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ERGUE-ARMEL |
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La commune
d'Ergué-Armel ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de ERGUE-ARMEL
Ergué-Armel vient du breton « ar » (près de), « cae » (fortification) et de Armel, moine d'origine galloise venu en Bretagne au VIème siècle. Le moine Armel, ou Arthmaël (en breton Arzel ou Arzaël), originaire de Cambrie, débarque au début du VIème siècle sur la côte du Léon, dans l'Aber-Beniguet (Aber-Benoît).
Ergué-Armel (Arké-Arthmaël, en 1244) est fusionné avec Quimper le 1er janvier 1960. Jadis, cette commune était encore surnommée "Petit-Ergué". De l'an III à l'an VIII, Ergué-Armel est chef-lieu d'un canton regroupant Ergué-Armel, Ergué-Gabéric et Saint-Evarzec.
Dans la charte de 1160, qui énumère les biens des Templiers en Bretagne, il est question des aumôneries de Penhars, de Plonéis, d'Ergué et de Beuzec-Cap-Sizun, « Elemosine de Pennharth et de Ploeneth et de " Arke " et de Bodoc Kap sithun ». Si Arke signifie Ergué-Armel, ce serait la première mention du nom de la paroisse qui nous occupe ; mais il peut s'entendre aussi bien de la paroisse du Grand-Ergué, car il n'est pas certain que Sainte-Anne du Guélen ait été un établissement de Templiers, et il est hors de doute que cette chapelle de Sainte-Anne appartenait à la seigneurie du Plessix, dès le commencement du XIIIème siècle.
Si le nom de Ergué n'est pas mentionné au Cartulaire de Quimperlé, il y est pourtant question de terres lui appartenant, Knech Cuchi, ou mont Frugi, qui fut donné aux religieux de Sainte-Croix de Quimperlé, par Alain, duc de Bretagne, fils du comte Hoel, à la fin du XIème ou au commencement du XIIème siècle (1084, 1112) (Voir Cartulaire de Quimperlé). Cette terre du mont Frugy, où fut construite la chapelle de Saint-Laurent, fût annexée au prieuré de Logamand, en La Forêt, jusqu'à la Révolution. Ce mont Frugi ou Cuchi est signalé également comme limite de l'abbaye de Locmaria, lors de sa fondation, vers 1030.
Nous trouvons aussi un Arthmael Curialis, officier du comte Alain, figurant comme témoin de la donation de la terre de Killicadur, en Elgent, à Sainte-Croix de Quimperlé, le 11 Avril 1107 (Voir Cartulaire de Quimperlé).
La première mention certaine que nous trouvons d'Ergué-Armel est au n° 66 du Cartulaire de Quimper, en l'année 1244. Il s'agit d'un accord entre le Chapitre de Quimper et un seigneur, « Guillermum militem de Erge Arthmael » le chevalier Guillaume d'Ergué-Armel, au sujet de la terre de Camperith, située dans la dite paroisse, in parochia de Erge Armael, et sur laquelle il doit payer deux mesures de froment, deux mesures de seigle et 3 sous au sacriste de la Cathédrale, et cela pendant onze ans.
Nous constatons que la paroisse d'Ergué-Armel ne figure pas au rôle des bénéfices imposés au diocèse de Cornouaille, en 1368 (Voir Cartulaire, n°4), probablement parce que ce bénéfice était annexé au Chapitre ; mais ce doit être la paroisse d'Ergué-Armel qui est désignée sous le nom d'Erge Foenant, comme devant 20 sols de rente à la trésorerie de Saint-Corentin, en 1278 (Voir Cartulaire, n°124).
En 1296, le Chapitre décidait que les bénéfices qui sont à sa nomination, au lieu d'être conférés d'un consentement commun, seront pourvus par chacun des chanoines en particulier, suivant un ordre tiré au sort ; c'est ainsi que le chanoine qui doit présenter au vicariat de Briec présenterait également à la paroisse de Ergue6Arzmael (Voir Cartulaire, n°148).
Le nom de Ergué est donné au Cartulaire à plusieurs personnages, sans que nous puissions dire si, par ce titre, on désigne le titulaire de la paroisse, et si cette paroisse doit s'entendre du Petit ou du Grand-Ergué. C'est ainsi qu'en 1313 (Voir Cartulaire, n°176)., il est question de Guillaume de Ergué, trésorier de la Cathédrale ; de Guillaune de Erge, chantre, de 1326 à 1353.
Note 1 : liste des Recteurs d'Ergué-Armel avant le Concordat : - 1560 : Jean Le Maistre. - 1577 : Jean Talrun. - 1596 : Yves Correc. - 1606 : Yves Canévet. - 1643-1652 : Guillaume Landry. - 1675 : Alain Prouhet. - 1717-1745 : Corentin Furic. - 1745-1753 : Hervé Le Maguérès. - 1764-1774 : N. Olivier. - 1776 : N. Kergozien. - 1778-1780 : N. Falher. - 1782 : N. Bahezre de Lanlay. - 1787-1790 : Jean-François Daniélou. - 1791 : Le Falher ; probablement l'ancien vicaire, qui était régent de seconde au collège ; fut élu curé constitutionnel. Liste non exhaustive des Recteurs d'Ergué-Armel depuis le Concordat : - 1802-1829 : M. Daniélou, qui avait été déporté pendant la Révolution, reprit ses fonctions de recteur, qu'il conserva jusqu'à sa mort. - 1830-1834 : Yves Hémery, de Plogonnec. - 1834-1837 : Noël-Yves Kersaudy, de Cléden-Cap-Sizun. - 1837-1841 : Jacques-René-Ange Enu, de Brest. - 1841-1845 : Alexis Le Troadec, de Carhaix. - 1845-1857 : Alain Cornec, de Dinéault. - 1857-1862 : Laurent Pennarun, d'Edern. - 1862-1872 : Tudy Romégou, de Pont-l'Abbé. - 1872-1878 : René-Hyacinthe Troussel. - 1878-1899 : Henry Le Gall, d'Audierne. - 1899-1901 : Alexandre Fleiter, de Pont-l'Abbé. - 1901 : Olivier Lavanant, .... Liste non exhaustive des Vicaires d'Ergué-Armel depuis le Concordat : - 1815 : Yves Hemery. - 1831 : Alain Cornec. - 1845 : Laurent Pennarun. - 1851 : Jean-Marie Hameury. - 1856 : Guyomarc Barvet. - 1861 : Jean Crenn. - 1862 : Yves-Marie Guédès. - 1864 : Yves-François-Marie Rolland. - 1864 : Olivier Héliez. - 1868 : François Brisson. - 1871 : Eugène Nicolas. - 1872 : Jean-Guillaume Guéguen. - 1875 : Jean-Baptiste Darrieux. - 1875 : Jean Harscouet. - 1884 : Yves-Marie Grall. - 1885 : Paul Stéphan. - 1889 : François Kervella. - 1897 : Henri Guillerm. - 1904 : Olivier Caër, ... (Archives de l'Evêché).
Note 2 : Liste non exhaustive des maires d'Ergué-Armel : Charles François Loëdon (1800-1851), Charles de Kerret (1852-1859), René Diligeard (1859-1860), Rémy Guillard (1860-1868), Pierre Meheusse (1869), Jean-Vincent Guyard (1869-1871), Eugène Le Bastard (1871-1873), René Diligeard (1874) Louis Le Couturier (1881-1886), Yves Feunteun (1886-1891), Yves Diligeard (1892-1902), Alain Feunteun (1902-1925), Louis Feunteun (1925-1935), Corentin Kernévez (1935-1943), Yves Thépot (1944-1959).
Voir
"
Le
cahier de doléances d'Ergué-Armel en 1789
".
PATRIMOINE de ERGUE-ARMEL
l'église
d'Ergué-Armel, qui offre les caractères de la fin de la période ogivale,
est sous le vocable de saint Alor, évêque de Quimper ; c'est là que se
rendait la procession de la cathédrale, le jour de, Saint-Marc, comme nous
l'apprend le Cartulaire, à la date de 1278 « Ad festum beati Marci
processio fit ad Sanctum Aglorum ». Saint Alor est invoqué particulièrement
comme patron des chevaux. Un autre saint fort honoré au Petit-Ergué est
saint Urlo ou Gurloes, premier abbé de Sainte-Croix de Quimperlé ; on
voyait, il y a peu d'années, sa statue en granit adossée au porche latéral
de l'église ; une autre statuette en bois de ce même saint est conservé
dans la sacristie. Il est invoqué pour la guérison des rhumatismes. Enfin,
le bienheureux saint Jean Discalcéat est fort en honneur dans cette église,
qui donna asile à ses restes, lorsqu'à l'époque de la Révolution, ils
furent sauvés de la profanation et transportés de l'église des Cordeliers
à l'église d'Ergué-Armel. Dans leur aveu de 1679, pour leur terre du
Plessis-Ergué, les seigneurs de Ploeuc déclarent avoir droit d'avoir leurs
armoiries en l'église d'Ergué-Armel : au dehors, au pignon où est la maîtresse-vitre,
au-dessus de la porte principale et au pignon de la sacristie donnant du
Midi sur le cimetière ; en dedans de l'église, à la maîtresse-vitre et
en la vitre de la chapelle qui est au côté Nord. « Le dit seigneur est
également en possession immémoriale de faire porter par un gentilhomme une
bannière à la procession du Sacre, à Quimper, immédiatement avant toutes
les croix, c'est-à-dire après celle de Saint-Corentin, qui est la plus
proche du Sacre ». De même, Mme de Sévigné, ayant acheté la terre
de Lanros, déclare, dans son aveu de 1684 (C. 111), qu'elle a droit à une
tombe en l'église, au raz-de-terre, joignant le balustre du grand autel au
milieu de l'église, sur laquelle est gravée une croix avec cet écrit : Hic
Jacet Guilmus de Lanros, le reste est indéchiffrable. Plus deux écussons
à l'aile droite de la dite église, côté de l'Epître, l'un d'or au
croissant de gueules accompagné de trois rosettes de même, l'autre d'or
à une molette de gueules, armes de la seigneurie de Lanros. En face du
porche Midi, est une jolie croix gothique, sur base carrée, avec plinthe
moulurée et glacis-larmier. La tige, toute hérissée de bosses, est ornée,
à deux niveaux différents, de cariatides de style très intéressant
d'abord, deux anges tenant des écussons, puis deux bustes humains, issant
de la bague formant chapiteau, et appuyant leurs mains sur leurs hanches. Au
bas du bourg, dans la direction Est, se trouve la fontaine de saint Alor,
patron de la paroisse ;
l'ancienne
chapelle Notre-Dame de Guelen, aujourd'hui disparue. M.
Trévédy, Pèlerinage des Sept-Saints, nous dit que, dans le
principe, Sainte-Anne était en la possession de la seigneurie du Plessix, «
seigneurie qui entra sans doute dans la maison de Ploeuc par le mariage de
Constance de Léon avec Guillaume de Ploeuc, vers 1269 ; elle faisait partie
des biens que Jeanne, leur héritière, porta par son mariage, en 1292, à
Tanguy de Kergorlay qui prit les noms et armes de Ploeuc ». Une
chapellenie y était desservie et le droit de présentation appartenait aux
seigneurs de Ploeuc ; c'est ainsi que, le 30 Juin 1570, Guillaume Coetforn,
comme procurateur de noble et puissant seigneur, Charles de Ploeuc, y présente
Guillaume Bollocou, en remplacement du dernier titulaire décédé, qui n'était
autre que le recteur lui-même d'Ergué-Armel, Jean Le Maistre (R. G. 125).
Le 21 Mai 1677, dame Louise-Gabrielle de Ploeuc, présente comme chapelain
Alain Prouhet, recteur du Petit-Ergué, pour remplacer Olivier du Louet,
archidiacre de Poher, qui s'est démis de ladite chapellenie (R. G. 518). Au
début du XXème siècle, à trois kilomètres à l'Est, sur le bord de la
route de Quimper à Rosporden, qui en cet endroit se confond avec la vieille
voie romaine et le chemin moyen-âge de Tro-Breiz, on voyait encore
les restes de l'établissement de Sainte-Anne de Guélen. On y trouvait
encore plusieurs corps de logis datant du moyen-âge. De la chapelle, il ne
restait que la jolie porte monumentale, ornée de colonnettes à chapiteaux,
et une petite fenêtre à deux baies, et que l'on croyait pouvoir dater du
XIVème siècle ou même du XIIIème. La statue de la patronne se trouvait
alors dans la ferme voisine ;
l'ancienne
chapelle Saint-Laurent, aujourd'hui disparue. Chapelle
depuis longtemps en ruine ; était située sur le Mont-Frugi, et dépendait
du prieuré de Logamand, auquel elle avait été donnée au XIème siècle.
Les abbé et religieux de Sainte-Croix de Quimperlé en avaient donc joui
jusqu'au milieu du XVIème siècle, lorsque ce prieuré fut mis en commande,
et même donné à des laïcs, un sieur du Bot, d'abord, puis à un sieur
Rinquier ; il fut enfin annexé au Collège des Jésuites de Quimper en
1621. Mais on voulut alors en détacher Saint-Laurent, sous prétexte que c'était
un ancien hôpital et, à ce sujet, un procès s'engagea, dont nous allons
donner quelques extraits. Factum pour les Jésuites (D. 45) 1640. — Saint-Laurent
est une simple chapelle bâtie dans le fief du prieuré de Logamand : «
Il en est de cette chapelle, comme de beaucoup d'autres bâties en Bretagne,
où les peuples ayant une dévotion particulière aux chapelles et aux pèlerinages,
et anciennement beaucoup plus qu'aujourd'huy, comme on le remarque en ce que
la plus grande partie de ces chapelles, qui sont en plus grand nombre en
cette province que dans quatre autres du Royaume, ont été bâties il y a
plus de deux et trois cents ans. En ce temps-là, chacun voulait avoir sa
chapelle et y procurait des dévotions particulières ; il y en avait même
qui, pour mieux réussir, et par un motif de piété et de charité, sans
aucune obligation, mettaient dans ces chapelles ou dans quelque lieu voisin,
qui deux, quatre ou six lits, plus ou moins, suivant le nombre d'offrandes
qui tombaient dans ces chapelles, et dont on se servait pour l'entretien des
lits et des pauvres estropiés et pèlerins qu'on y recevait, sans qu'il y
eut pour cela d'autres fonds. Vers 1540, cette dévotion aux chapelles s'étant
relâchée, en sorte qu'ayant beaucoup moins de pèlerins et moins
d'offrandes, cela donna lieu à quelques-uns de ne plus tenir de lits ni de
recevoir des pauvres. Dans ce temps, il y eut commission extraordinaire pour
réformation des hôpitaux de la province ; on y comprit les maladreries, et
on fit quelques tentatives pour comprendre la réforme de ces simples
chapelles qu'on voulait soutenir être aussi des hôpitaux ou des
maladreries. On entreprit d'abord les vrais hôpitaux, les quatre de Quimper
: Sainte-Catherine, Saint-Yves, Saint-Antoine et Saint-Julien, qui avaient
fondation certaine ; ensuite et seulement en 1560, vingt ans après l'expédition
de la commission, on entreprit le prieur alors de Logaman, du Bot, sur le prétendu
hôpital de Saint-Laurent, et ce pour quatre motifs : 1° les religieux de
Quimperlé étaient fâchés de voir ce prieuré sorti de chez eux ; 2° ce
du Bot était laïque, et on aurait préféré un religieux pour prieur ; 3°
peut-être que ce prieur menait vie trop libre ; 4° le procureur du Roi de
Quimper, qui était de la commission, qui s'était rendu adjudicataire de la
maison principale du prieuré de Saint-Laurent, aurait voulu s'annexer aussi
la chapelle. On saisit les offrandes de Saint-Laurent et on s'efforça de
soutenir que c'était un hôpital, puis l'on prit les revenus valant, alors
que la chapelle était fréquentée, 30 livres. On n'apportait pas de titre
de fondation d'un hôpital, mais leur plus forte raison était de dire qu'il
y avait eu quelques lits. Cependant, un arrêt de 1569 déclara que Saint-Laurent
n'était qu'une chapelle, non un hôpital. Les Jésuites ne refusent pas de
faire l'avance des offrandes de Saint-Laurent à l'hôpital de Sainte-Catherine
; mais si elles étaient de 30 livres en 1560, elles sont bien moindres
maintenant, déduction faite des frais d'entretien de la chapelle ».
Avant le jugement de 1569, la chapelle de Saint-Laurent était administrée
par un bourgeois de Quimper qui, pour appuyer la thèse de l'hôpital fondé
à Saint-Laurent, s'intitulait ; « Guillaume Mocam, gouverneur de l'hôpital
et maison Dieu de St Laurent ». Ces comptes, en 1563, offrent quelques
curieuses particularités : « Pour avoir fourny vivres, tant à manger
qu'à boire à neuf personnes ; pour avoir été au dit St Laurent le 9 et
10 Août 1563 à la fête, recevoir les offrandes et faire les choses y
requises, comme tendre de tapisserie ladite église, et aussi salarier de 5
sols chacun d'eux et pour les dépens des chalumeaux, tabourins et bombardes
et leur salaire, la collation aux recteurs et choristes de St Corentin la
veille de la dite fête, pour aussi chanter les vêpres, 15 livres 10 sols.
Pour le pourpoint aux lutteurs le jour de la fête... Pour réparations
à la croix du cimetière... Pour refonte de la cloche et baptême, le 4 Mai
1564 ... ». A côté de Saint-Laurent, se trouvaient les ruines d'un
ancien manoir fortifié dont il ne reste plus de traces aujourd'hui. En
1687, les Pères Jésuites disent que leur jardin de Saint-Laurent est séparé
de la propriété du sieur Duplessis Prévalais par une muraille, « vers
l'extrémité de laquelle, tirant vers l'Orient du côté du chemin et de la
chapelle Saint-Laurent, il se trouve une petite terrasse ceinte de la dite
extrémité de la muraille et d'un retour d'icelle vers le
Midy, sur le haut de quel retour il y a des creneaux de pierre de taille, et
dans l'angle de la dite muraille il y a une petite tour ou échauguette, ou
vedette, laquelle déborde sur le terrain de la métairie du sieur Duplessix.
De plus, au dit angle du dit mur, par le dehors, il y a une continuité du même
mur qui s'étend vers le Nord dans le terrain de la dite métairie et lui
sert de clôture du côté du chemin vers le lieu où est la barrière et
entrée de la métairie, lequel mur, quoique plus bas que celui des Pères Jésuites,
à cause des pierres du haut qui sont tombées, est cependant de mêmes
pierres et de même structure, etc... » ;
le
château de Lanniron, aujourd'hui disparu, a appartenu aux Evêques de
Quimper jusqu'à la Révolution, et il était en leur possession dès le
XIIème siècle, et vraisemblablement dès la fondation de l'évêché.
Lanniron n'était pas seulement la maison de campagne des Evêques, mais
formait autrefois une des sept paroisses de Saint-Corentin. Une pièce des
Archives départementales (G. 33) nous apprend : « Qu'il y avait
autrefois un bourg et des habitants aux issues du château de Locmaria, avec
une église paroissiale, son cimetière, avec des chemins et des rues, dont
l'une s'appelait Ru Mélinou ». Cette paroisse subsistait encore au
XVIème siècle, et aux Archives départementales se trouve le registre
paroissial de Saint-Corentin de 1536 à 1580 portant ce titre : « Hoc
est volumen septem curatorum insignis ecclesie Divi Chorentini in quo
diligenter ab eisdem colliguntur nomina baptizatorum in dicta ecclesia ob
anno Domini sesqui millesimo trigesimo sexto incipiente, eius autem septem
sunt partes instar curatorum dicte ecclesie que per membranulas discernitur
videlicet : turnus Castri, vicus Obscurus, Mescloaguen, virus novus, rue
Quereon, Stus Primael, Lanniron ». A cette époque, XVIème siècle, il
est vraisemblable que l'église de Lanniron n'existait plus, et que le
service paroissial se faisait depuis longtemps, comme dans les autres
paroisses, à l'église cathédrale. Dans son aveu au Roi, en 1682, l'Evêque
déclare « tenir sous sa Majesté, dans la paroisse de Lanniron, son
palais rural avec ses maisons, église, chapelle, colombiers, issues et dépendances,
droit de pêcherie prohibitif à tous autres dans la rivière d'Odet, depuis
le manoir de Lanros jusqu'à Poulguinan, et depuis la chapelle du Penity
jusqu'au pont de l'Odet. Droit de moulin à eau, à tan, toutes les issues
du palais étant en un tenant et contenant 34 journaux de terres chaudes et
froides, et est en possession de faire conduire l'eau et le ruisseau qui
descend entre les terres du Sgr. du Plessis Ergué et les terres du village
de Kerbiriou et qui, de tout temps, descend au pont ustum et de là au
manoir de Lanniron, puis au biais du moulin du dit Lanniron. Lui est aussy dû,
en la dite paroisse de Lanniron, la foy, hommage, droit de ligence
chambellenage, lots et ventes, rachapts et tous autres droits seigneuriaux
avec haute, moyenne et basse justice et suite de moulin et chefrentes comme
il s'en suit : - Sur le manoir de Poulguinan, 3 livres 8 sols ; - Sur le
manoir de Pratmaria, sergent féodé ; - Sur le manoir de Kergoedelez, 17
sols ; - Sur le manoir du Cleuziou, 12 carnées de froment ; - Et lui est dû,
sur toutes les terres ensemencées de la dite paroisse, la dîme à la 10ème
gerbe ». — En 1425, acte du 22 Juillet (G. 18). Echange, par Révérend
Père en Dieu Bertrand de Rosmadec, évêque de Quimper, et Messire
Guillaume du Cozkaeric, chevalier, d'une
pièce de terre située entre le bout devers la chapelle Saint-Laurent,
qu'il cède contre deux parcelles de terre situées au terroir et
appartenances de Lannyron, en la rue aux Moulins. — En 1488. Transaction
entre l'évêque Alain (Morel) et Yvon Pezron de Locmaria et son frère
Kerbizien, qui empêchaient le cours de l'eau qui dévalait des terres du Sr.
de Plœuc au Quinquis, jusqu'au pont dit Pontustum et de là à Lanniron.
— En 1540. Dans un aveu du 2 Mai, René More! et Léveneze Michel, sa
femme, déclarent qu'ils sont tenus « nétoyer pour leur afferent un
ruisseau d'eau depuis la chaussée de Pontjustum au manoir de Lanniron, et
emporter des joncs pour mettre au dit manoir lors et à la fois que le dit
Seigneur Evêque s'y tient, et aussi sont sujets pour leur afferant à
aouster le foin au dit manoir, eux ayant leurs dépens du dit Seigneur et le
regain du dit fennier ». — En 1740, 26 Août. Mgr. de Cuillé
affermait, à plusieurs pêcheurs de Locmaria, son droit de pêche à Lanros
pour 24 livres, « à condition qu'ils avertiront le dit Seigneur Evêque,
toutes les fois qu'il sera à Lanniron, quand ils lèveront les filets, pour
qu'il aille les voir lever, s'il le juge if propos, et au cas qu'il y aille
pas, lui apporteront à Lanniron le poisson qu'ils auraient pris pour
choisir ce qui lui conviendra, en payant le prix convenable ». Les Evêques
de Quimper aimaient particulièrement le séjour de Lanniron, et quelques-uns
en ont fait leur résidence habituelle ; c'est ainsi que, pendant les
troubles de la Ligue, le palais épiscopal ayant été rendu inhabitable,
soit par l'occupation des troupes, soit par les dégradations qui y avaient
été commises, nous voyons, pendant une période de plus de quarante ans, Mgr.
de Liscoet et Mgr. Le Prestre de Lézonnet obligés de se réfugier à
Lanniron. Mgr. Farcy de Cuillé surtout affectionnait cette belle campagne,
qu'il se plut à orner des plantes les plus rares, notamment d'orangers et
citron, cédrats, bergamotes, estimés à sa mort plus de 10.000 livres ;
l'ancien
manoir de Poulguinan, aujourd'hui disparu. Au
XVème siècle, il était possédé par la famille de Gleudic, et au XVIème,
c'est encore Jeanne Le Glouidic qui rend aveu. En 1574. Aveu de Mlle Guyonne
de Kermorial, dame de la Couldraye, veuve d'écuyer Hervé Le Vestle, à Mgr.
François de La Tour, évêque de Cornouaille. En 1757, aveu d'Hilarion-François
de Becdelièvre, fils de Renée Le Nobletz. En 1779, aveu pour Poulguinan,
par dame Marie-Jacquette de la Pierre, veuve douairière de Messire Jacques-Vincent
Le Borgne, chevalier sr. de Kermorvan ;
A signaler aussi :
Tumulus
au village de Keranc'hoat ; on y a trouvé, en 1845, trois cippes en granit,
au pied de chacun desquels étaient groupées quatre urnes renfermant des
cendres et des ossements, de plus, une monnaie de Trajan, des débris de
bracelets en bronze, tuiles et poteries, près de ce tumulus qui borde la
voie de Vannes à Locmaria.
Dans
le champ de Parc-ar-Groas du village de Lesperbez, au-dessus de Locmaria,
station romaine composée de sept bâtiments différents. On y a trouvé de
nombreuses figurines représentant Vénus, des déesses mères, des chevaux, etc...
Tuiles
nombreuses et vestiges de fortification autour du manoir de Lanros.
Substructions
au village de Kergren.
Ruines
d'habitation, monnaies romaines, poteries, au champ Parc-Mor, au village du Petit-Ménez (1866).
Substructions,
aire d'habitation en béton, petit bronze de Constantin, dans les jardins de Poulguinan.
Camp
retranché, au village de Keranael-Fresk, près de Grand-Guélen.
Motte
féodale du Plessis, au village de Kerromen. On y a trouvé une garde d'épée en bronze.
Ruines
d'une forteresse gallo-romaine, au village de Kerdroniou.
Sept
haches à douille trouvées, en 1859, à Kerlaëron.
M.
Le Men a découvert, en 1866, au village de la Tourelle, un souterrain
formant galerie de 3 m. 20 de long sur 1 m. 40 de large et terminée par une
chambre de forme ovale ; on y a trouvé des haches en pierre, des silex
taillés, des anneaux en bronze, un collier en os de mouton et des débris de poterie.
La
paroisse d'Ergué-Armel est traversée par les voies romaines allant de
Quimper à Carhaix, par Roudouallec, — à Vannes, par Quimperlé, — à
Concarneau, — à Bénodet ou Poulker.
ANCIENNE NOBLESSE de ERGUE-ARMEL
- Ansquer de Kericuff : d'azur au rencontre de cerf.
- Charmoys, Sr. de Poulguinan : d'azur à un écureuil rampant d'or ; alias : d'argent à un soleil d'or en chef et un coeur de gueules en pointe.
- Cornouaille, Sr. de Lanros, écartelé aux 1 et 4 de Cornouaille ancien (d'azur au mouton passant d'argent accorné et onglé d'or) aux 2 et 3 de Kerguern ; sur le tout : d'argent au croissant de gueules, qui est Kerneau.
- Gluydic, Sr. de Poulguinan : d'argent à trois clefs de gueules en pal.
- Keraldanet, Sr. de Lanros : de gueules au chef en tenché d'or de cinq pièces.
- Lanros, Sr. du dit lieu : d'or à une molette de gueules.
Nota : Lanros (de), sr. dudit lieu, en Ergué-Armel, — de Kergoat, en Clohars, — de Mineven, en Tréogat. Réformes et montres, de 1426 à 1562, en Ergué-Armel, et Clohars-Foueznant, évêché de Cornouaille. Blason : D'or, à une molette de gueules. Un seigneur de ce nom, tué à Saint-James de Beuvron, en 1426. La branche aînée fondue dans Cornouaille et celle de Mineven dans Boisguéhenneuc, — Plusieurs vitraux de la cathédrale de Quimper sont encore revêtus du blason des Lanros [Note : Armoiries des srs. de Lanros et de leurs alliances sur les vitraux et enfeux de la cathédrale de Quimper : 1° Guillaume de Lanros et Catherine de Rosmadec (père et mère d'Aliette, dame de Kersauson), cette dernière soeur de Bertrand de Rosmadec, évêque de Quimper, de 1416 à 1443 (4ème fenêtre nord du choeur). — 2° Alliance Lanros et Tréanna : dame à genoux, vêtue d'une robe blanche, portant une demi-macle et une molette de gueules, présentée par saint Jacques (13ème fenêtre sud du choeur). — 3° Chapelle Saint-Roch, dite des srs. de Lanros, devenue chapelle Sainte-Anne : écusson des Lanros (placé à l'enfeu) répété en alliance avec Liziart de Kergonan et Rosmadec : Bertrand de Lanros présentateur en 1471 — « noble et puissante femme (nobilis et potens femina) Françoise de Lanros, dame dudit lieu, épouse d'Olivier de Cornouaille, » avait en 1539 le patronage de cette chapellenie, fondée au XIVème siècle par Rivalland de Lanros. — La terre de Lanros passa de la maison de Cornouaille aux Coëtnempren, puis d'Acigné, et par acquêt, en 1683, à Marie de Rabutin-Chantal, la célèbre marquise de Sévigné. — 4° La chapelle des Saints-Anges : tombeau et vitres portant les armes, en alliance, des Coëtanezre et des Lanros. (Monographie de la Cathédrale de Quimper, par M. Le Men, archiviste).
- Plessis, Sr. du dit lieu : de gueules au croissant montant d'argent.
- De Ploeuc, Sr. du Plessis : d'hermines à trois chevrons de gueules ; devise : L'âme et l'honneur.
- Le Prestre, Sr. de Lanros : écarté aux 1 et 4 d'argent à la quintefeuille de gueules ; aux 2 et 3 : de sable à quatre fusées rangées et accolées d'or.
- Sévigné, Sr. de Lanros : écartelé de sable et d'argent.
- Le Vestle, Sr. de Poulguinan : de sable au Huchet accompagné de trois étoiles, le tout d'argent. (MM. Abgrall et Peyron, 1914).
A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1481 qui s'est tenue à Carhaix les 4 et 5 septembre, revue militaire à laquelle tous les nobles devaient participer munis de l'équipement en rapport avec leur fortune, les nobles suivants d'Ergué-Armel étaient présents :
Jehan
Toulmaeen, représenté par Henri Keranrais, archer en brigandine ;
Michel
de Coatanezre, représenté par Guillaume le Guen, en brigandine et javeline ;
Guillaume
Kergonan, en brigandine et vouge.
(à compléter)
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