Région Bretagne : Web Internet de Voyage, Vacances, Location, Séjour, Immobilier, Hôtel, Camping, Boutique en Bretagne

Bienvenue ! 

Saint Vincent FERRIER

  Retour page d'accueil   

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

saint Vincent Ferrier, missionnaire en Bretagne

Saint Vincent Ferrier (1350-1419) est l'un des plus célèbres prédicateurs ou missionnaires en Bretagne au début du XVème siècle.

 

Voir Saint Vincent Ferrier - Bretagne Vie de Saint Vincent Ferrier.

 

Voir Saint Vincent Ferrier - Bretagne Saint Vincent Ferrier, l'apôtre de la Bretagne (1418-1419).

 

 

saint Vincent Ferrier, prédicateur en Bretagne

Vincent Ferrier est né à Valence (en Espagne) le 23 janvier 1350. Son père, Guillaume ou Michel Ferrier, était, dit Lobineau, "secrétaire de la ville" de Valence. Vincent Ferrier entre, dès l'âge de 17 ans, dans l'Ordre des Frères Prêcheurs fondé par saint Dominique (décédé en 1221) où il poursuit ses études jusqu'en 1378, date à laquelle il reçoit la prêtrise, à l'âge de 28 ans. Il devient alors lecteur de philosophie, c'est-à-dire professeur dans son monastère. 

A l'époque du grand schisme (1378-1415), il devient, entre 1395 et 1398, conseiller et confesseur à Avignon du pape Benoît XIII (Pierre de Luna). Ayant des doutes sur la légitimité du pape d'Avignon, il s'en éloigne et se consacre alors entièrement à la prédication et à l'évangélisation de l'Europe, plus particulièrement l'Espagne, l'Italie et la France, mais aussi les Pays-Bas, l'Angleterre, l'Ecosse, l'Irlande, le Portugal, la Suisse, les bords du Rhin, avant de finir ses jours en Bretagne.

Son siècle (XIVème siècle) est bouleversé par de nombreuses guerres, par la peste et le Grand Schisme qui divise la chrétienté. La guerre de Cent Ans (1337-1453), entre Anglais et Français, ne cesse de ravager les campagnes françaises et de faire des victimes. L'Eglise ne sait quel Pape la dirige vraiment (- celui de Rome, Urbain VI, - celui d'Avignon, Clément VII puis Benoît XIII, - ou celui de Pise, nommé en 1409). Le Concile de Constance en 1414 met fin au schisme. La peste noire, venue d'Asie, décime les populations en Italie, en Espagne et en France.

C'est dans ce contexte historique que saint Vincent Ferrier, accompagné de quelques autres Frères Prêcheurs, parcourt à partir de 1399 tout le sud de la France, le massif central, la vallée du Rhône, la vallée de la Loire, vivant très pauvrement et prêchant dans les villes et villages qu'il traverse, appelant à la pénitence et à la conversion des mœurs : "il prêche aux peuples, pacifie les cités et combat pour l'unité de l'Eglise".

Il se rend en Bretagne en 1418, prêchant à Nantes, Vannes, Redon, Rennes, jusqu'à Caen en Normandie, passant à Dol, Saint-Brieuc, les Côtes d'Armor, le Finistère et le Morbihan. D'après Albert Le Grand, il prêchait en sa langue maternelle, "néanmoins nos bas-bretons l'entendaient aussi bien que s'il eût parlé à chacun d'eux en son propre langage.". Sa sainteté, comme ses nombreux miracles, entraînent les foules. Chrétiens, juifs et musulmans se convertissent à sa parole enflammée qui rappelle l'imminence du jugement de Dieu. Epuisé de fatigue, il cherche à retourner à Valence mais il meurt à Vannes le 5 avril 1419, âgé de 69 ans, et il est inhumé dans la cathédrale de Vannes. 

Son tombeau, où auront lieu de nombreux miracles, devient aussitôt un lieu de pèlerinage très fréquenté. Depuis 1419, le tombeau de saint Vincent Ferrier a changé plusieurs fois de place : sous l'autel principal, dans la chapelle axiale, dans le transept de l'actuelle porte des chanoines, enfin dans la chapelle du Saint Sacrement, où il se trouve depuis 1956. Le tombeau date du XVIIème siècle. Le buste reliquaire offre la tête du saint à la dévotion des fidèles et pèlerins tandis que dans une niche grillée se trouve le coffre reliquaire de procession. Saint Vincent Ferrier est canonisé le 29 juin 1455 par François de Borgia, pape sous le nom de Calixte III (la demande de canonisation avait été faite dès 1451 par le Pape Nicolas V). 

Bretagne : Vincent Ferrier, missionnaire et prédicateur

Villes et Paroisses de Bretagne où saint Vincent Ferrier a prêché

sur la côte Sud et dans la région méridionale de la Bretagne, en allant du Sud-Est et de l'Est vers l'Ouest : Nantes, Guérande, Le Croisic, Pont d'Armes (ancienne trêve de la paroisse d'Assérac), La Roche-Bernard, Saint-Gildas-des-Bois, Fégréac, Redon, Questembert, Prières (ancienne abbaye), Muzillac, Theix, Vannes, Auray, Hennebont, Quimperlé, Concarneau, Quimper et Pont-l’Abbé.  

sur la côte Nord et dans la région septentrionale de la Bretagne, en allant de l'Ouest à l'Est : Lesneven, Saint-Pol-de-Léon, Morlaix, Lannion, Tréguier, La Roche-Derrien, Guingamp, Châtelaudren, Saint-Brieuc, Quintin, Lamballe, Jugon, Montcontour, Dinan, Miniac-Morvan, Saint-Malo, Dol, Bazouge-la-Pérouse et Antrain.  

dans l'intérieur de la péninsule bretonne (Haute Bretagne), en allant de l'Est à l'Ouest : Fougères, Vitré, Aubigné, Rennes, Montfort, Ploërmel, Josselin, La Trinité-Porhoët et La Chèze.  

dans l'intérieur de la péninsule bretonne (Basse Bretagne), en allant de l'Est à l'Ouest : Pontivy, Guémené-Guégan (aujourd'hui Guémené-sur-Scorff), Rostrenen et Carhaix.

Vincent Ferrier arrive à Nantes le mardi 8 février 1418 et y séjourne jusqu’au 20 ou 25 février 1418. Il arrive à Vannes le samedi 5 mars 1418 et y séjourne jusqu’au mardi de Pâques, le 29 mars 1418. Il est à Theix le 30 mars 1418 . Vincent Ferrier réside à Rennes les 20, 21 et 22 avril et les 2, 3 et 4 mai 1418.

Bretagne : Vincent Ferrier, missionnaire et prédicateur

Enquête sur saint Vincent Ferrier en Bretagne

Le mercredi 21 novembre 1453 est un jour solennel pour le prieuré de Saint-Guen à Vannes. En effet, on voit s'avancer sur la route, conduisant de l'église Saint-Patern au prieuré de Saint-Guen, un cortège nombreux d'ecclésiastiques et de laïques. En tête marchent Raoul de la Moussaye, évêque de Dol, Jean Lespervier, évêque de Saint-Malo, Guillaume Millon, abbé de Saint-Jacut, et Jean du Bot, official de Vannes. 

Ces quatre personnages sont les commissaires subdélégués par le Saint-Siège, pour faire une enquête en Bretagne sur la vie et les miracles de Vincent Ferrier, dont on demande la canonisation. Ils viennent de voir à la cathédrale le tombeau du vénérable serviteur de Dieu, ainsi que les images de cire, les béquilles, les croix, les chaînes des captifs délivrés, les cercueils et les suaires des ressuscités, qui témoignent des faveurs obtenues par son intercession, et ils viennent à Saint-Guen, pour se loger dans la maison du prieur, et pour interroger dans la chapelle les témoins qui se présentent. 

Ils sont accompagnés de Yves de Pontsal, évêque de Vannes, et de Guillaume de Coetmeur, chanoine, représentant l'un le diocèse, et l'autre le chapitre, et agissant comme postulateurs de la cause. A leur suite viennent les témoins que les commissaires doivent interroger, et la foule des curieux qu'attire la nouveauté du spectacle. 

A peine arrivés, les commissaires, qui ont déjà prêté serment de bien remplir leur mission, se rendent à la chapelle, et reçoivent le serment des postulateurs de ne produire que des témoins dignes de foi. Ils font ensuite comparaître trois notaires ecclésiastiques, chargés d'écrire les dépositions des témoins, savoir Guillaume de la Houlle, recteur de Bréhan-Loudéac, Raoul de la Rochechaude, recteur de Landébia, et Jean Langlais, maître ès-arts, et leur font jurer de remplir fidèlement leur rôle, et de garder le secret sur les dépositions jusqu'à la fin de l'enquête. 

Ces préliminaires achevés, on fait comparaître le premier témoin : c'est Yves Gluidic, archiprêtre ou choriste à la cathédrale, âgé de 64 ans, qui a connu personnellement Vincent Ferrier, et qui fournit de nombreux détails sur sa vie et sa mort. On entend ensuite : - Maître Prégent Plévigner, avocat à la cour ecclésiastique de Vannes, âgé de 66 ans, - Henri du Val, de Landévant, chevalier âgé de 70 ans, - Perrin Hervé, dit Grasset, habitant de Vannes, âgé de 57 ans, - Alain Philippot, choriste de la cathédrale, âgé de 43 ans, - Perrine de Bazvalan, veuve d'Yves du Beizit, âgée de 57 ans, - et plusieurs autres témoins, qui tous ont connu le vénérable serviteur de Dieu. On entend également de nombreux individus, qui n'ont pas connu personnellement Vincent Ferrier, mais qui ont été l'objet ou les témoins de miracles opérés par son intercession. 

Les commissaires apostoliques siégent ainsi à Saint-Guern, du 21 novembre jusqu'au 8 décembre 1453, et recueillent 239 dépositions en 18 jours : c'est une moyenne de 13 à 14 témoignages par jour. Les membres de la commission se dispersent ensuite et recueillent séparément 47 autres dépositions en divers lieux, et arrivent au total de 313 témoignages, tous donnés sous la foi du serment. 

Les procès-verbaux de cette minutieuse enquête sont dressés par les notaires en double exemplaire : l'un d'eux est envoyé à Rome, pour servir à la canonisation, et périt ensuite dans un incendie. L'autre, resté à Vannes, est précieusement conservé dans les archives du Chapitre de l'église cathédrale de Vannes (J. M. Le Mené).

Nota : Voici quelques passages de l'enquête rédigée en 1453, pour la canonisation de ce saint personnage, passages qui concernent particulièrement la partie de la Bretagne. Cette enquête fut édifiée par Guillaume de La Boulle, recteur do Brehant-Loudéac. Les témoins entendus sont : Henri du Val, chevalier, seigneur du Val, âgé de 80 ans ; frère Geoffroi Bertrand, prieur de Saint-Martin de Josselin, 6O ans ; Jeanne, femme de Raoul Ruallen, originaire de Lamballe, 50 ans ; Olivier Renacle, originaire de Brehant-Loudéac, 50 ans ; Jean Tymoy, originaire de Saint-Brieuc, bourgeois d'Hennebon, 50 ans ; Morette, femme de Jean Maydo, orfèvre, originaire de La Chèze, 35 ans ; Jean Michart, pannicisor, originaire de Brehant-Loudéac, 35 ans ; Jean Guéen, seigneur de Cayden ; Olivier de Tréméreuc, de Lamballe ; Geoffroi Arnould, de Plémet ; Robert Juno, recteur de Lanrelas. 

Je vais donner la traduction des dépositions de Henri Du Val, et du prieur de Josselin ; je résumerai ensuite les détails, signalés par les autres témoins, qui confirment ou complètent les dires des deux premiers. Henri Du Val dépose qu'il accompagna une fois maître Vincent de Saint-Brieuc à Quintin ; celui-ci marchait alors à pied, suivant une petite ânesse qui portait ses livres. L'ânesse tomba dans un bourbier dont elle ne pouvait ni sortir, ni être retirée ; voyant cet accident, Me Vincent s'écria plusieurs fois : Jésus, viens en aide ! — Mais l'ânesse restait embourbée. Alors quelqu'un de la suite frappe l'animal avec un bâton en disant : Sors de là, de par le diable ! — Et aussitôt l'ânesse fit un effort et se tira du bourbier. A ce spectacle, Me Vincent invoqua de nouveau Jésus à haute voix, et, scandalisé par cet abominable appel au diable, fit ôter ses livres du dos de l'ânesse, la laissa là, ne voulut plus monter à cheval, et continua pédestrement son chemin jusqu'à Quintin. Il fit porter ses livres par ceux qui l'accompagnaient et supporta avec patience et douceur ce contre-temps. 

Le prieur de Josselin assista dix ou douze fois à la messe et aux prédications de Me Vincent, tant à Lamballe qu'à Saint-Brieuc. Cela se passait dans l'une et l'autre ville, dans une chapelle qui était préparée pour lui. Il remarqua que lorsqu'il sortait de sa chambre pour s'y rendre, et lorsqu'il revenait il paraissait être très-faible, tellement qu'il fallait que quelqu'un de sa suite le soutînt pour monter, descendre et marcher dans la rue ; mais pendant qu'il prêchait il était plein d'énergie et parlait avec force. Lorsqu'il avait cessé de parler, des malades et des infirmes accouraient en foule, afin que Me Vincent leur imposât les mains en faisant le signe de la croix, et leur rendît la santé ; le prieur le vit souvent imposer ainsi les mains, et entendit de nombreux malades qui disaient avoir été guéris. 

La foule qui se présentait alors était telle que Me Vincent avait de la peine à se rendre au lieu où il devait prêcher et à revenir à son domicile. Le prieur ajoutait que l'une de ses cousines, Mlle Jeanne de Lesquen, avait été ainsi soulagée de violentes douleurs de tête. Me Vincent était d'une grande humilité dans ses actions et sa démarche, il portait simplement l'habit des Frères Prêcheurs, prêchait avec feu ; son éloquence produisit des fruits que l'on peut encore constater, et qui, sans doute, ne disparaîtront jamais. En effet, secondé par un de ses compagnons, il apprenait aux ignorants l'oraison dominicale, la salutation angélique, le symbole, le signe de la croix, l'invocation du nom de Jésus et la génuflexion à l'audition de ce nom ; il exerça une salutaire influence sur des prêtres en ce qui concerne la célébration de la messe et des cérémonies, sur les religieux à propos de leurs devoirs ; il fit renoncer un grand nombre au vice et au blasphème, et de son vivant il fut universellement vénéré à cause de sa sainteté et du pouvoir qu'il tenait de Dieu de faire des miracles. Aussi, pour profiter de sa parole, un peuple d'auditeurs le suivait, quelques-uns venus de très-loin ; et on peut affirmer que ce pays fut évangélisé par Me Vincent ; le prieur affirme d'ailleurs qu'il a ouï dire qu'il en avait été ainsi dans les autres pays parcourus par lui. Il apprit que Vincent était d'une grande sobriété, qu'il ne dormait pas sur un lit, que pendant la nuit sa chambre était éclairée par une vive clarté, bien qu'il n'y eût ni feu ni lumière. Sur ce dernier fait, le prieur fut appelé à préciser ce qu'il savait, et il répondit qu'il lui avait été affirmé par sa cousine Mlle de Lesquen, et par un de ses serviteurs, dans la maison duquel Me Vincent avait reçu l'hospitalité à Lamballe. La femme de Raoul Ruallen, fort jeune lorsqu'elle vit saint Vincent à Lamballe et le suivit à Moncontour, confirme ce fait que beaucoup de Bretons, alors, ignoraient les prières : elle rappela que ce fut en l'entendant parler qu'elle apprit le Pater et l'Ave et qu'elle récita un jour ces prières en français devant lui. Avant la venue du saint, beaucoup de vieillards avaient perdu l'habitude des prières, alors, et les apprirent de nouveau. Un jeune clerc, qui accompagnait le missionnaire, semblait chargé de veiller à cette partie de l'éducation religieuse. 

Les autres témoins ne font guère que répéter ce que je viens d'exposer : exceptons-en le recteur de Lanrelas, octogénaire, qui nous apprend que saint Vincent vint d'abord prêcher à Rennes, puis passa à Dinan, à Jugon, à Lamballe, à Saint-Brieuc, à Ploërmel et à Redon. 

Je rappellerai, en terminant, que dans les notes recueillies par D. Morice dans ses archives de Guémené, on lit : "1494, 13 octobre. Isabelle, duchesse de Bretagne, fonde à perpétuité une messe à célébrer dans la cathédrale de Vannes, à d'autel de saint Vincent Ferrier, et lègue pour le salaire de cette messe 2 000 écus d'or. Le vicomte de Rohan donne au chapitre de Vannes, pour réaliser cette libéralité, 163 livres de rente sur sa seigneurie de Plouha et de Plouezec".

Bretagne : Vincent Ferrier, missionnaire et prédicateur

CORPS DE SAINT VINCENT FERRIER

Saint Vincent Ferrier, dominicain espagnol, mourut à Vannes, le mercredi 5 avril 1419 (N. S.). Son corps fut porté le jour même à la cathédrale, malgré l’opposition des frères Prêcheurs et Mineurs, et inhumé, le vendredi suivant, dans le choeur, du côté de l'évangile. Pour prévenir un enlèvement, on mit sur le cercueil de grosses pierres, retenues par des barres de fer ; au niveau du pavé, on dressa quatre petits piliers pour supporter une pierre tombale en granit. C'est auprès de ce tombeau, que s'opérèrent de nombreux miracles, qui amenèrent la canonisation de l'humble religieux, le 29 juin 1455, trente-six ans après son décès.

Son corps fut solennellement levé de terre par le cardinal de Coetivy, le 5 avril de l'année suivante, au milieu d’un concours immense du clergé et du peuple. On mit les ossements dans une châsse en bois, fermée de trois serrures ; la mâchoire inférieure fut mise dans un reliquaire spécial, et peu après dans un chef en argent, pour être exposée à la vénération publique ; les débris du cercueil, des vêtements, des chairs, et une vertèbre du saint furent mis dans une seconde châsse et déposés dans le tombeau restauré.

Dès lors commença la dispersion des reliques. Le duc Pierre II reçut notamment un doigt de la main droite, et la duchesse Françoise d'Amboise sa ceinture de cuir (Pr. II 1704. Vie. p. I. 400). Les dominicains ne furent pas sans doute oubliés, mais une relique partielle ne faisait pas leur affaire : ils voulaient tout le corps et ils s’adressèrent au Pape. Pie II rejeta leur demande, le 9 février 1460 (N. S.), et confirma la sentence de son prédécesseur Nicolas V, qui avait adjugé, huit ans auparavant, le corps du saint à l'église de Vannes.

Sous le règne du duc François II (1458-1488), la châsse fermant à trois clés fut ouverte, puisqu'on y trouva plus tard une monnaie de ce prince. Etait-ce pour y prendre des reliques, où pour y mettre les parfums, dont on a reconnu plus tard aussi les traces ? On l'ignore.

Le sépulcre neuf du saint occupait à peu prés la même place que l'ancien. Pour y accéder, sans troubler l'office canonial, on creusa bientôt sous le choeur un passage souterrain, allant d'un transept à l’autre, et on l'agrandit plus tard de manière à former une petite crypte. 

En 1523, André Hamon, évêque élu de Vannes, obtint un péroné de saint Vincent, et le donna à sa soeur Isabelle, abbesse de Saint-Georges de Rennes. Cette relique fut plus tard envoyée au prieuré de Pleubihan (aujourd'hui Pleubian), dans le diocèse de Tréguier : elle s'y trouve encore, en 1888, enchâssée dans la base d'une statue couverte de lames d'argent.

En 1525, François I, prisonnier de guerre, passant à Valence, remit aux dominicains, sur leur demande, un ordre formel à l'évêque de Vannes et au chapitre, de céder un bras de saint Vincent à ses compatriotes. Malgré cette injonction, le chapitre, qui regrettait déjà peut-être la libéralité précédente, refusa la relique demandée. Après de longs procès, les religieux de Valence finirent par obtenir un doigt de la main droite et un os du cou.

Après le roi de France, ce fut le tour du roi d'Espagne. Philippe II, qui soutenait la Ligue en Bretagne, crut qu'on n’aurait rien à lui refuser. Le duc de Mercoeur fit en son nom, dès le 6 janvier 1592 ; une première demande, qui fut poliment écartée par le chapitre. Le roi écrivit lui-même le 20 juillet, pour réclamer le corps de saint Vincent, et le chapitre répondit qu'il était au regret de ne pouvoir le satisfaire. 

Alors les soldats espagnols, cantonnés à Vannes, formèrent le projet d’enlever le corps du saint, pendant qu'ils donneraient une fête à la population. Mais les chanoines, informés de ce complot par un de leurs compatriotes, nommé Bourgerel, qui se trouvait à Valence, enlevèrent la châsse de l'église et la confièrent au doyen de la compagnie. Celui-ci la garda fidèlement jusqu’au départ des Espagnols, puis, se voyant près de mourir, il la fit reporter secrètement à la sacristie, où elle resta ignorée près de 40 ans. 

C'est dans cet intervalle que quelques parcelles, tirées soit de la mandibule inférieure, soit du tombeau, furent données en 1614 à l'église de Brissac, et en 1627 au duc de Guise. 

La châsse à trois serrures avait été retrouvée dès 1633 au moins, car le chapitre commanda, cette année, à Paris, une châsse en argent pour remplacer l'ancienne en bois. Elle fut faite par le sieur Delahaye, orfèvre, et coûta 2,623 livres 12 sous, suivant quittance du 15 avril 1634 ; elle avait la forme allongée d'une église et pesait 82 marcs 6 onces, ou 20 kilos 262 grammes.

Avant de l'utiliser, l'évêque et le chapitre tirèrent de l'ancienne châsse, le 3 novembre 1634, un péroné du saint, pour la cathédrale de Nantes, et le 14 mars 1635, un astragale ou plutôt un cuboïde du pied, pour le duc de Brissac (Archives Capitulaires).

Enfin en 1637 eut lieu, non la découverte de la châsse, comme on l'a dit, mais la vérification solennelle des reliques, puis leur translation dans le nouveau reliquaire. Dès le 24 mai de cette année, eut lieu la visite du tombeau placé sous le choeur. Après avoir levé la grille de fer qui le protégeait, on trouva une châsse en bois de quatre pieds de longueur ; à l'intérieur de ce cercueil il y avait une vertèbre et quelques parcelles d'os dans un taffetas rouge, des fragments de souliers, des débris de vêtements, et un grand sac de cuir rempli de sang congelé, d'intestins embaumés, de fragments d'étoffe et de débris da premier cercueil. 

Le 7 août suivant, on visita le fameux « coffre à trois serrures, ferré de toutes parts ». On y trouva, suivant le rapport du médecin et du chirurgien, « un crâne avec quinze dents entières..., six vertèbres du col et sept du dos, l'os sacrum, les deux omoplates, dont l'une est cariée de moitié, quatorze côtes, dont sept vrayes et sept fauces, une clavicule, les deux humérus, le cubitus et radius d'un bras et le seul cubitus de l'autre, les deux os innommez entiers, les deux os de la cuisse appelés fémurs, les deux tibias, les deux astragales, les deux calcanéum ; un cuboïde, et des portions d'os cariés... ». On trouva, à part, des poudres aromatiques, une vertèbre du cou, quelques osselets des pieds, et des parcelles d'os, de cuir et de drap. Cette énumération indique suffisamment par son silence ce qui manquait à cette époque au corps du bienheureux. 

Ces ossements, rapprochés de la mandibule inférieure qui se trouvait dans le chef en argent, et de la vertèbre qui était dans le tombeau, présentaient la même coloration, exhalaient le même parfum, et s’adaptaient exactement les uns aux autres, en se complétant. C’est pourquoi, sur l'avis unanime des médecins, des chirurgiens et des théologiens, Mgr Sébastien de Rosmadec reconnut canoniquement leur authenticité, par acte du 29 août 1637. Le 5 septembre, il les transféra dans la nouvelle châsse en argent, les fit porter en procession solennelle, le 6 au couvent des Capucins, le 10 au couvent des Dominicains et à celui de Nazareth, et puis les déposa dans une logette en marbré, au-dessus de l’autel de saint Vincent, au chevet de la cathédrale. 

Le 12 avril 1645, le même évêque établit la fête annuelle de la Translation des reliques de saint Vincent Ferrier, et la fixa au 6 septembre. Il fonda aussi une Confrérie en l'honneur du Saint. 

Le 31 juillet 1649, le chapitre donna à l'église de Nantes le quart d'un tibia de saint Vincent, pour remplacer sans doute le péroné mentionné dans un acte de 1634. 

Le tombeau de saint Vincent, situé sous le choeur, fut alors refait en marbre rouge et noir, comme le prouve cette inscription : Anno salutis 1648, hoc monumentum Sti Vincentii, beneficio et munificentia illustrissimi D. Sebastiani de Rosmadec nuper defuncti episcopi Venetensis, marmoreum positum fuit, sedentibus Innocentio decimo summo pontifice, et illustrissimo D. D. Carolo de Rosmadec, ejusdem Venetensis diœcesis prœsule

Le 9 juillet 1716, pendant la vacance du siège épiscopal, le chapitre, sur la demande de son Altesse le Grand Maître des chevaliers de Malte, consentit à lui céder une relique de saint Vincent et lui envoya le radius du bras gauche, en reconnaissance des services rendus par son Ordre à l'Eglise. 

A l'époque de la reconstruction du choeur de la cathédrale, on retira le tombeau de saint Vincent de la crypte, pour le placer dans le transept nord, et le rendre d'un accès plus facile. C'est le 2 mai 1777 que Mgr Amelot le dédia, en y replaçant la châsse du Saint. 

Deux ans après, le 1er mars 1779, sur la demande de l'archevêque de Paris, l'évêque et le chapitre de Vannes donnèrent à Mme Louise de France, pour le duc de Parme, une relique de saint Vincent, consistant en une vertèbre dorsale destituée de ses apophyses. 

Lorsque survinrent les jours néfastes de la révolution, un évêque constitutionnel siégeait à la cathédrale. Le 11 février 1794, il fut obligé de livrer la châsse en argent et le chef de saint Vincent, mais il put conserver ses ossements intacts. Le 1er avril suivant, il dut les transporter, avec la châsse tirée du tombeau, à l'église de Notre-Dame du Mené, et peu après dans l'ancienne maison des Cordeliers. Le 29 juin 1795 il les rapporta à la sacristie de la cathédrale, et le 6 mai 1796 il les remit à leurs anciennes places. 

Après le Concordat, on fit un buste en bois argenté, pour recevoir la tête et la mandibule inférieure de saint Vincent : c’est celui qu’on voit encore aujourd'hui. La caisse à trois serrures, renfermant les ossements du Saint, n'eut qu’une simple enveloppe en drap d'or, mise par M. Le Masle. 

En 1816, le 24 avril, MM. Le Gal et Coquerel, Vicaires généraux de Mgr de Bausset, firent, accompagnés d’un médecin, la visite générale des reliques de l'église. Voici ce qu’ils disent de saint Vincent. « Nous nous sommes transportés à la chapelle de saint Vincent, et après y avoir imploré les lumières du Saint-Esprit, nous avons fait descendre de dessus l'autel un coffre fait en forme de châsse, garni en dehors d'une gaze en or faux, ainsi que les clous et les galons des coins et bords dudit coffre. Ayant fait ôter le dessus, nous avons trouvé le coffre fermé à trois clefs, puis ; l'ayant ouvert, nous l'avons trouvé garni en dedans d'une soie cramoisie, et les reliques de saint Vincent, savoir : Un papier, cacheté du sceau épiscopal, contenant des parcelles des os et de l'habit de saint Vincent Ferrier, une omoplate, une portion d'omoplate, une clavicule, deux humérus dont l'un cassé, un radius, une portion de cubitus, sept portions de côtes avec un cordon de soie rouge, diverses vertèbres et portions de vertèbres, liées avec une tresse de fil, à laquelle nous avons apposé le sceau épiscopal, une portion de l’os sacrum, deux os des isles, deux fémurs, un tibia, un péroné, deux calcanéum, deux astragales, et un os du nez. — Les linges et les morceaux de soie, qui étaient sous ces reliques, ou qui servaient à les envelopper, étant fort vieux, nous les avons tirés de la châsse, ainsi que la poussière qui s'y trouvait, et les avons remis à M. Le Gal, et ayant mis deux morceaux nouveaux de drap de soie, dans lesquels nous avons enveloppé les reliques, nous avons fermé le coffre avec les trois clefs, qui ont été remises à M. Coquerel ; nous l’avons muni du sceau épiscopal et nous l'avons fait ensuite replacer sur l'autel de saint Vincent. — Nous étant ensuite transportés dans la chambre capitulaire, au-dessus de la sacristie, nous y avons trouvé le buste de saint Vincent, de bois argenté, monté sur un, socle doré et fermé par quatre vis de fer. L'ayant fait ouvrir, nous y avons trouvé une tête, à laquelle manque une portion du pariétal droit. Dans le chef du buste, nous avons trouvé la mâchoire inférieure, qui, comparée avec la supérieure, y a les rapports les plus exacts. Nous avons garni de trois sceaux le cordon de soie cramoisie, dont elle est ficelée, et de deux sceaux le galon de soie rouge brochée de jaune qui renferme le chef, et le dessous du socle de quatre sceaux appuyés sur quatre bandes de galons dentelés cramoisis » (Archives Capitulaires). 

Depuis, ce temps, la chasse de saint Vincent a été entourée d’une enveloppe en métal argenté, en forme de petite chapelle, mais il lui en a coûté deux os, dont l'un a été envoyé à Rome et l'autre gardé à l'évêché, les deux destinés à être distribués en petites parcelles (abbé Le Mené - 1888).   

© Copyright - Tous droits réservés.