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LESNEVEN
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II. Epoques préhistoriques.
Monuments mégalithiques : Menhirs et dolmens. — Le menhir de Pontusval, « les Danseuses », etc. — Découvertes récentes : grottes sépulcrales. — Préjugés relatifs aux vestiges préhistoriques.
Les peuples primitifs du territoire de Lesneven y ont laissé, comme d'ailleurs dans toute la Bretagne-Armorique, de nombreux monuments mégalithiques [Note : Monuments en pierres brutes : dolmens, menhirs, etc.], « témoins d'une civilisation grossière et peu connue ».
A cet égard, il est peut-être opportun de rappeler que les monuments mégalithiques ne doivent pas être attribués aux Celtes; l'épithète « druidiques » qui leur a été longtemps appliquée est à abandonner.
Dans les communes de Lesneven et du Folgoët, il n'en existe point. Cela tient sans doute : 1° Au mode d'existence de ces peuplades qui, presque exclusivement, vivaient de pêche, de chasse, de fruits et de racines sauvages ; aussi, de préférence, affectionnaient-elles, occupaient-elles la région du littoral ; 2° Au défaut de sécurité que présentaient les plaines, les plateaux de l'intérieur.
Les hommes de l'âge de la pierre [Note : Epoque préhistorique caractérisée par l'emploi d'armes et d'outils en pierres], pour se mettre à l'abri des attaques soudaines et toujours possibles des tribus voisines, n'avaient-ils pas tout intérêt à se fixer sur des points élevés, sur des points protégés au Nord par la mer, ce qui constituait pour eux, la meilleure des défenses naturelles ?
Les nombreux monuments mégalithiques, — menhirs et dolmens notamment — érigés sur le littoral lesnevien, et plus particulièrement sur le territoire des communes de Kerlouan et de Plounéour-Trez semblent confirmer cette hypothèse.
Le nombre, la variété et les dimensions de ces monuments attestent que ce canton fut, aux époques préhistoriques, un des lieux de prédilection des peuplades primitives.
L'énumération complète de ces monuments d'un autre âge, disséminés dans la région de Lesneven, nous entraînerait à des développements hors de proportion avec le cadre de cette notice.
Nous devons toutefois une mention particulière : 1° Au menhir de Pontusval ; 2° Au monumental groupe de pierres connu sous le nom de « Danseuses », en breton Men an danse (pierre de la danse); par suite d'actes de vandalisme, Men an danse n'existe pour ainsi dire plus.
1° Le menhir de Pontusval, situé dans l'anse de Brignogan, près de la chapelle du lieu (chapelle Pol) est classé au rang des monuments historiques [Note : On avait oublié d'étendre le classemeni à ce que le Ct Devoir appelait « la roche-mère », et celle-si a été détruite il y a 4 ans par le propriétaire. Le Ct Devoir éleva alors une protestation aussi vigoureuse qu'inutile].
Cette pierre longue, l'une des plus belles qui existent, mesure 10m de haut, 3m 10 de large et 1m 50 d'épaisseur [Note : M. Guénin, Correspondent du Ministère de l'Instruction publique, lui attribua 9m 70 de pourtour de la base]. Depuis bien des siècles, elle est surmontée d'une légère croix en pierre, érigée par ordre du clergé, du R. P. Le Nobletz sans doute ; une deuxième croix est gravée sur l’une des autres faces. La raison ? Les missionnaires évangélisateurs de la Bretagne considéraient, comme tant d'autres, les menhirs et les dolmens, comme de véritables sanctuaires druidiques. « Ils se contentèrent donc de transformer et de sanctifier le culte en surmontant les menhirs du signe divin de la Rédemption » [Note : Le Toscer, Finistère pittoresque].
Ce menhir, au lieu d'avoir la base enfoncée à une certaine profondeur, est simplement posé en équilibre sur le sol. C'est sans doute à cette disposition originale qu'il doit être dénommé Pierre du miracle, ou encore Pierre merveille, en breton Men marz.
Quelques-uns, comme nous l'écrivait M. le chanoine Uguen, se demandent si c'est un menhir. Il est menhir en ce sens que c'est une pierre longue. Mais a-t-il été placé là intentionnellement par des hommes ? ou n'est-ce qu'un grand rocher qui, par hasard, s'est trouvé être de formr longue, comme d'autres de forme plate ? Auprès de la digue dc Kerlouan on peut voir un rocher ayant la forme d'une oreille. A Birignogan, un autre s'appelle le crapaud parce qu'il affecte la forme d'un crapaud, etc.
Selon Cambry, ce menhir était consacré au soleil [Note : Voyage dans le Finistère, Cambry], M. de Fréminville relate d'autre part que ces pierres langues n'étaient pas exclusivement vouées au culte « Elles étaient tantôt le symbole, l'emblème de la divinité ; tantôt des monuments, mémoratifs, destinés à consacrer quelque grand souvenir, tels que ceux d'une bataille, d'une victoire, d'un traité de paix, etc., et le plus souvent même, des tombeaux, des pierres funéraires plantées à la tête de quelques sépultures » [Note : Voyage dans le Finistère, annoté par de Fréminville, Edit., Lefournier].
En 1903, lors du Congrès de l'Union régionaliste bretonne, à Lesneven, les bardes bretons — considérant bien à tort le menhir de Pontusval, comme pierre druidique — y ont organisé une cérémonie, rappelant le caractère symbolique des fêtes druidiques.
Les curieux détails de cette pittoresque cérémonie sont longuement relatés, dans les feuilles régionales de l'époque.
C'est en souvenir de ce congrès que fut créé le joli timbre breton représentant Saint Hervé et son loup.
Rappelons que le plus grand menhir du Finistère — hauteur 11m ; — 10m 5 en tenant compte de la partie décapitée par la foudre, il y a près de 30 ans — est celui de Kerloas, près du chemin menant de Plouarzel à Saint-Renan, classé comme monument historique. « Sue ces deux faces sont deux bosses rondes, taillées de main d'homme, contre lesquelles viennent se frotter les nouveaux mariés après s'être dépouillés d'une partie de leurs vêtements » [Note : Du Chatellier. Epoques préhistoriques et gauloises dans le Finistère. Edit., Plichon, Rennes]
2° A proximité du chemin de Kerlouan à Plounéour, non loin du hameau dénommé improprement par les archéologues Kerroch [Note : Kerroc’h, mot celtique signifiant : village de la roche. Ce village s'appelle en réalité Kéréoc-Mentoul et les « Danseuses » sont désignées par les villageois sous l'appellation de Men-an-Danse (pierre de la danse)] existaient encore lors de notre dernière visite — il y a 6 ans — quelques rares pierres, formant anciennement groupe et dénommées « Les danseuses ». Ce sont les maigres vestiges d'un dolmen gigantesque de « 34 pieds de long, 15 de large » et divisé en deux chambres contiguës, à ciel ouvert, de 5m intérieurement.
Interrogés sur la disparition des blocs constituant ce magnifique dolmen, les villageois nous ont déclaré qu'on les a fait sauter à coups de mine pour les utiliser ensuite comme matériaux de construction ou de clôture ! ! ! De pareils actes de vandalisme se passent de commentaires...
A ces pierres, aujourd'hui hélas ! presque entièrement disparues, se rattache une légende digne d'être relatée.
« Une ancienne tradition raconte que, certain jour, plusieurs femmes gauloises dansaient au milieu d'un champ ; une procession vint à passer près d'elles ; les danseuses ne voulurent point interrompre leurs divertissements et refusèrent de s'agenouiller devant le Saint-Sacrement. Leur irrévérence reçut une sanction immédiate. Elles furent toutes transformées en pierres et fixées à l'endroit où elles dansaient » [Note : De Fréminville. Antiquités de Bretagne. tome 2].
Au cours de cette même visite, un vieux paysan à cheveux blancs, à figure expressive, nous racontait qu'au temps où ce dolmen était au complet, on ne pouvait jamais arriver à dénombrer exactement les pierres fichées au sol. Ainsi, en les comptant une 1er fois, on arrivait à un total de 18, la 2° fois à un total de 16, la 3°, à un total de 19, etc...
Il nous affirma, en outre, avec un accent de forte sincérité, que le Diable, en personne, présidait en ce lieu, la sarabande organisée par les jeunes Gauloises et que Satan « fut aplati par la vengeance céleste », et, ce disant, du doigt, il nous indiqua la grande dalle de pierre recouvrant la surface jadis occupée par le dolmen. A ses yeux, et aux yeux de ses compatriotes, cette grande dalle passe aujourd'hui encore pour l'incarnation même du Démon, C'est, sans doute, la raison pour laquelle les habitants du lieu n'osent — et n'oseront de sitôt — utiliser cette dalle.
Au surplus. à Plounéour-Trez « des vieillards ne racontaient-ils pas que pour enlever les pierres d'un cromlech, le fer s'émoussait ? Renversés, les menhirs se relevaient d'eux-mêmes ? » (R. des trad. pop., II, p. 136 [Note : G. Guénin. Les rochers et les mégalithes de Bretagne. Bulletin de la Société Académique de Brest. Année 1910-11]. Ne racontait-on pas aussi que, naguère, dans la grève de Lividic, à Puntusval, par les nuits de tourmente, s'entendaient les lamentations des péris en mer ? Il y a 20 ou 25 ans, une croix fut érigée sur la grève et, depuis lors, les lamentations ont pris fin... Ces simples relations témoignent combien préjugés et superstitions sont et demeurent encore vivaces chez les villageois de la région de Lesneven.
Signalons encore :
1° A Plounéour : (a) Menhir de 8m à Menn-Hougnon ; [Note : Dit aussi Merc’hougnoun, également classé comme monument historique] (b) à 10m du précédent, second menhir de 2m de haut.
2° A Kerlouan : (a) A l'est de Kervizouarn, menhir d'une hauteur de 3m ; (b) menhir de Kermarquel, hauteur 1m 90 ; (c) à la chapelle de Saint-Egarec, en Kerlouan : énorme croix carolingienne [Note : Guénin] de 2m 05 de hauteur ; (d) an village de Quélorn, sur le sommet de la colline, dans un champ appelé Parc-an-Dol — champ de la table — dolmen de 3m 50 sur 3m10. « La table de ce dolmen repose sur les extrémités de 3 piliers comme sur trois pointes d'aiguilles ». (e) A peu de distance du manoir de Kérisquillien, et au bas de la colline, ou remarque une énorme pierre vacillante de 2m d'épaisseur sur 4m de longueur. Cette pierre est placée pointe contre pointe sur un rocher fixé au sol. Son équilibre est vraiment surprenant (f) à Créac'hguennou, beau dolmen, etc. Il est hélas ! à craindre que la plupart de ces monuments soient, comme tant d'autres, mis en morceaux par les propriétaires des champs sur lesquels ils sont édifiés…
3° A Goulven enfin, dans un champ dénommé Parc-an-Dolmen et situé à 1 kilomètre sud-est du bourg, existe un beau dolmen dont la table mesure 2m 45 sur 3m 45. Cette table repose sur 6 piliers disposés en rectangle. Les nombreuses pierres verticales disséminées aux alentours immédiats indiquaient en ces lieux l'existence d'un monument jadis important. Il est vraiment regrettable que l’aménagement de chemins vicinaux ait amené la destruction partielle de certaines pierres verticales faisant partie de ce beau monument.
M. de Fréminville, au sujet des fouilles qu'il a fait effectuer entre les pierres verticales situées près de ce dolmen, écrit : « J'y ai trouvé à sept pieds de profondeur, deux urnes de fabrique grossière et en terre d'un gris brun. L'un de ces vases contenait des cendres et des fragments d'os calciné. L'autre, 20 haches de bronze de 4 à 5 pouces et de différentes formes. Ce qu'il y a d'assez singulier, c'est que ce même vase contenait en même temps quelques masses ou rosettes brutes du même métal, avec lequel ces armes avaient été façonnées. Cela me fit penser que les cendres qui les accompagnaient dans l'autre urne pouvaient être celles du fabricant ou de l'armurier qui les avait faites » [Note : De Fréminville. Antiquités de Bretagne, tome 1].
Mentionnons aussi le menhir transformé en croix, à Penhars, à l’Est du Péniti de Goulven, en Goulven « sur le sommet du plateau au bord d'un chemin et en surplomb. C'est le type le plus barbare que je connaisse, et comme la croix est dite de Saint Goulven, j’y verrai volontiers une christianisation du VIème-VIIème siècle. Hauteur 1m 90 ; largeur 0m55 ; épaisseur 0m37 » [Note : G. Guenin, déjà cité].
Il ne s'écoule guère de période décennale sans que les habitants de la région de Lesneven, en défrichant bois et taillis, ne mettent à découvert quelque vestige de l'époque préhistorique : grotte sépulcrales, coffres en pierre, etc...
Ainsi, en octobre 1879, il a été découvert à la pointe de Guissény, dependance de l'ancien district de Lesneven, une grotte sépulcrale, « cette grotte contenait des cendres, une hache en pierre polie, des os incomplètement brûlés et deux mâchoires inférieures avec des vertèbres, des ossements humains et de mammifères » [Note : Paul du Chatellier ouvrage cité].
En juin 1905, au pied du mamelon dit Ménez-ar-Bren [Note : C'est sur ce monticule que les habitants attachaient des lanternes aux cornes de leurs bœufs pour attirer les navires sur les écueils de la côte] non loin du bourg de Kerlouan, des carriers ont mis à nu « une chambre à parois, maçonnées en pierres sèches, mesurant intérieurement 3m de long sur 2m de large et 2m 30 de hauteur. L'extrémité Est de la chambre était formée par une sorte de porte ménagée dans la maçonnerie, de 40m de large et de 2m de haut. A l'entrée, près de la porte, on a recueilli des restes de vases et des cendres, avec quelques fragments d'os. Enfin, à l'extrémité Nord-Ouest de la chambre, contre sa paroi externe, il fut rencontré un amas relativement considérable d'ossements » [Note : Paul du Chatellier, ouvrage déjà cité].
Tout récemment — mars 1920 — il a été découvert à Saint-Frégant, autre dépendance du district, une sépulture « vaste chambre aux parois maçonnées, recouvertes d'une énorme dalle de 5m 60 de longueur. On y a trouvé un vase à la panse décorée de dessins géométriques assez curieux. Des démarches ont été faites pour la conservation de ce monument » [Note : Extrait du compte-rendu de le Société Archéologique du Finistère (avril 1920)]. Lors de notre visite à cette grotte sépulcrale, la fermière du lieu nous déclara que ce vase avait été cédé pour la somme de 100 francs à Madame C…. honorablement connue à Brest.
Une superstition ridicule fait croire aux paysans de la région que dolmens, menhirs et tous autres monuments mégalithiques recouvrent ou renferment des trésors. C'est pourquoi nombre de ces précieux vestiges disséminés dans les territoires de Plounéour et de Kerlouan ont été fouillés, renversés et finalement anéantis. Ces pierres ont été ensuite utilisées, soit comme matériaux de construction, sait encore comme supports aux barrières des champs. Autrefois, des villageois, dans un but d'économie, transformaient les débris des dolmens en pierres tombales. Un observateur attentif, perspicace constate facilement leur présence dans plus d'un cimetière de la région.
Il faut pas non plus oublier que « les RR. PP. Le Nobletz et Maunoir ont été de grands destructeurs de mégalithes et qu'ils ont dû plus d'une fois se contenter de christianiser des monuments qu'il leur était impossible de faire disparaître » [Note : G. Guénin, ouvrage cité].
Connaîtra-t-on jamais le nombre de menhirs, de dolmens, etc., ainsi détruits et aussi les amères déceptions de leurs incorrigibles destructeurs ?
Le fait suivant, mieux que toutes les dissertations témoigne combien est fortement ancré dans l'esprit des masses le préjugé qui veut que toute pierre mégalithique dissimule un trésor.
En septembre 1905, des laboureurs, en train de défricher une terre en bordure presque de la route de Lesneven à Brignogan, mettent à découvert une pierre de formes façonnées. Aussitôt, l'attelage est délaissé. On s'arme de pelles et de pioches et l'on travaille d'arrache-pied à la mise à nu de la pierre. Cependant, parmi les personnes accourues, certaines, après rapide examen, conseillent aux laboureurs de suspendre leurs investigations ; puis leur font remarquer que la forme polie et régulière de la pierre dénote une existence plutôt récente. Nos laboureurs, quelque peu désappointés, abandonnent à contre-cœur leurs travaux pour s'en retourner à l'attelage, momentanément délaissé. Le croirait-on ? Au cours de la nuit, d'autres villageois, alléchés par l'appât d'un trésor chimérique, reprennent les recherches interrompues. Hélas ! A l'aurore. il fallut enfin se rendrez l'évidence : cette pierre, profondément ancrée au sol, cette pierre, objet de tant de convoitises et aussi de tant de recherches enfiévrées, était tout simplement une ancienne borne milliaire, placée sans doute en cet endroit comme point de repère lors de l'établissement d'une de nos premières cartes d'Etat-major.
Maints laboureurs, questionnés sur les raisons qui les incitent à bouleverser tous vestiges de l'époque préhistorique mis fortuitement à découvert, nous ont donné des indications venant corroborer l'hypothèse que nous avions formulée à ce sujet.
Déclarations, hypothèse permettent de déduire : 1° Les villageois lesneviens — on peut dire autant de la plupart des paysans bretons — ne sont pas seulement, comme le prétendent certains esprits qui ont cru préciser leur mentalité, des gens à conception lente ; mais aussi des gens avisés, de fins observateurs, des travailleurs acharnés que rien ne rebute ; — il faut les avoir vus à la guerre, aux tranchées ! D'un oeil moins distrait qu'on ne le suppose, ils ont suivi les innombrables fouilles pratiquées par les archéologues. au pied des monuments du canton. Tous ont été frappés de l'attention soutenue apportée par ces explorateurs scientifiques à examiner, à recueillir les vestiges mis ainsi à découvert et auxquels les villageois, dans leur ignorance profonde de ces reliques du passé, attribuent... une valeur monétaire inestimable !
2° En outre, ces mêmes villageois n'ignorent point que leur région était jadis parsemée de riches monastères, de somptueuses demeures féodales. et que leurs occupants, pour soustraire leurs trésors à la cupidité des envahisseurs normands ou anglais, n'avaient qu'une ressource : l'enfouissement.
Au moment de la Révolution, maints bourgeois, maints gentilshommes procédèrent de même. Il est advenu que certains des possesseurs des richesses ainsi enfouies ont disparu en emportant dans la tombe le secret de leurs précieuses cachettes.
Or, à la suite de profonds labours, des villageois, favorisés par le hasard de leurs travaux, ont mis à jour quelques-unes de ces cachettes et se sont ainsi trouvés, du jour eu lendemain, à la tête de fortunes inespérées. Ce sont là des faits de notoriété publique. D'autres, enfin, tel ce cultivateur du village de Kérilien, situé à une lieue et demie de Lesneven, et auquel M. de Kerdanet fait allusion dans sa notice sur Occismor, aurait trouvé une foule d'objets précieux, notamment une coupe en or massif et « la statue en même métal d'une petite divinité qui, d'après la description faite, devait être un Hercule, armé de sa massue et couvert de la dépouille du Lion de Némée. » [Note : M. de Kerdanet. Notice sur l'ancienne ville d'Occismor. Imprimerie de Rozain, Brest].
N'est-il pas à présumer que toutes ces cachettes, dissimulées dans le sol, devaient être soigneusement encadrées de pierres, et non moins soigneusement recouvertes de dalles ?
De là à déduire que toute pierre ancienne recèle un trésor, il n'y avait qu'un pas à franchir, et, pour qui connaît l'amour excessif de trop de paysans pour l'argent, ce pas a été vite franchi.
Ces diverses considérations expliquent — sans la justifier — la rage destructive des villageois lesneviens à bouleverser toutes pierres mégalithiques et tous autres vestiges du passé en présence desquels les place le hasard des circonstances.
(Marius-Fernand et Louis Blanc).
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