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COTES-D'ARMOR : LE COMMERCE ET L'INDUSTRIE. |
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Commerce. — Industrie.
Commerce. — Industrie. — En 1890, le commerce maritime du département consiste principalement dans l'expédition d'un certain nombre de navires employés au grand et au petit cabotage. parmi lesquels figurent les bâtiments expédiés aux pêches de Terre-Neuve et d'Islande, et dans l’arrivée de navires, de faible tonnage, qui apportent, dans les ports ouverts à l'importation, les matériaux et les denrées dont le pays peut avoir besoin. La navigation au long-cours y est peu pratiquée. De toutes les industries maritimes de notre pays, la pêche d'Islande est celle qui emploie le plus de bras ; les difficultés et les fatigues inhérentes à cette navigation, jointes à une vocation innée chez nos hommes du littoral, ont pour effet de rendre les nombreux matelots qui y sont accupés les plus robustes et les plus courageux de notre flotte. Le Gouvernement encourage par des primes un commerce dont l'effet principal est d'augmenter cette précieuse pépinière de marins.
La pêche côtière, la coupe de goëmons sur les rochers éloignés en mer et le dragage des sables marins occupent aussi un nombre considérable de bateaux.
Les huîtrières de la baie de Saint-Brieuc ont complètement disparu, malgré les efforts faits il y a quelques années pour les repeupler. Cet excellent mollusque se trouve en assez grande abondance dans le Trieux, entre Pontrieux et Lézardrieux, et dans la rivière de Tréguier. Tous les deux ans environ la pêche a lieu.
Le commerce des huîtres à Tréguier et à Pontrieux a une certaine importance.
Phares et fanaux. — Pour guider les navigateurs à l'entrée et à la sortie des ports, en même temps que pour leur indiquer les passes les plus favorables et les écueils à éviter à l'approche des côtes, l'Etat entretient sur notre littoral un certain nombre de fanaux de hauteur et de puissance variables ; indépendamment de ceux qui existent déjà, plusieurs autres sont en voie de construction ; nous nous bornerons à indiquer les premiers : cap Fréhel, port du Légué, port de Binic, port du Portrieux, île de Bréhat, les Héaux, Sept-Iles.
Chambre de commerce de Saint-Brieuc. — Elue par une assemblée de commerçants notables de tout le département, dont la liste est dressée par l'autorité préfectorale, la Chambre de commerce de Saint-Brieuc à pour mission de soumettre au Gouvernement, soit sur sa demande, soit d'office, son avis et les observations sur les mesures que lui paraît réclamer l'intérêt du commerce et surtout du commerce maritime.
Industrie. — Vers 1890, le département des Côtes-d'Armor n'est point industriel dans le sens propre du mot ; cependant, il a fait sous ce rapport, depuis plusieurs années, de notables progrès.
En 1890, on trouve dans les Côtes-d'Armor des carrossiers en tous genres, des ébénistes, des tapissiers habiles, une fabrique de pianos dont les produits se répandent par toute la Bretagne.
L'orfèvrerie, la gravure sur métaux, la confection des ornements d'église sont exercées avec succès, et la surprise a souvent été réelle pour des étrangers de voir figurer, dans nos expositions départementales et régionales, des vases, des objets précieux, de bons instruments conçus et exécutés dans les ateliers du pays.
Le département possède, en 1890, treize imprimeries, dont plusieurs importantes, et au chef-lieu deux établissements pour la lithographie.
La tannerie, la corroierie et la mégisserie sont pratiquées assez en grand et donnent de bons produits.
La fabrication des toiles de Bretagne ou de Quintin, bien que déchue de son ancienne splendeur, fait encore vivre un certain nombre de personnes en 1890. Les centres de cette industrie sont Quintin, Loudéac et Uzel, pour les toiles fines. Sauf quelques exceptions, le travail du tissage s'effectue à domicile dans cette région et tend même à devenir un accessoire de l'agriculture. Il en est ainsi dans le pays de Tréguier, qui fabrique des toiles d'un autre genre que celles de Quintin. A Dinan, où se font les toiles à voiles, la fabrication aurait peut-être un caractère manufacturier plus spécial.
Généralement le tisserand ne travaille pas sur commandes. Il achète son fil, que le pays lui fournit préparé à la main, confectionne une pièce, puis l'expose au marché ou la livre directement aux négociants de la localité la plus voisine de son domicile. Tel est le mode d'opérer et tel il fut à l'époque où les toiles de Bretagne jouissaient d'une réputation universelle.
Quintin, Lamballe et quelques autres localités fabriquent aussi des tissus spéciaux pour le vêtement de nos paysans.
L'extraction et le piquage du granit dans les carrières de Saint-Brieuc et de La Méaugon et dans celle de l'Ile-Grande surtout, constituent, une véritable industrie qui, en dehors de la consommation locale, expédie ses produits par la voie de mer au Havre, Rouen et Paris.
On trouve aussi des ardoises à Caurel, à Mûr et sur quelques autres points du département.
Les grès d'Erquy, situés au bord de la mer, sont très appréciés ; ils sont exploités sur une vaste échelle et expédiés à Paris et dans nombre de départements ; l'exploitation en est très facile.
L'industrie la plus importante du département est la fonte des minerais de fer et la fabrication du fer. Elle est pratiquée dans plusieurs usines que nous croyons devoir citer. Ce sont : les forges et aciéries de Saint- Brieuc et celles du Pas, commune de Lanfains.
Parmi les autres industries du département, nous mentionnerons non seulement les fabriques de machines et instruments aratoires, qui se créent et se développent depuis plusieurs années avec des succès qu'on était loin de prévoir, mais aussi une très importante fabrique de papier à Belle-Isle, et deux fabriques de papier de paille à Châtelaudren et à Quintin.
Une magnifique cartonnerie a été créée en 1887 à Pontrieux, par MM. Huet frères.
Une importante usine existe encore à Tréguier, pour la fabrication de l'huile de colza.
Nous terminerons en appelant l'attention sur les usines à préparer le lin que l'on trouve à Pontrieux et à Lannion, usines dont les produits s'écoulent facilement et qui sont susceptibles du plus grand développement, la matière première ne pouvant jamais leur manquer dans un pays où, comme sur notre littoral, elle forme une branche importante de l'industrie agricole.
Enfin, le département possède un nombre considerable de moulins et de minoteries installés sur les divers cours cours d'eau.
Commerce. — En 1890, le commerce du département des Côtes-d'Armor, comme son industrie, a pour objet principal de satisfaire à la consommation locale. Des maisons de commerce importantes y existent cependant, mais quelques-unes seulement étendent leur action sur une assez large zone. Les produits agricoles, les farines, grains, graines et bestiaux sont, avec le papier, le carton, les chiffons, les os, les suifs, les cires, les miels et les cuirs, les articles livrés par nous en quantités notables à la sortie ou à l'exportation proprement dite.
Les îles anglaises reçoivent nos bestiaux, nos pommes de terre ; et nos grains et farines sont expédiés en Angleterre, ainsi qu'aux départements du nord et du midi de la France, au moyen du cabotage.
(J. Rigaud, M. Hélary).
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