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LESNEVEN ET LA GRANDE GUERRE 1914-1918.

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XIV. Grande guerre de 1914-1918.

Hommage aux Morts de la guerre, — Liste nominative des victimes héroïques, — Deux héros. — Monument commémoratif. — Cérémonie d'inauguration.

Ceux qui se sont sacrifiés pour la défense de la Justice et de la Liberté ont droit, qu'ils soient glorieux ou obscurs, que leurs noms soient sauvés de l'oubli et transmis avec respect, d'âge en âge, aux générations futures. C'est pourquoi nous croyons devoir reproduire la liste — combien longue hélas ! — des enfants de Lesneven, victimes héroïques de l'épouvantable catastrophe qui a amoncelé tant de ruines, tant de deuils !

Nous y ajouterons, à titre documentaire, le nombre, par commune du canton, de leurs frères d'héroïsme.

Liste, par ordre alphabétique, des Lesneviens morts pour la France.

1. Yves Abaziou.
2. Yves Balcon.
3. Paul Bergot.
4. J.-L. Bodennec.
5. Pierre Cabic.
6. J.-M. Cadiou.
7. J,-L. Calvez.
8. Alfred Cavarec.
9. Alexis Cavarec.
10. A Cavarec (3 fr).
11. Abbé Celton.
12. Albert Chareton.
13. Jeun Cloarec.
14. J.- M Coat.
15. Louis Cochard.
16. Yves Cochard.
17. Louis Conseil.
18. François Corbé.
19. Jean Corbé.
20. Etienne Coulm.
21. F.-M. Coulm.
22. Jh Coulm. (3 fr.).
23. Louis Cueff.
24. René Cueff.
25. F. de Mésanstourme.
26. Etienne Direur.
27. Laurent Fily.
28. Constant Floch.
29. Jean Gac.
30. Jean Goarant.
31. F. Guéguen.
32. J. Guéguen.
33. L. Guéguen. (3 fr.)
34. Hervé Inizan.
35. J.-M. Jeffroy.
36. Hervé Juvin.
37. Pierre Jubil.
38. Y Jubil (2 fr).
39. J. Lagadec.
40. J. Laurans.
41. J. Larsonneur.
42. L. Le Bars.
43. J.-M. Le Bars.
44. J. Le Berre.
45. J.-F Le Borgne.
46. J. Le Bras.
47. Gabriel Le Bris.
48. E. Le chavalier.
49. E. Le Corre.
50. G. Le Droff.
51. Hypp. Le Fur.
52. J.-L Le Hir.
53. Yves Lely.
54. Eugène Léon.
55. F. Le Rest.
56. J. Le Rest
57. F.-L. Le Roux.
58. Ch. Le Saoût.
59. Louis Le Saoût.
60. J.-M. L'her.
61. J,-F. L'hénaff.
62. Yves L'hostis.
63. J. Le Morellec.
64. J.-Cl. Loaëc.
65, J.-L. Madec.
66. Pierre Marrec.
67. Yves Merrec (2 fr.)
68. F. Maurice.
69. François Mazé.
70. J.-F. Ollivier.
71. Jean Omnès.
72. Joseph Parc.
73. Yves Pengam.
74. Franç. Péron
75. Pierre Péron.
76. J.-F. Pervez.
77. Fr. Philippe.
78. Cl. Pichon.
79. Louis Pichon.
80. Pierre Pinçon.
81. Edm. Pochard.
82. Cél. Porzier.
83. Goul. Prémel.
84. Jh Prigeac.
85. Hervé Prigent.
86. Félix Quéré.
87. F. Quillévéré.
88. Aug. Roudant.
89. Jh. Roudaut.
90. Abbé L. Roudout.
91. Louis Roudaut.
92. Victor Roué.
93. J.-M. Bozec.
94. J.-L, Salaün.
95. Gull. Simon.
96. Jean Simon.
97. Yves Spagnol.
98. F. Sparfeld.
99. Jean Sparfeld.
100. Cas. Tanguy.
101. Thén. Tanguy.
102. Alain Thomas.
103. Cas. Thomas.
104. Jean Uguen.
105. Victor Uguen.
106. Yves Uguen.

Indication, par commune du canton, du nombre de morts pour la France.

Folgoët (Le) : 50.
Goulven : 25.
Kerlouan : 110.
Kernouës : 28.
Lesneven : 106.
Ploudaniel : 147.
Plouider : 104.
Plounéour-Trez : 104.
Saint-Méen : 26.
Trégrantec : 17.
Total général : 717.

Lors de l'établissement de cette liste, le Dr. Odeyé, ancien maire de Lesneven, nous faisait remarquer que plus d'un millier de réservistes du canton furent faits prisonniers à Maubeuge, au début même des hostilités. C'est à cette circonstance fortuite que l'on doit de ne pas avoir à enregistrer et à déplorer un nombre plus grand de disparus.

Ajoutons qu'au cours de la grande guerre, du 2 août 1914 au 11 novembre 1918, le Finistère a perdu 30.000 de ses meilleurs enfants. En ce qui touche le rôle joué pendant cette terrible guerre par les régiments finistériens, il suffit de se reporter à la déclaration du grand Etat-major allemand proclamant « que les régiments bretons sont les meilleurs des armées françaises ».

Chacun comprendra que nous ne pouvons énumérer ici tous les actes de bravoure accomplis par les officiers, soldats et marins de la région.

Nous devons toutefois une mention spéciale :

1° A l'exploit du patrouilleur « Ailly », commandé par le 1er maître de timonerie Le Roux [Note : Aujourd’hui officier des Equipages], de Brignogan, en Plounéour-Trez.

« Ce patrouilleur, de la flottille de Provence, remorquait en mai 1918 deux voiliers sur les côtes de Sardaigne, lorsqu'il fut attaqué au canon par le fameux sous-marin « l’U. C. 35 », une des gloires de la marine allemande.

Bien que d'un armement très inférieur à l'as naval ennemi, l'Ailly n'a pas hésité à courir sus à l'adversaire et l'a coulé au canon, après un court et brillant combat, faisant prisonnier le commandant ennemi et quatre matelots, le reste de l'équipage ayant été englouti par les flots.

L'amiral Lacaze, préfet maritime de Toulon, en décorant Le Roux et quelques-uns de ses héroïques compagnons d'armes, s'est écrié : « Vous vous êtes montrés, dignes des plus héroïques traditions de la marine française. Mes amis, je voudrais vous embrasser tous, je vous embrasse en la personne de votre commandant, le brave Le Roux qui, bientôt, je l'espère, recevra la récompense qu'il mérite » [Note : Extrait du journal « La Dépêche de Brest et de l’Ouest »].

2° A M. Toull, originaire de Kerlouan — pépinière de hardis et rudes marins — actuellement officier des Equipages, à bord de l'Armorique.

M. Toull appartenait au fameux bataillon des fusiliers-marins qui, sous le commandement de l'amiral Ronarc'h, s'est immortalisé par une ténacité héroïque à laquelle les Allemands eux-mêmes ont rendu hommage. Plusieurs fois blessé, plusieurs fois cité à l'ordre du jour, successivement décoré de la croix de guerre avec palmes, de la médaille militaire, de la croix de la Légion d'honneur pour faits éclatants de bravoure, M. Toull a été classé en 1921 au nombre des cinq plus illustres héros de France avec attribution d'une rente viagère de 800 francs (legs Metzger) [Note : Eugène Metzger, patriote alsacien qui, après la guerre de 1870, vint se fixer à St-Germain-en-Laye. En 1902, il institua cinq rentes viagères destinés à récompenser les cinq militaires les plus héroïques qui se distingueraient dans la prochaine guerre franco-allemande].

Lesneven, comme la plupart des villes de France, du reste, a tenu à perpétuer la mémoire de ceux de ses fils morts pour la Patrie, en leur consacrant un monument où leurs noms, fraternellement unis, sont gravés en lettres d’or.

Ce monument [Note : Prix de revient du monument : 25.000 francs (Subvention de la ville : 15000 francs)], œuvre de M. Dennart, statuaire à Landerneau, orne l'entrée principale de la nécropole. Il représente un arc de triomphe, soutenu par deux colonnes de granit rose, que dominent les armes de la ville, surmontées d'une croix.

La cérémonie de l'inauguration, favorisée par un temps superbe, s'est déroulée le 5 juin 1922 — lundi de la Pentecôte — au milieu d'un immense concours de population.

La solennité commence à 9 h. 1/2 par la célébration à l'église d'un service funèbre suivi de la messe chantée par M. le Curé-doyen de Lesneven. A l'Evangile, Mgr Roull, ancien principal du collège de la ville, curé-archiprètre de Saint-Louis, monte en chaire et prononce une allocution d'une très belle tenue littéraire où il associe et magnifie les idées de Dieu, de Patrie et de Fraternité.

A l'issue de l'office religieux, la foule, précédée des deux musiques de la ville, se rend processionnellement au cimetière. Après le chant du Libera, Mgr Roull bénit le monument, tandis que la musique exécute la marche funèbre de Chopin. M. F. Lesconnec fait l'appel des glorieux disparus ; M. L Courapied répond : Mort au Champ d'honneur !

Sur une estrade improvisée prennent successivement la parole : MM. le chanoine Moënner, Principal du Collège, président du comité d'érection ; le vice-amiral Schwerer, préfet maritime ; Le Bail, Inizan, Paul Simon, Victor Balanant, députés ; Barjou, Président de l'Union des Combattants. Le docteur Duterque, maire de la ville, clôt la série des discours. Toutes ces harangues patriotiques, religieusement écoutées, ravivent bien des douleurs et font couler silencieusement bien des larmes.

La musique exécute l'hymne national ; le vice-amiral Schwerer, avec le cérémonial accoutumé, remet, à titre militaire : 1er La croix de la Légion d'honneur au Dr. Duterque, maire, et à l'abbé Guéguen, vicaire à Lesneven ; 2° la médaille militaire à Léon François et Paul Abalain.

A 1 heure, banquet de 200 couverts à l'hôtel Jézéquel, avantageusement connu dans la région. Au cours de cette agape fraternelle, MM. Duterque, maire ; Louppe, sénateur et président du Conseil général ; Le Bail, Inizan, P. Simon, Balanant ; Bihan-Poudec, maire du Folgoët et conseillier général du canton ; l'abbé Guéguen, prononcent sucessivement des allocutions très applaudies.

La Marseillaise retentit une dernière fois.

Convives et invités se retirent lentement, emportant de cette journée solennelle un souvenir pieux et ému.

Puissent désormais les idées de Justice, de Charité et de Fraternité présider aux destinées humaines et faire régner enfin partout la concorde, la paix et le bonheur !

(Marius-Fernand et Louis Blanc).

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