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SAINT-SAUVEUR-DES-LANDES

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La commune de Saint-Sauveur-des-Landes (bzh.gif (80 octets) Kersalver-al-Lann) fait partie du canton de Fougères. Saint-Sauveur-des-Landes dépend de l'arrondissement de Fougères, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAINT-SAUVEUR-DES-LANDES

Saint-Sauveur-des-Landes vient de la dédicace de l'Eglise. 

Au XIème siècle, Saint-Sauveur-des-Landes est un petit oratoire desservi avant le XIème siècle par le prêtre Hermeniot. Méen ou Main Ier, seigneur de Fougères y établit un poste stratégique et accroît par ses dons l'importance du petit établissement religieux. En 1040, Méen ou Main II fait don du sanctuaire religieux à l'abbaye de Marmoutiers en Touraine qui fonde un prieuré. Hermeniot, à l'exemple de son seigneur, donne à la même abbaye la moitié de la terre qui dépendait de la chapelle.

Le Prieuré touchait l'église au nord : au XVIème et au XVIIème siècles le chœur servait de chapelle privée au prieur, et les paroissiens de Saint-Sauveur-des-Landes avaient installé un deuxième chœur en haut de la nef. Le prieuré possédait un droit de haute justice. Il est uni au Grand Séminaire de Rennes en 1701. L'église est érigée en paroisse dès 1325, et dépend alors de l'ancien évêché de Rennes. 

Ce que nous savons du prieuré de Saint-Sauveur-des-Landes, membre de l'abbaye de Marmoutiers, nous fait comprendre l'importance relative qu'avait au moyen-âge la paroisse du même nom. N'était-ce pas, en effet, dans l'église de Saint-Sauveur que furent inhumés au XIème siècle Main, baron de Fougères, Adélaïde, sa veuve, et Juthal, leur fils ? (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 424). Et les habitants de Saint-Sauveur ne jouirent-ils pas jusqu'au XVIème siècle des mêmes privilèges et immunités que ceux de la ville de Fougères, étant officiellement déclarés bourgeois comme eux et exemptés comme eux de toutes coutumes ? (M. Maupillé, Notices historiques sur les paroisses du canton de Fougères, 171). Devenus vers l'an 1040 maîtres de l'église de Saint-Sauveur, les moines de Marmoutiers furent confirmés dans sa possession par les évêques de Rennes, notamment par le saint prélat Herbert, qui leur assura la jouissance de ce temple, de ses dîmes et de toutes ses dépendances, « ecclesiam Sancti Salvatoris de Landis cum decimis et omnibus pertinenciis suis » (Bulletin de l'Association bretonne, III, 241). Tant que le prieuré de Saint-Sauveur fut prospère, la paroisse qui en dépendait le fut aussi ; mais lorsqu'au XVIème siècle le prieuré tomba en commende, les bourgeois de Saint-Sauveur perdirent aussi leurs privilèges, et avec le départ des Bénédictins coïncida l'abaissement de la vieille bourgade. C'est par erreur, en effet, qu'Ogée dit (Digitionnaire de Bretagne, II, 871) qu'en 1630 un moine desservait encore la paroisse de Saint-Sauveur ; à cette époque, comme nous le verrons ci-dessous, il y avait bien longtemps que des prêtres séculiers occupaient la cure. Jusqu'à la Révolution, les propriétaires du prieuré de Saint-Sauveur levèrent la totalité des dîmes de la paroisse, mais ils en abandonnaient une partie au recteur (Pouillé de Rennes). Ce dernier, M. Thébault, déclara en 1790 qu'il jouissait, en effet, pour portion congrue, du trait de dîme du Boisnouault, estimé 600 livres ; il recevait, en outre, une pension de 300 livres du Grand-Séminaire de Rennes, maître alors du prieuré. De plus, ce recteur avait la disposition du presbytère et de son jardin, valant 36 livres (nota : l'aveu rendu au roi par les trésoriers en 1679 mentionnait, outre ce jardin, deux pièces de terre dépendant du presbytère), et était titulaire de la fondation de deux messes hebdomadaires faites jadis en son église par dom Mathurin Boyer, et rapportant alors 150 livres. De cette façon, son revenu se trouvait d'environ 1086 livres. Il y avait, en plus, d'autres fondations faites en l'église et estimées 214 livres de rente (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 27).

Le château de Chaudeboeuf était l'un des plus important du Vendelais : Henri IV l'érigea en châtellenie en 1593, pour en ordonner la destruction quelques années après. Le seigneur de Chaudeboeuf, Hamelin Pinel, exigea et obtint, après une longue lutte, l'exemption des droits de coutume pour ceux de ses hommes qui habitaient le bourg prioral, et le droit d'y lever, chaque année, sept hommes et cinq chevaux.  

On rencontre l'appellation suivante : Ecclesia Sancti Salvatoris de Landis (au XIème et XIIème siècles).

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Saint-Sauveur-des-Landes : Herméniot (au XIème siècle). Oger (« Ogerus presbyter Sancti Salvatoris » au XIIème siècle). Jean Agaice (il fut aussi en 1526 recteur de Laillé, Piré et Taillis ; il devint en 1539 chanoine de Rennes et fut inhumé dans la cathédrale, à côté de la grande porte). Jacques Helleu (en 1604). Jean Tropée (en 1607, il résigna en faveur du suivant). Jean Ernault (en 1636 ; décédé en 1673). Jean Lambert (en 1684 et 1687). François Prières (décédé en 1692). Jean Pichot (il succéda, semble-t-il, au précédent ; décédé en 1706). Pierre Bordier (prêtre du diocèse, pourvu le 13 novembre 1706, il résigna au suivant). René Villaune (prêtre du diocèse, il fut pourvu le 22 août 1710 ; il résigna avant de mourir et fut inhumé dans l'église, où l'on voit encore sa tombe, portant ces mots : Cy gist le corps de Mre René Villaune, recteur de ceste paroisse, décédé le 23 mars 1740). Michel Collin (prêtre du diocèse, il fut pourvu le 18 mars 1740 ; décédé en 1768). Jean-Baptiste Thébault (pourvu le 15 juin 1768, il gouverna jusqu'à la Révolution). Charles Genest (1803-1806). Louis-François Pezeron (1806-1848). Louis-Marie Gillot (1848, décédé en 1853). Joseph Gillot (1853, décédé en 1862). Jean-François Lesacher (en 1862). François Morel (1862, décédé en 1871). Joseph Caillel du Tertre (1871-1878). François Corvaisier (à partir de 1878), ....

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PATRIMOINE de SAINT-SAUVEUR-DES-LANDES

l'église Saint-Sauveur (XI-XII-XIXème siècle). « Il y a tout lieu de croire, dit M. Maupillé, qu'antérieurement au XIVème siècle il y avait deux églises à Saint-Sauveur, l'église conventuelle et l'église paroissiale ; c'est du moins ce qui semble résulter des termes de l'acte de cession de la première, faite aux paroissiens en 1325, dans lequel il n'est pas dit qu'ils étaient privés d'une église, mais bien que celle qu'ils possédaient n'était pas convenable : cum ipsi idonea ecclesia indigerent » (M. Maupillé, Notices historiques sur les paroisses du canton de Fougères, 187). L'église actuelle, dédiée au Sauveur, fêté le jour de sa Transfiguration, est donc l'ancienne église conventuelle du prieuré, devenue paroissiale en 1325. Le vaisseau, tel qu'il est aujourd'hui, ne nous représente néanmoins qu'une partie de cet édifice. Il se composait, en effet, de trois nefs, d'un transept et d'une abside ; en l'abandonnant aux paroissiens, les Bénédictins s'y réservèrent le collatéral ou la petite nef du Nord, mais celle-ci n'existe plus depuis longtemps. Au XVIIème siècle on reconstruisit le haut de l'église, c'est-à-dire les transepts et le devant du chanceau. La portion vraiment remarquable de cet édifice, c'est la série d'arcades romanes, au nombre de cinq, qui séparent les deux nefs subsistant encore. « Ces arcades, formées par des arceaux à plein cintre qui reposent sur d'énormes piliers, sont renforcées à leur intrados par un arc doubleau en retrait, dont les retombées s'appuient de chaque côté sur une demi-colonne engagée dans la face interne du pilier ; elles constituent les seuls débris qui nous restent de l'église primitive et remontent évidemment à la fondation de celle-ci, au XIème siècle. Les piliers, ainsi que les colonnes qui leur sont adhérentes, sont construits en moellon recouvert d'un enduit grisâtre ; leurs bases, formées par un simple renflement du fût, sont d'une construction analogue. Les corbeilles des chapiteaux seules sont en granit : elles constituent évidemment ce qu'il y a de plus remarquable dans l'église. Bien que différant toutes par le système de leur ornementation, elles offrent toutes, néanmoins, les caractères de l'époque romane. Celle du dernier pilier, sur laquelle on a représenté le livre de la loi ouvert entre deux feuilles de lotus, semble plus particulièrement fixer l'attention » (M. Maupillé, loco citato). La façade occidentale apparaissait encore naguère telle qu'on l'avait refaite en 1592 ; cette date, ainsi que le nom de Jehan Cabnies, étaient gravés sur une de ses pierres, au-dessus d'un écusson martelé. Mais vers 1870 on a construit en cet endroit la base d'une tour insignifiante. L'antique abside romane a elle-même été remaniée en 1642 ; ses contreforts plats subsistent toutefois encore. Enfin, tout récemment, l'on vient de relever le transept septentrional, et l'on y a joint la première travée d'un nouveau collatéral. Il est bien désirable que cette reconstruction, faite avec goût dans le style roman, soit continuée de façon à rendre à l'église entière sa physionomie primitive. Quoique le roi, en qualité de baron de Fougères, fût en réalité seigneur supérieur et fondateur de Saint-Sauveur, le sire de Chaudebœuf (nota : Chaudebœuf, érigé en châtellenie en 1595 pour René Pinel, appartint pendant six siècles à la famille Pinel, dont la souche fut un fils d'Herméniot, prêtre de Saint-Sauveur au XIème siècle ; elle passa vers 1680 aux Porée du Parc, qui la conservèrent jusqu'à la Révolution) prétendait en cette église à toutes les prééminences ; malgré les réclamations des prieurs commendataires, qui se disaient eux-mêmes prééminenciers, il fit graver ses armoiries dans le temple, plaça son banc dans le choeur et voulut y mettre son enfeu, quoique au XVIIème siècle on vît encore dans ce chanceau les blasons du roi de France et des prieurs de Saint-Sauveur. Dès l'an 1559 il déclara que « luy et ses prédécesseurs avoient de temps immémorial les prééminences en l'église de Saint-Sauveur, banc à queue, accoudoirs, escussons de leurs armes tant en peinture qu'en bosse hors et dedans ladite église en forme de ceinture, droit d'enfeu et jusques à sept tombes estant proche d'un autel du costé droict où se dit la grant messe parrochiale » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 6 G, 5. — nota : le seigneur de Chaudebœuf avait, en outre, des prééminences à Fougères dans les églises de Saint-Léonard et de Saint-Sulpice ; la chapelle Saint-Guillaume de cette dernière église portait même vulgairement le nom de chapelle de Chaudebœuf). Aujourd'hui, l'on voit encore sur les contreforts de la nef des écussons devenus frustes, et à l'intérieur de l'église plusieurs tombeaux des seigneurs de Chaudebœuf. Sur la plus ancienne de ces pierres on ne peut plus lire que le nom de Chaudebœuf et le millésime de M CCC. — Une autre porte cette inscription : Cy gist le corps de François Pinel, chevalier de l'ordre du roi, en son vivant seigneur de Chaudebœuf, fondateur de cette paroisse, décédé le 1er jour de décembre 1574. — Sur une troisième on voit seulement ... le corps de Jean Pinel, décédé en aoust 1589. — Et, enfin, sur une dernière est gravée l'effigie d'une femme, entourée de cette épitaphe : Cy gist le corps de noble delle Jacquemine du Parc, dame de Chaudebœuf, décédée le 18 juillet 1648. La confrérie du Mont-Carmel ou du Scapulaire fut érigée à Saint-Sauveur en 1725 ; elle a été rétablie en 1824. Celle de la Bonne-Mort, tombée aujourd'hui en désuétude, fut enrichie d'indulgences en 1732 par le pape Clément XII (Pouillé de Rennes). L'église primitive est celle du prieuré fondé à Saint-Sauveur en 1040 par les moines de l'abbaye de Marmoutiers : elle se composait d'une nef avec une abside romane demi-circulaire appuyée sur des contreforts plats, de deux collatéraux et d'un transept. Le collatéral nord, qui servait de chapelle au prieuré, a disparu. Le mur sud de la nef date du XIIème siècle. L'abside a été remaniée en 1642. La façade ouest a été refaite en 1870 et sommée d'une flèche en ardoises : elle portait la date de 1592. L'église était autrefois entourée d'une litre extérieure et intérieure aux armes des seigneurs de Chaudeboeuf. Le retable date du XVIIIème siècle. La façade occidentale date du XIXème siècle. Les arcades de la nef datent du XI-XIIème siècle. On y trouve de nombreuses pierres tombales dont celles des seigneurs de Chaudeboeuf et celles d'ecclésiastiques (Hault Mouel - 1659, ...). Les premiers seigneurs de Fougères se firent inhumer dans l'église de Saint-Sauveur jusqu'à Main III, mort en 1124 ; 

l'ancien prieuré Saint-Sauveur-des-Landes, aujourd'hui disparu, et jadis membre de l'abbaye de Marmoutiers. Au commencement du XIème siècle, l'église de Saint-Sauveur-des-Landes n'était qu'une simple chapelle, « capella exigui pretii », que desservait un prêtre nommé Béacis, remplacé bientôt par un autre prêtre appelé Herméniot (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 405). Vers l'an 1040 ou 1041, Main II, seigneur de Fougères, qui affectionnait Saint-Sauveur, — où il résidait parfois et où il voulut être inhumé, ainsi que sa femme Adélaïde et son fils Juthal, — agrandit cette église et la donna à l'abbaye de Marmoutiers avec deux manses de terre contiguës au cime­tière, « ecclesiam in Redonensi territorio atque Vendellensi pago sitam et in Salvatoris memoria dedicatam, etc. » ; à ce don il ajouta celui de trois maisons, dont l'une dans la ville de Fougères, l'autre dans le bourg de Louvigné et la troisième dans le bourg de La Bazouge. Il affranchit tous ces biens des droits de coutume ou de vairie et de tous les autres droits établis ou à établir, et étendit même ce privilège à tous les biens que l'abbaye pourrait acquérir dans la suite dans le ressort de son domaine. Enfin, il fit confirmer cette donation par Conan II, comte de Bretagne, dont le règne commença en 1040, en présence de Gaultier, évêque de Nantes, qui mourut en 1041, et de Juthaël, archevêque de Dol (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 393). Telle fut l'origine du prieuré de Saint-Sauveur, qui grâce au zèle des religieux, heureusement secondé par les libéralités de Main et de ses tenanciers, ne tarda pas à acquérir une très-grande importance. Nous ne pouvons pas utiliser ici toutes les chartes bien trop nombreuses concernant ce prieuré ; d'ailleurs, M. Maupillé en a donné un excellent résumé dont nous allons nous servir avec grand profit (Voir Notices historiques sur le canton de Fougères). Sans nous arrêter à suivre pas à pas le prieuré de Saint-Sauveur dans ses accroissements successifs, nous rapporterons d'abord les donations principales qui lui furent faites. Main, seigneur de Fougères, compléta sa fondation en donnant à Saint-Sauveur une terre nommée le Champ-Rainfroy, et la moitié de l'église de Romagné avec la part des biens et des revenus qui lui était afférente (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 394). « Vers la même époque, le prêtre Herméniot, qui avait cédé sa place aux religieux, leur fit aussi don d'une de ses terres. Clément de Chévrigné et quelques autres seigneurs, ayant acheté en commun une portion de terre qui était située auprès du village de Chévrigné et qui appartenait à Geoffroy de Peslaine, en disposèrent également en leur faveur. Cette portion de terre leur avait coûté 40 sols de cens » (M. Maupillé, Notices historiques sur le canton de Fougères, p. 74). Un peu plus tard, une dame nommée Guidonic, veuve de Gradlon, surnommé Ivelin, et épouse en secondes noces d'un nommé Alverard, fit don du moulin de Bulmine (nunc Boismine), sur la Minette, en la paroisse de Chauvigné, aux moines Jean et Robert, habitant le prieuré de Saint-Sauveur (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 6 G, 5). C'est aussi vers cette époque (1064), dit M. Maupillé, que l'on doit placer l'octroi de l'important privilège que le comte Conan II accorda non pas au prieuré de Saint-Sauveur seulement, mais à l'abbaye de Marmoutiers elle-même, pour toutes ses possessions dans l'étendue du Vendelais, en renonçant au droit de coutume qui lui était dû de tous les tenanciers de l'abbaye et l'autorisant à le faire percevoir à son profit (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 403). Il est aisé de comprendre quels avantages, en raison de ses nombreuses possessions, le prieuré de Saint-Sauveur dut retirer de ce privilège. Mais avec les richesses les difficultés se présentèrent dans le monastère. La première opposition que rencontrèrent les religieux de Saint-Sauveur leur vint de Main, évêque de Rennes ; voici pourquoi : « Lorsqu'ils avaient pris possession de leur église, elle n'était assujettie à d'autre charge qu'à une rente de 2 sols que le prêtre Herméniot, qui la desservait, payait à l'évêque pour lui tenir lieu de droit de repas. Mais après les accroissements successifs qu'elle avait reçus, l'évêque déclara qu'il ne se contenterait plus de cette modique redevance et prétendit exiger le droit de repas tout entier, tel qu'il le percevait des autres églises du diocèse. Les religieux refusèrent de se soumettre à cette exigence et invoquèrent les anciens usages pour ne rien payer au-delà des 2 sols qu'avait payés leur prédécesseur. L'évêque, de son côté, maintint ses prétentions, et les religieux s'obstinant dans leur refus, il fit fermer l'église, et l'office divin cessa d'y être célébré. Cet état d'interdiction paraît avoir duré près de trois années, de 1052 à 1055. Alors eut lieu le Concile de Tours, auquel assista l'évêque de Rennes. Albert, abbé de Marmoutiers, y soumit l'affaire au jugement d'Hildebrand, légat du Saint-Siège, qui réussit à inspirer à l'évêque des sentiments de conciliation et obtint de lui qu'il n'exigerait que 3 sols, qui lui seraient fidèlement payés chaque année par l'église de Saint-Sauveur, en reconnaissance de sa sujétion. De retour dans son diocèse, le prélat vint faire sa visite à Saint-Sauveur, et les religieux le reçurent à leur prieuré avec tous les honneurs dus à son rang » (M. Maupillé et Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 405). Pendant son séjour parmi eux, il fit dresser l'acte constatant le privilège accordé à Saint-Sauveur. Mais les clauses de cet accord furent modifiées plus tard ; et lorsque le prieuré eut acquis toute son importance, les moines de Saint-Sauveur durent se résigner à acquitter la procuration tout entière. Un seigneur, nommé Kinnarouet le Vicaire, avait donné une portion de terre à l'église de Saint-Sauveur du temps du prêtre Béacis ; mais quand les Bénédictins devinrent maîtres de cette église, il revendiqua sa terre. Main, seigneur de Fougères, interposa heureusement sa médiation, et moyennant un présent de deux chevaux qu'il offrit à Kinnarouet, celui-ci fit aux religieux une nouvelle donation. Mais ce même Kinnarouet alla plus loin. De concert avec un clerc nommé Gaultier et deux chevaliers, Yves et Raoul, tous les deux fils d'un autre Gaultier, il contesta aux moines le droit qu'avait eu le seigneur de Fougères de leur donner l'église de Saint-Sauveur, prétendant qu'il n'avait pu disposer que d'une moitié, l'autre moitié ayant été antérieurement aliénée par lui en faveur d'eux ou de leurs pères, qui l'avaient tenue en fief. « Main, ne voulant pas que son équité fût soupçonnée ou sa libéralité diminuée, prit le parti de racheter la portion de l'église objet de la contestation. Moyennant 4 livres de deniers qu'il donna à Yves avec un très-bon cheval et une armure complète, 6 livres de deniers à Raoul et à chacun des deux autres, il les fit consentir à ne plus troubler la jouissance des religieux, qui les admirent tous les quatre à la participation de leurs prières » (M. Maupillé, Notices historiques sur le canton de Fougères, p. 177). La mort de Main II, arrivée en 1074, fut un évènement d'autant plus fâcheux pour le prieuré de Saint-Sauveur qu'elle fut suivie de la fondation du prieuré de la Trinité de Fougères, qui devint dès lors l'objet des prédilections des barons de Fougères. Les enfants d'Herméniot occupèrent ensuite les religieux de Saint-Sauveur ; ils étaient au nombre de trois : Rainier, Herbert et Pinel. Les deux premiers vendirent aux religieux une terre pour le prix de 47 sols, mais le troisième ne cessa de les inquiéter dans la jouissance de Saint-Sauveur. Bernard, abbé de Marmoutiers (1084-1100), négocia avec lui, et, moyennant 110 sols qu'il lui donna, il obtint de lui et de ses fils Guillaume, Hamelin et Geffroy Mallard, qu'ils se désisteraient entièrement de leurs prétentions sur le bourg de Saint-Sauveur. Les religieux, satisfaits des bonnes dispositions qu'ils rencontraient enfin chez Pinel et ses fils, leur offrirent une place gratuite dans leur monastère dans le cas où l'un d'eux serait appelé à la vie religieuse ; ils donnèrent en outre à Pinel, dans le bourg de Saint-Sauveur, une maison qu'ils affranchirent de toutes charges et de toute redevance, et lui accordèrent, pour lui et ses successeurs, à perpétuité, un droit de gîte ou de repas à venir prendre, une fois chaque année, à leur prieuré. Sous l'épiscopat d'Hamelin, évêque de Rennes (1127-1141), Jean Cotidien, prieur de Saint-Sauveur, obtint la confirmation par ce prélat de tous les privilèges qui avaient été accordés à ses prédécesseurs dans les églises de Saint-Sauveur, de Romagné et de la Chapelle-Saint-Aubert ; cette dernière leur avait été donnée par Robert de Vendel. Vers le même temps, Guillaume et Geffroy Pinel donnèrent aux religieux, pour le repos de l'âme de leur frère Hamelin, une maison dans le bourg de Saint-Sauveur ; peut-être était-ce celle qu'avait reçue leur père. Ils déposèrent l'acte de donation sur l'autel en présence de l'évêque Hamelin. La dernière moitié du XIIème siècle vit l'importance du prieuré de Saint-Sauveur s'accroître encore par la donation du tiers des dîmes de la paroisse de Landéan, qui lui fut faite vers 1150, et celle des dîmes de la paroisse de Chauvigné, par le seigneur d'Aubigné, dans les dernières années du siècle. Cette donation semble marquer l'apogée de sa fortune. A partir de cette époque, les dons que reçurent les moines de Saint-Sauveur furent bien moins importants (nota : en 1248, Olivier de la Roche donna au prieuré la dîme de son domaine du Tronçay ; — en 1259, Etienne, surnommé le Vaillant Chevalier, lui donna le fief de la Carlaye, etc. ). Des difficultés s'étant élevées entre le prieur Thomas et Hamelin Pinel, seigneur de Chaudeboeuf, au sujet du droit de procuration ou de repas qu'avait ce dernier au prieuré de Saint-Sauveur, Pierre de Dinan, évêque de Rennes (1199-1210), les mit d'accord ; il fut convenu que les religieux donneraient à Hamelin Pinel deux dîners chaque année « à sept hommes et cinq chevaux », et que les hommes de Chaudeboeuf seraient exempts du droit de coutume dans le bourg de Saint-Sauveur ; moyennant cela, Hamelin Pinel renonça à toutes ses prétentions héréditaires sur le prieuré. Mais dès l'an 1214 ce même seigneur remit aux moines une de ces procurations ; il vendit ensuite l'autre à un clerc nommé Michel, qui en fit également la cession au prieur de Saint-Sauveur en 1243 (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 6 G, 5). Le seigneur de Chaudeboeuf n'était pas le seul, au reste, ayant droit à un repas au prieuré ; le seigneur de Fougères y prétendait également, et les moines de Saint-Sauveur ne s'affranchirent de ce dernier devoir qu'en 1324. Le prieuré de Saint-Sauveur devait avoir deux moines, « un compagnon avec le prieur », d'après le Livre des Prieurés de 1587, et payait 34 livres à la mense abbatiale, 21 livres 6 deniers aux officiers et 6 septiers d'avoine à l'aumônerie de Marmoutiers. Au milieu du XIème siècle, nous n'y voyons, en effet, que deux religieux, Jean et Robert. En 1319, l'abbé de Marmoutiers y trouva Guillaume de Cuillé et Nicolas de Palèse, et en 1325 Jean de Villeneuve et Jean de Postène ; ces religieux menaient une vie fort édifiante, chantant exactement l'office divin et entretenant leur petit monastère en bon état sous tous les rapports. Pendant cette dernière visite de l'abbé de Marmoutiers, les religieux de Saint-Sauveur cédèrent aux paroissiens l'église qu'ils possédaient, à la réserve du choeur, de la chapelle de la Sainte-Vierge et de l'aile située du côté de leur prieuré, dont ils conservèrent la possession. « C'était pour eux un moyen de se soustraire aux charges d'entretien et de réparation de l'édifice, des fonts baptismaux et des cloches, qu'ils rejetèrent sur les paroissiens. Ils stipulèrent également que, dans le cas où l'église viendrait à s'écrouler ou à être détruite par un incendie ou tout autre accident, ceux-ci seraient tenus de la reconstruction tout entière » (M. Maupillé, Notices historiques sur le canton de Fougères). Quelques années plus tard, le prieuré de Saint-Sauveur tomba en commende. Il demeurait en cet état lorsqu'en 1691 le prieur Jérôme de Bragelonne le résigna en faveur d'André Ernouf, Eudiste et supérieur du Grand-Séminaire de Rennes ; mais cette disposition resta sans effet par suite de l'opposition qu'y forma l'abbé de Marmoutiers, quoique André Ernouf eût pris possession du prieuré le 14 avril 1692. Toutefois Jean Gravois, prêtre d'Avranches, pourvu du prieuré en place de Jérôme de Bragelonne, se trouva dans les mêmes dispositions que ce dernier, et en 1698 il résigna à son tour Saint-Sauveur entre les mains de l'évêque de Rennes, à la condition expresse que ce prieuré serait uni au Grand-Séminaire de cette ville. Jules de Lyonne, abbé de Marmoutiers, fut forcé de donner son consentement le 28 février 1698 ; l'abbaye elle-même en fit autant le 7 juillet 1700 ; de son côté, le Séminaire s'engagea à payer chaque année une rente de 197 livres 1 sol 6 deniers aux religieux de Marmoutiers. L'évêque de Rennes autorisa alors, le 17 mai 1701, son Grand-Séminaire à accepter le bénéfice qu'on lui offrait, et le roi donna en août suivant des lettres patentes confirmatives de l'union du prieuré de Saint-Sauveur au Séminaire de Rennes et de l'extinction du titre de ce prieuré ; ces lettres furent enregistrées au Parlement le 22 décembre 1701, et ainsi finit le prieuré de Saint-Sauveur (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 6 G, 5). M. Maupillé a publié un curieux état des revenus annuels du prieuré de Saint-Sauveur-des-Landes au XIIIème siècle ; nous ne le reproduirons point ici, puisqu'il se trouve dans ses intéressantes Notices sur les paroisses des cantons de Fougères. Mais nous allons essayer de présenter le tableau de ce qu'avait le prieur de Saint-Sauveur aux XVIème et XVIIème siècles. Le prieur possédait d'abord une partie de l'église de Saint-Sauveur, le collatéral septentrional et le choeur, dont il fit sa chapelle particulière lorsque le collatéral fut tombé en ruine. Les paroissiens avaient fait un second choeur au haut de leur nef, de sorte que la chapelle priorale se trouvait derrière le maître-autel de la paroisse. Les religieux devaient y dire trois messes par semaine pour les paroissiens. Au Nord de l'église et contigu à la chapelle priorale était le logis ou manoir des Bénédictins, composé d'anciennes salles et chambres « tenant avec l'église » ; dans la cour, qui s'étendait à l'Ouest, se trouvaient le pavillon du Prieur, tombé en ruine en 1663, la demeure du métayer du Prieuré, les granges, pressoirs et étables ; à l'Est étaient le jardin et un ancien bois futaie, un bel étang avec sa chaussée, des vergers et des prés, un vivier et un autre vieux bois appelé le bois Menu, situé au-delà de l'étang ; enfin, les landes et prés de la Troncheraye. Tout ce pourpris contenait environ 15 journaux. Il y avait, en outre, un troisième bois nommé le bois des Aulnays, et une soixantaine de journaux de terre constituant la métairie du Prieuré (nota : en 1676, le pourpris et la métairie contenaient 88 journaux, et en 1790 99 journaux). Sur le bord de la Minette se trouvait le Moulin-aux-Moines, que le prieur Guillaume Ruzé vendit à René Pinel, seigneur de Chaudeboeuf, en 1575 (pour une moitié) et en 1577 (pour l'autre moitié). Le prieuré jouissait des fiefs qui suivent : 1° le fief du Bourg de Saint-Sauveur, contenant 150 journaux de terre sans enclaves fors les terres susdites du prieuré : « les tenanciers y doivent au prieur 12 livres de rente et sont sujets au devoir de sergentise pour faire exploits de justice quand ils sont reçus dans la bourgeoisie du bourg (nota : les habitants du bourg de Saint-Sauveur jouissaient des mêmes privilèges et immunités que ceux de la ville de Fougères) ; ils doivent corvée de fanage jusqu'à ce que le foin soit bien sec ; ils sont exempts des devoirs de panage et des coutumes de Fougères » ; — 2° les fiefs de la Carlaye, de la Boyère (devant 64 sols 4 deniers), de la Monneraye (15 sols 8 deniers) et des Coursonnais (14 sols), tous en Saint-Sauveur ; — 3° le fief du Bourg de Romagné, valant 10 sols et cinq chapons de rente ; — 4° le fief du Gast, en la ville de Fougères, paroisse Saint-Sulpice ; — 5° le fief de la Chauvelle, en la Chapelle-Saint-Aubert ; — 6° le fief du Val, l'Eraudière et Carcouel, en Saint-Hilaire-des-Landes : les tenanciers devaient 14 sols 8 deniers au prieur, qui en échange leur devait une miche de pain ; — 7° le fief de la Gruaiserie, en Saint-Christophe-de-Valains, devant 10 sols de rente (Déclaration du prieuré de Saint-Sauveur en 1556). Tous ces fiefs formaient la mouvance de la juridiction du prieuré ; un arrêt de la Chambre des Comptes maintint, le 30 décembre 1673, le prieur de Saint-Sauveur dans les droits d'une moyenne et basse justice. Le prieur avait les droits de marché et de foire à Saint-Sauveur, et le champ-de-foire s'étendait à l'Ouest du prieuré, devant le portail du manoir (nota : au XIIIème siècle, le prieur recueillait 10 sols « aux foires aux oies » ;  en 1674, il partageait avec le seigneur de Fougères, moitié par moitié, les coutumes de la foire tenue au bourg de Saint-Sauveur-des-Landes le jour Saint-Marc, et appelée encore « foire aux oisons »). Il avait aussi la moitié des oblations et prémices de l'église de Saint-Sauveur et la moitié des oblations faites dans l'église de Romagné aux quatre fêtes annuelles. Mais les principaux revenus du prieuré consistaient dans les dîmes que le prieur levait en Saint-Sauveur-des-Landes, Romagné, Sens (nota : en 1214, il est constaté que « le prieur de Saint-Sauveur a le droit d'entretenir un porc à Sens pendant la récolte des dîmes de cette paroisse, lequel porc profite des grains perdus » ), Vieux-Vy, la Chapelle-Saint-Aubert, Saint-Hilaire-des-Landes, Landéan et Chauvigné ; au XIIIème siècle, ces dîmes rapportaient 178 mines de grains, que M. Maupillé évalue valoir 525 hectolitres, dont 30 de froment. En 1663, le revenu total du prieuré de Saint-Sauveur était de 4200 livres, sur lequel le prieur payait 120 livres à la mense abbatiale de Marmoutiers. Au XVIIIème siècle, une grande partie des biens de Saint-Sauveur se trouvaient aliénés ; aussi les prêtres du Séminaire de Rennes affermèrent-ils, en 1788, le même prix, 4200 liv., le prieuré, consistant alors « dans les dîmes de Saint-Sauveur, tant grosses que menues, sauf le trait abandonné au recteur ; — la maison priorale et son étang, — la métairie — et le fief du Prieuré ». Le supérieur du Séminaire se réservait par ce bail deux salles et une chambre dans le manoir prioral, un jardin et la carrière de pierre de la Rogerie ; il payait les honoraires de trois messes par semaine dites dans l'église paroissiale (118 livres) et versait 50 livres chaque année aux pauvres de Saint-Sauveur (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 6 G, 5). Notons en terminant un des plus singuliers droits féodaux que nous ayons retrouvés dans notre contrée ; cet usage est décrit comme il suit dans la Déclaration du prieuré faite le 27 janvier 1674 par le prieur Jérôme de Bragelonne : Lorsqu'un mariage a lieu au bourg de Saint-Sauveur-des-Landes, « la nouvelle mariée de ladite paroisse, — dit la Déclaration, — est tenue, en sortant de l'église, d'aller d'abord avec sa compagnie dans la grande salle du prieuré (de Saint-Sauveur-des-Landes) présenter un baiser avec un bouquet lié par le pied de deux petits lacs en soye, l'un vert et l'autre bleu, ferrés par les deux bouts, au seigneur prieur dudit lieu ou à son commis et représentant ; puis doibt chanter une chanson entière et le commencement de neuf autres chansons, et aller une courante d'aller et venir le long de ladite salle avec iceluy prieur ou son commis ; et au reste (doibvent) danser tous pendant lesdites neuf chansons, auquel temps iceluy prieur est tenu de leur donner une juste du meilleur boire de son cellier, et en quoi le boire honnestement ; et au deffault de ladite mariée de faire ce que dessus, est-elle, le prochain jour de dimanche ou feste qu'elle va à la messe dudit Saint-Sauveur, déchaussée du pied gauche et doibt s'en retourner ainsi sans avoir sa chaussure, et oultre est obligée de payer 60 sols d'amende ». Il est à remarquer que ce devoir féodal ne figure point dans les aveux du XVIème siècle, ni même en celui de 1603 ; il fut probablement introduit par quelque prieur commendataire après le départ des religieux de Marmoutiers. A la fin du XIXème siècle, l'ancien prieuré de Saint-Sauveur est une métairie située au Nord et tout près de l'église paroissiale, mais n'offrant plus d'intérêt. Liste des prieurs de Saint-Sauveur-des-Landes : Arenbald, vers 1060. Jean, vers 1064. Jean Cotidien (1130). Albert. Hugues. Auffroy (1144). Riwallon (1161). Ogier. Ernaud. Frémond. Thomas (1200). Guillaume Semper (1241). Guillaume de Cuillé (1319). Jean de Villeneuve (1325). Louis de La Chapelle (1416). Jehan de Romillé (1430). Geffroy Bertrand (1478). Jean James, chanoine et trésorier de Dol, prieur commendataire (1509). Sébastien Thomé, trésorier de Rennes et abbé de Rillé, rendit aveu le 21 juin 1543 et le 6 avril 1556 ; décédé en 1569. Guillaume Ruzé, évêque d'Angers (1577). André Guyon, docteur en théologie, vicaire général de Rennes, rendit aveu au roi le 25 avril 1603. Pierre Citois, aumônier du roi (1634). Amé du Rozet, doyen de la Mée, au diocèse de Nantes (1658). Amé du Broc du Rozet, clerc tonsuré de Nantes, prit possession le 16 novembre 1658. Jérôme de Bragelonne, docteur en théologie, prieur dès 1672, résigna en 1691 en faveur d'André Ernouf, supérieur du Séminaire de Rennes. Jean Gravois, pourvu par l'abbé de Marmoutiers, qui refusa de recevoir André Ernouf, prit possession vers 1692 et résigna lui-même en faveur du Séminaire de Rennes en janvier 1698 (abbé Guillotin de Corson).

la chapelle Saint-Joseph (XIXème siècle), située au lieu-dit La Maladrerie ;  

l'ancienne Chapelle du Tronchay, située route de Montours. Propriété des seigneurs du Tronçay dès la fin du XIème siècle, puis des familles de la Roche (en 1428), Lasne (en 1540 et en 1593), de Fleurville seigneurs du Tertre (à la fin du XVIème siècle), de la Belinaye seigneurs du Plessis (vers 1682 et en 1789) ;

la croix du cimetière (1637) ;

le manoir du Tertre (XVIème siècle). Le domaine du Tertre est mentionné dès le XIIème siècle. Ce domaine appartient d'abord aux moines de Rillé, puis à M. de Fleurville qui y fait construire une demeure en 1559. Cette demeure est remaniée en 1673. On y trouvait également autrefois une chapelle construite en 1617 et dédiée au Père Eternel. En 1617, Jean de Fleurville et Léonarde Le Douillet, sieur et dame du Tertre, fondèrent dans cette chapelle deux messes hebdomadaires les lundi et vendredi. Jean Prodhomme en 1640 et Jean Vandebord en 1734 furent pourvus de ce bénéfice. Il est à noter que le Tertre fut donné au XIIème siècle à l'abbaye de Rillé par Sylvestre Pinel, lorsque celui-ci se fit religieux dans ce monastère. Les chanoines réguliers de Rillé aliénèrent la terre du Tertre au XVIème siècle et conservèrent seulement le fief de ce nom. La chapelle du Tertre, ayant besoin de restauration en 1781, n'existe plus (Pouillé de Rennes). Propriété des familles de Vendel et de Pinel, puis de l'Abbaye de Rillé, de la famille de Fleurville (en 1559), Franchet (vers 1652), Lasne sieurs de l'Efficerie (vers 1696), le Bastard seigneurs de Villeneuve (en 1764) ;

le manoir du Bas-Tayer (1645). L'ancien manoir de Teillay ou de Teillet relevait de la seigneurie de Saint-Etienne. Propriété successive des familles le Provost (en 1425), Plumaugat, Tuffin seigneurs de la Rouairie (en 1545 et en 1789) ; 

le manoir du Troncay (XVII-XXème siècle). On peut y voir un saloir qui date du XVIIème siècle. On y trouvait également autrefois une chapelle privative détruite au XIXème siècle ; 

le château de Chaudeboeuf (XVII-XIXème siècle). On l'appelait au Moyen Age Eschaudebouff. Au XIème siècle, Chaudeboeuf est une motte féodale, qui est signalée également en 1540. Il est flanqué de trois grosses tours et entouré de douves. Il possédait autrefois un droit de haute justice. C'était une châtellenie érigée en 1593. C'est la famille Pinel qui est propriétaire des terres en 1040 et jusqu'en 1650 date à laquelle elles sont vendues en 1652 à la famille Porée, seigneurs du Parc. Cette motte est remplacée au XVIIème siècle par un château édifié par la famille Porée du Parc. Au XIXème siècle, ce château est la propriété de la famille La Haye-Saint-Hilaire qui en fait don en 1863 à la congrégation des sœurs adoratrices de la Justice de Dieu afin d'y créer un hospice. L'intérieur conserve les armes de la famille Porée seigneurs du Parc et de Chaudeboeuf du milieu du XVIIème siècle à 1789. Il possédait autrefois une chapelle privée, dédiée à Saint-Joseph, qui présentait les armes de la famille Pinel seigneurs de Chaudeboeuf du milieu du XIème au milieu du XVIIème siècle. Cette chapelle a été refaite au XVIIIème siècle et bénie en 1757. De la chapelle primitive, construite dans la cour du manoir, il ne reste qu'une jolie porte de style ogival fleuri, dont le fronton, fâcheusement brisé, portait les armoiries des Pinel, sires de Chaudeboeuf : d'azur à trois pommes de pin d'or renversées, 2, 1. Relevé presqu'entièrement au XVIIIème siècle et restauré lorsque Chaudeboeuf a été donné aux Adoratrices de la Justice divine, cet édifice présente sur sa façade occidentale un immense perron de granit conduisant à une galerie ou tribune qui fait intérieurement tout le tour de la chapelle. Dans le choeur sont deux tables de marbre ; celle du côté de l'évangile porte ces mots : Cy-dessous repose le coeur de Messire Michel du Parq-Porée, chevalier, seigneur du Parq, Chaudebœuf, Launay-Roumoulin, etc., cy devant conseiller au Parlement de Bretagne, décédé le 28 mai 1712, âgé de 77 ans, priez Dieu pour son âme. — Sur celle du côté de l'épître on lit : Cy gît Victoire Mouësan de la Villirouet, comtesse Henry de la Haye-Saint-Hilaire, fondatrice de l'hospice de Chaudebœuf, décédée à Rennes le 28 septembre 1869 ; priez Dieu pour elle. Le corps de cette dame est sous une autre dalle, au milieu de la chapelle. Enfin, on retrouve les débris d'un autre monument funéraire élevé jadis en ce lieu en l'honneur d'un chanoine issu de la famille Le Lièvre, alliée aux Porée du Parc, et décédé à Fougères le 5 septembre 1704, à l'âge de soixante-treize ans. Depuis la transformation du manoir de Chaudebœuf en hospice, un chapelain dessert ce sanctuaire (Pouillé de Rennes) ; 

le four à pain, situé au lieu-dit Haute-Pelaine ; 

les moulins des Planches, de Chaudeboeuf, de Touru, du Bas-Tayer ; 

A signaler aussi : 

l'ancien manoir du Bas Champléon, situé route de Montours. Il possédait jadis une chapelle privée. A noter que Le Champléon, "Castrum legionis" est voisin d'une ancienne fortification construite à l'embranchement de deux voies romaines. M. Maupillé suppose que les premiers barons de Fougères ont dû occuper cette place forte (Pouillé de Rennes). Propriété successive des familles Pinot (en 1399 et en 1419), de la Rochère (en 1477), de Bourgon (en 1513), de la Haye seigneurs de la Haye en Saint-Hilaire (en 1540 et en 1789) ;

l'ancien manoir de Tanut. Il possédait autrefois une chapelle privée et mentionnée en 1677. Propriété des seigneurs de Tanut en 1300, puis des familles Berthelot juveigneurs de Teillay (en 1430), de Bourgon (en 1503), de la Villette sieurs de Géromelles (vers 1545), de Brégel (en 1592), de Chouët sieurs de Genereau, de Brilhac (vers 1693), de Robien (vers 1776), Thierry seigneurs de la Prévalaye (en 1787) ;

l'ancien manoir des Vairies, situé route de la Chapelle-Saint-Laurent. Il s'agit d'une sergentise féodée de Fougères, démembrée de la seigneurie du Tiercent. Il possédait jadis une chapelle privée mentionnée en 1676 et dont les restes se retrouvent au Village de la Haute Vairie. Propriété successive des familles le Vayer, de Launay (en 1420), Beauchesne et Poytrine (en 1472), Bouyère (en 1541), le Sacher, Raoullier (en 1574), le Vayer (en 1588), Fourmont seigneurs de Menneville, le Gouz, Gérard (en 1659), Uzille (en 1703), Doudart sieurs des Hayes (avant 1710), le Provost sieurs de Languenan (en 1710), Varnier (en 1755) ;

le manoir du Boisnouault. Il conserve une motte appelée "Butte-à-Madame", une fuie et des restes de douves. Il possède une chapelle aujourd'hui sécularisée. La chapelle Saint-Gilles du Boisnouault dépendait de ce manoir. Cette chapelle, fondée de messes, avait besoin de réparations en 1781 (Pouillé de Rennes). Propriété successive des familles de la Roche (en 1412), le Vayer seigneurs de la Renarzière (en 1433), de Porcon seigneurs de la Renarzière, Paisnel (au XVIème siècle), de Vassé seigneurs de Foulletorte, du Guesclin seigneurs de la Roberie (en 1576), Lorpheuvre ou le Febvre (en 1600 et en 1776) ;

l'ancien manoir du Bois-Sauvé. Propriété successive des familles Pioger (en 1500), de Servaude (vers 1653), Ledieu (en 1681 et en 1789) ;

l'ancien manoir de Pellaine. Propriété successive des familles Guerraud dits Prod'homme (en 1479), le Provost seigneurs de Saint-Mard (en 1485), le Corvaisier (en 1541 et en 1709), Ménard (en 1736 et en 1789) ;

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ANCIENNE NOBLESSE de SAINT-SAUVEUR-DES-LANDES

La châtellenie de Chaudeboeuf : « Eschaudebouff », comme on disait au moyen-âge, est un vieux manoir en Saint-Sauveur-des-Landes, converti maintenant en maison d'asile pour les vieillards pauvres. Son premier possesseur semble avoir été Pinel, fils d'un certain Hermeniot, prêtre, qui, vers le milieu du XIème siècle, prit part à la fondation du prieuré de Saint-Sauveur-des-Landes ; ce Pinel figure dans une charte de 1040. Hamelin Pinel, probablement son fils, fut l'un des quatre barons que le sire de Fougères produisit comme garants de sa bonne foi dans un engagement qu'il contracta avec l'abbaye de Marmoutiers, en 1096. Plus tard, ce seigneur de Chaudeboeuf renonça à l'un des deux dîners que lui devaient les moines de Saint-Sauveur-des-Landes, mais conserva l'exemption du devoir de coutume que ceux-ci avaient précédemment accordé à ses vassaux de Chaudeboeuf se trouvant au bourg de Saint-Sauveur (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 825). Le sceau d'Hamelin Pinel nous a été conservé ; il porte quatre burelles chargées d'une bande. En l'an 1401, Jean Pinel, seigneur de Chaudeboeuf, rendit aveu pour cette terre à la baronnie de Fougères ; en 1432, il était âgé de soixante-six ans et il dut avoir pour fils et successeur autre Jean Pinel, qui rendit aveu en 1460 et épousa Jeanne Le Séneschal. Georges Pinel était seigneur de Chaudeboeuf en 1482 ; l'année suivante, il fut choisi par le duc François II pour prendre place parmi les chevaliers chargés de défendre la ville de Fougères, et en 1484 Pierre Pinel figura également au nombre des défenseurs du château de Saint-Aubin-du-Cormier. François Pinel, probablement frère de Georges, car il était fils de Jean Pinel, tenait la seigneurie de Chaudebœuf en 1513 ; il vint en robe à la montre de 1541, « présenta pour luy Jehan Crocq, sieur de Mésaubouin, bien monté et armé, en estat d'homme d'armes, accompagné de deux hommes à cheval, un coustilleux et un page » ; il déclara avoir un revenu noble de 330 livres 11 sols et fit le serment requis (Ms. De Missirien (Bibliothèque de Rennes). Ce François Pinel épousa Jeanne Le Bouteiller et mourut en 1574, comme le porte l'inscription de sa pierre tombale placée dans l'église de Saint-Sauveur-des-Landes : Cy gist messire François Pinel, chevalier de l'Ordre du roy, vivant seigneur de Chaudeboeuf, fondateur de cette église, décédé le 1er jour de décembre 1574 (Archives d'Ille-et-Vilaine, 6 G, 5). René Pinel, seigneur de Chaudeboeuf, fils des précédents et né en 1530, fut créé par le roi chevalier de son Ordre en 1578 ; il épousa : - 1° en 1566 Jeanne de Froulay, fille du comte de Tessé ; - 2° après 1588 Jeanne de Launay, veuve de Léon de la Haye-Saint-Hilaire. Il habitait Chaudeboeuf en 1599 et dut mourir avant 1614, car à cette époque son fils, Briand Pinel, paraît comme seigneur de Chaude-boeuf. Ce Briand, à son tour qualifié en 1618 chevalier de l'Ordre du roi (De Carné, Les chevaliers bretons de Saint-Michel, 303), fut gentilhomme ordinaire de sa chambre ; il épousa Jacquemine du Parc, et en 1643 rendit aveu pour Chaudeboeuf. Sa femme décéda en 1648, et l'on voit encore en l'église de Saint-Sauveur sa sépulture, portant ces mots : Cy gist le corps de noble damoiselle Jacquemine du Parc, dame de Chaudebœuf, décédée le 18 juillet 1648. Ils semblent n'avoir eu qu'une fille, Anne Pinel, mariée en 1630 avec un seigneur normand, Charles Mallet, seigneur de la Bermondière. Briand Pinel, dernier mâle de sa race, ne mourut, dit M. Maupillé, qu'en 1677, ce qui semble difficile à croire, car la seigneurie de Chaudeboeuf fut vendue avant 1652, et M. Maupillé dit lui-même (Notices sur les paroisses des cantons de Fougères, 193) qu'elle ne le fut qu'après sa mort. Toujours est-il que la terre et châtellenie de Chaudeboeuf furent achetées par Michel Porée, seigneur du Parc, sénéchal de Saint-Malo, anobli pour ses services en 1624 et mari de Servanne Cheville. Le nouveau seigneur de Chaudeboeuf rendit dès 1652 aveu au roi pour cette châtellenie, qui passa peu après à ses petits-fils, enfants de Nicolas Porée du Parc. Celui-ci, reçu conseiller au Parlement de Bretagne en 1636, avait épousé en 1639 Julienne du Guesclin et était mort le 30 juin 1643. Sa veuve rendit aveu en 1662 pour Chaudeboeuf, au nom de son fils Nicolas-René Porée, dont elle était tutrice ; mais il parait que cet enfant mourut jeune, car ce fut son frère Michel qui devint seigneur de Chaudeboeuf  (nota : il est fait mention dans les titres du prieuré de Saint-Sauveur d'un acte d'acquisition de la terre de Chaudebœuf, en date du 13 août 1672, par M. du Parc-Porée. Cela fait supposer que le premier Michel Porée n'avait acheté avant 1652 qu'une partie de la châtellenie, ou que celle-ci avait été reprise pendant quelques années par Briand Pinel ou ses héritiers). Michel Porée du Parc entra au Parlement de Bretagne à l'âge de vingt ans ; il épousa Catherine Couriolle, dame de Launay-Romelin, qui décéda à l'âge de soixante ans, le 13 mars 1713, et fut inhumée le lendemain en l'église Saint-Germain de Rennes, où sa famille avait un enfeu. Lui-même mourut à Rennes le 28 mai 1717 et reçut la sépulture près de sa femme, à Saint-Germain  (Registre des sépultures des paroisses de Rennes). Son coeur fut toutefois apporté dans la chapelle de Chaudeboeuf, où il repose encore sous une table de marbre présentant cette inscription : Cy dessous repose le coeur de messire Michel du Parcq-Porée, chevalier, seigneur du Parcq, Chaudebœuf, Launay-Roumoulin, etc., cy devant conseiller au Parlement de Bretagne, décédé le 28 mai 1717, âgé de 77 ans ; priez Dieu pour son âme. Leur fils aîné, Gilles-Pierre Porée du Parc, maréchal des camps et armées du roi et chevalier de Saint-Louis, devenu seigneur de Chaudeboeuf, en rendit aveu en 1718. Il épousa Jeanne-Catherine Le Lièvre de la Villeguérin, fille d'un avocat général au Parlement de Bretagne. Les deux époux firent en 1721 une fondation pieuse en l'église de Saint-Sauveur-des-Landes ; ils moururent, Gilles Porée le 9 juin 1729 et sa veuve en 1742. Ils laissaient Chaudeboeuf à leur fils aîné, Louis-René-François du Parc-Porée, reçu en 1740 avocat général au Parlement de Bretagne en place de son oncle, Jacques-Eusèbe Le Lièvre de la Villeguérin. M. du Parc-Porée ne vendit cet office qu'en 1779, à M. Loz de Beaucours. Lors des troubles parlementaires, il fut en 1766 chassé de Rennes et exilé à sa terre de Chaudeboeuf (Frédéric Saulnier, Malouins et Malouines, 6). Il fut le dernier seigneur de cette châtellenie, car il vivait encore quand éclata la Révolution. Après sa mort, arrivée au commencement de ce siècle, la terre de Chaudeboeuf fut acquise par le chevalier de la Haye de Saint-Hilaire, dont la veuve et légataire a, dans ces dernières années, donné le château aux religieuses Adoratrices de la Justice divine pour y établir un hospice (Maupillé, Notices sur les cantons de Fougères).

La seigneurie de Chaudebœuf fut érigée en châtellenie pour René Pinel, par lettres de Henri IV datées de mars 1593 et enregistrées au Parlement de Bretagne en 1595 (Archives du Parlement de Bretagne). Elle donnait à son possesseur droit de haute justice dans les fiefs de sa dépendance, s'étendant en Saint-Sauveur-des-Landes, Vieux-vy, Saint-Léonard et Saint-Sulpice de Fougères, — droit de prééminence, comme seigneur fondateur, de prières nominales, de lizière armoriée, de banc et de pierres tombales (nota : un aveu de 1559 mentionne jusqu'à sept tombes appartenant au sire de Chaudebœuf « à l'endroit d'un autel, du costé droit, où se dit la messe paroissiale », ce qui prouve qu'a cette époque le seigneur de Chaudeboeuf ne jouissait pas encore du chanceau, réservé au prieur de Saint-Sauveur), tant dans le chanceau que proche les autels, dans l'église de Saint-Sauveur, — droit de prendre un dîner au prieuré du lieu, lequel dîner, à l'origine, devait être servi pour sept personnes et cinq chevaux, — droit d'avoir en l'église Saint-Sulpice de Fougères une chapelle prohibitive, avec enfeu et banc à queue, dite chapelle de Saint-Guillaume ou de Chaudebœuf, — droit d'avoir ses armoiries à la troisième vitre, côté de l'épître, de l'église Saint-Léonard de Fougères, — droit d'enfeu en l'église conventuelle des Récollets de Fougères, — droit d'avoir, le 1er janvier, une messe chantée à son intention, avec diacre et sous-diacre, en la chapelle Saint-Yves, du collège de Fougères, etc. (Archives de Loire Inférieure, v. Saint-Sauveur-des-Landes).

Le domaine proche de la châtellenie, assez peu considérable, ne se composait que du manoir de Chaudebceuf ; — des Moulins-Pinel sur la rivière de Minette — et des métairies de Chaudebceuf, Villeneuve, la Bouverie et la Dreurie. En 1540 s'élevait encore près du manoir de Chaudebceuf une motte féodale qui, croyons-nous, n'existe plus. Ce manoir est une vaste construction des siècles derniers, avec pavillons, cernée de douves ; à l'intérieur, on remarque de belles boiseries présentant les armoiries des Porée du Parc : de gueules à la bande d'argent, chargée de trois merlettes de sable. De la chapelle primitive, construite dans la cour du manoir, il ne reste qu'une jolie porte de style ogival fleuri, dont le fronton, fâcheusement brisé, portait le blason des Pinel de Chaudebœuf : d'azur à trois pommes de pin renversées d'or, 2, 1, différent, comme l'on voit, de celui d'Hamelin Pinel en 1214. Relevée presqu'entièrement au XVIIIème siècle, cette chapelle a été assez maladroitement restaurée au XIXème siècle. Les avenues de chênes séculaires qui conduisaient naguère au vieux manoir ont également disparu, et Chaudebceuf n'a vraiment plus l'air que d'un vulgaire hospice (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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