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L'ABBAYE BENEDICTINE DE SAINT-GILDAS DES BOIS

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I - UN CARREFOUR DE LA BRETAGNE MONASTIQUE.

 

COMMENCEMENT ET ESSOR.

L'Abbaye de Saint-Gildas-des-Bois, au diocèse de Nantes, n'a pas connu le rayon nement des monastères de Rennes et de Redon et elle ne se pare pas de l'antiquité de Landévennec, mais un ensemble de circonstances géographiques et historiques en ont fait le point de rencontre d'influences marquantes, au sud de l'Armorique.

Au débouché du bassin de la Vilaine, sur la route stratégique de Nantes, la capitale qui draine son économie et commande sa vie spirituelle, elle est encadrée de villes forteresses aux noms épiques : La Roche-Bernard, Pontchâteau, Guérande, elle est un peu comme sa cadette du Porhoët, Lantenac, qui, dans sa solitude mériterait mieux qu'elle le nom d'abbaye-des-bois.

On doit, semble-t-il, la rapprocher de Saint-Sauveur de Redon, dont elle est issue ou de sa marraine Saint-Gildas-de-Rhuys, retenant de l'une et de l'autre un certain archaïsme celtique dans les lieux-dits de l'acte de fondation. Et il n'est pas jusqu'à son église qui ne se présente, dans cette région, comme le type de transition entre l'art roman et le gothique de la première heure. Cependant, nettement séparée de la Basse Bretagne toute proche, par la faille de la Vilaine, entrée dans l'histoire seulement au lendemain des invasions normandes, Saint-Gildas-des-Bois est Nantaise dès le début, comme elle est totalement bénédictine, épousant les destinées du grand Ordre, pour le meilleur et pour le pire.

On peut assigner la date de 1020 à la fondation de Saint-Gildas, due à l'initiative de Simon, un des premiers seigneurs de la Roche-Bernard. Il s'adressa au « sérénissime abbé » de Redon, Catwallon, l'oncle du duc de Bretagne Alain, dans le temps où la grande abbaye de la marche de Bretagne relevait Sainte-Croix de Quimperlé, en attendant, vingt ans plus tard, l'érection de Notre-Dame-de-la-Chaume, tout au sud de la Loire.

Hélogon prit la tête de l'essaim : huit moines aux termes de l'acte de fondation contresigné par Alain de Bretagne, le comte Budic et par les évêques et seigneurs tant de Rennes que de Nantes ; acte confirmé en 1026 par Simon, qui étend ses libéralités.

Nous verrons comment le solide domaine rural du début s'agrandira, même au-delà des limites du diocèse de Nantes, en proportion de la considération dont jouissent les moines pour l'austérité et la régularité de leur vie de prière et de labeur.

Les voici bientôt les collaborateurs des évêques de Bretagne, leurs tuteurs directs, dans l'œuvre d'évangélisation du peuple retombé dans l'ignorance ; ils suppléent à la carence du clergé, rongé par la lèpre de la clérogamie.

En 1062, l'abbé de Saint-Gildas contresigne la transaction entre les abbayes de Redon et Marmoutier au sujet du prieuré de Béré ; en 1127, l'abbé Simon assiste à la réconciliation de l'église de Redon, profanée par Olivier de Pont-Château. Gestin obtient, en 1176, du pape Alexandre III, la confirmation des libéralités de son abbaye et en 1251 Jean pourra solliciter des évêques de Nantes, Vannes, Quimper, Léon, Tréguier le « vidimus » qui garantit la fondation originaire.

Cela va loin parfois. En 1241, Robert, évêque de Nantes, charge les abbés de Saint-Gildas et de Blanche-Couronne de citer le duc, Pierre Mauclerc à comparoir devant l'archevêque de Bourges, délégué apostolique, pour répondre de ses méfaits ; Hervé du Pont fut sans doute plus à son aise, en 1381, pour délivrer absolution de la sentence de l'excommunication encourue par Jeanne de Rays, remariée du vivant de son époux prisonnier du duc Jean IV.

Voici le périlleux sommet de la faveur des séculiers. Les antipapes d'Avignon traitaient avec égards les ducs de Bretagne, leurs fidèles sujets. En 1393, Clément VII nommer Guillaume abbé de Saint-Gildas, à la demande du duc Jean IV. L'abbé Hervé de Beaubois est l'ambassadeur de Jean V au Concile de Bâle en 1431. Il en rapporte une faveur insigne : seul de tous les monastères du diocèse, il est autorisé à user des pontificaux, crosse et mitre, réservés aux évêques. Mais l'abbé aura la sagesse d'attendre l'agrément du pape légitime Nicolas V, enfin élu, pour faire état de ses prérogatives après réconciliation avec le Siège apostolique.

Abbaye de Saint-Gildas-des-Bois (anciennement en Bretagne).

L'ERE DES CALAMITES.

Pillages et famine.

La bénédiction du pseudo-concile de Bâle manque d'efficace : guerre de Cent ans, peste noire, ce ne sont que famine et disette sur tous les plans ; bilan de misère dont les moines prennent leur large part, comme il se doit. Une seule consolation en ce temps de fin du monde ; la retentissante prédication de S. Vincent Ferrier, qui prêcha sans doute à Saint-Gildas le 14 avril 1418, moins d'un an avant sa mort à Vannes.. Les abbés Hervé ont fort à faire pour permettre à leurs moines de subsister, alors qu'ils sont réduits de moitié ; en 1387 on hésita à entreprendre les réparations nécessaires, faute de revenus. assurés.

Heureusement, le duc Jean V continue à s'intéresser Saint-Gildas ; en exécution. d'un væru lors de sa séquestration à Chantoceaux par Margot de Clisson, il exempte, en 1436, les religieux de leurs taxes de fouage, en raison de la mortalité presque générale de leur bétail et ajoute un don de 14 livres « pour accommoder la grande vitre qui est au portail de l'église ». Hervé de Beaubois est son ambassadeur à Rome où il meurt vers 1456.

C'est à l'occasion du décès de celui-ci que nous voyons pointer à l'horizon la calamité des calamités : la commende. Son successeur, nommé à Rome, n'a rien d'un moine. Ce n'est autre que le cardinal Guillaume d'Estouteville, archevêque de Rouen, celui qui sacra de sa main le pape Sixte IV

On nous dit bien que sa qualité de cardinal valait le titre de possession d'un authentique abbé élu par ses moines... Ce n'est pas très sérieux.

Son successeur fut un religieux, d'ailleurs discutable : Jean Le Séneschal. Il faillit goûter de la prison pour s'être fait élire sans l'agrément du duc de Bretagne : la protection des séculiers se fait de plus en plus abusive. Médiocre administrateur, il résigne sa charge en 1492, en se réservant de substantiels revenus sur Pénestin et les salines de Guérande.

Sous la commende.

La commende, qui privait définitivement les moines de la libre nomination de leur abbé et père, débute à Saint-Gildas sous des auspices encourageants.

C'est un digne homme que le candidat du roi Charles VIII : Jean Bohier (+ 1508) ; archidiacre de Nantes, recteur de Saint-Martial à Saint-Flour et, plus tard, abbé de Buzay.

Lui succède une suite imposante d'évêques dont on peut croire qu'ils résidèrent fort peu dans leur abbaye. C'est sans doute à ce moment qu'il faut placer Guillaume Briçonnet qui aurait été en conflit de possession avec de Langeac (ci-dessous). Ancien surintendant des finances entré dans les ordres à la mort de sa femme qui lui laissait cinq enfants, dont deux seront évêques, Briçonnet était particulièrement bien en cour : il couronna le roi Louis XII en 1498. Il fut successivement évêque de Saint-Malo, évêché qu'il passa à un de ses fils, puis de Nimes, de Reims, enfin de Narbonne. Cardinal au temps de Charles VIII, il se vit privé de la pourpre par le vindicatif Jules II, pour la récupérer sous Léon X. Il avait deux devises qui se complètaient merveilleusement : « L'humilité m'a exalté » et « Ditat servata fides. », ce qui veut dire que sa fidélité ne faisait point tort à ses affaires. De fait, il joignit à son archevêché de Narbonne un titre épiscopal près de Rome : Tusculum, puis Préneste. Ajoutons qu'il fut aussi abbé de Saint-Germain-des-Prés, de Saint-Nicolas d'Angers et de Grandmont, bénéfices autrement avantageux que la modeste abbaye de Saint-Gildas. Enfin, couronnant le tout, il a mérité le nom d'Oraculum Regis, Regni Columna : oracle du Roy et colonne du royaume. Il ne manquait d'ailleurs pas de vertu et on lui doit un petit manuel de piété.

Son successeur fut, semble-t-il, Jean de Langeac, comte de Lyon et aumônier du Roy. Il fut évêque d'Avranches, puis de Limoges, où il laissa le souvenir d'un prélat bienveillant, ami des pauvres.

Vient ensuite André Hamon, peut-être dès 1515 ; chanoine de Rennes, frère de l'évêque de Nantes et de l'énergique abbesse de Saint-Georges de Rennes, Ysabeau, il fut simultanément abbé des deux Saint-Gildas. Il eut moins de chance à Vannes, dont le chapitre l'avait élu évêque. Il se heurta au cardinal Laurent Pucci, de Florence, nommé par Léon X ; il fallut transiger ; le titre resta au cardinal avec la meilleure part des revenus.

Guillaume Eder, abbé en 1532, le fut également à Boquen en 1537. Il était coadjuteur de l'incapable Claude de Rohan, à qui il succéda sur le siège épiscopal de Quimper, en 1540.

Baudouin de Goulaine était abbé en 1548. Mais, à la mort de son frère, tué à Saint-Quentin, il lâche le froc, se marie deux fois et périt à son tour devant Le Mans, en 1574. Ce changement à vue n'était point rare chez ces cadets de famille, qui évitaient de recevoir la prêtrise, pour conserver leur liberté, malgré les objurgations du pape.

Charles d'Espinay, fils d'une Goulaine, fut en même temps abbé de Saint-Gildas, prieur de Gahard et de Saint-Jacques de Bécherel, deux bénéfices du voisinage de Rennes, enfin abbé de N.-D. du Tronchet en 1586. Evêque nommé de Dol en 1558, il se fit remarquer au Concile de Trente, pour son érudition, mais il attendra sept ans avant de se faire consacrer, en dépit des décrets conciliaires. Partisan déclaré du duc de Mercœur, il lui fait décerner, en 1589, titre de « Protecteur de la Religion catholique en Bretagne ».

Pendant que ce parfait abbé de cour limait ses « Sonnets amoureux », que Ronsard eut la faiblesse de louer, les moines de Saint-Gildas achevaient de perdre pied.

Nous savons, par les visites épiscopales, que leur nombre s'amenuisait sans cesse : ils ne sont guère que quatre en 1572. La bonne entente est en proportion. En 1563, l'un d'eux, le frère Marc de la Haye, est en rébellion ouverte contre son prieur et se voit interdire l'accès du cloître sous peine de suspense et d'emprisonnement. En 1572, le visiteur. charge le prieur « d'advertir Monseigneur l'abbé que l'église... est toute descouverte et qu'il pleut par sur les aultels et mesme sur le sacraire et qu'il ayt à la faire recouvrir et mettre en bon estat de couverture... ».

A cette époque les protestants tiennent le haut du pavé jusqu'en 1569 ; le château de la Bretesche, sur la paroisse de Missillac, dépendance de l'abbaye, appartient à d'Andelot sert d'école de pasteurs, et en 1570, à la Roche-Bernard, les prédicants Louveau et Guénel reprennent leurs activités.

 

Abbaye de Saint-Gildas-des-Bois (anciennement en Bretagne).

REPRISE ET DEBACLE.

La dernière chance : Saint-Maur.

L'ordre bénédictin, en France, fut renouvelé par la réforme de la Congrégation de Saint-Maur, avec l'appui de Richelieu et de Louis XIV, attentifs au bon renom des monastères du Royaume très-chrétien. Saint-Gildas était devenu l'apanage, pour un siècle, de la puissante famille des seigneurs du Cambout, alliés de Richelieu et de Séguier. Ces courtisans heureux, et grands soldats, arrondirent leur domaine en annexant la baronnie de Pont-Château, puis celle de la Roche-Bernard, et firent ériger en marquisat, enfin en duché-pairie leur terre de Coislin.

François du Cambout avait reçu les abbayes de Saint-Gildas et de la Vieuxville vers 1600 ; il les laissa pour devenir mestre de camp et fut blessé au siège d'Aire, en 1641, où son frère aîné, César du Cambout, trouva la mort. Il aurait cédé l'abbaye à René de la Motte, en 1618, mais sans doute à titre de fidei-commis, car elle fait bientôt retour à la famille en la personne de son cadet, Sébastien Joseph du Cambout, plus connu sous le nom d'« abbé de Pontchâteau ».

Notre jeune abbé - il devait avoir quinze ans quand il reçut les abbayes de Saint- Gildas, de la Vieuxville et de Géneston - introduisit l'abbaye dans la Congrégation de Saint-Maur en 1646. Il se fit assister, pour l'arrangement, par son père, membre du Conseil privé de Louis XIII, qui avait sans doute procuré ce bénéfice à sa famille. En 1657 nouveau concordat à l'occasion de « difficultés nuisant à la réforme de l'abbaye et au rétablissement de la discipline régulière en icelle à la gloire de Dieu et édification du peuple ».

Or en 1670 il résigne tous ses bénéfices, au profit de la famille, cela va de soi ; il s'est converti à la manière un peu tapageuse et romantique de Rancé, et, sous le nom de « Maître Mercier » il devient un des personnages les plus vantés du jansénisme première manière. Ce pieux jardinier du Port-Royal, puis du Faubourg-Saint-Antoine, est désormais un agent très actif de la secte jusqu'en Hollande ; on est assez surpris de la place que lui fait Dom Lobineau dans ses « Vies des Saints de Bretagne et des personnages d'une éminente piété », entre Catherine de Francheville et le Père Vincent Huby, jésuite.

Il sera beaucoup pardonné à l'abbé de Pontchâteau pour avoir procuré à ses moines cette grâce d'une véritable rénovation, dont ils profitèrent si bien, au début. La commende subsistait hélas... et, erreur fatale, les prieurs étaient changés tous les trois ans, mais, chaque année que Dieu fait, un visiteur nommé par le Chapitre général venait contrôler l'état du monastère au temporel et au spirituel. Les bâtiments sont réparés et aggrandis, la bibliothèque reconstituée et la vie régulière reprend sous le signe de la piété et de l'austérité.

Que de saints moines de Saint-Gildas dignes de figurer dans les « Vies des Justes » de Dom Martène ! Voici, en 1654, le prieur Anselme Clairé, il sera en 1686 prédicateur de la grande mission des protestants à Cognac, visiteur et définiteur de la Congrégation ; puis Dom Alexandre Thévin, que seule l'obéissance retient d'épouser la vie érémitique. Le plus original de tous fut Dom Le Piat, zélateur des novices et jeunes profés, après avoir exercé la même fonction à Saint-Sauveur de Redon, où il lui fallut à toute force occuper la cellule la plus incommode du dortoir. A Saint-Maur-sur-Loire, dont le prieur était son dirigé, il pratiquait un exercice fort suggestif ; « Une fois chaque semaine, ils se rencontraient tous deux après complies, en un lieu à l'écart, où ils se préparaient à la mort, l'un prenant posture de moribond, l'autre récitant sur son compagnon les prières des agonisants. Et ils changeaient de personnage, et s'occupaient ainsi de la pensée de la mort qui entretenait le zèle de l'un et de l'autre ».

Dom Piat meurt - pour de bon - en 1721 ; nous sommes donc à la deuxième génération des Mauristes : dernier éclat d'une ferveur qui, dans ce même temps, va sombrer sans rémission.

L'épreuve de force : le jansénisme.

Nos abbés commendataires soutiennent fort convenablement leur renom. C'est Pierre-Armand du Cambout, qui succède à son oncle, l'abbé de Ponchâteau. Notre cadet, dit « L'abbé de Coislin » est né en 1636, l'année du Cid. Sous de pareils auspices, il se devait de parcourir une brillante carrière. Il est abbé de Jumièges à 5 ans, chantre à N.-D. de Paris à 9 ans ; aumônier du Roy par succession de son oncle Séguier, évêque de Meaux ; il est évêque d'Orléans en 1666, au lendemain de sa prêtrise. Il se montra à la hauteur de la tâche et fit preuve de bonté envers les Protestants, au temps des dragonnades. Cardinal en 1697, grand aumônier de France en 1700, il meurt en 1706, encensé par les jansénistes. Mais la faveur de la secte valut à sa dépouille mortelle la honte posthume d'être bannie de la cathédrale d'Orléans.

Henri-Ignace de Brancas, né à Carpentras en 1687 fut moins discuté. Frère d'un maréchal de camp et d'un évêque, le voici abbé de Saint-Gildas (1706-1760), alors qu'il n'était que simple clerc. Nous verrons qu'il entretint parfaitement son bénéfice. Docteur en théologie, vicaire général de Meaux à 23 ans, abbé de Chambre-Fontaine en 1712, il donna sa pleine mesure sur le siège épiscopal de Lisieux, instituant, à ses frais, une école renommée et diverses fondations de bienfaisance.

L'aventure janséniste sera comme le couronnement de ces implications séculières, relevées tout au long de l'histoire du monastère, et dont la commende avait été l'aboutissement fatal.

Nous avons noté au passage les signes inquiétants d'une certaine ascendance janséniste, du fait de l'abbé de Pontchâteau et de son neveu, l'abbé de Coislin et, enfin, de Pierre du Cambout.

Mais l'influence de ces lointains commendataires n'est pour rien dans la débacle qui s'amorce. Si l'abbaye trouve le moyen de se distinguer dans ce diocèse de Nantes considéré comme « le plus janséniste de France », elle le doit en partie au milieu ambiant, encore que les moines, à leur tour, se chargeront d'infecter le voisinage ; le recteur de Saint-Gildas, se refusera toujours à signer le formulaire de soumission.

En fait le principal agent fut un moine : Dom François Louvard, le type achevé du « janséniste enragé ». Le premier dans l'ordre bénédictin, il avait fait appel en 1714 au Concile général contre la bulle Unigenitus : re-appelant en 1721, il adresse une lettre d'adhésion à l'Eglise schismatique d'Utrecht et se charge de lui recruter des partisans dans le diocèse. Il avait été exilé de l'abbaye Saint-Denis, où il travaillait, avec une compétence reconnue, à l'édition de S. Grégoire de Naziance. La lettre de cachet lui désignait d'abord comme résidence Landévennec, où il avait été moine et sous-pricur de 1693 à 1696. C'est à Saint-Gildas qu'il est dirigé en dernier lieu ; le prieur Dom Lelièvre, ardent quesnelliste, le reçoit à bras ouverts, en 1725. Il s'emploie principalement à la propagation des Nouvelles ecclésiastiques, le journal de la secte ; il rayonne sur les monastères de Vertou, Pirmil, Redon, Buzay, Meilleraie etc... entretenant une correspondance très active au loin. Pris sur le fait par la police du Roy, il est embastillé pour cinq ans... il mourra, toujours révolté, en Hollande, à 78 ans, en 1739.

Dom Lelièvre lui avait été fidèle jusqu'au bout ; en 1733, il intervient en sa faveur auprès du lieutenant de police : « Mes entrailles seront toujours déchirées quand je vois ce cher fils dans la peine ».

Parmi les anciens moines de Saint-Gildas qui se firent également un nom dans les fastes jansénistes, notons principalement Dom J.-B. Guion, prieur en 1690, assistant général de la Congrétation de 1723 à 1729, qu'il fallut déposer en 1730.

Saint-Gildas, comme les autres monastères, fait sa soumission, définitivement, en 1735, mais l'autorité des supérieurs est compromise sans remède, la bonne entente religieuse ruinée, et de la ferveur des débuts de la réforme il n'est plus guère question.

Les deux derniers abbés ne changeront rien à cet état de choses. De 1760 à 1763, le commendataire est le trésorier de la cathédrale de Tréguier, de l'ancienne famille bretonne des Coétlosquet ; il mourut à 32 ans.

La liste est close sur le nom de François-Marie de Valory la Pommeraye, originaire de Rennes, licencié en droit, prévôt de la collégiale Saint-Pierre de Lille depuis 1760 ; il possédait en outre l'abbaye de Vigeois au diocèse de Limoges. Aumônier de la comtesse d'Artois en 1773, puis du comte d'Artois en 1788, il est presque toujours absent de Lille, si bien qu'il loue la maison prévôtale à un séculier. Nous le revoyons à Lille en 1792, pour la récupération de son mobilier sous séquestre. Enfin le 8 janvier 1801 il touche soixante livres d'arrérages ; nous perdons ensuite sa trace.

Eglise de Saint-Gildas-des-Bois (anciennement en Bretagne).

II - LE DOMAINE DE L'ABBAYE.

Il est assez malaisé de dresser l'inventaire des possessions de Saint-Gildas, du fait que les archives du monastère (105 liasses) réunies à Savenay en 1790, ont été détruites lors de l'insurrection populaire des Guerres de Vendée.

Le pouillé de l'évêque de Nantes, Durand, en 1287, analysé par Aurélien de Courson, énumère 35 articles dont 13 cures, 15 prieurés et nombre de chapellenies mal localisées. Le pouillé de 1648 compte en gros 19 cures et autant de prieurés, 5 chapellenies. Nous ne ferons figurer sur la carte que les principales possessions d'un revenu appréciable.

Plusieurs bénéfices de la liste de Courson, sont à éliminer, comme appartenant, en fait, aux chanoines réguliers d'Angers : tel Monthenac à l'abbaye de Toussaints, Saillé à Saint-Aubin et particulièrement Bécon (doyenné du Louroux), bénéfice de Saint-Nicolas depuis le XIème siècle jusqu'à la Révolution. Cette confusion vient peut-être du voisinage de prieuré de Freigné, près de Candé, dépendant au spirituel de l'évêché de Nantes et au temporel de la province d'Anjou ; le dernier abbé de Saint-Gildas en nomme le titulaire en 1777 - c'était un prieuré simple et régulier, c.a.d. sans charge d'âmes et réservé à un moine en principe, du revenu brut de 1200 livres.

Parmi les possessions détachées de l'abbaye, en direction de l'Est, il convient de faire état du prieuré simple de Beaulieu en Nozay, du rapport de 3350 livres avec les charges. Plus près, le prieuré cure de Saint-Germain de Vay et sa trève du Gavre devait être d'un médiocre rapport. Au sud de ce dernier, Saint-André de Bouvron, avec sa cure à présentation de l'abbé, était estimé 1 200 livres.

Les bâtiments claustraux échappèrent à la démolition utilitaire : ils furent achetés, le 21 mai 1791, par Joseph Rousseau, capitaine de l'Agamennon, le nouveau maire, bien apprécié de la population. Il les cédera en 1818 à un autre officier de marine, Maillard de la Morandais, dont les enfants trouvèrent une destination religieuse à tout cet ensemble dix ans plus tard.

Maintenance.

Mieux qu'un souvenir figé dans la mort, l'œuvre des moines de Saint-Gildas a repris pied dans l'histoire pour un destin qui n'est pas sans rappeler celui de l'abbaye de Rhuis.

Le culte du saint patron est toujours bien vivant. Sans doute les reliques anciennes ont disparu en 1792, avec leurs boîtes d'argent : un ossement du chef, une partie du bras et une dent. Disparu de même le petit hôpital pour la guérison des fous, « le mal de Gildas », à l'instar de Rhuis. Mais au siècle dernier, par l'entremise de l'évêque de Vannes, l'abbaye sœur du Morbihan a concédé de nouvelles reliques, fêtées solennellement le dimanche qui suit le 11 mai, qui est également la fête du monastère de Saint-Gildas de Prinknash, en Angleterre.

L'église demeure, longuement décrite par Léon Maître, le chanoine Abgrall et, tout dernièrement, Roger Grand, de l'Institut ; elle retient l'attention par l'harmonie des proportions et la qualité du matériau : un grès rouge d'une patine rare. C'est un témoin précieux pour la région nantaise de la transition, au XIIIème siècle, du roman avancé au gothique commençant, avec sa nef aux colonnes et piliers alternés, apparentée à celle de la collégiale de Guérande et son porche roman classique surmonté d'une très haute verrière.

Le monument faillit disparaître tout entier dans le bombardement du 12 août 1944. Restauré intelligemment, il attend toujours le couronnement de la tour massive de la croisée du transept aux arcades en tiers point outrepassé bien caractérisées. Débarrassée de facheuses restaurations du siècle dernier, la voûte élevée du choeur a retrouvé la pureté de ses lignes et la belle grille de 1711 en fer forgé a reçu un judicieux emploi à l'entrée de la nef.

L'ancien monastère, victime lui aussi des bombardements, conserve des parties intéressantes des bâtiments dus à la munificence des abbés de Brancas et de Valory au XVIIIème siècle. Le regard se pose avec complaisance, sur le cloître désormais bien en valeur autour du puit monastique et de l'ancienne salle capitulaire et, sur cette salle aux boiseries Louis XV qui porte désormais le nom de « salle Jean XXIII », en souvenir de l'illustre visiteur venu saluer les religieuses qui ont repris la relève à la suite des moines.

C'est la maintenance la plus belle que l'active présence de la Société des Sœurs de l'Instruction chrétienne, vouée spécialement à l'éducation des enfants des campagnes. Solidement établie à Saint-Gildas en 1828, lors du transfert de la maison-mère de Beignon par le Père Gabriel Deshayes, le digne compagnon du Vénérable J.-M. de la Mennais, restaurateur de l'enseignement rural au XIXème siècle, elle a pris une large extension. Elles sont douze cent, les populaires « Sœurs de Saint-Gildas », et débordent de la région nantaise dans les diocèses voisins, comptant des implantations en Angleterre et en Irlande et, ces derniers temps, au cœur de l'Afrique noire...

C'est ainsi que l'héroïque sacrifice du dernier prieur de Saint-Gildas-des-Bois, englouti dans la sinistre nuit de Carrier pour le maintien de la foi catholique, a mérité, en plénitude, la reprise de la vie de prière et de charité religieuses sur le terroir de son abbaye sept fois séculaire.

A la suite du procès de 1775 intenté par les paroissiens contre leurs maîtres et seigneurs les moines, le conciliant prieur René Le Vittoux élabora un compromis satisfaisant. Les dimanches et fêtes, messe conventuelle à 10 h. 15, suivie de celle du « recteur » ; la célébration des Cendres, de la Semaine sainte et de la Toussaint avait été précisée. La grille du chœur devait rester ouverte pendant les obsèques. Aux moines d'assurer les frais du culte et d'entretenir la lampe devant l'autel paroissial ; le recteur se réservait l'honneur de donner la bénédiction du St-Sacrement après les vêpres des religieux.

Mais, afin reconnaître sa dépendance de l'abbaye, il devait faire aveu pour le champ et le verger dont il avait la jouissance.

Bientôt tomberont les derniers vestiges d'un ordre de choses révolu, et la belle abbatiale trouvera le salut en devenant, sans plus, l'église paroissiale de Saint-Gildas-des-Bois.

III - LA FIN DE L'ABBAYE.

Liquidation...

Cet humble monastère, en perte de vitesse au moment d'aborder le tournant de la Révolution, eut une fin digne entre toutes : il n'y manque pas l'auréole du martyre.

Le prieur, en 1789 est Dom Charles-Etienne de la Passaig, profès de Saint-Melaine de Rennes, député à l'assemblée du clergé, âgé de soixante ans comme le sous-prieur, D. Julien Le Cerf, originaire de la Manche. Les autres sont notablement plus jeunes, parmi lesquels deux ont rejoint dès le début leur diocèse d'origine D. André Lavaud et D. Jean Foullard.

Restent D. René Gouthière, de Beaugency, D. Claude Le Poitevin, et D. Louis Jolys (ou Joly) de Rennes. Seul ce dernier fit défection et nous pouvons suivre les étapes de sa déchéance. Le 8 juillet 1790, il argue de la loi pour demander à se retirer dans sa famille, en raison de sa santé débile, après avoir rendu ses comptes de procureur de l'abbaye, à D. Gouthière. Le 13 août, il se déclare « bénédictin chez son père notaire royal à Rennes ». Le 11 septembre, il n'est plus que « l'abbé Joly » toujours chez son père ; le 12 octobre : « Monsieur Joly ci-devant bénédictin ». Le 26 novembre 1791, le voici curé constitutionnel de Saint-Médard-sur-Isle ; le 28 thermidor an 10, notaire public à Noyal-Muzillac, et, d'après une note de l'évêché de Nantes, en 1838 il est marié et a perdu la foi.

Les quatre autres s'obstinèrent dans la fidélité. Tolérés d'abord à l'abbaye, puis dénoncés, sans doute par l'intrus Tricot, de Drefféac, ancien vicaire de Saint-Gildas sous le fidèle recteur Vaugiraud, ils furent dispersés.

D. Le Poitevin serait-il le même que ce Poitevin exporté à l'île de Ré en 1798 ? D. Gouthière trouva le moyen de rester à l'abbaye jusqu'en juillet 1792 ; incarcéré au château de Nantes, il partit pour l'Irlande le 21 mai.

Le prieur et le sous-prieur se croyaient sans doute l'abri à cause de leur âge : ils refusèrent de s'expatrier et ce fut leur perte. Ils se sont réfugiés à Sucé, en compagnie de Vaugiraud, le premier maire de Saint-Gildas qui, après un temps d'emprisonnement, réussit à obtenir un passeport pour l'Espagne.

Dom Charles de la Pasaig et dom Le Cerf, protégés par la municipalité de Sucé qui leur délivre le 27 janvier 1792 des certificats de civisme, mais dénoncés à nouveau et conduits à Nantes, périssent, dans la nuit du 16 novembre, victimes de la massive noyade patriotique qu'un document officiel, l'inventaire de leurs effets et meubles, appelle pudiquement « la submersion des prêtres dans la rivière de Nantes à Paimbœuf ».

L'ancienne possession de Sucé, au nord de Nantes, comprenait sans doute ce prieuré de Saint-Denis, que de Courson n'a pu identifier et la chapellenie d'Anglette, cédés à l'évêque Galerand pour un pied-à-terre en ville de Nantes, rue Perdue, alias Saint-Gildas. Serait-ce dépouille de l'abbaye de Landévennec, à qui Alain-Barbetorte avait concédé, au Xème siècle, la moitié de la vicairie et de l'église de Sucé ?

Le groupement des possessions.

Laissant de côté tous ces épars, le plus gros des possessions est assez étroitement groupé au Nord-ouest du Pays nantais et principalement sur les terres du duché-prairie de Coislin, constitué au XVIIIème siècle par la réunion au fief de la famille du Cambout des opulentes baronnies de La Roche-Bernard et de Pontchâteau.

Tout au nord, on ne s'attend pas à trouver des bénéfices d'importance dans le voisinage immédiat de la puissante abbaye de Saint-Sauveur de Redon, d'où était sorti l'essaim de Saint-Gildas : elle savait faire respecter ses prérogatives, cependant nous connaissons un pré à Treilles en Avessac et quelques rentes au profit de sa filiale.

A mi-route entre Redon et Saint-Gildas, le prieuré de Saint-Malo de Fégréac et sa cure à présentation de l'abbaye assuraient 500 livres de revenu, la dime étant laissée au chapelain séculier, suppléant des moines, contre une rente foncière de 100 livres. Plus près de l'abbaye, le prieuré de Saint-Jean de Sévérac valait bien 1 000 livres, sans tenir compte des charges.

La cure de Saint-Dolay (comme celle de Savenay) avait été confiée momentanément aux moines, par le pape, à la fin du XIVème siècle ; ils y gardaient un pré affermé 255 livres et un petit fief, alors que le prieuré du lieu était membre de Redon.

C'est autour de la Roche-Bernard, dont les seigneurs furent les fondateurs de Saint-Gildas, que se déploie le domaine principal de l'abbaye. Le prieuré de Saint-Jacques de la Roche, outre un revenu modeste de 200 livres, avaient dîmes et rentes à Herbignac et à Pembé, en Assérac, grande paroisse pillée au XVIIIème siècle par toutes sortes de religieux, outre les moines de Saint-Gildas et de Redon : Chevaliers de Malte, religieux Irlandais en exil, chanoines de Nantes, etc...

Le prieuré Saint-Gildas de Pénestin, d'Assérac, avec ses 2 700 livres de revenu, four banal et fief compris, ses droits divers à Férel et Herbignac, était le morceau de résistance de la mense abbatiale, le lot du commendataire. Il avait été exempté, par le duc Jean V, de la juridiction tracassière de Guérande et rattaché à sa Chambre des comptes. Déjà en 1679 le domaine du prieuré s'amenuisait : il avait perdu une saline de 72 oeillets et un moulin à vent. Sa juridiction de haute, basse et moyenne justice, s'étendait sur les vassaux d'Assérac et d'Herbignac et sa petite église, dépendance d'Assérac, fut érigée en succursale en 1767, tandis que Férel, dont l'abbaye nommait le titulaire depuis toujours, était devenue également paroisse en 1749, au lieu de simple section d'Herbignac.

Saint-Cyr d'Herbignac n'était pas négligeable ; son prieuré avait un revenu de 1 770 livres. Il fut annexé définitivement à l'abbaye, seul moyen d'éviter un démembrement au profit d'ordres actifs particulièrement bien en cours, tels les Pères Jésuites. Les moines conservèrent la nomination à la vicairerie perpétuelle, à la suite du procès intenté en 1674 par les paroissiens, qui fit passer la cure à l'évêque de Nantes.

Piriac, la possession la plus occidentale de Saint-Gildas, avait été une cure à sa nomination ; le monastère y gardait le petit domaine de Kergano.

La cure Saint-Pierre de Missillac, et sa trève Thébillac avait été donnée à l'abbaye par l'évêque de Nantes (G. Mollat la signale au XIVème siècle avec le titre de prieuré). Mais dès le XIIème siècle les barons de la Roche avaient assuré la possession du lieu aux moines, qui s'installèrent au village. C'est du XVIIème siècle que date le plus ancien « recteur » séculier, Pelaud, qui figure au premier prêche protestant du château de la Bretesche, dont l'immense parc borde Saint-Gildas. Là encore, en 1699, procès du recteur, Thibaud, contre les moines, perdants. Il faut leur rappeler que le prieur était tenu depuis deux siècles de faire célébrer la messe dominicale plus deux autres sur semaine, de chanter vêpres le samedi et d'assister à grand'messe et vêpres du dimanche. En 1787 le revenu du curé était de 2000 livres, 1 800 revenant à l'abbaye.

Le domaine immédiat de Saint-Gildas.

Le respect des droits du monastère est plus assuré dans sa mouvance directe : à Saint-Gildas même et dans les deux prieurés voisins annexés à l'abbaye : Guenrouet et Drefféac.

Guenrouet, traversé par l'Issac, tributaire de la Vilaine, comportait un revenu de 2 000 livres, avec ses métairies nobles du Cougou — où les moines assurèrent le service dominical jusqu'à la fin — de Bodelo dont les prairies ont été gagnées sur les marais, celle de Trigodet gérée en métayage ; mais Boquedelin avec ses 200 journaux de landes est pratiquement abandonnée en 1789. Ils percevaient, outre le rôle d'Issac, celui du Brivé, qui prend sa source à Guenrouet et draine les eaux des marais de Saint-Gildas vers la Loire, via Pontchâteau. Le curé séculier a le tiers des dîmes et acquitte une rente de 552 livres.

Dréfféac, au sud, est une cure remontant au XIIIème siècle. Les dîmes étaient affermées pour 1 543 livres, le curé recevait sa portion congrue de l'abbaye.

L'exploitation rurale de Saint-Gildas était d'un bon rapport, mais, comme ailleurs, elle avait nécessité un labeur méthodique de défrichement des bois et de dessèchement des marais. Elle comprenait 47 journaux de prés, bois de haute futaie et terres labourables d'un revenu de 360 livres. Le pré des Vignes et la Garenne donnaient leurs 40 milliers de foin estimés 400 livres.

A un quart de lieu au sud du monastère, la ferme de Cocagne, au nom sans doute plus prometteur que de raison, rapporte 592 livres en nature et 264 livres de droits divers. Mais les marais couvraient 1 200 journaux afféagés à une compagnie pour 675 livres or en 1789 plusieurs afféagistes étaient sortis du pays en emportant leurs aveux ou déclarations féodales.

La ferme de l'abbaye est plus consolante, son cheptel est de huit bœufs, deux taureaux d'un an et une génisse, trois chevaux, six vaches et dix-huit moutons.

Il y avait autrefois trois foires : les 26 avril, 12 mai (lendemain de la fête de saint Gildas) et 29 octobre ; celle du 1er juillet, tombée, finit par être renvoyée en septembre. Elles remontaient, ainsi que le marché hebdomadaire du mardi, aux lettres patentes de François Ier en 1517.

Au total 25 167 livres de revenus dont 8 294 pour l'abbé commendataire, le reste pour les religieux qui étaient sept, à peu près le nombre fixé par l'acte de fondation.

Mais voici l'envers du tableau : 11 817 livres de charges dont 2 821 au compte de l'abbé. Parmi les charges : 1 750 livres pour les portions congrues des « vicaires perpétuels » faisant fonction de recteurs à Saint-Gildas et à Drefféac, 400 livres de fondations de messes, 770 d'aumônes et 1 100 d'intérêts à Saint-Gildas, comme dans tous les monastères, il avait fallu emprunter pour pouvoir subsister.

Le service paroissial était effectué à l'église abbatiale, par le dit vicaire perpétuel qui, au lieu du maître-autel réservé aux religieux, se servait de l'autel à gauche dans la nef, dédié à N.-D. de Pitié, faisant pendant à celui de S. Michel.

 

LES ABBES DE L'ABBAYE SAINT-GILDAS-DES-BOIS.

Abbés réguliers :

1. Hélogon 1020.
2. Rodoald abbé en 1095.
3. Main, en 1100.
4. Simon I, en 1126.
5. Hervé I.
6. Tual, en 1160.
7. Gestin +1183.
8. Morvan abbé en 1200.
9. Vincent 1217-1225.
10. Guillaume I.
11. Daniel en 1231.
12. Jean I en 1251.
13. Simon II en 1288.
14. Justin en 1295.
15. Pierre I Troussier en 1349.
16. Natalis + 1360.
17. Jean II, 1360-1363.
18. Hervé II du Pont 1363-1376.
19. Guillaume II en 1393.
20. Hervé III de Beaubois en 1419.
21. Guillaume III d'Estouteville en 1456.
22. Jean III Le Séneschal 1462-1492.

Abbés commendataires :

23. Jean IV Bohier en 1492.
24. Guillaume IV Briçonnet.
25. Jean de Langeac.
26. André Hamon +1531.
27. Guillaume V Eder 1532-1546.
28. Baudouin de Goulaine 1548.
29. Laurent Lenogat en 1566.
30. Charles d'Espinay en 1591.
31. Yves Boulanger en 1594.
32. Fr. du Cambout 1600-1618.
33. René de la Motte, 1618.
34. Sébastien du Cambout 1639.
35. Pierre-Armand du Cambout +1706.
36. Henri-Ignace de Brancas 1706-1760.
37. N. de Coëtlosquet 1760-1763.
38. François-Marie de Valory-la-Pommeraye 1763...

Bibliographie sommaire.
Aucune étude d'ensemble n'a été publiée. Sont demeurées manuscrites la notice détaillée de l'abbé Delalande (1839) Archives de l'Evêché de Nantes Nº 223, et celle de Ledoux, avoué à Savenay (1881) Arch. départ. 3 J 235. A consulter : l'abbé Grégoire, Bénédictins et Besnardins... de l'ancien diocèse de Nantes (1929) Nantes. - Léon Maître, l'Ancienne Baronnie de la Roche-Bernard. Chanoine F. Baudu, Origine de la Congrégation des Sœurs de l'Instruction chrétienne... Vannes 1948. Abbé Luco, Histoire de Saint-Gildas de Rhuis. Vannes 1869 (le chapitre IX).

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