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Le bienheureux Charles de Blois

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Portrait moral d'un chevalier chrétien

Voici en quels termes Mgr Touchet, évêque d'Orléans, esquissait, le 29 octobre 1905, le portrait de ce grand serviteur de Dieu (Note : Panégyrique prononcé dans la cathédrale de Blois en présence des évêques de Blois, de Quimper, d'Angers et de Nantes) :

Charles de Blois

 « Sa foi était vive ; une foi du moyen âge d'ailleurs. Il aimait ouïr plusieurs messes chaque matin et chanter les heures canoniales. Il visitait longuement le Saint Sacrement ; il fréquentait les moines qui avaient l'esprit de leur état. Il accueillait volontiers les humbles et les petits ; il leur parlait affectueusement, les conseillait avec sagesse, les défendait avec fermeté. Il distribuait aux pauvres de larges aumônes ; il les servait fréquemment à table. De lui, non moins que de saint Louis, le chroniqueur aurait pu dire qu'il bailla plus d'une fois à manger de ses doigts aux aveugles et aux paralytiques. Son amour du prochain avait sa racine dans l'amour de Dieu. De Dieu, il s'entretenait aussi souvent qu'il pouvait. Il révérait son nom. Mêlé à une chevalerie croyante, mais turbulente et habituée à tous les excès du blasphème, jamais on ne trouva sur ses lèvres une parole que la conscience la plus scrupuleuse pût reprendre. S'approchait-il de la sainte communion ? Sa gravité devenait imposante. Plus d'une fois on le vit arroser de ses larmes la croix de Jésus-Christ. Sa pénitence était extrême. Il jeûnait plusieurs fois par semaine, en dehors même des Carêmes et des Avents prescrits par l'Eglise. Il battait son corps de rudes disciplines. Il portait habituellement un cilice. Son innocence de vie, au milieu d'un siècle très dissolu, alors que ce sang barbare possède encore toute son âcre verdeur, fut remarquée. Sa fermeté d'âme dans l'adversité fut inébranlable. Général vaincu, prisonnier durement traité, il ne laissa jamais échapper une plainte. Il faut en convenir, ces vertus sont l'apanage de tous les saints. Mais voici ce qui est bien propre à Charles : ces vertus, il les pratiqua parmi les camps, leur tumulte, leurs dépravations, leur sauvage férocité. Il a passé plus de la moitié de son existence en batailles, en captivités, en sièges, en assauts, en incursions de guerre. Et il est demeuré un chrétien héroïque, intègre, loyal, pur ».

La présente notice ne sera qu'un commentaire de ces paroles, commentaire puisé aux sources de l'histoire et des actes du procès pour la reconnaissance du culte.

 

Education chrétienne - Amour de la Prière

Charles de Blois était fils de Marguerite de Valois, soeur du roi de France Philippe VI, arrière-petite-fille, par conséquent, de saint Louis, qui venait d'être mis sur les autels.

Son père, Guy de Châtillon, comte de Blois, était aussi bon chrétien que brave chevalier. Les vieilles chroniques font remarquer que tout était sérieux, presque sévère dans son château ; on aurait pu se croire dans un monastère plutôt que dans la demeure d'un seigneur.

Les mêmes chroniques mentionnent que Charles fut confié, dans son enfance, à Gilette de la Barre, pieuse femme qui avait toute la confiance de Marguerite de Valois. Cette confiance ne pouvait être mieux placée, et la gouvernante s'acquitta avec amour de sa charge ; son principal soin fut d'instruire l'enfant des vérités de la religion et de lui apprendre à élever vers Dieu ses mains et son coeur.

Quoi d'étonnant qu'il ait toujours aimé la prière ? Encore au château paternel, il entendait pieusement la messe tous les matins. Quand il le pouvait, il assistait à deux, même à trois messes, toujours avec la même dévotion.

Dans le procès canonique entrepris pour sa canonisation, quelques années à peine après sa mort, un témoin affirme l'avoir vu plusieurs fois tout baigné de larmes pendant ce saint exercice ; il les répandait avec une telle abondance qu'elles inondaient la terre.

Il n'avait pas encore six ans qu'il savait le Pater et l'Ave et se plaisait à les répéter.

Bientôt après, quand il sut lire, il récitait les psaumes de la Pénitence, le petit office de la Sainte Vierge ; plus tard, les heures canoniales avec les clercs et chapelains qui ne le quittaient pas.

Quelles que fussent ses occupations, elles ne lui semblaient pas une raison suffisante pour laisser de coté ces pieux exercices ; il se levait plutôt de meilleure heure pour avoir ainsi le temps de satisfaire sa dévotion.

Un point intéressant à noter. Alors que ce n'était nullement obligatoire, il terminait chaque heure canoniale par le Salve Regina, qu'il disait à genoux, les mains jointes, les yeux levés vers le ciel.

A cette époque, l'antienne ne contenait que les mots Salve, Regina misericordiae. Le serviteur de Dieu ajoutait le mot Mater ; il le répétait même plusieurs fois, avec une dévotion particulière qui n'échappait pas aux assistants.

Au temps du pape saint Pie V seulement, c'est-à-dire environ deux cents ans plus tard, le Salve Regina reçut pour toujours sa forme actuelle : Salut, Reine, Mère de miséricorde. C'est peut-être au pieux duc de Bretagne que nous le devons.

Charles ne manquait pas de s'approcher souvent du tribunal de la Pénitence et de la sainte Table. Le matin même de la bataille d'Auray, il se confessa et communia pieusement. Au plus fort de la mêlée, il demanda plusieurs fois à son confesseur, qui ne le quitta pas, de lui renouveler le bienfait de l'absolution.

 

Charité envers les pauvres

Son père était un chrétien convaincu. Guidé par ces sentiments religieux, le comte de Blois nourrissait chaque jour, dans son château, plusieurs pauvres. Charles, tout jeune encore, se plaisait à les servir de ses propres mains. Quelques-uns arrivaient-ils en retard, il s'ingéniait à leur trouver, dans les offices du château, quelques restes ou du moins un peu de pain pour ne pas les laisser s'en retourner à jeun.

S'il s'en présentait avec une supplique à la main, le futur duc de Bretagne s'empressait de la prendre pour la porter à son père et intercéder pour les suppliants.

Plus tard, quand la mort de Jean III, « le bon duc », rendit Charles de Blois maître, en droit, du duché de Bretagne, il ne profita de son autorité que pour faire le bien sur une plus large échelle.

 

Une guerre de vingt ans

On a reproché au Bienheureux la longue guerre qu'il soutint contre Jean de Montfort. Mais qui ne sait que, dans certains cas, soutenir son droit devient un devoir?

Or, quand il donna sa main à Jeanne de Penthièvre, nièce de Jean III, il renonça, et aux armes de la maison de Châtillon, comme héritier présomptif du trône de Bretagne, et Montfort lui-même l'avait ainsi reconnu.

La succession une fois ouverte, Jean de Montfort contesta les droits de sa nièce Jeanne et de son mari, Charles de Blois. Les deux compétiteurs en appelèrent à l'arbitrage de leur suzerain, le roi de France.

Philippe VI convoqua son Parlement en assemblée extraordinaire ; en juillet 1341, les pairs ecclésiastiques et laïques étaient réunis à Conflans. Une Commission, présidée par les évêques de Noyon et de Langres, se rendit en Bretagne pour étudier sur place les us et coutumes du pays. L'arrêt final, après qu'on eut entendu les avocats des deux parties, fut rendu le 7 septembre 1341 ; le droit de représentation faisait loi en Bretagne ; Jeanne de Penthièvre, fille du frère aîné de Jean III, héritait de son oncle ; par elle, Charles de Blois était duc de Bretagne.

Jean de Montfort ne voulut point se soumettre à cette sentence ; la guerre fut déclarée et dura pendant plus de vingt ans. Mais, encore une fois, qui peut reprocher à notre Bienheureux d'avoir défendu, les armes à la main, ce que l'assemblée la plus auguste avait déclaré lui appartenir, ce qui était le patrimoine de sa femme, le bien de ses enfants ? Du reste, il ne fit jamais la guerre qu'à regret, connaissant les maux qu'elle entraîne. 

 

Zèle pour la Justice

Autant qu'il fut en son pouvoir, le duc diminua ces maux, en soulageant le peuple et en venant en aide aux malheureux.

Il voulait que la justice fût promptement rendue à tous. S'il savait que des pauvres, hommes ou femmes, voulaient lui parler, il s'y prêtait volontiers ; quand ils ne connaissaient que la langue du pays, le duc se la faisait traduire par un interprète, et la solu­tion donnée était toujours bien accueillie.

Il défendait du reste à ses secrétaires de jamais rien exiger pour les lettres qu'ils expédiaient, pour les sceaux et autres frais ordinaires de chancellerie. — Il faut rendre la justice et non la vendre, disait-il souvent.

Sa bonté le faisait aller au-devant des solliciteurs. Fréquemment, dans ses voyages, il s'adressait aux petites gens qu'il rencontrait, ouvriers, bergers et autres. Il les interrogeait sur leur famille, si leur père et leur mère vivaient encore, s'ils avaient des frères et des soeurs. Et selon leurs réponses, selon les conditions de la famille, il répandait ses aumônes.

Les églises, les hôpitaux, les monastères avaient une large part dans ses générosités. Les construire, les réparer ou les doter était une de ses joies préférées.

Il avait du reste toujours avec lui quelques religieux. Des Franciscains l'accompagnèrent à Londres lorsqu'il fut fait prisonnier et restèrent avec lui pendant sa captivité. Charles ne cachait pas sa prédilection pour eux. Il aurait mieux valu pour moi que je fusse Frère Mineur que de m'être laissé faire duc de Bretagne, répétait-il souvent.

Du moins, comme son aïeul saint Louis, il voulut être disciple de saint François par le troisième Ordre. En parlant du couvent de Guingamp, où il fut enseveli, le vénérable François de Gonzague dit expressément qu'on y a trouvé la preuve, en faisant des recherches pour la canonisation de saint Yves, que Charles de Blois fut admis, dans l'église de ce couvent, au Tiers-Ordre de la Pénitence. 

 

Amour de Dieu

Tout jeune encore, alors qu'il prolongeait ses oraisons, si on l'invitait à cesser, Charles répondait : — Laissez-moi ; on ne peut trop servir Dieu ; je le quitterai toujours assez tôt.

S'entretenir avec ses clercs et chapelains de Dieu et de ce qui le touche, entendre les récits édifiants de la vie des saints, en un mot, parler de choses pieuses, voilà ce qui faisait sa joie.

Et la parole de Dieu, contenue dans les Saintes Ecritures, il la lisait et méditait assidûment. Encore qu'il n'eût pas fait d'études spéciales, il en comprenait très bien le sens, tellement, fait remarquer un des témoins du procès de canonisation, qu'on ne peut attribuer cette connaissance qu'à un don surnaturel.

Mais cet amour de Dieu, ce goût pour les choses surnaturelles, comme il les entretenait par la fuite du péché, par une vigilance à toute épreuve !

Avec ses compagnons, il fut, sa vie entière, d'une bonté à toute épreuve, les traitant avec une sorte de respect. On a remarqué qu'il ne se permettait pas de les tutoyer.

Au contraire, avec les personnes du sexe, sa réserve, sa sévérité nous sembleraient exagérées, si la raison et l'expérience ne répétaient à l'envi que celui qui aime le danger y périra. Il restait le moins possible en la compagnie des femmes ; avec plus de soin encore il évitait les discours trop libres, les paroles à double sens.

Un jour, pendant sa captivité à Londres, un de ses compagnons crut lui faire plaisir en lui procurant, dans de bonnes intentions du reste, la visite d'une personne ; le pieux duc se prêta si peu à la chose qu'il chassa pour toujours de sa présence celui qui avait voulu lui procurer cette distraction qu'il tenait pour dangereuse. 

 

Esprit de Pénitence

Charles de Blois avait trop le sens chrétien pour ne pas comprendre la nécessité d'une mortification continuelle.

Dès ses plus tendres années, il aima à se mortifier. Un fait qui semble n'être qu'un détail, mais très significatif, aussi l'a-t-on noté avec soin dans le procès de canonisation : Charles ne prenait jamais rien entre les repas. Cependant, si son père recevait une visite, le jeune prince, invité à lui tenir compagnie, se départait sans hésiter de sa réserve habituelle pour faire honneur aux hôtes et ne pas leur donner une leçon plus ou moins déplacée. 

Non content de pratiquer toujours, dans ses repas, les règles de la sobriété la plus stricte, il jeûnait régulièrement le Carême, l'Avent et tous les jours prescrits par l'Eglise. Il prétextait souvent, dit un témoin, une indisposition pour se retirer le soir dans ses appartements sans prendre aucune nourriture. Et comme le témoin en question — son valet de chambre pendant les douze dernières années de sa vie — se permettait un jour de lui faire voir qu'il n'était pas victime du subterfuge : —   Ah ah ! mon ami, lui dit le duc, laissez-moi faire et ne dites rien. Je ne suis qu'un paresseux dans le service de Dieu ; je ne fais aucun bien ; si je ne me mortifiais, la chair me ferait sentir son aiguillon.

Et de bien d'autres manières il mortifiait cette chair, couchant habituellement sur la dure, portant jour et nuit, autour de la taille et sur les épaules, de petites cordes garnies de noeuds qui lui entraient dans le corps, ne quittant presque jamais le cilice.

Plus d'une fois, ce rude instrument entama les chairs sur les hanches ; le duc s'y fit mettre une certaine pommade par son valet de chambre, après lui avoir fait promettre de n'en rien dire. — Mais à peine était-il un peu remis, ajoute cet homme, qu'il recommençait.

Quand il succomba, sur le champ de bataille d'Auray, le 29 septembre 1364, Charles de Blois portait, sous sa brillante armure, le fameux cilice. 

 

Sa patience et sa résignation

Au combat de La Roche-Derrien, il avait reçu jusqu'à dix-sept blessures. Epuisé, perdant son sang à flots, il fut fait prison­nier. Ses vainqueurs, émus de compassion, l'avaient étendu sur un matelas. Un Anglais s'en aperçut. Il lui enleva brutalement cette couche et le jeta sur une botte de paille. — Béni soit Dieu ! se contenta de dire le prince.

« Béni soit Dieu ! » c'était son cri habituel, expression fidèle des sentiments de son cœur. Il expliquait à ses compagnons qu'il était toujours préférable de remercier Dieu ; de cette façon, disait-il, « tout nous reviendra à bien ».

Guillaume Bérenger, dix-neuvième témoin dans le procès de 1371, affirme qu'il l'a vu malade, pendant environ un mois, au couvent des Frères Mineurs de Dinan. Non seulement il supportait sans la moindre plainte la maladie et la souffrance, mais encore, ayant reçu, pendant ce temps, la nouvelle de plusieurs revers, pertes de villes, incendies de châteaux, surprises de ses ennemis, il ne savait que joindre les mains, lever les yeux au ciel et répéter : — Dieu soit béni en toutes choses ! Il ne souffrait point qu'on attaquât en sa présence le duc de Montfort, son compétiteur. — Il croit défendre ses droits, comme je crois défendre les miens, se contentait-il de dire ; il ne nous appartient pas de le condamner.

Et il comprenait, dans une commune prière, les âmes des siens tombés dans le combat et les âmes des soldats ennemis. Un jour, pendant sa captivité à Londres, passant près d'un cimetière, il commença le De profundis. Remarquant qu'un de ses compagnons ne s'unissait pas à sa prière, il lui en demanda la raison. —  Je ne puis, répondit celui-ci, prier pour ceux qui ont tué mes parents et mes amis, qui ont brûlé nos maisons, qui nous ont fait tant de mal

Le pieux duc le reprit sévèrement de son peu de charité, lui rappelant que nous devions pardonner si nous voulions que Dieu nous pardonne un jour. 

 

Mort glorieuse - reconnaissance de son culte

Malgré quelques moments de répit, cette guerre durait depuis plus de vingt ans ; elle n'avait pas compté, dit-on, moins de quinze cents batailles et de huit cents assauts ; elle avait été marquée, de côté et d'autre, par des succès et des revers ; il était dans les desseins de Dieu que le bienheureux duc n'en vît pas la fin sur cette terre.

Le 29 septembre 1364, les partisans du duc de Montfort, qui comptaient dans leurs rangs une multitude d'Anglais, sous la conduite de Chandos, étaient en présence des troupes de Charles de Blois, dans les environs d'Auray.

Une dernière tentative de conciliation ayant échoué, on en vint aux mains.

La mêlée fut terrible. Du côté de Charles, Bertrand du Guesclin, à la tête des chevaliers bretons, fit des prodiges de valeur, mais Chandos s'était acharné sur le corps de troupes que dirigeait en personne le duc de Bretagne.

Bientôt, Charles fut tellement resserré par ses ennemis qu'on n'eut plus de doute sur l'issue de la journée. Un soldat anglais, ayant réussi à faire sauter son casque, lui enfonça son épée dans la gorge.

Le duc tomba baigné dans son sang. Son chapelain, qui ne l'avait pas quitté, se pencha vers lui, l'exhorta à pardonner à tous ses ennemis, lui renouvelant de son côté la grâce de l'absolution. — Ah ! Seigneur Dieu ! murmura le mourant.

Et il expira.

Bertrand du Guesclin résistait toujours. Mais apprenant ce dénouement fatal : —  Mort est le plus vaillant homme qui ait été au monde, s'écria-t-il. 

Et il rendit au vainqueur le tronçon d'épée qui lui restait en main.

Le 14 décembre 1904, S. S. Pie X a solennellement reconnu que le culte du bienheureux Charles de Blois s'était maintenu à travers les siècles.

Guingamp (Bretagne) : fête de la béatification de Charles de Blois

 

Guingamp (Bretagne) : fête de la béatification de Charles de Blois

 

Guingamp (Bretagne) : fête de la béatification de Charles de Blois

 

SOURCES : Procès canonique pour l'approbation du culte rendu de temps immémorial au bienheureux Charles de Blois.

(article édité vers 1920 ?)

Guingamp (Bretagne) : fête de la béatification de Charles de Blois

 

Note : Charles fut durablement cher aux Bretons, comme le représentant malheureux du parti national contre l'influence Anglaise et comme un saint. Ses vertus chrétiennes jetèrent un tel éclat que, malgré le triomphe de ses ennemis, des instances furent faites dès 1368 auprès d'Urbain V, par un grand nombre de prélats et de hauts barons, pour que le Saint Siège fit procéder aux informations touchant la vie et les miracles de Charles. L'évêque de Bayeux et les abbés de Marmoutiers et de Saint-Aubin d'Angers furent en effet chargés de cet office par un rescrit d'Urbain V renouvelé par Grégoire XI, malgré les oppositions de Montfort. L'enquête se poursuivit à Angers dans l'église des frères mineurs et confirma l'opinion générale en produisant soixante témoignages concernant les vertus héroïques et cent cinquante-huit concernant les miracles du Duc Charles. Il semble que la politique de la maison de Montfort ait pu seule empêcher la décision du Saint Siège. « Le pape avait chargé plusieurs ecclésiastiques, entre autres l'abbé de Saint-Aubin d'Angers, de faire des enquêtes pour la canonisation de Charles de Blois, mais elles furent interrompues à la demande de Jean de Montfort, devenu duc de Bretagne. Cependant si on en croit quelques auteurs, il fut mis au rang des bienheureux par Grégoire XI ».

Charles de Blois

Voici la Bulle d'Urbain V, qui donne mandat à l'évêque de Bayeux et aux abbés de Marmoutier et de Saint-Aubin de faire enquête pour la canonisation de Charles, duc de Bretagne, dont le corps repose en l'abbaye de Guingamp. " Datum Avenione XI kal. novembris Pontificatus anno VIII (22 octobre 1370). 

Urbanus episcopus servus servorum dei venerabili fratri Episcopo Baiocensi et dilectis filiis majoris monasterii prope Turonis ac sancti Albini Andegavensis abbatibus monasteriorum Salutem et apostolicam benedictionem.

Justis petentium desideriis libenter annulmus eaque favore prosequimus oportuno dudum siquidem pro parte nonnullorum prelatorum et aliarum personnarum ecclesiasticarum necnon quamplurium nobilium et aliorum Regni francie plurier (sic) in Consistorio proposito coram nobis quod recolende memorie Carolus dux Britannie de partibus Gallicanis et de Regali domo francie oriundus generis nobilitate preclarus adeo in exemplari vità in huiusmodi peregrinatione seculi cuius abiectis voluptatibus carnisque illecebris procul pulsis per virtutum placitos actus domino gratum famulatum impendere et per eiusdem vite merita sibi ipsi et aliis proficere studuerat per exemplum quod omnipotens ipse dominus in eodem Carolo opera ministrans per sancta sua merita in loco fratrum minorum de Guengamppo Trecorensis diocesis ubi corpus requiescit eiusdem et alibi plura miracula dignatus est operari honorans in terris quem ut pie creditur coronaverat in celis nos nobis de fratrum nostrorum consiliis nostris dedimus litteras in mandatis ut vos vel tu frater Episcopus cum altero vestrum filii Abbates de vita et meritis dicti Caroli ac eius miraculis et ceteris circunstantiis juxta interrogatoria que vobis sub bulla nostra transmisimus interclusa veritate diligentius inquireretis et nobis que super hiis inveniretis scripta fideliter sub nostris sigillis per nostras litteras ipsarum litterarum nostrarum seriem continentes intimare curaretis prout in eisdem litteris plenius continetur. Cum autem sicut accepimus vos ad partes Britannie et villam de Guengamppo pro inquisitione huiusmodi facienda propter pericula guerrarum et viarum discrimina sine vite et virorum mortis periculo accedere tute nequeatis et ut pretenditur pro parte dilati filiis Nobilis viri Johannis ducis Britannie ne in huiusmodi procedatur negotio licet frivole appellatum. Nos nolentes in premissis de oportuno remedio providere discretioni vestre per apostolica scripta mandamus quatenus vos vel tu frater Episcopus cum vestrum altero ad executionem dictarum litterarum nobis ut promittitur directarum procedatis et ubique testes super premissis etiam extra Britanniam audiatis et iuxta dicta interrogatoria examinetis diligenter huiusmodi appelationibus et impedimentis et aliis contrariis non obstantibus quibuscumque ac impedientes clam palam vel alias inquisitione premissorum per excommunicationis sententiam compiscatis et insuper testes qui nominati fuerint ad veniendum et comparendum coram nobis solutis tamen eis expensis compellatis et alia in dictis litteris contenta executioni debite demandetis iuxta earum continentiam et tenorem. Contradictoris auctoritate nostra appellatione postposita compescendo non obstantibus si aliquibus communiter vel divisim a sede apostolica sit indultum quod interdici suspendi vel excommunicari non possint per litteras apostolicas non facientes plenam et expressam ac de verbo ad verbum de indulto huiusmodi mentionem.

Datum Avenione VI Kl. Novembris Pontificatus nostri anno octavo ".

Les cordeliers, après la destruction de leur monastère de Guingamp en 1598, le transportèrent dans leur nouveau monastère situé à une demi-lieue de Guingamp (à Grâces-Guingamp, qui faisait alors partie de la paroisse de Plouisy avant la Révolution) où on le vénère et surtout depuis la béatification.

Voir aussi   Charles de Blois "La bataille de la Roche-Derrien

Voir aussi   Charles de Blois "Le prisonnier Charles de Blois à la Roche-Derrien

Voir aussi   Charles de Blois "Mort de Charles de Blois

Voir aussi   Charles de Blois "Relique de Charles de Blois

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