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ABBAYE NOTRE-DAME DE BEGARD

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Abbaye Notre-Dame de BEGARD - Bégard

D’après une notice rédigée vers 1650, quatre religieux de l'abbaye de l'Aumône, au diocèse de Chartres, s'établissent le 10 septembre ou le 10 novembre 1130, en un lieu boisé appelé Pluscoat ou Purcoat ou Pura Silva et précédemment occupé par l'ermite Raoul dit Bégar (« mendiant » en anglais). Ces religieux, qui ont pour nom Jean, Guillaume, Abraham et Jacques, confient à Baldric, archevêque de Dol et métropolitain de Bretagne, leur intention de fonder une abbaye de leur ordre. Sur ses conseils, ils s'adressent alors à Geoffroy Botherel II, comte de Penthièvre, en sa ville de Lamballe. Ce dernier après les avoir accueilli avec honneur, les éconduit et les envoie à son père, le comte Etienne. Ce dernier prie les quatre Cisterciens de s'établir sur ses terres, avec la permission de Raoul, évêque de Tréguier. C'est l'origine de l'abbaye de Bégard, de l'ordre de Cîteaux introduit en Bretagne en 1130. Elle va durer de 1130 à 1790. Cette maison est fondée pour vingt religieux, et son abbé jouit d'un revenu annuel de dix mille francs. Plusieurs seigneurs de la maison de Penthièvre vont avoir le privilège de reposer dans l'église abbatiale de Bégard : Alain, fils d'Etienne (inhumé en 1146), son propre fils, le duc Conan IV (inhumé en 1171). Au XIIème siècle, l'Abbaye de Bégard essaime en Bretagne : le Relecq (dès 1132), Boquen et Saint-Aubin-des-Bois (en 1137), Lanvaux (en 1138) et Coatmalouen (en 1142). Jean est le premier abbé de Bégard, suivant un ancien catalogue des abbés de cette maison. Guillaume souscrit les lettres accordées par le duc Conan le Petit aux religieux du Mont-Saint-Michel, et confirmatives de tous les biens qui leur avaient été donnés en Bretagne. Geoffroy est témoin de la fondation de Beauport, faite par Alain, comte de Penthièvre et de Goëllo, en 1202. Salomon est abbé en 1267, suivant l'ancien catalogue des abbés de son monastère. Even souscrit une charte de l'abbaye de Saint-Aubin-des-Bois, datée de l'an 1309. Pierre tient le siége abbatial en 1321, suivant un acte de son abbaye. Hervé de Coetgourheden (ou Coatgourheden ou Coethourden) plaide, en 1369, contre Even, évêque de Tréguier, qui lui dispute quelques privilèges de son monastère. Philippe de Coethourden succède à Hervé, suivant le catalogue déjà cité. Guillaume est indiqué comme abbé de Bégard dans un acte de Tregouet, daté de l'an 1417. Conan de Kerenborgne envoie deux de ses religieux en Angleterre en 1428 pour y recouvrer les biens appartenant à son monastère. Il vit encore en 1442, suivant un acte de Saint-Aubin-des-Bois. Vincent de Kerleau est élu en 1443. Il est de la maison de l'Ile, dans le pays de Goëllo, et il est en grand crédit sous les règnes des ducs Pierre II et François II. Le premier l'envoie à Rome en 1445, pour assurer le pape de son obéissance filiale. Le second l'établit président de la chambre des comptes, et chancelier de Bretagne pendant la première disgrâce de Guillaume Chauvin. Il est renvoyé en Angleterre en 1468 et en 1472, pour les affaires de l'Etat. A son retour, il est élu évêque de Léon. Le pape Sixte IV lui en accorde les bulles. Mais il charge son abbaye d'une pension de deux cents ducats d'or pour Pierre, cardinal du titre de Saint-Sixte. C'est apparemment pour cette raison qu'il retient l'administration de l'abbaye de Bégard et de celle de Prières, dont il est aussi abbé. Il meurt en 1476, et il est inhumé dans son église cathédrale. Guillaume L'Espervier, abbé de Bégard, administre pendant quelques temps l'abbaye de Saint-Aubin-des-Bois, sous prétexte qu'Olivier, abbé de cette maison, est vieux, infirme et en enfance. Fatigué des soins de deux monastères, il nomme de sa propre autorité, Jacques, abbé de La Vieuville, coadjuteur de Saint-Aubin. Ce dernier casse les officiers de Saint-Aubin, qui se pourvoient devant Jean, abbé de Prières, réformateur et visiteur général de l'Ordre de Cîteaux en Bretagne. Jean, après avoir mûrement examiné cette affaire, annule, par une sentence datée de l'an 1483, tout ce qui avait été fait par l'abbé de Bégard au préjudice d'Olivier, abbé de Saint-Aubin, qui, quoique âgé, était sain de corps et d'esprit. Ce jugement rend Guillaume plus circonspect dans ses démarches. Il se conduit par la suite avec tant de sagesse, que le chapitre général de Cîteaux l'établit, en 1511, commissaire pour visiter et pour réformer les monastères de son ordre en Bretagne. Il meurt le 9 novembre 1515, et il est enterré en l'abbaye du Relecq, dont il avait aussi accepté le gouvernement. Pierre de Kerleau est élu en 1515 et meurt en 1526, la saisie ayant été mise cette année sur l'abbaye. Il gouverne aussi pendant quelques temps l'abbaye du Relecq. Henri de Kerguec'h obtient l'abbaye de Bégard en commende en 1526, mais sa nomination n'aura pas d'effet. Guillaume de Kernevenoi (ou Kernevenoy) est élu le 15 juin 1526, rend aveu au roi pour les biens de son abbaye en 1532, fait élire par les religieux son neveu abbé commendataire en 1549, renouvèle son serment de fidélité au roi en 1556, et meurt en 1560. Claude de Kernevenoi (ou Kernevenoy), neveu de Guillaume, est élu abbé commendataire de Bégard, sous le bon plaisir du pape, le 29 mai 1549. Le pape admet l'élection et Claude prend alors l'habit religieux. Il succède à son oncle en 1560 et meurt en 1573. Pierre de La Baune (ou Beaume), conseiller et aumônier de la reine, évêque de Saint-Flour et abbé de Bégard, fait serment de fidélité au roi en 1579, et meurt en 1595. Jean Fleuriot est nommé abbé de Bégard en 1595, assiste en cette qualité aux Etats de Saint-Brieuc en 1602 et meurt en 1614. Alexandre de Cossé est pourvu en 1614, assiste aux Etats de Nantes en 1628, et meurt en 1675. Louis Marcel de Coetlogon assiste aux Etats de Saint-Brieuc en 1677, en qualité d'abbé de Bégard, est nommé évêque de Saint-Brieuc en 1680, est transféré à Tournai en 1705, et meurt le 18 avril 1707. Melchior de Polignac, né au Puy en Velay en 1661, est, en 1707, pourvu de l'abbaye de Bégard, fait cardinal en 1713, et sacré archevêque d'Auch le 19 mars 1726. Après une vie toute consacrée à la gloire de la religion et au bien de l'Etat, le cardinal de Polignac meurt archevêque d'Auch en 1741, à l'âge de 80 ans. Ignace Chaumont de La Galaizière, premier aumônier du roi de Pologne, duc de Lorraine, vicaire général du diocèse de Toul, prend possession de l'abbaye le 26 mai 1742, et meurt en 1785. Il est le dernier abbé de Bégard et après sa mort on applique aux économats les revenus de la mense abbatiale. Le chapitre de Tréguier est en instance pour faire réunir cette mense abbatiale à sa mense capitulaire, lorsque la révolution vient dépouiller l'Eglise de France. En faite, les abbés les plus connus de l'abbaye de Bégard sont : Philippe de Coatgourheden (en 1360), Hervé de Coathourden (en 1368), Roland (en 1382), Vincent de Kerleau (en 1443). Le dernier abbé régulier est Guillaume de Kernevenoy (en 1526). Le premier abbé commendataire de Bégard est Claude de Kernevenoy. Parmi les prélats qui perçoivent des revenus de l'abbaye, sans jamais parfois y mettre les pieds, figurent de grands noms : Pierre de La Beaume, aumônier du Roi (1575-1595), Alexandre de Cossé-Brissac (1614-1675), Louis-Marcel de Coëtlogon, évêque de Saint-Brieuc (1676-1691), le cardinal Melchior de Polignac (1707-1741), ... Après la prise de La Roche-Derrien par les Anglais en décembre 1345, les moines sont contraints de s'enfuir. L'abbaye de Bégard subit la commende en 1689 et des moines de Prières arrivent alors afin de remettre l'abbaye sur le chemin de la stricte observance. En 1790, il reste 8 moines et tous prêtent serment. Après que l'Assemblée Constituante ait décrété l'expulsion des moines, l'abbaye est mise en vente. Elle a lieu le 3 novembre  à Guingamp : l'abbaye, ses bâtiments, son jardin, métairie, parc et bois sont adjugés pour la somme de 165 300 livres à Etienne Le Boutteux du Mousseau, négociant à Paris. Le monastère cistercien primitif (XIIème siècle) a disparu. L'édifice est reconstruit aux XVIIème et XVIIIème siècles et restauré au XIXème siècle. Le pavillon des cuisines date de 1648. Le bâtiment des archives et le cellier datent de 1760. L'hostellerie et les écuries datent de 1764. Le cloître date de 1647-1648. Le grand dortoir date de 1764. Le logis abbatial date de 1748. L'église abbatiale est détruite par un incendie en 1896. La congrégation du Bon-Sauveur s'y installe en 1857. L’abbaye de Bégard est aujourd’hui occupée par l'hôpital du Bon Sauveur. 

Note : la superficie de la seigneurie en 1790 est de 5 000 journaux (environ 2 500 ha). La seigneurie possèdent aussi 11 moulins. En 1790, les biens de l'abbaye de Bégard s'étendent sur 39 paroisses et trèves du diocèse de Tréguier (787 articles de propriété). 75% des terres exploitées sont tenues à titre de quévaize. Les moines sont au nombre d'environ 50 (à la fin du XIIème siècle), 30 (au XVème siècle), 15 (aux XVIème et XVIIème siècles), 10 (au XVIIIème siècle) et 8 (en 1790).   

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