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SAINT-GUEN

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La commune de Saint-Guen (bzh.gif (80 octets) Sant-Wenn) fait partie du canton de Mûr-de-Bretagne. Saint-Guen dépend de l'arrondissement de Guingamp, du département des Côtes d'Armor (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAINT-GUEN

Saint-Guen vient, semble-t-il, de « sainte Guen », épouse de saint Fracan, fondateur de la paroisse de Ploufragan.

Saint-Guen est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Neulliac. Saint-Guen (Saint-Gwen) est, sous l'Ancien Régime et jusqu'en 1803, une succursale de la paroisse de Mûr (Mûr-de-Bretagne). Elle dépendait de l'évêché de Quimper et de la subdélégation de Pontivy. Elle ressortissait au siège royal de Ploërmel.

Son territoire cède à celui de Saint-Connec : les villages de Luzurien, Pendelin, le Bot-Pierre (en 1840) et Tréhouet ou Saint-Caradec (en 1841), en échange des villages de Guergadic, Parc-Meur, Le Petit-Rodoué et Lézouen, Le Communo et Lotavy. La première municipalité de Saint-Guen est élue en 1790.

On rencontre les appellations suivantes : Par. de Saint Guen (en 1444), treffve de Sainct Guen (en 1535-1536).

Mariage à Saint-Guen (Bretagne).

Note 1 : le 4 novembre 1667, meurt à Saint-Guen en odeur de sainteté Catherine Daniélou, née à Quimper vers 1619. Extrait d'un registre de l'Etat-Civil de Saint-Guen : " 1667. — Honorable femme, Catherine Danielou, native de Quimper, âgée d'environ 48 ans, ayant demeuré en cette trève depuis la my mai dernière, étant venue en pèlerinage à Saint-Elouan. Ayant aussi agonisé durant un mois entier, comblée de peines, de grâces et de mérites, mourut le vendredi au soir, environ les neuf ou dix heures avec toutes les marques de piété possible le 4ème jour de novembre, dans l'octave de la Toussaint et des Trépassés, auxquels elle avait eu très grande dévotion, y fut enterrée dans cette église tréviale de Saint Guen, en Mûr à côté droit de l'autel de la chapelle des Trépassés, sous l'image de Saint Mathurin (?), près la muraille, dans le ballustre, dans un petit tombeau relevé, le jour de l'octave des dits saints, ayant resté cinq jours sans avoir été inhumée, assistée de 28 prêtres et très grand concours de peuple de diverses paroisses, en odeur de très grande sainteté. Il est vrai que ça a toujours esté un miracle de patience comme Job, un miracle de pénitence, un coeur tout d'or de charité envers Dieu et ses créatures, et vray fille de la croix du sauveur, soeur de la pauvreté, humilité, miséricorde et toutes les vertus qu'on puisse désirer dans une âme. Cà a été un théâtre de la miséricorde de Dieu et de ses bontés et aussi une victime exposée aux rigueurs de sa justice pour les pêcheurs ; çà a été le mépris des hommes et l'aimée de Dieu : çà a été un objet de la rage de l'enfer et des caresses du paradis. En foi de quoi nous avons signé. Galerne, recteur de Mûr. J. Billon, prêtre. Y. Gallerne, diacre ".  

Note 2 : la commune de Saint-Guen est formée des villages : Castel-Ru, Kerguistin, Kermain, Coëtnezo, Coëtsalio, Lotavy, Colmain, etc.. Parmi les lieux dits : Le Clos du sol de Saint-Jean.

Note 3 : Recteurs ou desservants de Saint-Guen. Monsieur Gallerne signe prêtre seulement du 3 mars 1683 jusqu'en 1730. Avant lui paraît Jean Billon dont le tombeau probablement existe encore, à la fin du XIXème siècle, dans le cimetière. Après M. Gallerne, nous voyons M. Pierre Le Denmat qui mourut en 1773, à 77 ans, après 42 ans d'exercice. En 1783, M. Jean Odic, de la paroisse de Neulliac, traverse la période révolutionnaire sans prêter le serment exigé par la Constitution civile du Clergé. Il voulut émigrer en Angleterre avec M. Jouhannic, prieur des carmes de Sainte-Anne et M. Le Bris, recteur de Saint-Connec et se rendit jusqu'à Erquy pour s'embarquer. Mais là il changea de résolution et revint dans sa paroisse accompagné de M. Jouhannic. De retour à Saint-Guen, ils se tinrent cachés de leur mieux. Depuis 1795 jusqu'à la fin de 1801, M. Odic, curé d'office de Saint-Guen et de Saint-Connec, a baptisé plus de 300 enfants. Dans ce nombre, il y a des enfants de Saint-Connec, de Saint-Caradec, du Quillio, de Mûr, de Merléac et même de Loudéac. Le 25 nivôse an XII, M. Odic fut renommé recteur de Saint-Guen. En 1814, ses infirmités l'obligèrent à se retirer dans sa famille à Neulliac, où il mourut peu de temps après. M. Augustin-Joseph Le Denmat, ci-devant capucin, lui succéda. Prêtre assermenté, il reconnut bien vite son erreur et la répara par une vie édifiante. M. Ferrier succéda à M. Le Denmat ; il était recteur en 1822, ainsi que l'atteste une inscription à Saint-Elouan, il passa trois ans à Saint-Guen et fut nommé à Illifaut. M. Carimalo ne resta que 15 mois à Saint-Guen et fut remplacé par M. Diveu qui fut recteur jusqu'en 1834. Nous voyons ensuite M. Le Barse, M. Chevalier et enfin M. Poret qui meurt peu après son arrivée en 1844. M. Coyen, nommé par Mgr. Le Mée en 1850, mourut en 1874 ; la paroisse lui a érigé un tombeau. M. Louis Fraboulet lui succéda : il mourut après deux ans de ministère, laissant de profonds regrets. M. Pierre Guérin-Villaubreuil nommé en 1876 n'y resta qu'un an. M. Théophile Le Mené lui succéda. Il mourut à Saint-Guen en 1884. M. Alain Thomas fut recteur après lui jusqu'en 1900 ; il démissionna alors pour cause de santé et M. Pierre Perrot lui succéda (René Le Cerf).

Voir aussi   Saint-Guen "La Chronique des abbés Gallerne (extraite de l'Etat-Civil)". 

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PATRIMOINE de SAINT-GUEN

l'église Sainte-Marie-Madeleine (1610-1611). Eglise en forme de croix latine dont le transept est formé par deux chapelles, séparées chacune de la nef par deux arcades, chapelles dont les toits sont parallèles au toit de la nef et non perpendiculaires. Elle date de plusieurs époques : Le choeur et la nef furent édifiés en 1610 et 1611. La première pierre de la tour fut bénite en 1707, la sacristie fut reconstruite en 1777 et toute la charpente de l'église refaite en 1785. L’église renferme le tombeau de Catherine Daniélou, née à Quimper vers 1619 et décédée en odeur de sainteté à Saint-Guen le 4 novembre 1687. " Mobilier : Autels attribués à Corlay ; balustrade de tribune, provenant suivant la tradition de la chapelle Saint-Pabu ; statues anciennes de saint Guen, sainte Vierge, saint Pabu, saint Yves, sainte Barbe, sainte Catherine, saint Jean évangéliste, saint Louis, saint Roch, saint Ange Gardien et, parmi les modernes, de saint Aubin (sanctus Albinus, traduction de saint Guen). Le tabernacle du maître-autel est moderne et fut donné sous le rectorat de M. Perrot (+ 1912) par M. Lemercier, recteur de Pordic. L'ancien fut vendu cinq francs à Pontivy " (R. Couffon). On y trouve un ossuaire du XVIIème siècle ;

Nota 1 : ; La paroisse de Saint-Guen qui, comme Saint-Connec, fut, de temps immémorial, une trêve de Mûr, dépendant du diocèse de Quimper, a été érigée en succursale par décret du 1er frimaire an XII (23 novembre 1803). Cette transformation était une conséquence des articles du Concordat qui décidaient une nouvelle circonscription du diocèse et reconnaissaient subsidiairement aux évêques le droit d'établir la circonscription des paroisses (Concordat, articles 2, 3, 9 et 10). A partir de cette époque, toute la région fut rattachée uniformément, pour le spirituel, au diocèse de Saint-Brieuc, et pour le temporel, non plus à la sénéchaussée de Pontivy, mais à l'arrondissement de Loudéac, département des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor). La nouvelle paroisse ainsi créée fut maintenue sous le vocable de Sainte Marie Madeleine ; à cause d'une chapelle dédiée à Sainte Marie Madeleine ; mais il est possible que l'église tréviale ait eu un autre anciennement, parce qu'on ne voit ce nom employé dans le registre qu'en 1776. Cette église qui, dans sa forme actuelle, est une construction assez banale, moitié style renaissance, moitié style ogival, a été rebâtie vers 1610. On trouve en effet sur une corniche en bois la date de 1610 et l'on peut encore lire sur une croix placée en face de la chaire la date de 1611. Les deux baies latérales sont séparées de la nef par deux ogives dans le style du XIVème siècle. La chapelle des défunts, côté de l'évangile, possédait, il y a quelques années, une fenêtre à meneaux fleurdelisés assez remarquable, indiquant la période du XVème siècle. Les autels de style renaissance sont remarquables. Celui de la petite chapelle des fonds baptismaux est un petit chef-d'oeuvre en son genre. Ils sont tous du sculpteur Corlay. Le choeur est très vaste et se termine par une sacristie reconstruite en 1777. Une plaque commémorative dans la chapelle du côté droit de l'église marque que là reposent les restes de Catherine Danielou, pieuse veuve de Quimper, morte en odeur de sainteté, le 4 novembre 1667, lors d'un pèlerinage qu'elle faisait au tombeau du père Maunoir. Le 1er septembre 1890, ses restes furent relevés, avec l'autorisation de Mgr. Fallières, replacés dans un cercueil en chêne et attendent qu'il plaise à Dieu de glorifier sa fidèle servante. Une petite niche au-dessus de la sacristie renferme une statuette représentant, en costume des villageoises de Quimper, la sainte veuve Catherine Danielou. Cette statuette se trouvait autrefois, comme cela se voit très souvent en Bretagne, à une fontaine au nord de l'église, qu'on appelait fontaine de Sainte Catel, mot qui est la forme populaire du mot français Catherine. Au midi de la sacristie, à l'extérieur, se trouvait sur une grande pierre qu'on voit encore l'écusson des Rohan, ce qui nous indiquerait que la chapelle de sainte Madeleine, comme celle de sainte Tudgual ou Pabu, aurait été bâtie par les Rohan. La fête patronale se célèbre le dimanche qui suit le 22 juillet, jour de sainte Madeleine. Autrefois, à ce pardon, il se faisait une procession solennelle du Saint Sacrement dans le bourg, et du haut d'un reposoir on donnait la bénédiction comme au jour de la Fête-Dieu. Cet usage est aboli ; mais ce qui existe encore, c'est que tous les ans, alternant d'année en année entre le pardon de sainte Madeleine et celui de saint Elouan, le clergé de Mûr, avec sa croix et ses bannières, va aux deuxièmes vêpres et à la procession de la fête, rendre au clergé de Saint-Guen la pieuse politesse que celui-ci lui a faite quelques jours avant pour la sainte Suzanne, le dimanche qui suit le 5 juillet. Dans la paroisse de Saint-Guen se trouvent la chapelle de saint Tugdual ou Pabu et celle de saint Elouan (René Le Cerf).

Eglise de Saint-Guen (Bretagne).

la chapelle Saint-Elouan (1651-1653), fondée, semble-t-il, par la famille Galerne sur le tombeau de saint Elouarn. En 1646, la chapelle Saint-Elouan tombant en ruines le recteur de Mûr décida de la reconstruire et autorisation lui en fut donnée le 9 juillet 1650 par Louis de Bourbon, veuf de Charlotte de Kerveno, dame de la Roche-Guéhennec. La pose de la première pierre eut lieu le 26 juillet 1651 et le bois du dôme du clocher fut levé le 22 août 1653. C'est un bel édifice en forme de croix latine. A l'intérieur un enfeu, au-dessus du tombeau de saint Elouan, porte l'inscription : FAIC L AN 1653 pour M. S. LUCAN.  Le tombeau en granit de l'époque gallo-romaine (IX-Xème siècle) porte l'inscription du XVIIème siècle : - Ici dessous où voyez l'eau - De saint Elouan c'est le tombeau - Priez Dieu dans sa Maison - De vos maux aurez guerison. Correspondant à cet enfeu, à l'extérieur, tombeau monumental de saint Elouan avec l'inscription : - DEO OM. ET SANCTO ELUANO - FAIT FAIRE A DIEU SOIT L HONNEURS - S. ELOUAN SON SERVITEUR - PAR DEUX G. GALERNE VOUS ASSEURE - ONCLE ET NEVEU RECTEURES - DE MUR. L AN 1656. " Mobilier : Maître-autel du XVIIème siècle avec, en peintures, saint Joseph et saint Louis ; statues anciennes : à l'extérieur : saint Elouan en ermite ; à l'intérieur : Père Eternel, sainte Vierge, saint Elouan, saint Corentin, saint Yves, saint Gobrien. Dans les vitraux modernes : saint Elouan et saint Guen " (R. Couffon). « On conserve dans les archives de la paroisse une permission accordée par Louis de Bourbon pour la réédification de la dite chapelle (9 Juillet 1650) ; cette pièce porte un double cachet aux armes de France. Cette chapelle, édifiée avec une foi si vive au milieu du XVIIème siècle existe encore en fort bon état. Elle est assez vaste, dans un goût moderne, en forme de croix. Elle a trois autels ; le maître-autel et deux dans les chapelles latérales. En dehors de la chapelle, existe, sur la côtale du devant, le tombeau de Saint Elouan renfermé par une balustrade en pierre de taille ; le tombeau proprement dit a la forme d'un enfeu voûté dans la longère sud du choeur de la chapelle ; à l'extérieur, le cercueil de pierre est posé au niveau du sol et recouvert d'une dalle. L'extrémité du cercueil de pierre est cassée et laisse apercevoir la partie intérieure où reposait la tête du saint. Les fidèles y déposent pour offrande des épingles et y introduisent leur tête. Quelquefois il y a de l'eau dans ce cercueil, mais c'est sans doute de l'eau de pluie qui y est amenée par les vents du sud ; l'eau miraculeuse a été trouvée dans une autre situation avant la construction du tombeau. Sur le frontispice du tombeau, entre deux corniches, on lit ces mots : Deo. O. M. et Sancto Elouano, suivis de cette inscription rimée : - Fait faire à Dieu soit l'honneur - Saint Elouan son serviteur, - Par deux G. Gallerne vous assure - Oncle et neveu, recteurs de Mûr, - 1656. Et sur la pierre tombale, cet autre quatrain : - J'ai dessous où vous voyez l'eau, - De Saint Elouan c'est le tombeau, - Priez Dieu dans sa Maison, - De vos maux ayez guérison. Contrairement à ce qui existe pour presque toutes les chapelles du pays, il n'y a pas de fontaine à Saint-Elouan. La fontaine dédiée au saint est assez éloignée de là et n'est pas très visitée. La fête patronale de cette chapelle se célèbre le dernier dimanche d'août. Deux dimanches par année on y fait l'office paroissial, le premier dimanche de Mai et l'avant-dernier dimanche d'août » (R. Le Cerf) ;

Nota 2 : On ne sait si Saint Elouan était breton insulaire ou armoricain. Il s'établit près du ruisseau nommé Le Douef, dans la forêt du Porhoët qui s'étendait de Gaël à Corlay. Alors régnait, au VIIème siècle, Saint Judicaël. Ce monarque avait des châteaux dans cette contrée et les habitait de temps en temps. Protecteur zélé des serviteurs de Dieu, il remarqua Saint Elouan, lui voua une estime particulière, lui bâtit et meubla un ermitage. Elouan fuyant les faveurs de la cour, et voulant mener une vie encore plus retirée, consulta l'aumônier de la reine Mérone. Ce fut Bilé qui l'affermit dans sa résolution et l'accompagna dans sa retraite. Il vint se fixer près de Mûr dans la paroisse de Saint-Guen, Là, il répandit le parfum de ses vertus et mourut saintement dans ce second ermitage. La chapelle primitive qui abritait le tombeau de l'apôtre de la Cornouaille tombait en ruines au moment où le P. Maunoir, en 1646, commençait les missions qui devaient rendre son souvenir si vivant encore dans la région. On ne disait plus la messe dans la chapelle, les ronces et les épines qui croissaient autour du sanctuaire en avaient rendu l'entrée inaccessible. Pourtant Dieu venait de permettre de véritables prodiges sur le tombeau du saint anachorète. Le tombeau de Saint Etouan fut vers le commencement du dix-septième siècle rempli d'une eau miraculeuse. Mgr. du Louet, évêque de Quimper, ordonna une enquête juridique en 1646 sur cette eau et sur les grâces attribuées à l'intercession de Saint Elouan. MM. Paul Piriou, recteur de Neulliac ; Julien Fraboulet, recteur de Saint-Caradec ; Guillaume Gallerne, recteur de Mûr furent adjoints aux P. P. Bernard et Maunoir pour prendre les informations. Le sol fut fouillé, l'eau enlevée, on ne trouva nulle trace de source ; l'eau mise dans des bassines tendait à se corrompre, tandis que le tombeau le lendemain était rempli d'une eau limpide. Un vieillard, Jean Le Meur, fut interrogé et certifia que quarante-six ans auparavant la chapelle était abandonnée ; une vieille femme du même village que lui, étant entrée pour prier et voyant la statue du saint anachorète couverte de poussière se mit à la nettoyer. Puis tombant à genoux et la replaçant : « 0 saint barbu, lui dit-elle dans sa naïveté, je t'ai rendu plus beau, fais nous quelque miracle ». Le lendemain, elle trouva le tombeau plein d'eau. Les plus anciens témoignèrent que cette eau ne s'était desséchée ni pendant le grand hiver de l'an 1604, ni pendant l'été suivant dont les chaleurs avaient tari la plupart des sources. Enfin cette eau stagnante n'était jamais corrompue. Un sourd affirma avoir recouvré l'ouïe aussitôt après avoir mis de cette eau dans ses oreilles. 

Nota 3 : Extrait de la Vie du P. Maunoir, par le P. Séjourné, de la Compagnie de Jésus. M. Guillaume Gallerne qui avait été guéri plusieurs fois au tombeau de Saint Elouan, avait pris à coeur la reconstruction de l'ancienne chapelle. Déjà, depuis la grande mission de Mûr, en 1646, la dévotion au grand protecteur de ces contrées s'était ranimée et des grâces insignes avaient récompensé la foi des pèlerins accourus des évêchés de Quimper, de Tréguier, de Saint-Brieuc et de Vannes. Le carême de 1650 avait donné une impulsion nouvelle à la confiance des peuples. M. Gallerne ne voulut pas différer plus longtemps de mettre la main à l'oeuvre. Il pria les P. P. Bernard et Maunoir de se rendre à Mûr, afin de disposer les habitants de la paroisse et ceux de la trève de Saint-Guen aux grandes solennités qui devaient accompagner la pose de la première pierre. La sainte veuve Catherine Danielou fut invitée par le recteur de Mûr à venir joindre ses prières à celles des fidèles de sa paroisse, et son humble obole fut le point de départ des largesses qui se firent en vue de la construction de la Chapelle. Saint Elouan fit connaître dans de mystérieuses apparitions qu'il désirait que son tombeau demeurât comme autrefois enclavé dans la muraille de la nouvelle chapelle. Il disait que de nombreux pèlerins viendraient la visiter, que l'eau de son tombeau multiplierait les miracles, que les sourds entendraient, que les boiteux marcheraient, et que les affligés trouveraient près de lui secours et consolations. Le Vénérable P. Maunoir fit imprimer des cantiques à Saint-Elouan où toutes ces grâces futures étaient rappelées, et prépara les populations à la grande fête. La pose de la première pierre eut lieu le 26 juillet 1651. Une procession générale d'enfants avait été organisée par le P. Maunoir : elle représentait toutes les saintes phalanges du paradis. Bien que toute la matinée eût été fort pluvieuse, le Vénérable n'hésita pas à donner l'ordre du départ. Mais au moment où celui qui faisait le rôle de Saint Michel, franchit l'enceinte de l'église de Mûr, la pluie s'arrêta soudain et le reste de la journée, le temps fut magnifique. Quand la procession fut arrivée sur les terres de Saint-Guen, au tombeau de Saint Elouan, le P. Maunoir monta dans une chaire improvisée et adressa la parole au plus bel auditoire qu'il eût jamais eu jusqu'alors. Près de trente mille pèlerins venus des quatre évêchés de Cornouaille, de Tréguier, de Saint-Brieuc, de Vannes, étaient là pour l'entendre. Sa prédication fut si émouvante qu'elle renouvela dans tous les coeurs la dévotion des fidèles envers Saint Elouan, et son tombeau devint plus célèbre que jamais. Un concours immense de peuple se fit de nouveau autour du tombeau. Les pénitents assiégèrent la place. Le P. Maunoir et le P. Bernard ne suffisant plus à la tâche, M. Galerne, recteur de Mûr et six prêtres de sa paroisse en partagèrent les fatigues avec eux. Depuis lors, chaque année, prés de quatre-vingt mille pèlerins se rendaient au tombeau de Saint Elouan et pouvaient voir de leurs yeux l'accomplissement littéral de la prophétie du saint anachorète. Car ainsi qu'en faisaient foi les dépositions des témoins et les actes authentiques rédigés sur l'ordre de Mgr. de Cornouaille, par le recteur de Mûr, les paralytiques marchaient, l'ouïe était rendue aux sourds, et les malades les plus incurables étaient guéris. Ajoutez à cela, écrit le P. Maunoir, que les prodiges opérés dans les corps ne semblaient être que le symbole des merveilles accomplies dans les âmes des pécheurs. Quant à la chapelle de saint Elouan, M. Galerne en poursuivit pendant cinq ans la construction. Les libéralités des Bretons lui vinrent en aide, et les seuls habitants de Mûr lui fournirent environ trois mille charrois (Vie du Père Maunoir, par le Père Séjourné).

la chapelle Saint-Tugdual ou Saint-Pabu (1501), restaurée en 1874 sur des plans établis par l'abbé Daniel, recteur de Mûr-de-Bretagne. Edifiée en forme de croix latine datant du début du XVIème siècle (vers 1501) et restaurée au XIXème siècle aux frais de Mgr. David. En mai 1874, la façade ouest fut reconstruite sur les plans de l'abbé Daniel. " Mobilier : Jubé gothique ; chaire à prêcher sur les panneaux de laquelle on voit : saint Yves entre le riche et le pauvre, saint Tugdual foulant le dragon, saint Jean à Patmos, saint Mathurin et l'ange ; statues anciennes de saint Tugdual, Notre-Dame de Délivrance, sainte Anne, saint Fiacre, saint Maudé, saint Evêque et Diacre. Le retable de l'autel porte la date de 1775 et est décoré des armes des Joannic " (R. Couffon). Le Jubé, en bois sculpté, date du début du XVIème siècle. On y voit un reste de verrière du XVIème siècle. Le retable de 1775 porte les armes de la famille Rohan ;

Nota 4 : La chapelle de Saint Tugdual ou Pabu est faite en forme de croix et assez vaste ; il n'y a qu'un seul autel, mais il y a place pour en mettre dans les deux chapelles latérales ; il y a encore quelques vieux vitraux et de vieilles sculptures à la balustrade d'une tribune au bas de la chapelle, ce qui marque son antiquité. La chaire a d'anciennes sculptures. La fête patronale de cette chapelle se célébrait autrefois le dimanche dans l'octave du Saint Sacrement : la procession du Saint Sacrement parlait de l'église pour la chapelle. M. Diveu, recteur de Saint-Guen, changea cet usage. La fête de saint Pabu se solennise le dimanche qui suit l'octave du Saint Sacrement. Deux dimanches par année on fait l'office paroissial à cette chapelle ; savoir le premier dimanche de carême et le dimanche qui suit le jour de Saint Mathieu. D'après le témoignage de savants antiquaires et des archéologues du meilleur goût, la chapelle de Saint-Pabu serait du XIVème ou du XVème siècle. La façade ouest, surmontée d'une espèce de cheminée en bois où se trouvait la cloche, menaçait ruine. Depuis longtemps le conseil de fabrique de Saint-Guen songeait à y faire des réparations devenues urgentes. Enfin, en mai 1874, voulant profiter des habiles ouvriers qui venaient de construire l'église de Mûr, le recteur de Saint-Guen s'entendit avec M. Daniel, curé, qui lui donna un plan et ses ouvriers pour l'exécuter. Ainsi fut entièrement reconstruite cette façade, à, l'exception toutefois de la porte qui a été intégralement conservée, de même que l'écusson qui la surmonte, bien que cet écusson ne soit pas de la date de l'ancienne façade. En effet, la famille du Joannic à qui appartient cet écusson n'a été anoblie qu'au commencement du XVIème siècle, et évidemment la chapelle est antérieure à cette date. D'ailleurs cet écusson ne se trouve pas dans la grande verrière du choeur où nous voyons cependant d'autres armoiries, celles des du Fou et des Monfort en alliance, celles de Rohan et de Bretagne, également en alliance. Or, si à cette époque, la famille Joannic eût contribué en quelque manière à l'érection de la chapelle et si elle eût eu des armes, elle n'aurait pas manqué de les placer dans cette verrière, comme elle les a placées plus tard sur le retable de l'autel, lequel doit lui appartenir. L'écusson de la façade serait probablement du même âge que ce retable qui porte la date de 1775 [Note : On s'est demandé et on se demande encore quelle peut bien être la date de l'érection de cette chapelle. Nous croyons qu'on peut la connaître à quelques années près. Les armes de Rohan et de Bretagne qui se trouvent en alliance dans la grande verrière indiquent selon nous d'une manière certaine que cette chapelle a été construite à une époque ou ces deux familles de Rohan et de Bretagne étaient unies par un mariage. Or l'histoire nous apprend que Jean II de Rohan épousa en 1461 Marguerite, fille de Francois Ier, duc de Bretagne]. En faisant les fouilles pour prendre les fondations on a trouvé quelques ossements, notamment deux crânes presque entiers. Ces ossements ont été placés à côté des armes de Mgr. David au milieu de la façade (René Le Cerf).

Nota 5 : La chapelle Saint–Tugdual en Saint-Guen est fort intéressante et offre à l'archéologue un riche mobilier : jubé, chaire à prêcher, retable, statues anciennes et quelques fragments de verières. Selon la tradition, elle aurait été édifiée par Jean II, vicomte de Rohan, et Marie de Bretagne, sa femme, lors de la nomination de Claude de Rohan, leur fils, à l'évêché de Cornouailles, le 25 juin 1501 [Note : La chapelle a été complètement restaurée et la façade ouest refaite en 1874]. De fait, les différentes sculptures et les fenêtres à meneaux fleurdelisés de l'édifice semblent bien confirmer cette date ainsi que les blasons conservés dans la maîtresse vitre. L'on trouve, en effet, en supériorité dans le tympan de celle-ci, les armes de Rohan, seules et en alliance avec Bretagne [Note : Membre de la maison de Rohan, Jean II de Rohan est le fils d’Alain IX de Rohan († 1462) et de Marie de Lorraine-Vaudémont († 1455). Il fut vicomte de Rohan, de Léon et comte de Porhoët. Il épousa en 1468 (1462 ?), Marie de Bretagne, fille du duc François Ier de Bretagne. Marie de Bretagne était la belle-soeur du duc François II (par l'union de sa sœur ainée, Marguerite, à François II en 1455), et Jean II, vicomte de Rohan, eut par Marie de Bretagne des prétentions à la couronne ducale. En effet le couple Marguerite-François II a un fils qui vécut 3 mois et Marguerite qui meurt en 1469. A partir de cette date, Jean II de Rohan devient héritier du trône après les filles de François II] ; puis, au-dessous, du côté de l'évangile, un écartelé du Fou et de Monfort Gaël, armes des seigneurs de la Roche Guehennec ; enfin, du côté de l'évangile, un losangé de sable et d'argent, armes des Kerhoent. Outre ces armoiries, la maîtresse vitre renferme dans ses trois lancettes quelques débris de vitraux en fort mauvais état (Visite d'août 1934) ; et dont, si l'on n'y prend garde, il ne restera bientôt plus que le souvenir. L'un d'eux représente saint Tugdual, la tiare sur la tête, selon la tradition, fausse mais trés ancienne, qui veut qu'il ait été pape ; tradition probablement due à la traduction un peu simpliste de son surnom de Pabu en pape. Sur un fond bleu, le saint, bénissant, porte une aube blanche à parements d'or, une dalmatique rouge brodée d’or et une chape perlée brune. Le dessin simple et net sans aucun modelé, les teintes plates et assez pauvres rappellent les portraits d'encre dont nous avons parlé à propos de Saint Léon de Merléac et dont nous retrouverons un autre exemple à Langast. Au-dessous, de facture analogue, trois panneaux sont relatifs à des scènes de la Passion. Le premier représente, sur fond bleu, le Christ au Jardin des oliviers. Le Christ, en robe jaune et manteau rouge, recolle l'oreille de Malchus, qui porte encore la robe courte froncée des règnes de Charles VII et de Louis XI. Saint Pierre, remettant l'épée au fourreau, est en manteau rouge ; tout le reste de la scène en grisaille blanche et or. Le second panneau représente, sur fond rouge, le portement de croix. La robe du Christ est brune, tout le reste blanc et or. Il est à remarquer que l'un des personnages porte déjà le bonnet de feutre à bord relevé en usage sous le règne de Louis XII. Enfin, en un seul panneau, sont représentés la descente de croix et la mise au tombeau sur fond or. Seuls, les manteaux bleu de la Vierge et rouge de la Madeleine, donnent une note de couleur. Suivant le registre paroissial, il existait jadis dans la lancette centrale un petit panneau en grisaille représentant un moine nimbé prêchant en chaire, le bras gauche étendu et tenant un livre de la main droite. Tout autour de la chaire, des hommes et des femmes écoutant les mains jointes. De chaque côté, un phylactère. Celui de droite portait en lettres gothiques : « Vidi angelum volantem per medium coeli... » ; celui de gauche : Les miracles fit Dieu pour saint Vincent en son vivant. Ce panneau a aujourd'hui disparu. La fenêtre du transept du côté de l'évangile ne renferme plus que quelques fragments de vitraux dans le tympan. Dans le lobe supérieur de la fleur de lys, sur fond bleu, un saint Michel, en armure argent et or, terrasse le dragon, petit panneau exécuté d'après un carton allemand. Au-dessous, dans le lobe de droite, un angelot tient une discipline. Dans l'une des lancettes, une sainte Marie Madeleine n'existe plus aujourd'hui. Fenêtre du transept côté épître. Dans les trois lobes du tympan sont des angelots or et argent sur fond azur tenant des phylactères avec les inscriptions respectives suivantes : Gloria in Ex Celsis Deo .. Ft in terra pax hominibus .. Bonae voluntatis. L'un des angelots porte sur sa robe trois macles de gueules. Dans les lancettes, existaient jadis une Vierge assise tenant un enfant et un évêque bénissant, panneaux aujourd'hui disparus. Dans la longère sud de la nef, un vitrail, restauré récemment, comprend deux lancettes. Celle de gauche, entièrement refaite, représente Notre Seigneur. Dans celle de droite, sur fond rouge, est Notre Dame, nimbée d'or, et vêtue d'une robe rouge et d'un manteau bleu. Dans les mouchettes du tympan, sur fond rouge, une sainte Véronique, en robe verte, à rapprocher de celle de Langast et d'une sainte Véronique du maître E. S. ou maître de 1466. Au-dessous, le soleil et la lune. La figure très ronde de la Vierge, son expression un peu vide, les plis de sa robe, malheureusement beaucoup trop refaits depuis la dernière restauration, dénotent un carton d'influence rhénane (Contribution à l'étude des anciennes verrières - Société d'Emulation des Côtes-d'Armor, 1935).

les croix du Sénéchal (XVème siècle, située place de la Mairie), de Golevin (XVème siècle), du cimetière (XVIIème siècle), de Kergal (XVIIème siècle), de Kermain (XVIIIème siècle). " Dans la paroisse, croix du XVème siècle, dite du sénéchal. Jadis sur la route d'Uzel à Mûr, elle a été transportée à son emplacement actuel en 1875 par les soins de M. de Keranflech" (R. Couffon) ;

le calvaire des Deux-Croix (XVIIème siècle) ;

le château de Coët-Drezo ou Coëtdrezo (XIXème siècle) ;

la fontaine de dévotion de Saint-Elouan (1656). Un sarcophage qui, d'après la légende, aurait contenu le corps de saint Elouan se trouve dans une niche ; 

la fontaine de Saint-Guen (XVIème siècle), remaniée en 1876. L'ancienne chapelle Saint-Guen, aujourd'hui disparue, aurait eu saint Gobrien pour patron ;

les manoirs de Kergauton (1601), de Saint-Guen (XIXème siècle) ;

les fermes de Quistillic (1617, 1622) ;

les maisons de Lotavy (1670), du bourg (1677), de Saint-Elouan (1633), de Commanée-d’en-Haut (1778) ;

A signaler aussi :

le lavoir de Saint-Guen (XVIème siècle), restauré en 1876.

Lavoir de Saint-Guen (Bretagne).

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ANCIENNE NOBLESSE de SAINT-GUEN

La seigneurie de la Roche-Guéhenneuc appartenait jadis à la famille de ce nom. La maison de Guéhenneuc a produit Rolland, qui figura dans une montre d'Olivier de Clisson en 1375.

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Saint-Brieuc en 1480 et de Tréguier en 1481, on ne comptabilise la présence d'aucun noble de Saint-Guen.

(à compléter)

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