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TREMBLAY

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La commune de Tremblay (bzh.gif (80 octets) Kreneg) fait partie du canton d'Antrain. Tremblay dépend de l'arrondissement de Fougères, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne).    

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de TREMBLAY

Tremblay vient, semble-t-il, du nom d'un arbre, le tremble

En 470, saint Amand, évêque de Rennes, envoie au pays de Tremblay, l'un de ses disciples, Martin. Celui-ci édifie un oratoire. En 1058, l'église de Tremblay est donnée par trois seigneurs nommés Hervé, Alfred et Raoul, à l'abbaye Saint-Florent de Saumur (en Anjou) qui va alors édifier un prieuré vers la fin du XIème siècle à proximité de l'église (Pouillé de Rennes). Les Papes confirment successivement en 1122, 1142 et 1186 les religieux de cette abbaye dans la possession de Tremblay, et Hamelin, évêque de Rennes, reconnaît en 1138 à l'abbé de Saint-Florent le droit de lui présenter le recteur de Tremblay (Bibliothèque Nationale, XLV). Jusqu'à la Révolution, ce recteur reçoit une pension du prieur de Tremblay.

Le prieuré avait jadis une chapelle et exerçait dans le bourg de Tremblay un droit de haute justice. Une grande partie de l'édifice actuel date de cette époque et est l'oeuvre des Bénédictins. L'église, réparée toutefois au XVIème siècle, est incendiée par les chouans d'Aimé de Boisguy le 8 novembre 1795 puis restaurée en 1801. 

La maison seigneuriale de la paroisse de Tremblay était jadis le manoir du Pontavice. Le Pontavice relevait de la baronnie de Fougères et, à titre de juveigneurie, de la seigneurie de Saint-Brice dont il était une sergenterie féodée. C'était une châtellenie avec un droit de haute justice et un droit de quintaine. Il était aux seigneurs de ce nom en 1414. La paroisse de Tremblay dépendait jadis de l'ancien évêché de Rennes.

On rencontre les appellations suivantes : Trembleit (en 1058), ecclesia Trembliacensis (au XIème siècle), Trembliacum (au XIIème siècle), Trembleyum (en 1516).

Note 1 : Au moment de la Révolution, les pauvres avaient un revenu de 200 livres 3 sols 4 deniers. A la fin du XIXème siècle a été fondé, par legs testamentaire de M. Vincent Greslé, un hôpital dont la première pierre a été posée le 14 mai 1872. D'après la tradition, un prêtre appelé Burgot vécut en ermite au XVIIIème siècle non loin de la Mahonnerie ; on montre encore à la fin du XIXème siècle l'emplacement du petit oratoire qu'il avait édifié lui-même pour célébrer la sainte messe (Notes ms. de M. l'abbé Forget). En 1698, Julien Tinténial, prêtre, tenait les petites écoles et instruisait les enfants de Tremblay (Livre des paroisses du diocèse de Rennes).  

Note 2 :  liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Tremblay : Rainaud (il fut témoin au XIIème siècle d'une donation faite sur l'autel de Saint-Martin de Tremblay par Brient, fils d'Auvrai). Pierre Jouaud (chanoine de Rennes, il fut aussi recteur de Sens, en 1538). Michel Leray (1558, décédé vers 1588). Michel Le Bon (il fut présenté en 1588 par l'abbé de Saint-Florent ; il gouvernait encore en 1618. On lui attribue la construction de la jolie maison gothique du Bois Le Bon, sise dans le bourg de Tremblay). Bertrand Goudel (décédé en 1651, il légua 20 livres de rente pour la fondation d'une messe à diacre et sous-diacre, avec nocturne et laudes, tous les vendredis ; on devait, à la suite, chanter un répons sur sa tombe, en l'église). Mathurin Jouno (natif de Bazouges-la-Pérouse, présenté par l'abbé de Saint-Florent, il fut pourvu en août 1651 malgré l'opposition de Laurent Le Bon, que présentait le prieur de Saint-Florent ; il bâtit le presbytère, sur la muraille duquel il fit graver : Grex pius asse suis struxit pastoribus aedes, 1654. Il résigna en faveur du suivant). François Tizon (natif de Tremblay, il fut pourvu en 1673 ; décédé le 20 février 1716 et inhumé dans son église, sous la voûte Saint-Jean). Charles Roullier (natif de Tremblay, il fut pourvu en 1716 ; décédé âgé de quatre-vingt-un ans, le 20 juillet 1766). Jean Le Verrier (natif de Tremblay, il fut pourvu le 22 août 1766 ; décédé âgé de cinquante-neuf ans, le 25 mars 1779). François Leray (présenté par l'abbé de Saint-Florent le 25 octobre 1779, il gouverna jusqu'à la Révolution). Michel Lambert (1803-1824). Joseph Dauguet (1824-1837). Julien Chesnay (1837-1847). Auguste-Pierre Le Guerson (1848, décédé en 1877). Jean-Louis Porteu (1877-1882). François Laisné (à partir de 1882), ......

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PATRIMOINE de TREMBLAY

l'église Saint-Martin (XII-XV-XIXème siècle), édifiée par les moines bénédictins. L'église primitive comprenait à l'origine une nef flanquée au nord d'un collatéral, une abside, un transept avec deux absidioles démolies en 1801 et une tour centrale. Cette église est remaniée en 1801 (pignon est-ouest), suite à l'incendie de 1795 : on y a gravé le nom du recteur de l'époque M. Lambert (1803-1804). A l'intérieur le collatéral, en partie refait à la fin du XVIème siècle, est séparé de la nef par quatre arcades cintrées que soutiennent des piliers dont les bases sont romanes. La grande arcade entre la nef et la croisée du transept est du XVIème siècle, ainsi que l'arcade nord de cette croisée : les deux autres sont romanes. Les seigneurs du Pontavice possédaient jadis dans l'église un droit de litre. Les armes des seigneurs du Pontavice se lisaient au XVIème siècle sur les vitres. Le maître-autel date du XVIIème siècle et provient de l'église abbatiale de Rillé, à Fougères. On y trouve la pierre tombale de Rolland du Pontavice (XII-XIIIème siècle) qui provient de l'ancienne abbatiale de l'église de Rillé, et les enfeus des familles du Pontavice et d'Ardennes ; 

Nota : Le Pouillé de Rennes stipule que Saint Martin était dès le XIème siècle le patron de Tremblay. Son église remonte à cette époque reculée, et il est vraisemblable qu'une grande partie de l'édifice date de l'an 1058 et fut ainsi l'oeuvre des premiers Bénédictins établis dans la paroisse. Le plan de l'église de Tremblay — l'un des plus intéressants sanctuaires de notre diocèse — se compose d'une nef avec un seul collatéral au Nord, d'un intertransept et de deux transepts, d'une abside et naguère encore de deux absidioles. La grande nef a conservé au Midi son mur de côtière roman ; il est construit en blocage, et le mortier qu'on y a employé se compose en grande partie de chaux et de brique pilée, ce qui donne à l'édifice une couleur rougeâtre caractéristique. Ce mur, buté par trois contreforts plats, est ajouré de trois meurtrières romanes dont une seule existe encore dans son état primitif. Le collatéral du Nord est également d'origine antique, et ce pouvait bien être la partie de l'église réservée aux moines dont le prieuré était voisin. Mais ce collatéral, communiquant avec la nef par quatre arcades en plein cintre, a été en partie relevé vers la fin du XVIème siècle. Il n'y reste de la primitive église que les bases en granit ornées de moulures romanes qui soutiennent les piliers sur lesquels reposent les arcades ; peut-être cependant ces piliers cylindriques, construits en moellons et recouverts de badigeon, sont-ils eux-mêmes antiques ; mais ils ont dû être retouchés à leur surface lors de la reconstruction. L'intertransept est séparé de la nef par une grande arcade qui appartient aussi à la restauration du XVIème siècle. Son arc du Nord a été également remanié, mais les deux autres arcades sont du XIème siècle ; elles sont à plein cintre et munies à leur intrados d'un arc doubleau qui repose sur un pied-droit orné au sommet d'un simple chanfrein. Toutes ces arcades retombent sur d'énormes piliers carrés complètement massifs, et supportent la base d'une tour centrale qui n'existe plus. Les transepts, construits en pierres de moyen appareil, sont flanqués de contreforts disposés deux à deux à chacun de leurs angles. Ces transepts appartiennent presque entièrement à la construction primitive ; ils sont ajourés par de longues fenêtres romanes et renfermaient à l'origine deux absidioles malheureusement démolies en 1801 ; celles-ci contenaient jadis, celle du Nord l'autel de Notre-Dame, et celle du Sud l'autel de Saint-Jean. L'abside principale, construite en pierres de grand appareil et butée par quatre contreforts entièrement droits, termine l'église d'une manière fort gracieuse. « Elle est voûtée en pierre, du moins dans la partie circulaire, qui est un peu plus resserrée que les parois latérales. Cinq fenêtres très-étroites à l'extérieur, et bordées en dedans d'une grosse moulure torique, l'éclairent d'une vive lumière, en sorte que l'oeil y est attiré tout d'abord comme au lieu le plus saint et le plus remarquable » M. l'abbé Brune, Archéologie religieuse, 228). Le maître-autel, loin d'être antique, ne date que du XVIIIème siècle, mais c'est une oeuvre d'art assez curieuse provenant de l'ancienne église abbatiale de Rillé. Cet autel est en marbre de diverses couleurs ; le tabernacle, en marbre blanc, est entouré des attributs des quatre Evangélistes disposés sur des nuages ; au centre s'élève une colonne couverte de guirlandes, de ceps de vigne, d'anges et de figures symboliques, et au sommet de laquelle se trouve un petit baldaquin destiné à recevoir le vase contenant la sainte eucharistie ; c'était une sorte de suspension, car on découvre encore derrière la colonne les traces de l'appareil permettant d'élever ainsi les saintes espèces (M. Maupillé, Notices historiques sur les paroisses du canton d'Antrain, 293). Le seigneur du Pontavice jouissait à Tremblay des droits de supériorité, fondation et prééminences. Dès 1540, Rolland du Pontavice, seigneur dudit lieu, déclara au roi avoir en cette église « toutes les prééminences, avec lisière, banc et armoiries ès vitres et en bosse ». On y retrouve encore une pierre tombale provenant de l'enfeu de ces seigneurs ; elle porte, traversé par une épée, un écusson : d'argent au pont à trois arches de gueules, accompagné d'un croissant au canton dextre du chef et d'une fleur de lys en pointe, qui est du Pontavice avec brisure. Le seigneur d'Ardenne avait aussi en l'église de Tremblay un droit de prééminence et un enfeu prohibitif à l'entrée de la chapelle Notre-Dame. Ces droits avaient été cédés le 2 mai 1694 par François du Pontavice à Jeanne du Pontavice, sa soeur, femme de Richard Liger, seigneur d'Ardenne. Enfin, anciennement existait en cette église la confrérie de Notre-Dame et Sainte-Barbe, dite de la Bonne-Mort, renou­velée en 1821. L'église de Tremblay fut ,brûlée en 1795 et on ne la restaura qu'en 1801 ; c'est alors que fut construite la façade occidentale actuelle sur laquelle est gravé le nom du recteur de cette époque, M. Lambert

la Chapelle de la Chattière, mentionnée dès 1186 et reconstruite en 1692. Elle possédait son propre cimetière et a donné naissance au Prieuré de la Chattière, qui dépendait de l'Abbaye du Trochet en Plerguer ; 

l'ancienne chapelle Notre-Dame du Pont de l'Ours, située non loin du village de la Daie (Champ de l'Ours). Cette chapelle, citée dès le XIIème siècle, a aujourd'hui disparu ;

l'ancienne chapelle Saint-Aubin, fondée en 1672. La chapelle Saint-Aubin-sur-Couasnon appartenait en 1186 au prieur de Tremblay, mais elle fut aliénée plus tard et dépendait en 1672 de la seigneurie du Pontavice. Le 1er mai 1672, en effet, Charles de la Palluelle, seigneur du Pontavice, y fonda une messe tous les dimanches et la dota de 30 livres de rente (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 19). Ce sanctuaire est aujourd'hui détruit ; sur ses ruines on a élevé en 1869 une grotte renfermant une vieille statue de saint Aubin, but de nombreux pèlerinages, surtout de la part des fiévreux (Pouillé de Rennes) ;

l'ancienne chapelle Sainte-Blaise, dépendant du prieuré de Tremblay et sise dans le bourg, était déjà ruinée en 1490 ; 

l'ancien prieuré Saint-Martin de Tremblay, aujourd'hui disparu, et jadis membre de l'abbaye de Saint-Florent de Saumur. L'église de Tremblay, « ecclesia quœ vocatur Trembleit », possédée par des laïques, était au XIème siècle la propriété de trois seigneurs, nommés Hervé, fils de Burchard, Alfred et Raoul. « Hervé, le premier, écoutant la voix de l'Eglise, qui joignait les prières aux menaces et employait tous les moyens en son pouvoir pour obtenir des seigneurs laïques l'abandon des temples qu'ils détenaient au mépris de ses lois les plus formelles, Hervé se détermina à céder aux religieux de Saint-Florent de Saumur la part de l'église de Tremblay qu'il avait recueillie dans l'héritage de son père, et qui consistait dans la moitié des dîmes de la paroisse et la moitié des revenus de l'autel » (M. Maupillé, Notices historiques sur le canton d'Antrain). Il paraît qu'à cette époque, c'est-à-dire en 1058, le service divin était célébré à Tremblay dans un édifice qui n'avait pas été construit pour ce saint usage, ou dans une église ruinée, car la donation d'Hervé fut faite sous la condition expresse qu'avec les revenus ecclésiastiques qui leur sont donnés les moines commenceront par construire l'église de Tremblay, « ita ut ipsi monachi de beneficio ejusdem ecclesiœ eamdem primo faciant ». Après quoi, est-il ajouté dans l'acte de donation, les moines y mettront un ou deux d'entre eux pour y faire une continuelle résidence, « deinde post messium collectionem unum aut duos, qui in eodem loco semper maneant, constituant monachos » (Livre Blanc de Saint-Florent, 59 et 60 - Archives départementales de Maine-et-Loire). On voit par ces termes mêmes que l'établissement des moines à Tremblay fut fixé à l'automne suivant la prochaine récolte, « post messium collectionem », d'où il résulte assez clairement que la construction de l'église devait être déjà assez avancée au moment de la donation, et qu'il ne s'agissait plus que de son achèvement ; car on n'eût pu exiger des moines de venir s'établir sans église. Ainsi l'an 1058 marque très-probablement la date où l'église de Tremblay fut terminée (M. de la Borderie, Semaine Religieuse de Rennes, II, 83). Les co-propriétaires d'Hervé ne tardèrent pas à suivre son exemple. Alfred et Raoul se dessaisirent également, en faveur de l'abbaye de Saint-Florent, de leur part de propriété, laquelle consistait dans un sixième des dîmes de la paroisse, dans l'autre moitié du revenu de l'autel, et dans une égale portion dans le produit des droits de sépulture (Archives départementales de Maine-et-Loire). Malgré cette double donation, une partie encore assez notable de l'église de Tremblay restait en dehors de la possession de l'abbaye de Saint-Florent. « Hervé, ou peut-être son père Burchard, avait remis la direction de la paroisse à un prêtre qui avait été marié avant d'entrer dans les ordres, et qui avait un fils du nom de Moïse. Ce prêtre étant venu à mourir, son fils, se portant comme héritier, s'était empressé de le faire remplacer, et avait de son chef nommé à la cure un prêtre qui desservait la paroisse sous sa dépendance. L'autorité ecclésiastique ne manqua pas d'intervenir dans la circonstance, mais longtemps sans pouvoir rien obtenir. Enfin, Moïse, effrayé des censures dont il était menacé, et aussi, dit l'acte qui nous fait connaître ces détails, touché par la grâce, Moïse consentit à se désister de ses prétentions et céda également aux religieux de Saint-Florent les droits qu'il pouvait avoir sur l'autel de Tremblay, « medietatem omnium rerum pertinentium ad altare quod est in ecclesia de Trembliaco », ainsi que les deux tiers de la part du revenu attribué au desservant, se réservant l'autre tiers pour lui-même ». Les religieux acceptèrent ces dispositions, et, pour que Moïse ne pût se rétracter, ils lui donnèrent 8 sols et l'associèrent aux prières de leur abbaye ; l'acte destiné à en perpétrer le souvenir fut dressé, devant l'église même de Tremblay, en présence de l'abbé Sigon, qui était alors à la tête de l'abbaye de Saint-Florent (1055-1070), et qui se trouvait pour lors sur les lieux (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 387 - M. Marchegay, Arch. d'Anjou, I, 265). « Tous ces évènements, continue M. Maupillé, s'étaient passés antérieurement à l'année 1058, époque à laquelle fut dressé l'acte en question, et qui, étant un acte confirmatif, suppose nécessairement aux faits qu'il relate une antériorité de quelques années. Cependant le cimetière n'avait pas été compris dans ces arrangements, et Moïse prétendait le conserver. De là, entre lui et les religieux, une contestation qui ne dura pas moins de vingt années, et dans le cours de laquelle les foudres de l'Eglise frappèrent plus d'une fois le violateur de ses lois. Enfin cet homme, ramené sans doute par les années à des sentiments plus chrétiens de modération et de désintéressement, et pour prévenir les terribles jugements de Dieu que semblaient lui présager les nombreuses excommunications dont il avait été frappé, consentit à se dessaisir en faveur des religieux du cimetière de Tremblay qu'il leur avait si longtemps disputé » (Notices historiques sur la canton d'Antrain). Vers l'an 1080, un dimanche, à l'issue de la messe, Moïse restitua à l'abbaye de Saint-Florent, entre les mains de Hamon, bouteiller, et de Laurent, écrivain du monastère, le cimetière de Saint-Martin de Tremblay qu'il avait usurpé sur les moines. Dans l'acte de renonciation qu'il dressa lui-même, Moïse n'y prit que le titre de pécheur plusieurs fois excommunié, « ego Moyses peccator post multas excommunicationes » ; il confessa que le cimetière n'était pas sa propriété, mais bien celle de Dieu et de Saint-Martin de Tremblay, « cymiterium Dei et Sancti Martini Trembliacensis » ; enfin, il déclara qu'il le tenait pour la perte de son âme, et que c'est pour cette raison qu'il le rendait à Dieu et à Saint-Florent. Cette restitution fut symbolisée par un couteau que Moïse déposa sur l'autel (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 389 - M. Marchegay, Arch. d'Anjou, I, 267). « L'acte nous apprend ensuite que, quelques jours après, Moïse se présenta à la maison des moines avec deux de ses fils, qui étaient majeurs, Payen et Hervé, afin que ceux-ci donnassent leur adhésion à la cession faite par leur père ; ce qu'ayant obtenu d'eux, il essaya d'intéresser les moines par la peinture de la situation indigente à laquelle il était réduit, et les pria de lui donner, pour l'amour de Dieu, le moindre témoignage de leur bienveillance. Ceux-ci, touchés de sa position, prirent conseil de Sylvestre, évêque de Rennes, et lui donnèrent, à titre de grâce, une somme de 30 sols, afin de l'avoir pour défenseur et pour soutien contre tous ceux qui voudraient attenter à leurs droits ». Mais il paraît que le cimetière de Tremblay n'appartenait pas tout entier à Moïse et qu'un nommé Brient, frère d'Alfred, en possédait la moitié. Ce Brient consentit, en effet, à se dessaisir de ce terrain en faveur des moines de Saint-Florent du temps où vivait l'abbé Guillaume (1070-1118). Il y ajouta même le don de certaines terres avoisinant ce cimetière. A cette même époque, Geffroy Chaussebœuf donna aux mêmes religieux sa terre de Bonnefontaine, située sur la route de Tremblay à Antrain, « terram de Bonofonte.................. de Trembleio ad lntrennium ». « Ainsi fut assurée à l'abbaye de Saint-Florent de Saumur la possession pleine et entière de la paroisse de Tremblay, et l'on ne voit pas qu'elle ait été pour elle, dans la suite, l'objet d'aucune contestation. Les religieux s'y établirent dès lors d'une manière stable et permanente, et ils y fondèrent un prieuré conventuel qui devint un des membres les plus importants de l'abbaye dans le diocèse de Rennes » (M. Maupillé, Notices historiques précitées - Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 389 - Archives départementales de Maine-et-Loire). Mais les religieux de Saint-Florent ne se bornèrent pas à la possession de l'église de Tremblay, ils acquirent bientôt des droits dans celles d'Antrain et de Saint-Léger. En effet, vers la fin de ce même XIème siècle, l'église d'Antrain appartenait à trois seigneurs ; l'un d'eux, Turulle, fils de Réginald-le-Gros, voulant obéir aux injonctions des évêques et se soustraire à leurs censures, songea le premier à se dessaisir de sa portion ; il en disposa donc en faveur de l'abbaye de Saint-Florent et donna à ce monastère, pour le salut de l'âme de son père et de celle de son frère Hervé, la part qu'il avait en l'église d'Antrain, savoir une partie de la dîme, des oblations et des droits de sépulture ; et il autorisa ses vassaux à faire eux-mêmes des donations aux moines. Ceux-ci, pour lui témoigner leur reconnaissance, l'admirent à la participation de leurs prières, lui donnèrent une somme de 8 livres, et offrirent à sa femme une vache et son veau. Mais Turulle ne voulut pas se laisser vaincre en générosité par les religieux, et non content de sa précédente donation il y ajouta le don de la terre et de l'étang de Montbulain, en la paroisse de Romazy (nota : cet étang est desséché depuis longtemps, mais la prairie qui l'a remplacé porte encore aujourd'hui le nom d'Etang-aux-Moines). Comme les co-propriétaires de Turulle ne donnèrent point leurs parts de l'église d'Antrain à l'abbaye de Saint-Florent, mais bien à celle de Marmoutiers, les religieux de Saint-Florent se contentèrent d'unir à leur prieuré de Tremblay ce qu'ils avaient reçu en Antrain (D. Huynes, Histoire ms. de Saint-Florent - Toutefois l'abbé de Marmoutiers, par suite de quelques échanges, abandonna, beaucoup plus tard, tous ses droits sur Antrain au prieur de Tremblay). L'histoire de l'annexion de Saint-Léger à Tremblay est beaucoup plus compliquée, parce que cette église appartenait alors, comme les précédentes, à diverses personnes qui en firent successivement don à Saint-Florent. Un prêtre nommé Frotmond, et qualifié chapelain de Riwallon, ayant reçu sur son lit de mort l'habit monastique, donna le premier à l'abbaye de Saint-Florent le tiers de l'église de Saint-Léger, « terciam partem ecelesiœ S. Leodegarii », qu'il avait acheté d'Hervé, fils de Burchard ; il joignit à ce don celui d'un arpent de terre et d'un emplacement de maison dans le cimetière de cette église. Mais à peine Frotmond fut-il mort qu'on vit Hervé, fils de Burchard, dans le fief duquel se trouvait Saint-Léger, refuser la ratification de ce don et enlever violemment aux religieux ce que leur avait donné ce chapelain. Guillaume, abbé de Saint-Florent (de 1070 à 1118), apprenant cela, réunit au château de Combourg plusieurs personnages capables de juger cette affaire ; sur leur conseil, il offrit 100 sols à Hervé pour qu'il fit restitution ; ce seigneur, après de grandes difficultés, consentit à les accepter, mais à la condition expresse que chaque année, le jour Saint-Léger, les moines lui paieraient 2 sols pour reconnaître ses droits de fief. Cet accord fut conclu en présence de Jean de Dol, seigneur de Combourg, et fils de Riwallon (Livre Blanc de Saint-Florent, 75 et 86). Un autre propriétaire de l'église de Saint-Léger, Geffroy Le Chat, reçut aussi l'habit religieux à son lit de mort, comme Frotmond, et les moines de Saint-Florent lui donnèrent une sépulture honorable. Ce que voyant, Robert et Guillaume Le Chat, ses frères, du consentement d'Aaliz, leur mère commune, donnèrent à l'abbaye de Saint-Florent leur portion de l'église de Saint-Léger, avec sa dîme, la moitié d'un verger, et un emplacement de maison près cette église pour construire un prieuré : « Dederunt Sancto Florentio ecclesiam Sancti Leodogarii et decimam et medietatem virgulti sui et unam plateam juxta ecclesiam ad faciendum domum ad opus monachorum ». Cette donation fut faite très-solennellement sous le porche de l'église de Tremblay, « apud Trembleium in porticu ecclesiœ », en présence de Rolland, archevêque de Dol (1093-1107), Raoul, seigneur de Fougères, Geffroy, archidiacre de Dol, et Geffroy de Langan, Bénédictin. Mais là aussi les religieux de Saint-Florent se trouvèrent bientôt attaqués dans leurs droits. Il paraît que Robert Le Chat eut des pertes de fortune ; peut-être regretta-t-il par suite le don qu'il avait fait? Toutefois il ne paraît pas avoir cependant réclamé lui-même près des moines de Saint-Florent. Ce fut un nommé Hamon qui, soutenu par Guillaume l'Ismaëlite, vraisemblablement seigneur de Tinténiac, enleva aux religieux les biens que leur avait donnés la famille Le Chat. Guillaume, abbé de Saint-Florent, vint encore terminer cette affaire à Combourg, mais ce fut cette fois au chevet de l'église de Notre-Dame que cet abbé reçut la soumission d'Hamon repentant ; ce dernier rendit donc aux religieux tout ce qu'il leur avait enlevé à Saint-Léger, et ceux-ci voulurent bien renoncer à la jouissance de deux portions de dîmes jusqu'à ce que Robert Le Chat eût recouvré ses biens. Guillaume l'Ismaëlite lui-même approuva cette convention, qui mit fin à la querelle (D. Huynes, Histoire ms. de Saint-Florent - Livre Blanc de Saint-Florent, 61). A la suite de ces diverses donations, les religieux de Saint-Florent réunirent à leur prieuré de Tremblay les droits qu'ils avaient acquis à Antrain et à Saint-Léger, car il ne semble point qu'ils aient profité du don de plusieurs emplacements de maison à Saint-Léger pour fonder un prieuré distinct en ce lieu ; la preuve en est dans ce qui suit. Il paraît que la troisième partie de l'église de Saint-Léger était restée entre les mains d'une famille considérable habitant la paroisse de Cuguen. Un seigneur de cette maison, nommé Guillaume l'Epine, ayant en effet persécuté d'abord les moines de Saint-Florent, mais étant revenu à de meilleurs sentiments, leur donna à eux et à leur frère, le prieur de Tremblay, « monachis Sancti Florentii et priori de Trembleio », avec l'assentiment d'Aude, sa femme, et de ses héritiers, les dîmes de Saint-Léger, c'est-à-dire la dîme des grains, des prémices et de toutes les oblations de l'autel de cette paroisse, et il y-ajouta encore un emplacement de maison situé dans le fief de l'abbé de la Vieuville à Saint-Léger (« Decimas de Sancto Leodegario videlicet bladi, primiciarum et omnium altaris oblationum et quamdam plateam, etc. »). En signe de pardon et de reconnaissance, les religieux de Saint-Florent admirent Guillaume l'Epine à la participation de leurs bonnes oeuvres et le traitèrent comme un frère ; de son côté, ce seigneur promît de défendre les droits de l'abbaye de Saint-Florent, si quelqu'un voulait contester la donation qu'il venait de lui faire. Guillaume, archidiacre de Dol en 1197, approuva ces actes qui, par suite, doivent être de la fin du XIIème siècle (Archives départementales de Maine-et-Loire). C'est en vertu de toutes ces donations que nous voyons au XVIIème siècle les prieurs de Tremblay joindre à leur titre celui de prieur d'Antrain et de Saint-Léger. Mais nous n'en avons pas encore fini avec les dépendances primitives du prieuré de Tremblay. Nous voyons, en effet, les papes Calixte II en 1122, et Innocent II en 1142, confirmer l'abbaye de Saint-Florent dans la possession de l'église Saint-Martin de Tremblay et de ses dépendances dans cette paroisse, « ecclesiam Sancti Martini de Trembleyo cum pertinenciis suis », et un peu plus tard leur successeur, Urbain III, nommer en 1186 ces dépendances « ecclesiam Sancti Martini de Trembleyo cum capellis Sanctœ Mariœ de Kateria et Sancti Albini super Coysnon et Sanctœ Mariœ de Pontorso » (Archives départementales de Maine-et-Loire). Ainsi, au XIIème siècle, voilà trois chapelles en Tremblay dépendant, comme l'église paroissiale, de l'abbaye de Saint-Florent. Nous verrons bientôt qu'une quatrième, dédiée à saint Blaise, lui appartenait encore dans le bourg même de Tremblay. La première de ces chapelles, Notre-Dame de la Chattière, se trouvait évidemment près du manoir de la Chattière ; elle fut reconstruite en 1692 sous le vocable de saint Julien et appartenait alors au seigneur de Saint-Brice. Cette chapelle donna naissance au prieuré de la Chattière, membre de l'abbaye du Tronchet. — La deuxième, Saint-Aubin-sur-Couasnon, était une chapelle voisine du manoir du Pontavice et située sur le bord du Couasnon ; également aliénée par les moines, elle appartenait en 1672 au seigneur du Pontavice. — Quant à la troisième, nous croyons qu'il y a erreur dans la charte qui la désigne sous le nom de Notre-Dame de Pontorson ; rien ne rappelle cette dénomination en Tremblay. Toutefois, nous avons dit que la terre de Bonnefontaine avait été donnée au XIème siècle aux religieux de Tremblay ; or, la chapelle de ce manoir, situé, il est vrai, en Antrain, mais sur l'extrême limite de Tremblay, était jadis dédiée à la Sainte Vierge ; ne se pourrait-il pas qu'un mauvais copiste eût mal lu Sanctœ Mariœ de Fonte Bono et eût écrit le nom bien plus connu de Sanctœ Mariœ de Pontorso? Si la chose n'est pas certaine, elle est au moins probable (nota : une des métairies de Bonnefontaine s'appelait naguère et se nomme peut-être encore maintenant l'Abbaye ; c'était évidemment la terre donnée aux moines de Saint-Florent). Quoi qu'il en soit, les moines de Saint-Florent perdirent avec le temps Bonnefontaine comme la Chattière et le Pontavice. L'Ancien Pouillé de Saint-Florent nous apprend que trois moines résidaient au prieuré de Tremblay et que la cure ou vicairie dépendait d'eux, leur prieur étant considéré comme curé primitif de la paroisse (« In prioratu Sancti Martini de Tremblay habemus tres monachos ; vicaria ejusdem prioratus »). Vers 1490, Louis du Bellay, abbé de Saint-Florent, fit la visite du prieuré de Tremblay. Il y constata que le prieur devait neuf messes par semaine, qu'il levait le tiers des grosses dîmes de Rimou et les deux tiers de celles de Saint-Léger, et qu'il avait aussi quelques rentes en Antrain. L'abbé visita ensuite la chapelle de Saint-Aubin, que le seigneur du Pontavice avait fait rebâtir et qu'il entretenait, et il apprit que le prieur de Tremblay n'avait plus droit qu'à 6 sols 8 deniers sur cette chapelle, parce que le reste des oblations revenait au prêtre chargé par le seigneur du Pontavice d'y dire les messes fondées. Enfin, Louis du Bellay se rendit à la chapelle Saint-Blaise, située dans le bourg et dépendant du prieuré, et il vit avec peine qu'elle était déjà ruinée (D. Huynes, Histoire ms. de l'abbaye de Saint-Florent). Le prieuré de Tremblay était en commende dès le XVème siècle, et vers 1500 il appartenait à Pierre Bourgneuf, trésorier et chanoine de Rennes. A cette époque, la maison conventuelle était tombée en ruine et ne renfermait plus de religieux ; l'abbé de Saint-Florent, l'ayant appris, voulut contraindre le prieur à relever son monastère et à y recevoir au moins un religieux obédiencier ; mais Pierre Bourgneuf refusa net et en appela contre son abbé en 1503. L'abbé de Saint-Florent, irrité contre ce commendataire, l'excommunia l'année suivante (D. Huynes, Histoire ms. de l'abbaye de Saint-Florent). Comme, toutefois, le prieuré de Tremblay continua d'être donné en commende après la mort de Pierre Bourgneuf, il n'est pas vraisemblable que le monastère ait été rebâti ni qu'un religieux y soit revenu demeurer. Ainsi tombe d'elle-même l'assertion gratuite d'Ogée, disant qu'en 1630 le prieuré de Tremblay était encore desservi par trois moines de Saint-Florent (Dictionnaire de Bretagne, voir Tremblay). Voici, au reste, en quoi consistait en 1679 le prieuré de Tremblay, possédé alors par un simple étudiant en l'Université de Paris : « La maison priorale, jardins devant et derrière, granges, étable, fournil avec cour close, deux pièces de terre avec un colombier, l'église paroissiale et son cimetière, le tout fermé de murailles, contenant 5 journaux, y compris une place vague derrière l'une des granges ; — une dizaine de journaux de terre, en labour et en prés, parmi lesquels nous remarquons le champ de l'Etang, contenant 3 journaux ; — le fief du Bourg, renfermant 59 journaux, dont les hommes doivent 4 sols au prieur ; — le fief de la Bouesselais, contenant 32 journaux, sans comprendre les communs, et dont les hommes doivent 40 sols de rente ; — le fief de la Jacquelière, en Tremblay comme les deux précédents ; — un fief en Saint-Léger, au village de la Ville-Marie ; — une haute, moyenne et basse justice à Tremblay, avec tous les autres droits et prééminences inhérents ; — toutes les dîmes grosses, menues, vertes et charnage en Tremblay, sauf les novales, abandonnées au recteur ; — tout droit de dîmes grosses et menues, vertes et charnage en Saint-Léger, sauf les novales, laissées au recteur ; — toutes les grosses dîmes en Antrain, sauf le trait de Nuglé, dont le recteur jouit aussi bien que des dîmes vertes, menues et novales ; — une rente de 120 livres due au prieur par la fabrique d'Antrain ; — quelques dîmes et rentes en la paroisse de Rimou » (Déclaration du prieuré en 1679 - Réformation du Domaine en 1680). Le prieuré de Tremblay fut affermé le 6 août 1764 pour la somme de 3 122 livres 10 sols 10 deniers, plus l'acquit des charges suivantes : 68 boisseaux de froment, mesure d'Antrain, dus chaque année à la fabrique d'Antrain ; — don du pain bénit, une fois par an, en l'église de Tremblay. Mais, outre ces charges, acquittées par son fermier, le prieur de Tremblay avait d'autres obligations auxquelles il devait satisfaire lui-même, savoir : entretenir les chanceaux des églises de Tremblay, Rimou et Saint-Léger ; — payer les décimes ; — payer à l'évêque de Rennes, pour ses droits cathédraliques à Tremblay, 13 livres 18 sols ; — à l'abbé de Saint-Florent, pour droit de mense abbatiale, 6 livres ; — au Chapitre de Rennes, 6 livres ; —  au recteur de Tremblay, pour sa portion congrue, 300 livres ; —  au vicaire de Tremblay, 200 livres ; — aux prêtres disant les messes dues à Tremblay par le prieuré, 120 livres ; — à l'évêque de Rennes, pour ses droits cathédraliques à Antrain, 13 livres 18 sols 6 deniers ; — au Chapitre de Rennes, à cause d'Antrain, 15 livres 14 sols 6 deniers ; — au recteur d'Antrain 70 livres, et à son vicaire 200 livres ; — pour les messes dues par le prieuré à Antrain, 60 livres ; — au recteur de Saint-Léger, pour sa portion congrue, 400 livres. Lorsque le prieur de Tremblay avait acquitté toutes ces charges multiples, il ne lui restait net que 1 673 livres de revenu (Archives départementales de Maine-et-Loire). Terminons en signalant un devoir féodal incombant encore au prieur de Tremblay, devoir assez original et rappelant les origines mêmes du prieuré. Il y avait une grande foire à Saint-Léger le 2 octobre de chaque année, et le seigneur de Combourg, dans la baronnie duquel se trouvait Saint-Léger, avait pris toutes ses précautions pour maintenir en cette circonstance l'ordre dans le bourg par un guet fait le jour de la foire, la veille et les deux nuits. Or, d'après un aveu de 1580, « le prieur de Tremblay, à cause du prieuré de Saint-Léger, dépendant du prieuré de Tremblay », était tenu « pour lesdits deux soirs (de la veille et du jour de la foire) de fournir et bailler torches et flambeaux allumés pour faire l'assiette du guet, et iceux apporter ou faire apporter au-devant de la porte du cimetière dudit Saint-Léger ». Outre cela, le prieur de Tremblay devait « trois demaux d'avoine grosse, mesure de Combourg, chacun an, le lendemain de ladite foire, que tiennent les plaids dudit Combourg au bourg de Saint-Léger, pour les chevaux des officiers du seigneur de Combourg ». (Bulletin de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine, II, 199). L'ancien logis prioral de Tremblay est présentement une maison de ferme située dans le bourg, au Nord de l'église, et ayant encore une certaine apparence, sans offrir cependant rien de remarquable. Liste des prieurs de Tremblay : — Guarin fit en 1203 une transaction avec le recteur d'Antrain au sujet des oblations faites en cette église. — Dom Olivier de Broon, moine de Saint-Florent, prieur commendataire en 1486, devint abbé de Saint-Aubin-des-Bois et de Saint-Melaine ; décédé en 1501. — Pierre Bourgneuf, trésorier et chanoine de Rennes, plaida, comme on l'a vu, contre l'abbé de Saint-Florent en 1503 ; décédé en 1523. — Pierre Gallier (1557). — Guillaume Ruzé, évêque d'Angers (1584). — Charles de Faucon, prieur commendataire et conseiller au Parlement de Bretagne (1598). — Jean-Louis Brunel, étudiant à l'Université de Paris, rendit aveu au roi le 4 février 1679. — Jean de Merguard, évêque de ... (1682). — Benoît Lupert résigna en 1683 en faveur de son neveu, qui suit. — Fulgence Lupert, demeurant à Rome, rendit aveu au roi le 14 janvier 1687, et résigna peu après en faveur du suivant. — Jean-Baptiste-Gilles de Lescu de Beauvais, fils de François, seigneur de Beauvais, en Gévezé, et de Sainte Godart, prieur dès 1688, soutint de longs procès contre les recteurs de Tremblay et d'Antrain au sujet des dîmes de ces paroisses. Il résigna en 1727 en faveur du suivant, avec la réserve d'une pension viagère de 600 livres sur le prieuré. — François de Lescu de Beauvais, fils aussi d'un seigneur de Beau­vais, clerc tonsuré, fut pourvu en 1727 et résigna au bout de dix ans. — Luc-Sévère de Poulpiquet du Halgouët, clerc du diocèse, pourvu en février 1737, était en 1762 seigneur du Halgouët, de Juzet et d'Hugères, diacre et bachelier en théologie ; il habitait alors son château de Juzet, en Guémené-Penfao, et il résigna son prieuré le 1er mars en faveur du suivant, moyennant une pension viagère de 4 300 livres. Dom Jean-Baptiste de Bellegarde, Bénédictin, prieur claustral de Saint-Florent de Saumur, puis de Saint-Gildas de Rhuys, fut pourvu du prieuré de Tremblay en 1762 ; il habitait en 1769 l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, et en 1776 celle de Redon ; ce fut de là qu'il résigna, le 19 août 1776, en faveur du suivant. — Dom Jean-Marie Mancel, Bénédictin et religieux de Saint-Aubin d'Angers, fut nommé par l'abbé de Saint-Florent le 31 août 1776 (abbé Guillotin de Corson) ;

l'ancien prieuré de la Chattière, aujourd'hui disparu, et jadis membre de l'abbaye du Tronchet. Le prieuré de la Chattière se trouvait dans la paroisse de Tremblay, évêché de Rennes ; il avoisinait le château du même nom et avait été fondé par les seigneurs de la Chattière, vraisemblablement pour desservir la chapelle de leur manoir. Aussi dès 1407 voyons-nous le sire de Saint-Brice, seigneur de la Chattière (nota : la seigneurie de la Chattière fut unie à celle de Saint-Brice dès le XIVème siècle et demeura telle jusqu'en 1790), réclamer les droits de présentation et de patronage de ce prieuré. En revanche, le même seigneur avoua devoir « par chacun an une rente de 16 livres audit prieur de la Chattière pour la fondation de la chapelle dudit lieu et pour certain nombre de messes dont il est chargé » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). Cette chapelle de la Chattière était bien ancienne, puisqu'elle apparaît dès l'an 1186, sous le vocable de Notre-Dame, « capella Sancte Marie de Kateria », parmi les possessions du prieuré de Tremblay. Il paraît donc qu'à cette époque elle appartenait aux religieux de l'abbaye de Saint-Florent. Ceux-ci la cédèrent à une époque inconnue à leurs confrères du Tronchet, car elle figure au XVIIème siècle, notamment dans une déclaration de 1685, parmi les prieurés de cette dernière abbaye. Cette chapelle changea aussi plusieurs fois de vocable : dédiée à la Sainte Vierge au XIIème siècle, elle était au XVIème siècle « fondée en l'honneur de Monsieur sainct Symphorien », et lorsqu'elle fut reconstruite en 1692 par les seigneurs de Saint-Brice, ce fut sous le titre de Saint-Julien de la Chattière, nom qu'elle conserva depuis lors (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). Nous venons de voir qu'au commencement du XVème siècle ce petit bénéfice était doté de 16 livres de rente ; en 1713 il valait 40 écus et était toujours à la présentation des seigneurs de Saint-Brice. Mais depuis bien longtemps les Bénédictins avaient cessé de desservir la Chattière, et la chapelle de ce nom avait perdu toute trace de son origine monastique pour demeurer un simple bénéfice séculier ; cet état de choses dura jusqu'au moment de la Révolution (abbé Guillotin de Corson) ;

la croix de La Mancelière ; 

la croix (XVIIIème siècle), située dans le transept nord de l'église Saint-Martin ; 

la croix (XVIIIème siècle) de La Couvaillère ; 

la croix (XIX-XXème siècle), située de La Dieuverrie ; 

les vestiges (portail) du manoir du Pontavice (XVème siècle). Ce manoir est encore surnommé "Motte du Tronchay". Propriété des seigneurs du Pontavice en 1414, puis des familles Budes seigneurs de Sacé (au début du XVIIème siècle), de la Palluelle barons de Corbéan (en 1634), Labbé seigneurs du Hino (en 1680), de Lys seigneurs de Beaucé (en 1681), Labbé (avant 1737), le Gras seigneurs de Charost (en 1737), du Hallay (en 1760 et en 1789) ; 

le manoir de la Coquillonais ou Coquillonnaye (XV-XVIème siècle). Il possède deux tourelles et possédait jadis une chapelle privée. Propriété successive des familles Coquillon (Georges Coquillon, en 1428), juveigneurs des seigneurs du Pontavice (en 1428 et en 1474), Tuffin (en 1540), du Hallay seigneurs de Champsavin (vers 1605), de Vauborel seigneurs de la Chapelle-Brémanfany (en 1672), Ferret seigneurs de Montaran (en 1683), de la Cornillère seigneurs d'Ardennes (en 1694 et au milieu du XVIIIème siècle), puis d'Anne du Fresne veuve de Pierre de la Motte de Lesnage seigneur de Bonne-Fontaine (en 1784) et des familles Latapie de la Garde et Marchix ; 

le manoir des Noyers ou Nouillé (1549) ; 

la maison du Bois-le-Bon (XVI-XVIIème siècle), surnommée encore "Maison de la Ferme" et édifiée par Michel Le Bon en 1588 (nommé recteur de Tremblay en 1588). Il s'agit de la maison natale d'Exupère Bertin, savant anatomiste (1712-1781) ; 

la maison de la Garenne (1568 – XVII-XVIIIème siècle), édifiée par la famille Coupe en 1568 ou par les frères Mac-Goulde en 1569. Propriété de la famille du Chastellier seigneurs de Villavran en 1588 et en 1623, puis de la famille le Bon seigneurs de la Denoisterie, dits du Bois-le-Bon, en 1663 et en 1770. Cette maison est remaniée au XVIIème siècle. Cette maison servait autrefois de relais de Poste. On l'appelait encore "Hôtel des Voyageurs" ou "Hôtel Debieu" jusqu'en 1930. On y trouve un jolie cadran solaire ; 

l'ancienne maison Les Fossés (1613), édifiée par Bertin, sieur de Neuglé ; 

l'ancien presbytère (aujourd'hui mairie) date des années 1800. On y trouve des éléments (linteau, niche) qui datent de 1654 ; 

la fontaine de Budor. Elle a été jusqu'au milieu du XVIIIème siècle l'objet d'un culte superstitieux ; 

le puits de La Chobetterie (XVIIIème siècle) ; 

12 moulins dont les moulins à eau du Pontavice, de Bonne-Fontaine, de la Hélandière, des Ardennes (à grain), des Ardennes (à papier), de la Chattière (à foulon, XVIIIème siècle), de Briand, de Maleute, Neuf, de la Rochequibuc (à papier), de la Rochequibuc (à grain),... 

A signaler aussi : 

l'ancienne fontaine, située rue Organtine ;

un lieu fortifié situé au village d'Ardillon ;

l'ancien manoir de la Morinais. Propriété de la famille de Porcon seigneurs de Bonne-Fontaine (en 1513), puis de la famille de la Marzelière (vers 1540 et en 1603) ;

l'ancien manoir d'Ardennes ou de la Mordanterye. Propriété successive des familles de Langan (en 1428), Jeanne du Pontavice (en 1494), Liger (en 1513), de la Cornillère seigneurs de la Maillardaye (au XVIIème siècle), François Chesnard seigneur de la Mordanterye et Ursule du Boishalbran (en 1675), de la Cornillère (en 1684 et au milieu du XVIIIème siècle), du Bois le Bon seigneurs de la Bécannière (avant 1784), Picquet seigneurs du Bois-Guy (vers 1784) ;

l'ancien manoir de la Hellandière. Propriété des seigneurs de la Hellandière en 1603 et en 1680, puis des familles Bonamy et Guinemer sieurs du Coudray (vers 1744 et en 1789) ; 

l'ancien manoir de la Chattière. Il possédait jadis un droit de haute justice dans l'auditoire d'Antrain. C'était une sergenterie féodée de la seigneurie de Saint-Brice en Saint-Brice-en-Coglès. Elle est unie à la baronnie de Saint-Brice en 1566. Propriété successive des familles de Montauban seigneurs de Saint-Brice (en 1513), de Volvire seigneurs de Saint-Brice (en 1554) ;

l'ancien manoir de la Herveais, situé route de Saint-Brice-en-Coglès. Propriété successive des familles le Séneschal seigneurs du Rocher-Séneschal (en 1513), Tuffin seigneurs de Mézandré (en 1580), du Hallay seigneurs de la Coquillonnaye (en 1667), de Vauborel seigneurs de la Chapelle-Brémanfany (en 1672), Michau seigneurs de Montaran (en 1682), de la Cornillère seigneurs d'Ardennes (en 1694) ;

l'ancien manoir de Trouenson, situé route de Saint-Brice-en-Coglès. Il possédait jadis une chapelle privée. La chapelle de Trouenson, voisine de cet ancien manoir (note ms. de M. l'abbé Forget. — Le possesseur de Trouenson devait au seigneur de la Chattière deux sonnettes d'argent pour épervier à chaque mutation de propriétaire) et dont le souvenir seul existe encore, pourrait bien être cette Capella Sanctœ Mariœ de Pontorso mentionnée dès 1186 comme appartenant alors aux religieux du prieuré de Tremblay (Pouillé de Rennes) ;

l'ancien manoir de la Pantonnerie. Propriété de la famille le Séneschal en 1513, puis du seigneur de Langevinière en 1559 ;

l'ancien manoir de la Rouaudais, situé route de Chauvigné ;

l'ancien manoir des Touches, situé route de Romazy. Propriété successive des familles Chesnel seigneurs de Maillechat (en 1479), de Coësmes seigneurs de Maillechat (en 1513), le Gouz seigneurs de Gallerne (vers 1541), de Sévigné seigneurs de Montmoron (en 1657) ;

l'ancienne Maison de l'Ecu du Roi, située route de Rimou, près de Serrey ;

l'ancien manoir de la Malherbais ou de la Ménerbais, situé route de Rimou. Propriété de la famille Lardoux en 1428, puis de la famille du Hallay seigneurs du Pontavice en 1789 ;

l'ancien manoir de la Chastelais. Propriété de la famille Mouton en 1513 ;

l'ancien manoir de la Fournairie. Propriété successive des familles Morel (en 1428), Labbé seigneurs du Pontavice (en 1685), le Gras seigneurs du Pontavice (en 1755), du Hallay seigneurs du Pontavice (en 1789) ; 

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ANCIENNE NOBLESSE de TREMBLAY

La seigneurie du Pontavice a donné son nom à une noble famille qui subsiste encore et qui posséda longtemps cette terre en la paroisse de Tremblay. Guillaume du Pontavice, seigneur dudit nom, rendit aveu au baron de Fougères, en 1414, pour sa terre du Pontavice. Il était sous les armes en 1419 comme écuyer de la retenue de Bertrand de Dinan, maréchal de Bretagne. Il vivait encore en 1444, ayant vu mourir, en février 1432, son fils Jean du Pontavice. Ce fut son petit-fils, autre Jean du Pontavice, qui lui succéda et rendit aveu pour le Pontavice en 1454 (Archives de Loire-Inférieure). Ce seigneur épousa Thomine de la Barre, dont il était veuf en 1470. Il vivait encore en 1496 et eut pour successeur François du Pontavice (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds Maupillé). Rolland du Pontavice, fils de François et seigneur du Pontavice en 1513, fit la déclaration de sa terre au roi en 1540. L'année suivante, obligé de se présenter à la montre du Mans, il se fit remplacer à celle de Rennes par Jean Le Chat, qui parut « monté et armé en estat d'archer » et jura que le revenu noble dudit seigneur du Pontavice n'était à Tremblay que de 120 livres. Charles du Pontavice succéda à son père qui précède et fit hommage au roi pour sa seigneurie du Pontavice le 29 avril 1560 (Archives de Loire-Inférieure, B. 1009). L'année suivante il se fit maintenir dans ses droits de haute justice et dans ses prééminences en l'église de Tremblay. L'auteur (M. Hémery de Goascaradec) de la Généalogie de la maison du Pontavice dit que Charles du Pontavice fut créé chevalier de l'Ordre du roi et tué avec ses deux fils en combattant pour Henri IV contre le duc de Mercœur, vers 1594. Il fut le dernier seigneur mâle du nom du Pontavice à posséder cette seigneurie, mais il laissa au moins deux filles : Marguerite du Pontavice, mariée à René Budes, seigneur de Sacé, qui hérita du Pontavice, en fit hommage au roi en 1618, mais mourut en avril 1634, ne laissant pas de postérité, — et Anne du Pontavice, qui épousa Pierre de la Palluelle. Ce fut Charles de la Palluelle, baron de Corbery et fils des précédents, qui hérita do sa tante et fit hommage au roi, en 1634 et 1653, pour sa seigneurie du Pontavice (Archives de Loire-Inférieure, B. 1011). Ce seigneur prenait en 1672 les titres de marquis de la Palluelle, comte du Pontavice et doyen des chevaliers de l'Ordre du roi. Il habitait ordinairement son château de la Palluelle en Normandie, ce qui ne l'empêcha pas de doter généreusement la chapelle de Saint-Aubin, voisine du Pontavice (Archives d'Ille-et-Vilaine, 9G, 19). Mais par contrat du 17 décembre 1680, Isaac, marquis de la Palluelle, et Marie de Rosmadec, sa femme, vendirent la terre seigneuriale du Pontavice, moyennant 30 000 livres à Yves Labbé, seigneur du Hino. L'année suivante, celui-ci revendit le Pontavice, le 30 novembre, à Sébastien de Lys, seigneur de Beaucé. Toutefois Pierre Labbé, fils du vendeur, retira féodalement, le 23 décembre 1681, cette seigneurie qui lui demeura (Archives de Loire-Inférieure, B. 1032). Yves Labbé, seigneur du Hino, veuf de Nicolle Letort, mourut à Paris le 14 décembre 1710. Son fils fit apporter son coeur en l'église de Tremblay. Pierre Labbé lui même, qualifié comte du Pontavice, mourut au mois d'août 1735 et il ne laissait pas d'enfants, mais de nombreux héritiers collatéraux, qui vendirent ces biens pour s'en partager la valeur (Archives de Loire-Inférieure). La seigneurie du Pontavice fut achetée par contrat du 29 décembre 1737, par Louis Le Gras, seigneur de Charost, doyen des conseillers du Présidial de Rennes, qui fit hommage au roi de son acquisition (Archives de Loire-Inférieure, B. 1037). Ce seigneur décéda le 27 mars 1755, laissant le Pontavice à son fils Pierre Le Gras, seigneur de Charost, lequel en rendit aussitôt aveu au roi. Mais ce dernier ne conserva point cette terre seigneuriale, qu'il vendit en 1760 à Emmanuel-Agathe, marquis du Hallay. Ce dernier, qualifié seigneur châtelain du Pontavice, mourut en 1802, après avoir émigré et avoir vu vendre nationalement la terre du Pontavice. L'auteur de la Généalogie de la maison du  Pontavice dit que la seigneurie du Pontavice était une « ancienne châtellenie ». Quoique nous n'ayons point retrouvé les lettres d'érection de cette châtellenie, son assertion semble confirmée par l'habitude qu'avaient les seigneurs du Pontavice aux XVIIème et XVIIIème siècles, de se dire comtes ou châtelains dudit lieu. Une partie de la seigneurie du Pontavice relevait de la baronnie de Fougères et par suite du roi depuis le XVIème siècle. Son possesseur devait même chaque année à Noël payer au baron de Fougères une rente de 36 sols en l'église Saint-Léonard de Fougères, entre la messe de minuit et celle du point du jour. De plus, les deux moulins à eau du Pontavice appartenaient en indivis à ce baron de Fougères et au seigneur du Pontavice. Au XVème siècle le sire de Fougères affermait 20 livres par an sa moitié des moulins du Pontavice au seigneur du lieu (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds Maupillé). Mais à la même époque l'ancien manoir du Pontavice, relevant de Fougères, était déjà en ruines, et en 1454 le seigneur du Pontavice habitait à peu de distance un nouveau manoir appelé aussi le Pontavice, qu'il tenait comme juveigneur du sire de Saint-Brice. Ce manoir, qui continua d'être l'habitation seigneuriale du Pontavice, demeura toujours tenu prochement du seigneur de Saint-Brice, comme faisant partie de la Grande vairie de Tremblay, membre de la baronnie de Saint-Brice. Voici maintenant de quoi se composait la seigneurie du Pontavice en domaine proche : l'emplacement ou « assiette d'hostel ancien appelé les Vieilles Salles du Pontavice » et la motte du Tronchay, le tout dans un bois futaie de 30 journaux, « circuité de la rivière de Couasnon » et appelé bois du Pontavice, — les deux moulins sur ledit Couasnon, — le manoir du Pontavice, avec son colombier, qui devint en dernier lieu la métairie du Bas-Pontavice, au bord même du Couasnon, — les métairies de la Porte, du Haut-Pontavice, des Fontenettes et de la Fournairie (toutes relevant de Saint-Brice), la métairie de la Mahonnerie, relevant du roi, etc. (Déclarations de Pontavice en 1540, 1685 et 1730). A tout cela le marquis du Hallay avait uni au dernier siècle sa métairie de Rinan, et « la halle de Rinan avec son horloge », en Tremblay. Il avait, en effet, obtenu de Louis XVI, en juillet 1787, le droit d'avoir un marché tous les mercredis à Rinan (Archives du Parlement de Bretagne, 44e reg. 186). Le seigneur du Pontavice jouissait d'une haute justice dans les fiefs qu'il possédait dans la baronnie de Fougères. Mais dans les fiefs qu'il tenait de Saint-Brice, il n'avait qu'une moyenne justice. Il y était d'ailleurs regardé comme sergent féodé du sire de Saint-Brice en sa vairie de Tremblay, qui était elle-même une haute justice. Les fiefs en haute justice relevant du roi étaient le Vieil-fief du Pontavice en Tremblay, le fief de Montbaudry en Romazy, le fief du Pontavice en Roz-sur-Couasnon (ce dernier fief, détaché de la seigneurie du Pontavice au XVIIème siècle, fut alors donné à Marguerite de la Palluelle quand elle épousa Gervais de Marcille) et un fief en Antrain dont nous ignorons le nom. Les fiefs en moyenne justice relevant de Saint-Brice étaient ceux de la Mahonnerie, des Fossés, de Villechien, du Tertre et du Val-de-Couasnon, tous en Tremblay. Les habitants de ce dernier fief devaient chaque année au seigneur du Pontavice, sous peine d'amende, le jour de la fête du Saint-Sacrement, « deux cierges de cire blanche, armoyés des armés dudit seigneur, allumés et flambants, chacun pesant une livre et demye », et présentés au banc seigneurial du Pontavice, en l'église de Tremblay, « lorsqu'on commence la procession du Sacre ». Le seigneur du Pontavice jouissait aussi des droits de quintaine, de soûle et de mai. Voici comment ils s'exerçaient en 1685 (les deux premiers regardaient les vassaux d'Antrain, le mai concernait ceux de Tremblay) : « Tous les nouveaux mariés de bas estat de la paroisse d'Antrain sont tenus comparoir chaque lundy de la Pentecoste en la place sise au bord de la rivière de l'Oisance, au dessoubs de la ville d'Antrain ; au milieu de laquelle place y a un post chargé des armes du seigneur du Pontavice, et ayant chacun un cheval et des gaules sont tenus lesdits mariés courir la quintaine contre ledit post et faire leur debvoir sous peine d'amende ». Le devoir de la soule se rattachait à celui de la quintaine, comme on va voir : « Doibt le Prévost ou coustumier d'Antrain comparoir à la principale porte du cimetière de l'église parochiale dudit lieu d'Antrain, chaque jour de Noël, à l'issue de la messe du point du jour, et y jeter une soule ou boise de la part du seigneur du Pontavice, laquelle soule sera courue par lesdits paroissiens d'Antrain non nobles, et celui qui l'emportera sera quitte l'année suivante du debvoir de quintaine, en la rapportant audit seigneur ou à son procureur ». Enfin « est en possession le seigneur du Pontavice, de temps immémorial, de faire nommer, par ses juge et procureur d'office, un habitant de la paroisse de Tremblay pour estre capitaine de ladite paroisse, lequel capitaine choisit, le premier jour de may, une fille appelée capitainesse; et doibvent (lesdits capitaine et capitainesse) danser ledit jour dans le bourg de Tremblay, en la cour du prieuré qui y est situé ; puis aller, avec des sonneurs, dans la basse-cour de la maison du Pontavice, et y doibvent pareillement faire sonner, danser et lever un may au-devant de la grande porte de ladite basse-cour » (Aveu de Pontavice en 1685). Dans l'église de Tremblay, toutes les prééminences et droits de supériorité et de fondation appartenaient au seigneur du Pontavice. Dès 1540, Rolland du Pontavice déclarait au roi avoir à Tremblay « toutes les prééminences avec lisière, banc et armoiries ès vitres et en bosse ». On retrouve encore dans cette église une pierre tombale provenant de l'ancien enfeu des seigneurs du Pontavice : elle porte, traversé par une épée, un écusson : d'argent au pont à trois arches de gueules, accompagné d'un croissant au canton dextre du chef et d'une fleur de lys en pointe. Ce sont les armoiries du Pontavice avec brisures (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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