Web Internet de Voyage Vacances Rencontre Patrimoine Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Bienvenue !

LESNEVEN : TRAGIQUE IDYLLE DE MARHEC.

  Retour page d'accueil      Retour "Ville de Lesneven"   

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

VIII. Touchante et tragique idylle de l'infortuné Marhec,
autre seigneur de Guicquelleau et de la jeune et gracieuse châtelaine de Penmarch
(Saint-Frégant)

(Tableau de mœurs féodales).

La scène se passe au XVIème siècle. Pour conserver à ce récit tout son parfum de poésie, nous reproduisons le texte même d'Emile Souvestre, le sentimental peintre des mœurs bretonnes. « Marhec, possesseur de Guicquelleau, était un jeune gentilhomme, beau comme le jour et courageux comme un lion. Quand il paraissait aux pardons et dans les aires neuves des châteaux, les jeunes filles nobles devenaient rêveuses et cessaient de parler aux autres jeunes gens.

« La penhérès » [Note : Fille unique et, par extension, riche héritière] du marquis de Penmarc'h vit Marhec, et, comme toutes ses compagnes, sentit son cœur s'en aller à lui ; et le soir, quand elle se trouva seule dans son retrait, devant son prie-Dieu, elle se mit à pleurer et elle se dit : « Jamais, je ne serai heureuse, si Marhec ne devient mon seigneur et maître ». Cependant, Marhec, de son côté, avait vu la penhérès de Penmarch, et s'était pris d'amour pour elle. Bientôt, les amants surent qu'ils s'adoraient, et le jeune gentilhomme demanda la jeune fille en mariage ; mais le marquis de Penmarch était un seigneur dur et orgueilleux. Il repoussa bien loin la demande de Marhec lui disant que c'était une grande outrecuidance à lui, simple écuyer, qui avait simplement un fief de la mouvance de la haute bannière de Penmarch, d'oser prétendre à si noble héritière, puis il le renvoya.

« Mais Marhec sentit son amour croître devant un si dur refus ; et un jour que le seigneur de Penmarch était absent, il entre au château avec quelques-uns de ses gens, enlève la jeune fille et se sauve avec elle dans la campagne.

Au retour, le marquis, furieux, assemble ses vassaux et se met à parcourir le pays, en jurant de ne faire quartier ni à Marhec ni à ceux qui lui donneraient asile. Les deux amants, chassés de manoir en manoir, échappèrent pourtant quelques mois à la recherche de leur persécuteur ; mais enfin, il les surprend au château de Lestourd'hui [Note : Ancienne maison noble de Guissény] et ayant fait enchaîner le jeune gentilhomme sans respect pour son rang ni pour les larmes de sa fille qui était enceinte et se roulait à ses pieds en lui criant : miséricorde ! il ramena le ravisseur à Guicquelleau et le fit pendre au chêne qui s'élevait en face de la porte d'entrée. Non content de cette cruauté, il ordonna par testament à ses héritiers de renouveler cet arbre quand il viendrait à mourir, afin de conserver le souvenir de sa vengeance aux générations futures. Cette clause fut exécutée fidèlement, et, en 1789, on voyait encore s'élever un vieux chêne devant le seuil de Guicquelleau. Mais à la Révolution, le besoin de bois s'étant fait sentir, on mit la cognée au pied du vieil arbre, et il n'existe plus que le tertre [Note : Aujourd’hui encore, ce tertre est très apparent] sur lequel il était planté ».

Et le charmant chroniqueur d'ajouter :

« Du reste, le château du marquis de Penmarch dont la vengeance fut si funeste à Marhec existe encore à une lieue de Lesneven. Vous pourrez voir son vaste corps de logis, flanqué de deux vastes ailes, sa tourelle pour la gaîté et sa tour crénelée surmontée du beffroi. Vous pourrez vous pencher aux fenêtres ornées dans le goût du XIVème siècle qui décorent tout le château et y rêver de la belle jeune fille qui s'y accouda si souvent autrefois en pensant à l'écuyer de Guicquelleau ». (E. Souvestre, 1836).

Disons que, pendant fort longtemps, les complaintes relatives à la touchante et fatale idylle des deux infortunés amants demeurèrent en honneur dans toutes les chaumières de la région de Lesneven.

(Marius-Fernand et Louis Blanc).

© Copyright - Tous droits réservés.