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MARCILLE-RAOUL

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La commune de Marcillé-Raoul (bzh.gif (80 octets) Marc'helleg-Raoul) fait partie du canton d'Antrain. Marcillé-Raoul dépend de l'arrondissement de Fougères, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne).    

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de MARCILLE-RAOUL

Marcillé-Raoul vient du gallo-romain "Marcilius" et du nom de Raoul III de Fougères. 

En 1136, Conan le Gros, duc de Bretagne, est battu près de Marcillé par ses grands-vassaux dont Olivier de Pontchâteau et par d'autres seigneurs du pays. En 1208, l'abbé de l'abbaye de Saint-Melaine, Geoffroy Moisel, reçoit de Robert, seigneur d'Apigné, la terre de Marcillé-Raoul, dont la paroisse date peut-être de cette époque. En 1240, Raoul III, baron de Fougères (1212 – 1256), obtient du duc Jean 1er (Jean Le Roux), l'autorisation de fortifier Marcillé, qui ajoute dès lors à son nom celui de son seigneur direct (Raoul). 

L'église de Marcillé-Raoul appartenait dès la fin du XIIème siècle ou au début du XIIIème siècle à l'Abbaye de Saint-Melaine de Rennes qui y établit un prieuré, avant l'érection du château érigé par Raoul III de Fougères en 1240 probablement au Village du Châtel. 

Quoique les Bénédictins de Saint-Melaine semblent avoir fondé leur prieuré de Marcillé dès le XIIème siècle au moins, — puisqu'il est fait mention du prieur de Marcillé en 1160, et que leur abbaye fut confirmée dans la possession de l'église de Marcillé en 1158 par Josse, archevêque de Tours, et en 1170 par Etienne, évêque de Rennes (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine), — il n'en est pas moins vrai que les chanoines réguliers de Rillé avaient eux-mêmes dès cette époque la jouissance d'une partie des dîmes de cette paroisse. Aussi voyons-nous en 1163 Raoul II, seigneur de Fougères, confirmer l'abbaye de Rillé dans la possession de cette dîme de Marcillé, que ses religieux partageaient avec le recteur du lieu [« In Marcilleyo (canonicis) tres partes medietatis magnœ decimœ, presbytero reliquas duas » (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 651) — On croit que c'est un autre baron du Fougères, Raoul III, qui donna son nom à Marcillé. Raoul III, en effet, affectionnait particulièrement Marcillé et y possédait un château que le duc de Bretagne lui permit de fortifier en 1240. Il est probable que les buttes du Châtel, protégées jadis par un étang, sont les derniers vestiges de cette forteresse]. Le prieuré de Marcillé ayant pris de l'importance au XIIIème siècle, des difficultés s'élevèrent entre les moines de Saint-Melaine et les chanoines de Rillé au sujet des dîmes de cette paroisse, « super tercia parte decimarum tocius parochie de Marcilleyo ». Les premiers soutenaient qu'ils possédaient ces dîmes de toute antiquité, et les seconds prétendaient en avoir reçu le don de Raoul, baron de Fougères. Les parties s'engagèrent toutefois à s'en remettre au jugement de Maurice, évêque de Rennes. Ce prélat, considérant l'intérêt qu'avaient les Bénédictins, maîtres du prieuré de Marcillé, à jouir des dîmes de cette paroisse, mais respectant par ailleurs les droits séculaires des chanoines de Rillé, décida ce qui suit : l'abbé et le couvent de Rillé auront désormais droit à 10 mines de froment, mesure de Marcillé, que leur fournira le prieur de Marcillé à la fête de la Toussaint, chaque année ; moyennant cette redevance, ils renonceront à tout jamais à leurs droits sur les dîmes de la paroisse de Marcillé (« Abbas et conventus de Filgeriis habeant in perpetuum in prioratu religiosorum Sancti Melanii de Marcilleyo decem minas frumenti ad mensuram de Marcilleyo... et omne jus decimarum quas habebant in parochia dicta eisdem religiosis Sancti Melanii quittaverunt et penitus dimiserunt » - Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine, 201). Les religieux des deux monastères acceptèrent cette décision et prêtèrent serment entre les mains de l'évêque de s'y conformer, le vendredi après la Trinité 1263. Les Bénédictins présentèrent jusqu'en 1770 le recteur de Marcillé (Marcillé-Raoul), auquel ils faisaient une pension congrue consistant en le tiers des dîmes de la paroisse, qu'on levait à la douzième gerbe (Pouillé de Rennes).

Le Châtel était une châtellenie et jouissait d'un droit de haute justice. Cette seigneurie est donnée au début du XIIIème siècle par Geoffroy 1er de Fougères à Guillaume l'Angevin (son grand-oncle) qui la lui rend en 1208. Elle est vendue en 1424 par Jean duc d'Alençon et baron de Fougères à la famille Morel, seigneurs de la Villegontier, puis rendue au duc Jean V baron de Fougères. Elle est vendue en 1485 par le duc François II à Philippe de Montauban seigneur de Sens et retourne en 1516 à la baronnie de Fougères qui la possède encore en 1789. La paroisse de Marcillé-Raoul dépendait autrefois de l'ancien évêché de Rennes.

On rencontre les appellations suivantes : Ecclesia de Marcilliaco (en 1185), parochia de Marcilleyo (en 1263), Marcilleyum Radulphi (en 1516).

Note 1 : Les barons de Fougères avaient fondé une maladrerie dans leur importante seigneurie de Marcillé-Raoul et aux portes de la forteresse de ce nom. Nous retrouvons une dernière trace de l'existence de cet établissement dans la Déclaration que firent en 1679 les trésoriers de Marcillé-Raoul, disant que la fabrique de cette paroisse possédait « le champ de la Maladrerie », contenant un journal, et situé proche le village de la Maladrerie, sur le bord du chemin conduisant de ce village au château de Marcillé (Archives départementales de la Loire-Inférieure).

Note 2 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Marcillé-Raoult :  Gilles de Berruyer (1499). Jean Gouro (1500). Thomas Bridoul (1580 ; décédé en 1582). Pierre Huet (il fut pourvu en 1582). Jacques de Bauldin (1590, il résigna en 1591). J. Douart (1605). Jean Louyer (1630). François Jamois (1648, il devint vers 1651 recteur de Mecé). Guillaume Amourault (1660, il rendit aveu au roi en 1679 pour le presbytère, son jardin et deux cantons de terre ; décédé en 1683). François Phelippot (il fut présenté par l'abbé de Saint-Melaine en 1683). Bertrand Boullaud (1687 ; décédé en 1692). Jacques Coupel (prêtre d'Avranches, il fut pourvu en 1692 ; décédé en 1716). Julien Coudray (prêtre de Saint-Malo, il fut pourvu en 1716 ; décédé en 1718). Etienne Chambost (prêtre du diocèse, il fut pourvu en 1716 ; décédé en 1768). Julien Butet (pourvu le 19 janvier 1768, il fut enfermé à Saint-Melaine en 1792). N... Duval (1803-1804). François-Jean Artur (1804-1808). Julien-René Frémy (1808-1840). Pierre Saisdubreil (1840-1845). Pierre Royer (1845-1865). Julien Morice (1865-1873). Jean-Marie Bodiguel (à partir de 1873), ......  

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PATRIMOINE de MARCILLE-RAOUL

l'église Saint-Pierre (1867), oeuvre de l'architecte Jean Marie Anger et édifiée en remplacement d'une ancienne église détruite au XIXème siècle : l'ancien édifice daté en partie du XIème siècle. Dédiée à saint Pierre apôtre, l'église de Marcillé-Raoul a été rebâtie vers 1867, sous la direction architecturale de M. Ed. Saint-Marc. C'est une simple croix avec abside à pans coupés ; la tour, élevée au bas de la nef, est surmontée d'une flèche en pierre flanquée de clochetons. L'ancienne église ne manquait pas d'intérêt et devait remonter en partie à une époque très-reculée. Elle se composait d'une nef à chevet droit et offrait plusieurs restes d'architecture romane, tels que la porte du Sud, un arc triomphal, quatre contreforts et une baie ouverte au Nord ; cette porte est ornée d'une archivolte dont les voussures retombent sur quatre colonnes aux chapiteaux formés de feuillages grossièrement taillés. On a eu l'excellente idée de conserver cet intéressant portail du XIème siècle dans le cimetière entourant jadis la vieille église ; à côté, on voit aussi les débris du maître-autel, composé d'une table de granit reposant sur des colonnes dont les chapiteaux rappellent le XIIIème siècle. La façade de cette église avait été relevée en 1660 et le choeur en partie refait en 1782, comme le témoignaient ces dates inscrites sur la muraille. Mais quelque ancien que fût cet édifice, il en avait remplacé un beaucoup plus antique. Avant sa destruction, M. Maupillé signalait, en effet, « plusieurs pans de maçonnerie en blocage, dans lesquels la brique se trouve mêlée en grande quantité, et même des assises de briques entières qui paraissent avoir été cimentées et unies ensemble avant d'être entrées dans la formation des murs et doivent avoir appartenu à une construction antérieure. Du reste, ajoutait-il, un cordon de briques, dont on reconnaît les traces au niveau du sol, et qui est composé d'assises absolument semblables à celles dont je viens de parler, me paraît démontrer de la manière la plus incontestable que cette église occupait la place d'une construction plus ancienne et qu'elle était assise sur ses fondations » (Notices historiques sur les paroisses du canton d'Antrain, 168). En 1679, l'église de Marcillé-Raoul n'avait ni écussons ni litre peints ou sculptés sur ses murailles ; mais à côté se trouvaient la fontaine Saint-Pierre et une pièce de terre appelée le Champ-aux-Moines, rappelant le souvenir de l'ancien prieuré du lieu. Cependant, M. Maupillé a remarqué dans cette église « une pierre tombale chargée d'un écusson surmonté d'une croix, et dont le champ est écartelé d'une aigle et d'un coeur ; et, dans le cimetière, une autre pierre ornée d'une croix pattée et orlée, et accompagnée à son milieu de deux besants ». Il signale aussi qu'en 1680 Mathurine Abraham, dame de la Rochejacquelein, avait, à cause de ses terres du Grand et Petit-Plessis, un droit prohibitif de banc, d'accoudoir et de pierres tombales dans l'église de Marcillé-Raoul. Chaque année, le jour de Pâques, la fabrique devait même, à l'issue des vêpres, au seigneur du Plessis, par l'entremise des trésoriers, une corbeille remplie d'oublies (Notices précitées). Le 25 mars 1695, le recteur Jacques Coupel signa avec les Dominicains de Bonne-Nouvelle le contrat d'établissement dans son église paroissiale de la confrérie du Rosaire (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 H, 5 et Pouillé de Rennes). L'ancienne église de Marcillé-Raoul comportait une nef à chevet droit et percée de deux fenêtres jumelles lancéolées. La façade ouest avait été refaite en 1660. Le choeur datait de 1782 ; 

l'ancien prieuré de Marcillé-Raoul, aujourd'hui disparu, et jadis membre de l'abbaye de Saint-Melaine de Rennes. Les religieux de Saint-Melaine possédaient Marcillé dès le XIIème siècle, car l'un d'eux, nommé Harcoid, est appelé prieur de Marcillé vers l'an 1160, et en 1185 le pape Luce III confirma l'abbaye de Saint-Melaine dans la possession de l'église de Marcillé-Raoul, « ecclesiam de Marcilliaco » ; le prieuré était donc fondé dès cette époque, mais il fut augmenté en 1208 par Robert, seigneur d'Apigné, qui donna à Geffroy, abbé de Saint-Melaine, une terre en Marcillé-Raoul avec ses dépendances, à condition qu'il ferait dire tous les jours par un de ses religieux une messe pour le salut de son âme, et qu'il donnerait chaque jour un pain aux pauvres jusqu'au jour de son décès. Une transaction eut lieu en 1263 entre les moines de Saint-Melaine et ceux de Rillé, par rapport aux dîmes de Marcillé-Raoul ; les premiers s'obligèrent à fournir chaque année aux seconds 10 mines de froment rouge et 8 deniers (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine, 110, 201, 123). En 1367, Jean, abbé de Saint-Melaine, fonda une messe quotidienne dans son église abbatiale, à l'autel Saint-Blaise, et donna pour le service à ses moines le prieuré de Marcillé-Raoul avec toutes ses dépendances, à la condition néanmoins que ses revenus serviraient également au vestiaire pour procurer des habits aux religieux. Guillaume, évêque de Rennes, approuva cette donation le 7 août 1386, et le pape Jean XXIII la confirma en 1411, en unissant toutefois le prieuré de Marcillé-Raoul à la sacristie de l'abbaye. Le prieuré de Marcillé-Raoul se composait, en 1645, de la maison de la métairie, appelée Maison-Blanche, avec grange, cour et jardin, le tout joignant le cimetière et l'église, et de dix pièces de terre ; il comprenait, de plus, toutes les dîmes, divisées en quatre traits appelés les traits du Plessix, d'Estain, du Fresnay et de Cosmou, sur lesquels on payait au vicaire perpétuel ou recteur de Marcillé-Raoul, pour portion congrue, le tiers du blé recueilli. Il fallait également donner 10 mines de froment à l'abbaye de Rillé, 6 livres 19 sols 8 deniers à l'évêque de Rennes et 60 livres au chapelain chargé d'acquitter trois messes basses par semaine dues par les religieux dans l'église paroissiale de Marcillé-Raoul. A cette époque, le prieuré de Marcillé était affermé 700 livres ; mais M. de la Fosse le prit à ferme en 1777 au prix de 1 500 livres par an (abbé Guillotin de Corson) ;

les vestiges (le portail du XIIème siècle) de l'ancienne église, située non loin du cimetière ; 

la croix (1696-1702), située à Clairay ; 

la croix des Primevères ; 

l'ancien presbytère (XVIIème siècle) ; 

le moulin à eau du Châtel ; 

A signaler aussi : 

les mottes féodales (moyen âge) du Châtel : il s'agit en fait d'une double motte connue sous le nom de "buttes du Châtel" ; 

une fortification ancienne, appelée le Fort Malo ;

des fortifications visibles au village de la Fresnaye ;

l'ancien manoir de la Fontenaye, situé route de Feins. Propriété de la famille le Lièvre sieurs de la Chesnaye en 1638, puis des familles Kerpoisson (en 1668) et Bachelier (vers 1784) ;

l'ancien manoir du Longpré, situé route de Feins. Propriété successive des familles Abraham (en 1513), le Lièvre sieurs de la Chesnaye (en 1638), de Kerpoisson (en 1668 et en 1680), Cruet (en 1743) ;

le château de la Fertais, situé route de Feins et propriété de la famille Barrett-Lennard ;

l'ancien manoir du Grand Plessis-Marcillé et du Petit Plessis-Marcillé. Le Grand Plessis-Marcillé possédait jadis un droit de haute justice. Propriété de Georgine du Plessis épouse de Mathurin du Chastellier (en 1513), puis des familles du Chastellier, Abraham sieurs de la Tuslance (au début du XVIIème siècle), de Rosnyvinen seigneurs de la Haye d'Iré (en 1690 et en 1789) ;

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ANCIENNE NOBLESSE de MARCILLE-RAOUL

On croit que les mottes du Châtel en Marcillé-Raoul peuvent avoir une origine gallo-romaine : elles s'élevaient en effet au bord d'une voie antique allant de Rennes à Coutances. Les premiers barons de Fougères les utilisèrent pour la défense du pays et Raoul III y construisit un château dont il ne reste plus aucun vestige. L'autorisation de bâtir cette forteresse fut donnée en 1240 au seigneur de Fougères par le duc de Bretagne Jean Ier (Dom Morice, Histoire de Bretagne, I, 173). Dès les commencements du XIIIème siècle, Marcillé - qui prit en 1240 le nom du baron Raoul -  formait une terre seigneuriale de certaine importance. En 1204 Geoffroy, sire de Fougères, détacha Marcillé de sa baronnie et la donna à viage, ainsi que le Coglais, à son grand-oncle et tuteur Guillaume l'Angevin, lorsque celui-ci lui remit l'administration de ses domaines au moment de sa majorité. L'acte de donation évalue à environ 100 livres le revenu de la seigneurie de Marcillé : il y est stipulé que dans le cas où ce revenu serait moindre, le donataire serait en droit de prendre la différence, en monnaie d'Angers, sur la terre la plus rapprochée de Marcillé ou du Coglais. Quatre ans plus tard, en 1208, une transaction entre le grand-oncle et le neveu, qui n'avaient pu s'entendre, vint modifier ces dispositions. Geoffroy de Fougères abandonna à Guillaume l'Angevin tout le Coglais et 20 livres en fond de terre sur ses fiefs de Louvigné-du-Désert, et de son côté celui-ci renonça à tous ses droits sur Marcillé (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 798 et 810). Vers 1424 Jean, duc d'Alençon et baron de Fougères, vendit pour 3 000 écus d'or la châtellenie de Marcillé-Raoul à Pierre Morel, seigneur de la Villegontier, sergent féodé au bailliage du Coglais. Mais l'acquéreur ne put payer cette grosse somme et son fils Guillaume Morel, également seigneur de la Villegontier, dut consentir à remettre Marcillé entre les mains du duc de Bretagne Jean V, qui venait en 1428 d'acheter la baronnie de Fougères d'avec le duc d'Alençon (Archives d'Ille-et-Vilaine). En 1437 Marcillé avait repris sa place parmi les châtellenies composant la baronnie. L'an 1485 le duc François II détacha de nouveau Marcillé-Raoul et vendit cette seigneurie avec tous ses droits, rentes et prééminences, à Philippe de Montauban, seigneur de Sens, pour la somme de 2 000 écus d'or que celui-ci lui avait prêtés. Cette aliénation se fit toutefois avec cette réserve que les ducs de Bretagne pourraient la rémérer pour pareille somme, mais bien des années s'écoulèrent avant qu'ils usassent de cette faculté, car nous voyons en 1498 la duchesse Anne confirmer son chancelier de Montauban dans la possession de Marcillé. Cette châtellenie ne semble avoir fait retour à la baronnie de Fougères qu'à l'époque de la mort de Philippe de Montauban, c'est-à-dire en 1516 (Maupillé, Notices historiques sur le canton d'Antrain). Depuis lors et jusqu'à la Révolution la seigneurie de Marcillé-Raoul demeura unie à Fougères, mais il paraît que les barons, c'est-à-dire les rois de France, successeurs de nos ducs bretons, aliénèrent la plus grande partie de ses revenus dans le courant du XVIIème siècle. Le revenu fixe de la châtellenie de Marcillé n'atteignait plus, en effet, en 1720, que 77 livres 17 sols 3 deniers en argent et 63 boisseaux de froment. Nous ne connaissons qu'un aveu de la châtellenie de Marcillé-Raoul : il fut rendu à la baronnie de Fougères, le 13 mars 1432, par Pierre Morel, seigneur de Marcillé et de la Villegontier. Dans cet acte, malheureusement trop succinct, Pierre Morel reconnut « tenir du seigneur de Fougères la chastellenie de Marcillé soubs Bazouges avec ses moulin à bled, estang, chaussée, destroit de moulin, four à ban, assiette de chasteau et forteresse ancienne, garennes, rentes, cens, juridiction et seigneurie, plus un droit d'usage dans la forêt de Villecartier » (Archives de Loire-Inférieure). Actuellement le village du Châtel rappelle encore par son nom l'existence du château de Marcillé-Raoul. Il se trouve à côté d'importantes fortifications en terre qui ont dû servir de bases à la forteresse du moyen-âge. Ces restes de fortifications recouvrent une superficie de 1 hectare 63 ares et consistent en deux mottes séparées l'une de l'autre par des fossés entourant chacune d'elles. La profondeur de ces fossés devait être de 5 à 6 mètres, sur une largeur à peu près égale. Les mottes, connues dans le pays sous le nom de Buttes du Châtel, diffèrent entre elles, tant sous le rapport de l'étendue que sous celui de l'élévation. Celle du Nord, beaucoup plus haute, présente aussi une masse beaucoup plus considérable que l'autre. Son élévation, au-dessus des remparts en terre formant l'enceinte, peut être de 9 à 10 mètres, de sorte que sa hauteur totale à partir de la base doit atteindre 15 ou 16 mètres (Maupillé, Notices sur le canton d'Antrain). C'était probablement l'assiette du château même. La seconde motte devait former barbacane devant l'entrée du donjon ou n'était qu'une motte féodale, signe de la juridiction seigneuriale. Ces fortifications étaient protégées au Sud par un étang de 16 hectares aujourd'hui desséché. Peut-être l'existence de cet étang fut-elle le résultat de l'excavation produite par l'enlèvement des terres employées à dresser les mottes (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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