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RENNES : MIRACLES, INDULGENCES, PRIERES.

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Miracles, Indulgences, Prières.

Autrefois, les habitudes de dévotion et la pratique des pèlerinages aux sanctuaires renommés étaient plus générales qu'elles ne le sont actuellement. Mais ceux d'entre les pèlerins qui obtenaient des grâces particulières avaient coutume de déposer simplement un ex-voto, sans laisser de traces écrites du fait miraculeux dont ils avaient bénéficié. Voilà pourquoi nous avons peu de documents précis au sujet des nombreux miracles obtenus au sanctuaire de Bonne-Nouvelle : « Dévote et miraculeuse chappelle, où la Mère de Dieu est réclamée de toute la Bretagne, d'où on vient en pèlerinage à ce saint lieu, et y reçoit-on plusieurs grâces et faveurs, comme témoignent le grand nombre de vœux, chasses de morts, anilles, chaisnes, sacs à procès, membres et autres représentations en cire, offerts par ceux qui ont expérimenté en soi ou autrui les effets des intercessions de Nostre-Dame de Bonnes-Nouvelles ».

Tous ces objets, qui depuis ont aussi disparu, ne donnaient d'ailleurs ni les noms des déposants, ni la date des faits qui avaient motivé ces dépôts.

Lorsque l'Eglise s'occupe de rechercher et de constater officiellement les miracles qui permettront de glorifier un défunt jusqu'au point de lui accorder la dignité de saint vénéré dans la chrétienté, elle fait procéder à des enquêtes qui ont généralement lieu avant la disparition des témoins pouvant déposer utilement et pertinemment des faits à contrôler. Les enquêtes testimoniales deviennent inutiles quand il s'agit de vérifier l'exactitude de faits remontant à plusieurs siècles.

Voilà pourquoi il nous est actuellement impossible de dresser une liste générale des miracles obtenus au sanctuaire de Bonne-Nouvelle.

Cependant, vers la fin du XVIème siècle ainsi qu'au XVIIème et au XVIIIème, plusieurs pèlerins, après avoir obtenu au sanctuaire de Bonne-Nouvelle la guérison par eux demandée, sont allés, en quittant cette chapelle, devant un notaire de Rennes pour lui faire le récit de ce qui venait d'avoir lieu à leur profit. L’officier public dressait procès-verbal de ces déclarations, puis déposait ces documents aux archives du couvent des Pères Dominicains.

Malheureusement pour l'historien, ces archives ont été en grande partie détruites au moment de la Révolution, et beaucoup de procès-verbaux notariés ont disparu. Quelques-uns d'entre eux ont cependant échappé à la destruction et permettent d'établir plusieurs faits miraculeux. Le P. Pinsard, dans sa brochure, écrite aussitôt après le Vœu de 1634, signale vingt-six faits miraculeux, reproduits sur des tableaux que l'on porta lors de la procession solennelle du 8 septembre. Voici la liste qu'il donne, page 43 et suivantes :

Le premier tableau contenait, l'histoire de la délivrance de Julien Leroy, de Planguenoual, diocèse de Saint-Brieuc, délivré des mains des Turcs et Barbares par les mérites de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. (Déclaration du 13 avril 1620).

Le deuxième portait la guérison de dom Macé-Carfentan prestre de Saint-Guenan-Biran, évêché de Saint-Brieuc, guéri d'un ulcère incurable à la jambe. (Déclaration du 16 novembre 1619).

Le troisième, un échappé des fers et du danger de la mort. (27 juillet 1621).

Le quatrième, Jean Guilleu sauvé d'un naufrage sur la Drôme, près de Valence. (14 juin 1620).

Le cinquième, Jeanne Rebmovage, de la paroisse de Saint-Pierre en Saint-Georges, à Rennes, aveugle guérie par l'intercession de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. (Déclaration du 28 aoust 1621).

Le sixième, Gilles Lavandé, de Dinan, avait recouvert la santé, la vue et l'esprit. (Déclaration du 20 aoust 1621).

Le septième, Jean Brignon, sieur de la Bégace, guéri d'une maladie incurable, et demoiselle Perrine Ecasier, sa femme, guérie de la peste. (Déclaration du 10 juillet 1622).

Le huitième, Jean Delaunay, de Rennes, tombé dans un puits effroyable, sauvé par les prières à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. (Déclaration du 13 janvier 1623).

Le neuvième, la guérison de Pierre Cocqueu, sieur des Cormiers, perclus de tous ses membres. (Déclaration du 13 janvier 1623).

Le dixième, Françoise Couaron ou Coiron, hôtesse de la Bannière, rue de la Fannerie, à Rennes, ayant demeuré morte et ensevelie dans un cercueil l'espace de deux jours ; le convoi assemblé pour la porter en terre, ses parents l'ayant vouée à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, elle ressuscita. (Déclaration du 13 janvier 1623).

Le onzième, la même, délivrée de rechef de la mort (Déclaration du 13 janvier 1623).

Le douzième, Yves Picquaut, de Rennes, guéri des gouttes. (Déclaration du 13 janvier 1623).

Le treizième, Jeanne Richard, fille des sieur et dame de la Nos, demeurant à la Tête-Noire, à Rennes, tombée dans un puits profond de soixante pieds, se relève sur un bâton d'ivoire qui lui fut présenté miraculeusement après qu'elle eut invoqué Notre-Dame de Bonne-Nouvelle.

Le quinzième, Jean Leconte, délivré des Turcs. (Vœu du 15 octobre 1622, déclaration du 19 décembre, même année).

Le seizième, Jan du Terget, de Vitré, sauvé du naufrage de la mer par vœu de visiter Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. (Déclaration du 16 février 1623).

Le dix-septième, Jacques Gaultier de Québriac, perclus, guéri d'une maladie incurable. (Déclaration du 2 juillet 1622).

Le dix-huitième, Herbert (Guillaume), charpentier, occupé des réparations à la chapelle de Bonne-Nouvelle, reçoit un sommier pesant quelque trois pipes de vin, qui en tombant ne le blesse pas. (Déclaration du 16 janvier).

Le dix-neuvième, une petite fille de Denis Jouauld, marchand de Saint-Herblon, percluse et fort, tourmentée de maladie, guérie sur promesse de vœu, puis retombée faute d'accomplissement de ce vœu, enfin guérie par visite à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. (Déclaration du 10 décembre 1623).

Le vingtième, Robert, seigneur de Saint-Denis-Dorblon, diocèse du Mans, guéri d'une rétraction de nerfs au genou. (Déclaration du 5 mai 1623).

Le vingt-et-unième, Pierre Cordonnier, en danger de se noyer dans la rivière de Vilaine. (Déclaration du 20 novembre 1632).

Le vingt-deuxième, Gilles des Loges, prêt de faire couper la jambe de Jacques des Loges, son fils, perclus et malade de cette partie-là, le voue à Bonne-Nouvelle, l'y apporte et il recouvre la santé. (Déclaration du 30 mai 1633).

Le vingt-troisième, Perrine Chapelle, Rochelaise, impuissante de ses membres, portée sur une civière et conduite à l'aide de ses anilles et d'une femme devant l'autel de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, y fait sa prière, recouvre la santé, laisse ses anilles et s'en retourne pleine de bonne disposition. (Miracle approuvé par Mgr l'évêque de Rennes, le 10 décembre 1624).

Le vingt-quatrième, Louise Leduc, de Pleudihen, guérie d'une maladie inconnue des médecins et incurable, apportée à Bonne-Nouvelle où, ayant fait sa prière, elle recouvra la santé à la vue d'un grand nombre de peuple. (Miracle approuvé par Mgr l'évêque de Rennes, le 14 octobre 1626).

Dans le Calendrier historial de la Glorieuse Vierge Marie, par Vincent Charron, chanoine de Saint-Pierre de Nantes, édition rarissime de 1637, dont le savant historien de Bretagne, M. de la Borderie, possède un exemplaire, on trouve des détails sur plusieurs de ces miracles. Les voici, tels qu'ils nous ont été gracieusement communiqués. Nous les reproduisons pour ceux des faits miraculeux dont les procès-verbaux ne se trouvent plus aux archives de l'ancien couvent de Bonne-Nouvelle, et dans l'ordre indiqué par le P. Pinsard, à la page 43 de sa brochure.

PREMIER FAIT (27 juillet, 1621).

D'un prisonnier miraculeusement délivré.

Pierre Chaignon, de la parroisse de Coullamer au diocèse du Mans, ayant, pour quelque sinistre accident esté constitué prisonnier en la Feuillée [Note : Prison criminelle] de Rennes, et se voyant en hazart d'estre condamné à la mort, se recommanda de tout son cœur à la Très Saincte Vierge Mère de Dieu, faisant vœu de visiter son église de Bonnes-Nouvelles, si elle le délivrait de cette captivité et du péril de la mort ainsi qu'il l'espérait fermement. Sa confiance au secours de la Sainte Vierge ne fut pas vaine, car ores qu'il n'y eût guère d'apparence, elle mesnagea si bien l'affaire de son client qu'elle le mit en peu de jours en pleine liberté. En reconnaissance de quoy il fit faire une image de cire jaune qui le représentait et la présenta à Nostre-Dame de Bonnes-Nouvelles près de Rennes, avec deux cierges de mesme cire, pour accomplir son vœu, remerciant Dieu et la Saincte Vierge, de tout son cœur, de sa délivrance, dont il laissa acte passé par mains de notaires à tel jour l’an 1621, aux Religieux du couvent de Bonnes-Nouvelles. (P. 495).

DEUXIÈME FAIT (14 juin 1620).

Un homme préservé du naufrage par Nostre-Dame de Bonnes-Nouvelles.

Jean Guilleu, maistre serrurier, natif de la ville de Vitré, parroisse de Nostre-Dame, de la rue du Rachart, estant un jour au pays de Dauphiné, à trois lieues de Valence, il se rencontra au passage, de la rivière du Rosne, vis-à-vis du chasteau de la Falezze, et se voulant embarquer pour aller coucher au village de Londreau, qui est à une lieue de là, il fallut qu’il passast, à gué une queue d'eau contenant environ quarante pieds de large, et tandis qu’il passait, ce bras d'eau s'enfla tellement, par la fonte des neiges qui estaient sur une montagne voisine, qu'il se trouva en hasard de se noyer, sans qu'il eût recours à la Sainte Vierge et implora son secours en ce danger éminent, lui promettant de faire le voyage de Bonnes-Nouvelles près de Rennes en Bretaigne, si elle le délivrait de ce péril. Incontinent après qu'il eut fait son vœu, il fut miraculeusement jetté sur terre ferme, d'où le vaisseau qu'il allait chercher le vint après délivrer, car ce lieu estoit environné d’eau. Tous ceux qui estoient dans ce batteau, environ trente personnes, pensoient ce pauvre homme mort, et déjà avoient recommandé son âme à Dieu. Il vint accomplir son vœu à Nostre-Dame de Bonnes-Nouvelles le 14e jour de juin, l’an 1620. (P. 390, 4-2).

TROISIÈME FAIT (15 juillet 1621).

D'un jeune garcon guéry d’une maladie d’esprit et recouvré la veüe, à l'invocation de Nostre-Dame de Bonnes-Nouvelles.

Jean Lelavande, marchand, demeurant en la ville de Dinan évesché de Saint-Malo en Bretagne, avoit un fils nommé Gilles, âgé de onze ans, lequel étoit tombé en une griefve maladie inconnue, par laquelle il perdoit la veüe et le jugement, ne peut être secouru d'aucun remède corporel, ce que voyant, le pauvre père affligé, il adressa ses vœux à la Glorieuse Vierge, et luy promit, au cas qu'elle guéryroit son fils, de venir visiter sa Maison de Bonne-Nouvelle près de Rennes. Chose merveilleuse ! il n'eust pas plustôt achevé sa promesse et son vœu que son fils retourna en son bon sens, recouvra la veüe et fut en même temps parfaitement guery. Le père et le fils accomplirent, leur vœu à tel jour l’an 1621, et laissèrent aux religieux de Bonne-Nouvelle attestation bien vérifiée de ce miracle. (P. 466, 6-3).

QUATRIÈME FAIT.

Jean Brignon, sieur de la Bégace, atteint en 1598 d'une maladie incurable et délaissé des médecins, recommandé par un ami à Nostre-Dame de Bonnes-Nouvelles, incontinent fut parfaitement guery, et en 1622, Perrine Rafier, sa femme, fut préservée et délivrée de la peste, par elle contractée en soignant des malades.

CINQUIÈME FAIT.

Pierre Cocqueu, sieur des Cormiers, résidant en la maison de la Fontaine, près la Reverdiaye, au diocèse de Rennes en Bretagne, étant demeuré perclus de tous ses membres depuis quelques mois et n'ayant pu trouver remède aucun en tout l'art de la médecine, eut recours aux mérites de la Très Saincte Mère de Dieu, à laquelle il se recommanda avec grande confiance, et s'étant fait apporter en son église de Bonnes Nouvelles lez Rennes, il redoubla ses prières, la suppliant de luy obtenir guérison. Comme il parachevait sa prière, il se trouva soudainement guéry, et après avoir rendu grâces à la Très sainte Mère de Dieu, il s'en retourna sain et gaillard dans sa maison et à beau pié. (P. 355, 3-5).

SIXIÈME FAIT (octobre 1621).

D'un jeune homme délivré des Turcs et du danger d'être submergé en la mer, y étant tombé.

L'an 1621, au mois d'octobre, Jean Lecomte, marchand, retournant de Terre-Neuve dans un navire nommé le Petit-Saint-Louis, chargé de mourue, faisant route pour la coste d'Espagne, apperceut un vaisseau turc qui couroit après lui à pleines voiles pour tascher de l’attraper. Ceux qui estoient dans ce navire françois, se voyant ainsi poursuivis, commencèrent à mettre les voiles au vent, et tourner la proüe vers la prochaine terre qu'ils descouvriroient, dont ils n'estoient esloignez que de seize lieues. Et comme, en telle extrémité, chacun deux pensoit à la conservation du vaisseau, le susdit Jean Lecomte monta à la hune pour desployer la voile de la petite beauprelle ; mais à peine l’eût-il désamarrée, que la courbe sur laquelle il avait les deux piés se rompit et il tomba dans la mer ; en mesme temps il s'éleva un tourbillon de vent qui remplissant les voiles, emporta si loin le navire, que devant que ce jeune homme peut lever les yeux, il le devançoit de la portée d'un traict d'arc. Ceux du vaisseau, s'appercevant de son infortune, ne pouvant retourner en arrière, tant pour la crainte du vaisseau turc qui les poursuivoit que pour la violence du vent qui les poussoit rudement, lui jettèrent un aviron. Le jeune homme cependant se voyant réduit à telle extrémité, prest à estre suffoqué dans les ondes où il demeura trois grosses heures chargé de ses habits, se voüa à Nostre-Dame de Bonnes-Nouvelles, implorant son secours, et tout à l'instant le courage luy revint, et rencontrant cet aviron qui luy avait esté jetté, l'empoigna et s'agença dessus du mieux qu’il peust, implorant sans cesse l'aide de la Très Saincte-Vierge. Cependant son vaisseau aborda à la prochaine terre, celuy des Turcs le poursuivant toujours en pleine mer à force de voiles et de rames. Le vaisseau françois, voyant avoir eschappé les pirates, retourna sur la route qu'il avoit tenue, la tempête accoisée, pour voir s’il trouveroit son marchand, qu'il apperceut au haut d'une grosse vague flottante ; on vint vers lui à force de rames, et l’ayant attrapé, on le receut dans le navire avec estonnement de ce qu'il n'estoit noyé dans les ondes. Estant revenu avec ses matelots à bord, il rendit grâces à Dieu et à la sainte Vierge d'avoir esté préservé par la grâce divine de deux évidens dangers, dont estant de retour en son pays, il vint le 19e de décembre l'an 1622 accomplir son vœu à Nostre-Dame de Bonnes-Nouvelles lez Rennes, où il rendit grâces à Dieu et à Sa Très Sainte Mère, tout nud en chemise, d'un bénéfice si signalé. (P. 853, 15-6).

SEPTIÈME FAIT (2 juillet).

Jacques Gautier, de Guesbriac, en l'evesché de Saint-Malo, ayant une douleur si grande en un genouil, qu'il ne pouvoit aller ni à pied, ni à cheval, l'espace de quatre ans durant, fit vœu de faire le voyage de Nostre-Dame de Bonnes-Nouvelles lez Rennes et d'y faire célébrer la Saincte Messe, si cette sacrée Vierge lui obtenoit la guérison de son mal, et au mesme temps qu'il eut fait son vœu il se trouva si parfaitement guery, qu'en peu de temps il fit le voyage à pié, comme il avoit promis, et accomplit son vœu le jour de la Visitation de Nostre-Dame. (P. 439, 17-7).

HUITIÈME FAIT (5 mai 1623).

Un jeune garçon nommé Robert Seigneur, âgé de dix-sept ans, de la paroisse de Saint-Denis de Gastine, diocèse du Mans, ayant été l'espace de quatre mois tellement travaillé de mal dans un genouil par un raccouroissement de nerfs, qu'il ne pouvoit du tout marcher, et ayant, ouï faire récit des miracles qui s'opéroient à Notre-Dame de Bonnes-Nouvelles lez Rennes, il se recommanda aussitôt à la Consolatrice des affligés et fit vœu d'y faire le voyage sitost qu'il pourroit marcher ; incontinent qu'il eut achevé de faire son vœu, il commença à se bien porter et en peu de jours fut entièrement guery. Il vint à Bonnes-Nouvelles nuds-pieds et en chemise accomplir son vœu et remercier Dieu et la Vierge de sa guérison, le 5ème de may, l’an 1623. (Page 395, 20-8).

NEUVIÈME FAIT (7 juin 1625).

Louyse Le Duc, fille de Pierre Le Duc, couvreur d'ardoise, et de Thomasse Hullaud, du bourg le Pludien, diocèse de Dol, estant âgée de quatorze à quinze ans, fut affigée l'espace de deux ans entiers d'un tel mal de reins et d'estomach, avec une débilité de nerfs qu'elle ne se pouvoit aucunement mouvoir, de sorte que pendant le dict temps elle demeura toujours au lict avec de très grandes douleurs. Ayant oüy faire récit des grands miracles qui se font en la chappelle de Nostre-Dame de Bonnes-Nouvelles près Rennes, elle fit vœu de s’y faire porter, et de fait estant en chemin, elle se sentit grandement soulagée, à raison de quoi elle convia sa mère, qui la portoit, de la mettre à terre ; et de là en avant elle commença à cheminer toute seule, appuyée sur deux annilles, avec d'autant plus grand soulagement qu'elles approchoient de la dite ville de Rennes et de la chappelle susmentionnée, où elles arrivèrent le septième jour de juin 1625. Au même temps qu'elles entrèrent en l’esglise de Nostre-Dame de Bonnes-Nouvelles, cette fille sentit un frémissement avec une très grande douleur, comme si tous ses membres eussent esté disloquez et en devint toute esperdue et quasi hors d'elle-même. Puis un instant estant retournée à soy, elle marcha plus librement et sans sentir douleur aucune. De sorte qu'ayant oüy la messe et fait ses prières à Dieu et à la Saincte Vierge, elle se trouva parfaitement guérie, en foy de quoy elle laissa ses annilles devant l'autel de Nostre-Dame. Mgr l’évêsque de Rennes a approuvé ce miracle, après les informations dûment faites par les juges royaux. (P. 377, 24-9).

Le Calendrier historial de la Glorieuse Vierge Marie mentionne, en outre des faits qui précèdent, trois autres miracles. L'un de ceux-ci, concernant Yves Picault, sera donné d'après le procès-verbal actuellement aux Archives d'Ille-et-Vilaine. De même pour le miracle concernant la résurrection de Françoise Couaron. Voici le troisième :

(6 juin 1597). — Thomas Champrond, de la paroisse de Betton au diocèse de Rennes, s’en allant en sa maison le lendemain de la Feste-Dieu, le 6ème jour de juin l'an 1597, fit rencontre d'un grand nombre de soldats à l'entrée de la lande de la Hamonaye, lesquels après l'avoir despouillé de tous ses habits et luy avoir osté son argent, l’outragèrent si fort qu’ils lui rompirent deux costes et cinq dents de sa bouche, puis le traisnèrent jusques à Betton, où ils le maltraitèrent encore davantage, et lui lians les mains derrière le dos, les cuisses et les jambes, lui demandaient cinq cents écus de rançon, à faute de quoy ils le menaçaient à pendre le lendemain. Au milieu de tous ces tourmens, le pauvre homme demanda pardon à Dieu de tous ses péchez et fit vœu à Nostre-Dame de l'aller visiter en sa Maison de Bonnes-Nouvelles, avant même que d'entrer dans aucune autre maison, si elle luy obtenoit la grâce d'eschapper d'entre les mains de ces brigans.

Il n'eut pas plus tost achevé son vœu que les cordes dont il avait les cuisses et les jambes liées se rompirent et tombèrent, les mains lui demeurant encore liées derrière le dos ; mais cela n'empescha pas qu'à la faveur de la nuit, et tandis que tous ces voleurs dormoient, il ne se sauvast. Ayant enfin cheminé toute la nuit et traversé une rivière dans laquelle il estoit en l'eau jusques au menton, ayant toujours les mains derrière le dos, arrivé qu'il fut au prochain village, il se fit deslier les mains et paracheva heureusement son voyage à Nostre-Dame de Bonnes-Nouvelles près Rennes, et y porta les cordes avec lesquelles il était lié et celle avec laquelle les soldats le vouloient pendre.

Les procès-verbaux notariés portant le récit de miracles accomplis à Bonne-Nouvelle et encore déposés aux Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, liasse 1 H 5, n° 13, ne sont pas nombreux ; beaucoup d'entre eux ont disparu pendant la période révolutionnaire où les souvenirs du passé ont été si cruellement atteints. Ceux qui subsistent actuellement donnent parfois sur les faits miraculeux qu'ils mentionnent des détails très complets. Citons-en quelques-uns :

Miracle d'une femme ressuscitée après avoir été deux jours en châsse.

(Année 1590) — Françoise Le Couaron, demeurant à l'hostel de la Bannière, rue de la Fannerie à Rennes, déclare que, environ l’an 1590, elle fut affligée d'une grande maladie, durant laquelle elle tomba en extaise et comme morte. On l'ensevelit et mit aux chasses, la vigile de M. saint Jean-Baptiste, environ les cinq heures du soir. Deux jours après, à dix heures du matin, le convoi assemblé pour la conduire à la sépulture, une sienne sœur arriva qui toute éplorée et oultrée de douleur commença à dire : Hélas, mon Dieu, est-il possible que ma pauvre sœur soit morte ! il faut au moins que je la voie encore une fois. En ce disant, ouvre la chasse où elle reposoit, lève le suaire dessus la face, la voit raide, pâle, les yeux enfoncés effroyablement defaicts, enfin ce n'étoit plus en apparence qu'une carcasse de mort et un guadaure à vers. Impétueuse mort, fière et orgueilleuse, qui as dompté sous la puissance les Césars... , tu n’as exempté de tes lois même le Fils de Dieu. Si est pourtant que la Mère de Vie t'arrachera des dents celle que tu as ravie. Tous les assistants émus à compassion. Les uns disaient : Eh bien, c'est un corps à qui il ne reste plus que la terre ; les autres, plus tendrement touchés, réclamant, l'aide de la Sainte Vierge, lui firent voir que si par ses prières leur parente pouvoit revenir en vie, qu’elle iroit la remercier et porter ses vœux et offrandes dans l'église de Bonne-Nouvelle. Quelque temps après, on l'entend se plaindre, on la découvre promptement, alors elle tira des soupirs si profonds et d'une voix faible et entrecoupée, demande revenant à vie : Qui m'a ensevelie, ainsi liée. On lui voulut dissimuler ce faict, de peur de lui donner horreur. Elle, inspirée de dévotion, dit : Si Dieu me donne la grâce de me lever d'ici, j'irai en voyage à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. Après sa santé recouverte, elle a accompli son vœu, porta et fit porter ses suaires et chasses en ladite église, où on les voit encore à présent (1622), et ladite Françoise est demeurée depuis ce temps grandement dévote à la Bonne Vierge.

Au mois d'août 1622, la même Françoise Couaron, alors âgée de soixante ans ou environ, dit que le dixième du dict mois elle fut si extrêmement malade que quittée et abandonnée de toutes sortes de médecins, voyant que tous leurs remèdes lui étoient inutiles, ses amis se résolurent à lui dire franchement qu'il falloit déloger de cette vie pour entrer en une meilleure et qu'il falloit se préparer à cela. Son mari était absent, qui fut cause que on voulut, pour la sûreté de ses biens, faire apposer les sceaux sur ses coffres et cabinets, lui faisant entendre que les médecins n'y avaient plus d'espérance. Comme elle reçoit cet arrêt, tant s'en faut qu'elle voulût l'exécuter, en appelle devant le tribunal de Dieu, met sa requête civile entre les mains de la Vierge, demande la vie et proteste que sa santé recouverte elle ira pieds nuds et en lange dans l'église de Bonne-Nouvelle. Son oraison achevée, il lui prit un petit sommeil, après lequel elle jeta deux pierres d'extrême grandeur ; aussitôt la voilà plus saine que jamais n'avoit été.

1621. — Jane Richard, fille d'Olivier Richard et de Guyonne Neveu, sieur et dame de la Noe, demeurant au logis de la Teste-Noire, près le forshourg Saint Michel à Rennes, âgée de onze ans, tombée dans un puits de soixante pieds d'eau, au mois de septembre 1621, se recommande à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle et prend son chapelet ; incontinent surgit à fleur d'eau et se soutient d'un petil bâton d’ivoire, ayant un petit bourdon au bout, qui lui est présenté sans savoir de la main de qui et signifie à nombre de personnes qui étoient près du puits qu'elles n'eussent point peur, et que grâce à Dieu et à la Vierge Marie elle n'avoit aucun mal.... (un homme étant descendu pour la remonter) estant le dict homme rez l'eau, dict qu'il ne vit le dict bâton d'ivoire, d'où il appert que c'est une œuvre particulière de Dieu, et estant la dite Jane hors le puits, réitéra et confirma son vœu fait à Nostre-Dame de Bonne-Nouvelle et promit d’y aller nuds pieds et sans linge, ce qu'elle fit tôt après avec l'assistance de sa dicte mère, qui y fit dire une messe et un évangile sur sa dicte fille et y porta la dite Jane, quatre cierges blancs qu'elle y laissa en rendant grâces à Dieu et à la glorieuse Vierge Marie sa mère.

Miracle d'un enfant, sauvé d'une chute dans un puits de soixante à soixante-dix pieds de profondeur.

1622. — Jean de Launay 7 juillet. Son aïeule, Philippe Ledreux, âgée de soixante ans, apprenant le fait, se jette à genoux dans une allée avec ces plaintives prières : Mère de miséricorde, rendez-moi mon enfant sain et sauf. Ainsi affligée, réitérant telles et semblables plaintes, une vieille âgée de soixante ans, indisposée et courbée d'années, promptement se glisse dans le puits sans aucune aide... trouve l'enfant flottant sur l'eau, le prend sur ses genoux et soutenant jusqu'à ce que l'on coule un panier avec une corde pour l'arracher.... Retiré l'on voit qu'il n'avait entré pas une gouttelette d'eau dans son corps tendrelet. En raison de quoy le jour suivant la dicte Philippe vint à l’église de Bonne-Nouvelle accomplir le vœu qu’elle avoit fait... Elle offrit un enfant de cire à la Vierge, devant son autel, en la dicte chappelle.

1654. — Ad majorem Dei gloriam, Virginisque Mariæ. Certifions à qui il appartiendra que moi, René de Tournemyne, baron de Campzillon, etc., âgé de cinquante-cinq ans, que revenant du service de ma feue femme dame Renée Peschard, qui se célébrait le vingt-troisième juillet 1653, en l'église de Pipriac, diocèse de Saint-Malo, estant en mon carrosse proche du bourg de Lieuron, par la chute il se fit trois plaies en ma jambe droicte et une au maisme pied, où la gangrainne se mit le cinquième jour d'aougst, ensuivant ; porté en une litière à Rennes, où le maisme jour m'étant confessé à un religieux jacobin nommé le Père de la Magdelainne, du couvent de Bonne-Nouvelle, et ayant, assemblé les sirurgiens et médecins de la dite ville, lesquels concluaient à me couper la jambe, après m'aistre recommandé à la Saincte Vierge je vis peu à peu de l'amandement, que si j'en pouvais revenir, que je irais remercier Dieu et sa saincte mère. Ce que estant faict et estant parfaictement gary, j'ai voulu donner le présent certificat aux archives du couvent de Bonne-Nouvelle. Fait à Rennes, ce premier jour de l'an seize cent cinquante quatre. — Signé René de Tournemyne-Campzillon.

1622. — Déclaration d'Yves Picault, marchand à Rennes, lequel atteste être véritable qu'au mois d'avril, en 1622, il fut prins d'une goutte si véhémente à ses deux pieds et, à sa main droite qu'il ne pouvoit s'en aider, ni marcher, l'espace d'environ sept semaines, et voyant qu'il n'avoit aucune guérison, commença à faire vœu à Dieu et à la Glorieuse Vierge Marie Nostre-Dame de Bonne-Nouvelle, à ce qu'ils lui eussent envoyé sa guérison. Incontinent ayant fait son vœu, se trouva dûment guary et commença à marcher fort librement et à s'aider de sa main. Alors se trouvant guary alla par un matin faire son vœu à la chappelle de Nostre-Dame de Bonne-Nouvelle et lui rendre grâce de la santé qu'elle lui avait donnée avec l'aide de Dieu et y fit dire une messe par un des religieux du couvent et y laissa deux pieds et une main de cire, lesquels présenta à ladicte Nostre-Dame en lui rendant grâce et à Notre-Seigneur Jésus-Christ son fils. A déclaré s’être toujours depuis bien porté.

1620. — La plus grande et riche lampe, devant l'autel de Nostre-Dame de Bonne-Nouvelle, est une reconnoissance de la santé miraculeusement recouverte par feu Monseigneur Charles de Cossé, duc de Brissac, pair et mareschal de France, lequel surpris d'une apoplexie et épilepsie en novembre 1620 et par le résultat de la consultation de sept savants médecins, jugé n'en pouvoir réchapper, recommandé à Nostre-Dame de Bonne-Nouvelle par une vertueuse damoiselle, laquelle y fut en voyage et fit dire la messe à son intention, revint en parfaite santé.

En outre de ces miracles particuliers, il faut citer ceux que l'on pourrait appeler collectifs, puisqu'ils s'appliquent à un ensemble d'habitants, comme la cessation de la peste de Rennes en 1632, occasion du Vœu déposé à Bonne-Nouvelle en 1634. La protection de la paroisse Bonne-Nouvelle, qui échappa au terrible incendie de 1720. Les habitants des Portes Saint-Michel, des Lices, de la rue Saint-Michel implorèrent dans cette extrémité le secours de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, et, grâce à son intervention, le feu s'arrêta devant leur quartier. Ceux qui avaient été épargnés offrirent à la chapelle du Vœu un tableau qui représentait cet évênement; on en trouve actuellement une reproduction agrandie dans l’église Saint-Sauveur. Cette même protection couvrant Rennes et la Bretagne lors de l'invasion allemande de 1870, fléau qui s'arrêta presque à la limite même du territoire breton et motiva un renouvellement de la dévotion au Vœu de 1632 et au sanctuaire de Bonne-Nouvelle.

Rennes : Voeu fait dans le sanctuaire Notre-Dame de Bonne-Nouvelle.

On trouve encore actuellement aux Archives départementales, 1 H 5, un inventaire de 1770 concernant le couvent de Bonne-Nouvelle et sur lequel sont inscrites quelques mentions relatives aux grâces et guérisons miraculeuses obtenues à plusieurs personnes par l'intercession de la Sainte Vierge honorée et réclamée à Bonne-Nouvelle :

1° Délivrance miraculeuse de Jan du Denger-Meslinaye, bourgeois de Vitré, délivré du péril du naufrage, signée de lui le 15 septembre 1615.

2° De Jean Guilleu, de Notre-Dame de Vitré, 14 juin 1620.

3° Attestation signée de Jean Brignon, sieur de la Bégace, 10 juillet 1622.

4° Lettres patentes du 14 décembre 1624, signées Cornulier, évêque de Rennes, données ensuite, d'un procès-verbal fait par les juges royaux, de la guérison miraculeuse de Perronnelle Chapelle, native de Mehon en Xaintonge.

5° Procès-verbal dressé par M. le sénéchal de Rennes, le 16 mars 1626, et, signé par plusieurs témoins, attestant la guérison miraculeuse de Louise Leduc, de Pleudihen, évesché de Dol, avec approbation de Mgr Cornulier.

6° Attestation du 24 aoust 1629, de la guérison miraculeuse de Jan Livoraille, officier de justice, natif de Cuguen, évêché de Dol. Signée de lui.

7° Attestation par demoiselle Perrine Davy, de la guérison miraculeuse de M. Jan Dambert, procureur au Parlement, son mari 30 août 1634.

8° Vœu public et solennel de Rennes, 8 septembre 1634.

9° Attestation du 13 mars 1635, de la guérison miraculeuse de haut et puissant seigneur Charles de Cossé, duc de Brissac. Procès-verbal signé de notaires apostoliques.

10° Attestation du 16 juin 1637, de la guérison miraculeuse de damoiselle Renée de la Prévôté, demeurant en la maison de Pontelain, paroisse de Landujan. Signée d'elle.

11° Attestation du 9 avril 1642, de la guérison miraculeuse de Jeanne Guyart, native de Notre-Dame de Vitré.

12° Attestation du 14 août 1649, de la guérison miraculeuse de Georges Laurent, de la paroisse de Saint-Georges-de-Raitambault. Procès-verbal signé Ricot, et Foucaut, notaires.

13° Attestation du 1er janvier 1654, de la guérison miraculeuse du seigneur baron de Campzillon. Signée de lui.

14° Procès-verbal et approbation faits par Messire Gauttier, prêtre licencié en droit, chanoine de Rennes, vicaire général, du 29 mars 1666, de la guérison miraculeuse de Jacques Briand, sourd-muet, de la paroisse de Landujan, évêché de Saint-Malo.

15° Plusieurs autres déclarations de guérisons, écrites sans signature.

Ce même inventaire mentionne les indulgences accordéés par les Papes ou par leurs légats aux églises des Frères prescheurs. Quelques-unes de ces faveurs sont temporaires et ne sauraient s'appliquer au sanctuaire actuel ; mais deux d'entre elles sont spéciales à Bonne-Nouvelle et perpétuelles. Voici, du reste, le relevé des décisions pontificales mentionnées à l'inventaire de 1770 :

Bref donné à Avignon, le 6 février 1363, par Clément VI, concédant un an et une quarantaine d'indulgences et les mêmes qui ont été concédées aux fêtes et octaves de saint Dominique, aux fidèles qui, vraiment pénitents et confessés, visiteront les églises des Frères prescheurs au jour de la fête de saint Thomas d'Aquin et dans l'octave.

Bref donné à Rome, le 26 juillet 1477, par Sixte IV, concédant aux fidèles de l’un et de l'autre sexe, vraiment pénitents et confessés, qui visiteront les églises de l'Ordre des Frères prescheurs aux jours et fêtes de saint Dominique, cent ans d'indulgences et autant de quarantaines d'indulgence, et de saint Thomas d'Aquin, saint Pierre martyr, saint Vincent confesseur et sainte Catherine de Sienne, cinquante ans et autant de quarantaines d'indulgences, de même dans l'Octave.

Bref de Clément VIII, du 20 mai 1592, par lequel Sa Sainteté concède indulgence plénière aux fidèles de l’un et l'autre sexe qui visiteront les églises des Frères prescheurs aux fêtes de saint Anthonin de Florence, de saint Thomas d'Aquin, et de saint Vincent, confesseur, qui vraiment pénitents, confessés et communiés, prieront, Dieu dévotement, selon leur piété pour l'union des princes catholiques, l’extirpation des hérésies et l’exaltation de la Sainte Eglise.

Bref du 31 janvier 1465, donné au couvent de Bonne-Nouvelle par Estienne, archevêque de Milan, référendaire du Pape, légat, a latere en France, concédant, à tous ceux qui visiteront l’église de Bonne-Nouvelle aux cinq principales fêtes de la Vierge, Assomption, Conception, Purification, Annonciation et Nativité, et qui feront quelque charité pour l'entretien du luminaire et ornement, quarante jours d'indulgences et à perpétuité.

Bref du cardinal d'Aragon, légal du Pape, du 25 septembre 1517, concédant à tous les fidèles de l'un et de l'autre sexe, vraiment pénitents et confessés, qui visiteront l'église de saint Dominique de Rennes, aux fêtes de la Sainte Vierge, de saint Vincent, saint Mathurin, saint Avertin, saint Roch et saint Sébastien, saint Pierre, saint Claude, saintes Marie-Madeleine et Catherine, et qui contribueront à l'entretien de ladite église : cent jours d'indulgence, patentes perpétuelles.

Oraison miraculeuse autrefois récitée à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle.

O Jésus-Christ, Fils de Dieu le Père, aidez-moi. Dieu Saint-Esprit, aidez-moi. Un seul Dieu en Trinité, Sauveur de tout le monde, sauvez-moi. Sainte Marie, aidez-moi. Dame de Pitié, aidez-moi. Mère de Jésus-Christ, Bénite Vierge, donnez-moi dévotion et veuillez prier Votre Cher Fils pour moi. Bénite Vierge, Beauté des Anges, Fleur des Patriarches, Désir des Prophètes, Secours des Apôtres, Victoire des Martyrs, Ornement des Confesseurs, Pureté des Vierges, priez pour moi, misérable pécheur, défendez-moi de tous maux présents, passés et à venir. Glorieuse Vierge, priez pour moi à ce que je puisse venir devers Votre Fils en icelui jour et heure que l'âme de mon corps partira et que rien ne la puisse épouvanter. Dame Glorieuse, gardez-moi du Jugement à l'heure de ma mort et que j'aille voir la Grande Gloire, laquelle n'aura jamais de fin. Etoile de Dieu, Porte de Paradis, Temple de Dieu, Etoile de la Mer, Contentement de la Sainte Foi, ayez merci de moi. O Glorieuse Vierge Marie, Epouse de Jésus-Christ, Porte de Salut, Espérance de tous les Chrétiens, Mère de Miséricorde, Vierge sur toutes Vierges, Fontaine de Pitié, Vaisseau de Vertu, Miroir de Virginité, Perle de toute la nature, Douce Vierge Marie, donnez-moi salut et rémission de toutes offenses. Par vous se réjouissent tous les Anges et de toutes parts se présentent à vous avec grande réjouissance.

O Jésus-Christ, fils de la glorieuse Vierge Marie, gouvernez-moi et me défendez des démons et de tous autres dangers : Seigneur Dieu faites-moi conduire avec les anges de paradis, saint Michel, saint Raphaël, chérubins et séraphins, et par les vrais apôtres et par les quatre évangélistes et les saints prophètes, et par les saints qui sont au paradis, que je prie tous en bonne dévotion, et par tant d'innocents qui ont été martyrisés pour le nom de notre sauveur et rédempteur Jésus-Christ, par les vierges et confesseurs, et par les sept dormants, saint Maximilien, saint Martin, saint Marc, saint Denis, saint Jean, saint Seraphion et saint Constantin ; que mes ennemis n'aient aucune puissance sur moi, ô Dieu tout-puissant, qui avez formé vos créatures à votre image et semblance, et nous avez donné votre fils, Notre Sauveur, et qui avez délivré Suzanne du faux crime, Daniel de la fosse des lions, les trois enfants Sidrac, Misac et Abdenago de la fournaise. Je vous prie, Seigneur Jésus-Christ, par votre infinie bonté, me garder de tout péril d'âme et de corps. Ainsi soit-il.

(Paul Philouze).

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