Web Internet de Voyage Vacances Rencontre Patrimoine Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Bienvenue !

RENNES : FONDATION DU COUVENT DE BONNE-NOUVELLE.

  Retour page d'accueil       Retour page "Notre-Dame-Bonne-Nouvelle"       Retour page "Ville de Rennes"  

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Fondation du Couvent de Bonne-Nouvelle.

Quelle est exactement l'origine du couvent des Dominicains de Rennes, où se voyait l'oratoire de Bonne-Nouvelle ?

Selon la tradition dominicaine rapportée par l'auteur du Triomphe du Vœu, dans sa brochure en date de 1634, ce couvent aurait été fondé en 1368 par Jean de Montfort, en commémoration de sa victoire sur Charles de Blois au jour Saint-Michel 1364.

Missire Pinsard dit à ce sujet à la page 19 de sa publication : « Le courrier envoyé vers Rennes à Jeanne de Flandre par Jean de Montfort, craignant pour elle une émotion pénible, lui dit en remettant ses lettres et avant qu'elle eût pu les ouvrir pour en lire le contenu : Bonne nouvelle, madame, le couvent fut dédié à Dieu sous le titre de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle ».

On grava sur une plaque de cuivre les douze vers suivants :

« L'an mil trois cent soixante et huit, - Par le duc Jean, quart de ce nom, - Fut le couvent ici construit, - Dont à bon droit et grand renom, - En l'honneur de l'Assomption - De la Vierge reine pucelle - Fut faite la fondation, - Qui fut, au pays bonne nouvelle, - Car par la prière d'icelle - Et du grand prince la foy, - Fut fondé, point ne le cèle, - Après la grande journée d'Auroy ».

Cette tradition dominicaine est excessive. Le duc Jean IV fut le protecteur et prit le titre de fondateur du couvent des Dominicains de Rennes ; mais il paraît être demeuré étranger à la première idée de cette pieuse fondation.

La lettre d'amortissement, que l'on peut encore lire actuellement aux Archives d'Ille-et-Vilaine, sous le classement, 1 H 5, nous indique la vérité sur ce point ; on y lit ces mots :

« Au commencement de l'année 1367, noble homme Pierre Rouxel dit Bellehère et Jeanne Rebillart, sa femme, bourgeois et habitants de Rennes, donnèrent à l'église deux herbregements, des terres, courtilz et mesons, le tout sis en la parouesse de Saint-Aulbin, non loin du cimetière de Sainte-Anne et du grand chemin rennais par où l'on va à Saint-Estienne... Leur pieuse intention était de faire et accomplir en honour et remembrance de notre père Jésus-Christh et de la benoiste Vierge Marie sa sainte mère, ung monastère des Frères presdicateurs et religieux de l'ordre de Dynan » (Voir Hist. du culte de la Sainte Vierge à Rennes, par dom Plaine, p. 68).

Voilà le véritable et le plus ancien de tous les titres qui se rapportent au couvent des Dominicains de Rennes.

La lettre d'amortissement prouve encore que cette fondation fut bien accueillie des habitants de Rennes :

« Les Frères prescheurs de Dynan nous ont signifié comme la plus grant partie des habitants de notre ville de Rennes, et dou pays environ, avoient dévocion et vollenté qu’ès forsbourgs d'icelle puisse être fait et édiffié une iglese et convent de ladite ordre ».

La première intervention du duc de Bretagne a pour objet de ratifier l'acte de donation de Pierre Rouxel, en recommandant à ses préposés de veiller à ce que ni les droits ducaux ni ceux des tiers ne soient lésés. Sa lettre de commission est du 10 février 1367 ; on y lit :

« Comme Perrot Rouxel et Jehanne sa femme aient donné aux Frères prescheurs de Dynan... tous cens et héritaiges pour commencer à édifier une iglese et convent... nous vous mandons et commettons ou à dous d'entre vous... que appelez notre procureur de Rennes, pour notre droit conserver... vous certorez et enformez... comme sont ces cens et héritaiges... et quel préjudice nous poet estre de les amortir... et aussi nous faciez connoistre si vous ou aulcuns autres ont que débattre... et qu'ils vous viennent, nottifier leurs préjudices ».

Quatre mois plus tard, le duc Jean IV se réserva le droit de principal fondateur, mais sans mentionner une donation par lui faite. Le 30 novembre 1367 il recommande cette fondation à tous les Bretons et dit qu’il la fait en honour de la sainte église de saint Dominique. Il n'y parle aucunement d'un vœu fait en 1364 à l'occasion de la victoire par lui remportée sur Charles de Blois, le 30 septembre de la même année.

L'inventaire de 1770, déposé aux Archives d'Ille-et-Vilaine, mentionne un procès-verbal fait par Guillaume Trinquart, notaire à Rennes, le 2 février 1368, qui certifie que le même jour, très redouté et très excellent prince Jean IV, duc de Bretagne, fondateur de ce couvent, y mit et assit la première pierre pour sa construction.

Dans ses lettres patentes de 1368, ce prince exhorte et enjoint à ses sujets et officiers, en veue de l'honneur de Dieu et de la Sainte Vierge, de contribuer par leurs aumônes et leurs charités à la construction, protection et manutention de ce couvent et église.

L'année suivante, novembre, 1369, le duc signe en son conseil un mandement à ses sénéchal, alloué et procureur de Rennes de se transporter sur les terres données, les déborner, pour ces terres être ensuite bénites par le Révérend évêque de Rennes.

En 1368, Honorée Raguenel, dame du Bordage, Messire Jehan du Roché et Jane de Champaigné, sa femme, et Jean Lebart, abbé de Saint-Melaine, firent cession des droits seigneuriaux qu’ils possédaient sur les terres données aux Dominicains.

La donation faite par Perrot Rouxel fut suivie de quelques autres ; ainsi, le 5 juin 1369, Perrin Lemercier et Jehanne, sa femme, donnèrent d'autres terrains, voisins de ceux du premier donateur.

En février 1421, nobles gens Jehan et Jehanne de Saint-Martin firent donation d’environ quatre journées d'homme à bêcher, près de la terre précédemment offerte par Perrin Lemercier.

Nous verrons plus loin la liste des principales fondations pieuses faites au couvent de Bonne-Nouvelle pendant plus de trois siècles.

Le procureur du couvent de Dinan, nommé Minuen, s'entendit avec le curé de Saint-Aulbin qui avait nom Chief d'Asne, sur les rapports à intervenir entre les religieux et le clergé paroissial, et le 25 avril 1368 Mgr Raoul, évêque de Rennes, ratifia cet accord.

Enfin, au mois d'août 1368, Notre Saint Père le Pape autorisa la fondation du couvent de Bonne-Nouvelle.

Telle fut la véritable origine de ce sanctuaire rennais, selon les documents authentiques.

L'église qui fut construite auprès du couvent des Dominicains était assez importante. Le coût de la maçonnerie fut évalué, dans le devis dressé en 1371, à la somme de 4,000 liv.

Le 28 juillet 1373, du Guesclin, qui venait de s'emparer de Rennes, donna ordre aux receveurs diocésains de continuer à payer les sommes promises par le duc Jean IV pour la construction de l'église dominicaine.

En 1429, cet édifice religieux n'étant pas encore totalement construit, le pape Martin V, pour encourager les fidèles à le terminer, accorda de grandes faveurs spirituelles à ceux qui, dans un délai de dix ans, contribueraient à l'achèvement de ce sanctuaire.

En réalité, rien ne fut prélevé pour cette pieuse construction sur le trésor ducal, et dans son testament, daté de 1385, le duc de Bretagne, bien qu'il y fasse de nombreux legs, ne donne rien au couvent de Bonne-Nouvelle.

Ce fut en 1410 seulement que les Dominicains prirent l'habitude de dire journellement une messe pour le repos de l'âme du duc Jean IV, et, celle coutume persista pendant trois siècles.

Les ducs et la haute noblesse de Bretagne se montrèrent surtout généreux envers le sanctuaire de Bonne-Nouvelle dans la seconde moitié du XVème siècle.

Pendant longtemps, le seul oratoire contenant le tableau vénéré de la Sainte Vierge porta le nom de Bonne-Nouvelle ; mais, à partir du XVIIème siècle, cette appellation s'étendit au couvent tout entier. A cette époque, l'affluence des pèlerins devint si considérable (1620) qu'il fallut élargir le côté du cloître par lequel ils arrivaient à l'oratoire Bonne-Nouvelle. Le Père Jubin, alors prieur du couvent, adressa une supplique aux échevins de Rennes pour obtenir la reconstruction totale de la chapelle, et les dons affluèrent en telle abondance que, dès 1623, on put faire la dédicace du nouvel oratoire.

L'autel fut offert par Mme la duchesse de Vendôme, fille du duc de Mercœur. Il fut surmonté d'un revêtement en tuffeau supporté par des colonnes de marbre et de jaspe formant encadrement au tableau de la Sainte Vierge.

Telle fut la situation du sanctuaire de Bonne-Nouvelle jusqu'à l'époque de la peste de Rennes survenue en 1624, calamité persistante qui motiva le Vœu solennel de 1632.

(Paul Philouze).

© Copyright - Tous droits réservés.