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LA CATHEDRALE DE STRASBOURG

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DESCRIPTION.

Le premier aspect de la Cathédrale produit une impression profonde. L'âme est saisie d'étonnement et d'admiration à la vue de cet édifice majestueux, dont la flèche (142 mètres) s'élance dans les airs avec autant de hardiesse que de grâce. Sans doute une observation plus approfondie fait découvrir au spectateur une certaine disproportion entre les différentes parties de la Cathédrale. Les transformations successives que les architectes ont fait subir au plan et au style primitifs se remarquent à la simple comparaison du choeur et de la nef avec la tour. Ce défaut d'unité constitue une particularité, que d'autres églises gothiques, par ex. Notre-Dame de Paris, ne peuvent fournir à l'observateur. La Cathédrale de Strasbourg réunit tous les styles du moyen âge, depuis le roman avec sa gravité et sa simplicité, et le style de transition, jusqu'au gothique dans ses nuances les plus variées.

CHAPITRE I. — L'Extérieur.

Façade occidentale.

La façade occidentale est d'une grâce et d'une majesté vraiment imposante. L'architecture et la sculpture se sont donnés la main pour donner de la vie à la pierre, pour couvrir le mur d'une vaste broderie en dentelles, dont les dessins et les scènes nous présentent l'enseignement du Credo chrétien. La masse des murs disparaît derrière les clochetons, les arcades, les colonnettes et les innombrables statues [Note : On compte 2.000 figures, taillées dans les voussures et sur les tympans des portails, ou sculptées autour de l'édifice, ou peintes sur les verrières Straub]. Et toutes ces figures et fiales sont travaillées avec une perfection et une finesse rares.

L'ensemble du frontispice est divisé par les contre­forts des deux tours en trois larges bandes verticales, qui sont elles-mêmes coupées par trois bandes horizontales. Les trois portails, couronnés de frontons triangulaires, avec leur multitude de ciselures trifoliées, figurent, au dire des symbolistes, le mystère de la Trinité.

Cathédrale de Strasbourg : portail occidental central

Cathédrale de Strasbourg : portail occidental Sud

  Portail occidental central.

 Portail occidental droit (Sud).

Portail principale.

Le portail du milieu reproduit le mystère de la Rédemption. Marie, la seconde Eve, à laquelle cette maison de Dieu est consacrée, nous présente, sur le trumeau de la porte, l'Enfant Jésus. Rangés sur deux files à l'entrée du temple, les patriarches et les prophètes (14 statues) forment une magnifique avenue vers Celui qui a dit : « Je suis la porte, si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé » (Saint-Jean). Les prémisses qui ont rendu nécessaire la naissance du Christ, ainsi que sa mission réconciliatrice, sont représentées sur le cordon extérieur de la voussure : la création du monde, la chute de nos premiers parents avec ses suites désastreuses (18 groupes de statuettes). La seconde rangée nous montre les patriarches et les personnages figuratifs de l'ancienne loi, types du Messie. La troisième rangée contient les apôtres, scellant de leur Sang l'enseignement du Christ. Le quatrième cordon donne les évangélistes et les docteurs écrivant et interprétant l'Evangile du Messie. La cinquième et dernière voussure développe sous nos regards des scènes miraculeuses de la vie du Christ. Dans le tympan c'est le mystère de la Passion, depuis l'entrée du Christ à Jérusalem jusqu'à sa glorieuse ascension. Au centre de cette vaste composition on voit Jésus-Christ sur l'arbre de la croix. Le sang de ses plaies tombe sur le vieil Adam, dont le squelette est sculpté à ses pieds, pour vivifier en sa personne l'humanité tout entière. A la droite de la croix se tient la figure de l'Église, à la gauche c'est la synagogue, dont nous retrouverons les statues, célèbres dans l'histoire de l'art, au portail du transept sud. La partie inférieure du tympan montre l'entrée triomphale du Christ à Jérusalem, la sainte-cène, la trahison de Judas, la flagellation ; la partie au-dessus de l'arbre de la croix représente la descente du Christ aux limbes. Au sommet du tympan se trouve reproduite la montée triomphale du Christ au ciel.

Cathédrale de Strasbourg : porte occidental central

   

Cathédrale de Strasbourg : porte occidental central

Cathédrale de Strasbourg : porte occidental central

    

Cathédrale de Strasbourg : porte occidental central

Cathédrale de Strasbourg : porte occidental central

   

Cathédrale de Strasbourg : porte occidental central

Cathédrale de Strasbourg : porte occidental central

  

Cathédrale de Strasbourg : porte occidental central

Cathédrale de Strasbourg : porte occidental central

   

Portails latéraux.

Le portail du côté gauche représente dans son tympan des scènes de l'enfance du Christ : l'adoration des mages, la présentation au temple, le massacre de Bethléhem, la fuite en Egypte. Les grandes statues figurent les vertus, qui, symbolisées sous la forme de vierges portant des diadèmes, terrassent avec une lance et écrasent sous leurs pieds l'image symbolique du vice. Des anges, des martyrs, des confesseurs, des vierges forment une cour d'honneur. 

Cathédrale de Strasbourg : portail occidental Nord (gauche)

   

Cathédrale de Strasbourg : portail occidental Nord (gauche)

Cathédrale de Strasbourg : portail occidental Nord (gauche)

   

Cathédrale de Strasbourg : portail occidental Nord (gauche)

Cathédrale de Strasbourg : portail occidental Nord (gauche)

   

Cathédrale de Strasbourg : portail occidental Nord (gauche)

Cathédrale de Strasbourg : portail occidental Nord (gauche)

   

— Le portail du côté droit représente dans ses grandes figures de la partie inférieure la parabole des vierges sages et des vierges folles. Avec quel art le ciseau a rendu le bonheur des vierges fidèles, qui s'avancent vers leur divin Epoux en tenant leurs lampes allumées ! De l'autre côté, la joie infernale du tentateur ; les illusions ou les tardifs repentirs de ces vierges folles, qui se sont laissées surprendre par l'appât du tentateur ; qui ont laissé tomber leur lampe ou qui ont négligé de la remplir à temps. Le tympan reproduit la résurrection et le jugement dernier. Les voussures sont ornées, comme dans le portail de gauche, de statues d'anges, de confesseurs et de vierges.

Cathédrale de Strasbourg : portail occidental Sud (droite)

 

 

Cathédrale de Strasbourg : portail occidental Sud (droite) 

Cathédrale de Strasbourg : portail occidental Sud (droite)

    

Cathédrale de Strasbourg : portail occidental Sud (droite)

Cathédrale de Strasbourg : portail occidental Sud (droite)

   

Cathédrale de Strasbourg : portail occidental Sud (droite)

Cathédrale de Strasbourg : portail occidental Sud (droite)

   

Les trois portails sont terminés par des frontons triangulaires. Dans celui du milieu Salomon est assis sur un trône, qui a de chaque côté six degrés (1er livre des Rois, chap. X, 19) : sur chaque degré se tient un lion, deux lions portent le dais, qui surmonte le siège du roi. Ce dais sert de marchepied à la Vierge, qui est assise avec l'Enfant Jésus sur ses genoux. L'angle supérieur du fronton renferme l'image de Dieu le Père, qui domine d'en haut ce vaste récit biblique écrit en pierre.

Aux côtés nord et midi, les deux tours ont chacune une grande fenêtre ornée de rosaces élégantes. Au-dessus de ces fenêtres, sous les galeries du premier étage de la tour, se voient des frises, qui méritent de retenir l'attention. Du côté nord, les bas-reliefs contiennent des images symboliques et typiques se rapportant à la vie du Christ, du côté sud ce sont les figures des vices et des puissances infernales.

Rosace.

Le second étage est occupé par la grande rosace, symbole de Jésus-Christ, l'éternel soleil de justice. Son aurore ayant été annoncée par les seize prophètes, seize petites rosaces forment la périphérie. Ce cintre qui se détache de la rosace est une des plus merveilleuses parties de la Cathédrale. Au bas de la rosace sont placées, dans les niches des contreforts, les trois statues équestres des rois Clovis, Dagobert et Rodolphe de Habsbourg ; elles ont été placées en 1291 en mémoire des bienfaits que l'Alsace et Strasbourg reçurent de ces monarques. La quatrième, celle de Louis XIV, fut ajoutée sous la Restauration (1828). La proposition en avait été déjà faite à Louis XIV de son vivant, mais il ne crut pas devoir l'agréer. Si l'idée fut reprise plus tard, c'était autant pour remémorer le passage de l'Alsace et de la ville de Strasbourg sous la domination française que pour rappeler que Louis XIV avait restitué la Cathédrale au culte catholique.

Cathédrale de Strasbourg : la Rosace

Les statues de Pépin le Bref, de Charlemagne, d'Othon le Grand et de Henri l'Oiseleur sont placées au second étage. Les contre-forts des faces latérales ont été ornés au 19ème siècle de statues analogues. Du côté méridional on voit au premier étage celles des empereurs Othon II, Othon III et Henri II, au second étage celles de Conrad II, Henri III et de Henri IV. Sur le côté septentrional ce sont les statues de Charles-Martel, de Louis le Débonnaire et de Lothaire, au deuxième étage celles de Charles le Chauve, de Lothaire II et de Louis le Germanique.

Au-dessus de la rosace sont placées les statues des douze apôtres, dominés par le Christ glorieux, tenant en main une croix avec une bannière. La rosace est flanquée, dans les tours latérales, de deux fenêtres ogivales, devant lesquelles l'architecte a élevé des piliers très minces.

Au troisième étage on a placé dans chaque tour, autant pour varier l'aspect que pour bien garnir la surface disponible, trois fenêtres très allongées. La partie du milieu, qui fut ajoutée pour consolider la flèche, n'a que deux petites fenêtres. Les statues qui la décorent n'ont été exécutées qu'en 1849 d'après les anciens dessins conservés aux archives de l'oeuvre Notre-Dame. Elles représentent le jugement dernier, mais selon une conception différente de celle que nous avons vue au tympan de la porte latérale, Jésus-Christ tient le milieu, à ses côtés se trouvent Marie et Jean-Baptiste dans une attitude suppliante. Au-dessus de leurs têtes on voit des anges sonnant la trompette du jugement, ou portant des instruments de la Passion. Au-dessous l'artiste a rangé les statues des évangélistes avec leurs attributs symboliques.

Plate-forme.

Un escalier tournant (entrée du côté sud) de 330 marches conduit à la plate-forme. L'ascension est quelque peu pénible, mais personne ne regrettera de l'avoir faite. Déjà la montée offre un joli coup d'oeil sur une partie de la ville. Après avoir passé la maisonnette des gardiens de la tour, chargés de sonner les heures et le toscin en cas d'incendie majeur, le visiteur arrive à la plate-forme, qui est très spacieuse et entourée d'une belle balustrade. On jouit d'une vue magnifique sur la ville et ses environs. La plaine du Rhin, bordée par les Vosges et la Forêt-Noire, présente à l'oeil un panorama unique.

Ce panorama a été dessiné avec une exactitude rare par un amateur zélé de notre histoire locale, M. Frédéric Piton, qui a livré son travail à la publicité. Au nord : dans la direction du Wacken, près de Strasbourg, se montre à l'horizon la montagne du Scherhol, au pied de laquelle est situé Wissembourg ; à sa droite s'élèvent les cimes que couronnent les ruines de Gutenberg et de Trifels, ainsi que la fameuse montagne du Gelsberg. Au delà du Rhin, dont l'oeil suit le cours majestueux, la chaîne de la Forêt-Noire borne l'horizon. La première cime qui se présente est celle de l'Eichelberg, à l'entrée de la Murg ; puis viennent le Fremersberg, le grand Stauffenberg, la montagne avec les ruines d'Iburg. A ces sommets succède le haut plateau des Hornisgrinde, sur le revers desquels se trouve, au milieu d'une forêt, le sombre lac du Mummelsee. Plus loin, vers l'est, au-dessus de la ville de Kehl, on remarque le château de Schauenbourg, près d'Oberkirch, où s'ouvre la vallée de la Rench. Après avoir passé près des ruines de Fürsteneck et du château de Stauffenberg, l'oeil s'arrête sur les bâtiments grandioses d'Ortenberg, reconstruits dans le style du moyen âge, à l'entrée de la vallée de la Kinzig. En se dirigeant davantage vers le sud, on aperçoit les montagnes de Triberg, tant visitées par les Strasbourgeois ; puis vient le sommet le plus élevé de la Forêt-Noire, le Feldberg, haut de 1493 mètres. Dans le lointain on découvre encore le Belchen et le Blauen, derrière les collines du Kaiser­stuhl ; depuis là, la chaîne de ces montagnes se dérobe à l'œil.

Le panorama.

Sur la plaine entre le Rhin et les Vosges, une double rangée de peupliers désigne la ligne du Rhin et la ligne du canal du Rhône-au-Rhin. La première cime des Vosges que l'on aperçoit vers le sud est le Ballon d'Alsace, haut de 993 mètres ; en suivant vers l'ouest, on découvre le sommet du Ballon de Guebwiller, haut de 1426 mètres, les ruines des trois châteaux d'Eguisheim, celles de Haut-Hattstatt et de Hohlandsberg, le Hohnack, les ruines des château de Kientzheim, de Ribeaupierre, de Haut-Königsbourg, d'Ortenbourg, de Bernstein, de Frankenbourg, les sommets du Brézouard et de l'Ungersberg. Dans la direction de l'église de Saint-Thomas, le coup d'oeil embrasse les environs si pittoresques et si riches en monuments et en souvenirs historiques du Mont Sainte-Odile : le château de Landsberg, le rocher du Maennelstein, le couvent de Sainte-Odile, derrière lequel s'élève le plateau du Champ-du-Feu ; plus loin, sur la droite, les ruines de Girbaden, les cimes du Donon, du Mutzigfels et du Schneeberg. Ici les montagnes se perdent de plus en plus dans un lointain vaporeux ; à l'horizon on voit encore se dessiner les tours des châteaux de Geroldseck et de Haut-Barr, près de Saverne. Tout autour de la ville le regard plane sur des prairies, des champs, des forêts, du milieu desquels surgissent les tours des églises des nombreux villages dont la belle et riche plaine d'Alsace est parsemée.

Chaque année des milliers de visiteurs montent à la plate-forme pour jouir de la magnifique vue, qui embrasse un immense horizon [Note : Durant l'année 1907, 57.828 personnes sont montées à la plate-forme, 4.880 personnes ont poussé jusqu'aux quatre tourelles et 497 sont arrivées jusqu'à la couronne, ce qui forme un total de 63.205 personnes qui sont montées sur la tour, les revenus ont atteint le chiffre de 14.999,68 M.]. Les balustrades et l'intérieur de la tour portent une foule de noms d'étrangers, qui ont visité la Cathédrale. Un registre spécial est aujourd'hui déposé à cet effet chez les gardiens. Nommons parmi les visiteurs célèbres Goethe, Herder, le roi de Saxe, … 

Tour octogone.

La tour octogone qui supporte la flèche est un monument curieux de l'art gothique, elle est complètement diaphane et ne consiste pour ainsi dire qu'en des piliers ornés de colonnettes et de statues, qui ne sont réunis entre eux qu'à une hauteur vertigineuse pour former des fenêtres ou la voûte qui les relie et les soutient entre eux. Parmi les statues qui l'ornent, celle qui fait face à la plate-forme représente, selon la tradition populaire, Erwin de Steinbach. En avant des quatre côtés principaux de la tour octogone s'élèvent les tourelles qui renferment les escaliers tournants. Ces tourelles ne semblent consister qu'en une série de fenêtres qui montent en spirale. Elles ne sont reliées avec la tour que par la galerie qui les couronne et par des pierres plates, qui servent d'entrée dans l'intérieur de la voûte et qui sont déjà à une hauteur de près de 30 mètres. D'après les anciens plans ces tourelles devaient être surmontées de flèches en pyramide.

La flèche.

La flèche commence à la galerie qui couronne les tourelles. Unique dans son genre, elle se compose de six étages de petites tourelles superposées les unes aux autres en forme de pyramide octogone. Huit escaliers tournants, étroits et fortement à jour, conduisent à une partie massive, appelée par le peuple la lanterne. Pour arriver à la couronne il faut monter des marches pratiquées à l'extérieur sans autre soutien que le mur contre lequel elles s'appliquent. La flèche se termine en une colonne fleurie, qui lui donne de loin l'aspect d'une croix. La statue de la Vierge, qui couronnait autrefois la flèche, a été descendue déjà en 1488 pour la protéger contre la foudre. Depuis 1835 le bouton final (terminus) qui a un diamètre de 0,46 m, est surmonté de la pointe d'un para­tonnerre. Ce sont les barres de fer du paratonnerre qui ont retenu la croix frappée d'un boulet en 1870. Le para­tonnerre a été placé en 1835-1836, la dépense s'est élevée à 16.000 francs. La hauteur totale de la flèche est de 142,11 mètres.

Façade septentrionale.

La façade septentrionale frappe l'oeil par son ordonnance sévère. Le portail extérieur est de maître Jacques de Landshut, ses lignes bizarrement contournées prêtent à la critique des puristes du style gothique.

Portail Saint-Laurent.

Le portail présente dans le tympan le martyre de saint Laurent, étendu sur le gril et entouré de bourreaux qui attisent le feu. Du côté droit de la porte, la Vierge Marie présente son divin Fils aux adorations des Mages ; à gauche, David, le prophète royal, chante les jours bénis, où les rois de Tharse, de Saba et des îles lointaines accourront pour offrir leurs hommages à l'Enfant de Bethléem. Pour cette dernière partie maître Jacques n'a fait que reproduire le sujet placé par l'architecte du XIIème siècle dans le tympan de la porte romane.

Cathédrale de Strasbourg : façade nord du transept (vers 1210) et le portail Saint-Laurent (1495-1505)

 

Cathédrale de Strasbourg : façade nord du transept (vers 1210) et le portail Saint-Laurent (1495-1505)

Cathédrale de Strasbourg : façade nord du transept (vers 1210) et le portail Saint-Laurent (1495-1505)

   

Cathédrale de Strasbourg : façade nord du transept (vers 1210) et le portail Saint-Laurent (1495-1505)

Cathédrale de Strasbourg : façade nord du transept (vers 1210) et le portail Saint-Laurent (1495-1505)

   

Cathédrale de Strasbourg : façade nord du transept (vers 1210) et le portail Saint-Laurent (1495-1505)

  

Façade méridionale.

Les iconoclastes de la Révolution n'en ont laissé que des traces ; récemment l'architecte Knauth a fait replacer une imitation romane. — Transportons-nous sur le parvis, qui fait face au château. Le frontispice nous montre les transformations du style au XIIIème siècle. Pendant que les portes d'entrée sont d'un roman très pur, les tourelles en pyramide qui couronnent les contreforts sont d'un gothique achevé. Tout en haut, sur le fronton, on voit des cadrans divers ; le troisième étage est rempli par deux belles rosaces. Au centre du deuxième étage se trouve une horloge, placée en 1548 et reliée par Dasypodius avec l'horloge astronomique (1574). Le cadran représente les douze signes du zodiaque et le cours de la lune. Au-dessous nous remarquons la statue de la Vierge, qui placée d'abord au haut de la tour en 1439, en fut descendue en 1488 et adaptée à ce portail en 1493. Elle a été renouvelée depuis. Les tympans des deux portes racontent la mort, la mise au tombeau, l'assomption et le couronnement de la sainte Vierge. C'est surtout la mort de la Sainte-Vierge, étendue sur son lit, entourée du Christ qui la bénit et des apôtres en deuil, qui excite l'admiration des connaisseurs. L'expression des figures est tellement vivante, la douleur tellement variée, qu'on est frappé de cette perfection à donner de la vie et du sentiment à la pierre. Le pilier du milieu porte le roi Salomon assis sur un trône de gloire, la couronne sur la tête, le glaive à la main. Au-dessus apparaît le Christ, escorté d'anges, tenant seulement d'une main le globe du monde, qu'il bénit de sa droite. Avant la Révolution, le Christ était entouré de douze apôtres, portant le livre des Evangiles.

 

Cathédrale de Strasbourg : façade Sud du transept (vers 1220-1235)

  

Cathédrale de Strasbourg : façade Sud du transept (vers 1220-1235)   

La façade Sud du transept (vers 1220-1235).

   

Cathédrale de Strasbourg : façade Sud du transept (vers 1220-1235)

Cathédrale de Strasbourg : façade Sud du transept (vers 1220-1235)

  

Cathédrale de Strasbourg : façade Sud du transept (vers 1220-1235)

Cathédrale de Strasbourg : façade Sud du transept (vers 1220-1235)

 Tympan de la Dormition (à gauche). La Vierge repose sur son lit funéraire entourée par les apôtres. Le Christ, qui tient dans sa main gauche l'âme de la défunte, bénit la Vierge. 

Tympan du Couronnement de la Vierge (à droite). 

 

 

Cathédrale de Strasbourg : façade Sud du transept (vers 1220-1235)

Cathédrale de Strasbourg : façade Sud du transept (vers 1220-1235)

 Linteau du cortège funéraire de la Vierge (à gauche).

 Linteau de la Montée au ciel de la Vierge, après sa résurrection (à droite).

   

Cathédrale de Strasbourg : façade Sud du transept (vers 1220-1235)

Cathédrale de Strasbourg : façade Sud du transept (vers 1220-1235)

   

Cathédrale de Strasbourg : façade Sud du transept (vers 1220-1235)

Cathédrale de Strasbourg : façade Sud du transept (vers 1220-1235)

    

Cathédrale de Strasbourg : façade Sud du transept (vers 1220-1235)

Cathédrale de Strasbourg : façade Sud du transept (vers 1220-1235)

   

Cathédrale de Strasbourg : façade Sud du transept (vers 1220-1235)

Cathédrale de Strasbourg : façade Sud du transept (vers 1220-1235)

   

Cathédrale de Strasbourg : façade Sud du transept (vers 1220-1235)

Cathédrale de Strasbourg : façade Sud du transept (vers 1220-1235)

   

Statues de l'Eglise et de la Synagogue.

Mais quelles sont ces deux femmes mystérieuses qui se tiennent aux côtés des portes ? L'une faible, défaillante, se détourne du Sauveur, sa droite laisse échapper l'étendard brisé, ses yeux sont couverts d'un bandeau. C'est la Synagogue, que Dieu a frappée d'aveuglement parce qu'elle a fermé les yeux à la lumière, mais elle présente encore les tables de la loi, puisqu'elle reste dépositaire des saintes Ecritures. A la droite c'est l'Eglise, qui d'une main soutient la croix triomphale, de l'autre recueille dans une coupe le sang de Jésus-Christ, source de sa fécondité. La belle tête surmontée d'une couronne est tournée vers le Christ, dans lequel elle a placé sa confiance.

La croix portait autrefois l'inscription suivante : « Mit Christi Blut überwind ich dich » (Par le sang du Christ je triomphe). Au-dessus de la flèche de la Synagogue on lisait au contraire : « Dasselbig Blut verblendet mich » (Le même sang me frappe de cécité). Les deux statues de la Synagogue et de l'Eglise sont réputées des chefs-d'oeuvre de la statuaire gothique.

La tradition faisait autrefois remonter ces statues à Sabine de Steinbach, la fille légendaire de maître Erwin. C'est pourquoi on a érigé au XIXème siècle, sur le parvis devant ce portail, à droite, la statue de maître Erwin, à gauche celle de Sabine, les deux exécutées par M. Grass.

La Coupole.

La coupole actuelle a été construite en 1878, sous la direction de M. Klotz. Elle est bâtie en trois étages, le premier, une galerie d'arcades, supporte un cercle de grandes et belles fenêtres, qui, à leur tour, sont couronnées par une galerie d'arcades massives. La coupole est couverte à l'extérieur de cuivre et surmontée d'une croix dorée.

Les nefs.

Les nefs sont couvertes à l'extérieur d'un toit en cuivre. Leurs façades sont percées par de grandes fenêtres ogivales ornées de rosaces. Au point où les arcs-boutants qui sont également percés de rosaces, se joignent aux contre-forts, ceux-ci sont surmontés de jolis clochetons, ornés de nombreuses statues. A leur pied des gargouilles grotesques, dont les figures représentent des types curieux du règne animal, achèvent l'ornementation extérieure.

Cathédrale de Strasbourg

  

Cathédrale de Strasbourg

    

Cathédrale de Strasbourg

Cathédrale de Strasbourg

   

Cathédrale de Strasbourg

Cathédrale de Strasbourg

   

Cathédrale de Strasbourg

Cathédrale de Strasbourg

   

Cathédrale de Strasbourg

Cathédrale de Strasbourg

   

Cathédrale de Strasbourg

Cathédrale de Strasbourg

   

 

CHAPITRE II. — L'Intérieur.

Portes.

Entrons maintenant à l'intérieur par les belles portes du grand portail. Elles ont été achevées sous la direction de M. Klotz, en 1879, et sont sorties des ateliers Chartier, de Paris. Construites d'après le modèle des portes détruites pendant la grande Révolution, elles sont en bois de sapin et couvertes de plaques de cuivre ciselé. Les figures représentent les prophètes, des apôtres, des saints, des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament, le tout entouré et entrecoupé, par un monde de fleurs.

Nef principale.

La nef principale, en y comprenant le choeur, a une longueur de 118 mètres, la hauteur totale de la voûte est de plus de 31 mètres et la largeur des trois nefs de 34 mètres. Dans la nef on compte, du portail jusqu'au choeur, de chaque côté, sept piliers qui la supportent. Les deux piliers les plus rapprochés de l'entrée, ayant chacun une circonférence de 23 mètres, supportent les tours. Ils se composent de faisceaux de colonnes.

Triforium.

Au-dessus des arcs, qui réunissent les piliers, l'architecte a placé une galerie remarquable, appelée Triforium, dont la partie extérieure percée à jour est formée par des vitraux peints, qui reproduisent la généalogie du Christ ; à l'intérieur ce sont des baies ouvertes, formées par des colonnes. Le triforium sert de base aux grandes fenêtres ogivales, qui sont de la même structure que celles des bas côtés. C'est aux vitraux peints de ces fenêtres que la Cathédrale doit cette lumière tempérée et mystérieuse qui remue et élève l'âme du visiteur. Ces vitraux forment aujourd'hui un des plus riches trésors de l'intérieur du temple. La série des sujets qui ornent le collatéral sud commence par la légende de la Vierge. C'est l'aurore qui annonce le soleil de justice Jésus-Christ, dont la vie se développe dans les 48 tableaux des trois fenêtres suivantes. Les dernières baies montrent le jugement dernier, l'une dans sa réalité, l'autre dans le symbole. 

Vitraux.

Les vitraux du collatéral-nord sont consacrés à la Vierge dans la plupart des anciennes cathédrales. Sur la fenêtre la plus rapprochée du sanctuaire Marie présente Jésus à l'adoration des Mages. Paraissent ensuite les plus grands monarques du monde, qui suivent les rois de l'Orient pour adorer le divin enfant et saluer avec respect la Vierge Marie. Si nous levons les yeux vers les vitraux le la nef centrale, nous y voyons la Jérusalem céleste, une pléiade de saints qui jouissent de leur triomphe. Ils s'avancent vers le trône du Très-Haut, d'abord Marie à la tête de la blanche légion des vierges, puis l'innombrable armée des martyrs, des confesseurs et des pontifes. Dans cette imposante nuée de témoins on remarque la série des premiers évêques de Strasbourg, qui du haut de leur gloire bénissent cette terre, qu'ils ont arrosée de leur sueur, et semblent applaudir à nos efforts.

Le plus connu parmi les anciens artistes qui ont exécuté ces verrières est maître Jean de Kirchheim (1348). On cite ensuite les noms de Jean Markgraf, de Jacques Vischer, des frères Link. Les vitraux faits par Jean-Daniel Danegger, fin du XVIIIème siècle, furent de nouveau enlevés à cause de leur médiocrité. Au XIXème siècle, le travail de restauration fut confié à M. Petit-Gérard. L'effet de ces beaux vitraux est doublé depuis qu'on a enlevé le badigeon qui recouvrait les parois intérieures de la Cathédrale ; on a remis à nu la belle pierre de grès vosgien. La peinture murale, ce complément indispensable de nos anciens édifices religieux, reprendra aussi, il faut l'espérer, la place que depuis 1769 l'ignoble badigeon avait occupée.

L'orgue.

Le grand orgue, que l'on voit du côté de l'Evangile, a été posé par André Silbermann (1713-1716), le plus célèbre facteur d'orgues de son siècle. Il fut placé dans l'ancien buffet de 1419. Les premières orgues de la Cathédrale furent faîtes par le dominicain Ulric Engelbrecht de Strasbourg, disciple d'Albert le Grand. Elles furent remplacées successivement en 1292 par Maître Gunzelin, de Francfort, en 1327 par Nicolas Karle, architecte de la ville ; en 1385, en 1434 par Michel Grolach, de Lyps. Les vieilles orgues furent entièrement abattues en 1489 sous la direction de Frédéric Krebser, d'Anspach. Elles avaient 33 registres et 1090 tuyaux, dont le plus grand avait une longueur de 32 pieds. Ces orgues passaient pour des plus anciennes et des plus remarquables de l'Allemagne. Les orgues de Silbermann avaient 39 registres et 2242 tuyaux. Le plus grand tuyau avait 32 pieds de hauteur et on y lisait l'inscription « Laudate dominum in chordis et organo ».

 

Cathédrale de Strasbourg : orgues

Cathédrale de Strasbourg : orgues

   

Cathédrale de Strasbourg : orgues

Cathédrale de Strasbourg : orgues

   

A côté de la tribune des orgues se trouvait de 1607 jusqu'à la seconde moitié du XVIIIème siècle une tribune pour les musiciens. Les orgues ont été endommagées en 1870 et remises à neuf en 1873 et 1895.

Le Rohraffe.

A l'extérieur on voit en bas la statue de Samson, monté sur un lion, dont il ouvre la gueule. Aux deux côtés sont deux figures d'hommes, dont l'un tient une trompette, l'autre, avec sa longue barbe, lève la main. Pendant longtemps on a cherché la signification de ces statues. M. Winkelmann, archiviste de la ville de Strasbourg, a démontré que ces figures remontaient à l'époque de Geiler de Kaysersberg et servaient alors aux bouffonneries du Rohraffe.

La Chaire.

La grande chaire de la Cathédrale qui se trouve du côté des orgues, est l'ouvrage de Jean Hammer (1486). Construite sur la proposition de l'Ammeister Pierre Schott pour le célèbre prédicateur Geiler de Kaysersberg, elle servit dans le cours des siècles à des prédicateurs de différentes croyances. Le catholicisme, le protestantisme, la révolution ont été tour à tour prêchés du haut de cette chaire. Après Geiler y montèrent les protestants Hédion, Marbach, Pappus, qui a leur tour durent céder la place aux pères Jésuites, entre autres au célèbre père Scheffmacher. Entre l'abbé Jeanjean et l'abbé Mühe il y eut l'intermezzo révolutionnaire, pendant lequel du haut de cette même chaire, on insultait toute croyance chrétienne. Mentionnons en passant qu'elle fut illustrée par la parole éloquente de Lacordaire, Ravignan, Mac-Carthy. La chaire elle-même est d'une sculpture infiniment délicate et est ornée de 50 petites statues. Sur le devant on voit le Christ en croix, entouré de la sainte Vierge, de saint Jean, des autres apôtres, d'anges portant les instruments de la Passion. Au pied sont les quatre évangélistes. L'abat-voix est moderne, il a été fait en 1824 à la place de celui qui fut posé en 1619. Les figures énigmatiques au pied de l'escalier, dans lesquelles certains auteurs croyaient voir les traits du constructeur de la chaire et de sa femme, se rapportent en réalité à la légende de Saint Alexis.

Cathédrale de Strasbourg : chaire

Peintures.

La hauteur de la nef principale dépasse notablement celle du transept. La place vide a été jadis couverte d'une peinture représentant le jugement dernier (1686). Ce sujet a été repris par M. Steinheil de Paris (1877). La conception du sujet comme son exécution ont été critiquées à bon droit par les connaisseurs. Il n'en est pas de même des peintures qui ornent l'abside du choeur. Sur un fond d'or M. Steinle, de Francfort (1877), a représenté au haut de la voûte le couronnement de Marie par Jésus, tout autour les neuf choeurs des anges. Un peu plus loin on voit saint Etienne et saint Materne, saint Laurent et saint Amand. Sur la partie plane des murailles on voit les ancêtres du Christ et les Pères de l'église. Au revers de l'arc qui sépare l'abside du choeur, l'artiste a peint son propre portrait avec celui de l'architecte Klotz, tous deux à genoux ; à côté d'eux on lit l'invocation : « Ora pro nobis ».

A la droite du choeur, au-dessus de l'entrée de la chapelle Saint-André, se trouvent les restes d'une peinture remarquable de l'école Schöngauer (XVIème siècle). Le tableau est partagé en forme de tryptique. A droite on voit saint André, le patron de la chapelle, à gauche un évêque, au milieu l'adoration du Christ par la Vierge, saint Joseph et les bergers.

Vitraux du choeur et des transepts.

Si nous montons au choeur, nous voyons le premier étage de l'abside occupé par trois fenêtres ogivales, dont celle du milieu représente la Vierge telle qu'elle se trouve sur l'ancienne bannière de la ville et telle qu'elle est connue sous le nom de « Vierge de Strasbourg ». C'est un travail de Petit-Gérard. La mère du Christ est assise sur un fauteuil, flanquée de deux anges. Le divin Enfant est sur ses genoux et sa mère étend largement ses bras. Dans les deux rosaces du transept méridional l'artiste du moyen âge met en regard la loi ancienne et la loi nouvelle. Dans la rosace de droite, c'est Jésus-Christ sous les traits de Melchisédech, entouré des symboles des principales vertus, la seconde rosace nous montre des emblèmes en douze médaillons. Des sujets représentés sur la verrière la plus rapprochée du choeur, il faut mentionner la figure de saint Christophe, la plus ancienne peut-être et la plus colossale qui ait jamais été exécutée en verre. La légende existait au moyen âge qu'on ne pouvait mourir subitement le jour où l'on avait vu saint Christophe. Saint Christophe portait bonheur.

Le Choeur.

Le choeur se compose de deux parties. La croisée et l'abside. Entre les quatre piliers massifs, qui relient l'abside à la nef, s'élèvent deux colonnes romanes, pour soutenir avec les piliers la coupole.

Cathédrale de Strasbourg : choeur

Le choeur fut allongé (1682, 1732) en l'avançant jusqu'au premier pilier de la nef ; il fut élargi par des tribunes pour des musiciens et défiguré par des boiseries sans aucun rapport avec le reste de l'édifice. Sous la direction de M. Klotz on a enlevé toutes ces superfétations et on a remis le choeur dans son état primitif. Une série de grandes arcades ogivales à retrait forme la partie inférieure de l'abside et supporte une galerie servant de base à l'étage supérieur, qui n'est séparé de la voûte que par une seule moulure. Aux trois fenêtres ogivales répondent dans la partie inférieure, sur les côtés, deux portes dont celle du côté de l'Epître conduit au trésor, celle du côté de l'Evangile, dans l'ancienne belle salle capitulaire gothique, qui renferme aujourd'hui les archives du Chapitre. Au centre, la voûte plus richement décorée abrite le siège de l'évêque. Le maître-autel, au milieu de l'abside, construit par Massol, remonte à 1763, les stalles du Chapitre sont d'une simplicité qui détonne. Un projet de renouveler tout le mobilier du choeur a été examiné, pour le maître-autel seul il prévoyait une dépense de 75.000 francs ; dans l'avant-choeur se trouvent les places des séminaristes et des chantres. C'est là aussi qu'on a placé depuis 1882 un petit orgue, oeuvre de Merklin. Le lustre roman, orné des figures des apôtres, est de date récente et a remplacé celui qui a été détruit pendant le bombardement, L'électricité est installée à la Cathédrale depuis l'année 1897.

Choeur de la cathédrale de Strasbourg

   

Choeur de la cathédrale de Strasbourg

Choeur de la cathédrale de Strasbourg

   

Choeur de la cathédrale de Strasbourg

Choeur de la cathédrale de Strasbourg

   

Choeur de la cathédrale de Strasbourg

Choeur de la cathédrale de Strasbourg

   

Choeur de la cathédrale de Strasbourg

Choeur de la cathédrale de Strasbourg

   

Le visiteur qui, par un soir d'été, tourne son regard du choeur vers le fond de la nef, est surpris et étonné par l'effet majestueux et mystérieux que les rayons du soleil couchant, passant par la grande rosace, produisent dans l'église.

L'horloge astronomique.

Si du choeur nous allons dans le transept méridional, ce qui arrête en première ligne l'attention et attire tous les jours de nombreux visiteurs, c'est la fameuse horloge astronomique, qui comptait au moyen âge avec la tour de la Cathédrale au nombre des sept merveilles de l'Allemagne [Note : « Septem Germaniae spectamina : turris Argentinensis, chorus Coloniensis, horologium Argentinum, organum Ulmense, nundinae Francofurtenses, mechanica Nurnbergensis, structura Augustana ». Inscription au-dessus de la bibliothèque de l'église de Mayence. Grandidier. « Essais », p. 286]. L'horloge de Saint-Jean de Lyon (1575) ne peut guère être comparée à celle de Strasbourg.

Cathédrale de Strasbourg : horloge astronomique

 

La première horloge astronomique, appelée communément l'horloge des trois rois, fut commencée sous l'évêque Berthold de Bucheck, et terminée deux ans après par un artiste inconnu, sous Jean de Lichtenberg. Elle était adossée au mur qui fait face à l'horloge actuelle. La cage de cette horloge primitive était tout en bois ; les pierres qui lui servaient de supports sont encore aujourd'hui saillantes hors du mur. Elle était divisée en trois parties : celle d'en bas était occupée par un calendrier universel ; dans la partie du milieu se trouvait un astrolabe, et dans la partie supérieure ou voyait les trois rois et la Vierge sculptés en bois ; les rois s'inclinaient toutes les heures devant la Vierge, par l'effet d'un mécanisme particulier, qui en même temps mettait en mouvement un carillon jouant différentes mélodies, et un coq qui chantait et battait des ailes.

On ignore quand cette horloge, qui au XIVème siècle a dû être un chef-d'oeuvre merveilleux, a cessé de fonctionner. Ses mouvements étaient depuis longtemps arrêtés, lorsqu'en 1547 le Magistrat décida de la faire remplacer par une autre, et de faire ériger celle-ci vis-à-vis de l'ancienne, à l'endroit que l'horloge occupe encore aujourd'hui. Trois mathématiciens distingués furent chargés d'en dresser les plans et d'en surveiller l'exécution : le docteur Michel Herr Chrétien Herlin, professeur de mathématiques à la haute école de Strasbourg, et Nicolas Prugner. Ces trois savants commencèrent l'oeuvre, elle fut reprise en 1570 par un disciple de Herlin, Conrad Dasypodius, de Strasbourg, où il était professeur de mathématiques. Dasypodius, fit le plan de l'horloge ; l'exécution en fut confiée à deux mécaniciens horlogers de Schaffhouse, les frères  Isaac et Josias Habrecht ; Tobie Stimmer, également de Schaffhouse, fut chargé des peintures. L'appel de Josias Habrecht par l'électeur de Cologne pour construire l'horloge du château de Kayserswerth et le malheur de sa sœur, qui devint aveugle, donnèrent peut-être sujet à la tradition fabuleuse, qui porte qu'on creva les yeux à l'auteur de l'Horloge astronomique. L'ouvrage fut terminé en 1574. Chef-d'oeuvre de la mécanique du XVIème siècle, il n'a cessé ses mouvements qu'en 1789. Comme la disposition extérieure de l'horloge actuelle est à peu près la même que celle de l'ancienne, nous nous abstenons de donner une description de cette dernière. En 1836, le Conseil municipal de Strasbourg décida la restauration du curieux monument. M. Schwilgué père, mécanicien à Strasbourg, sa ville natale, fut chargé du travail ; il le commença le 24 juin 1838, et le termina à la fin de 1842.

C'est un beau travail du XIXème siècle ; le mécanisme est tout nouveau. M. Schwilgué n'a employé aucune des pièces anciennes ; elles sont déposées à l'Oeuvre Notre-Dame ; par leur comparaison avec les pièces nouvelles, on peut juger à la fois des progrès de la science et du talent de l'artiste moderne. M. Schwilgué a conservé de l'ancienne horloge le beau cabinet, dont les peintures et les ornements ont été soigneusement restaurés. Il a eu de grandes difficultés à vaincre, tant pour coordonner tous les mécanismes et les loger dans un emplacement qui ne s'y prêtait pas toujours, que pour en harmoniser les fonctions avec les indications anciennes. Ces dernières, dont beaucoup n'étaient que figurées en peinture, et qu'il fallait renouveler après de certaines périodes, comme, par exemple, pour les éclipses, ont été reproduites par les combinaisons mécaniques les plus ingénieuses, de sorte qu'elles servent désormais à perpétuité. Les statuettes, qui n'avaient pas d'articulation, sont présentement mobiles ; leur nombre a été augmenté des douze apôtres. La figure de la Mort, qui jadis se trouvait sur le même plan que Jésus-Christ, est maintenant placée au milieu de celles qui représentent les quatre âges de la vie et qui sonnent les quarts d'heure : l'Enfance sonne le premier quart, l'Adolescence le second, l'Age mûr le troisième, la Vieillesse le dernier ; le premier coup de chaque quart est frappé par un des deux génies assis au-dessus du calendrier perpétuel ; les quatre Ages frappent le second. Pendant que la Mort frappe les heures, le second des dits génies retourne le sablier qu'il tient en sa main. La figure du Sauveur se trouve sur le plan supérieur ; à l'heure de midi les douze apôtres passent en s'inclinant devant lui ; il lève la main pour les bénir, et pendant ce temps, un coq, dont les mouvements et la voix imitent la nature, bat des ailes et fait entendre trois fois son chant.

M. Schwilgué a remplacé l'ancien calendrier par un calendrier perpétuel avec les fêtes mobiles. Ce cadran, de neuf mètres de circonférence, est soumis à une révolution de 365 ou 366 jours, suivant le cas. M. Schwilgué y a même indiqué la suppression des jours bissextiles séculaires. Il a en outre enrichi son oeuvre d'un comput ecclésiastique avec toutes ses indications ; d'un planétaire d'après le système de Copernic, présentant les révolutions moyennes tropiques de chacune des planètes visibles à l'oeil nu ; des phases de la lune, des éclipses de soleil et de lune, calculées à perpétuité ; du temps vrai et du temps sidéral : d'une nouvelle sphère céleste avec la précession des équinoxes, des équations solaires et lunaires pour la réduction des mouvements moyens du soleil et de la lune en temps et lieux vrais. Un cadran, placé à l'extérieur de la porte méridionale et indiquant les heures et les jours, est mis en mouvement par le mécanisme même de l'horloge. Celle-ci indique l'heure astronomique, récemment on lui a fait suivre l'heure nationale de France.

Tous les jours, à midi, surtout pendant la saison d'été, la place devant la grille de l'horloge est envahie par une foule de visiteurs, qui désirent voir passer les apôtres et entendre chanter le coq.

Voir aussi   Strasbourg "L'horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg". 

Durant les moments d'attente, ils ont le loisir d'examiner tout le transept méridional. C'est avant tout la colonne du milieu, appelée colonne des anges, qui fixe leur attention.

Colonne des Anges.

Cette colonne, formée d'un faisceau de piliers très sveltes, porte dans ses angles des statues dont l'exécution pleine de finesse et de grâce rappelle maître Erwin. Au bas ce sont les quatre évangélistes avec leurs attributs, au milieu quatre anges avec ces trompettes, et tout en haut le Sauveur avec trois anges portant les instruments de la Passion. Sur le grand pilier, qui relie la nef au chœur, deux inscriptions rappellent le souvenir de Geiler de Kaysersberg, le prédicateur le plus célèbre de la Cathédrale. Sur le pavé une grande grille de fer indique depuis quelques années la bouche d'air, où l'on prend en hiver pour le chauffage système Perret [Note : Les frais d'installation montèrent à 37.000 francs, les dépenses pour le chauffage, pour la première année (1902-1903) à 2.500 francs], l'air froid, qui revient, transformé en courant de chaleur, par la galerie qui couronne le portail de la chapelle Saint-André. Au bout de cette galerie l'on voit la figure d'un homme pensif, dont on a longtemps recherché le sens et le but. La seule raison d'être, d'après l'opinion admise aujourd'hui est de rendre attentifs les visiteurs sur un point intéressant du bâtiment. Sur l'emplacement où se trouvait la première horloge astronomique, le XIXème siècle a fait placer la statue de l'évêque Wernher, méditant sur le plan de la Cathédrale. Elle est l'oeuvre de M. Friedrich.

  

Cathédrale de Strasbourg : la colonne des Anges

Cathédrale de Strasbourg : la colonne des Anges

   

Cathédrale de Strasbourg : la colonne des Anges

Cathédrale de Strasbourg : la colonne des Anges

   

 Cathédrale de Strasbourg : la colonne des Anges

Cathédrale de Strasbourg : la colonne des Anges

   

Cathédrale de Strasbourg : la colonne des Anges

Cathédrale de Strasbourg : la colonne des Anges

   

Cathédrale de Strasbourg : la colonne des Anges

Cathédrale de Strasbourg : la colonne des Anges

   

Cathédrale de Strasbourg : la colonne des Anges 

 NDLR : Tableaux situés, en 2011, non loin de l'horloge astronomique et de la colonne des Anges.

Cathédrale de Strasbourg

 

Cathédrale de Strasbourg

  

Le baptistère.

Dans le transept septentrional l'attention du visiteur se porte en première ligne sur le baptistère, remarquable oeuvre de Jodocus Dotzinger (1453). Par la richesse de ses ornements et la hardiesse de ses lignes contournées. Il surpasse même le portail de Saint-Laurent et la chaire. Le baptistère, entouré d'un grillage de fer, est placé devant un portail roman, dont on se demande aujourd'hui la destinée primitive. Il est probable qu'il servait autrefois de porte de sortie ou d'entrée soit pour la chapelle disparue de Saint-Georges, soit pour la résidence de l'évêque et des frères de Marie, prédécesseurs des chanoines actuels. La grande croix placée en face de ce portail est un souvenir de la grande mission, prêchée en 1825 par le célèbre Mac-Carthy. Erigée en 1825 sur la place du Château, elle fut transportée à la Cathédrale en 1830 et transférée à la place actuelle en 1850.

Cathédrale de Strasbourg

La crypte.

La crypte s'étend sous toute la longueur du chœur. On y descend de la grande nef par un triple escalier. Pendant les offices de la semaine sainte les fidèles y descendent. Elle se compose d'une triple nef et d'une petite abside. Les voûtes romanes sont supportées par quatre piliers et dix colonnes, dont les chapiteaux ont une ornementation en forme de cordes et de feuilles d'acanthe.

Les chapelles.

Chapelle Saint-André.

La plus ancienne des chapelles actuelles est celle de Saint-André, située entre le choeur et le transept méridional. Elle remonte au XIème siècle et servait au XIIIème siècle de sépulcre pour les évêques de Strasbourg, à partir de Henri de Hasenbourg (t 1190) jusqu'à Henri III de Stahleck (t 1260). Au XVIème siècle on y enterra les chanoines protestants de Sayn-Wittgenstein et Gebhardt-Truchsess, qui ont porté la scission dans le Chapitre et occasionné la guerre des évêques. Aujourd'hui on voit encore aux murs des monuments ou des inscriptions funéraires de chanoines appartenant aux familles de Bavière, Bade, Barby, Brandis, Rittberg. Après 1683 la chapelle servit pendant de longues années de sacristie au Grand-Séminaire.

Chapelle Saint-Jean-Baptiste.

Entre le chœur et le transept septentrional se trouve la chapelle de Saint-Jean-Baptiste, le patron tant honoré autrefois par les maçons. La chapelle remonte aux commencements du style gothique à Strasbourg. Aux XIIIème et XIVème siècles elle servait de sépulture aux évêques Henri de Geroldseck (t 1273), Conrad (t 1299), Frédéric (t 1305) et Jean de Lichtenberg (t 1365), aux chanoines de Busnang, de Henneberg, de Hostein. Les pierres commémoratives de Berthold de Henneberg, François de Honstein. Jean de Werdenberg, Frédéric de Zollern existent encore.

Sépulcre de Conrad de Lichtenberg.

Le plus beau monument sépulcral gothique que possède la Cathédrale est sans doute celui de l'évêque Conrad de Lichtenberg (t 1299), le protecteur de maître Erwin et un des plus ardents zélateurs de la construction de la Cathédrale. Une statue colossale, autrefois polychromée, représente l'évêque couché sur une pierre ; d'une main il tient un livre, dans l'autre on voit une crosse mutilée, la tête repose sur un coussin et les pieds s'appuient contre un lion. Le sarcophage est surmonté d'un baldaquin gothique très gracieux [Note : L'épitaphe de Conrad est ainsi conçue : « Anno domini MCCLXXXXIX kal. Augusti obiit Conradus secundus de Lichtenberg natus, Argentinensis episcopus, hic sepultus. Qui omnibus bonis condicionibus, quae in homine mundiali debent concurrere, eminebat ; nec sibi visus similis est in illis. Sedit autem annis XXV et mensibus sex Orate pro eo »].

Chapelle Saint-Laurent.

La première chapelle construite dans la Cathédrale avait été celle de Saint-Laurent. Elle dut son érection aux reliques de ce saint que le pape Adrien avait accordées à Charlemagne et dont ce prince fit don à l'église de Strasbourg. Construite à côté du portail septentrional, la chapelle de Saint-Laurent devint le siège de la plus ancienne paroisse de la ville. Le curé portait le titre d'archiprêtre (1143) et de grand pénitencier (1275). Comme l'ancienne chapelle tombait en ruine, elle fut reconstruite (1494-1504) selon les dessins de maître Jacques de Landshut. La place étant devenue trop étroite, la paroisse fut transférée sur une requête du Grand Choeur dans la chapelle voisine de Saint-Martin, qui prit dès lors le nom de chapelle de Saint-Laurent. L'ancienne chapelle sert aujourd'hui de sacristie pour la paroisse et communique, à l'est avec la sacristie octogone des chanoines construite par le Sr Massol (1744).

En 1153 l'évêque Burkard avait consacré une première chapelle de Saint-Martin, située dans le cloître, à côté de la chapelle de Saint-André. L'évêque Guillaume de Honstein la fit reconstruire dans la partie opposée (1515 à 1520). Pour la raison qu'on vient d'indiquer, elle porte aujourd'hui le nom de Saint-Laurent et sert pour l'office paroissial. Par son style elle appartient à l'art gothique de la transition ; les trois autels : Saint-Laurent, Sainte-Marie, Saint-Joseph, oeuvre des menuisiers de Strasbourg (1698) appartiennent à la Renaissance. A l'autel de la Vierge se dit tous les samedis une messe d'expiation. En 1758, le samedi 28 octobre, un soldat calviniste commit le sacrilège de monter sur l'autel, d'arracher et de jeter par terre la statue de la Vierge et de la mutiler à coups de baïonnette. Une cérémonie de réparation eut lieu et une association de demoiselles fut fondée pour réparer l'honneur de Marie outragé par cette profanation. Au fond de la chapelle se trouve l'entrée d'un caveau, qui servait avant la Révolution de lieu de sépulture pour les membres du Grand Choeur ; depuis la Révolution il reçoit exclusivement les restes mortels des évêques de Strasbourg. Une plaque en fonte rappelle le souvenir de Mgr. Raess. Un beau monument gothique, sorti des ateliers de la Münsterbauhütte, a été érigé en 1908 à la mémoire de Mgr Stumpf, par la générosité de ses amis et anciens élèves du grand séminaire. On a également posé à la chapelle Saint-Laurent un monument pour le dernier évêque, Mgr Fritzen (t 1919). Avant la Révolution, on avait enterré dans la chapelle des membres des familles nobles de Dombroch, Halveren, Potocki, Korsakowski, de Ruth, Saint-André.

Cathédrale de Strasbourg : chapelle Saint-Martin

  

Cathédrale de Strasbourg : chapelle Saint-Martin

 

Chapelle Sainte-Catherine.

La chapelle de Sainte-Catherine (de la Croix) fait pendant à celle de Saint-Laurent du côté sud ; elle fut bâtie en 1331 par Berthold de Bucheck, qui y est enseveli. La voûte a été renouvelée en 1562. Jadis la chapelle renfermait le Saint-Sépulcre, qui se voit maintenant dans la chapelle voisine de Saint-Michel. A partir de 1683 la chapelle Sainte-Catherine servait au séminaire épiscopal, qui y célèbre encore chaque année la dévotion des 40 heures. Les entrées, ainsi que celles de la chapelle de Saint-Laurent, sont ornées de belles colonnes et d'anciennes statues. Au mur méridional on voit, au-dessous d'une fenêtre, le monument funèbre de Conrad Bock, Stettmeister de Strasbourg (t 1480), et de sa femme, Marguerite Beger. Bock et sa femme sont agenouillés à droite et à gauche ; au-dessus et en bas de la pierre on voit les armoiries des deux familles. Au milieu, la mort de la Sainte-Vierge, entourée des apôtres, rappelle la belle sculpture du portail du transept méridional. L'auteur de cette pièce est peut-être l'architecte de la ville de Strasbourg, Pierre Bischof d'Algesheim. François-Henri de Brunswick-Lunebourg, Othon-Louis, comte de Salm, le P. Jean Dez S. J. y furent enterrés. Le monument de la comtesse Marie-Sophie de Starhemberg (t 1773) a été transféré, en 1793, dans la cour du Grand-Séminaire. L'autel, adossé au pilier, porte une Pièta, provenant du couvent de Sainte-Marguerite, où cette image de Notre-Dame des Sept-Douleurs était réputée miraculeuse avant la Révolution. Elle est encore aujourd'hui très vénérée par les fidèles. Le bel autel gothique, dédié au Sacré-Coeur, est de date récente. Au mur on voit suspendu un tableau du peintre strasbourgeois Heim, l'Ascension, et un autre : La Fuite en Egypte. Une chapelle de Saint-Michel se trouvait depuis le XIIIème siècle du côté nord-est, attenant à la Cathédrale, au cimetière de Saint-Laurent. Cette chapelle a disparu depuis 1527. Aujourd'hui on appelle chapelle de Saint-Michel la petite construction adossée à la chapelle de Sainte-Catherine, qui renferme le Calvaire (Mont des Oliviers). Ce très intéressant groupe remonte au XIVème siècle et se trouvait originairement chez les Augustins. La chapelle actuelle est du XVIIIème siècle.

Cathédrale de Strasbourg : statues

Chapelle de la Sainte Vierge.

En parlant des chapelles de la Cathédrale, il est impossible d'omettre celle de la Sainte-Vierge, chef-d'oeuvre de maître Erwin (1316) ; elle fut détruite en 1682. Elle était située entre la chaire et le choeur ; au-dessus on lisait l'Ave Maria en lettres gothiques, dont les fragments se trouvent à l'Oeuvre Notre-Dame. Les historiens affirment que c'était un véritable bijou de l'art gothique. L'agrandissement du choeur, qui fit disparaître la chapelle de Marie, amena la destruction d'un autre chef-d'oeuvre, le Jubé, qui séparait la nef du chœur. Un hasard providentiel a fait retrouver en 1893 les belles statues gothiques qui décoraient le jubé avant 1682. On les avait montées dans l'octogone de la tour au-dessus de la plate-forme ; aujourd'hui elles sont dans le musée de l'Oeuvre Notre-Dame. En bas du choeur on a placé un autel gothique en forme de tryptique, provenant de Dangolsheim.

Cathédrale de Strasbourg

 

Cathédrale de Strasbourg

Cathédrale de Strasbourg

Cathédrale de Strasbourg

   

Cathédrale de Strasbourg

Cathédrale de Strasbourg

 

Dans la nef latérale du sud, à côté de la chapelle Sainte-Catherine, se trouvait jusqu'au XVIIIème siècle un puits, dont l'eau, selon une ancienne tradition, avait déjà servi aux païens pour laver les victimes destinées à être immolées dans l'ancien temple d'Hercule. On raconte que saint Remi bénit ce puits du temps de Clovis et que depuis lors les curés de l'archiprêtre de Saint-Laurent se servirent jusqu'au XVIème siècle de l'eau de ce puits pour conférer le baptême. En 1765, à cause des processions, le puits fut fermé et mis au niveau du pavé.

Une statue de la Vierge, posée dans une niche du grand pilier septentrional de la tour, était autrefois l'objet d'une grande dévotion populaire. Cette niche, murée par ordre du Magistrat en 1523, fut rouverte vers 1850. La statue qui s'y trouve a été faite d'après un modèle de M. Grass.

Une des plus grandes richesses de la Cathédrale sont les Gobelins qu'on expose dans la nef pendant l'octave de la Fête-Dieu. C'est une collection de 14 riches et belles tapisseries représentant les principaux mystères de la vie de la sainte Vierge. Le chapitre de Strasbourg les a achetées en 1739 du Chapitre de Notre-Dame de Paris pour la somme de 10.000 livres. Elles avaient été acquises (1640-1657) pour Notre-Dame de Paris par l'abbé Le Masle, chanoine-chantre de cette basilique et protégé du cardinal Richelieu. Après la Révolution, qui les confisqua, les Gobelins furent rendus par ordre du maire à la Cathédrale de Strasbourg (J. Guiffrey, " La vie de la Vierge ", Revue alsacienne).

Dans notre pérégrination à travers la Cathédrale nous avons fait mention des différents monuments et pierres commémoratives qui y existaient autrefois ou qui s'y voient encore. Au moyen âge de nombreuses pierres tombales servaient de dalles dans l'intérieur du bâtiment. Elles ont disparu aux temps de la Réforme et de la Révolution. Beaucoup de tombeaux se trouvaient dans le cloître. Il y aurait à relever les noms des d'Andelarre, de Bouillon, d'Espinois, de Fürstenberg, de Manderscheidt, de Salm, de La Tour d'Auvergne. Contentons-nous de rappeler que l'ami de Geiler de Kaysersberg, le fameux Sébastien Brandt, syndic de la ville de Strasbourg, a été enterré dans le cloître [Note : La municipalité de Strasbourg lui avait fait poser l'inscription suivante : D. O. M. - Sebastiano Brandt Argentino - Utriusque juris doctori, poetae ac - Oratori dissertissimo, hujus urbis - Archigrammateo, sacri caesarii palatii - Comiti sequissimo, hic sepulto hoc - Marmor intuens caelos optato. Vixit - annos LXIII obiit anno MDXXI die decima - mensis maii. Omnia mors aequat].

Sur les murs extérieurs de la Cathédrale, on voit au bas d'un contrefort de la chapelle de Saint-Jean les épitaphes de maître Erwin (t 1318), de sa femme Husa (t 1316), de son fils Jean (t 1338). Sur les murs extérieurs se trouvent, malheureusement cachées, les inscriptions sépulcrales des architectes Jean Hültz (t 1449), dont les armoiries portaient la devise : « Nit lieber die Kunst » (« Rien de plus cher que l'art ») ; celles de maître Jacques de Landshut (t 1492). La pierre commémorative, qui célébrait l'imprimeur Jean Mentelin (t 1478) comme inventeur de l'imprimerie, a disparu.

Dans le cloître, dont l'accès est fermé au public, se trouvent les restes des belles verrières de l'ancien Temple-Neuf.

L'extérieur de la Cathédrale était autrefois masqué défiguré par les nombreuses boutiques qui y étaient adossées. Sur les instances de l'abbé Rauch, maître des cérémonies, et à la suite d'un assassinat commis en 1770, elles furent éloignées, le grand portail et les deux portes latérales furent rendus libres et on en défendit l'entrée par un parvis conduit dans toute sa largeur. Aux deux côtés de la Cathédrale l'architecte J. L. Götz établit une enceinte en style gothique, dont les différentes parties devaient être louées à des boutiquiers. Cette dernière idée fut heureusement abandonnée et aujourd'hui la place libre entre le bâtiment et l'enceinte sert d'atelier pour les travaux d'entretien et de conservation du monument.

Les ouvriers de la Cathédrale forment une corporation particulière (Münsterhütte), dont l'origine remonte au moyen âge. Les maçons libres ou francs-maçons avaient comme toutes les autres corporations leurs statuts, leurs insignes, leur terminologie, leurs privilèges. La renommée des maçons de Strasbourg fit mettre leur loge à la tête (Haupthütte) de toutes les autres loges de l'Allemagne. Jodoque Dotzinger, de Worms, réunit en 1452 tous les maîtres maçons en un seul corps : une assemblée générale, tenue à Ratisbonne en 1459, fixa les règlements et adopta pour grands maîtres les architectes de notre Cathédrale. Maximilien Ier confirma la corporation (3 octobre 1498). Par suite des troubles et des guerres de religion aux XVIème et XVIIème siècles les loges se vidèrent, et c'est ainsi qu'au XVIIIème siècle on put transformer à Londres, en maintenant le langage et les formules usuelles, le but des loges dans le sens d'un édifice moral. C'est ainsi que la franc-maçonnerie moderne se rattache à la corporation des francs-maçons de Strasbourg.

Les ressources pour la conservation et les travaux de restauration de la Cathédrale sont fournies par l'Oeuvre Notre-Dame (Frauenstift). Ses biens et revenus se composaient à l'origine des dons du clergé et des fidèles. L'administration a passé au XIIIème siècle de l'évêque au Chapitre et du Chapitre au Magistrat de la ville. Grâce à cette circonstance, ces biens menacés de confiscation pendant la grande Révolution, ont pu être sauvés du cataclysme général, dans lequel ont péri les biens ecclésiastiques. Une commission spéciale administre ces biens.

La maison de l'Oeuvre Notre-Dame (Frauenstift) est une belle maison en style Renaissance, bâtie en 1581 et située vis-à-vis du côté méridional de la Cathédrale. Elle renferme les bureaux de l'architecte, du receveur, en même-temps que les archives et un musée d'objets, statues, fragments, moulures, plans et vues provenant de la Cathé­drale ou s'y rapportant. Artistes, historiens, amateurs y trouvent une riche mine pour leurs études et leurs recherches.

En 1904 fut fondée une Société sous le nom les « Amis de la Cathédrale ». Elle a pour but de susciter dans la population un intérêt plus vif pour la conservation intégrale de la Cathédrale, pour l'embellissement de l'intérieur, et pour seconder les travaux de l'Oeuvre Notre–Dame.

Durant la guerre mondiale (1914-1918) la plate-forme de la Tour servait de poste d'observation aux militaires allemands. Dans la crypte on avait mis à l'abri les tableaux du musée municipal de peinture. Des briquetages, garantissaient les vitraux des nefs latérales contre des accidents éventuels provoqués par des aviateurs français, mesures de précaution superflues, puisque l'armée française ménageait et la Cathédrale et la ville de Strasbourg, qui devaient rentrer, avec toute l'Alsace, dans le giron de la mère-patrie.

(l'abbé J. Gass, 1920).

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Plan de la Cathédrale de Strasbourg

LÉGENDE DU PLAN.

NOTA : Les chiffres indiquent les parties de l'édifice, les lettres le mobilier.

1° Façade principale, oeuvre merveilleuse d'Erwin, commencée en 1277, continuée à sa mort (1318) par ses fils et petits-fils jusqu'à la plate-forme (1365), sur laquelle Ulric d'Ensingen édifia la tour octogone (1419) et d'où J. Hültz de Cologne lança dans les airs son audacieuse flèche terminée en 1439.

2° Ascension de la tour jusqu'à la plate-forme 65m, 328 marches ; jusqu'aux quatre tourelles 100m, 500 marches ; jusqu'au faite 142m, 636 marches.

3° Portail sud, dit de l'horloge, en style de transition, commencement du XIIIème siècle. De son riche décor plastique primitif, il ne reste que les deux reliefs aux tympans des deux portes ; la mort de la Sainte Vierge — la plus belle sculpture de la Cathédrale — et son couronnement ; puis les deux célèbres statues de l'Eglise et de la Synagogue. Les autres sont des reproductions d'anciennes figures détruites par la grande Révolution. Sur le préau, les statues modernes d'Erwin et de Savine, une âme d'artiste qui vécut un demi-siècle avant Erwin, son prétendu père légendaire.

4° Portail de Saint-Laurent, du côté nord, richement décoré (martyre de saint Laurent), dans le style flamboyant, commencement du XVIème siècle.

5° Porche ou vestibule qui donne facilement accès à la nef latérale, 1903-1904.

6° Nef principale en style ogival primitif, 1250-1275. Largeur totale des nefs 35m50 ; longueur jusqu'au choeur 59m50 ; hauteur 31m50. Vitraux du XIIIème et du XIVème siècle.

7° Choeur de la fin du XIIème siècle ; largeur entre les colonnes 12m ; longueur 30m. Au-dessous du choeur, la crypte du XIème et du XIIème siècle.

8° Transepts nord et sud en style de transition. Dans le croisillon-sud, la remarquable colonne des Anges (style gothique primitif).

9° La chapelle de Saint-Jean, commencée en roman, achevée en ogive. Dans cette chapelle, le monument funèbre de l'évêque Conrad de Lichtenberg, t 1299. Au-dessus de la chapelle, l'ancienne salle capitulaire des grands chanoines, aujourd'hui salle des Archives du Chapitre. Dans la petite cour adjacente à cette chapelle, sur le socle d'un contrefort, l'épitaphe d'Erwin. de sa femme, de son fils ou petit-fils Jean.

10° Chapelle de Saint-André, la plus ancienne des chapelles, et au-dessus la salle du Trésor ou des ornements liturgiques.

11° Chapelle de Sainte-Catherine, 1331-1349. destinée à la sépulture de l'évêque Berthold de Bucheck, t 1353. — Les voûtes en ont été renouvelées en 1542.

12° La chapelle de Saint-Martin, 1515-1520, échangea à partir de 1698 son nom contre celui de Saint-Laurent et devint le siège de la paroisse actuelle. Elle contient le caveau creusé en 1741 et réservé à la sépulture des évêques du diocèse. — Les vitraux, de la 2ème moitié du XIVème siècle, proviennent de l'ancienne église des Dominicains.

13° La chapelle primitive de Saint-Laurent renouvelée en 1494-1505 par Jacques de Landshut, a cédé lors de sa translation dans la chapelle de Saint-Martin, son emplacement aux sacristies de la paroisse.

14° La sacristie des chanoines a été construite par Massol en 1743.

15° La coupole du choeur — appelée la mitre d'évêque — a été remplacée après l'incendie de 1759 par une pyramide octogonale, tronquée, sur laquelle on établit en 1793 le télégraphe optique reliant Strasbourg à Paris et supprimé en 1852. La coupole actuelle est l'oeuvre (1878) de l'architecte Klotz.

MOBILIER :

A- Maître-autel en marbre, érigé par Massol, 1763.

B- Siège de l'évêque et stalles des chanoines, 1692.

C- Chaire, oeuvre de J. Hammerer, 1485.

D- Baptistère, oeuvre de Jodoque Dotzinger, 1453.

E- Autel de Saint-Jean.

F- Autel de Saint-Arbogaste du XVIIIème siècle.

G- Horloge astronomique.

H- Autel à volets, de Saint-Georges.

I- Autel de Saint-Pancrace, ce dernier provenant de l'église de Dangolsheim. Les deux du commencement du XVIème siècle.

K- Autel principal de Saint-Laurent.

L- Autel de la Vierge.

M- Autel de Saint-Joseph, les trois construits en 1698 par huit menuisiers français immigrés, établis à Strasbourg.

N- Autel de Saint-Jean Nepomucène du XVIIIème siècle.

O- Monument funèbre de l'évêque Raess, t 1887.

P- Monument funèbre de l'évêque Stumpf, t 1890.

Q- Autel à triptyque du Sacré-Coeur, sorti des ateliers de Klem-Colmar, 1898.

R- Autel de la Vierge Douloureuse. L'image miraculeuse est du commencement du XVIème siècle : que de supplications se sont élevées vers elle pendant l'horrible guerre que nous avons vécue !

S- Mausolée du stettmeistre C. Bock, t 1480, et de sa femme Marg. Beger. Relief de la mort de la Sainte Vierge.

T- Orgues. — Le buffet polychrome actuel date de 1489. Le célèbre facteur André Silbermann y a placé son orgue (1713-1716) dont les tuyaux, en raison de leur valeur artistique, ont échappé à la réquisition de guerre, décrétée en 1917.

CLOCHES. — La Cathédrale est munie de 9 cloches, dont 5 logées dans la tour nord, au service de l'horloge et de la Ville : les 4 autres, dans le clocher au-dessus de la rosace, sont des­tinées au culte. Parmi ces dernières se trouve l'ancienne cloche dédiée au Saint-Esprit, refondue en 1437 par Nicolas Gremp de Strasbourg. C'est notre bourdon d'un poids de 180 quintaux, qui, à part un encerclement de fer, subi en 1549, s'est tenu vaillamment pendant cinq siècles, à toutes les grandes solennités religieuses et patriotiques.

LE CHRIST AU MONT DES OLIVIERS. — Groupe impressionnant de la fin du XVème siècle, composé d'une vingtaine de figures taillées dans la pierre, placé en 1683 dans la crypte, d'où il a été transféré en 1850 dans la chapelle de Saint-Michel. Se trouve actuellement derrière la chapelle Saint-Laurent.

GOBELINS. — 14 grandes et précieuses tapisseries, tissées à Paris, par Pierre Damour vers 1650, d'après les cartons de Philippe de Champagne. — représentant la Vie de la Sainte Vierge. Elles avaient été faites pour le choeur de Notre-Dame de Paris, où à la suite de travaux importants elles n'y trouvèrent plus de place ; et c'est en 1739 qu'elles furent acquises par le Grand Chapitre de Strasbourg. Depuis lors elles servent chaque année à décorer la nef de la Cathédrale, en l’honneur de la Fête-Dieu et durant toute son Octave.  

Cathédrale de Strasbourg - Alsace Voir Les maîtres d'oeuvre et architectes de la cathédrale de Strasbourg.

 (M. Schickelé)

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