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LE TIERCENT |
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La commune de
Le Tiercent ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE du TIERCENT
L'origine de la paroisse de Tiercent remonte semble-t-il à la fin du XIème siècle (comme semble le prouver un arrangement intervenu au début du XIIIème siècle pour régler une contestation relative à ses dîmes). Mais la première mention écrite de son existence ne date que de 1221. La paroisse de Tiercent est supprimée en 1792 et rattachée à celle de Saint-Marc-le-Blanc.
Dès le commencement du XIIIème siècle l'abbaye de Saint-Sulpice-des-Bois possédait les dîmes de Chantelou, au Tiercent ; en 1221 Guillaume de Chevrègne, recteur du Tiercent, eut un procès à ce sujet avec l'abbesse, et en 1268 son successeur Guillaume traita avec les religieuses du même monastère relativement à ces dîmes (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 2 H, 152). Ainsi, dès cette époque reculée Le Tiercent existait comme paroisse, et il est vraisemblable que celle-ci fut créée antérieurement par les seigneurs du lieu, qui avaient de l'importance dès le commencement du XIIème siècle (nota : la seigneurie du Tiercent était à l'origine le gage féodé d'une des cinq grandes sergenteries de la baronnie de Fougères. Possédée pendant bien des siècles par la famille du Tiercent, elle fut achetée par Gilles Ruellan, qui la fit ériger en baronnie en 1608. Ce Gilles Ruellan était le fameux fermier général dont Tallemant des Réaux nous a raconté l'histoire. Ses descendants conservèrent Le Tiercent jusqu'à la Révolution. — Le seigneur du Tiercent avait droit de tenir quatre foires par an, deux au Tiercent, les 6 mai et 29 août, et deux à Saint-Marc-le-Blanc, les 11 et 25 juin). Le Rôle ms. diocésain de 1646 donne au recteur du Tiercent environ 400 livres de rente. Le 4 septembre 1790, la municipalité du Tiercent fit la déclaration suivante : « Il n'y a aucun bien ecclésiastique dans la paroisse, sinon un pré où était anciennement le vieux presbytère ; comme il était fort éloigné et situé dans un lieu malsain, M. du Tiercent céda au recteur le champ nommé Madame pour bâtir un presbytère ; depuis ce temps les recteurs ont joui de ce pré, nommé le pré du Vieux-Presbytère, contenant un journal et demy et valant de revenu environ 20 livres » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 27). La paroisse du Tiercent ne fut pas rétablie en 1803 ; son territoire fut alors uni à celle de Saint-Marc-le-Blanc (Pouillé de Rennes).
Vers 1804, le château et les terres du Tiercent sont achetés par Collin de La Contrie, ex-officier de Boisguy. A la demande de ce dernier, la paroisse de Tiercent est finalement rétablie par ordonnance royale du 16 avril 1826.
On rencontre les appellations suivantes : Ecclesia de Tercent (au XIIème siècle), ecclesia de Tiercendo (au XIIIème siècle), Tersandium (en 1516).
Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse du Tiercent : Guillaume de Chevrègne (en 1221). Guillaume (en 1268). Michel Paraige (natif de Bais ; en 1586). Julien Blanchard (en 1605). Bertrand Duval (en 1620 ; sa tombe est encore dans l'église du Tiercent). Georges Poullard (en 1623). René Prod'homme (en 1629 ; il permuta avec le suivant). Julien Jolliff (précédemment recteur de Broons, il fut pourvu en 1641 et prit possession le 9 mai). Mathurin Daulay (en 1648). Jean Lambert (en 1677). Pierre Jubault (en 1697 ; il se démit en 1701). Bertrand Simon (prêtre du diocèse, il fut pourvu le 16 septembre 1701 ; décédé en 1714). Jean-François Armand (pourvu en 1714, il résigna avant de mourir ; décédé en 1747). Jean Bourdin (prêtre du diocèse, pourvu le 11 juillet 1747, il résigna en faveur du suivant ; décédé en 1760). Michel Bourdin (prêtre du diocèse, il fut pourvu le 4 mars 1758 ; décédé en 1771). Jean-François Duval (pourvu le 8 mars 1771, il gouverna jusqu'à la Révolution). N... Clément (1826-1833). Pierre Perrudin (1834, décédé en 1837). N... Bossard (1837-1839). Pierre Jubault (1840-1863). Paul Charpentier (1863-1866). Amand Robinault (1866-1883). Jean-Marie Robinault (à partir de 1883), ...
PATRIMOINE du TIERCENT
l'église
Saint-Martin (XV-XVIIème siècle). Cette église paraît être l'ancienne
chapelle du château. Dédiée à saint Martin, évêque de Tours, l'église du Tiercent ne semble point
avoir été déplacée, comme le prétend la tradition locale, qui veut qu'à
l'origine elle se trouvât dans le champ du Vieux-Presbytère. Une preuve
qu'elle a toujours occupé la colline supportant aussi le château, c'est
qu'autour de cette église on retrouve les traces d'un très-antique cimetière
; là sont creusées dans le sol granitique lui-même des tombes disposées
en bisômes. L'édifice, complètement isolé, — car il n'existe pas de
bourg, — se compose d'une nef du XVIème siècle, construite en pierres de
granit de grand appareil ; elle est accostée au Nord d'une chapelle
seigneuriale communiquant avec elle par un arc ogival aigu, et au Sud d'un
petit porche dans les murs duquel on a fait entrer plusieurs dalles funéraires
sur lesquelles sont gravées des croix orlées. Au commencement du
XVIIIème siècle fut refait tout le haut de cette église ; le choeur avec
chevet droit et la chapelle du Nord, à laquelle on donna pour pendant une
autre chapelle au Sud, de sorte que l'édifice a maintenant la forme d'une
croix. Les dates de 1707 et 1711, gravées sur les murailles, indiquent l'époque
de cet agrandissement de l'édifice. Le baron du Tiercent était seigneur
supérieur, fondateur et prééminencier de ce temple ; aussi les armoiries
des Ruellan : d'argent au lion de sable, armé, lampassé et couronné
d'or, apparaissent-elles encore sculptées à l'extérieur du chevet et
sur les pignons des deux chapelles. Elles se retrouvent aussi sur la pierre
fermant l'enfeu seigneurial que les barons avaient dans la chapelle du Nord.
A côté de cette dalle sont d'autres tombes plus anciennes présentant les
armoiries des premiers sires du Tiercent : d'or à quatre fusées
accolées et rangées de sable. On conserve encore une cloche portant
cette inscription : Ceste présente cloche a esté donnée par hault et
puissant seigneur Messire Gilles de Rualan (sic) marquis de la Baslue, baron
du Tiercent, et luy assisté par demoiselle de Coëtlogon. 1642 (nota :
cette demoiselle de Coëtlogon devait être la nièce du baron du Tiercent,
fille de sa soeur Gillette Ruellan, mariée en 1606 à René, marquis de Coëtlogon).
Parmi les pierres tombales qui forment aujourd'hui le pavé de cette
église, M. Maupillé a signalé la suivante, actuellement posée dans la
chapelle du Sud : « Elle porte, dit-il, l'image d'une croix dont
le bâton est très-effilé et terminé par une fleur de lys. Les deux bras
et la partie supérieure s'évasent à leurs extrémités. Au bras droit est
attachée une figure triangulaire qu'on prendrait volontiers pour une
lanterne ; au-dessous est un besant ou une pièce de monnaie quelconque, et
au-dessous encore un marteau à deux têtes dont le manche se redresse du
côté de la figure précédente. Sous le bras gauche on remarque une lance
qui accompagne le bâton dans les deux tiers de sa longueur » (M.
Maupillé, Notices historiques sur les paroisses du canton de Saint-Brice,
551). Il y avait autrefois en cette église les autels de la Sainte-Vierge
et du Crucifix, et quelques fondations, telles que celle de la Ripotière,
mentionnée en 1648, fondée par Guillaume et Julien Josset, et consistant
en une messe chantée tous les lundis (Pouillé de Rennes). Il convient de
mentionner, sur l'autel du croisillon nord, une statue en bois du XVème siècle
figurant la Vierge et l'Enfant Jésus ;
le
calvaire (1713), situé au lieu-dit Montéchard ;
la
croix (1629) située au nord-est de l'église du Tiercent ;
la
croix plate et monolithe située près du manoir de la Haute Vallée ;
le
château du Tiercent (XVIIème siècle). Ce château est situé à l'emplacement d'un castel romain. Le
château primitif du XIIIème siècle est démoli au XVème siècle et
remplacé par un édifice, du nom de Vieilles Salles, détruit au XVIème
siècle. La Vieilles Salles possédait autrefois un colombier. L'ancien château
était, semble-t-il à une certaine époque, la propriété de la famille de
Coëtlogon : un des pavillons est d'ailleurs appelé la Chambre de Coëtlogon.
Le château actuel date de Louis XIV. La seigneurie du Tiercent était au XVème
siècle le gage féodé de la sergenterie du Vendelais. Elle possédait
jadis un droit de haute justice qu'elle exerçait à Saint-Marc-le-Blanc,
ainsi qu'un droit de pilori dans les paroisses du Tiercent et de Baillé, un
auditoire à Saint-Marc-le-Blanc, et des fourches patibulaires à trois pots
sur le Rocher du Perret (en Baillé). Elle a été érigée en
baronnie en 1608 et en 1615. Propriété des seigneurs du Tiercent (en
1155), puis des familles Ruellan seigneur du Rocher-Portail (en 1602 et en
1789), Colin de la Contrie, Leschevin de Prévoisin, de la Haye de
Saint-Hilaire. Ce château a été confisqué vers 1593 par Mercoeur ;
l'ancien
manoir de la Haute Vallée (XVIIème siècle), situé route de
Saint-Marc-le-Blanc. Propriété successive des familles du Tiercent (en
1513), de Ruellan (en 1678 et en 1789) ;
la
maison (XV-XVIIème siècle) située au lieu-dit La Chardronnais ;
le
puits (XVIIème siècle), situé au lieu-dit Montéchard ;
la
maison (XVIIIème siècle), située au lieu-dit Montéchard et restaurée au XXème siècle ;
le
four à pain situé au lieu-dit Montéchard ;
2 moulins
à eau : Saint Martin, Neuf ;
A signaler aussi :
la
roche sanglante (pierre à sacrifice) ;
la
découverte vers 1860 près du cimetière de quatre tombeaux d'origine,
semble-t-il, gallo-romaine et accouplés deux par deux ;
l'ancien
presbytère était situé au Village de Montéchart. On voit encore dans ce
village d'anciennes maisons datées de 1584 (La Chambre Rouge) et de 1592 ;
l'ancien
manoir de la Gravelle ou des Vieilles Cours. Propriété des seigneurs de la
Gravelle en 1157, puis des familles de Taye (vers 1472), le Veneur, du
Chastellier seigneurs du Bas-Flégé (en 1513), du Tiercent (en 1540), du
Chastellier (en 1545), du Guesclin seigneurs de la Roberie (en 1575 et en
1602), Porée seigneurs du Parc, de la Noë seigneurs de la Chardonnaye
(vers 1658), Roullier seigneurs du Frétay (vers 1680), le Vavasseur
seigneurs de Beauregard (vers 1685), le Bon seigneurs de la Louairie (en 1775 et en 1784) ;
ANCIENNE NOBLESSE du TIERCENT
Outre son château, la paroisse du Tiercent renfermait les manoirs de la Gravelle et de la Haute-Vallée, et la terre noble de la Couvrie ; nous en parlerons incidemment plus loin. Quelques seigneurs des paroisses voisines possédaient aussi des biens nobles au Tiercent ; la Réformation nomme en 1445 ceux qui suivent : Georges Le Bouteiller et Henry Le Bouteiller, son juveigneur, Henry de Quelen, Jean Poirier et Guillaume du Feu, tous de Saint-Ouen-des-Alleux, Jean Le Sénéchal, seigneur de la Sénéchaussière en Vieuxvy, et Hamelot Périnel, dont nous ignorons la paroisse.
La baronnie du Tiercent : Les seigneurs du Tiercent, en la paroisse de ce nom commencent, dit M. Maupillé, à figurer dans notre histoire dès les premières années du XIIème siècle, en même temps que les seigneurs de Saint-Brice, de Saint-Etienne, du Châtellier, de Linières et des Flégés, leurs voisins, avec lesquels nous les voyons associés comme témoins dans un grand nombre d'actes de cette époque (Notices historiques sur les paroisses du canton de Saint-Brice, 52). Mais c'est surtout aux XIVème et XVème siècles que la famille du Tiercent se signala dans les armées et à la cour des ducs de Bretagne. En 1379 Alain du Tiercent, écuyer, servait sous le commandement de Bertrand du Guesclin ; ce devait être le fils ou le frère de Pierre du Tiercent, chevalier, seigneur du Tiercent, qui épousa Agnès de Fontenay ; nous avons le sceau de Pierre du Tiercent présentant son écu : D'or à quatre fusées rangées et accolées de sable, tenu par un griffon et un lion, surmonté d'un casque sommé d'un vol (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 402, II n° 63). Jean Ier du Tiercent, écuyer du duc Jean V en 1412, et plus tard son maître d'hôtel, ratifia en 1427 le traité de Troyes. Il fut gouverneur de Rennes et rendit aveu à la baronnie de Fougères pour sa terre du Tiercent en 1435 ; il mourut le 11 décembre 1462 (Archives de Loire-Inférieure, voir Guignen). Jean II, sire du Tiercent, conseiller et chambellan du duc de Bretagne, et capitaine de la Charité-sur-Loire en 1481, succéda à son père qui précède. Dom Morice nous a conservé un magnifique sceau de ce seigneur décédé le 31 mars 1491. Jean II eut pour successeur son neveu Gilles du Tiercent, fils de Guillaume du Tiercent et de Marie de Montauban. Gilles Ier seigneur du Tiercent épousa Jeanne de la Lande, dame de Callac et de la Motte-Saint-Armel, et mourut vers 1520, laissant sa seigneurie à son fils François du Tiercent. Mais dès 1545, nous trouvons la terre du Tiercent entre les mains de Gilles II. Ce dernier avait épousé en 1532 Renée Botherel, fille du seigneur d'Apigné. Il fut chevalier de l'Ordre du roi et gentilhomme ordinaire de son hôtel, mais dissipa sa fortune et vendit la plupart de ses seigneuries qui étaient assez nombreuses. Gilles II du Tiercent n'eut qu'un fils nommé René, mort encore enfant, et quand il mourut lui même vers 1578 son héritier fut Jean du Tiercent, probablement fils de son frère cadet François du Tiercent, seigneur de Ranléon, décédé avant lui (Archives d’Ille-et-Vilaine). Nous ne savons rien par ailleurs de ce Jean III sire du Tiercent ; il dut mourir sans postérité et ce durent être ses héritiers qui vendirent en février 1602 à Gilles Ruellan, seigneur du Rocher-Portail, la terre et la seigneurie du Tiercent. Gilles Ruellan est ce parvenu, natif d'Antrain, dont Tallemant des Réaux a raconté la singulière fortune (Voir les Historiettes, II, 34). Anobli en 1603, créé dès 1610 chevalier de l'Ordre du roi, il fit ériger par celui-ci le Tiercent en baronnie. Il épousa d'abord Gillette Nicolas, puis Françoise Miollays et laissa plusieurs enfants de cette seconde union. Il mourut à Paris, et son corps apporté â Rennes fut inhumé le 31 mars 1627 en l'église des Grands Carmes de cette ville. La baronnie du Tiercent passa alors aux mains du petit-fils du défunt. Gilles II de Ruellan, vicomte de la Mezière, fils de feu Gilles de Ruellan reçu en 1613 conseiller au Parlement de Bretagne et de Marie d'Argouges. Ce jeune homme encore mineur se trouvait placé sous la tutelle de l'abbé Claude d'Argouges ; d'ailleurs, son aïeule Françoise Miollays jouissait alors du Tiercent dont elle fit encore hommage au roi en 1639 (Archives de Loire-Inférieure, B 1011). Né et baptisé à Rennes en 1614, Gilles II de Ruellan, baron du Tiercent, devint maître des requêtes de l'hôtel du roi et fit à son tour hommage pour le Tiercent en 1653. Il contracta deux alliances et épousa : - 1° Françoise Le Maistre, - 2° N ... Du second lit sortit Gilles III de Ruellan, baron du Tiercent et reçu en 1677 conseiller au Parlement de Bretagne, qui épousa en 1699 Renée-Roberde du Louet de Coëtjunval. Cette dame devenue veuve en 1721, reçut en propriété la baronnie du Tiercent « en remplacement de ses deniers dotaux » aliénés par son mari (Archives de Loire-Inférieure, B 1035) ; mais elle laissa en mourant, en 1750, cette seigneurie à son fils aîné Joseph-René de Ruellan. Ce dernier seigneur, reçu en 1723 conseiller au Parlement de Bretagne, épousa Hélène-Modeste de Lambilly et rendit aveu au roi en 1750 pour sa baronnie de Tiercent. Il mourut à Rennes, en son hôtel près la place Saint-Pierre, le 4 avril 1781, et fut inhumé le lendemain en Saint-Etienne de cette ville, âgé de soixante-dix-sept ans (Registres des sépultures de Saint-Etienne de Rennes). Le fils du défunt, Louis-Charles de Ruellan, ancien capitaine de cavalerie et chevalier de Saint-Louis, devint alors propriétaire du Tiercent dont il fut le dernier baron, il en fit hommage au roi en 1784 (Archives de Loire-Inférieure, B 993). Né au château de la Ballue, le 16 juillet 1741, il avait épousé Marie Josèphe de Lavaux dont il ne laissa pas d'enfant ; il décéda, émigré, le 4 juin 1819, à Essen, en Prusse. Par suite de l'émigration du baron du Tiercent le château et la terre de ce nom furent mis en vente par la nation et rachetés, le 20 octobre 1796, par les deux soeurs de ce baron, Marie-Céleste et Renée-Laurence de Ruellan, celle-ci veuve de Charles de Muzillac (Notes de M. le conseiller Saulnier). La seigneurie du Tiercent était le gage féodé d'une des cinq grandes sergenteries de la baronnie de Fougères, et son possesseur fut appelé en cette qualité au parlement du Duc tenu à Vannes en 1462 (Dom Morice, Preuves de l’Histoire de Bretagne, III, 5). Cette sergenterie fut démembrée au XVIIème siècle pour former celles de la Vairie en Saint-Sauveur et de la Chasse-Beauvais en Romagné. Elle rapportait à la recette de Fougères environ 3 000 livres (Maupillé, Notices historique sur les paroisses du canton de Saint-Brice, 53).
Par lettres patentes d'Henri IV données en faveur de Gilles Ruellan et datées du 17 décembre 1608 livres (Maupillé, Notices historique sur les paroisses du canton de Saint-Brice, 53), le Tiercent fut érigé en baronnie. Le roi unit à cet effet les seigneuries du Rocher-Portail en Saint-Brice et du Plessix-Séneschal en Saint-Marc-le-Blanc — qu'avait achetées en 1596 Gilles Ruellan — à celle du Tiercent ; toutefois cette union du Rocher-Portail au Tiercent ne dura pas longtemps, comme nous l'avons dit en parlant de Saint-Brice. En 1615 le roi Louis XIII renouvela les lettres d'érection de la baronnie du Tiercent. La haute justice de la baronnie du Tiercent s'exerçait au bourg de Saint-Marc-le-Blanc. Ses fiefs s'étendaient en huit paroisses : Le Tiercent, Saint-Marc-le-Blanc, Baillé, Saint-Ouen-des-Alleux, Saint-Marc-sur-Couesnon, Vieuxvy, Chauvigné et Saint-Christophe de Valains. Les fourches patibulaires du Tiercent se dressaient sur le rocher du Perret en Baillé ; elles consistaient en 1435 en trois poteaux « deux pour la seigneurie et un par grâce du Duc » (Déclaration de la seigneurie du Tiercent en 1435). Un second gibet, également à trois piliers et dépendant de la seigneurie du Plessix-Séneschal, s'élevait sur la lande de Saint-Marc. Gilles Ruellan avait obtenu d'Henri IV en 1603 l'érection de quatre foires, deux au bourg de Saint-Marc les 11 et 25 juin et deux autres au Tiercent, le 6 mai et le 29 août (Registres du Parlement de Bretagne). Le sire du Tiercent était seigneur fondateur et prééminencier de l'église du Tiercent ; il y jouissait, au côté de l'évangile et joignant le chanceau, d'une chapelle qui renferme encore son enfeu et une pierre tombale portant l'écusson de la famille du Tiercent. — Il avait également une chapelle prohibitive dans l'église de Vieuxvy à cause de sa seigneurie de la Sénéchaussière unie depuis plusieurs siècles à celle du Tiercent. — Dans l'église de Chauvigné sa terre des Renaisières lui donnait aussi droit à un banc, une litre et un enfeu. — Comme seigneur du Plessix-Sénéchal, il jouissait du même privilège dans l'église de Saint-Marc-le-Blanc dont il se disait fondateur. — Enfin à raison de son fief de Saint-Martin de Baillé il se trouvait seigneur fondateur de l'église de Baillé et les prééminences de ce temple, écussons, enfeu, lui appartenaient ; de plus, le presbytère de Baillé étant dans ce fief, le recteur devait chaque année présenter au seigneur du Tiercent « un chapeau de roses amendable de 5 deniers monnaie » (Aveu du fief de Saint-Martin de Baillé en 1789).
Voici quel était le domaine proche de la baronnie de Tiercent : Le château du Tiercent et ses dépendances, jardins, colombier, bois, étang et terres, le tout comprenant en 1435 de 120 à 140 journaux, — les anciens manoirs du Plessix-Séneschal et des Renaisières en Saint-Marc-le-Blanc, de la Sénéchaussière en Vieuxvy et des Mezandrés en Chauvigné ; — les métairies de la Porte du Tiercent et de la Couvrie, en la paroisse du Tiercent, des Renaisières, le Guémorel, l'Ourme, les Haute et Basse-Vallées en Saint-Marc-le-Blanc, du Haut-Monteval, en Baillé, des Grand et Petit Mezandrés et du Mezandré-aux-Porcons en Chauvigné, de la Sénéchaussière et de la Guespinière en Vieuxvy — les moulins de Saint-Martin du Tiercent, de Perret, de Monteval et de Bray — l'auditoire au bourg de Saint-Marc-le-Blanc, etc. (Déclaration de la baronnie du Tiercent en 1750). Le dernier baron du Tiercent Louis-Charles de Ruellan, marquis de la Ballue, jouissait d'une belle fortune, car on évaluait à 14 000 livres de rente ce que lui avait confisqué la Nation ; or ce n'était que le tiers de ses revenus, ses deux soeurs ayant conservé leurs parts ; mais il faut remarquer que dans le total des 42 000 livres de rente qu'on lui attribuait le revenu du marquisat de la Ballue se trouvait mêlé à celui de la baronnie du Tiercent.
Du premier château, du Tiercent il reste au milieu du XIXème siècle une belle tour fortifiée du XVème siècle, dominant une vallée qu'occupait jadis un étang ; à côté de cette construction des sires du Tiercent, les Ruellan construisirent au XVIIIème siècle un manoir qu'ils n'habitèrent que rarement, leurs demeures favorites ayant été d'abord le Rocher-Portail en Saint-Brice, puis la Ballue en Bazouges-la-Pérouse. Dans sa pittoresque position le château du Tiercent, propriété au milieu du XIXème siècle de la famille Collin de la Contrie, est une agréable habitation, un peu solitaire toutefois, car il n'exista jamais de bourg au Tiercent, quoique la paroisse de ce nom soit très ancienne.
Voir
"
Seigneuries,
domaines seigneuriaux et mouvances du Tiercent
".
Voir Les
seigneurs du Tiercent : la maison du Tiercent
Voir Les
seigneurs du Tiercent : la maison de Ruellan
A la montre de 1541 des feudataires de l'évêché de Rennes est mentionné à "Le Tiercent" :
-
Françoys Bouan : "Françoys Bouan Hauguemoraye
remonstre pour le [Sr] du Tiercent comme ledict du Tierczant faict sa monstre à
Dynan en l'évesché de
St Malo. Il aura acte de son dire pour luy servir comme
apartiendra".
(extraits du "manuscrit de Missirien" de Guy Autret, né en 1599 au manoir de Lézoualch en Goulien, et complétés par l'article "Montre des Gentilshommes de l'évêché de Rennes de 1541" de G. Sèvegrand).
(à compléter)
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