|
Bienvenue ! |
FOUILLES ET DÉCOUVERTES DE PLESTAN |
Retour page d'accueil Retour Ville de Plestan
Au mois de mars et d'avril 1843, le fermier du Chaussy (ou Chaussix) [Note : Chaussy est de la langue d'oïl et a la même origine que chaussée. La ferme qui porte ce nom est bâtie dans un lieu marécageux et qui l'était bien davantage autrefois. Les bâtiments actuels sont modernes. Il a existé dans le haut de la cour, derrière le puits, une grande construction dont nous avons vu dans notre enfance les derniers débris, formant des pans de murs assez considérables. Le voisinage du Breuil donne quelque importance à ces ruines. Il conviendrait d'y faire des fouilles], à qui le champ du Breuil appartient, le fit défoncer. Les ouvriers rencontrèrent une quantité considérable de briques et de tuiles. Déjà on savait par la tradition que beaucoup de décombres, lors de la démolition des bâtiments du Breuil, avaient été jetés dans les Buttes, enclos voisin où ne croissent que des bruyères, et où l'on remarque la superficie tourmentée du sol [Note : Ces monticules des Buttes, nous l'avons constaté par des fouilles, renferment des charretées de briques, et dans ce qui reste des anciens murs, au fond du sol du Breuil, prédominent aussi les briques qui y sont d'une épaisseur extraordinaire. Cet emploi des briques comme principal appareil était dû sans doute à la rareté de la pierre dans le pays et à la difficulté de l'exploitation du granit et des schistes qui y sont souvent recouverts d'alluvions anciennes d'une grande puissance. Il est donc probable qu'on aurait pu donner aux bâtiments du Breuil le nom de maison rouge comme nos vieux chroniqueurs (A. BOUCHARD, etc.) disent la Ville rouge (urbs rubra) en parlant de la ville de Rennes, à cause des cordons de briques qui entrent dans la construction des anciennes murailles gallo-romaines de cette ville, et qui ont une hauteur égale à celles des assises de pierres qui les séparent].
La tradition, nous l'avons vu, parle d'un trésor caché dans le Breuil ; les ouvriers trouvèrent des monnaies, des pièces jaunes ; il y en avait de rondes, et beaucoup de carrées (sic). Il y avait de l'écriture dessus, mais ceux des paysans qui savaient un peu lire, ne purent la déchiffrer. Il y avait des médailles de la grandeur de nos pièces de cinq et de dix centimes, les unes plus grandes, les autres plus petites ; il y avait des figures sur quelques-unes. Ces pièces furent données à des pâtres qui s'en servirent pour jouer au bouchon. Toutes ont été perdues.
Parmi les objets trouvés, on remarque une tête humaine qui a été conservée par l'ouvrier même qui la déterra. Cet ouvrier vit encore et s'appelle Louis Cardin, laboureur, domicilié à la Brèche-des-Landes, commune de Plestan. Il raconte qu'il a touché de ses mains ce qu'il appelle la pierre sculptée ou le corps de la statue ; il ajoute qu'elle était immuable et qu'un seul homme ne pouvait la remuer. Elle a été laissée dans le sol et jusqu'ici nous n'avons pu la retrouver.
La tête de cette statue est aujourd'hui en notre possession. Nous l'avons fait lithographier [Note : Ou plutôt nous l'avons fait d'abord photographier, puis la photographie, représentant cette tête de face, de profil et par derrière, a été transportée sur la pierre par l'ingénieux et économique procédé dont M. de Lafollye, membre de la Société archéologique de la Touraine, est l'inventeur ; c'est ce qu’on appelle la photolithographie]. On en remarquera le type. A quelle race appartient-il ? Il semble assez difficile de le dire. La chevelure présente un ensemble de frisures ou boucles disposées avec art et symétriquement. Cette tête est celle d'un adolescent imberbe. Le sujet est sans doute profane. Ces frisures très-recherchées ne permettent guères de supposer que ce soit la tête de quelque saint. Ces boucles en S rappellent la chevelure d'Apollon-Belenus des médailles celtiques ou armoricaines, trouvées en 1846 en si grand nombre à Dinan et aux environs (Côtes-du-Nord), à cinq ou six lieues de Plestan [Note : Ces monnaies sont des Philippes dont Ausonne se servait encore au IVème siècle de notre ère. C'est lui-même qui nous l'apprend (Ep. V.), lorsqu'il écrit à son ami Théon qu'il aime mieux renoncer aux quatorze Philippes qu'il lui avait prêtés, qu'au plaisir de le voir. Cette pièce subit en Gaule une dégénérescence successive, mais la tête, quoique très-barbare, conserva cependant des traces de son origine. Le type de la statue du Breuil est beaucoup plus barbare encore].
Cette tête tenait au corps de la statue au moyen d'un tenon qui se fixait dans un trou d'environ deux centimètres de profondeur, que l'on voit au-dessous du cou. La direction de ce trou et la pose de la tête porteraient à croire que la statue était couchée ou inclinée. Faisait-elle partie-d'un tombeau ? Aucun attribut funèbre ne le fait supposer jusqu'ici.
A quelle époque peut remonter cette statue ? C'est ce qu'il ne nous paraît pas facile non plus de déterminer, au moins d'après l'examen de la tête seule.
Ce type est évidemment barbare. Quant à la chevelure, nous ferons observer que, suivant Agathias, auteur du VIème siècle, les Goths la portaient longue mais tressée en petites nattes [Note : Les frisures en S de notre tête présentent comme des stries ou petites côtes qui partent de la racine des cheveux et sont disposées en séries verticales. Nous en concluons que ce sont des boucles et non des tresses qui forment cette chevelure. Une singularité que nous devons remarquer encore, c'est une disposition particulière de deux boucles, entre le sommet de la tête et la nuque, approchant de la forme d'un cœur dont l'échancrure serait tournée en bas et très-ouverte, avec l'extrémité de chaque boucle recourbée en dedans. C'est un dernier trait de l'artifice qu'on a déployé dans cette frisure. Ajoutons que le soin qu'on a pris de boucler ainsi le derrière de cette tête, indique qu'elle était isolée et qu'elle devait être vue de tous les côtés]. On sait que les Gaulois portèrent aussi les cheveux longs jusqu'à J. César qui les leur fit couper [Note : Voir, pour les longs cheveux des barbares, Conciani, t. II, p. 134, et l'abbé Cochet, le Tombeau de Chilpéric, p. 371, 373]. Ce fut également la coutume des rois francs de la première dynastie de ne se faire jamais couper les cheveux. C'est ce que nous apprend encore Agathias ; mais il ajoute que leurs sujets se font couper les cheveux en rond et qu'il ne leur est point permis de les laisser croître davantage.
Les rois carlovingiens rejetèrent cet usage. Leurs têtes offrent des cheveux tondus en rond et qui ne dépassent pas les épaules. Ce fut sous Huges Capet qu'on recommença à porter la chevelure longue, rois et sujets. Mais, à partir de saint Louis jusqu'à Louis XIII, nos rois revinrent aux cheveux courts. En Bretagne, nous croyons que de tous temps on a porté les cheveux longs.
Lorsque le luxe oriental se fut introduit chez les Romains, ceux-ci se firent boucler et friser les cheveux, et les coiffures varient à l’infini ; ce qui faisait dire à Ovide qu’il aurait mieux aimé compter les glands d'un gros chêne que d'énumérer les modes éphémères des coiffures de son temps [Note : De arte amat. III, 139-168. — On vit souvent les sages et les philosophes s'élever à Athènes et à Rome contre l'usage de friser les cheveux et blâmer avec courage les hommes qui se déshonoraient par ce luxe effréné. Phocylide, poète gnomique de Milet (fin du VIème siècle), ne voulait pas même que les petits garçons fissent boucler leurs cheveux. Voyez aussi Cicéron, Catilinaires, et Suétone, c. LV. Ce dernier auteur nous apprend que les enfants portaient les cheveux longs jusqu'aux années de l’adolescence. (In Ner. c. II)]. Serait-ce donc une coiffure gallo-romaine ? Cette conjecture ne nous paraît pas dénuée de fondements.
En effet, outre les monnaies qui ont été découvertes dans le Breuil, outre cette statue singulière dont nous venons de décrire la tête, on y a trouvé une quantité considérable de tuiles plates à rebords (tegulœ), preuve inconstestable qu'il y a eu là originairement une construction gallo-romaine.
Les tuiles à rebords les plus anciennes qui se trouvent à Rome et dans les environs, et celles qui ont été découvertes en France et en Europe, sont absolument semblables par la forme, la dimension et la dureté. On en doit conclure que les fabriques romaines d’où elles provenaient étaient régies par des lois générales, qu'elles avaient une police commune et des magistrats particuliers. Les corporations de tuiliers ou de briquetiers que les Romains amenèrent dans les Gaules et qu'ils y dispersèrent, eurent partout les mêmes réglements et opérèrent de la même manière. Une particularité remarquable c'est que la tuile entière est un peu courbée de haut en bas et bombée transversalement en dessus.
Les tuiles courbes (imbrices) étaient destinées à couvrir les joints ou rebords juxtaposés de deux séries de tuiles plates.
L'étude comparative des tuiles a conduit aux conclusions suivantes :
1° Les premières tuileries ont produit des ouvrages vraiment remarquables par l'étendue, l'épaisseur, le degré de cuisson, la solidité.
2° Dans la suite, ces ouvrages dégénérèrent d'un tiers quant à l'épaisseur seulement, sans que leur durée en ait trop souffert.
3° Enfin, plus tard encore, les fabriques se sont détériorées au point de ne fournir que des pièces frêles, le plus souvent mal cuites, et réduites sous tous les rapports, au tiers des premières.
C'est au Vème et au VIème siècles que commencèrent à dégénérer les ouvrages de tuilerie romaine. Ils se dégradèrent de plus en plus du VIIème au Xème siècle. A peine étaient-ils reconnaissables lors des ravages des Normands, sous Charles le Chauve.
Plusieurs causes paraissent avoir provoqué la dégénération des ouvrages de tuilerie à la romaine : 1° le renchérissement du combustible ; 2° quelques inconvénients résultant de la toiture et de la charpenterie ; 3° enfin la dépravation du goût.
Lorsqu'au mois d'octobre 1865, je fis faire de nouvelles fouilles dans le Breuil, on découvrit, sous le sol, un mur dans la construction duquel entraient beaucoup de briques qui ont jusqu'à sept et huit centimètres d'épaisseur [Note : Ces fouilles ne purent être continuées à cause des grandes pluies qui survinrent et détrempèrent le sol. C’est aussi ce qui empêcha le fermier de donner suite au projet qu’il m’avait annoncé de défoncer le Breuil au mois de mars et d’avril de l’année suivante]. On en trouva aussi de forme hexagonale et destinées sans doute à des carrelages. Il y en a en terre très-fine, d'autres en terre rude et grossière.
On peut donc supposer avec toute vraisemblance que la tête, trouvée dans le Breuil, est d'origine gallo-romaine [Note : Si nous ne la rattachons pas à un monument funéraire, en ferons-nous une divinité, quelqu’un de ces dieux topiques que les Romains introduisirent dans les Gaules et dont on a découvert un certain nombre parmi les ruines gallo-romaines ?]. La frisure si remarquablement symétrique rappelle la chevelure des Romains, et ce qui achève de nous confirmer dans cette conjecture, ce sont les nombreuses têtes d'origine gallo-romaine, déposées dans les musées lapidaires de France, et qui ont été l’objet de savantes notices publiées par M. de Caumont dans le Bulletin monumental (années 1861, 1862, etc.) Toutes ces têtes d'hommes et de femmes, de jeunes gens et de jeunes filles, portent une chevelure frisée et bouclée avec beaucoup d'art et de recherche. Ces têtes appartiennent à des stèles ou cippes qui recouvraient une autre pierre dans laquelle l'urne cinéraire était incrustée [Note : C'est dans une de ces intéressantes notices sur la nécrologie gallo-romaine que M. de Caumont, une des gloires de l'archéologie en France, adresse à ses lecteurs ces touchantes réflexions, bien dignes de l'élévation de ses idées et de la noblesse de ses sentiments : « Les Romains, dit-il, ont un profond respect pour les mânes de leurs pères ; ils ont attaché un grand prix à conserver le souvenir des morts par des monuments. Nous savons que ces tombeaux étaient rangés sur le bord des routes qui conduisaient à la ville et qu'ainsi les morts n'étaient pas, comme aujourd'hui, relégués dans des lieux où l’on ne va jamais. Ils étaient, au contraire, en contact avec les vivants autant qu'un mort peut l'être, puisque c'était sur les routes les plus fréquentées que les monuments consacrés aux morts, et rappelant leurs noms et leurs mérites, étaient offerts chaque jour aux yeux et au souvenir des passants. C'était là une coutume excellente que j'ai bien des fois admirée, et j'aurais voulu qu'elle eut pu passer dans nos mœurs ; car rien n'est plus immoral que l'oubli, et nous oublions si vite dans notre siècle !! C'était aussi un encouragement aux gens de bien, que de livrer à la publicité la plus longue possible la vie et les actes des personnes qui, après avoir payé leur dette à la société, avaient payé à la nature une autre dette à laquelle personne encore n'a pu se soustraire... ». Puisque nous avons touché une si grave matière, qu'on nous permette encore de rappeler sur le même sujet une réflexion d'un illustre académicien, exprimée par lui avec autant de grâce que de vérité : « La sépulture, dit-il, était pour les anciens, moins le terme de l'existence qu'une nouvelle manière d'être, le tombeau une autre sorte d'habitation, et la mort elle-même une espèce de continuation de la vie. C’est à cette pensée naïve et touchante que nous devons, avec presque toutes nos richesses archéologiques, les connaissances dont elles sont devenues entre nos mains le signe matériel et l'élément palpable ; c'est enfin le mobilier de la tombe qui a servi à former nos musées et qui continue tous les jours encore à les enrichir et à les orner » (RAOUL ROCHETTE)].
Je renverrai de plus à la collection des statuettes gallo-romaines en terre cuite, découvertes à Toulon-sur-Allier, et si bien décrites par M. E. de Payan-Dumoulin, dans le t. XXI des Annales de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts du Puy (1851-58). La plupart portent des chevelures artistement bouclées [Note : Des statuettes semblables ont été trouvées près de Penmarch, à l'extrémité du Finistère, par M. du Chatellier qui a découvert là un atelier où l'on confectionnait des figurines destinées à être répandues dans les populations que les conquérants du monde espéraient ramener à leurs croyances et à leurs idées en les soumettant à leurs armes. Enfin ces figurines ou idoles se sont retrouvées dans la forêt d'Evreux (Eure), à Javols (Lozère), dans le Loir-et-Cher, etc. Le Musée de Tours possède plusieurs de ces statuettes avec les moules de fabrication. Voir le Bulletin monumental (1856)].
Enfin cette tête, et le corps de la statue aussi, sans doute, ont été sculptés dans un schiste légèrement rougeâtre, assez tendre, qui doit appartenir à la Bretagne, contrée essentiellement granitique et schisteuse [Note : « Ce n'est pas sans étonnement, dit M. de Caumont, que j'ai vu nos grès schisteux et nos schistes argileux rougeâtres du Calvados, polis et taillés par les architectes romains pour former des bordures à l'intérieur des maisons de Lillebonne, de Vieux et de Lisieux » C. d’antig., ère gallo-rom.].
Terminons la liste des objets découverts dans le Breuil en annonçant que le 9 décembre 1865, François Ricard fils, continuant les fouilles dont je l'avais chargé, a trouvé un douzain d'Henri IV. Nous en pouvons conclure que ces bâtiments, d'origine gallo-romaine, étaient encore occupés à la fin du XVIème siècle. Nous savons par la tradition qu'ils avaient cessé de l'être quelque temps avant la Révolution française de 89.
Cette ruine d'un établissement gallo-romain est à joindre à plusieurs autres qui ont été découvertes dans les Côtes-du-Nord, particulièrement sur le littoral, à Plérin, où elles ont été étudiées par MM. Gaultier du Mottay et Geslin de Bourgogne, à Hillion, à Binic, etc., dans l'intérieur des terres, à la Mare-Pilais, en Plénée-Jugon, à quatre ou cinq kilomètres du Breuil ; à Caulnes, station du chemin de fer de Rennes à Brest, à vingt-cinq kilomètres Est de Plestan ; à Rillan, canton de Quintin ; à Crec’h-Moellon, en Kergrist ; à Loquivy-Plougras, canton de Plouaret, etc. Nous devons à M. Gaultier du Mottay une excellente note avec plans, sur les substruction gallo-romaines de Caulnes, qui formaient, non une villa, mais un groupe d’habitations de plus d’un hectare d’étendue [Note : Caulnes a vu naître le vénérable Mathieu Ory (1487), de l'ordre des Frères Prêcheurs, grand inquisiteur de France, etc. Il ouvrit à Paris un cours de théologie. Le livre des Exercices d'Ignace de Loyola, qui étudiait alors dans la capitale de France, fut déféré à Mathieu Ory, qui l'approuva et plus tard le défendit encore à Rome où il avait été attaqué. Ainsi la célèbre compagnie de Jésus doit à un enfant de Caulnes de n'avoir point été étouffée au berceau. Ory fut enterré dans la chapelle de Saint-Thomas-d'Aquin, à Paris (1557)].
Les savants archéologues que nous venons de nommer, font remonter ces monuments au IIIème siècle, ou au commencement du IVème siècle. Ils en attribuent la destruction à l'invasion barbare ou à la révolte des Bagaudes au Vème siècle. Toutes ces observations peuvent être appliquées au monument du Breuil ; seulement il faut admettre une restauration pour ce dernier établissement qui aurait subsisté jusqu'au XVIIIème siècle [Note : M. Geslin de Bourgogne se plaignait, en 1847, dans les Annales archéologiques (t. VI), de ce qu'il appelait l'inertie départementale dans les Côtes-du-Nord. « Cependant chaque jour, disait l'éminent correspondant des Comités historiques, on voit s'effacer quelque camp romain, quelque bout de voie antique ; chaque jour des bornes milliaires et des monuments druidiques sont brisés pour faire du macadam. Nos églises, nos châteaux, nos remparts des XIème, XIIème, XIIIème, XIVème et XVème siècles s'écroulent… ». Depuis cette époque, nous croyons que, dans les Côtes-du-Nord, comme dans le reste de la France, le goût et le zèle se sont réveillés pour les recherches et les travaux concernant l'antiquité et le moyen âge. Dans ce vaste et beau département il y a de grandes richesses archéologiques, bien propres à stimuler l'ardeur des hommes lettrés du pays et à encourager leurs efforts qui ne peuvent manquer d'obtenir les plus brillants résultats. — Du reste, ces plaintes, qu'adressait à ses compatriotes bretons, M. Geslin de Bourgogne en 1847, l'illustre M. de Caumont les adressait lui-même en 1856, dix ans plus tard, à la jeunesse lettrée de tous nos départements : « Disons-le, la Gaule romaine est loin d'être complétement explorée ; il y a encore énormément à faire, et malheureusement nous n'avancons guère : la génération actuelle a trop peu de courage pour explorer nos voies romaines, nos débris de construtions antiques, qu'il faut aller chercher au milieu des ronces, sous des buissons. Cette besogne est au dessus des forces de nos jeunes antiquaires à gants jaunes, plus habiles à fumer des centaines de cigarres, qu’à faire à pied quelques kilomètres à la recherche d’une voie ou d’un monument antiques ». Bulletin monumental, 22ème vol. p. 320].
(Louis-François Jéhan).
© Copyright - Tous droits réservés.