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COTES-D'ARMOR : LES VOIES DE COMMUNICATION. |
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Voies de communication.
I. CHEMINS DE FER. — Les lignes livrées à l'exploitation en 1890 sont les suivantes :
1° Ligne de Paris à Brest. — Cette ligne, arrêtée définitivement par la loi du 11 juin 1859, a été terminée en 1867. Son parcours dans le département n'est pas moindre de 125 kilomètres. Les villes de Saint-Brieuc, Guingamp et Lamballe sont desservies directement et ont une gare spéciale ; d'autres stations, placées à Caulnes, Broons et Plénée-Jugon (arrondissement de Dinan) ; à Yffiniac et Chatelaudren (arrondissement de Saint-Brieuc) ; à Belle-Isle-Bégard (arrondissement de Guingamp) ; à Plouaret et Plounérin (arrondissement de Lannion). Une halte pour voyageurs a été établie réçemment, à Plouvara Plerneuf (arrondissement de Saint-Brieuc). La commune de Plestan, entre Lamballe et Plénée-Jugon, est en instance pour en obtenir une également.
2° Ligne de Saint-Brieuc à Pontivy. — Elle a été ouverte complètement en 1874 et passe à la halte de Saint-Julien, à la station de Plaintel, à la gare de Quintin, à la halte du Pas, aux stations de Plœuc-l'Hermitage et Uzel, à la halte de La Motte et à la gare de Loudéac, puis rentre dans le département du Morbihan.
Cette ligne est très importante au point de vue agricole, parce qu'elle facilite l'introduction des engrais marins dans le centre de la Bretagne. Sa longueur, dans le département, est de 58 kilomètres.
3° La ligne de Lamballe à Lison passe à Landébia, Plancoët, Corseul, Dinan, la Hisse (halte) et Pleudihen, et s'étend ensuite sur le département d'Ille-et-Vilaine.
4° Embranchement prenant naissance à la gare de Plouaret, passant à la station de Kerauzern et se terminant à Lannion ;
5° Ligne de Dinan à Dinard (Ille-et-Vilaine), prenant naissance à Dinan, sur la ligne de Lamballe à Lison, desservant la halle de Saint-Samson, la station de Pleslin-Plouër, sur les Côtes-d'Armor, et celle de Pleurtuit, sur l'Ille-et-Vilaine, où elle se termine à la gare de Dinard.
Cette ligne doit être complétée par celle de Dinan à La Brohinière, station de la ligne de Paris à Brest, située entre Caulnes et Montauban, et formera ainsi la ligne de La Brohinière à Dinan.
6° Ligne de Saint-Brieuc au Légué. — Cette petite ligne, reliant Saint-Brieuc au bassin à flot du Légué, a été ouverte en 1886 au service des marchandises seulement. Elle ne mesure que 5 kilomètres.
Les lignes de Carhaix à Paimpol, par Guingamp et Pontrieux, et de La Brohinière à Carhaix, par Merdrignac, Loudéac, Mûr, Gouarec et Rostrenen, ne sont encore qu'à l'état de projets en 1890, dont l'exécution rendrait de grands services au département, surtout par la portion de ligne de Guingamp à Paimpol.
II. ROUTES NATIONALES. Sept routes nationales, entretenues aux frais de l'Etat, traversent le département des Côtes-d'Armor. Ce sont :
1° Route nationale N° 12, de Paris à Brest. Elle entre dans les Côtes-d'Armor près de Saint-Jouais-de-l'Isle, passe à Broons, Lamballe, Saint-Brieuc, Châtelaudren, Guingamp, Belle-Isle-en-Terre, Plounévez-Moëdec et Plounérin. Au-delà, elle entre dans le Finistère, après un parcours de 121 k. 268 m., suivant direction très rapprochée de la ligne ferrée de Paris à Brest.
2° Route nationale N° 164, d'Angers à Brest. Elle n'a qu'un développement de 32 k. 120 m. et traverse seulement les communes de Gouarec, Plélauff et Rostrenen.
3° Route nationale N° 164 bis, de Rennes à Brest. Commence à la limite d'Ille-et-Vilaine, près Saint-Méen ; passe à Merdrignac, Loudéac, Mûr, Gouarec, Rostrenen et Le Moustoir, près duquel elle se termine à la limite du Finistère, non loin de Carhaix, après un parcours de 89 k. 273 m.
4° Route nationale N° 166, de Vannes à Dinan. Son parcours sur le département est de 26 k. 400 m. Elle commence à la limite de l'Ille-et-Vilaine, près Saint-Jouan-de-l'Isle, passe dans cette localité, à Caulnes, près Le Hinglé et se termine à Dinan.
5° Route nationale N° 167, de Vannes à Lannion. Commence sur les Côtes-d'Armor, à la limite du Morbihan, passe à Mûr, Corlay, Guingamp et Bégard, et se termine à Lannion, après un parcours de 78 k.
Les côtes excessivement rapides de cette voie, surtout entre Mûr et Guingamp, en rendent la circulation difficile et impossible pour le gros roulage.
6° Route nationale N° 168, de Quibéron à Saint-Malo. Commence à la limite du Morbihan, passe à Loudéac, Plouguenast, Moncontour, Lamballe, Plancoët et Ploubalay, et se termine un peu au-delà, à la limite d'Ille-et-Vilaine, après un parcours de 80 k. 600 m.
7° Route nationale N° 176, de Caen à Lamballe. Commence à la limite d'Ille-et-Vilaine, près de Miniac-Morvan ; passe à Dinan, où elle traverse la Rance sur un magnifique viaduc, passe ensuite a Jugon et se termine sur la route N° 12, à Noyal, près Lamballe.
III. ROUTES DÉPARTEMENTALES. — Il n'y a plus de routes départementales dans les Côtes-d'Armor en 1890 ; elles ont été déclassées et réunies aux chemins de grande communication en 1874.
IV. CHEMINS VICINAUX. — Les chemins vicinaux, dans les Côtes-d'Armor, comprennent encore trois catégories de voies de communication, savoir : 1° les chemins de grande communication, au nombre desquels ont été rangées les anciennes routes départementales ; 2° les chemins d'intérêt commun ; 3° les chemins vicinaux ordinaires. Les deux premières catégories n'en forment pour ainsi dire qu'une seule, car les chemins d'intérêt commun sont administrés et subventionnés par le département, avec prélèvements sur les ressources spéciales des communes, absolument comme ceux de grande communication. Les conditions de largeur et de pentes, pour leur établissement sont également les mêmes. Les chemins vicinaux ordinaires sont exclusivement à la charge des communes, au moins comme entretien. Pour leur construction seulement, ils peuvent recevoir, comme ceux des deux premières catégories, des subventions de l'État, en vertu de la loi du 12 mars 1880, et quelquefois, mais dans des cas extraordinaires, des subventions du département.
Chemins de grande communication. — Le réseau de grande communication comprend 59 chemins, ayant, ensemble un développement de 2,135 kl. 739 m. Cette longueur est entièrement terminée et à l'état de bonne viabilité.
Chemins d’intérêt commun. — Le réseau de cette catégorie comprend 87 chemins, ayant ensemble un développement de 1,510 kl. 533 m. Sur cette longueur, 1,466 kl. 698 m. sont terminés et 43 kl. 844 m. restaient encore à construire au 31 décembre 1887. Ces lacunes vont disparaître sous peu d'années.
Chemins ordinaires. — Le réseau de cette catégorie comprend une foule de chemins ayant ensemble une longueur de 3,573 kl. 864 m., sur lesquels 270 kl. environ restent encore à construire vers 1890.
L'ensemble de la vicinalité du département des Côtes-d'Armor comprend donc une longueur totale de 7,220 kl. 136 m. Cette longueur augmente chaque année, au fur et à mesure des nouveaux classements que les ressources permettent d'opérer.
V. CHEMINS RURAUX. — On comprend sous cette dénomination tous les chemins des campagnes desservant les fermes ou hameaux, et que leur peu d'importance n'a pas pu faire classer dans le réseau des chemins ordinaires. La grande étendue du département et l'extrême dissémination des habitations rurales font que ces chemins y ont un développement d'une longueur presque incalculable. Les communes n'étant pas tenues à leur entretien, ils sont, sauf quelques rares exceptions, en mauvais état, et presque, sinon complètement impraticables en hiver. L'humidité du climat contribue beaucoup aussi à ce fâcheux état de choses, que l'on ne peut espérer voir prendre une fin prochaine, malgré les moyens mis à la disposition des intéressés par la loi du 20 août 1881 sur les chemins ruraux.
Ponts suspendus. — Viaducs. — Ponts importants. — Il n'y a plus dans les Côtes-d'Armor, en 1890, qu'un seul pont suspendu, celui de Lézardrieux, situé entre cette localité et Paimpol, au passage du chemin de grande communication N° 1er (ancienne route départementale), sur la rivière du Trieux.
Ce bel ouvrage, construit en 1840 par une compagnie, moyennant un péage supprimé depuis, a une partie libre suspendue de 150m de longueur et sa hauteur au-dessus des marées est suffisante pour permettre aux bateaux de remonter jusqu'à Pontrieux.
Le pont suspendu de Tréguier, au passage du même chemin sur la rivière du Jaudy, a été remplacé, en 1886, par un pont fixe à 4 travées métalliques, plus une travée tournante donnant un passage de 12m de largeur, qui permet aux bateaux de remonter la rivière jusqu'au port de La Roche. Ce pont a 120m de débouché linéaire.
Nous ne mentionnons que pour mémoire la passerelle suspendue de Saint-François, située sur le Guindy, aux portes de Tréguier.
Au passage du chemin de grande communication N° 13, sur la rivière de l'Arguenon, se trouve encore en 1890, le pont du Guildo, à travée tournante comme celui de Tréguier, pour permettre aux bateaux de remonter jusqu'à Plancoët. Son débouché linéaire est de 142m.
Les chemins de fer du département présentent de magnifiques ponts ou viaducs, parmi lesquels nous citerons : 1° Le viaduc de La Méaugon, près Saint Brieuc, sur la ligne de Paris à Brest, au passage de la rivière de Gouët. Cet ouvrage, tout en pierres, est à deux rangs d'arches superposées. Sa hauteur est de 59m, et a longueur de 227 ; 2° — Le pont de Lessart, au dessous de Dinan et au passage du chemin de fer de Lison à Lamballe, sur la rivière de la Rance. Il se compose d'une principale travée métallique, d'une portée libre de 90m. de longueur. Sa hauteur au-dessus de la rivière (25m) permet aux bateaux de passer dessous pour remonter jusqu'à Dinan.
Le pont de la Fontaine-aux-Eaux, près Dinan, est dans le même genre que ce dernier, mais moins important comme dimensions.
Le viaduc de Dinan, au passage de la route nationale N° 176 sur la rivière de la Rance, est à un seul rang d'arches ; sa hauteur est de 40m et sa longueur totale de 260m.
(J. Rigaud, M. Hélary).
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