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PLOUNEOUR-MENEZ

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La commune de Plounéour-Ménez (pucenoire.gif (870 octets) Plouneou-Menez) fait partie du canton de Saint-Thégonnec. Plounéour-Ménez dépend de l'arrondissement de Morlaix, du département du Finistère (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de PLOUNEOUR-MENEZ

Plounéour-Ménez vient du breton "plou" (Paroisse) et de "Eneour", un saint breton du V-VIème siècle. Enéour est le frère de sainte Thumette, l'une des compagnes de sainte Ursule.

Plounéour-Ménez est une ancienne paroisse primitive créée vers le VIème siècle par Saint-Eneour, venu de Grande-Bretagne. C'est sur le territoire de Plounéour-Ménez qu'est fondée le 30 juillet 1132, à l'emplacement d'un monastère auquel la tradition donne le nom de Gerber, l'abbaye cistercienne du Relecq (fille de l'abbaye de Bégard).

Plounéour-Ménez englobait autrefois le territoire de  Loc-Eguiner (-Saint-Thégonnec) qui en fut détachée en 1866. Loc-Eguiner est érigé en trève en 1831 et en paroisse succursale en 1843. Plounéour-Ménez dépendait autrefois du diocèse de Léon. 

On rencontre les appellations suivantes : Ploeneoul ou Pleoeneoul (en 1173), Ploenaourq (en 1279), Ploeneour in Monte (vers 1330).

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PATRIMOINE de PLOUNEOUR-MENEZ

l'église Saint-Eneour-Saint-Yves (1651-1684). L'église, dont la reconstruction est décidée en 1649, comprend une nef de sept travées avec larges bas-côtés. Le clocher, qui ne comporte pas de galerie, est ouvert à sa base sur trois côtés. De l'ossuaire, il ne reste que quelques colonnes. Le clocher-porche date de 1651 (date inscrite dans la pierre) : la foudre ayant touché la flèche le 7 décembre 1847, il est restauré aussitôt. Le porche sud est surmonté d'une chambre d'archives. On y trouve deux beaux retables du XVIIème siècle : celui du Rosaire (représentant la Vierge distribuant le Rosaire à saint Dominique et sainte Catherine de Sienne avec latéralement les statues de sainte Anne apprenant à lire à la Vierge et de saint Charles Borromée) et celui du Purgatoire ou des Trépassés (qui provient des Dominicains de Morlaix et où l'on trouve les statues de saint Pierre et de saint Paul). Les fonts baptismaux actuels datent de la fin du XIXème siècle. La chaire à prêcher date du XVIIème siècle. Sous le portail latéral, on voyait jadis les statues des douze Apôtres. Le portail de l'enclos date du XVIIème siècle. L'église abrite aussi les statues de la sainte Trinité, de saint Enéour en évêque et de saint Herbot. On y voyait jadis un cadran solaire avec deux anges soutenant un calice ;

la chapelle Saint-Divy (1655 ou 1605). Il s'agit d'un édifice rectangulaire du XVIIème siècle avec clocheton à dôme. La chapelle abrite la statue de saint Divy en évêque, la Vierge-Mère et un Crucifix. On y voit les armoiries de la famille Le Scaff ;

l'abbaye de Relecq (1132), encore surnommé "Abbatia de Reliquiis" fondée par les moines de Bégard. Elle est bâtie sur l'emplacement de celle de Gerber dont saint Paul-Aurélien fut le fondateur au VIème siècle et saint Tanguy le premier abbé. C'est aux abords de cette abbaye qu'eut lieu (à Branc-Hallec), en l'an 554, la sanglante bataille livrée par le roi Judual au tyran Comorre. L'abbaye du Relecq est détruite vers 1370. En 1376, le Pape accorde des indulgences pour sa restauration. Elle subit encore des ravages à l'époque de la Ligue (vers 1594). Mgr René de Rieux, évêque de Léon et abbé du Relecq, y meurt le 8 mars 1651. L'un des bâtiments qui est daté de 1692, est rebâti en 1774 par l'ingénieur Jacques Piou. Vendue comme bien national, l'abbaye est acquise le 13 ventôse an II par André Le Hénaff. Son dernier prieur est dom Verguet qui devient sous-préfet en 1800 et meurt en 1814. L'abbaye est restaurée en 1894 et comprend une nef de trois travées avec bas-côtés et un large transept sur lequel s'ouvre le choeur à chevet droit et, de chaque côté, deux chapelles de plan carré. Le monument du XIIème siècle a été modifié à plusieurs reprises, notamment au XIIIème siècle où l'on a percé des baies dans la longère nord ainsi que dans les quatre chapelles latérales du choeur, puis à la fin du XVème ou début du XVIème siècle où l'on perça de grandes fenêtres dans la longère sud et où l'on refit les pignons de l'aile sud et du choeur. Dans l'aile nord, se trouve un escalier, daté de 1691, montant de l'église à l'ancien dortoir des moines. La grande chapelle de droite est ajoutée au XVIème siècle par les seigneurs de la Roche en Commana. Une chapelle carrée, située à droite du maître-autel, contient un autel richement sculpté (XVIIème siècle) et la statue de Notre-Dame du Relecq. Au coeur, se trouvent les statues de saint Benoît et saint Bernard, les fondateurs de l'Ordre des Cîteaux ;

Nota 1 : Dans la longue galerie des personnages qui ont tenu en mains la crosse abbatiale du Relec (en Plounéour-Ménez), vous rencontrerez des fils d'authentique noblesse bretonne comme Le Goalès de Mézaubran, Conan de Kerenborgne, Pierre de Kerléau, Loys d'Acigné, fils eu seigneur de la Roche-Jagu, Christophe de Carné, seigneur de Crémeur ; des évêques en fonctions, comme d'Argenson, archevêque de Bordeaux, de Génetinnes, évêque de Limoges ; et aussi des étrangers à la Bretagne, même à la France, des Italiens et un Irlandais. Plusieurs cumulaient des bénéfices à l'époque de la commende. D'après le droit, les abbés qui ne résidaient pas devaient être remplacés par des prieurs claustraux. Mais lors de leurs visites ils jouissaient de droits honorifiques. Quand l'évêque de Blois, Nicolas Barbier, obtint le Relec en commende et se présenta au monastère il fut harangué par le prieur. L'abbé percevait une partie des revenus, le tiers, sur lesquels revenus il devait acquitter les charges et faire les réparations nécessaires. Tel était le droit, et, en effet, nous en voyons l'application dans un contrat du 27 Septembre 1741, par lequel l'abbé, M. de Lansac, fait un bail à vie avec les religieux représentés par Dom Pierre Ruffin, supérieur-commissaire de l'abbaye. En vertu de ce contrat, il s'engage à verser annuellement aux moines la somme de 12.300 livres : c’étaient bien les deux tiers des revenus puisque, d'après l'Almanach Royal, l'abbaye passait pour rapporter de 20 à 22 mille livres, selon les années. M. de Lansac prend à son compte les décimes ordinaires et extraordinaires, capitations, subventions, dons gratuits et autres taxes, tant qu'elles n'excéderont pas 1.800 livres par an. Ce qui, soit dit en passant, prouve bien que l'Eglise n'était pas exempte d'impôts sous l'ancien régime. Par le même contrat, les moines se chargeaient de l'entretien de l'abbaye, des menues comme des grosses réparations, à la réserve des cas où le dommage serait causé par le feu du ciel, les gens de guerre ou l'incendie. Si le seigneur abbé vient les visiter, ils devront le loger et le nourrir, lui, ses domestiques et ses chevaux, quatre jours de l'année. Dans les coupes de bois extraordinaires, deux parts sont attribuées à l'abbé, une seule aux religieux. Mais c'était au prieur qu'incombait plus directement l'administration temporelle et spirituelle du monastère. M. Pérennès nous raconte l'histoire d'un prieur modèle, Dom Jean-Baptiste Moreau, bachelier en théologie de la Faculté de Paris, qui arriva au Relec le 4 Février 1680 ; il y était encore prieur en 1715 après quelques interruptions. Cet homme remarquable, qui était destiné à devenir prieur de Cîteaux et syndic général de l'Ordre en Ile-de-France, entreprit et exécuta de nombreux travaux de réfection. A son arrivée, la chapelle était noire « comme un jeu de paume », les religieux n'avaient pour sièges que des pierres, noires et humides ; nul lambris ni dans la chapelle ni dans le dortoir ; de petites chambres à l'antique et des fenêtres à la capucinade ; la voûte du cloître placée entre deux rangs de petites colonnes prêtes à tomber, etc., bref un état délabré. M. le Prieur fit lambrisser la chapelle, blanchir tout le chapitre, faire de grands bancs, rebâtir le dortoir, renouveler les escaliers, la charpente, achever l'orgue, relever deux côtés du cloître avec de belles et grandes pierres de taille qui l'affermissent, etc. Il fit sabler les allées du grand et du petit jardin et construire un très joli pavillon, amener dans les canaux de l'eau excellente qui se déchargeait dans un bassin de plomb, d'où elle sortait par deux canaux de plomb dont l'un s'ouvrait pour les besoins de la maison et l'autre pour faire un jeu d'eau. Il dota la communauté d'un saint ciboire d'argent, d'un très beau calice fait à Paris et qui coûta 350 livres, et, afin de pourvoir à l'aliment spirituel et intellectuel de ses moines, il se procura des livres de chant et de psalmodie, il augmenta la bibliothèque de très beaux livres nouveaux. Quelle était la vie intérieure et la discipline au Relec ? Nous le savons par les procès-verbaux qui nous restent des visiteurs. M. Pérennes a découvert plusieurs de ces « cartes de visite ». L'une d'elles, celle du 4 Août 1676, rédigée par Frère Jean Petit, abbé de Cîteaux, met sous nos yeux les divers articles du règlement de l'Ordre cistercien concernant la récitation de l'office divin, la célébration des messes, la loi du silence, les conférences, les sorties, la réfection, les dépenses, le soin des malades, l'emploi des deniers ou honoraires de messes, etc., le tout devant être fait en conformité avec l'esprit de pauvreté « essentielle à l'état religieux ». Tous les membres de la Communauté devaient vaquer à l'oraison mentale et à la lecture des bons livres les dimanches et fêtes de commandement ; les jours ouvriers, hors les heures de l'office, le règlement leur imposait « quelque travail manuel en commun ». Il leur était prescrit de faire tous les ans une retraite de dix jours. Pour les repas, ils étaient soumis au bref d'Alexandre VII qui ne permettait l'usage de la viande que trois fois par semaine et l'interdisait absolument pendant l'Avent et le Carême. L'abbaye avait son hôtellerie et les religieux avaient le droit de manger avec les hôtes quand le prieur leur en donnait la permission, mais en dehors des repas il leur était défendu de manger et de boire avec ces derniers. Entre autres détails révélateurs des moeurs d'autrefois : les statuts prévoyaient pour les jeunes religieux et novices la communion tous les dimanches et fêtes de commandement, et pour les prêtres la célébration de la messe au moins trois fois par semaine, sauf les semaines où ils avaient à assurer, à tour de rôle, tous les jours, tant la messe conventuelle que celle de Notre-Dame. Et ce détail de discipline monastique : « Lorsqu'il y aura quelque chose d'importance concernant la communauté, elle sera assemblée, et le supérieur la proposera pour ensuite être prise résolution devant tous, et à l'égard des affaires de moindre importance, il suffira de prendre Conseil des anciens seulement ». Le dernier abbé du Relec fut du Vivier de Lansac, du diocèse d'Achez, licencié en théologie, ancien agent du Clergé de France, chanoine et comte de Lyon et conseiller du Roi. Il fut nommé abbé du Relec en 1740 ; à sa mort, en 1784, l'abbaye fut affectée aux économats, c'est-à-dire que la gestion temporelle en fut confiée à un administrateur nommé par le Roi. Le dernier prieur fut Dom Claude Verguet, du diocèse de Dijon. En Septembre 1789, il fut élu avec Expilly député du Clergé de Léon à l'Assemblée Nationale, où il prononça un beau discours en faveur des Ordres religieux. Mais il eut la faiblesse de prêter serment à la Constitution Civile du Clergé ; il mourut défroqué, après avoir été sous-préfet de Lure. A la Révolution, les religieux n'étaient qu'au nombre de quatre au Relec ; trois d'entre eux prêtèrent le serment. L'abbaye avait été supprimée en 1790 par l'Assemblée Nationale (L. Kerbiriou).

Nota 2 : Le Cloître de l'ancienne abbaye du Relec (Relecq), en Plounéour-Ménez. "D'après M. de Fréminville, l'ancienne abbaye du Relec fut fondée par l'ordre religieux de Cîteaux. D'après Albert Le Grand, les moines qui l'habitaient dans son temps étaient de l'ordre des Bénédictins. On lit dans La Bretagne Contemporaine, qu'en 1132 l'un de ces ordres succéda à un monastère plus ancien établi par saint Pol-Aurélien dans le courant du VIème siècle et dont le premier abbé fut saint Tanguy, mort en 572. L'antiquité de ces dates était bien faite pour provoquer mon envie de visiter ce lieu. Je m'y rendis l'année dernière ; pour y parvenir, après avoir quitté le bourg de Pleyber-Christ, je traversai une partie de la montagne d'Arrez, en parcourant un site désert, très accidenté, presque aride et couvert de rochers gigantesques et informes : dans ce trajet fatigant par sa longueur et la difficulté du sol, on se demande comment un monastère a pu s'implanter dans une telle contrée. Mais bientôt à la tristesse succéda la joie que le voyageur éprouve par la vue qui s'offre tout à coup à ses regards. Comme un contraste frappant, une longue et riante vallée se déroule à ses yeux. Elle semble avoir été creusée dans le sein de la montagne élevée qui l'abrite. Cette vallée couverte d'arbustes est sillonnée par un ruisseau qui alimentait le moulin du monastère. Au moment où cette vue délicieuse m'est apparue, j'ai ressenti la même impression que celle exprimée par M. de Fréminville. L'heure de la journée étant un peu avancée, j'employai celles qui me restaient à relever le plan de l'église, d'une fontaine jaillissante dont quatre filets d'eau s'échappaient d'un obélisque élevé et tombaient dans un bassin servant de lavoir. Ce qui m'avait surtout donné le désir de visiter ces lieux, c'était la mention d'un cloître en ruines, faite par M. de Fréminville et reproduite dans La Bretagne Contemporaine. Ma déception fut grande quand je ne pu découvrir la moindre trace du cloître prétendu. En effet, M. de Fréminville ne s'était pas aperçu que ce qu'il croyait être une construction claustrale appartenait à la salle capitulaire s'ouvrant sur le cloître. La propriétaire qui habite depuis longtemps une partie de la seule aile encore debout des bâtiments claustraux m'a assuré n'avoir jamais vu autre chose que ce que je voyais moi-même. L'erreur produite dans les ouvrages mentionnés ci-dessus n'est point la seule. Dans la description sommaire de l'église, il est dit que les arcades de la nef sont à plein cintre, tandis qu'elles sont toutes ogivales avec double archivolte. C'est encore à tort que M. de Fréminville affirme que les colonnes de la nef et des bas-côtés ont des chapiteaux remarquables par le style de leurs ornements, d'ailleurs assez bizarres et fort grossièrement sculptés. En effet, il n'existe depuis une époque qui se perd dans la nuit du temps que deux grosses colonnes légèrement méplates n'ayant qu'un seul tailloir, sans chapiteaux. Les quelques rares chapiteaux qui existent sont ceux des colonnettes engagées dans de lourds piédroits. Ils sont presque tous accusés dans un cube perpendiculaire légèrement arrondi dans les angles. Leur taille est presque unie. Il n'y en a qu'un seul qui soit sculpté ; il est grossièrement fait et n'a pour toute ornementation que des volutes cordées. M. le chevalier de Fréminville a beaucoup accusé Cambry d'avoir trop souvent parlé des monuments du Finistère d'après les récits des maires de certaines localités et sans les avoir visités. On serait tenté de croire que cette même critique pourrait lui être appliquée. Cependant, malgré quelques notices erronées, dues sans doute à l'imagination de l'auteur des Antiquités du Finistère, je me plais à rendre justice à son mérite et à sa science, parce qu'il a été l'un des premiers à décrire les monuments de son pays et à provoquer le respect de leur conservation. Dans l'article publié en 1865 par la Bretagne contemporaine, on lit que le cloître, alors ruiné, n'a conservé qu'un seul côté dont les arceaux en lancettes annonçaient le XIIIème siècle. Cette citation paraît être empruntée à M. de Fréminville qui s'était ainsi exprimé en 1835. Non-seulement il n'y a pas un côté du cloître debout, mais même aucun de ses vestiges n'existe par terre. La salle capitulaire s'ouvrait sur le cloître par trois baies ogivales dont l'évasement est orné d'un double rang de colonnettes. Dans leurs trumeaux sont de larges éperons dont l'extrémité se trouve arrachée. Je pense que dans le centre de cet arrachement se trouvait une colonnette engagée ou un corbeau mouluré donnant naissance à l'un des arcs doubleaux du cloître, ainsi que j'en ai étudié le plan de restauration. Depuis une époque déjà éloignée, ces baies légèrement mutilées se trouvent en partie recouvertes par des plantes parasites qui ont pris naissance dans l'intérieur du mur. Deux d'entre elles sont bouchées par une simple mitraille ; celle du milieu est fermée par quelques mauvaises planchettes ; en poussant celles-ci devant soi, on pénètre dans un poulailler. C'est là qu'était là salle capitulaire. En y entrant, je fus contrarié par la présence d'innocentes volailles qui se mirent à voltiger autour de moi et à crier à qui mieux-mieux ; mais quand ils virent que je ne leur en voulais pas et que je ne m'attachais qu'à des pierres, le calme se fit parmi elles, ce qui me permit, sans être étourdi, de dessiner et de mesurer le lieu. Indépendamment des trois baies déjà citées, il existé dans le mur perpendiculaire de droite trois arcades ogivales engagées reposant sur des corbeaux moulurés et sculptés dans le caractère du XIIIème siècle. Dans le centre de chacune d'elles se trouve un claveau d'amortissement donnant naissance à une arcade détruite. Le côté parallèle à celui-ci a été enlevé dans la partie artistique. Le quatrième côté vers le nord est percé par trois croisées dont l'axe correspond à celui des baies hors le cloître. A l'aide des vestiges qui restent encore dans cette salle, il est facile de compléter son plan primitif qui recevait quatre colonnes centrales supportant des arcs doubleaux donnant naissance à 9 travées de voûtes d'arête. Depuis longtemps cette salle se trouve ruinée et à ciel ouvert. Ce que la main de l'homme n'a pu détruire dénote une grande pureté de style et une belle exécution rappelant exactement les salles capitulaires des abbayes de Saint-Maurice et de Langonnet. Quoiqu'il n'existe plus de trace du cloître, il est à présumer qu'il devait appartenir à la période ogivale du XIIIème siècle. Des repères font supposer que sa longueur mesurait 30 mètres et sa largeur 29 m. 70 c. L'espacement des éperons des 3 baies de la salle précitée donne à penser que, chacune des travées du cloître se composait d'une grande arcade dans laquelle se trouvaient inscrites deux arcatures géminées supportées par une colonnette centrale. La disparition de ce type n'ayant aucun rapport avec les autres cloîtres déjà décrits et ceux qui vont suivre est d'autant plus à regretter. M. de Fréminville dit que cet édicule datait de 1132. Je crois que cette date n'est pas véritable, parce que le style ogival dans notre contrée n'a pris naissance qu'au XIIIème siècle. Avant de quitter Le Relec, qu'il me soit encore permis de dire un mot de son ancienne église. Elle fut dédiée à Notre-Dame ; sous ce vocable elle est encore, en grande vénération dans la contrée. A droite du choeur se trouve en renfoncement sur le transept la chapelle renommée. Au-dessus de son arcade j'ai remarqué une peinture murale à fresque qu'on venait de découvrir sous un épais badigeon. Elle représentait dans le centre la Vierge assise tenant l'enfant Jésus sur ses genoux. A ses côtés sont deux abbés, une crosse en main ; l'un d'eux portait aussi des instruments de la Passion. Il existe encore ailleurs quelques indices d'ancienne peinture qui apparaissent à peine. La nef de cette église a été tronquée vers l'ouest. La façade extérieure de son entrée porte le cachet du XVIIIème siècle" (M. Bigot, architecte diocésain).

Voir Plounéour-Menez L'Histoire de l'abbaye Notre-Dame du Relecq.

l'ancienne chapelle de Coetlosquet, dédiée jadis à saint Nicodème. Cette chapelle seigneuriale, aujourd'hui détruite, contenait jadis les statues de la Vierge-Mère, de sainte Anne et saint Nicodème ;

l'ancienne chapelle Saint-Clou, aujourd'hui disparue et encore mentionnée en 1895 ;

la croix du cimetière (1554) ;

le calvaire de l'enclos paroissial (1540) ;

d'autres croix ou vestiges de croix : la croix de la Chapelle Saint-Divy (XVIème siècle), Le Cleuz (XVIème siècle), Dividou (XVIème, XIXème siècle), Goasmelcum (XVIème, XIXème siècle), Guernigou (XVIème siècle), Guirhoël ou Croas-ar-Persoun (XVIème siècle), Kerfrec (1607), Kerguz ou Croaz-ar-Voereb (XVIème, XIXème siècle), vestiges de croix à Kerguz, Kernélec (XVIème siècle, 1900), Kersimonet (1630), Keryel (1626), Lanhéric (XVIème siècle), Lesménez (1557), les deux croix de Penhoat (dont l'une date du XVème siècle), la croix de l'église (1641, 1896), Croas-ar-Banten (1899), Pont-Glas, Ty-Croas (stèle) de Le Relec, Le Relec abbatiale (XVème siècle), Croas-Poulfanc (1566), Ty-Nevez (1557), Croas-Pipec (XVIème siècle) ;

la fontaine de l'abbaye du Relecq (1690) ;

le château d'eau de l'abbaye du Relecq (1777) ;

le manoir de Penhoat (XVIIIème siècle), propriété de la famille Trevanion ;

le manoir de Coëtlosquet (XVIIIème siècle), propriété de la famille Coëtlosquet dont l'un des membres se croisa en 1248. Propriété d'Ollivier Coëtlosquet en 1481. Cette famille a produit un évêque Mgr Jean Gilles du Coëtlosquet (décédé en 1784) ;

la maison de Kergavan (XVI-XVIIème siècle) ;

la maison de Kerfrec (1656) ;

la maison, située 8 rue de la Poste (1619) ; 

la maison de Kermorvan (1781) ;

la maison Les Mènez (XVIIème siècle) ;

la maison de Kergavan (1736), construite par la famille Guégen ;

23 moulins dont le moulin à eau de Kermes, de Kergratias, de Kerguradec, Alain, Pont-Pencoat, Runiou, Coatlosquet (1620), Dandrolac'h, de Roscoat, Ar-Manac'h, Duhilec, de l'étang (XVème siècle), ..

A signaler aussi :

la stèle du Relecq (avec ajout d'une croix) ;

la fontaine des Trois Evêques ;

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ANCIENNE NOBLESSE de PLOUNEOUR-MENEZ

Coëtlosquet (du ou de), sr. dudit lieu, en Plounéour-Menez, — de Kerannot, en Saint-Thégonnec, — des Salles et de Keralivin, paroisse du Minihy, — de Kerduff, — de Kergoat, — de Keroman, — de Mesgoff, — de Kermorvan, en Plougaznou, — des Isles, en Guimaec, — de Kergoaret, — de Pensez, en Taulé, — de la Palue. Blason : De sable, semé de billettes d'argent, au lion morné de même sur le tout. Devise : Franc et loyal. La maison de Coëtlosquet a pour berceau la seigneurie de ce nom, au diocèse de Léon, en la paroisse de Plounéour-Menez, d'où elle tire son nom. Placé presque à la rencontre des trois anciens évêchés de Léon, de Tréguier et de Cornouailles, le château de Coëtlosquet, propriété, vers 1884-1885, de M. de Ferré de Peyroux, confine, par ses bois, avec ceux de l'antique abbaye du Relec (de Reliquiis), dont fut abbé saint Tanguy du Chastel, qui nous occupait naguère. Dans les dépendances du château, reconstruit au dernier siècle, on voit encore les armes écartelées d'Olivier du Coëtlosquet et d'Anne de Kersauson. On trouve la maison de Coëtlosquet aux montres et réformations, de 1443 à 1534. Celle de 1669 l'a déclarée noble d'ancienne extraction et chevalerie, par arrêt du 9 juin. (Mss. de la Bibliothèque de Nantes, t. I, fol. 510-511). Dans le livre de la réformation de l'évêché de Léon, en 1443, les seigneurs de Coëtlosquet figurent au rang des nobles de toute ancienneté, ab antiquo (La Chesnaye-des-Bois, p. 15). Leurs alliances avec les maisons de Penhoadic, Mesgouez, Tuongoff, du Bois, de Brezal, Tréanna, Kersaintgilly, Penfeunteniou, Kersauson, Quélen, Le Borgne, Simon, Le Ségaler de Penvern, du Trévoux, La Noë, de Kergus, etc. (Mss. de Nantes, ibid., id. — Arm. gén. de France), leurs emplois à la cour, leurs dignités dans l'Eglise, leurs services militaires, leur ont valu un rang distingué dans l'histoire héraldique de Bretagne.

La première illustration de cette maison de Coëtlosquet est Bertrand, nommé, avec Raoul de Coëtnempren dans une charte de Nymocium (Limisso), datée d'avril 1249, pour une procuration donnée à Hervé de Nantes, acte en vertu duquel ses armes figurent au musée de Versailles, salle des Croisades. Après lui, on trouve : Jean, à la montre de Hue de Kerautret, reçue à Paris, le 20 novembre 1356. (D. Morice, t. I, col. 1501.) — Jean, entre les nobles de Léon, en 1443. (Marquis du Refuge, par M. P. de Courcy, p. 31.) — Olivier, l'un des trente escuiers que Messire Alain de Rohan conduisit à la guerre de Flandres, en 1483. (D. Lobineau, t.1, liv. XIII, p. 447.) — Jean, reçu chevalier de justice au grand prieuré d'Aquitaine (Chev. de Malte), en 1543, après avoir fait preuve de noblesse. — Guillaume, chevalier de l'ordre du Roi, en 1647 [Note : Guillaume du Coëtlosquet, sr. dudit lieu, de la Salle, de Kermorvan, de Kerdu, de Kergoët et de Kerannot, reçu chevalier de l'ordre du Roi, le 3 septembre 1647, par le baron de Pontchâteau, était fils d'Olivier et d'Anne de Kersauson. A la mort de son père (6 novembre 1632), il fut déclaré majeur et mis dans la jouissance de ses biens. D'un aveu qu'il rendit au seigneur de Rohan deux mois auparavant (5 septembre), il résulte qu'il y avait à sa terre de Coëtlosquet, « manoir, chapelle, oratoire, colombier, moulin, estang, bois... fiefs et autres marques de grandeur, comme lieux éminents, et vitres dans l'église paroissiale de Plounéour-Ménez, où étaient placés les écussons, bancs, tombes plates et élevées des sr. de Coëtlosquet, où se voyaient leurs armes... » (Pièces orig. Bibliothèque nationale). Il fut nommé capitaine des habitants contribuables de cette même paroisse de Plounéour-Ménez, par commission datée de Morlaix, le 10 septembre 1639, de Charles du Cambout, baron de Pontchâteau. Il avait épousé, par contrat du 23 novembre 1636, demoiselle Louise Simon, dame de Kerannot, fille unique et héritière de noble homme François Simon, sr. de la Palue, de Keralivin, etc., et de Barbe Denys. Il en eut sept enfants, et mourut avant le 26 octobre 1653 (Chevaliers bretons de Saint-Michel, par M. de Carné. — Extrait généalogique de MM. de Coëtlosquet)]. (Arm. général de France, registre, 1ère partie, p. 148.) — Jean-Baptiste-Gilles, chevalier de Saint-Louis, en 1686. — Alain-Yves-Marie, page de la grande écurie, le-18 juillet 1713. (Arm. gén., ibid.) — N..., page de la grande écurie, le 18 juillet 1713. (Arm. gén., ibid.). — N..., page de la petite écurie, en 1743. (Saint-Allais, t. V, p. 554.) — Jean-Gilles, né en 1700, chancelier de l'Eglise et de l'Université de Bourges, évêque de Limoges, en 1739, nommé plus tard à l'archevêché de Tours, dignité qu'il refusa, membre de l'Académie française, en 1761, abbé de Tournus, diocèse de Châlons, et de Saint-Paul de Verdun, précepteur des enfants de France (Abbé du Tenis, t. III, p. 267), mort en 1784. — N..., trésorier de la cathédrale de Tréguier, abbé commendataire de Saint-Gildas-des-Bois, au diocèse de Nantes, en 1760, mort à 32 ans, le 29 juillet 1763. (Gall. christ., t. XIV, col. 85 1. — Abbé Trévaux, t. VI, p. 465.) — Vicomte du Coëtlosquet, chevalier de Saint-Louis, en 1763. — Autre Jean-Baptiste-Gilles, baron du Coëtlosquet, gentilhomme d'honneur du comte d'Artois, en 1772 (Dossier des généraux), capitaine au Royal-Piémont, en 1771, capitaine commandant, en 1776, mestre de camp, commandant du régiment de Bretagne, en 1784, maréchal de camp, en 1793. (Reg. du rég. de Bretagne, de 1776 à 1793.) — Vicomte de Coëtlosquet, capitaine aux Dragons de la Reine, l'un des héros de la guerre de Sept Ans. Trois membres de la famille ont été admis aux honneurs de la cour : 1° Comte de Coëtlosquet, 4 décembre 1767. — 2° Baron de Coëtlosquet, janvier 1774. — 3° Baronne du Coëtlosquet, 17 mars 1782. (Courcelles, Dict. univ. de la Noblesse de France, t. I, p. 385). Nommons, au XIXème siècle : Charles-Yves-César-Cyr, comte de Coëtlosquet, général de brigade en 1813, commandant le département de la Nièvre en 1814, lieutenant général en 1821, commandant la 7ème division militaire, même année, directeur général du ministère de la guerre, treize campagnes : blessé à Pulstuck ; il se trouva au passage du Mincio, du Danube, à Esling, à la Moskowa et à Leipsick, retiré le 10 mai 1831, avec une pension de 5430 francs. (Etats de service, dossier des pensions, n° 31,424, Alm. royal.) — Le comte de Coëtlosquet était commandeur de l'ordre de Saint-Louis et grand-officier de la Légion d'honneur (Alm. royal de 1817 à 1830). A signaler qu'Anne de Kersauson (fille cadette de François de Kersauson et Marie de Kergadiou) épousa, en 1597, Olivier du Coëtlosquet.

Ferré (originaire du Poitou et y maintenu en 1667), sr. de la Fond, — de la Frédière, — de la Lande, — du Mas, — de la Jarodie, — de la Courade. — de Peyroux. Blason : De gueules, à la bande d'or, accompagnée de trois fleurs de lys de même. Thomas de Ferré, auteur de la branche de la Fond, épouse, en 1485, Perrette de Marboeuf. — Cette branche a produit un page du Roi et deux chevaliers de Malte depuis 1756. — François, auteur de la branche de Peyroux, vivant en 1520, épouse Catherine Poispaille [Note : Les Ferré de Peyroux ont pour ascendants les Tiberge et les Gaigneron, des Antilles]. — Cette branche a produit un lieutenant-colonel au régiment de la Reine (Dragons), en 1717, et s'est alliée en Bretagne aux de Rorthays, Budan, Le Dall de Tromelin, Michel de Kerhorre et de Rodellec. Le château de Coëtlosquet, est propriété, vers 1884-1885, de M. de Ferré de Peyroux. Joseph de Rodellec, frère cadet d'Edouard de Rodellec (époux de Félicie de Carné Marcein) et fils de Vincent de Rodellec (époux d'Olympe de Pennelé), mort au château de Kerousien, le 31 août 1878, à l'âge de 64 ans, a épousé Marie de Ferré de Peyroux, fille de M. de Ferré de Peyroux, ancien officier de marine, et de demoiselle Marie Le Dall de Tromelin. Madame de Rodellec, née de Ferré, a deux soeurs : Sophie et Gabrielle ; la première est entrée en religion chez les dames du Sacré-Cœur (J. de Kersauson).

Lors de la Réformation de l'évêché de Léon en 1443, une famille noble est mentionnée à Plounéour-Menez :

Coëtlosquet (du), seigneur dudit lieu, paroisse de Plounéour-Ménez. De sable au lion d’argent, l’écu semé de billette de même. Olivier se trouve mentionné comme écuyer en 1383 (Histoire de du Guesclin, p. 413) ; Jean se trouve mentionné entre les nobles de Plounéour-Ménez.

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de l'évêché de Léon reçue à Lesneven en 1481, on comptabilise la présence de 3 nobles de Plounéour-Menez :

Ollivier COËTLOSQUET (403 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Salomon KERSAUSEN (30 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Alain An SCAFF (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une vouge ;

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de l'évêché de Léon reçue à Lesneven le 25 septembre 1503, plusieurs nobles de Plounéour-Menez sont mentionnés :

Mahé Kersauson ;

Jehan, sieur de Coetlosquet, en brigandine à deux chevaux.

(à compléter)

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