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LA NOBLESSE DE L’EVECHE DE LEON.

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LA NOBLESSE DE L’EVECHE DE LEON.

« De toutes les provinces du royaume — écrivait vers 1685 le marquis de Pompone de Reffuge, lieutenant-général des armées du Roi, dans la préface de son Armorial et Nobiliaire de l’Evesché de Léon en Bretagne, en 1443 — il n’en est aucune qui ait plus d’ancienne noblesse que la Bretagne et particulièrement cette partie de la Basse-Bretagne qui compose l’évesché de Léon ». L’étude des textes confirme pleinement l’assertion du marquis de Reffuge, qui, bien que Parisien d’origine, avait des raisons particulières de s’intéresser à la noblesse léonaise, puisqu’il descendait directement des seigneurs du Minihy, en la paroisse de Plouvien. Sans rechercher avec lui les causes de cette abondance de privilégiés, je voudrais simplement extraire ici du rôle des enquêtes effectuées de 1426 à 1448 dans le pays de Léon pour dresser la liste des gentilshommes et de leurs métayers exempts, quelques détails inédits pleins d’intérêt sur la classe noble qui peuplait si dru, vers le milieu du XVème siècle, le ressort des deux sénéchaussées de Lesneven et de Saint-Renan.

Il faut tout d’abord distinguer dans cette classe diverses catégories. En premier lieu la maison souveraine de Rohan, héritière des vicomtes de Léon, mais fixée surtout dans ses domaines du Porhoët ; puis les quatre puissantes familles qu’un antique dicton caractérise en ces termes : Antiquité de Penhoët, vaillance du Chastel, richesse de Kermavan, chevalerie de Kergournadech, et qui étaient, pour ce coin de l’Armorique, l’équivalent des « grands chevaux de Lorraine » ou des trois maisons de Guyenne illustrées par leur résistance à l’invasion sarrazine. Ensuite une dizaine de lignées féodales dont le berceau était l’un de ces châteaux à motte qui constituent un sûr indice de seigneuries très anciennes : les Coetivy, Coetmeur, Coetmenech, Coetquenan, Kerouzéré, Saint-Goueznou, etc...

A un degré au-dessous prenaient rang une trentaine de familles, déjà nobles sans conteste en 1426, et d’une situation supérieure à celle du commun des gentilshommes. Sans prétendre les énumérer toutes, je citerai les Coetaudon, Penfeunteniou, Kersauson, Kergroadez, Kerouartz, Kergadiou, Penancoet, Brézal, Coetelez, Kerazret, Kerc’hoent, Kerlech, Kermellec, Kerret, Lesquélen, Le Moyne, Le Ny, La Palue, Penmarch. Enfin, venait la masse des modestes « bacheliers » et écuyers dont nous rencontrons encore, en parcourant le Léon, les vieux manoirs gothiques bâtis solidement, mais sans faste ni confort, au point d’être souvent trouvés insuffisants par les campagnards qui s’y logent aujourd’hui.

Qu’était l’ancien noble ? Avant tout un soldat. Anoblir quelqu’un consistait, pour le duc, qui seul possédait cette prérogative, à exempter de l’impôt roturier du fouage ses biens immeubles et à lui faire une obligation du « partage noble » qui avantageait les aînés. En retour, le nouveau privilégié devait à son souverain seigneur le service militaire « contre tous ceux qui peuvent vivre et mourir », depuis l’âge de 20 ans jusqu’à celui de 60. Il était tenu de comparaître aux montres ou revues qui avaient lieu presque chaque année, muni d’un équipement en rapport avec sa fortune — les ordonnances ducales spécifiaient minutieusement l’armement qui correspondait à tel chiffre de revenu.

Lorsque le ban de guerre était publié dans les paroisses, parce qu’une escadre anglaise rôdait en vue des côtes du Conquet ou de Penmarch, ou que l’armée française marchait sur Fougères ou Ancenis, il fallait quitter manoir, femme et enfants pour se rallier à l’enseigne déployée du capitaine et s’en aller combattre parmi de très médiocres troupes où la bravoure individuelle ne suppléait point au manque à peu près total d’entraînement et de discipline. Les compagnies d’ordonnance de la garde du duc constituaient seules l’armée régulière. Le reste n’était qu’une cohue disparate et confuse, vouée d’avance aux désertions, aux terreurs paniques, à d’inutiles sacrifices.

 

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Les paroisses léonaises qui comptaient, en 1426, le plus de gentilshommes étaient Plouzané (y compris sa trêve de Locmaria) et Plourin (y compris les trêves de Porspoder, Brélès, Lanildut, Landunvez et Larret). Chacune d'elles en avait quarante et un. Lannilis en possédait trente-neuf, Plouguin trente-cinq, Plouvorn et Plabennec trente-trois, Plounévez trente-deux, Guipavas trente et un, Plouguerneau trente. A Taulé, on en trouve vingt et un, à Cléder vingt-six, à Ploumoguer vingt, à Plougoulm dix-neuf, à Ploudalmézeau dix-huit, à Plougar seize, à Sibiril onze. Certaines paroisses d’étendue presque égale sont bien moins partagées : Plouescat six, Tréflaouénan six, Goulven deux. Les nobles étaient peu nombreux dans la région infertile qui confinait aux montagnes d'Arrée (à Commana trois, à Sizun cinq) et dans les villes (Landerneau deux, Saint-Renan quatre, Saint-Pol huit). La ville de Saint-Mahé n’avait qu’une unique privilégiée, Marie Mol, vénérable par son âge de 99 ans. Ces chiffres comprennent les chefs de famille, les déguerpies (veuves), les femmes et les filles vivant isolément.

Certains de ces humbles patriciens étaient des anoblis de fraîche date. Quand Jean V eut été fait traîtreusement prisonnier par les Penthièvre, beaucoup de roturiers non soumis au service armé se joignirent par loyalisme aux troupes appelées pour sa délivrance. Redevenu libre, le duc recompensa ces fidèles par des exemptions. A Plouénan, Jean Aublaing fut affranchi de fouages « pour ce que sa main a esté coupée d’un coup de canon au siège de Chasteauceaux au recouvrement de la personne de Monsieur ». D’autres obtinrent la même faveur. A Landéda, en 1427, Guillaume Yhouarn est anobli ainsi que ses descendants, « à condition de servir aux armées ».

A Plougar, en 1444, Guillaume Pontargluidic est fait gentilhomme « à condition de vivre noblement et de servir aux armées ». On a là les deux signes essentiels de la noblesse du temps. Vivre noblement, c’était renoncer à tout trafic, à toute « négociation » au détail — le commerce en gros sur mer étant autorisé — se borner à cultiver ses terres et ne point morceler celles-ci entre ses enfants, mais les laisser tout entières ou presque, par le partage avantageux, à son fils aîné. C’était aussi se tenir toujours prêt à répondre à l'appel du souverain et à acquitter l’impôt du sang.

Parmi les privilégiés cités dans les réformations du XVème siècle, ceux du meilleur aloi se reconnaissent à ce qu’ils sont déclarés « nobles sans débat », c’est-à-dire sans contestation possible. Bien que le duc, lorsqu’il affranchissait du fouage l’un de ses sujets, fît d’ordinaire bénéficier sa paroisse du rabais d’un feu, d’un demi-feu ou d’un tiers de feu, afin que les autres contribuables n’eussent pas à payer la part de l’exempté en sus de la leur, les paroissiens veillaient avec zèle à ce que le nombre de leurs gentilshommes ne s’accrût pas au-delà des limites raisonnables, et ils savaient fort bien actionner vigoureusement devant la justice ceux qui ne pouvaient exciper d’une exemption en forme.

A Carantec, en 1446, quatre nobles sur quatorze sont « en débat », c’est-à-dire en procès. A Plounéventer, en 1426, la noblesse de Guillaume Kereozen (ou Keryvon) est révoquée en doute « et disent les paroissiens qu’il est partable (roturier) ». Il fut pourtant maintenu et il fit souche d’une famille encore existante au XVIIIème siècle. A Plouguerneau, en 1447, il existait, outre vingt nobles avérés, six nobles douteux et « en plaid ». On a écrit devant leurs noms, en marge du rôle original : « Savoir s’ils sont allés à la guerre ». A Saint-Martin de Morlaix, en 1426, les commissaires réformateurs ordonnent que les quatre nobles « en débat » paieront l’impôt jusqu’à la fin de leur procès, et que trois autres, dont les prétentions paraissent insoutenables, seront de nouveau assujettis au fouage.

Les motifs d’exemption étaient d’une grande variété. Il ne faut pas confondre cette exemption viagère avec l’anoblissement, mais en fait, dans beaucoup de cas, elle le préparait. Un riche armateur de Morlaix, Jean Forget, obtient en 1429 l’affranchissement de sa métairie du Quenquis, en Sainte-Sève, et peu après il est anobli lui-même, sans doute pour avoir servi l’Etat en renforçant de ses navires la flotte ducale. A Plouénan, en 1426, Jean Clech est fait noble « pour le bon gouvernement de son père ».

A Plougar, en 1429, Thomas Le Borgne est « relevé contre les marchandises », c’est-à-dire déchargé de la déchéance qu’il avait encourue en se livrant au commerce de détail. Comme je l’ai dit plus haut, les négociants sur mer ne dérogeaient pas. En 1448, à Saint-Pol-de-Léon, dans la paroisse de N.-D. de Cahel dont dépendait le port de Penpoul, sur cinq nobles il y avait quatre marchands, et le cinquième, Hervé Kermeleuc, tenait taverne. Guillaume Keramperchec, marchand à Brest, est cité, en 1446, parmi les nobles de Lambézellec.

A Landéda, en 1427, Mahé Floch se fait exempter d’impôt, quoique partable, parce qu’il est grand-père de la femme d'Yves Kergrach, noble. En 1426, à Guipavas, Guillaume Le Guével est exempt « comme gradué et maistre d’escole ». Saluons ce vieil éducateur, de qui les paroissiens savaient récompenser les services. En 1448, Pierre Salaün ne paie rien parce qu’il demeure dans l’hôtel du seigneur de Penfeunteniou, à Saint-Pol-de-Léon. Jean Le Baillif, de Landéda, prétend exemption en 1426, parce que sa femme est noble. A Plouvien, en 1443, Guyomarch Pengarrec — l’admirable nom ! — a épousé une noble damoiselle et tient à cause d’elle le manoir exempt de Kerduff, « où il y a bel édifice ». Ces deux exemples, entre divers autres, prouvent qu’alors ni la morgue nobiliaire ni le préjugé des mésalliances n’existaient guère et confirment ce qu’a écrit Siméon Luce, qu’à aucune époque les classes n’ont été plus mêlées et confondues qu’au Moyen-Age.

 

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Tout seigneur qui n’exploitait pas lui-même sa terre avait droit à l’exemption du métayer manœuvrant « son principal lieu ». Les gentilshommes fortunés, possesseurs de plusieurs manoirs, en exemptaient souvent plus d’un, quelquefois trois, quatre et même davantage dans chacun de leurs domaines. Là encore, il y avait matière à contestations entre les paroissiens et les privilégiés. Avant de se prononcer, les commissaires s’assuraient si l’exemption était ancienne ou fondée sur titre, et examinaient à l’apparence des lieux. En 1427, à Sizun, Yves Le Normant revendique le droit de tenir un métayer exempt au Cozcastel, « où il y eut autrefoys un chastel ». Ce château n’est rien autre chose qu’un camp gallo-romain. En 1441, Guillaume Le Corre, de Plougourvest, s’affirme noble. Il n’a pas de papiers, mais « un bel hostel où il demeure, auquel il y a salle, chambres et place de moulin ».

En 1443, Salomon de Lesquélen, contrarié pour sa noblesse, s’est fait bâtir « une belle maison couverte en son principal lieu du Liorzou », en Plounévez-Lochrist, et sert le duc « en ses mandemants en bon appareil ». Avait trois à Kerlouan, Alain Salou, Grall Coetjunval, fils naturel d’Yves. Il ne peut y avoir de doute lorsqu’il s’agit d’un lieu « exempt de toute antiquité », d’un lieu « noble et ancien », d’un « manoir ancien et de grande estandue » comme ceux de Penfeunteniou et du Cloistre à Sibiril, en 1445. Parfois, le manoir, ruiné par l’abandon ou par les guerres, a disparu, mais son emplacement, comme au Tromeur et à Kergaradec, en Saint-Vougay, en 1444, est un indice probant. Le nom d'hostel, quelquefois employé (à Sizun, en 1426, l’hostel de Keramblouch à Hervé Le Ny), semble désigner un édifice moins considérable que le manoir.

Tous les degrés de l’échelle sociale étaient, on le conçoit, représentés au sein de la noblesse léonaise du XVème siècle, depuis l’opulent sire de Kermavan, richement possessionné en Kernilis, Plounévez, Plouénan, depuis de puissants feudataires tels que les sires du Chastel, de Kerouzéré, de Coetmeur, du Breignou, qui habitaient des forteresses féodales, commandaient les troupes du duc et siégeaient aux séances de son Parlement, jusqu’au minable hobereau qui n’avait même pas de quoi se payer un équipement de guerre. Ainsi était à Guissény, en 1448, le pauvre Geffroy Courtois. « Il n’a point de faculté et n’est point allé au voyage ». En 1427, à Plouzané, Jean de La Garde, « pauvre mahaignant (infirme) », dit pourtant être noble et avoir trois enfants à la guerre, montés et armés. Son voisin, Guillaume Grall, est « pauvre, impotent et gentilhomme ». A Plouvien, en 1427, Nicolas Creff, simple métayer d’Alain Uzel, est noble comme son maître. A Tréflez, en 1426, végètent deux pauvres demoiselles au patronyme baroque, Marguerite et Constance Pinabourdin.

Certains se disaient nobles et exerçaient des professions roturières. En 1427, Yves Lhostellier tenait taverne au bourg de Plounéour-Ménez ; cependant, les paroissiens l’exemptaient de fouage. A Sibiril, en 1445, Yvon Kergourlaouen avait été tailleur de pierre, ce qui ne l’empêchait pas de servir à la guerre et d’être exempt, comme son père avant lui. Dans la même paroisse, deux vénérables privilégiés d’une gentilhommerie très douteuse sont appréciés avec indulgence par les commissaires. Le premier, Jean Bouret, âgé de 80 ans, « a usé son temps honorablement pendant sa jeunesse, a servi à la guerre et est sergent du sire de Kerouzéré... et reçu à sergenter sur les nobles sans débat ni contrariété. Mais l’on ne trouve pas sa noblesse, si ce n’est de gouvernement, bien est vrai qu’il est marié à une damoiselle ». Le second, Hervé Guével, âgé de 72 ans, était en procès avec la paroisse pour son exemption. « Il est vrai qu’il est roturier, mais il a servi à la guerre, est de bon et honneste gouvernement et hante volontiers la compagnie des nobles et mourut son fils à Vannes au service du prince ». Je me plais à croire que ces excellentes raisons ont valu au vieux Guével de demeurer affranchi de fouage jusqu’à la fin de ses jours.

On prétend que jadis en Espagne tous les bâtards naissaient nobles de droit. Chez nous, ceux qui étaient issus d’un père ou d’une mère de race noble jouissaient au moins de l’exemption personnelle. En 1426, il y en Coetjunval, et Jehan Mahugon, fils d’Hervé, lui-même bâtard d’un gentilhomme. A la même date vivaient à Tréflez Marguerite, advouée (bâtarde) de demoiselle Marguerite Gleincuff, et à Plouzévédé, Jean, fils naturel du seigneur de Coetudavel, en Plouvorn. La réformation de 1448 cite à Ploudiry Tiphaine Baz, veuve du « bastard de Rohan », qui possédait le manoir de Botlavan.

 

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Dans son précieux petit Armorial du Léon, réédité en 1863 par Pol de Courcy, le marquis de Reffuge énumère trois cent quatorze familles mentionnées au rôle de la réformation de 1443, mais il ne tient pas compte des anoblis ou exempts, d’extraction plus ou moins incertaine, dont le chiffre n’est pas inférieur à une centaine, et ces trois cent quatorze noms sont tous ceux de nobles bien avérés. En étudiant cette liste, on constate que les lignées chevaleresques, propriétaires de « fiefs de haubert » ou de hautes justices, sont au nombre de trente-neuf, que les familles notables et distinguées dont beaucoup ont obtenu des arrêts d'ancienne extraction à la réformation de 1668-71, sont au nombre de soixante-dix, et que tout le surplus, soit deux cent cinq familles, a vécu et s’est éteint dans une obscurité à peu près complète.

Sur ces trois cent quatorze maisons nobles, quatre-vingt-sept seulement, soit un peu plus du tiers, existaient encore lors de la grande réformation de la noblesse bretonne effectuée sous le règne de Louis XIV. Actuellement, il n’en subsiste plus, sauf erreur, que vingt-cinq, dont voici les noms à titre documentaire : Audren de Kerdrel, du Beaudiez, de Coetaudon, de Coetlosquet, de Coetnempren de Kersaint, de Gouzillon, Huon de Kermadec, Huon de Kerillis de Kerchoent, de Kerguiziau de Kervasdoué, de Kermenguy, de Keroulas, de Kerouartz, de Kerret, de Kersaintgily, de Kersauson, de Lesguern, de l’Estang du Rusquec, Mahé de Berdouaré, de Parscau du Plessix, de Parcevaux, de Penfeunteniou, de Poulpiquet, de la Roche et Salaün de Kertanguy.

Une dizaine de ces familles seulement sont restés fidèles au terroir des ancêtres. Trois d’entre elles, les Audren de Kerdrel, de Kermenguy et de Kerouartz, par un rare et louable attachement au berceau de la race, conservent et habitent encore les mêmes manoirs que leurs ancêtres possédaient lors de la réformation de 1426. Par contre, les Penfeunteniou et les Keroulas ont émigré en Cornouaille, les Coetnempren à Paris, les Kersaintgily en Provence, les Coetlosquet en Touraine. Quant aux Huon de Kerilis, émigrés aux Antipodes, ils font aujourd’hui bonne figure au milieu des citoyens de Sidney, le grand port australien, dont le nom, par un singulier hasard, est celui du saint celtique que les Bretons appellent Sezny, qui est l’éponyme et patron d’une des paroisses les plus typiquement pittoresques du littoral léonais, celle de Guissény.

(Louis Guennec - 1937).

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