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LA BOUEXIERE

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La commune de La Bouëxière (pucenoire.gif (870 octets) Beuzid-ar-C'hoadoù) fait partie du canton de Liffré. La Bouëxière dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LA BOUEXIERE

La Bouëxière vient, semble-t-il, de "buxaria" (forêt de buis) ou de "buxum" (buis). 

Le prieuré de Rallion (ou d'Allion ou d'Allyon) aurait été fondé vers 595 en souvenir d'une victoire remportée par les Bretons sur les Francs. Le prieuré, desservi primitivement par un ermite, est donné à l'Abbaye de Gastines en Touraine au XIIème siècle, et uni au petit séminaire de Rennes en 1786. 

Au XIIème siècle, Etienne de la Rochefoucaud, évêque de Rennes (de 1157 à 1166), donne l'église de La Bouëxière aux religieuses bénédictines de l'abbaye de Saint-Sulpice-des-Bois, et en 1173 son successeur, Etienne de Fougères, et Pierre, son archidiacre, confirment cette donation, ecclesiam de Busseria sanctismonialibus Sancti Sulpicii (Bibliothèque nationale, ms. lat., n° 12663). A partir de cette époque, la paroisse de La Bouëxière est gouvernée par un religieux bénédictin de l'Ordre des frères Condonats de Saint-Sulpice-des-Bois. Ce religieux prend le titre de prieur de La Bouëxière, et il n'est remplacé par un prêtre séculier que vers la fin du XVIème siècle. L'abbesse de Saint-Sulpice, de qui dépend complètement ce moine, conserve jusqu'à la Révolution le droit de présenter le prieur-recteur de La Bouëxière, séculier comme régulier. Le 29 décembre 1790, Joachim Nivet, prieur-recteur, déclare que le bénéfice de La Bouëxière vaut 1500 livres de rente. La municipalité ne l'estime toutefois que 1340 livres, savoir : presbytère et pourpris, 80 livres ; — grosses et menues dîmes, 1 100 livres, — et dîmes novales, 160 livres. Encore fallait-il en déduire les charges, consistant en la pension d'un vicaire, 140 livres de décimes et 72 livres pour entretien des bâtiments (Pouillé de Rennes). A la même époque, la fabrique de La Bouëxière possède 81 livres 15 sols de rente, et la bourse des défunts 108 livres 8 sols (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 28).

Sous l'Ancien Régime, de nombreuses seigneuries dont celles du Bertry et de la Teillaye étendent leur influence sur le territoire de la Bouëxière. La haute justice de la seigneurie de Sérigné s'exerçait au bourg jusqu'en 1704, date à laquelle elle fut transférée à Ercé-près-Liffré. La paroisse de la Bouëxière dépendait autrefois de l'ancien évêché de Rennes. 

On rencontre les appellations suivantes : ecclesia de Buxeria (en 1165), Busseria (en 1173), Buxeria (en 1516).

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de La Bouëxière : Robert (il eut quelques difficultés en 1165 avec les religieuses de Saint-Sulpice, qui voulaient alors faire ériger Sérigné en paroisse), Pierre (frère Condonat de Saint-Sulpice, il refusa en 1330 de rendre à l'abbesse de ce monastère les comptes de son prieuré de La  Bouëxière), Frère Guillaume de la Piguelaye (en 1481), Robert Levesque (il fut présenté par l'abbesse de Saint-Sulpice le 30 mai 1522), Bertrand Touchais (il fut présenté par l'abbesse de Saint-Sulpice vers 1590), Pierre Gicquel (1596-1645, inhumé dans le choeur de l'église et on voit encore sa pierre tombale portant cette inscription : Cy gist noble et discret Messire P. Gicquel, vivant p. recteur de la Bouexiere, décédé l'an .... Priez Dieu pour luy), Guillaume Malescot (1647-1661, décédé le 21 décembre 1662 et inhumé dans l'église, où est encore son tombeau, portant ces mots : Cy gist le corps de vénérable et discret Mre Guil. Malescot, sr de Montoupin, rect. de la Bouexiere, qui décéda le 21 Xbre 1662. Pries pour son âme), Julien de Servaude (1661-1667), Julien Primaignier (1668-1672), Jacques de Mieux (1672-1706, il fit une transaction en 1678 avec dom Georges Louvel, prieur de Notre-Dame de Vitré, relativement aux dîmes de La Bouëxière, et en 1696, il fonda la messe du jeudi en son église. Il est inhumé dans l'église où on voit encore sa tombe portant cette épitaphe : Hic jacet ven. pbter Jacobus de Mieux, rector de Buxeria, obiit 21a die julii, anno Dni 1711. Requiescant in pace !), Jean de la Haye (1706-1732, inhumé dans l'église), Jean-Mathurin Beaudouin (1733-1782), Joachim Nivet (1783-1789), François-Yves Le Breton (1803-1806), Jean-Baptiste Cramoul (1806-1812), N... Pourial (1812-1818), Jacques-Marie Buron (1818-1823), Jean-Baptiste Posson (1823-1849), Jean Beaulieu (1849-1851), Clément Marchand (1851-1876), Pierre Tostivint (à partir de 1876), .... 

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PATRIMOINE de LA BOUEXIERE

l'église Saint-Martin (XVI-XIXème siècle). L'église paroissiale de La Bouëxière est dédiée à saint Martin, évêque de Tours. On y voyait autrefois les chapelles du Rosaire, de la Sainte-Famille et de Saint-Pierre, cette dernière construite en 1563. 11 s'y trouvait aussi des autels dédiés à Notre-Dame, sainte Anne et saint Gilles. L'édifice se terminait par un chevet droit élevé vers 1590 et ouvert d'une grande baie où resplendissaient les armoiries des sires de Laval, barons de Vitré et seigneurs de Chevré, seigneurs supérieurs de La Bouëxière. Deux seigneurs se disputaient les prééminences dans l'église de La Bouëxière après le baron de Vitré : c'étaient le seigneur du Bertry, à cause de sa terre de la Dobiais, autrement appelée la Bouëxière, et le seigneur de la Teillaye, qui possédait le Fief du bourg. Leurs prétentions nécessitèrent en 1596 un procès-verbal de l'état de cette église et de ses intersignes honorifiques. Il semble bien que la victoire dut appartenir au seigneur du Bertry et de la Dobiais. Au XVIIIème siècle, du reste, les deux seigneuries rivales de la Bouëxière (la Dobiais) et de la Teillaye se trouvèrent réunies dans une même main, et le 24 octobre 1775 on inhuma dans l'enfeu seigneurial qu'il avait en l'église de La Bouëxière Paul-Tobie­François de la Belinaye, seigneur de la Teillaye, la Bouëxière, le Bertry, etc., seigneur fondateur de la paroisse, décédé le 22 à son château de la Teillaye. L'église de La Bouëxière avait un certain nombre de chapellenies, parmi lesquelles il faut distinguer celle de Saint-Etienne ou des Montbourcher. Fondée en 1225 par François de Montbourcher, seigneur du Plessix-Pillet, et desservie partie en l'église de La Bouëxière, partie en celle de Dourdain, elle était fondée à La Bouëxière de deux messes par semaine et avait en 1790 un revenu de 300 livres consistant en dîmes. Notons, enfin, que dès 1664 il est fait mention de la confrérie du Rosaire, érigée dans l'église de La Bouëxière. L'édifice a été presque totalement reconstruit entre 1844 et 1846, d'après les plans de l'architecte Jean Marie Anger de La Loriais. Elle se compose de trois nefs et se termine par un chevet droit. Le chevet est la seule partie ancienne, il a été construit vers 1590 ; 

la chapelle de Chevré (XIIème siècle). Elle doit évidemment son origine au château qui l'avoisine. C'est un édifice roman composé d'une simple nef à chevet droit, ajouré de meurtrières, dont deux accolées sur la façade occidentale, une dans la côtale Nord et une au chevet oriental. Quelques portions de ce curieux édifice ont toutefois été remaniées à une époque plus rapprochée de nous. Ainsi, sur une partie du mur septentrional on lit la date 1550. La charpente est également du XVIème siècle. Le lambris de la voûte, au-dessus du maître-autel, a été décoré en 1643 de peintures, parmi lesquelles figurent les quatre Evangélistes. Dans le chevet apparaissent les armoiries des Montmorency-Laval, barons de Vitré et seigneurs de Chevré. C'est dans l'église de Chevré que se desservait jadis la chapellenie des Loges, fondée le 11 mai 1491 par Perrot Vannel, consistant en 1715 en deux messes par semaine, dont une le dimanche, présentée en 1790 par le général de la paroisse, et rapportant à cette époque 123 livres de revenu à son titulaire, M. Mesnager (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 28).

la chapelle Saint-Pair (XXème siècle). Elle appartenait autrefois, dit-on, à la famille des seigneurs de Vitré ; 

la chapelle (XVIIème siècle) du domaine de Sévailles, édifiée par Henry de Launay, sieur du Domaine. En faite, il faut distinguer deux chapelles à Sévailles : l'une, ancien ermitage, donnée au XIIème siècle par l'évêque de Rennes aux moines de Savigné, et l'autre bâtie par les possesseurs du manoir de Sévailles. Vers 1660, François Blondeau, sieur de Beauregard, avait cette maison, que son fils, Pierre Blondeau, sieur de Sévailles, vendit à François Pâris, sieur des Rangers. C'est ce dernier qui déclara en 1680 posséder « une chapelle sise au coin de la cour de son manoir du Haut-Sévailles »

le prieuré de Rallion ou d'Allion (XV-XIXème siècle), recèle de nombreux sarcophages ainsi qu'une bague en or de belle facture. Transformé en école en 1822, il est aujourd'hui une propriété privée. La chapelle date du XVI-XVIIIème siècle. 

Nota : Au VIème siècle, le pays de Rennes ne faisait point encore partie de la Bretagne : c'était comme une frontière où se rencontraient souvent les Francs et les bandes bretonnes. L'histoire a conservé souvenir d'un de ces engagements désastreux pour les Francs, qui eut lieu, vers l'an 595, sur les bords de la Noironde, entre les forêts de Rennes et de Chevré, sur le territoire actuel de la paroisse de la Bouëxière. Le Baud, d'Argentré et Albert de Morlaix racontent cette bataille et disent que les Bretons fondèrent en ce lieu le prieuré d'Allion en reconnaissance de leur victoire : « Les Bretons, dit le Père Albert, assaillirent les Français au lieu qu'encore à présent on appelle l'Assaut, et furent repoussés du premier choc ; mais, reprenant courage, ils rechargèrent de plus belle, enfoncèrent les troupes françaises et les défirent avec grand meurtre et carnage ». Le lieu où se donna ce combat « s'appelle encore à présent le Champ de Bataille, et c'est où fut depuis fondé et basti le prieuré d'Allion, pour servir de cimetière aux morts, et (le prince breton) y mit des moines pour prier Dieu pour leurs âmes » (Chronologie des évêques de Rennes). Le Baud va plus loin et veut expliquer le nom du nouveau prieuré : « Auquel champ de bataille, dit-il, depuis a été fondé un prieuré de l'ordre de saint Augustin, qu'on appelle Allyon, parce que, comme l'on dit, les fuyants s'y rallièrent » (Histoire de Bretagne, 80). Enfin, d'Argentré dit : « Le prieuré d'Allion fut quelque temps après basti pour mémoire de cette adventure et pour ensevelir les morts : pour témoignage de quoi longtemps depuis et de présent se trouvent par les champs de grandes tombes de pierre de toutes couleurs, couvertes de terre, lesquelles sont pleines d'ossements, ce que je puis dire pour en avoir fait ouvrir aucunes » (Histoire de Bretagne, 90). Aujourd'hui l'on montre encore le lieu où se livra cette bataille, au bord d'une voie romaine dont le nom est resté au champ et au courtil du Pavé ; au pied de la colline occupée par le prieuré coule toujours le ruisseau du Sang, et non loin s'étendent le champ de l'Assaut et le champ des Tombeaux ; enfin, l'on a trouvé sur ces lieux, en 1857, un bel anneau de chef franc mérovingien qui vient encore confirmer la tradition locale. Cette tradition se perpétua si bien d'ailleurs, qu'une Notice ms. sur le prieuré d'Allion (appelé aussi Rallion), composée au XVIIIème siècle, la mentionne en ces termes : « Ce prieuré fut autrefois fondé par les ducs de Bretagne, après la victoire d'une sanglante bataille proche Rallion, lequel prieuré consiste dans une grande chapelle où se disent une messe basse tous les dimanches et deux dans la semaine, et, de plus, neuf anniversaires pour les messieurs seigneurs occis dans la bataille » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 7 G, 6). Quoi qu'il en soit de l'origine d'Allion, ce ne dut être, en commençant, qu'une chapelle desservie par quelque prêtre ermite, comme il s'en trouvait en grand nombre à cette époque dans nos forêts bretonnes. Il est impossible de savoir quand ce petit sanctuaire fut érigé en prieuré et donné aux chanoines réguliers de Gastines ; on doit supposer que ce fut dès les commencements de cette abbaye, c'est-à-dire au milieu du XIIème siècle ; il est aussi permis de croire que cette fondation du prieuré proprement dit fut l'oeuvre d'un seigneur de Vitré possesseur du château et de la forêt de Chevré, car la Notice précitée nous apprend que l'acte de fondation du prieuré d'Allion existait au XVIIIème siècle dans les archives de la châtellenie de Chevré, « sous la mouvance de laquelle sont les fiefs et dixmes annexés audit prieuré » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 7 G, 6). L'existence du prieuré d'Allion entre les mains des chanoines réguliers nous est constatée, en 1229, par une transaction passée entre Jean, abbé de Gastines, et Mathieu, abbé de Saint-Melaine ; voici à quelle occasion : André, seigneur de Vitré, avait donné certaines terres à Adam d'Acigné ; ces terres, situées sur les limites de la forêt de Chevré, étant elles-mêmes couvertes d'arbres, Adam les fit défricher, et les arbres étant déracinés, il y fit semer du grain ; quand vint la moisson, l'abbé de Gastines, à cause de son prieuré d'Allion, et les moines de Saint-Melaine, probablement à cause de leur prieuré de Bourgon, voisin de là, réclamèrent contradictoirement les dîmes novales de ce territoire. Mais les deux parties finirent par se mettre d'accord et réglèrent « que les dixmes novales desdites terres seraient départies et divisées en gerbes et sur le champ, également entre les deux abbayes ; et s'entrequitteraient les despens faits de part et d'autre » (Du Paz, Histoire généalogique de Bretagne, I, 589 - Cartulaire de l'abbaye Saint-Melaine, 129). Voici en quoi consistait, au siècle dernier, le prieuré d'Allion, tombé en commende depuis longtemps : « La chapelle priorale dédiée à Saint-Pierre ; — le manoir prioral ou ancien chasteau, consistant en plusieurs caves et caveaux, salles et cuisines, hautes chambres et cabinet, greniers au-dessus, tout couvert d'ardoises, et servant de demeure au prestre desservant la chapelle (nota : en 1669, Julien Horvais était chapelain d'Allion ; Jean Le Bouhec lui succéda en 1670 et mourut en 1715 ; puis vint Robert Ferron, etc ...) ; — un beau jardin clos proche ledit logis ; — le fournil et l'étable avec une grande cour verte proche la chapelle ; — la métairie du Prieuré avec ses dépendances (dans les 63 journaux qu'elle contenait, on peut noter une chênaie et un bois taillis, le champ du Pavé et le courtil du Pavé) ; — les traits de dîmes qui suivent : les traits de Rallion, en Dourdain et en Izé ; les traits de Montoussin, de la Havardière, de Drugeon, de Villoreu, de la Chagaudière, en la Bouexière ; le trait de Saint-Pierre, en Acigné ; les traits de Rallion, en Saint-Jean-sur-Vilaine, du Désert et de Chevré ; — un droit d'usage dans la forêt de Chevré, changé, par abonnement, en une rente de 100 livres sur la baronnie de Vitré ; — une rente de 45 livres, due par l'abbaye de Pontlevoy ; — une rente d'afféagement de 21 livres ». La métairie était affermée, en 1782, 596 livres ; les dîmes rapportaient 806 livres et les rentes montaient à 166 livres ; total du revenu de tout le prieuré, 1 568 livres. Les charges consistaient en la pension du chapelain desservant les messes, 300 livres ; — les décimes, 220 livres ; — les réparations, estimées 100 livres ; total des charges, 620 livres — Revenu net : 948 livres — En 1790, la déclaration du revenu brut du prieuré ne fut que de 1 452 livres, parce qu'on estima un peu moins les dîmes (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 7 G, 6 ; 4 V, 28). Nous avons dit que le prieuré d'Allion tomba de bonne heure en commende. En 1786, il était entre les mains de François Pillerault, ancien chanoine du Mans. L'évêque de Rennes songea, à cette époque, à unir ce prieuré au Petit-Séminaire de sa ville épiscopale ; le prieur Pillerault donna son consentement à ce projet le 8 juillet 1786 ; frère André Rollat, chanoine régulier, prieur et administrateur de l'abbaye de Gastines, consentit également à cette union le 16 août suivant, à la condition toutefois que le Petit-Séminaire ferait desservir les trois messes par semaine dues dans la chapelle d'Allion, et qu'il paierait chaque année, le jour Saint-Michel, à la mense conventuelle de Gastines, une redevance de 8 septiers de froment, mesure de Châteaurenaud (évalués à 150 livres). Enfin, le 5 septembre 1786, Claude Rousselet, abbé de Sainte-Geneviève de Paris et supérieur général de la Congrégation des Chanoines réguliers de France, donna son consentement à l'union définitive du prieuré Saint-Pierre d'Allion au Petit-Séminaire de Rennes, qui posséda ensuite ce bénéfice jusqu'au moment de la Révolution (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 7 G, 6 ; 4 V, 28). A cette dernière époque, le prieuré d'Allion fut vendu nationalement, le 16 mai 1791, 20 400 livres, à Jean Parcheminier ; ce dernier affecta ces biens en 1822 à la fondation d'une école de filles tenue par des Soeurs du Saint-Esprit, et d'une école de garçons tenue par des Frères. Présentement, le Bureau de Bienfaisance de la Bouexière administre à ce titre les deux fermes d'Allion. L'une de ces fermes se compose de l'ancien manoir prioral, orné de portes ogivales, dont une surtout est trilobée d'une façon très curieuse ; l'autre est la vieille métairie du Prieuré. La chapelle sert maintenant de grange aux deux fermiers, qui l'ont partagée par un mur intérieur. Cette chapelle est très vaste ; c'est un simple rectangle dont le chevet droit présentait une grande fenêtre ogivale du XVIème siècle ; toutefois la façade occidentale, avec sa porte cintrée et son oculus, ne semble dater que du siècle dernier. On honorait particulièrement jadis saint Cloud dans ce sanctuaire, mais sa statue a été jetée, dit-on, par les révolutionnaires dans un puits, ce qui n'empêche pas certaines gens d'y venir encore en pèlerinage. Liste des prieurs d'Albion (ou Rallion) : — Guident, « Guidenocus sacerdos frater de Allion » fut témoin, vers 1160, de la donation de la chapelle du Feu à l'abbaye de Saint-Georges de Rennes. — Gilles Satin était prieur d'Allion en 1554. — Gabriel Grimaudet, décédé à Saint-Michel d'Angers le 27 avril 1668. — N... de la Grange, prieur dès 1701, décédé vers 1733. — Jacques de la Lande, docteur en théologie, fut pourvu par Rome en 1733. L'abbé de Gastines nomma en vain Louis Gitton de la Rebellerie, prêtre de Tours, qui prit cependant possession du prieuré. Jacques de la Lande conserva le bénéfice jusqu'à sa mort, arrivée en 1739. — Charles-Joseph Trublet, prêtre de Saint-Malo, premier secrétaire du cardinal de Tencin, pourvu le 29 décembre 1739, prit possession d'Allion le 11 janvier 1740 ; mais il résigna bientôt en faveur du suivant et devint chanoine et archidiacre de Saint-Malo. — Maxime-Cajetan Floccard, recteur de Balazé, prit possession le 24 juin 1741 ; décédé en 1759. — Walter-Thomas Thyrell, prêtre irlandais, se fit pourvoir à Rome en 1760 et prit possession le 5 février 1761. Il eut à lutter contre deux prétendants dont il se défit : Louis Métayer, nommé par l'abbé de Gastines, et Michel Rolland, chanoine et archidiacre de Poitiers, nommé (on ne sait pourquoi) par l'abbé de Saint-Jouin-de-Marne. Le prieur Thyrell mourut en 1772. — Charles-Pierre-Ignace de l'Estache, clerc romain, originaire de Paris, fut pourvu le 16 mars 1772 et prit possession le 19 du même mois. Ce prieur, qui habitait Rome, résigna au bout de quelques mois en faveur du suivant, moyennant une pension de 250 livres. — Gabriel Le Monnier, ancien vicaire de Moutiers et d'Izé, chapelain de Landavran, pourvu le 25 août 1772, prit possession le 31 du même mois ; décédé le 29 janvier 1777, à l'âge de quarante-deux ans, inhumé dans l'église de Landavran. — Laurent-Luc-Jean Régnault, prêtre de Saint-Malo et chapelain de Trémigon, en Combourg, pourvu à Rome, prit possession le 27 mars 1777. Devenu vicaire à Gévezé, il permuta en 1781 son prieuré d'Allion contre la cure d'Evran avec le suivant. — Jean Coupvent, sieur des Graviers, précédemment recteur d'Evran, devint en 1781, par permutation, prieur d'Allion, mais il ne conserva pas ce bénéfice. — Pierre Texier, prieur d'Allion cette même année 1781, permuta ce bénéfice avec le suivant contre un canonicat du Mans. — François-Etienne Pillerault, clerc tonsuré d'Angers, précédemment chanoine du Mans, fut pourvu le 12 novembre 1781 du prieuré d'Allion, dont il prit possession le même jour. Nous avons dit qu'il fut le dernier prieur d'Allion, ayant consenti en 1786 à l'union de ce bénéfice au Petit-Séminaire de Rennes (abbé Guillotin de Corson).

le donjon de Chevré (XII-XIIIème siècle), s'élève sur une motte entourée de douves ; 

le pont de Chevré (XIIIème siècle), qui semble marquer l'assiette d'un chemin très ancien ; 

le château du Bertry (XIV-XIXème siècle). La partie ouest du château a été reconstruite au XIXème siècle. Il possédait autrefois une chapelle et un droit de haute justice. En 1680, Marguerite Le Métayer, veuve de Bertrand de Poix, seigneur dudit lieu et de Neuville, déclara, au nom de ses enfants mineurs, posséder au manoir du Bertry « une chapelle sise derrière ledit manoir, au Midi et à costé de la grande prée ». Propriété successive des familles Ifer (en 1397), Bourdon (en 1427), Taillis (en 1443), Boutier, Thierry, seigneurs de la Prévalaye (en 1513), du Han (fin XVIème siècle et en 1645), Poix (en 1666), Belinaye (en 1759 et 1789) ; 

la maison du "Sénéchal" (XV-XVI-XXème siècle), située à Chevré ; 

le manoir de la Porte (XVIème siècle) ; 

le manoir de la Gendrignère (XVI-XVIIème siècle), possession des seigneurs de la Bouëxière au XIIème siècle. Dès le XVIème siècle, la seigneurie est unie à celle de la Dobiays, propriété des seigneurs du Bertry ; 

l'ancien manoir de la Maison-Neuve (XVIème siècle) ; 

le manoir du Domaine (XVI-XVIIème siècle) ou de la Pétardaye. Sa chapelle est fondée vers 1668. Henri de Launay, sieur du Domaine, ayant fait bâtir près de ce manoir une chapelle, la fonda de messes par acte du 6 août 1668. Une de ses descendantes, Jeanne de Launay, fille de Joseph de Launay, sieur des Rues, du Domaine, de la Pélardaye, etc., et femme de René Davy, sieur de la Pommeraye, présenta en 1716 Julien Blouin, prêtre, pour desservir « sa chapelle du Domaine de la Pélardaye » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 40). Propriété successive des familles Ivette, seigneurs du Boishamon (en 1417), Launay (vers 1617), Davy, sieurs de la Pommeraye (en 1716) ; 

le manoir de la Teillais ou Teillaye (XVI-XXème siècle). On y trouvait au XVIIème siècle une chapelle privative. Il s'agit vraisemblablement d'une fondation de la famille Satin. L'évêque de Rennes permit d'y dire la messe le 15 mars 1611. François de la Belinaye, qui possédait en 1680 le manoir de la Teillaye par succession de Catherine Satin, dame de la Belinaye (décédée en 1645), déclara aussi cette chapelle, fondée d'une messe par semaine et présentée par lui (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 40). On y trouve un cadran solaire et un puits (XVIème siècle). Propriété successive des familles Teillaye ou Teillais (en 1388), Satin (en 1513), Belinaye (en 1645 et 1789). La Teillaye était pendant la Ligue un centre protestant assez important ; 

le manoir du Carrefour (XVIIème siècle). Il fut affranchi en 1442 par le duc Jean IV pour la famille le Souldoyer ou le Souldery qui l'avait encore en 1592. Propriété successive des familles Servaude (en 1608), Poix (en 1612 et 1657), la Marck, Macé, sieurs de la Rabinaye (en 1759), Poillevé, sieurs de la Guérinaye (en 1790) ; 

le manoir de la Bonnerie (XVII-XIX-XXème siècle) ; 

les halles (XIXème siècle) ; 

6 moulins à eau dont le moulin de Chevré, de Trapeau, de Bertry, de la Teillaye, de Forge, Hauts Fourneaux de Sérigné et de la Vallée ; 

A signaler aussi : 

l'ancien manoir de la Bouëxière. Il était aux seigneurs de la Bouëxière au XIIème siècle, puis à la famille Lancé en 1427, et fut uni à la seigneurie de la Dobiays en 1513 ; 

les manoirs du Haut-Sévailles et du Bas-Sévailles. Ils avaient tous les deux une chapelle privative. Celle du Bas-Sévailles a disparu, elle dépendait d'un ancien ermitage donné par l'évêque de Rennes à l'Abbaye de Savigny (Manche) au milieu du XIIème siècle. Le Haut-Sévailles était à la famille Rolland en 1539. Le Bas-Sévailles était à la famille Malescot, puis à la famille Germain (en 1456 et 1500) et à la famille Rolland. Les deux terres restèrent alors unies. Elles sont vendues vers 1605 à la famille Blondeau, sieurs de Beauregard, vers 1680 à la famille Paris, sieurs des Rangers, et vers 1730 à la famille Blondeau ; 

l'ancien manoir de la Dobiays. Propriété successive des familles Taillis (en 1427), Veneur, barons de Tillières (avant 1498), Thierry, seigneurs de la Prévalaye et du Bertry (en 1506) ; 

l'ancien manoir de Villeray. Propriété successive des familles Laval (en 1427), Launay (en 1513), Servaude, Satin (en 1627), les seigneurs de la Teillaye (en 1789) ; 

l'ancien manoir de Ganeschier ou de Goprechier. Il était à la famille Beaumont en 1427 ; 

le manoir de la Vallée. Propriété successive des familles le Gac, sieurs de Kerbrezel, Penchoadic, Marbeuf (en 1677) ; 

l'ancien manoir de la Colinière ; 

l'ancien manoir de la Houssaye. Propriété successive des familles Benast (en 1427), Uguet, seigneurs du Bois-Boterel (en 1681) ; 

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ANCIENNE NOBLESSE de LA BOUEXIERE

« La seigneurie de Chevré — en la paroisse de la Bouëxière  — est très belle et ancienne ; elle fut autrefois baillée en partage par un duc de Bretagne au sire de Vitré en tous droits de chastellenie, bois, estangs, moulins et forests qui peuvent composer et décorer une belle terre » (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de Vitré). Chevré semble avoir fait partie de la baronnie de Vitré dès l'origine de cette dernière seigneurie, créée au XIème siècle par le duc Geoffroy Ier en faveur de Riwallon. Les barons de Vitré furent constamment seigneurs de Chevré et ce n'est pas ici qu'il convient d'établir leur filiation. Ils construisirent à Chevré un château dont il reste encore partie d'un donjon fort antique, de forme extérieure carrée mais circulaire à l'intérieur ; à côté se dresse aussi un pan de muraille qui n'offre pas moins de quatre mètres d'épaisseur ; le tout s'élève sur une motte de terre, à la façon des forteresses du XIème siècle, au bord d'un vaste étang et au centre d'une belle forêt. Si les ruines du château ne sont pas plus considérables, c'est que pendant des siècles l'on s'en est servi comme d'une carrière. L'Etat de la baronnie de Vitré dressé en 1764 parle, en effet, du « vieux donjon d'un chasteau qui estoit près la ville de Chevré, duquel on tire la pierre nécessaire pour la reparation de la chaussée du moulin ».

Ce qu'on continue d'appeler la ville de Chevré n'est plus qu'un village composé de vieilles maisons dont beaucoup ne sont point dépourvues d'intérêt ; on y trouve notamment plusieurs hôtels avec tourelles, et à l'intérieur des logis de fort jolies cheminées sculptées. Dans la grand'rue est encore l'auditoire où s'exerçait la haute justice de la châtellenie ; à côté se trouvait la prison. Une partie de ces constructions date de la Renaissance, mais le plus grand nombre appartient aux XVIIème et XVIIIème siècles. Si l'on en croit la tradition, la ville de Chevré a remplacé au moyen-âge la cité gallo-romaine de Gannes, cependant il faut avouer que l'existence de cette dernière reste problématique ; toutefois, l'on retrouve à Chevré un chemin pavé qui semble bien être l'ancienne voie romaine allant de Rennes à Lisieux. Chevré était d'ailleurs, au moyen-âge, le centre d'un commerce assez considérable pour qu'en 1237 le duc de Bretagne dût — sur les plaintes du baron de Vitré — changer le jour d'un marché qu'il venait de créer à Saint-Aubin-du-Cormier, parce que le marché de Chevré se faisait « ab antiquo » le mardi de chaque semaine.

L'église de Chevré, dédiée à saint André, n'est pas moins antique ; c'est un édifice de style roman, ajouré de meurtrières, qui peut, en partie, remonter au XIème siècle ; on y retrouve encore à l'intérieur, peintes sur les murailles, les armoiries des barons de Vitré seigneurs de Chevré.

Enfin, il existe à Chevré un superbe pont gothique à sept arches ogivales, unique dans notre contrée et remontant vraisemblablement au XIIIème siècle. Sous ce pont, formant le déversoir de l'étang de Chevré, sont des pêcheries habilement pratiquées dans le granit : « Quatorze petites portes basties dans la chaussée du pont ferment à clef par le moyen d'une muraille où y a une autre porte par laquelle on va auxdites ouvertures qu'on appelle les Pescheries ».

Ce pont et ces pêcheries offrent d'ailleurs le plus pittoresque aspect : les eaux de l'étang, retenues à plusieurs mètres au-dessus du cours de la petite rivière qui s'en échappe, retombent en cascades à travers des quartiers de rocs et des bouquets de verdure.

La châtellenie de Chevré s'étendait dans une douzaine de paroisses : Acigné, La Bouëxière, Broons, Champeaux, Dourdain, Izé, Livré, Marpiré, Noyal-sur-Vilaine, Servon et Saint-Jean-sur-Vilaine (Archives d'Ille-et-Vilaine, C 1818). De cette seigneurie relevaient les hautes justices du Gué de Servon et de Tastoux, et la moyenne justice de la Bouëxière.

La forêt de Chevré dépendait de la seigneurie de ce nom ; « les usagiers de ladite forest sont tenus — disent tous les aveux — faire la hue lorsqu'il plaist à Monseigneur (le baron de Vitré) de chasser ès dites forests, parce que les officiers (dudit Monseigneur) sont tenus icelle hue faire bannir le soir devant (ladite chasse) et sont tenus le lendemain les venir quérir jusques à Chevré et les mener jusques où les rets et toiles sont tendus pour prendre les bestes, et à deffault desdits usagiers de s'y trouver, lesdits officiers peuvent incontinent prendre et exécuter des biens des deffaillants jusqu'à 12 deniers » (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de Vitré).

C'était aussi aux usagers de la forêt de Chevré qu'incombait le devoir de transporter le gibier pris ou tué en ces chasses ; toutefois ils n'étaient pas tenus de le porter jusqu'au château de Vitré, il leur suffisait de le remettre en la paroisse de Champeaux aux gens du baron de Vitré.

Saisis sur le dernier baron de Vitré, l'infortuné prince de Talmont, les biens composant le domaine proche de la châtellenie de Chevré furent — sauf la forêt réunie à celle de Rennes — vendus nationalement ; l'église avec son cimetière, les ruines du château, l'auditoire et la prison, l'étang et le moulin furent adjugés à plusieurs moyennant 71 475 livres (abbé Guillotin de Corson).

 

Lors de la Réformation faite en 1427, dans l'évêché de Rennes, par les commissaires Jamet Baude et Jaquet Boterel, plusieurs nobles sont mentionnés à la Bouëxière (106 contribuants, 29 pauvres) :

Jean Bourdon, sr. du manoir du Bertri (Bertry) ;

la métairie de Sévigné appartenant au sire de Matignon ;

la dame de Laval, dame du manoir de Villeray ;

Bertran de Beaumont, sr. du manoir du Gasnechier ;

Messire Guy de Tallie (Taillis), sr. du manoir de la Dobiays ;

Jean de Benast, sr. du manoir de la Houssaye ;

la femme de feu Geffroy de Cacé, dame du manoir de la Bouxière.

(à compléter)

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