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COTES-D'ARMOR : Assistance publique, établissements de bienfaissance, institutions de prévoyance, établissement de répression, enfants assistés, en 1890.

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Assistance publique. — Etablissements de bienfaisance. — Institutions de prévoyance. — Etablissements de répression.

Enfants assistés. — En 1890, les enfants assistés se divisent en enfants trouvés dont l'origine est inconnue, en enfants abandonnés par leurs parents, et en enfants orphelins pauvres.

Ils sont confiés à la tutelle des hospices, mais le département paie leurs frais de pension et de nourrices.

Les hospices des cinq chefs-lieux d'arrondissement reçoivent des enfants abandonnés et orphelins ; mais, en principe, les hospices de Saint-Brieuc et de Dinan sont seuls dépositaires d'enfants trouvés. Il s'en trouve cependant quelques-uns à la charge de l'hospice de Lannion.

Etablissements pour les aliénés. — En 1890, le département compte trois établissements spéciaux pour les aliénés, savoir : hommes, l'asile privé des Sacrés-Cœurs, plus connu sous le nom des Basfoins, situé dans la commune de Léhon, aux portes de Dinan ; femmes, l'asile de Saint-Brieuc et l'asile privé du Bon-Sauveur de Bégard, à Bégard.

Hospices. — Huit hospices existent, en 1890, dans les Côtes-d'Armor et reçoivent des vieillards, des infirmes et des enfants.

Bureaux de bienfaisance. — Quatre-vingts bureaux de bienfaisance sont organisés dans le département.

Leurs ressources s'élèvent d'année en année et permettent de secourir un grand nombre de familles nécessiteuses ou de malades.

Asile des Incurables de Saint-Brieuc. — Nous mentionnerons aussi l'asile pour les incurables, fondé en l'année 1858 a Saint-Brieuc, et que l'on peut considérer comme départemental, puisqu'il reçoit des malades de tout le département. Sa création a comblé une importante lacune dans l'assistance publique, et déjà il a pu soulager bien des misères.

Petites-Sœurs des Pauvres. — Après les établissements régulièrement organisés, nous devons signaler les Petites-Sœurs des Pauvres, de Dinan, qui étendent leurs bienfaits à toutes les classes de malheureux, quel que soit leur lieu de naissance, et recueillent toutes les infortunes.

Sociétés de Secours-Mutuels. — Le département possède un grand nombre de sociétés de secours mutuels. Elles s'appliquent a des professions diverses.

Société de Charité maternelle. — Une Société, dite de Charité maternelle, pour venir en aide aux femmes indigentes, existe a Saint-Brieuc.

Conférences de Saint-Vincent de Paul. — Des conférences de Saint-Vincent de Paul existent en 1890 à Saint-Brieuc, Lamballe, Quintin, Pédernec, Plœuc et Loudéac.

Caisses d'épargne et de prévoyance. — En 1890, il y a dans le département six caisses d'épargne et de prévoyance : à Saint-Brieuc, Dinan, Guingamp, Lannion, Loudéac, Paimpol.

Paupérisme. — Mendicité. — Des Sociétés pour l'extinction de la mendicité existent en 1890 à Guingamp, Paimpol, Pontrieux et Tréguier, mais leur action est purement locale et forcément restreinte.

L'esprit de charité religieuse, qui anime les populations, favorise singulièrement en Bretagne la persistance de la mendicité. Il leur fait voir sans mépris celui qui tend la main, et, il faut le reconnaître, dans le fond de nos campagnes, les mendiants sont l'accessoire ordinaire de toutes les fêtes publiques ou des familles. La facilité avec laquelle on donne, la régularité, la périodicité des aumônes dans certaines maisons, tout concourt a entretenir la mendicité, et l'on peut, en déplorant l'abaissement de ceux qui demandent, dire, à la louange de ceux qui donnent, que l'aumône est organisée en Bretagne.

De la pratique de la première des vertus naissent cependant de grands abus, que nous sommes loin de nier à coup sûr.

La charité individuellement exercée est, souvent un obstacle à la création de secours réguliers.

Établissements de répression. Il existe en 1890, dans le département des Côtes-d'Armor, cinq prisons, une au chef-lieu de chaque arrondissement ; deux dépôts de sûreté, l'un à Broons, l'autre à Lamballe ; quarante chambres de sûreté annexées aux casernes de gendarmerie.

La prison de Saint-Brieuc contient : la maison d'arrêt, la maison de justice et la maison de correction. Les quatre autres prisons d'arrondissement sont simplement des maisons d'arrêt.

Les dépôts et chambres de sûreté reçoivent les individus pris en flagrant délit et les détenus de toutes catégories en cours de translation.

Deux établissements pour les jeunes détenus se trouvent aussi dans le département : l’un, pour les garçons, à Saint-Ilan, avec Carlan et Langonnet (Morbihan) pour succursales ; l'autre, pour les filles, à Notre-Dame de la Charité du Refuge (Montbareil), à Saint-Brieuc. Les jeunes garçons sont occupés aux travaux agricoles.

Saint-Ilan et Notre-Dame du Refuge ne sont point exclusivement des lieux de répression, et, par les soins qu'ils donnent à l'éducation des enfants et des jeunes gens qui leur sont confiés, soit par les familles, soit par la charité, ils doivent être aussi classés au rang des institutions de bienfaisance.

(J. Rigaud, M. Hélary).

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