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COTES-D'ARMOR : ADMINISTRATION RELIGIEUSE ET EVECHE.

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Administration religieuse. — Évêché.

Le siège épiscopal de Saint-Brieuc, auquel a été réuni celui de Tréguier, par le concordat du 3 décembre 1801, à l'exception de vingt-six paroisses comprises dans le département du Finistère, a reçu, par cela même, un grand accroissement, ainsi que par l'adjonction d'une notable partie des anciens évêchés de Cornouailles, de Saint-Malo et de Dol. Il a hérité, en outre, de quatre paroisses de l'évêché de Vannes : Lescouët, Mellionnec, Perret, et Plélauff, qui font partie du canton de Gouarec ; mais il en a perdu deux; Bréhand-Loudéac et Saint-Samson, qui ont été jointes au canton de Rohan (Morbihan). Le nombre des paroisses du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier est de 402.

L'église cathédrale de Saint-Brieuc a été élevée à la dignité de basilique mineure par le pape Pie IX, en 1875.

L'évêque est aidé dans son administration par deux vicaires-généraux, agréés du gouvernement ; le chapitre était primitivement composé de 8 chanoines titulaires qui recevaient une allocation de l'Etat ; en 1860, ce nombre fut porté à 9, y compris le curé archiprêtre ; depuis le 29 décembre 1883, le gouvernement a supprimé toute allocation par voie d'extinction.

Le grand séminaire est dirigé, depuis la rentrée de 1887, par des prêtres du diocèse. Il existe, à cette époque, deux petits séminaires, à Plouguernével et à Tréguier.

Un certain nombre de congrégations religieuses ont pris naissance dans le diocèse à une époque plus ou moins reculée. Ce sont :

Arrondissement de Saint-Brieuc.

SAINT-BRIEUC.

Filles de Saint-Vincent-de-Paul. — Elles tiennent le bureau de bienfaisance, la salle d'asile, un orphelinat et soignent les prisonniers et les malades nécessiteux de la ville. — Appelées a Saint-Brieuc en 1711, par Mgr Frétat de Boissieux, elles s'installèrent dans une modeste maison de la vue Madeleine, tout près de leur établissement actuel. Vers 1890, elles ont trois maisons dans le département à Saint-Brieuc, Lamballe et Erquy.

Religieuse de N.-D. de Charité du Refuge (Montbareil). — Cet établissement, approuvé par décret du 10 octobre 1811, est situé rue Notre-Dame. — En outre d'un pensionnat pour les jeunes Filles, il possède, en 1890, un Refuge pour lequel le Conseil général vote chaque année une allocation. Cette maison fut fondée, vers 1706, sous l'épiscopat de Mgr de Boissieux.

Filles du Saint-Esprit. — Approuvé par décret du 13 novembre 1810, cet ordre fut fondé à Plérin, en 1706, par la veuve Marie Balavoine et Renée Burel, qui renonça aux Ursulines pour se vouer à l'œuvre des petites écoles. Ces deux femmes furent secourues dans leur sainte entreprise par M. Allenou de La Ville-Angevin, recteur de Pordic, et par M. Leuduger, chanoine scolastique de Saint-Brieuc, et leur ordre, après s'être maintenu à Plérin jusqu'en 1835, vint s'établir à Saint-Brieuc, rue des Capucins. Depuis, il s'est considérablement développé, car, en outre de sa splendide maison principale et de son magnifique pensionnat de la côte Saint-Pierre, il compte près de trois cents fondations et plus de treize cents religieuses dans les cinq départements de la Bretagne. — Le but de ce charitable institut est d'instruire ses jeunes postulantes pour en faire des institutrices, tenir des ouvroirs, des salles d'asile, et visiter les malades de la campagne à domicile.

Filles de la Providence. — Fondée en 1635, par un chanoine de Chartres, la congrégation des filles de la Providence se dévouait exclusivement, dans le principe, à l'éducation gratuite des pauvres orphelins. La maison principale de cet ordre fut fondée à Saint-Brieuc par M. l'abbé J.M. de La Mennais. — Cette congrégation a fondé de nombreuses maisons dans le diocèse et dans l'Ille-et-Vilaine, sans compter le magnifique pensionnat de Rennes.

Religieuses de Saint-Thomas-de-Villeneuve. — Les religieuses de Saint-Thomas sont chargées non seulement des soins à donner, à l'hospice, aux malades civils et militaires, mais encore des enfants trouvés, des aliénées et des incurables. Elles possèdent, en 1890, des maisons à Lamballe, Moncontour, Quintin et Dinan.

Dames du Sacré-Coeur de Jésus. — Ce couvent possède, en 1890, à Saint-Brieuc un fort bel établissement ; avec ses dépendances, il renferme tous les immenses terrains des Calvairiennes, qui, achetés nationalement, furent longtemps occupés par le tribunal civil, la manutention, le cercle du jeu de houles et les bureaux de recrutement — Les religieuses du Sacré-Cœur tiennent un pensionnat pour les enfants des familles aisées et un externat gratuit pour les jeunes filles pauvres.

Les Religieuses Carmélites de Saint-Joseph. — Ces dames possèdent, en 1890, dans l'un des faubourgs de Saint-Brieuc, à la Corderie, un bel établissement.

Maison de Nazareth. — Situé rue de Brest, cet établissement tient vers 1890 un orphelinat très considérable. On y confectionne de la lingerie, des trousseaux, des ornements d'église.

Sœurs de Notre-Dame de Bon-Secours (de Troyes). — Les religieuses de Bon-Secours prennent soin des malades à domicile et les veillent de nuit et, de jour.

Maison de la Sainte-Famille. — Fondée par Mlle Bagot, rue Notre-Dame, cette maison, tenue en 1890 par les filles du Saint-Esprit, reçoit les jeunes filles pauvres et délaissées. — Cet orphelinat, qui compte près de cent enfants, reçoit du département une subvention ; il renferme dans ses dépendances la magnifique fontaine de Saint-Brieuc, l'un des monuments anciens de la cité.

Religieuses missionnaires de Marie. — Cette congrégation, dont la principale maison est aux Châtelets, ancienne résidence de plaisance des évêques de Saint-Brieuc, donnée à l'hospice de cette ville par un de nos représentants de 1848, M. J.-M. Houvenagle, et revendue depuis quelques années aux Missionnaires de Marie, possède deux autres maisons, à Rome et à Marseille. Cette congrégation envoie des religieuses aux missions et fondations étrangères.

Frères de l'Instruction chrétienne. — Cette école, située rue Vicairie, est communale ; elle reçoit un grand nombre d'enfants de toutes les classes. Reconstruite fin XIXème siècle, elle a pour chapelle l'élégant sanctuaire construit en souvenir de MM. Latimier du Clésieux père et fils, le premier ancien trésorier général du département ; le second, capitaine de la garde mobile, blessé mortellement à la bataille du Mans. Dans le chœur de cette chapelle, à droite, on aperçoit le tombeau du brave capitaine.

Établissement des Sourds-Muets. — Fondé par feu l'abbé Garnier, de sainte et vénérée mémoire, qui, du petit bourg de Plestan, près Lamballe, obtint un premier gîte pour ses chers sourds-muets au château de Lamballe. Cet établissement, grâce aux démarches, au courage, au dévouement de son regretté fondateur, est venu se fixer depuis longtemps déjà, à Saint-Brieuc. — Il y possède, vers 1890, de beaux édifices, dans lesquels, grâce à la générosité départementale, aux pensions privées ou municipales, il abrite un grand nombre d'enfants des deux sexes dont la situation physique et les progrès sont remarquables.

LAMBALLE.

Religieuses Ursulines (rue Saint-Martin). — Fondé en 1837 cet établissement considérable reçoit des pensionnaires et possède un internat et un externat. Il a de plus, en 1890, trois autres maisons dans le département: à Dinan, Quintin et Tréguier.

MONCONTOUR.

Filles de la Providence, Pensionnat et externat, — et Religieuses de Saint-Thomas (hospice).

PAIMPOL.

Dames de la Providence de Ruillé. — Cet ordre, fondé par Mile du Roscoat, a sept succursales dans le département en 1890, savoir : à Paimpol, Pleudihen, Plébédel, Quemper-Guézennec, Saint-Jean-Kerdaniel, Bourbriac et Plésidy.

PLAINTEL.

Filles de la Sagesse. — Fondé par M. et Mme Digaultray, de Quintin, dans l'ancien manoir de Saint-Quihouët. Cet établissement sert, en 1890, d'asile aux orphelines des communes voisines ; il est tenu par les filles de la Sagesse et possède quatre autres maisons dans le département.

QUINTIN.

Religieuses Ursulines.

Cet établissement, fondé en 1707, possède, en 1890, un pensionnat très renommé et une école gratuite pour les jeunes pauvres.

SAINT-QUAY-PORTRIEUX.

Filles des Saints-Cœurs de Jésus et de Marie.

Approuvé le 17 janvier 1829, cet établissement donne des retraites, reçoit des pensionnaires des deux sexes pendant l'été et la saison des bains de mer. Il a, en 1890, deux succursales une sur la belle plage da Val-André, en Pléneuf, et l'autre sur la plage non moins belle de Trégastel.

Arrondissement de Dinan.

DINAN.

Religieuses Ursulines. — Cet ordre, fondé en 1615, reçoit des pensionnaires.

Filles de la Sagesse. — Cette communauté, fondée en 1750 par M. le comte de La Garaye, fait des classes et tient la salle d'asile.

Petites Sœurs des Pauvres. — Fondé par une pauvre servante, Jeanne Jugan, cet ordre, très aumônieux, très utile pour les vieillards pauvres et infirmes, est en 1890 en voie de prospérité, après avoir subi toutes les péripéties des besoins et de la misère.

BROONS.

Filles de Sainte-Marie. — Cette maison principale, autorisée par ordonnance du 30 mars 1839, a eu pour fondateur M. l'abbé Fleury, ancien curé de Broons. Elle tient un pensionnat et un externat pour les jeunes filles, donne des retraites, porte des secours à domicile aux malades, et plusieurs religieuses de cet ordre sont employées dans des établissements d'instruction publique laïques ou religieux. Il compte, vers 1890, plus de 407 membres et possède près de 60 maisons dans le département et ceux d'Ille-et-Vilaine, du Morbihan, de la Seine, du Cher et de l'Indre.

CRÉHEN.

Filles de la divine Providence. — La maison principale eut pour fondateur M. l'abbé Homery, ancien recteur. Comme sa voisine de Broons, cette congrégation tient des écoles, donne des retraites, porte des secours à domicile aux malades. Vers 1890, elle compte près des 400 religieuses et possède 73 maisons, dont 65 dans le département, 1 dans le Morbihan, 2 dans l'Ille-et-Vilaine et 5 dans le Finistère.

PLANCOET.

Dames Trinitaires. — Ces religieuses, dont les statuts, imprimés en 1867, forment un volume in-8°, tiennent un pensionnat, font l'école et visitent les malades.

SAINT-JACUT-DE-LA-MER.

Sœurs de l'Immaculée-Conception. — Comme la communauté de Saint-Quay-Portrieux, celle-ci reçoit des voyageurs et des pensionnaires pendant la saison des bains. Elle possède, en 1890, deux autres maisons dans le département, à Saint-Jacut et à Le Loscouët.

LÉHON.

Frères de Saint-Jean-de-Dieu. — Cette maison, plus connue sous le nom de Bas-Foin, fut fondée en 1836, pour servir d'asile aux aliénés hommes de tous pays. Située à la porte de Dinan, dans une belle position, elle est remarquable par sa tenue, ses aménagements, les soins qu'on y prodigue aux infortunés malades, parmi lesquels notre département en entretient un nombre trop considérable, hélas ! — Elle possède une magnifique chapelle dont la rosace est splendide. — Renfermant près de 600 individus.

Arrondissement de Guingamp.

GUINGAMP.

Filles de la Croix (Montbareil), et Filles de la Sagesse. — Ces dames tiennent des classes et un ouvroir.

BÉGARD.

Filles du Bon-Sauveur de Caen. — Asile pour les aliénées et pensionnat pour les jeunes filles. — Cet établissement occupe en 1890 l'ancien abbaye.

MAGOAR.

Filles de la Croix. — En 1842, ces dames furent détachées de la communauté de Montbareil de Guingamp et installées à Coat-Piquet (bois de la Croix).

Arrondissement de Lannion.

LANNION.

Religieuses de la Petraite. — Ce magnifique établissement, situé sur la colline de Crechaven, au milieu d'un beau parc, tient un pensionnat de demoiselles.

Religieuses hospitalières de Saint-Augustin. — Cette maison reçoit des pensionnaires.

PLESTIN.

Filles de la Croix. — Elles ont classes et ouvroir.

TRÉGUIER.

Religieuses hospitalières de Saint-Augustin, et Filles de la Croix. — En 1667, la sœur Hélène Vorês, auvergnate, fonda cette dernière maison et une autre à, Saint-Brieuc. Les religieuses de la première, obligées de la quitter en 1820, furent s'établir à Guingamp. — Elles tiennent classes et ouvroirs.

Dames Ursulines. — Elles arrivèrent à Tréguier en 1625.

Arrondissement de Loudéac.

LOUDÉAC.

Filles de la Croix. — Classes et ouvroirs pour les orphelines.

ILLIFAUT et LE LOSCOUET.

Sœurs de l'Immaculée-Conception. — Ecoles pour les jeunes filles.

SAINT-ETIENNE-DU-GUÉ-DE-L’ISLE ET LA CHÈZE.

Filles de Jésus, du diocèse de Vannes. — Classes pour les petites filles.

MERDRIGNAC.

Filles de la Croix. — Classes et ouvroirs.

GOAREC.

Religieuses hospitalières de Saint-Augustin. — Cet établissement, fondé vers 1825, est remarquable par ses constructions, son étendue et sa tenue. Il possède, en 1890, un pensionnat et des classes pour les filles pauvres.

PLOUGUENAST.

Sœurs Saint-Joseph de l'Apparition. — En 1890, cette congrégation a une autre maison à Trémorel.

(J. Rigaud, M. Hélary).

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