Bretagne : Climat, Calamité, Famine, Maladies, Epidémies, Tremblements, Mortalité au cours des siècles

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Climatologie et Epidémies en Bretagne

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Les variations, perturbations atmosphériques, calamités publiques que nous publions d'après d'anciens documents, sont signalées comme se rapportant à la Bretagne

CLIMAT EN BRETAGNE

Bretagne : Climat, Climatologie, Epidémies, Mortalité, Maladie en Bretagne

 

En 1258 : En janvier, les pommiers et les fraisiers étaient couverts de fleurs blanches.  

En 1314 : En 1314, l’été fut si froid et tous les fruits si tardifs, que l’on trouvoit des cerises à la nativité de la vierge. Cette année les vendanges ne se firent que vers la Toussaint, et l’année suivante il y eut une grande cherté (dom Bonnaventure du Plesseix).

En 1423 : Il survenait parfois de terribles vagues de froidure, comme en janvier 1423 où, note un contemporain, « la tête des poules et des coqs gelait ». De même en 1432 et 1439, et en d'autres années encore. C'était alors la misère noire dans les campagnes (Le Pays de Rieux, abbé Henri Le Breton).  

En 1434 : "En cette année fist ès parties de Bretagne une merveilleuse gelée, laquelle, sans cesser, continue depuis la feste de Saint-André (30 novembre) jusqu'au cinquième jour de février ; et ce furent les blés et les vignes grandement empirés" (Le Baud).  

En 1436 : Le 6 juillet "après vespres churent gros marteaux comme qui jettast pierre du Ciel, dont l'en fust moult espouvanté".  

En 1519 : La Bretagne essuya de si furieuses tempêtes que plusieurs clochers et plusieurs forêts furent renversés.

En 1529 : Il n'y eut nulle gelée en hiver, et il fit aussi chaud en mars que d'ordinaire à la Saint-Jean.

En 1534 : La plupart des plantes gelèrent jusqu'à la racine. Il y eut aussi de violents tremblements de terre.

En 1540 : Le beau temps et la chaleur durèrent depuis le mois de février jusqu'au 19 septembre. Dans cet intervalle, il ne plut que six fois. A la fin de mai, on mangea des cerises. Le 25 juin on était au milieu des moissons. Année remarquable par son extrême abondance de toutes choses nécessaires à la vie.  

En 1573 : Les arbres se couvrirent de fleurs en janvier et abritèrent en février les nids des oiseaux. A Pâques, les blés étaient prêts pour la moisson.

En 1599 : A la date du 14 janvier 1599, Jean-Efflam Pichic (recteur de Plestin-les-Grèves) signale que l'église de Plouaret et la maison de Lesmaez ont été « brisées et rompues par les tonnerres de maligns esprits ». 

En 1601-1609-1615-1619 : Hivers d'une douceur excessive. En 1618, "le jour de saint Barnabé au mois de juin (dans la nuit du 11 juin), il y eut à Morlaix une si horrible tourmente d'éclairs de tonnerre et de foudre, qu'on pensait la fin du monde être venue et la foudre tombant sur la tour de Notre-Dame du Mur abattit quelques brasses de la pointe de l'aiguille".

En 1642 :" En l'automne, il y eut partout la province de Bretagne un grand déluge d'eau qui ruina les ponts, étangs et moulins et fit grand dommage " (Chronique des abbés Gallerne, Saint-Guen).  

En 1662 : On n'alluma pas les cheminées une seule fois, et les arbres furent en fleurs dès le mois de février. Il est vrai que tout à coup, à la fin de février, le froid fut si intense que la Manche fut gelée, que les cloches se brisaient au moindre choc, et qu'enfin un nombre considérable de personnes périrent.

En 1709 : " Le 6 janvier de cette année, sur le soir, commença une période de température glaciale qui s'aggrava singulièrement à partir du 13 janvier. Le 2 février survint un dégel si brusque que la débâcle des glaces causa partout de gros ravages. Puis le froid rigoureux reprit et dura jusqu'à la fin du mois, avec chutes de neige et vents impétueux, gelant les blés et les arbres fruitiers. A la messe, le vin glaçait dans le calice, et il fallait recourir à des réchauds pour le garder liquide. Quant aux baptêmes, on dut les administrer à domicile " (Histoire de Rieux, par Henry Le Breton). En 1709, le thermomètre descendit de 15 à 20 degrés au-dessous de zéro, le froid dura cinq semaines, les ceps de vigne gelèrent et on dut replanter la vigne (à Pallet, entre autre).

Paroisse de Sévérac : « Récit de la plus terrible année qu'on ait vue depuis que le monde est créé, ainsi que je vais dire. Elle a eu trois hivers ; l'un qui commença la mi décembre 1708 et fut assez grand pour les biens de la terre, le second com­mença le 7 janvier 1709 et dura jusqu'au 27 du même mois ; froid si terrible avec la neige depuis le 9 avec grand vent qu'on ne pouvait aller ni venir. Les oiseaux faisaient pitié. Toutes les alouettes moururent presque ; les merles, les mauvis, les étour­neaux et autres petits oiseaux remplissaient les maisons, les grolles s'entremangeaient. Les grains ne souffrirent pas, à ce qu'on croit, de ce choc, mais tout étant mortifié par ce que je viens de dire, et le temps étant tantôt pluie, tantôt neige fondue. Il survint un troisième hiver le 22 février ensuivant qui dura 9 jours. C'était un froid sans pareil, un vent brûlant, les fro­ments moururent, les seigles de même. Les vignes moururent quasi toutes, du moins les vieilles ; de vin, point, par conséquent. Elles repoussèrent par les pieds et jetèrent des lames, mais cela ne fit guère. Il mourut quantité de pommiers même dans le mois de mai, tout fleuris, de gros châtaigners, tous les pins, les noyers, les amandiers, beaucoup d'abricotiers, les houx, les épines noires, toutes les ronces. Il n'y eut par conséquent point de mûres ni prunelles. Cela causa un grand dommage à la moisson, car les oiseaux qui étaient demeurés ne trouvant point à se viander dans les buissons, se ruaient sur les grains. Les genêts eurent le même sort, les ajoncs, les bruyères, Il n'y eut par conséquent point de fleurs, les abeilles moururent de faim, cependant la cire ne fut point chère, depuis 16 à 18 sols la livre. Point de miel. Les pauvres se disposent à manger du pain de racines de popites qu'on dit être bonnes pour faire du pain, du moins à empêcher de mourir. Ces popites sont des herbes qui croissent dans les landes, la feuille quasi comme de la porée, une tige au milieu à peu près comme l'asperge, elle fleurit blanc. Cette herbe a une racine composée de noeuds » (D'après les registres paroissiaux).

Paroisse de Saint-Caradec : « Le grand froid de cette année a commencé le 7e janvier, a duré trois semaines pendant lequel temps est ainsi que dans cette province, qui est le canton le moins endommagé de l'Europe. Le froid a fait mourir des bois, brins, tronc et racine, laittiers et les bleds qui n'estoint couverts de neiges. Pendant ce terrible froid on voioint des oiseaux d'espèces inconnues qu'on prenoit aizément et mouroint en ce paye. Après cette hyvers, peu d'oiseau se voit. La neige qui a conservé le bien de la terre estoit haute de 4 pieds. Cette même année le demé de seigle, mesure de Loudéac, se vende quatre francs ou 24 livres la charge d'un cheval de voiture. On oblige ceux de cette province de fournir aux autres provinces de ce royaume une grande quantité de bleds, seigle et froment qu'ils portent aux ports de mers. Cette année on est exempt de cueillir les fruits des arbres parce qu'il n'y en a pas d'aucune espèces » (D'après les registres paroissiaux).

Paroisse de Héric : « Nous avons eu cette année 1709 un hiver si rigoureux que tout a pensé périr. Les hommes ont souffert extraordinairement. La nourriture commune du pauvre peuple n'était que du son qu'ils faisaient cuire avec de l'eau et un peu de lait avec quelques mauvaises herbes qu'ils ramassaient par la campagne » (D'après les registres paroissiaux).

En 1723-1730 : Hivers très doux. On mentionne à Saint-Vincent-des-Landes (Loire-Atlantique) que " Le 6 juillet 1728, il s'éleva sur le 8 et 9 heures du soir, une tempête si grande avec un vent si impétueux mêlé d'une grêle si démesurée qui renversa les blés et avoines, brisa la plupart des pailles sans qu'on ait pu rien recueillir en plusieurs endroits, ce qui a causé une famine dans la paroisse ...".   On signale aussi à Saint-Vincent-des-Landes qu'en 1731 " cette année il y eut une si grande chaleur, le printemps et l'été furent si sec qu'il n'y eut presque point de lin, peu de foin et d'avoine, mais une telle abondance de pommes que le cidre ne valait que 30 sols la barrique. Le 27 juin, il y eut un tonnerre si terrible pendant plus de 24 heures qu'en plusieurs paroisses et endroits il tomba et tua plusieurs personnes ". (archives paroissiales).

En 1740 : Le froid commença le 6 janvier pour ne finir que le 1er mars. Il gela dans tous les mois de cette année 1740. " Ce qui donna de très mauvais vins, d'autant qu'il gela très fort le 15 octobre jusqu'à la Toussaint et qu'il fallut vendanger le raisin tout vert ou tout gelé " (Archives paroissiales de Monnières).

En 1751, du 14 au 15 mars, une violente tempête ravagea le pays.  

En 1760 (le 22 juin) : Un orage de grêle traverse toute la paroisse de Penvénan (Trégor). Les récoltes sont dévastées. Cette année-là le prix du froment est en hausse de 28 % sur le marché de Lannion. 

En 1771-1772 : "Toutes les manufactures du diocèse de Tréguier sont réduites à l'inaction" note le Contrôleur Général. La raison en est la suite d'intempéries qui mouillent le lin.  

En 1773 (le 18 août) : Un orage terrible, accompagné de tonnerre et suivi, selon Habasque, d'un tremblement de terre provoque la rupture de la chaussée de l'étang du Minihy près de Châtelaudren. Le leff déborde. A Saint-Brieuc, le même orage emporte un pont de pierres élevé en 1756 par le duc d'Aiguillon.

Paroisse de Créhen : « Le 15 avril 1773, à une heure trois quarts du soir il y a eu un tremblement de terre qui s'est fait sentir avec bruit dans tout ce pais pendant une demie-minute. Le 23 avril à onze heures et demie du soir il y a eu une autre secousse bien plus forte avec grand bruit pendant une minute. Quelques-uns en ont ressenti une troisième. Le 18 août 1773 est arrivé un très grand orage (tonnerres, pluies et vents) qui a brisé et haché tous les bleds noirs ... L'orage brûla aussi tous les pommiers, et il n'y a point de pommes. Les ravages ont été bien plus considérables en Basse Bretagne ; les chaussées ont été rompues, les rivières débordées, les moulins emportés, la ville de Chateaulaudrain renversée et beaucoup de monde noyés dans leurs maisons. On attribue cet orage à un tremblement de terre .... Au mois de novembre 1773 a commencé en cette paroisse une maladie putride et épidémique ... Le nombre de ceux qui en ont été attaqués monte aujourd'hui 1er janvier 1774 à plus de 400 et le nombre de ceux qui en sont morts à 40 ou 41. On n'a point demandé de médecins de peur d'en faire mourir davantage ... La maladie épidémique et putride de l'an dernier (1773) s'est encore fait sentir, mais avec moins de force cette année (1774). Elle est allée ravager les autres paroisses à notre midi, particulièrement Plénée-Jugon qui avait déjà essuyé la même maladie il y a 15 ou 16 ans » (D'après les registres paroissiaux de Créhen de 1773 et 1774).

En 1782-1783 : La chaleur fut extraordinaire en décembre. En janvier tout était fleuri comme en juillet habituellement.

En 1783-1784 : Hiver 1783-1784 très rigoureux (Trégor). Gelée en Basse-Bretagne, le 9 mai 1784. A Derval (Loire-Atlantique) " L'an du Seigneur 1784-1785, l'Europe entière a éprouvé et essuyé le froid le plus violent qu'on ait ressenti depuis plus d'un siècle, la neige est restée sur la terre l'espace de plus de deux mois. Certaines rivières glacées à 15 pieds de profondeur ont réduit à la plus grande indigence tous les peuples, particulièrement des campagnes, déjà épuisés par une guerre longue et sanglante contre les Anglais, mais heureusement terminée pour la gloire et le bonheur de la France, qui a obligé après de rudes combats sur mer, l'orgueilleuse Angleterre à reconnaître l'indépendance de l'Amérique et à céder à la France et à l'Espagne nombre de possessions dans cette partie du monde " (recteur Alexis Potiron du Chatelier).

En 1785 : Grande sécheresse dans le Trégor.

En 1788 : Hiver très rigoureux dans le Trégor. Les paysans se nourrissent de "quantité de gibier qui a péri par le froid excessif qu'il a fait, surtout les perdrix". En juin 1788, le bas de Guingamp est noyé sous près d'un mètre d'eau à la suite des pluies torrentielles.

En 1789 (juin et juillet) : Des pluies abondantes compromettent les récoltes dans le Trégor.

En 1794 : Eté violemment orageux dans le Trégor. En décembre 1794, début d'un hiver rigoureux fait de neige et de glace.

En 1795 : Hiver épouvantable qui restera dans les mémoires (Habasque le cite en 1834 !). Neige en janvier 1795.  

 

ANNEES de MALADIE, EPIDEMIES, MORTALITE EN BRETAGNE

Bretagne : Climat, Climatologie, Epidémies, Mortalité, Maladie en Bretagne

En 1162 : Notre chronique (Bonaventure du Plesseix) marque que dans la même année il y eut une grande famine en Bretagne qui obligea les hommes à manger la terre et quelques uns leur propres enfants et elle adjoute pour marquer la cherté des vivres que le septier d’avoine coutoit cinquante sols, somme prodigieuse pour un temps ou on ne comptoit que treize sols quatre deniers dans un marc d’argent. Cette famine avoit été précédée par une pluie de sang dans le diocèse de Dol, ou l’on avoit vu des ruisseaux de sang couler d’une fontaine et du pain coupé verser du sang en abondance, si c’estaient, ajoute dom Bonnaventure du Plesseix, des signes qui pronostiquaient la guerre, ils n'étoient pas trompeurs et il ne falloit pas de miracle pour apprendre aux bretons ce qu’ils n'éprouvoient que trop, et le mal avoit précédé les avertissements (Quimperlé - A. de Blois, 1881, p. 129).  

En 1345 : Dans toute la Province, il y eut un cours considérable de cette maladie qu'on nommait "le feu Saint-Antoine" ;

En 1348 : Une peste épouvantable se fit sentir d'abord dans le Maine et en Anjou, puis dans toute la Bretagne. Mortalité effrayante. En 1484, elle ravage Poitiers, Laval, Le Mans. Cette cruelle maladie fut appelée dans nos pays "la Bosse", parce que son dernier degré de malignité s'annonçait par des bubons gros comme un oeuf aux aisselles et aux aines, signes qui ne laissaient plus aux malades aucune espérance de vie. En 1485, le duc François II crée " Le Médecin des Epidémies ", sans grand résultat. En 1501, la peste fait plus de 4.000 morts à Nantes. Elle réapparaît en 1518. La peste sévit à Nantes en 1501, 1522, 1523, 1529, 1530, 1567, 1576. Les lépreux furent d'abord soignés à Nantes, dans la léproserie de Saint-Lazare, supprimée en 1569 et dépendant de la paroisse de Saint-Similien.

En 1481 : La gelée dura depuis le lendemain de Noël (1480) jusqu'au 8 février, "pendant lequel temps fist la plus grande froidure que les anciens eussent jamais veu faire en leurs vies". "Fust le bled moult cher universellement et rare. A cette cause mourut grande quantité de peuple de famine et quand d'autres voulaient manger, ils ne pouvaient pour ce qu'ils avaient les conduits retraits, pour avoir esté trop sans manger (Commines)".

En 1510 : Coqueluche presque générale à laquelle peu de gens échappèrent et dont beaucoup furent les victimes. On la nomma "coqueluche", dit Mezerai (ou Mezeray), parce qu'elle affublait la tête d'une douleur fort pesante et que les premiers qui en furent atteints parurent avec des coqueluchons. Elle causait aussi une grande douleur à l'estomac, aux reins, aux jambes, avec fièvre chaude accompagnée de fâcheux délires et d'un dégoût de toutes les viandes ainsi que du vin. Elle fit périr beaucoup de monde.

En 1528 : Et durant les quatre années suivantes, la stérilité fut grande dans toute notre province et le blé très cher, de sorte que le peuple en général y fut réduit à une misère extrême.

En 1564 : "Il n'y avait aucune maison où l'eau ne gelast à la glace en tous lieux qu'on pust la mettre hors le feu". Toutes les nuictz et matins, quand toutes personnes se levaient de leur lit, la glace était très prise sur le drap de dessus, de l'eau qu'engendraient le vent et alaine des personnes qui étaient couchez dans le lit. La plus grande froidure qui feust fut le jour de la feste des saints Innocents, 26 décembre, auquel jour les mainz, les piedz, les aureilles de plusieurs hommes gelèrent qui cheminaient par les champs. Les crestes des coqs et poules furent gelez et tombèrent de dessus leurs testes (Abbé Hatton, France Rurale).

En 1583, lutte contre les épidémies dans la région de Nantes. En 1583, la police rédigea un règlement pour arrêter la peste qui continuait ses ravages ; " il fut prescrit à chaque habitant de balayer son pavé, sous peine d'amende ; on décida qu'il serait établi des latrines dans toutes les maisons qui en manquaient, et que les anciennes fosses d'aisance seraient visitées ; que leur vidange aurait lieu la nuit, depuis 10 heures du soir jusqu'à 2 heures du matin ; que pour neutraliser l'odeur, les maisons seraient parfumées avec de l'encens ; que trois fois par semaine, il serait allumé dans les carrefours un feu public pour lequel chacun fournirait un fagot de bois sec ou 5 sous d'amende ; que les maisons pestiférées seraient nettoyées, soit aux frais des propriétaires, soit aux frais des fermiers ; que les malades et les convalescents seraient habillés de bougran avec une croix blanche sur la poitrine et une autre sur le dos, et qu'ils porteraient une baguette blanche à la main ; qu'il en serait de même du chirurgien du Sanitat ; que les domestiques de cette maison ne sortiraient pas sans avoir aussi eux une baguette blanche à la main, avec une cloche au bout, pour avertir toute personne saine de s'écarter ; qu'il serait nommé un médecin et un chirurgien pour visiter les malades à domicile, et trois fois la semaine au Sanitat ; que les malades se feraient transporter à l'Hospice la nuit et par les ruelles ; que les convalescents qui se présenteraient en public avant quarante jours seraient fouettés, ou paieraient 10 écus d'amende ; que les morts ne seraient pas enterrés au cimetière de la paroisse ; que chaque dizainier serait tenu de faire connaître les malades de son quartier, dans chaque desquels seraient établis gens de bien et d'honneur pour veiller à l'exécution du règlement ". La maladie cessa ses ravages, grâce à plusieurs de ces précautions qui étaient très sages, mais ce ne fut pas pour longtemps (Guépin).

En 1586, 1590, 1592, 1594, 1596, 1598 : Crises de subsistances dans le Trégor et ailleurs.

En 1598 : Après la Ligue, pays ruiné, population diminuée, terrains en friche, famine terrible suivie d'épidémie.

En 1660-1661 : Après un printemps idéal vinrent des mois humides et froids, à tel point que la récolte fut mauvaise. Misère noire causée par la disette de blé. 

En 1709 : En février et mars, froid d'une intensité surprenante. La Manche gela et les cloches se brisaient au moindre choc. Un nombre considérable de personnes périrent. 

En 1731 : Dès 1731, des marins du Pays de Retz ont rapporté des dysenteries de la Martinique. En 1749 et 1765, " le pays du vignoble du Muscadet est touché par cette maladie qui fait 11.000 malades et 2.635 morts en 1765 ...". Le typhus sévit à partir de 1741, puis apparaissent la variole, la typhoïde, les fièvres éruptives, les dysenteries ; 

Au XVIIIème siècle, chaque paroisse présente trois foyers d'infection : les chemins vicinaux, le cimetière, l'église. Les chemins vicinaux ne sont jamais entretenus : ils sont remplis de cloaques immondes, de mares d'eau croupissantes et de fondrières. En 1755, les corvoyeurs de Basse-Goulaine. commandés pour travailler à la grande route de Nantes à Paris exposent à l'Intendant « que les arches de cette paroisse, sur lesquelles lesdits corvoyeurs seraient obligées de passer, sont tombées en ruines et impraticables à l'effet d'y pouvoir passer ». Les cimetières sont des foyers d'infection beaucoup plus redoutables pour les campagnes que les chemins. Partout ils sont placés au milieu du village, autour de l'église. Ils sont très exigus, on y entasse les morts les uns sur les autres, sans attendre que le temps ait achevé son travail de décomposition. Pendant les chaleurs, après les pluies ces champs de morts exhalent des miasmes putrides. Le recteur de Vertou, déclare au sénéchal de Nantes en 1749, que le cimetière de sa paroisse, « qui est fort petit, était si rempli de cadavres que lorsqu'on faisait une fosse, on y en découvrait des cadavres qui n'étaient pas à moitié consumés, de sorte qu'il se répand une fort mauvaise odeur dans tout le bourg, dont les suites pourraient être très dangereuses ». L'ordonnance du 15 mai 1776 qui prescrivit de transporter les cimetières hors de l'enceinte des villes et villages fut presque partout éludée par l'inertie et l'égoïsme des généraux de paroisse. En 1785, une épidémie, due aux émanations du cimetière, désola Avessac et quelques paroisses avoisinantes. Les églises sont de véritables succursales des cimetières, souvent le tiers, parfois la moitié des fidèles s'y font inhumer. En temps d'épidémie, l'entassement des cadavres les transforme en véritables foyers de putréfaction. Le sol y exhale des odeurs, infectes d'autant plus dangereuses que les assistants sont nombreux aux offices et que l'air ne s'y renouvelle pas. Un arrêt du Parlement de Bretagne, en 1758, ordonna d'exhumer tous les corps enterrés dans les églises ; mais il resta lettre morte et l'ordonnance de 1776, qui renouvela les défenses d'enterrer dans les églises, ne fut pas mieux observée. Dans les villes, la situation sanitaire n'est pas meilleure. A Nantes, malgré les efforts de la municipalité, les rues sont encombrées d’immondices. Les marchés ont lieu sur les voies publiques : dans celles où se vend le beurre, il y a toujours des débris de pots, car les hocquetters (les répurgateurs) ne les enlèvent pas, n’en pouvant faire usage pour leurs fumiers ; les délivres de maçonnerie restent devant les maisons. Dans le quartier Saint-Nicolas, une seule maison a des latrines ; les habitants des autres jettent les matières fécales dans la rue. Parmi les autres causes d’infection, il faut citer l’insalubrité des habitations étroites, humides, environnées de fumiers, dans les campagnes, la mauvaise qualité de l’eau, le manque de soins corporels, et par dessus tout la misère des classes pauvres. Cette misère a pour conséquence une mauvaise alimentation favorable au développement des maladies L’abus du poisson salé provoque des épidémies à Saint-Jean-de-Boiseau en 1784, à Clisson en 1786. Mais les plus redoutables fléaux sont la dysenterie qui, en 1748, fait 80.000 victimes en Bretagne, et la fièvre typhoïde qui, en 1758, cause une mortalité effrayante dans toute la province. Les médecins sont assez nombreux ; dans les grandes villes à Nantes existe même une Faculté de médecine ; mais ils sont rares dans les petites villes et presque complètement inconnus dans les campagnes. Les chirurgiens sont beaucoup plus répandus. En 1786, on en compte 14 dans la subdélégation de Blain, 10 dans celles de Guérande et de Châteaubriant. Les médecins sont des bourgeois assez instruits qui connaissent les « caractères des maladies », les chirurgiens sont des ouvriers manuels qui pratiquent de menues opérations, réduisent les fractures, et excellent surtout dans les saignées. Ils sont, en général, d’une ignorance totale [Note : Les « aumôneries » ou petits hôpitaux. fondés au Moyen-âge, ont presque tous disparu ; les « bureaux de charité » sont rares et leurs ressources sont insuffisantes. Il existe des « hôpitaux généraux », presque tous créés au XVIIIème siècle, à Ancenis, Blain, Bourgneuf, Châteaubriant, Clisson, Guérande, Le Croisic, Le Loroux-Bottereau, Machecoul, Nantes, Paimbœuf, Pornic, ….] (d’après Dupuy). 

En 1757 : En 1757, l'escadre commandée par l'amiral Dubois de la Motte, revenant d'Amérique, importa dans les hôpitaux et dans la ville de Brest le germe d'une terrible maladie, qui répandit bientôt ses ravages dans toute la Bretagne, à la suite des marins congédiés. Lorient, prévenu tardivement, ne sut pas fermer ses portes aux hommes provenant de cette malheureuse escadre ; et, du mois de janvier au mois de juillet 1758, cette ville et ses environs virent doubler le chiffre ordinaire des décès. Voici la marche de l'épidémie à Lorient : décembre 1757 , 40 décès ; 56 en janvier 1758 ; 63 en février ; 69 en mars ; 70 en avril ; 63 en mai ; 54 en juin , et 41 en juillet.  La ville avait affermé une maison à Kerfontaniou, où elle établit un hôpital pour les malades de l'épidémie. Nantes est épargné par le Grand typhus Brestois de 1757 qui fait 2.000 morts, ainsi que par les grandes épidémies bretonnes de dysenterie de 1741 et de 1779, qui font 50.000 morts.

En 1758 : Très mauvaise année de blé à cause de l'abondance des pluies.

En 1770 : La misère avait pris des proportions inquiétantes par suite de la cherté des blés. Le Parlement de Bretagne jugea la situation assez grande pour décider au nom de la Cour l'emprunt d'une somme de 90 000 livres, pour acheter au dehors des graines et qui seraient ensuite vendues et réparties dans les endroits les plus nécessiteux de la province. En plus, on autorisait les généraux des paroisses à prendre dans leurs coffres telles sommes qu'ils jugeraient nécessaires pour subvenir d'ici la prochaine récolte aux besoins les plus pressants des pauvres.

En 1772, à Derval, on compte 600 mendiants sur 1460 communiants ; à Saint-Philbert, au même moment, le nombre des pauvres est si grand qu'on peut dire la paroisse ruinée ; la plupart des paysans ont dû vendre leur petit domaine [Note : A Vallet, en 1780, sur 6 à 7000 habitants, on compte parfois 1100 pauvres (Léon Maître) ; à Saint-André-des-Eaux, en 1777, la détresse des habitants est effroyable ; l'un d'eux est mort de faim ; beaucoup n'ont pas de quoi se couvrir (Dupuy)].

Un état de 1774 estime que sur les 16 paroisses de la Subdélégation de Pontchâteau, il y en a cinq très pauvres où le quart des habitants est réduit à la misère, sept où les pauvres sont encore assez nombreux, quatre seulement où il y en a très peu. En 1774 et en 1779,  on vit des campagnards réduits à se nourrir d'herbe, de laitage, de feuilles de choux, de navets, de marc de cidre. La crainte de la disette affole les populations qui essaient parfois de s'opposer par la force à l'exportation des grains [en 1743, au Port-Launay (Couëron)]. On accuse les grands propriétaires d'affamer le peuple par leurs accaparements et leurs spéculations. La misère des classes rurales bretonnes a deux conséquences, funestes : les épidémies et le développement du vagabondage et de la mendicité. Le nombre des vagabonds et des mendiants pillant les champs, détroussant les voyageurs, terrorisant les habitants des fermes et des hameaux, atteint un chiffre invraisemblable qui ne fait qu'augmenter jusqu'en 1789. On ne sait plus alors comment se débarrasser de ces indésirables de plus en plus audacieux et malfaisants. Les habitants d'Orvault et ceux de la Chapelle-Saint-Sauveur demandent dans leurs Cahiers qu'on prenne des mesures contre eux (d'après H. SÉE).

En 1775 : Autre année de disette et de misère. Il fallut encore faire venir du blé de l'étranger.

En 1779 : Une épidémie de dysenterie bacillaire provoque 45 000 décès en quelques semaines. La variole coutumière à nos marins d'Afrique, sévit à Nantes et dans toute la Bretagne ; elle est très meurtrière de 1774 à 1789 ... persiste au XIXème siècle et se termine par l'épidémie hispano-nazairienne de 1887, apportée par le navire " La Fayette " où on recensera 238 cas et 33 morts (dixit le Professeur Kerneis, Nantes).

Paroisse de Créhen : « Depuis la mi-septembre 1777, jusqu'à Noël suivant cette paroisse a été affligée d'une dyssenterie putride et épidermique qui a fait de très grands ravages. Cette cruelle maladie nous a enlevé 135 personnes, nos voisins proportionnellement n'ont pas taut perdu. On peut attribuer cette différence à l'indocilité de nos gens qui refusoient les traitemens ordonnés, et ne recouvoient qu'au cidre, vin et eau de vie. Les auberges et buveaux n'ont jamais fait plus grand débit ... On a attribué cette maladie à la grande sécheresse de l'été et de l'automne, les vents venoient presque toujours du Sud. On a observé et remarqué beaucoup d'insectes dans les eaux des fontaines, on en a vu aussi sur les feuilles des arbres » (D'après les registres paroissiaux de Créhen, année 1777).

En 1787 : Extraordinaire tempête de neige. Les branches des arbres se brisèrent sous le poids de la glace. Les pommiers surtout furent grandement éprouvés dans notre région.

En 1788 : Hiver marqué par la rigueur du froid et la persistance d'une glace qui rendit impossible tout travail extérieur.  

En 1788-1789 : " Cette année (1789) est remarquable par un hiver le plus rigoureux, le plus constant et le plus long dans la rigueur qui ait été éprouvé de mémoire d'homme. Il a commencé le 24 novembre 1788 et n'a cessé que le 13 janvier 1789. La première semaine était tolérable ; mais ensuite il est tombé du verglas et de la neige tour à tour qui ont occupé et couvert la terre pendant six semaines, sans aucun adoucissement ni relâchement pour la vivacité du froid. Il n'était possible de vaquer à aucune occupation que ce soit, ce qui a réduit le peuple à une grande misère, le pain ayant monté à Nantes jusqu'à quatre sols la livre. Au dégel, on a trouvé sur les bords du lac une quantité prodigieuse de poissons crevés, parmi lesquels des carpes de trois pieds. Les étangs, pièces d'eau, grenouillères et autres trous tous dépeuplés. Une des plus grandes peines, c'est que ce froid ayant été précédé d'une longue sécheresse, on n'avait pas d'eau à donner aux bestiaux et rien de plus difficile que de les conduire ou d'aller leur chercher de l'eau sur une glace universelle qui couvrait la surface des chemins. La rigueur de la saison ayant dérangé les tempéraments, il y a eu un cours de maladie qui a emporté beaucoup de monde dans quantité de paroisses ; ici, comme ailleurs, on a eu des malades, mais sans mortalité, la difficulté a été de les administrer. Le verglas a singulièrement conservé le blé. Aujourd'hui, 27 janvier 1789, il lève où il n'y en avait point et il donne les plus belles espérances. Le vin a gelé dans les barriques et il s'en est perdu une grande quantité. La glace sur le lac avait 20 pouces d'épaisseur et on passait aisément et sans crainte pour se rendre à la Chevrolière (Anciens registres de la paroisse de Saint-Lumine de Coutais). L'automne fut fort sec et les fontaines se tarirent en grande partie. Le 22 novembre au soir, le froid commença pour ne finir qu'à la fin de janvier 1789. On était obligé de ramasser la neige, qui resta deux mois sur la terre, et de la faire fondre pour abreuver les bestiaux (Anciens registres de Saint-Herblain). Une grande partie de la baie de Bourgneuf était couverte de glaçons et, du rivage du bois de la Chaise, on pouvait aller sur la glace à plus d'une lieue en mer. Toutes les huîtres gelèrent et périrent ; on fut quelques années sans pouvoir en faire la pêche " (Piet, Etudes sur Noirmoutier) (d'après L. Delattre).

"L'hiver, la neige s'éleva à plus de 10 pieds, dans le pays du Méné et des environs. L'on fut sept semaines sans pouvoir mener les troupeaux aux champs". Années de disette et de misère. Ces sortes de fléaux provinrent soit des intempéries des saisons, soit des maladies ou épidémies.

Nota : A la demande de l'Académie de médecine, une grande enquête nationale a eu lieu de 1775 à 1790. Quelques médecins de l'ouest répondirent, mais nous n'en connaissons pas pour le Trégor où une trentaine exerçaient pourtant vers 1786. Seul nous est accessible le mémoire briochin du docteur Bagot. Ce manuscrit contient un résumé climatique des années 1772-1777, puis un relevé des températures jusqu'à la Révolution. Par lui, nous apprenons qu'à Saint-Brieuc, la moyenne annuelle des températures entre 1778 et 1788 fut de 9° C. Un siècle plus tard à Perros-Guirec et Bréhat les moyennes annuelles sont respectivement de 11,2 ° C et 11° C : un réchauffement de deux degrés.

 

TREMBLEMENTS DE TERRE EN BRETAGNE

Bretagne : Tremblements de terre en Bretagne

 

En mars 709 : Tremblement de terre ressenti au Mont-Saint-Michel et dans l'archipel anglo-normand (signalé par Alexandre Chèvremont) ;  

Les 22-29 octobres 842 : Tremblements de terre dans les îles anglo-normandes. Bruits souterrains dans toute la rance (A. Chèvremont) ;  

En 1039-1091 : Secousses désastreuses dans le golfe normanno-breton, en Angleterre et dans l'Anjou (A. Chèvremont) ;  

En 1112-1117, le 20 décembre 1119 et le 14 avril 1115 : Tempêtes effroyables dans le golfe normanno-breton. Chute des tours et des pinacles des églises. Le ciel est en feu et la lune est couleur de sang. Puis terrible tremblement de terre dans le golfe normanno-breton. Le monastère du Mont-Saint-Michel est incendié par la foudre, dont les éclats accompagnent les secousses du sol (A. Chèvremont) ;

En 1118, un grand tremblement de terre "subvertit les édifices et les arbres actuellement fichés et la cité de Nantes fut misérablement brûlée " ;  

En 1155 (commencement d'avril) : Violentes secousses au Mont-Saint-Michel et à Tombelaine (De Parville) ;  

En 1161 : Tremblement dans le Contentin et dans les îles anglo-normandes (A. Chèvremont) ;

Vers 1286 : La Chronique de Saint-Brieuc, nous dit qu'en 1286, avant la mort de Jean Ier, arrivée le 8 octobre, la terre tremble dans toute la Bretagne, pendant 40 jours, et plusieurs fois par jour, surtout à Vannes, où le tremblement fut continuel et renversa de nombreux édifices. Après la mort du duc, le tremblement se fit sentir encore près d'un an surtout à Vannes, mais avec des intervalles (Pr. I. 41) ;

Le 5 novembre 1386 « Le 5 novembre 1386 encore, se fit sentir à Nantes un violent tremblement de terre, qui se répéta avec plus de force, le 28 mai de l'année suivante, en plusieurs endroits de la province. Ce dernier inspira d'autant plus de terreur qu'il fut accompagné de coups de tonnerre aussi épouvantables que multipliés ». L'abbé Manet (Histoire de la Petite-Bretagne ou Bretagne-Armorique ... - 1834) ne dit pas où il a puisé ces renseignements ;  

En 1427 : Tremblement de terre qui se fait sentir depuis Montpellier jusqu'en Hollande. La ville de Nantes est en partie renversée. 13 villages engloutis dans la contrée de Dol, 55 en Hollande (Chèvremont) ;

En 1544 « La ville de Rennes essuya aussi, cette année-là, un tremblement de terre si violent que les meubles s'entrechoquaient dans les maisons ; mais ni le mois ni le jour de cet événement n'ont été marqués ». L'abbé Manet (Histoire de la Petite-Bretagne ou Bretagne-Armorique ... - 1834) ne dit pas d'où il a extrait ces renseignements ;  

En 1584 (mercredi 12 novembre à 7 h. du soir) : Violent tremblement de terre au Mont-Saint-Michel (De Parville) ;

En 1601 : Le 9 (19 ?) décembre 1601, Bertrand Jouhan (recteur de Plestin-les-Grèves) note que vers 10 heures du soir, il s'est produit un grand tremblement de terre ; sur quoi il a sollicité la pitié du Dieu Tout Puissant par l'intercession de la Sainte Vierge et de tous les Saints et Saintes du Paradis et s'en est remis à la volonté du Seigneur (Note : Cette secousse sismique fut ressentie dans toute la Bretagne comme l'atteste une autre note inscrite sur la page de garde d'un registre de Saint-Melaine de Morlaix par Messire Goulven Le Goff, vicaire perpétuel de la paroisse : « Le dix neuffiesme jour de décembre l'an mil six centz ung, environ unze heures en nuict se trova ung tramblement de terre si epoventable et estoit si terrible que les chandelliers, bacins sonoient, les chambres trembloient et fut un grand épouventement au peuple. Dieu nous donne sa grâce d'éviter toutz les perils et le paradis en fin ».  

Le 10 mars 1619 (entre 7 et 8 h. du soir) : Idem (De Parville) ;  

Le 6 juillet 1640 (à 10 h et 11 h, du soir) : Violent tremblement de terre au Mont-Saint-Michel, en Bretagne et en Normandie (De Parville) ;

En 1647 : " Le samedi 16 novembre, environ une heure de nuit la terre trembla " (Chronique des abbés Gallerne, Saint-Guen).

En 1648 : " Le dernier jour de mars au soir, grand tremblement de terre " (Chronique des abbés Gallerne, Saint-Guen).

En 1701, tremblement de terre (Voir Histoire civile, politique et religieuse de la ville de Nantes et du comté Nantais (jusqu'en 1747) par l'abbé Travers - Publiée de 1836 à 1841, Nantes) ;

Le 13 janvier 1725 : tremblement de terre survenu dans la région guérandaise (relaté par l'astronome Bouguer le 14 avril 1725) ;  

Le 7 avril 1767 : tremblement de terre survenu à Nantes le 7 avril 1767 à une heure du matin ;  

Le 22 juin 1770 : Secousses dans la région de Dol. Le marais est subitement envahi par les eaux (A. Chèvremont) ;

En 1793, tremblement de terre (Voir Histoire de Nantes) ;

Le 25 janvier 1799. Josselin, 6 pluviôse, an VII, — 25 janvier 1799. « Ce matin, à quatre heures moins un quart, on a éprouvé, à Josselin, une secousse violente de tremblement de terre qui a duré environ soixante-trois secondes, qui a été précédée d'an bruit souterrain semblable à celui du tonnerre et qui a paru venir du sud-sud-ouest et se prolonger à l'ouest-nord et nord-nord-est. Le château bâti sur le roc vif et toutes les maisons ont tellement tremblé que presque tous les habitants ont été éveillés par la commotion forte qu'ont éprouvée leurs lits, par le bruit des portes et fenêtres et le cliquetis des batteries de cuisine. — Il ne serait peut-être pas indifférent que vous fissiez part de cet événement, très rare dans ce pays, à l'Institut nationale... » (lettre d'Elie, commissaire du Directoire exécutif près de l'administration municipale de Josselin, à celui près du département du Morbihan). Le 12 pluviôse, — 31 janvier, — un autre commissaire, Manson, « commissaire du Directoire exécutif près l'administration centrale du département de la Loire-Inférieure », écrivait de Nantes « à son collègue du département du Morbihan : ... Je pense que vous aurez ressenti comme nous la violente secousse du tremblement de terre qui a eu lieu dans la nuit du 5 au 6, sur les 4 heures du matin ». — Ici, de la frayeur et chute de quelques cheminées et de vieux murs isolés. « A Machecoul, beaucoup de maisons ont été renversées et les habitants ont éprouvé des pertes considérables ». Notre administration désirerait savoir ce qui est arrivé dans votre département. Le commissaire résidant à Vannes répond, le 17 pluviôse — 5 février — : « Nous aussi avons ressenti les secousses du tremblement de terre et, même à deux reprises. La première fut moins forte que la seconde, qui succéda presque aussitôt. Celle-ci a duré dans certains endroits cinq à six secondes ; dans d'autres, 20 à 30 secondes. — Ce phénomène me réveilla. Je sentis mon lit trembler, tous les meubles de mon appartement semblaient en mouvement et j'entendis un bruit souterrain. Cette situation m'a paru [durer] trois à quatre secondes. Ce tremblement fut suivi d'une pluie très forte. Au reste, il n'en est résulté aucun malheur ; on m'a dit que quelques parties de vieux murs s'étaient écroulées », voilà tout. Ce tremblement de terre, remarque M. Mauricet « eut son centre d'action à Machecoul », prés du lac de Grandlieu. « Le phénomène se produisit 36 heures environ après la pleine lune de janvier ; heure qui coïncide avec l'établissement de la marée sur nos côtes. L'épacte de cette année 1799 est de XXIII ; la nouvelle lune eut lieu le 8 janvier, la pleine lune le 22. Le tremblement de terre coïncide donc avec le moment des plus fortes marées de janvier 1799. Autre singularité : l'année 1799 est la 17ème de l'ère chrétienne où il n'y ait pas eu d'éclipse, ce qui ne se reproduira qu'en 1897 » (M. Alphonse Mauricet, Tremblement de terre en Bretagne - 1887, Vannes). On trouve, d'autre part, sur le même événement, dans le Registre de Concoret, mémoires d'un prêtre réfractaire, publié par Ropartz (Saint-Brieuc, Prudhomme, 1853), p. 46 : « 1799. Le vendredi 25 janvier, vers les 4 heures du matin, on a ressenti, à Concoret, un violent tremblement de terre qui, d'abord, a causé une secousse en l'air et puis un bercement qui a ébranlé les maisons, de façon que des cheminées et des ardoises de dessus les toits en sont tombées. Ce tremblement de terre parait avoir été général en France, suivant les papiers publics »  

Les 3-4 août 1826 : Secousses ressenties à Saint-Malo (A. Chèvremont) ;  

Au XIXème siècle (date ?) : Secousses ressenties à Nantes et accompagnées d'un coup de vent très violent. L'atmosphère était comme en flammes (A. Chèvremont) ;  

En 1881 (la nuit du 28 au 29 mai) : Deux secousses dans les environs de Guingamp (A. Chèvremont) ;  

En 1895 (6 décembre à 4 h. 1/2 du matin et le 7 décembre à 9h. 1/2 du matin) : A Lorient, le 7, trois secousses (vaisselle brisée, glaces et cadres tombés, etc.). Le 6, à Dragueville (Manche), bruit "comme le roulement d'une charrette lancée au galop", murs et planchers secoués. Au Mont-Saint-Michel secousses légères, mais au donjon du Mont trépidations effrayantes. Secousses légères à Granville, Avranches, Pontorson, Dol, Saint-Malo. A Cuguen, vaisselle violemment agitée, vitres brisées. Tout l'Ouest fut secoué (De Parville) ;

Le 14 juin 1896 : « 14 juin 1896, à 8 heures 48 minutes. Deux secousses, à Saint-Brieuc et environs, région de Loudéac, etc. La première secousse a duré deux secondes et a été plus forte que la deuxième, laquelle a été à peine sensible »

Le 23 octobre 1896, disait un journal breton du même mois, dans toute la région entre Dinard et La Richardais .. , le lendemain du dernier orage, les habitants furent très surpris de voir tous les récipients à l'air libre remplis d'une eau de pluie noirâtre. Dans différents endroits, elle est tombée bleuâtre, dans d'autres elle avait une teinte brune très prononcée ... Il est regrettable qu'on n'en ait pas fait l'analyse. « Ajoutons qu'au cours de cet orage, on a ressenti une légère secousse de tremblement de terre. L'oscillation n'a duré qu'une seconde ; elle paraissait aller de l'ouest à l'est » ;

Le 24 décembre 1897 : « Le 24 décembre 1897, à 1 heure 40 du matin, une forte secousse de tremblement de terre, allant de l'est à l'ouest, a été ressentie à Treffendel. Le grondement souterrain ... a duré de 5 à 6 secondes et a été si fort ... que plusieurs disaient que ce devait être un coup de mine » (Voir Avenir de Rennes, numéro du 2 janvier 1898) ;

Le mercredi 19 janvier 1898 : Le mercredi 19 janvier 1898, vers 8 heures du soir, secousse de tremblement de terre à la Roche-Bernard (sur la Vilaine, non loin de l'embouchure). « Bruit assez fort, rappelant à peu près le roulement lointain produit par une batterie en marche » (Voir Avenir de Morbihan, numéro du 4 février 1898) ;

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