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LE PRIEURÉ DE SAINT-GEORGES DE NORT

(possession de l'abbaye de Marmoutier)

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Ce prieuré fut fondé au temps que Quiriaque était évêque de Nantes et Barthélémi abbé de Marmoutier, c'est-à-dire de 1064 à 1079. Cet établissement fut toujours des plus modestes, et ne fournit guère à l'histoire d'autre trait remarquable que sa fondation, dont une notice authentique fait le récit suivant, que je traduis du latin :

« Le souvenir des événements accomplis étant de sa nature très-fugitif, a besoin d'être fixé par les liens de l'écriture, qui rappelle à la mémoire des contemporains ce qu'ils ont oublié, leur apprend ce qu'ils ignorent, renouvelle à la postérité les faits anciens, et lui représente le passé. C'est pourquoi nous voulons, par l'existence permanente de la présente charte, faire savoir à tous les fidèles présents et à venir de la sainte Église de Dieu que l'évêque de Nantes Quiriaque, au nom des moines de Saint-Martin de Marmoutier qui servent Dieu sous le gouvernement de l'abbé dom Barthélémi, requit certains personnages de la paroisse de Nort, qu'on nomme aloiers, de donner à Saint-Martin, pour le salut de leurs âmes, une église sous le vocable de saint Georges, qu'ils possédaient en commun au bord de la rivière d'Erdre. L'évêque exposa que les moines avaient dessein d'y construire une maison conventuelle, afin d'y pouvoir loger en paix et suivant leur règle, quand l'abbé ou d'autres religieux de Marmoutier voyageraient dans ces parages pour les affaires de leur monastère. Les aloiers de Nort, petits et grands (a minimo usque ad maximum), embrassant cette idée avec empressement, accordèrent très-volontiers au prélat ce qu'il demandait, s'estimant heureux, en retour, d'être admis à la communauté des prières et des aumônes des religieux de Marmoutier, dont l'abbé Barthélémi, qui se trouvait alors à Nort, leur octroya le bénéfice. Ne pouvant, ici consigner les noms de tous les aloiers, nous nommerons au moins les plus considérables (personnas eminentiores) d'entre eux, savoir : Grossin, Béat, L'Ours, Daniel, Bernard, Asselin, Le Normand, Abraham, Guigan, Foucaud, Bodin et Voisin, par les mains de qui fut faite très-solennellement, au bourg de Nort, la donation de cette église et de toutes ses dépendances, en présence de l'abbé Barthélémi et de tous les aloiers copropriétaires de ladite église, qui donnèrent tout d'une voix leur consentement. L'acte de donation fut confirmé par les seigneurs Rivallon et Glen, dont l'autorité y était intéressée et qui affranchirent de toute coutume et de toute redevance de voirie les biens donnés à l'abbaye de Marmoutier ». Etc.
Impr. D. Morice, Pr. I, 443 et 444.

On doit remarquer surtout ces aloiers (alodarii) ou propriétaires d'aleux, qui, d'après leur nom, étaient des tenanciers libres, placés dans une situation plus relevée que celle des vilains, sans pourtant appartenir à la noblesse, et formaient ainsi, dans les campagnes, une sorte de classe moyenne (comme on dit de nos jours), dont Léopold Delisle a déjà constaté l'existence en Normandie, tant sous le nom d'aloiers que sous celui de vavasseurs [Note : L. Delisle, Études sur la condition de la classe agricole et l'état de l'agriculture en Normandie au moyen âge, chap. Ier]. Ce dernier nom ne paraît point en ce sens dans nos titres bretons ; mais on y trouve l'autre à plusieurs reprises, non-seulement dans le pays de Nantes [Note : Sur la fin du XIème siècle, un certain Barbotin, du pays de Pontchâteau, donnait à l'abbaye de Saint-Cyprien de Poiters « partem suam illus terrœ quœ Prisiacus vocatur, que etiam cum monachis Majoris Monasterii et quibusdam ALODIARIIS dividitur ». Cartul. de Saint-Cyprien, fol. 127, aux Mss. de la Biblioth. Impériale, Cartulaires, n° 103], mais encore dans celui de Rennes [Note : Gaignières a transcrit du Cartulaire de Bretagne de Marmoutier l'extrait suivant d'une notice du XIème siècle concernant le prieuré de Combour : « Normannus filius Gleddi donavit ecclesie Beati Martini de Combor, Tebaldo tunc priore, atque Hildemaro„ Guihenoco, Garino habitantibus cum eo, ecclesiam de Trauulfit [ce nom semble être estropié], cimiterium e omnem justitiam ipsius cimiterii, tam de suis hominibus quam de alienis. Et Daniel, qui erat ALODARIUS ejusdem cimiterii, atque Herveus frater ejus dederunt quatuor jugera terre etc. Testes Donaldus preses (sic), Evanus senescallus, Gaufredus Rebursus, etc. Robertus et Igerius, participes cimiterii, concesserunt partes suas etc. » (Bibl. Impér., Mss. lat., n° 54411 3, p. 432)], et jusqu'au fond de la basse Bretagne [Note : Dans une charte du milieu du XIIème siècle, donnée par Hervé de Léon pour l'abbaye de Saint-Melaine de Rennes, on lit : « Ego herveus, Dei gratia Leonensis comes... do... quod donavit pater meus... Deo et S. Melanio et monachis ipsius... scilicet ecclesiam Sanctœ Mariœ apud Montem Relaxum in Plebe Joannis [Ploujean, près Morlaix] constitutam, et totum dominium terrœ et quidquid sui juris erat in tata terra illa, a furno videlicet monachorum osque ad vallem quœ vallis Dolaan dicitur : quod donum ALODARII ipsius terræ, Godienses scilicet, quittaverunt in presentia prædicti patris mei... et quiete dederunt et concesserunt » (D. Morice, Pr. I, 621)].

Les aloiers de la paroisse de Nort semblent même former une sorte de corps ou d'association ayant des biens et des intérêts communs, et une sorte de conseil composé des principaux d'entre eux, au nombre de douze, nommés dans la notice ci-dessus.

Le prieuré de Nort n'était que pour deux moines ; il devait à la mense abbatiale de Marmoutier 55 s., et aux offices claustraux 12 s. 6 d. La cure de Nort dépendait du prieuré ; elle avait été donnée à Marmoutier du vivant de l'évêque Quiriaque, c'est-à- dire avant 1080, et de la manière qui est rapportée ci-dessous: dans l'analyse du n° 2 des Titres de Nort.

TITRES DU PRIEURÉ DE NORT.

Ils consistent en deux inventaires et une petite liasse. Le premier inventaire, coté A, est intitulé : « Inventaire des actes du prieuré de Nort, avec un mémoire des bienfaiteurs dudit prieuré. Fait en 1679 ».

Le second inventaire, coté B, a été composé en 1777, et il est intitulé : « État des titres concernant le prieuré de Saint-Georges de Nort, dépendant de l'abbaye de Marmoutier ».

La liasse du prieuré de Nort comprend les pièces dont l'analyse suit :

1.

1064-1079. — Notice relatant la fondation du prieuré de Saint-Georges de Nort, dont on a traduit ci-dessus la plus grande partie. — Orig. parch.
Impr. D. Morice, Pr., I, 443 et 452.

1 bis.

1064-1079. — Notice de la fondation du prieuré de Nort, de même teneur que le n° 1 ; écriture de la première moitié du XIIème siècle. — Copie parch.

2.

1052-1079. — Notice relatant que, sous l'épiscopat de Quiriaque, évêque de Nantes, Orri de Casson (Hodricus de Cassun), Jacut de Nort (Jacutus de Honort) et ses deux fils Eblon et Daniel la Bouche (Daniel Buca), ainsi que Goreden fils de Bromel (Goredenus Brocmaeli filius), tous laïques, remirent aux mains de Quiriaque tous les droits ecclésiastiques qu'ils possédaient à Nort, et l'évêque les donna à Marmoutier. Puis un prêtre, nommé Gorhèdre (Gorhedrus), ayant pris, dans sa maladie, l'habit de Saint-Benoît, donna à Marmoutier la moitié du droit qu'il avait aux offrandes de l'église Saint-Christophe de Nort, laissant l'autre moitié de son droit à un sien fils, qu'il offrit aussi à saint Martin, en déclarant que quand son fils se ferait moine, ou, s'il ne se faisait moine, quand il mourrait, toute la part que lui Gorhèdre prenait dans les offrandes appartiendrait sans conteste aux moines de Marmoutier. Cette notice montre que le diocèse de Nantes était divisé dès lors en deux archidiaconés, vu que les deux archidiacres, Raoul et Aubin, consentent à la donation faite par Gorhèdre : elle nomme aussi le seigneur de Nort, qui était un Rivallon : Hoc fuit factum in presentia Rivallanii illius castri domini et uxoris sue nomine Judis. — On remarquera tous ces noms bretons très-caractérisés : Rivallon, Gorhédre, Brocmael, Goreden, Jacut. — Copie du XIIème s., parch.
Impr. D. Morice, Pr., I, 469.

3.

1277, mai. — Charte de G. (Guillaume de Vern), évêque de Nantes, contenant un accord conclu entre ledit évêque et l'abbé de Marmoutier. Le prieur de Saint-Georges de Nort confessait les habitants, du bourg de Saint-Georges du fief du prieuré, ce dont il n'avait point droit, selon l'évêque. Il fut convenu que le curé de Nort confesserait seul désormais dans cette portion de sa paroisse ; mais qu'il ne pourrait prendre en cette même portion ni dîme, de quelque espèce que ce fût, ni droit de mortuage, et qu'il ne pourrait non plus, sans le consentement du prieur, ni célébrer la messe dans l'église, ni enterrer dans le cimetière du prieuré de Saint-Georges. — Orig. parch. était sc. du sc. de l'évêque et du sc. du chapitre de Nantes.

4.

1279 (v. s.), le lundi après l’Epiphanie. — Charte de Durand, évêque de Nantes, où il notifie que Thiphaine La Bernarde (Theophania La Bernarde) a donné au prieuré de Saint-Georges, près Nort, tout ce qu'elle possédait dans le pré de Clot, près le gué de l'Ecluse, en la paroisse de Nort, au fief d'Alain du Moulin (in Prato de Clot apud vadum de Esclusa in parrochia de Engnort in feodo Alani de Molendino ). — Orig. parch. était sc.

5.

1413, 30 avril. — Par devant la cour de Nantes, Dupré et sa femme, paroissiens de Nort, reconnaissent avoir pris à bail perpétuel des abbé et religieux de Marmoutier deux pièces de terre en la paroisse de Nort, au fief du prieuré dudit lieu : l'une contenant 2 journaux ou environ, sise « par où l'on vet de l’Ille aux Mollandières d'une part, et l'ousche aux hers Jahen Ouaery d'autre ; » la seconde contenant 4 journaux ou environ, sise entre les terres de la Rochette et celles de la Brocsaie, à la charge de payer par an, pour ces deux pièces de terre, 19 s. de rente. — Orig. parch. était sc.

6.

1413, 1er mai. — Par devant la cour de Nantes, Guillaume de Montigné, seigneur de Montigné et de la Martinière, reconnaît avoir pris à bail perpétuel, des abbé et religieux de Marmoutier, une pièce de terre de la contenance de 18 sillons, sise au fief du prieuré de Saint-Georges de Nort, joignant le chemin qui va de Nort à la Bellaie, d'une part, et, d'autre, la terre du prieur de Saint-Georges ; à charge d'en payer une rente annuelle, de 2 s.
Orig. parch. était sc.

7.

1673, 6 octobre. — Aveu du temporel du prieuré de Saint-Georges de Nort, rendu au roi par messire Pierre Boucaud, prêtre prieur commendataire. — Orig. pap.

(M.A. de la Borderie).

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