la route de Languengar.
9. Frère Accurse, de Lesneven, meurt en Syrie en 1651, en laissant une relation très intéressante de ses divers séjours à l'étranger. Il est également l'auteur d'un dictionnaire franco-arabe, à l'usage des jeunes religieux se destinant aux missions apostoliques dans les pays du Levant.
10. Au XVIème siècle naquit à Plouguerneau, dépendance de la sénéchaussée, Dom Michel Le Nobletz [Note : Les tableaux de mission (taolennou ar mision), encore en usage dans les missions de la Basse-Bretagne, sont dus à l’esprit inventif de Michel Le Nobletz. C’est à l’aide de cet enseignement par l’image que Michel Le Nobletz réussit à faire pénétrer dans l’imagination des habitants du litoral lesnevien les premiers préceptes de la religion. Son frère, Jean, avocat, en 1609, à la Cour de Lesneven, fut l’un des plus savants jurisconsultes de la Bretagne] qui, avec son disciple, le P. Maunoir, contribua à la renaissance de la Foi dans le Léon, notamment dans la région dite Lanar-paganis : (terre des païens) Pontusval, Plounéour, Kerlouan, Guissény. En 1669, le père Maunoir prêche à Lesneven, où le P. Martin, jésuite, « le Massillon de la Basse-Bretagne » fait sa première épreuve. Le jour de la communion, l'on y distribua plus de 18.000 hosties. En 1417, soit 252 ans auparavant, le grand prédicateur, Vincent Ferrier, prêche à Lesneven qu'il affectionnait particulièrement. « Il légua sa calotte qui y a été vénérée longtemps comme relique dans l'église Saint-Michel » [Note : Eglise de Plounéour-Trez. Abbé Stéphan. Edit. Desmoulins].
11. En 1620, Charles de Maillé « un des plus beaux génies et solides jugements de la Bretagne » [Note : Lycée Armoricain, tome 1] habitait le château de Carman, en Kernilis. Ce seigneur mourut le 24 juin 1628. « Tout le pays du Léon le pleura » [Note : Lycée Armoricain, tome 1].
12. Enfin, en 1689, le château de Carman, était la demeure de Madame de Carman — demoiselle de Marinais — amie de Madame de Sévigné. « C'est bien dommage, écrivait Madame de Sévigné à sa fille, que Madame de Carman ait son établissement au fond de la Basse-Bretagne. C'est une liseuse ; elle sait un peu de tout ; j'ai aussi quelque petite teinture, de sorte que nos superficies s'accommodent fort bien ensemble » [Note : Lycée armoricain, tome 1]. Madame de Sevigné ajoute que « sa beauté égalait son mérite ».
13. Maire de Lesneven, conseiller du roi au Parlement, cinq fois député aux Etats de Bretagne, juriste distingué, doublé d'un architecte émérite, René Calvez de Kérambars, fit construire au XVIIème siècle, pour son usage personnel, et d'après ses propres plans, la très curieuse maison de deux étages, située dans la rue Notre-Dame, aujourd'hui propriété de la famille de M. de Kerdanet. A l'intérieur de cette maison, on admire un monumental escalier, en superbes pierres de taille, soutenu par des piliers en pierre élancés, le tout en parfait état de conservation.
14. Le 7 juillet 1708, deuil général à Lesneven par suite du décès de dame Guillemette du Poulpry, baronne de Kersauson, qui consacra son immense fortune au soulagement des malheureux et à l'ornementation de la basilique du Folgoët et des églises du Léon. Les annales léonaises la désignent sous les appellations flatteuses de « fée, prodige de bienfaisance ».
15. En 1757, Guy-François de Coetnempren de Kersaint, natif de Plounéventer, disparut avec son vaisseau, le « Thésée » au combat de la Vilaine, contre les Anglais.
16. François de Penmarch, frère du seigneur de Penmarch, est tué à côté du chevalier d'Assas, au combat de Clostercamp, en 1760.
17. Vers le milieu du XVIIIème siècle vivait l'abbé Goulven Millot, né à Lesneven, réputé comme l'un des plus fameux prédicateurs de l'époque.
18. En 1775, Kernilis avait comme recteur un Lesnevien, Alain de Rosiliau, littérateur de talent, doublé d'un mathématicien peu ordinaire. A l'aide d'ingénieuses combinaisons de pois et de fèves, il avait le secret, disent les annales léonaises, de résoudre les problèmes les plus ardus.
19. En 1818 meurt l'abbé de Costiou, originaire de Lesneven. Ancien professeur de philosophie et de théologie au Séminaire de Quimper, cet érudit lesnevien parlait admirablement le latin et passait pour le plus savant latiniste de Bretagne, sinon de France.
20. Le 17 juin 1752, Lesneven vit naître Daniel-Louis Miorcec de Kerdanet, homme politique, docteur en droit, membre de l'Institut historique et de l'Académie d'enseignement, à qui l’on doit tant d'utiles travaux sur la région du Léon et de la Bretagne, notamment une édition de la Vie des Saints de la Bretagne-Armorique, d'Albert Le Grand, annotée par lui et publiée en 1837. Après une vie politique des plus mouvementées, M. de Kerdanet mourut dans sa ville natale le 25 septembre 1836.
21. A l'entrée du cimetière [Note : Le cimetière actuel acquis en 1775, a été bénit en 1790. Il a été agrandi par l’achat d’un champ en 1860. Les vieux ormes qui l’ornaient ont été abattus à la même époque. — L’ancien cimetière était situé au haut de la rue Notre-Dame : c’est ce qui explique la découverte d’ossements humains lors des fondations des bâtiments construits sur ce point de la ville] de Lesneven, on admire un « Bon Pasteur » en marbre blanc, avec cette inscription : « Les habitants de Lesneven, à M. Pouliquen, leur bon Pasteur, 1857 ». Cette œuvre artistique est due au talent du Lesnevien Buors, un des plus remarquables statuaires bretons du XIXème siècle. On lui doit également la statue de Sainte Anne, située au bas de l’église de Lesneven.
22. Le plus illustre enfant de Lesneven, celui dont elle s'enorgueillit le plus est, sans conteste, le général Le Flô ; sa belle statue orne la principale place de la ville [Note : Les vieilles halles « l’un des plus beaux bahuts de Bretagne » furent édifiées sur cette place en 1617. Par lettres-patentes du 25 août 1614, autorisation avait été accordée d’établir, les jours de marché et de foire des taxes sur les marchandises pour la construction d’une halle (Liasse 641, Série C, Intendance). Plusieurs fois incendiées, elles furents rebâties en 1659 et finalement démolies, pour cause de vêtusté, en mai 1893. Cette place s’est longtemps appelée place de la « Cohue »]. Adolphe-Emmanuel-Charles Le Flô naquit en 1804, à Lesneven, où son père exerçait les fonctions de juge de paix. Sur sa modeste maison natale — le n° 8 de la rue de la Marne — est apposée une plaque commémorative. En 1825, à sa sortie de l'école de Saint-Cyr, il fut promu sous-lieutenant. En 1831, il fait partie de l'armée d'Afrique, où il ne tarde pas à s'illustrer à côté de ses glorieux compagnons d'armes : Lamoricière, Changarnier, Cavaignac. Sa brillante conduite à Constantine achève de le mettre en vedette. En 1848, à peine âgé de 44 ans, on le retrouve général de brigade et il est désigné pour représenter la France près du tzar Nicolas. A la suite du coup d'Etat du 2 décembre 1851, Le Flô est condamné au bannissement. A la chute de l'Empire, le gouvernement de la Défense nationale le choisit comme ministre de la guerre. Aux élections qui suivent la capitulation de Paris, le Finistère le désigne comme l'un de ses représentants à l'Assemblée Nationale. M. Thiers, chef du pouvoir exécutif, le maintient au ministère de la guerre, puis peu après le nomme ambassadeur à Saint-Pétersbourg. Dans ce poste important, il se concilia l'estime et la sympathie de l'empereur Alexandre II, dont il devint l'un des intimes. En 1875, il sut utiliser habilement cette intimité pour neutraliser la politique agressive de Bismarck contre notre pays.
Le ministre des Affaires étrangères Decazes exprime sa satisfaction au général Le Flô, en termes particulièrement élogieux.
« Recevez tous mes remerciements, dit-il, car si l'empereur Alexandre et le prince Gortschakoff viennent de se créer des droits éclatants à la Reconnaissance de la France, s'ils ont été à Berlin ce qu'ils ont promis d'être, cette attitude est votre œuvre ».
Le 18 décembre 1879, le général Le Flô quitte Saint-Pétersbourg où il est remplacé par le général Chanzy. Dès lors, Le Flô vécut dans la retraite. Il est mort, entouré des siens, dans son château de Nec'hoat, près de Morlaix, le 16 décembre 1887, à l'âge de 83 ans. Son corps repose au cimetière de Ploujean.
Depuis le 29 octobre 1899, on peut admirer, sur l'emplacement des halles, la belle statue du général Le Flô, œuvre et don du grand sculpteur russe Godebsky [Note : Les frais d’installation et d’inauguration se sont élevés à 4.000 francs. Subvention de la ville : 3.000 fr. Souscription publique : 1.000 fr.]. Le général est représenté debout, la tête fièrement relevée, la main gauche appuyée sur le pommeau de son épée, et tenant son manteau sur le bras droit. De cette belle œuvre d'art se dégage une impression de calme, d'énergie et de froide résolution.
La statue, tout en bronze, haute de 2 m. 25, repose sur un piédestal en pierres de Logonna, d'une élévation de 3 m. 90, orné de 4 bas-reliefs retraçant les faits les plus saillants de la vie de ce vaillant soldat, et non moins habile diplomate. Une jolie grille encadre le monument et concourt à lui donner un cachet d'élégance artistique.
Comment quitter ce chapitre sans dire un mot des incidents tragi-comiques auxquels donna lieu l'inauguration du monument.
Cette statue venait en droite ligne de la Russie. Dès son arrivée à Lesneven, le Comité s'empressa de la mettre à nu pour juger de la beauté de l’œuvre et aussi de son bon état de conservation. 0 stupeur, la statue était recouverte d'une couche de vert de gris que les membres du Comité, dans leur naïveté, attribuèrent à l’humidité du climat. Aussitôt, on s’approvisionne de papier émerisé de tripoli d'eau de cuivre. Vingt bras vigoureux frottent, astiquent, fourbissent à qui mieux mieux. Leurs efforts sont enfin couronnés de succès : la statue brille comme un sou neuf !!! Mais hélas ! le papier émerisé ne pouvait atteindre les replis du manteau et de la face. En désespoir de cause, les infortunés membres du Comité s’adressèrent à l’artiste russe. Ce dernier demeura littéralement ahuri en apprenant qu’on avait ainsi enlevé la légère couche de patine destinée à préserver le bronze des outrages du temps. Il témoigna un vif mécontentement en présence d’une telle ignorance des choses de l’art et chargea finalement un artiste français de réparer la gaffe.... monumentale — c'est bien le mot — des édiles lesneviens.
Cet incident provoqua une douce hilarité dans tout le pays et fit pendant plusieurs jours les délices de la presse régionale et parisienne.
Landerneau, comme le fait spirituellement remarquer Le Toscer dans son « Finistère pittoresque », doit la célébrité à sa lune. Lesneven, grâce à sa statue, n'eut bientôt rien à lui envier sous le rapport de la notoriété [Note : Pour de plus amples détails, se reporter au « Finistère pittoresque », par Le Toscer, Editeur, Kaigre, Brest].
23. Plus près de nous, Lesneven a vu naître, le 29 août 1829, le docteur Alain Penquer, ancien maire de Brest, ancien Président du Conseil général du Finistère, fils d'un ancien officier de l'armée, retiré à Lesneven.
En 1871, Penquer fut élu maire de Brest, et, peu après, conseiller général et Président de l'Assemblée départementale. La ville de Brest lui est redevable de l'assainissement et de l'embellissement de divers quartiers. Il donna aux écoles une impulsion jusqu'alors inconnue. Il créa enfin le musée municipal, inauguré en 1875. Penquer mourut le 18 décembre 1882, à l'âge de 73 ans.
« Par délibération du Conseil municipal de Brest, réuni extraordinairement, ses funérailles furent faites aux frais de la ville et une somme de 3.000 fr. votée pour l'érection d'un monument commémoratif. Le monument élevé à la mémoire du Dr Penquer dans, le vieux cimetière de Brest a été inauguré le 20 avril 1884 » [Note : Le Toscer, ouvrage cité].
Ajoutons que ce mausolée est l'un des plus remarquables de cette nécropole, si riche en beaux monuments funéraires.
24. Dans cette rapide énumération, nous n'aurons garde d'oublier le regretté Armand Rousseau, né à Tréflez, dépendance de l'ancien district de Lesneven, et dont la belle statue orne la place du Château à Brest, ville dont il fut si longtemps le représentant autorisé au sein du Conseil général.
Armand Rousseau vint au monde le 24 août 1835, à Ker-Emma, en Tréflez. Après de fortes études — dont une année au collège de Lesneven — il entre à Polytechnique, en 1854. et en sort un des premiers. A sa sortie, il est admis à l'école des Ponts et Chaussées, d'où il sort 4ème. Nulle carrière n'a été plus brillante ni mieux remplie que la sienne.
« Comme membre et Président du Conseil général du Finistère, comme député, comme sénateur, comme sous-secrétaire d’Etat, comme Directeur aux Travaux publics, comme chargé d’une mission à Panama, enfin comme gouverneur de l’Indo-Chine, il a rendu les plus utiles et les plus signalés services à son arrondissement, à son département, à la France tout entière et à la plus belle de ses colonies » [Note : La vie et les travaux d’Armand Rousseau, par F. de Dartein Edit. Armand Colin].
Sa mort, survenue en Indo-chine, le 10 décembre 1896, fut un véritable deuil nationale.
« Le gouvernement avait décidé de faire à Armand Rousseau des funérailles nationales et le Parlement s'était associé à cet hommage par des votes unanimes » [Note : Dartein, cité. — En 1870, A. Rousseau fut également chargé de la direction des travaux du Camps de Conlie]. Elles furent célébrées le 25 janvier à l’église Saint-Sulpice. Le soir même, le cercueil partit pour Tréflez où Rousseau « avait exprimé le désir de reposer dans le tombeau de sa famille » [Note : Dartein, cité. — En 1870, A. Rousseau fut également chargé de la direction des travaux du Camps de Conlie].
En dépit de ses multiples et absorbantes fonctions, Armand Rousseau n'a cessé de s'intéresser au sort des humbles et des déshérités de ce monde. Jamais un vaincu de la vie ne s'est vainement adressé à lui. Les services que ce philanthrope a rendus, même à des adversaires politiques, ne se comptent pas. C'est le plus bel éloge que l'on puisse faire de ce caractère si fortement trempé. Son souvenir mérite d'être pieusement conservé dans cette région lesnevienne qu'il aima tant et pour laquelle il s'est si souvent dépensé, notamment au point de vue économique : routes, chemins de fer départementaux, etc...
Le jour n'est peut-être pas éloigné où, en témoignage des serviçes rendus, son buste ornera la salle commune des localités lesneviennes. Et ce sera justice. En attendant, la ville de Lesneven s'est grandement honorée, en donnant tout récemment le nom du regretté Armand Rousseau à l'une des rues de la ville.
Nous nous excusons — faute de place — de ne pouvoir consacrer un chapitre spécial à l'esquisse historique de Ker-Emma. Cette agglomération de manoirs modernes, propriétés des divers membres de la famille Rousseau, longe la route de Goulven à Plouescat et constitue l'un des plus merveilleux sites de la région de Lesneven. Durant la saison estivale, ces multiples manoirs ombragés forment un saisissant contraste avec la nudité du pays environnant. Leurs parterres de fleurs multicolores, qu'on aperçoit de la route, embaument l'air et remplissent le voyageur d'étonnemeint et d'admiration. De ce tableau charmant et souriant se dégage un suave parfum de poésie.
Remarques. — Aux premiers siècles de l'ère chrétienne, la région de Lesneven vit également naître ou vivre des personnages divers : guerriers, pieux solitaires, princes etc. Quelques-uns d'entre eux ont donné leurs noms à des localités du pays.
Citons :
(a) Le guerrier Fragan
ou Frégant, vainqueur des Barbares à Lochrist (401), Ainsi que nous l'avons
indiqué par ailleurs, la commune de Saint-Frégant lui est redevable de son nom.
(b) Sezny (St), né en l’an 400, a donné son nom au bourg de Guissény (Guic-Sezny, bourg de Sezny). Il mourut en 527, « au regret de tous les bons Léonnois », à l’âge de 127 ans, dans le monastère qu'il avait élevé sur l'emplacement de l'église actuelle de Guissény. Lors des invasions barbares, les pirates Normands emportèrent ses reliques qu'ils ne restituèrent que fort longtemps après.
(c) Goulven (St), fils d'insulaires chassés de la Grande-Bretagne, naquit au 6ème siècle, dans la localité qui porte son nom. Il mourut à Rennes, en 616.
(d) Hervé (St), né au manoir de Lanrioull, en Plouzévédé, fonde son monastère à Lan-Houarné. La paroisse de Lanhouarneau lui est redevable de son nom.
Mentionnons encore :
La princesse Pritelle, femme de Juthaël, roi de la Domnonée, née au 6ème siècle, au château de Coëtlez, en Tréflez ; son fils, le roi breton Judicaël, vit le jour soit au château de Coëtlez, soit en celui Porléach, en Trégarantec.
(b) Familles seigneuriales dont les noms sont intimement associés à l'histoire de Lesneven. — Liste des principaux émigrés, etc...
Parmi les familles féodales dont les noms demeurent associés à l'histoire de Lesneven et de ses alentours, signalons plus particulièrement :
1° Les Gouzillon de Kerno, dépositaires du sceau de la Cour et de la juridiction de Lesneven, ont été de véritables philanthropes. N'est-ce pas, en effet, à un de Gouzillon de Kerno qu'il faut attribuer la fondation du premier hospice de Lesnevien en l'an 1200 ou 1300 ? « Mais le dossier de l'évêché précise un peu plus, en ajoutant qu'elle serait du temps de Saint Louis. L'hospice fut sans doute bâti en action de grâces pour l'heureux retour des seigneurs qui s'étaient croisés. » [Note : Bulletin diocésain d’hist. et d’arch., p. 116, année 1919]. Ces seigneurs dotèrent en outre l'hospice de terres et de rentes.
2° Les Barbier de Lescoët, originaires du château de Kerjean, en Saint-Vougay, à la suite de mariages, héritèrent de la fortune des Gouzillon et du château de Kerno. Plusieurs membres de cette famille s'y fixèrent En 1628, le seigneur de Kerno, Barbier de Lescoët, étant capitaine Lesneven, fonde de ses propres deniers le couvent des Récollets, aujourd'hui aménagé en collège, En 1754, un autre seigneur de Kerno, appartenant à la même famille, fit don au clergé du terrain sur lequel repose l'église actuelle [Note : L’église actuelle, dont la reconstruction avait été commencée en 1754, fut solennellement consacrée, le 18 décembre 1763. L'ancienne église, dite Notre-Dame, fut démolie en 1773, et se trouvait placée au haut de la rue Notre-Dame] et à la construction de laquelle il a largement participé. « Sur les indications de ce Barbier de Lescoët, un plan d'église à pans coupés fut par la suite définitivement suivi » [Note : Bulletin diocésain]. Les mêmes annales diocésaines déclarent que « Messire Claude Alain Barbier, comte de Lescoët, seigneur de Kerno, à la date du 4 août 1757 se croyait en droit de revendiquer le titre de fondateur de l'église Saint-Michel ».
En 1786, n'est-ce pas encore un Barbier de Lescoët, du Kerno qui, par de larges libéralités, contribue à la réfection de l'hospice sur des terrains lui appartenant ?
En dehors de ces largesses au profit d'établissements religieux ou charitables, les Annales léonaises témoignent que les seigneurs de Kerno, possesseurs de la généralité des immeubles de la ville, ont presque tous fait montre de sentiments humanitaires à l'égard des serfs, manants et vilains de Lesneven. Ils se sont ainsi acquis des titres impérissables à la gratitude des populations du pays.
Jadis, on admirait à Lesneven la statue d'Alain Barbier de Lescoët, fondateur des Récollets, statue dont il est fait mention dans les « Antiquités de Bretagne ». Selon les renseignements recueillis, ce monument se trouverait remisé dans une des dépendances de l'hospice. Ne conviendrait-il pas, — si toutefois l'opération est réalisable — de restaurer cette statue et de la placer, bien en évidence, soit au milieu de la cour de l'hospice, soit sur l'une des places publiques de la ville, afin de perpétuer la mémoire des seigneurs de Kerno, pour la plupart véritables apôtres de la charité et de la bienfaisance ?
Le château primitif de Kerno fut détruit par un incendie en 1755. Sur le château actuel figurent les armes des Gouzillon de Kerno en alliance avec les comtes de Lescoët [Note : Originaires du château de Kerjean. En ce qui concerne les seigneurie de Kerjean, nous prions le lecteur de se reporter aux diverses études relatives à cette somptueuse demeure féodale construite en 1560, par Louis Barbier et son oncle, le chanoine Alain Barbier. Rappelons que Kerjean fut érigé en marquisat en 1618, par Louis XIII, au profit de René Barbier, gentilhomme attaché à la personne du roi. Ce château, aujourd’hui musée breton, a été acheté par l’Etat, au prix de 250.000 francs (11 juillet 1911)].
Armes de Kerno : « d'or à la fasce d'azur, accompagnée de 3 pigeons de même, 2 et 1, armes et becquetés de gueules ».
Armes de Lescoët : « de sable à une fasce d'argent chargée de 3 quintefeuilles, ornée du collier de l'ordre Saint-Michel, et soutenu de deux anges, avec ornement et cimier en forme de panaché ».
Ces armoiries figuraient également sur les vitraux de l'ancienne église Notre-Dame.
3° Quel contraste entre la tenue des chevaliers de Kerno et celle de certains seigneurs de la châtellenie, tels, par exemple, les premiers sires de Carman [Note : Primitivement Kermavan. Plus tard, le nom s’est modifié en celui de Carman], en Kernilis, de Jehan Marhec, en Guicquelleau. Tandis que les seigneurs du Kerno s'efforçaient d'adoucir le sort des malheureux, « il fut un temps où le châtelain Carman s'arrogeait le droit de piller les marchands, de rançonner les voyageurs et d'enlever les jolies femmes. On ne passe encore qu'en tremblant auprès de ces ruines [Note : Ce château fut détruit avant la Révolution. Suivant certains autres, les débris furent utilisés pour la construction de l’église de Lannilis]. Plus tard, il devint l'asile des vertus, de la vaillance et de la courtoisie. Pendant la Ligue, il demeura fidèle à Henri IV » [Note : Lycée armoricain, tome 1].
Le plus ancien seigneur de cette famille se nommait Pierre et vivait en 1212.
Cette famille avait pour armoiries un lion écartelé avec une tour posée sur une roue et pour devise : Dieu avant !
On rapporte, au sujet de cette devise, « que, lors d'un incendie qui éclata dans son château, un seigneur de Carman, au lieu de commencer par mettre en sûreté ses trésors, même sa femme et ses enfants, courut à la chapelle et enleva les eulogies et les vases sacrés, en s'écriant : Dieu avant. Dieu avant toutes choses ». (De Fréminv.).
Vers la fin du XVIème siècle, vivait François de Maillé-Carman, type accompli du chevalier. Outré des brigandages du sire Simon de Tromenec, émule de La Fontenelle et du comte de La Magnane, il résolut, dans un combat en champ clos, de débarrasser le Léon de ce redoutable coureur de grand chemin. Rompu à tous les exercices du Corps, le chevalier de Carman escomptait une facile victoire. Le sort des armes lui fut, hélas ! contraire : le noble champion fut tué (1600). Sur sommation le l'évêque, Simon de Tromenec, dit le Brigand du Léon, se hâta d'élever un monument expiatoire à sa victime, dans la chapelle de son propre château, où elle avait été inhumée. Ce tombeau occupe le milieu de la chapelle, aujourd’hui délabrée, de Saint-Laurent ou de Tromenec, voisine de la station du chemin de fer de Landéda. Le sarcophage de granit mesure 1 m. 20 de hauteur sur 2 m. de longueur et 1 m. de largeur ; il est surmonté d'une dalle où, recouvert de son armure, est grossièrement représenté le preux François de Carman (Cette chapelle vient d'être classée parmi les monuments historiques).
La famille de Carman était la plus riche de la région, ainsi que l'atteste l'adage bien connu « richesse de Carman ».
Quant à Jehan Marhec, sire de Guicquelleau, nous avons vu, par ailleurs, de quelle singulière façon il pratiquait les lois de la morale et de l’hospitalité.
On doit à la vérité d'ajouter qu'Yvon Marhec, père de Jehan Marhec, prit une part glorieuse à la conquête du royaume de Naples, en 1495, et était considéré comme le type accompli du Chevalier. En parlant de son épée qu'il avait léguée à son fils, le seigneur de Penmarch avait dit fort gracieusement « que si elle avoit été à luy, il eust fait faire une chaisne d'argent pour l'appendre dans sa chambre. Il n'avoit pas prévu qu'elle seroit bientost l’instrument de sa mort, quoyque ledit Jehan luy eust dict qu'il luy en ménageoit une plus belle dedans quinze jours » [Note : Archives et bibliothèque de M. de Kerdanet].
C'est au retour de la conquête de Naples qu'Yvon Marhec reconstruisit le manoir de Guicquelleau dont on peut encore aujourd'hui admirer la vaste salle.
Jehan Marhec, lui-même, fils aîné du précédent, servit d'ahord avec distinction sous la bannière du marquis de Rieux ; mais, plus tard, il oublia les exemples d'honneur de ses pères, d'où son surnom de : « Dichentil dirol » — gentilhomme sans frein.
4° A la famille Marhec, éteinte au XVI siècle, succède Pierre de Parc, sire de Lezerdot, célèbre surtout par ses retentissants démélés avec le Doyen de la collégiale ou « petit roi du Folgoët ».
En vertu des droits féodaux en usage dans la châtellenie de Lesneven, le nouveau titulaire du château de Guicquelleau-Marhec revendique avec âpreté un grand pot de vin par barrique logée dans les nombreux celliers établis à cette époque au Folgoët.
Le Doyen lui rappelle les lettres patentes des ducs de Bretagne de 1432, 1443 et 1444, toutes confirmées par Henri IV, en 1599, lettres exonérant de tous droits, même au profit du duc, les diverses marchandises débitées en ce lieu. Le sire de Lezerdot les considère comme nulles et non avenues et menace d'user de violence pour se faire rendre justice. Toutefois, devant l'attitude énergique du Doyen de la Collégiale, il consent à ce que le litige soit soumis au Parlement de Bretagne. En 1602, cette cour de justice, par un arrêt longuement motivé, le déboute de ses prétentions. Les manants du pays, moralement soutenus par le Doyen, chansonnent et raillent impunément leur seigneur. Pourtant, Lezerdot ne veut pas s'avouer vaincu. En 1633 — soit 31 ans après — il revendique à nouveau ses droits seigneuriaux. Cette fois, le Parlement, excédé par ses hautaines prétentions, lui interdit formellement, sous peine de 500 livres d'amende par infraction, ses visites aux caves et celliers du lieu. Dès lors, le Doyen de la Collégiale apparaît aux yeux de tous comme le maître incontesté du Folgoët.
5° Les seigneurs de Penmarch étaient de puissants bannerets et ont joué un grand rôle dans l'histoire des châtellenie et sénéchaussée de Lesneven. Les membres de cette famille féodale « se disaient d'origine africaine pur sang et descendus en droite ligne des Phéniciens » [Note : M. de Kerdanet]. Les Annales léonaises avancent que le fondateur du premier château de Penmarch, en Saint-Frégant, faisait apparemment partie des troupes maures que César plaça en Gaule, après la conquête de l'Armorique.
« L'an 1502, la seigneurie de Penmarch fut érigée en bannière par lettres de la reine Anne qui rendit témoignage que cette seigneurie était une des plus nobles et des plus anciennes chevaleries de l'évêché de Léon. Christophe de Penmarch assista aux Etats assemblés à Vannes, et comme témoin au mariage de la duchesse Anne avec Louis XII » [Note : Ogée. — Les seigneurs de Penmarc’h avaient dans l'église de Goulven le droit de puiser dans le plat de la quête tout autant que leur main pouvait s’étendre (Hist. de Bretagne, abbé Brousier)] 1499. La reine Anne les appelait « mes cousins ». Trop de seigneurs de cette puissante maison féodale se montrèrent particulièrement durs et hautains, même à l'égard de leurs plus grands vassaux.
Cette famille avait pour armes : « de gueules à une tête de cheval d'argent bridée d'or, le cil et le crin aussi d’argent ».
La maison seigneuriale de Penmarch s'est éteinte en la personne de Louis-François de Penmarch, marié trois fois, et mort sans enfant, le 23 février 1804 [Note : Fait digne d'être relaté : il y a 3 ans, lors de notre dernière visite à l’ancien moulin de Penmarc’h, le propriétaire nous déclarait que depuis près de 300 ans, les membres de sa famille se sont succédés, de père en fils, à la tête de ce vieux moulin seigneurial].
Les seigneurs de Penmarch étaient ensevelis dans l’église N.-D. de Lesneven.
Aujourd'hui encore, l'écusson de Penmarch figure à l'église de Saint-Frégant, où l'on continue à prier au prône de la grand'messe « evit tud chentil Penmarch ».
6° La maison de Du Poulpry, de Lavengat, en Guissény, a donné quatre sénéchaux à la ville, savoir : René du Poulpry (1635) ; Yves du Poulpry, fils du précédent (1665) ; Alain-Jacques du Poulpry (1709) ; Jean-François du Poulpry, successeur de son père (1737) maréchal des camps du roi. — En 1591, le Folgoët avait pour doyen, messire Alain du Poulpry, seigneur de Lavengat, conseiller au Parlement de Bretagne. En 1571, cette maison féodale fonde les premières orgues du Folgoët, à l'entretien desquelles, elle affecte une rente annuelle de 200 francs.
7° Les seigneurs de Coëtjunval se vouaient, par humilité, au maintien de l'ordre dans les assemblées parfois tumultueuses du Folgoët. A la tête de leurs serviteurs, tous armés de hallebardes, ils employaient la force, les châtiments corporels, pour ramener au calme et à la raison, les trouble-fêtes excités par de trop copieuses libations.
Au cours de la Révolution, la plupart des membres des maisons féodales du district de Lesneven émigrèrent à l'étranger ; divers prêtres, plutôt que de prêter serment à la Constitution civile du Clergé, suivirent leur exemple.
Leurs noms figurent sur la « Liste générale des émigrés du département du Finistère, dressée en conformité de la Loi du 25 Brumaire an III, et de l'arrêté du Directoire exécutif, du 6 Germinal an VII ».
Signalons, en faisant abstraction de toutes particules, particules supprimées par la Révolution :
1° Cinq membres de la famille de Barbier de Lescoët. Barbier, père, Capitaine de chevau-légers ; Barbier aîné, Jonathas, qualifié ex-noble ; Barbier (premier cadet) Auguste, ex-noble ; Barbier (second cadet) Ludovic, ex-noble ; Barbier, cadette, ex-noble [Note : Le père du général Moreau, avocat réputé de Morlaix, accusé d'avoir fait passer des subsides au marquis de Lescoët et aux membres de sa famille réfugiés en Angleterre, fut exécuté à Brest, le 31 juillet 1794 ; le même jour, fut guillotinée Mlle de Kerjégu âgée de 61 ans, pour avoir correspondu, avec l'émigrée, dame Barbier de Lescoët, du Kerno].
2° Lesguen, père, officier de marine ; Lesguen, fils (ex-noble).
3° Lesguern, Joseph, officier de marine ; Lesguern, Francois, officier au Parlement ; Lesguern, Jean-Marie, officier aux colonies.
4° Duplessix-Pascau-Kerivon ; Duplessix, Gabriel ; Duplessix-Pascau, Duplessix-Grenedan, Duplessix-Colombier, Duplessix-d'Argentré, Duplessix-Botcozel.
5° Guymar-Coatrideux, commissaire du roi.
6° Kersauson, femme Teinténiac ; Kersauson, marquise ; marquis de Teinténiac.
7° Poulpry, fils aîné, de Lavengat.
8° Rosily, Auguste ; Rosily, Alexandre ; Rosily, Adèle.
9° Testard, Paul ; Testard, Olivier, etc., etc...
Parmi les nombreux prêtres émigrés, mentionnons les abbés Kerlidou, Jacob, Grall, de Plounéventer ; Bonnemès, Branellec, de Plounévez ; Cren, Le Dall-Tromeln, Le Gall, Godebert, Kervern, de Lesneven, etc.
Seuls, les vieillards malades ou infirmes et les femmes âgées demeurèrent dans le pays. Par ordre des Représentants du Peuple, siégeant à Brest, ils furent enfermés comme suspects dans les prisons de Lesneven d'où ils adressèrent, comme nous l'avons vu, des lettres émouvantes à ces mêmes représentants.
Quelques membres des familles nobles du district de Lesneven sont exécutés : l'enseigne de vaisseau de Montecler de Lesneven, la comtesse Vve Launay de Létang, la marquise Barbier de Lescoët, ces deux dernières sous l'inculpation d'avoir correspondu avec des émigrés, membres de leur famille.
Avant la Révolution, la généralité des fermes du district appartenait aux maisons nobles domiciliées soit dans le district même, soit dans les autres districts du département.
Tous ces vastes et riches domaines sont vendus comme biens nationaux.
« Depuis le 1er vendémiaire jusqu'au 1er prairial an 3 seulement, écrit l'agent national Le Gall aux Représentants du Peuple, il a été vendu pour 2.400.000 livres de biens » [Note : Preuve : liasse 73, archives municipales de Brest].
La vente de ces propriétés nobiliaires a contribué à l'édification de bien de fortunes rurales de la région.
Le Tersec, notaire à Lesneven, se rendit acquéreur de diverses propriétés seigneuriales : château de Kerno, château de Kerjean, etc., qu'il restitua à leurs propriétaires primitifs.
Enfin, en vertu de l'article 73 de la loi du 28 mars 1793 : « Tout citoyen qui fera connaître des biens d'émigrés qui auront été recélés ou omis dans les listes, aura la dixième partie de ces mêmes biens ». L'article 82 stipulait « Les citoyens qui auront saisi et arrêté des émigrés recevront après l'exécution du jugement la somme de cent livre, par chaque émigré ». L'appât de ces primes excitait la convoitise d'individus dénués de scrupules et qui dénonçaient avec un acharnement digne d'une meilleure cause des gens et des propriétaires n'ayant jamais eu aucun lien de parenté avec les émigrés.
(Marius-Fernand et Louis Blanc).
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