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LESNEVEN : ASSEMBLEE DES ELECTEURS DU FINISTERE.

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XII. EPOQUE REVOLUTIONNAIRE.

b) Assemblée des Electeurs du Finistère, à Lesneven.

Convocation des Electeurs du Finistère à Lesneven. — Serment du Citoyen-évêque, Président Expilly. — Réception par l'Assemblée des divers corps constitués de la ville. — Adresse de l'Assemblée à la Convention nationale. — Le citoyen Expilly préside à l'inauguration de l'Arbre de la Liberté. — Election des Administrateurs du Finistère, etc.

Le 11 novembre 1792, à 10 heures du matin, les Electeurs notables du Finistère se réunissent à Lesneven dans l'église de la communauté des Récollets « en vertu de la loi du 18 octobre 1792, et aux fins de convocation faite par les procureurs syndics sur l'avis du procureur général syndic du département pour demander la translation du chef-lieu du département à Landerneau, » et aussi pour procéder à l'élection des Administrateurs du Finistère.

A cette importante Assemblée [Note : Cette assemblée se composait de 467 membres], les 9 cantons du district de Lesneven étaient représentés par 44 électeurs. — L'assemblée siégera à Lesneven du 11 novembre 1792 au 18 novembre au soir. Ses diverses séances seront présidées par le citoyen-évêque Expilly, né à Brest, le 24 février 1742, excuré de Saint-Martin de Morlaix, premier évêque constitutionnel du Finistère.

A l'ouverture de la séance, sitôt le bureau constitué, le citoyen-évêque Expilly prête le serment « de maintenir la liberté, l'égalité, l'indivisibilité de la République, de mourir en les défendant, et de remplir avec exactitude et fidélité les fonctions qui lui sont confiées ».

Le citoyen Le Thou, secrétaire de l'Assemblée, renouvelle ce serment.

Le Président annonce ensuite qu'il ne fera point de discours « parce que les Républicains ne doivent pas perdre leur temps à se complimenter ».

Une députation de la municipalité de Lesneven introduite au sein de l'Assemblée, lui a témoigné toute sa satisfaction de la voir formée dans cette ville. Le Président a invité cette députation aux honneurs de la séance.

L'assemblée émet un vœu sur le transfert du chef-lieu du département à Landerneau. Après le vote nominal, le Président déclare que, sur 268 suffrages exprimés. Landerneau en a réuni 231, et Quimper 37 seulement. La séance est levée à 9 heures du soir.

Dans la séance du lendemain matin, 12 novembre, nomination au scrutin de liste de huit membres pour composer le Directoire du département. Au cours de cette même séance, et avant de procéder à l'élection des administrateurs du département, le citoyen Auvray se présente à la tête d'une délégation de la garde nationale de la ville. D'une voix claironnante, il prononce un discours inspiré par un large souffle révolutionnaire. Nous en détachons les passages les plus saillants.

« Citoyens-Electeurs, qu'il est doux, qu'il est flatteur pour moi d'être l'organe de mes frères d'armes, de vous exprimer leurs sentiments et de vous présenter leurs hommages. Nous vous prions d'accueillir quelques observations d'autant plus importantes qu'elles intéressent la félicité publique.

Réunis pour former une nouvelle Administration supérieure, nous sommes bien sûrs que, sans avoir égard aux liens de l'amitié, aux considérations particulières, aux passions qui agitent ordinairement les hommes, vous ne choisirez que des citoyens distingués par leurs mœurs, leurs vertus et surtout leur civisme, la confiance dont vous êtes environnés en est le plus sûr garant.

Electeurs-Agriculteurs, qu'étiez-vous avant la Révolution ? Des hommes isolés dans l'ordre civil et social. Toutes les charges s'appesantissaient sur vous. Vous étiez opprimés par vos ci-devant seigneurs. Vous étiez plus opprimés encore par la fiscalité. Des gibiers privilégiés dévastaient, malgré vous, vos moissons : la corvée vous arrachait souvent à vos travaux champêtres. La milice vous enlevait chaque année vos domestiques ou vos enfants les plus chers, Quel heureux changement pour vous dans, l'ordre des choses...

Vous connaissez bien ceux qui, depuis le commencement de la Révolution, se sont élevés et soutenus au niveau de la Constitution. Ceux-là seuls obtiendront vos suffrages. Insensibles aux sollicitations, vous n'accorderez le préférence qu'à ces hommes éclairés que l'opinion publique vous désigne pour faire le bonheur de ses administrés.

Citoyens-Electeurs, nous n'avons pas entendu vous rappeler vos obligations ; mais nous avons le plaisir d'avoir pressenti vos intentions et vos vœux, et nous aimons à nous persuader que vous ne désapprouverez pas nos observations : la Convention nationale en écoute tous les jours avec reconnaissance ».

Ce véhément discours soulève les applaudissements de l'Assemblée qui, par la voix de son Président, en ordonne l'insertion à la suite du procès-verbal de séance. La délégation de la Garde nationale est ensuite invitée aux honneurs de la séance.

Dans l'après-midi, présentation d'une délégation du district de Lesneven. En son nom, le citoyen Cahel prononce une vibrante allocution que l'assistance accueille avec de vives marques d'approbation et dont elle arrête l'insertion ou procès-verbal. La députation, également invitée aux honneurs de la séance, a omis de déposer son discours.

Dans la séance du 13 novembre, réception d'une députation des Chasseurs volontaires de la ville sous la conduite du citoyen Testard fils qui prononce un discours dont nous extrayons ce qui suit :

« Citoyens-Electeurs, le caractère dont vous êtes revêtus est grand et sublime ; la tâche que vous avez à remplir est pénible et difficile. Vous allez nommer des administrateurs, des juges, des fonctionnaires publics, et la République. convaincue de votre dévouement pour elle, de votre droiture, de votre honneur, attend de vous un choix d'administrateurs, de juges, de fonctionnaires publics vertueux, patriotes et éclairés. De ce choix, Citoyens-Electeurs, vont dépendre le bonheur, la tranquillité et la prospérité de votre département. Songez à l'importance des places que vous allez confier ; songez que ceux que vous allez en pourvoir répondront de la sûreté des personnes et des propriétés, même du salut de l'Etat. Méditez et mûrissez donc, Citoyens-Electeurs, le choix que vous allez faire, sûrs de votre patriotisme et de vos vertus, nous savons que vous répondrez à nos espérances et nos désirs.

Nous dont le devoir est de défendre les lois ; nous qui avons juré de les maintenir au péril de notre vie, nous vous réitérons le serment de n'être jamais parjures : Vivre libres républicains ou mourir. Voilà quelle sera désormais notre devise ».

Cette péroraison enflammée provoque les applaudissements frénétiques de l'assemblée. L'insertion du discours au procès-verbal de séance est ordonnée et la délégation admise aux honneurs de la séance.

Du fond du couvent des Récollets à Lesneven, l'Assemblée, dans sa séance du 14 novembre, adresse à la Convention Nationale un message ainsi conçu :

« Citoyens-Représentants, Vous avez décrété la République, vous l'avez décrétée une et indivisble : nous la maintiendrons telle quelle. Nous jurons la mort des triumvirs, des délateurs, des anarchistes, de tous les factieux qui tenteraient de s'opposer à la forme de gouvernement, à laquelle nous voulons nous soumettre.

Fiers du titre de Républicains, nous en remplirons tous les devoirs, en prenant des mœurs austères et dignes de notre nouvel état, en professant un culte religieux pour nos lois, en aimant et secourant nos semblables ; en ne voyant dans tous les membres de la République que des amis et des frères, en étendant ces sentiments de bienveillance et de fraternité à tous les peuples de la terre, et en exerçant la plénitude de nos droits comme hommes, comme citoyens et comme partie intégrante du souverain… ».

A la séance du 14 novembre 1792, une députation de la Société des « Amis de la Liberté et de l'Egalité » de la ville de Lesneven « présente ses hommages à l'Assemblée et l'invite à se rendre, par députés, à la fête civique fixée à demain, jeudi, à 5 h. 1/2 de l'après-midi, pour l'inauguration d'un nouvel arbre de la Liberté ».

L'invitation est acceptée par acclamation et la députation invitée aux honneurs de la séance.

A la réunion du jeudi, 15 novembre, un Citoyen-électeur demande que « l'Assemblée charge son bureau d'écrire à l'Administration du département pour exprimer son vœu que les premiers administrateurs du district de Lesneven, détenus au château du Taureau, et les maire et procureur-syndic, suspendus de leurs fonctions, soient dénoncés à l'accusateur public et promptement jugés ». Le citoyen Expilly « affirme que cette dénonciation est faite ».

Ce même jour, une députation de la municipalité de Lesneven « a prié le citoyen-évêque Expilly d'aller allumer le bûcher préparé à l'occasion de l'inauguration de l'arbre de la Liberté ». Après le départ de la délégation, les scrutateurs ont procédé au dépouillement relatif à l'élection des Administrateurs du Finistère.

Les citoyens Abaléa, Cahel et Pruné, ayant obtenu la majorité relative des suffrages ont été proclamés membres du Directoire pour le district de Lesneven. Abaléa a refusé. Cahet et Prune ont successivement et individuellement déclaré accepter. [Note : Voir preuves de tout ce qui précède dans « Procès-verbaux de l'Assemblée électorale des Electeurs du Finistère »].

Nous venons de voir qu'à la séance du 15 novembre, l'Assemblée des Electeurs du Finistère avait émis le vœu que les membres du district de Lesneven soient promptement jugés. Le district de Brest les avait dénoncés comme coupables de faiblesse vis-à-vis des congrégations religieuses et des prêtres réfractaires. A la chute de Robespierre, plusieurs d'entre eux joueront à nouveau à Lesneven un rôle politique important.

(Marius-Fernand et Louis Blanc).

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