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LA GOUESNIERE |
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La commune de La Gouesnière ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LA GOUESNIERE
La Gouesnière vient du nom des seigneurs Gouyon, Gouesnon ou Goyon.
La Gouesnière (encore appelé la Gouynière à l'origine) est mentionnée dès le XIIème siècle. En effet, en 1181, le pape Luce III confirme le Chapitre de Saint-Malo dans la possession de l'église de La Gouesnière, et en 1221, Pierre Giraud, évêque de Saint-Malo, fait de même, en autorisant ce même Chapitre à lui présenter le recteur dudit lieu. La paroisse est placée le 31 août 1664 sous le titre de Notre-Dame ou Sainte-Marie de La Gouesnière. Elle dépend alors de l'évêché de Saint-Malo au doyenné de Poulet, et par ce fait le Chapitre se trouve décimateur pour un tiers, le seigneur jouissant des deux autres tiers. En 1664, la Fabrique a 150 francs de revenu.
Le plus ancien seigneur de la Gouesnière que nous connaissons est Etienne ou Jean Goyon, qui est enterré dans l'église, à gauche de l'autel. Ce dernier rédige son testament en 1310 et "demande trois messes de requiem par semaine, pour lui et ses ancêtres, il est vrai qu'il fondait une chapelle et faisait de nombreux dons à tous les couvents et églises du Clos-Poulet". Le marquis de Châteauneuf étaient seigneur supérieur de La Gouesnière, mais les droits de fondation et de prééminence d'Eglise appartenaient au seigneur de La Gouesnière. Puis La Gouesnière appartient successivement aux familles Beaumanoir, Coëtquen, Frotet, Chevillé, Porée (vers 1660), Pépin, Marbeuf (au XVIIIème siècle), Courtavel, Vassé, Le Fer de La Saudre (en 1774). La maison seigneuriale était le manoir de la Cour. Le bourg de la Gouesnière est occupé par les Anglais le 7 juin 1758, après leur débarquement à Cancale.
La Gouesnière peut être citée au nombre des rares paroisses de campagne disposant de secours pour les pauvres avant la Révolution. Ils consistaient en "trois boisseaux de blé dûs chaque année par le châtelain de Saint-Michel, rente estimée 27 livres en 1770" (Guillotin de Corson, Pouillé). En 1762, il fut fait "une fondation pour un maître d'école chargé d'instruire les enfants de cette paroisse ; quoiqu'elle ne fut que de 16 livres de rente, elle figure dans le Pouillé ms. de Saint-Malo (1739-1767) et dans le procès-verbal des visites épiscopales de ce temps, et prouve que l'école était entretenue" (Guillotin de Corson, Pouillé). Au nombre des anciennes fondations, on peut citer une ferme que l'on appelle encore l'Hôtellerie (rappelant le souvenir d'une maison hospitalière du moyen-âge).
Bonaban est une paroisse indépendante jusqu'à la Révolution. Elle était jadis sous le titre de Saint-Léon et dépendait de l'évêché de Dol. La seigneurie de Bonaban, mentionnée dès 1123, est érigée en châtellenie en 1667 : elle possédait jadis un droit de haute justice dans le village. La seigneurie de Bonaban est aux seigneurs de ce nom en 1123 (Bonabes à la prise de Dol en 1173), puis propriété successive des familles de Maure (vers 1270), du Guiny seigneurs de la Garoulaye (en 1560), Pepin seigneurs du Bignon (en 1664). La seigneurie de Bonaban est unie ensuite au XVIIème siècle à la seigneurie de la Gouesnière. Louis XIV, par ses lettres patentes de 1667, érige les deux seigneuries, en une châtellenie qui s'étend alors sur quinze paroisses et comptait de nombreuses mouvances nobles. Elle relève du marquisat de Châteauneuf et parmi ses redevances seigneuriales se trouve celle-ci qui est assez curieuse : "Un épervier dressé, avec ses longes et ses sonnettes d'argent, payable au château de Châteauneuf le premier jour d'aoust chaque année". Le seigneur de Bonaban, de son côté, reçoit pour la mouvance du Bois-Martin "un pain cornu le lendemain de Noël" et pour celle des Chesnes "une paire de gants" le même jour.
C'est en 1804 seulement que ces deux paroisses sont réunies au spirituel. Bonaban est commune jusqu'en 1829, date à laquelle le roi Charles X, décide l'annexion de Bonaban (qui compte alors environ 200 habitants) à la commune de La Gouesnière par une ordonnance du 8 juillet 1829. La population de la nouvelle commune se trouve portée à 860 âmes. En 1860, elle monte à 950 pour redescendre à 851 au recensement de 1901. Le maire de Bonaban, M. Level, reste a la tête des deux communes jusqu'en 1834. A signaler que la commune de Bonaban commence à trembler pour son existence dès 1816, car il est alors question ou de réunir Bonaban à Saint-Guinoux, ou de joindre à ces deux communes celle de La Gouesnière. Le 23 juin 1816 a lieu une séance mémorable du Conseil municipal de Bonaban (le maire étant Charles Renard) et sa protestation mérite d'être reproduite : " Monsieur le Maire a invité messieurs les membres du Conseil à délibérer mûrement et à émettre librement leur opinion su ce sujet de réunion. Sur quoi, après avoir mûrement réfléchi et délibéré, messieurs les Membres du Conseil, à l'unanimité absolue ont déclaré et déclarent qu'ils sont extraordinairement surpris que sous le règne d'un roi si justement surnommé le Désiré, (il s'agit de Louis XVIII), que la Providence a ramené sur le trône de ses pères pour cicatriser les plaies de la Révolution, réparer tous les torts, rétablir les droits légitimes et faire oublier toutes les injustices, ils sont, dis-je, extraordinairement surpris, que sous un règne aussi bienfaisant et aussi tutélaire, on veuille leur enlever leurs droits et jusqu'au nom de leur commune qui existait bien des siècles avant La Gouesnière, et ce, pour les incorporer à une commune pour laquelle celle de Bonaban n'a jamais eu la moindre sympathie pour ne pas dire plus. Tous les Membres du Conseil, Maire et adjoint, ont donc résolu tant en qualité de corps délibérant, qu'en leur privé nom et celui de tous les habitants de Bonaban - ad unum - de protester contre cette réunion et protestent tous. Protestation 1 : Parce que l'esprit, les moeurs et le caractère des habitants des deux communes sont inconciliables ; l'habitant de La Gouesnière ayant toujours été inquiet, remuant, turbulent, ambitieux, processif ; tandis que Bonaban s'est toujours montré doux, concordant, tranquille et paisiblement soumis aux lois et aux événements. Protestation 2 : Parce que l'habitant de Bonaban n'a pas encore oublié et n'oubliera jamais que La Gouesnière lui a impitoyablement vendu son presbytère et les terres y adjacentes, qu'il a démoli son église, aliéné son cimetière, fouillé sans respect les ossements de ses ancêtres qui y reposaient depuis tant d'années et pour s'approprier ces dépouilles que la prudence et la fermeté des habitants de Bonaban avaient eu tant de peine à soustraire aux ventes révolutionnaires. Prostestation 3 : Parce que les pauvres de Bonaban n'oublieront jamais que La Gouesnière s'est emparée d'une somme de deux mille francs que M. Giffart, dernier recteur et décimateur de Bonaban, avait envoyée peu de jours avant sa mort, probablement sans doute, pour les pauvres de la paroisse où il avait gagné toute son aisance par la dîme qu'il y prélevait à l'onzième qui y était évaluée de 3 à 4 mille livres de revenu annuel, et non pour les pauvres de La Gouesnière, où ledit recteur n'avait jamais eu ni exercé aucun droit, et n'avait par conséquent pu contracter aucune obligation de devoir ou de reconnaissance, et que MM. de La Gouesnière font la distribution de cette somme ou de son intérêt comme bon leur semble, sans la participation ni l'avis des autorités de Bonaban et n'en donne pas le cinquième à ses pauvres, et ne se sont pas contentés de mille livres que le digne recteur avait bien voulu leur donner. Protestation 4 : Parce que si sa Majesté, Louis le Désiré, pour le bien être de la religion, rétablissait les anciens évêchés, comme ils étaient avant la Révolution, il faudrait une nouvelle scission, les deux Communes étant de deux évêchés différents, savoir, Bonaban de l'évêché de Dol, et La Gouesnière de l'évêché de Saint-Malo. D'ailleurs, les intérêts et les droits des deux communes sont entièrement différents. Protestation 5 : Parce qu'il a été enlevé à un paquet chez la feue Jeanne Houitte, contenant une croix de cuivre argenté, un calice et divers autres accessoires d'église dont nous avons le reçu ; que les cloches de Bonaban ont été fondues pour aider à faire celles de La Gouesnière et que l'encensoir, le vase des fonts baptismaux etc., sont de Bonaban. Protestation 6 : Parce que Bonaban possède toutes les maisons bourgeoises et notamment le château dit de Bonaban, que ce sont les anciens propriétaires de ce château qui avaient fondé, doté et entretenu notre église, et que ce sont encore eux qui ont fondé et décoré, tant en statues qu'en ornements, etc ... celle de La Gouesnière ; qu'ils avaient aussi fondé dans la dite commune une maison de charité pour la médecine et l'éducation des pauvres, que de plus ledit Bonaban contient le patrimoine d'anciennes familles qui ont fait et font encore journellement le plus grand bien aux pauvres et aux habitants de toutes les communes circonvoisines qui sont accoutumées à venir, et ne viennent jamais inutilement, chercher des secours et des soulagements dans leurs maladies, leurs infirmités et leurs besoins ; nous pensons donc qu'outre que ce serait remettre les châteaux sous la dépendance des chaumières, il serait de la dernière ingratitude d'anéantir où de consentir à l'anéantissement du nom d'une commune où des êtres aussi bienveillants vécurent et donnèrent et donnent encore journellement d'aussi beaux exemples de charité et de bienfaisance. Protestation7 : Parce que les relations qu'ont eu et qu'ont encore plusieurs habitants de Bonaban avec les autres parties du royaume et pays étrangers pourraient être grandement compromises et dérangées si on rayait de la liste des communes, celle de Bonaban qui est connue et marquante depuis tant de siècles. Prions en conséquence les autorités supérieures d'agréer et faire agréer aux justes réclamations à ceux qui doivent décider de notre sort et de ne pas ravir à Bonaban son existence et son nom ".
Voici ce que dit le Pouillé de Rennes : On dit que la paroisse de La Gouesnière tire son nom de ses premiers seigneurs, appartenant à l'antique famille Goyon. En 1305, en effet, Jean Goyon était seigneur de La Gouesnière, et il maria son fils, nommé également Jean, avec Jeanne de Maure, fille du seigneur de Bonaban. Mais la paroisse de La Gouesnière remonte à une époque beaucoup plus reculée, car dès 1181 le pape Luce III confirma le Chapitre de Saint-Malo dans la possession de son église (Abbé Manet, Grandes recherches ms.), et en 1221 Pierre Giraud, évêque de Saint-Malo, fit la même chose, autorisant son Chapitre à lui présenter le recteur de La Gouesnière. Depuis cette époque jusqu'à la Révolution, les chanoines de Saint-Malo exercèrent ce droit de patronage. Voici quel était l'état de La Gouesnière au siècle dernier, d'après le Pouillé ms. de Saint-Malo (1739-1767) : « Revenu de la cure, 600 livres ; — communiants, 250 ; — présentateur, le Chapitre de Saint-Malo ; — décimateur, le même Chapitre pour un tiers des dîmes et le seigneur pour les deux autres ; — seigneur, M. de la Sauldre Le Fer ; — église, très-bien et très-propre ; — fabrique, 150 livres de revenu en rentes ; — presbytère, peu de chose, mais proche l'église ; — fondations, il y en a quelques-unes ».
La Gouesnière renferme depuis 1803 le territoire de l'ancienne paroisse de Bonaban, dépendant du diocèse de Dol, de l'archidiaconé de Dol et du doyenné de Dol. Le château de Bonaban, très-antique forteresse possédée au XIIIème siècle par la famille de ce nom, puis par les sires de Maure, donna probablement naissance à la petite paroisse dont nous parlons. Quoique peu importante, la cure de Bonaban, présentée par l'ordinaire, jouissait d'un assez beau revenu : en 1790, le dernier recteur, Jean Giffard, déclara qu'il avait 2.000 livres de rente avec 620 livres de charges, ce qui lui laissait un revenu net de 1.380 livres. L'église de Bonaban, dédiée à saint Léon et complètement rasée en 1804, n'offrait, dit-on, rien d'intéressant ; elle avait, en grande partie, été refaite vers 1706. Le marquis de Châteauneuf y jouissait des droits de supériorité et le seigneur de Bonaban s'en disait fondateur.
On rencontre les appellations suivantes : La Goynière (en 1310), La Goësnière (au XVIème siècle).
Note 1 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de La Gouesnière : Hervé Foucquet (décédé en 1559), Jean La Choue (chanoine de Saint-Malo, il fut présenté par le Chapitre de cette ville le 9 juin 1559 et se maintint malgré Etienne Fourguery, qui s'était fait pourvoir en cour de Rome ; il résigna en 1594). Jean Phelippot (il fut pourvu le 13 juin 1594 ; décédé le 5 juin 1614). Julien Crosnier (chanoine de Saint-Malo, il fut pourvu le 24 juillet 1614). Thomas Gosselin (recteur en 1621, il résigna en 1623). Julien Phelippot (il fut pourvu le 17 novembre 1623 ; décédé le 14 janvier 1669 et inhumé dans l'église). Henri Le Marchand (il fut nommé en 1669 ; décédé le 3 décembre 1672 et inhumé en l'église, dans la chapelle de Notre-Dame). Pierre Davy (en 1673). François Le Breton (en 1675 ; décédé le 15 octobre 1692 et inhumé dans l'église). Jean Douceré (il fut pourvu le 10 novembre 1692 ; décédé le 26 avril 1712 et inhumé dans l'église). François Epiard (il fut pourvu le 18 mai 1712 ; décédé en 1757). Pierre Renoul (il fut pourvu le 20 avril 1757 ; décédé le 8 août 1769 et inhumé dans l'église). Jean Le Bouvier (pourvu le 26 août 1769, il résigna presque aussitôt). Louis-Jacques-François Le Gentilhomme (il fut pourvu le 30 septembre 1769 et émigra en 1792), Louis Michel (1803 ; décédé en 1811), Joseph-Jean Roussel (1811 à 1813), Pierre-Joseph Ladoyé (1813 ; décédé en 1820), François-Guillaume Hue (1820 à 1845), Adolphe-François Beaudouin ou Baudoin (1845 à 1862), Julien Vromet (1862 ; décédé en 1866), Auguste Feuillet (1866 à 1888), Julien Revel (à partir de 1888), …. La Gouesnière eut son curé constitutionnel. Ce fut M. Cannuet, vicaire constitutionnel de la paroisse de Guislin au département de la Manche. Il fut élu le 29 mai 1791, à l'assemblée du District de Saint-Malo. A noter qu'il y a eu interruption du culte dans cette commune de la Gouesnière de 1792 à 1802.
Note 2 : liste non exhaustive des maires de la commune de La Gouesnière : François Lemercier est maire de 1792 à 1796. Le 9 novembre 1796, ce dernier est assassiné dans son domicile de la Grand-Cour : il avait reçu deux coups de feu, l'un avait fracassé le crâne, l'autre traversé l'abdomen. L'attaque de sa maison avait été faite par une trentaine de brigands masqués qui pillèrent la Grand-Cour (certainement une vengeance politique). C'est Pierre Heurtu qui succède à Lemercier, comme maire. Jacques de Folligné, Jacques Lebigot et Michel Sollier, précèdent Guillaume Fouré qui est nommé en 1802. Michel Sollier revient à la mairie en 1808, il y reste jusqu'en 1829, année de la Réunion des communes de La Gouesnière et de Bonaban.
Note 3 : liste non exhaustive des recteurs de l'ancienne paroisse de Bonaban : Nicolas du Vivier (il fut en 1347 l'exécuteur testamentaire de Jean de Maure, seigneur de Bonaban). Alain Ruallan (en 1501). Jean de la Mazuraye (décédé vers 1553). Bertrand Rouault (en 1594 et 1614). Yves Bouesnel (neveu du précédent ; en 1617-1630). Nicolas Le Febvre (en 1630). Gilles Le Febvre (official de Dol ; en 1635). Julien Herbert (docteur en Sorbonne et chapelain de Saint-Yves à Dol ; en 1642 ; décédé le 31 octobre 1648 à Dol, et inhumé le 1er novembre en l'église des Carmes de cette ville). François Denis (sieur de la Vallée ; en 1649). Jean Touzé (il résigna en faveur du suivant). Pierre Le Grand (en 1657). Gabriel Bruslé natif de Saint-Suliac, il fut nommé en 1662 ; il fit en 1698 enregistrer ses armoiries : d'azur au chevron d'or, accompagné de trois agneaux d'argent, deux en chef et un en pointe ; décédé le 19 janvier 1705, inhumé le 20 dans le sanctuaire). Jacques Even (natif de Saint-Pierre-de-Plesguen, directeur des retraites de Dol, il fut pourvu le 1er août 1705 ; il résigna en 1712, se réservant une pension de 100 livres sur la cure). Jean-Baptiste Jambon (pourvu le 2 août 1712, il prit possession le lendemain ; décédé en 1728). Jean- Georges Ferrière de la Motte-Rogon (prêtre de Léon et chapelain de Saint-Louis à Rome, il fut pourvu en cour de Rome en 1728 ; l'évêque de Dol refusa d'abord de le recevoir, puis le pourvut le 12 avril 1729 ; décédé le 4 janvier 1763). François-Gilles Porcher (il fut pourvu en cour de Rome et prit possession le 19 mai 1763 ; il résigna en 1772 en faveur du suivant, avec réserve de 430 livres de pension). Jean-Mathurin Giffart (vicaire à Pleudihen, il fut pourvu en cour de Rome, il prit possession le 26 janvier 1773 et gouverna jusqu'à la Révolution). Giffart refusa de prêter le serment constitutionnel durant la Révolution et resta caché à Bonaban.
Note 4 : liste non exhaustive des maires de l'ancienne commune de Bonaban : Houitte de la Chesnais est élu maire le 14 décembre 1789 (Guillaume Lecoulant et Juhel Michel sont nommés officiers municipaux et le recteur Giffart est nommé procureur). En 1793, Jean Renard devient maire et René Le Bigot est nommé procureur. Le troisième maire de Bonaban est Charles Renard, nommé en 1794. Il a pour successeurs : Guillaume Lecoulant en 1802, Jean Faidon en 1816 et Pierre Level en 1826. De 1829 à 1834, date de sa mort, M. Level, qui avait acquis le château de Bonaban, est maire des deux communes réunies. Jean Sorette le remplace jusqu'en 1848. On trouve ensuite le comte Henry de Kergariou, qui refuse le serment de l'Empereur en 1852 et qui est remplacé alors par Thomas Huet, puis Jean Fouré nommé en 1870, Henry de Kergariou qui revient en 1874, Jean Fouré, à nouveau, en 1876. La municipalité de La Gouesnière-Bonaban est dissoute le 1er septembre 1877 et Guillaume de Kergariou est mis à la tête de la commune. Trois mois après Jean Fouré redevient maire, mais pour vingt jours seulement car M. Guillaume Kergariou reprend son poste. M. le Comte Christian de Kergariou est nommé maire en 1881, et à sa mort, son frère, M. Guillaume de Kergariou, lui succède.
Note 5 : En 1672 il fut fait une fondation pour un maître d'école chargé d'instruire les enfants de la paroisse de La Gouesnière ; quoiqu'elle ne fût que de 16 livres de rente, elle figure dans le Pouillé de Saint-Malo (1739-1767) et dans le procès-verbal des visites épiscopales de ce temps, et prouve que l'école était entretenue. Une mairie et une école des garçons sont construites en 1840. L'école des filles en 1863, mais une institutrice laïque existe depuis 1849 (elle fait la classe dans la cuisine du maître d'école). En 1862, le Conseil municipal demande deux religieuses du Saint-Esprit, l'une pour instruire les petites filles, l'autre pour soigner les indigents. Un legs de la famille Houitte de la Chesnais subvient à ces dépenses. L'école des filles est relaïcisée en 1903. La ligne de chemin de fer de Rennes à Saint-Malo est inaugurée en 1864 et une station existe alors à La Gouesnière à 1 500 mètres du bourg. Une halte, au bourg même, est établie lors de la construction de la ligne de Miniac. En 1853, le piéton postal vient tous les deux jours de Châteauneuf, et en 1863, La Gouesnière est desservi par Saint-Méloir. Enfin un bureau de poste est ouvert en 1895, le télégraphe est établi en 1898, et le téléphone en 1902.
Voir
" Quelques
anciens faits divers de la paroisse de Bonaban
".
Voir
" Le
cahier de doléances de la Gouesnière en 1789
".
Voir
" Le
cahier de doléances de Bonaban en 1789
".
PATRIMOINE de LA GOUESNIERE
l'église Notre-Dame (1660). Cette église
remplace un édifice religieux daté de 1181. De l'église primitive de La
Gouesnière nous savons peu de chose. Par un premier testament daté de
1310, Jean Goyon, seigneur de La Gouesnière, légua « cinq sols à
l'oeuvre de l'église de La Goynière ». Le même seigneur, par un
second testament fait en 1325, « choisit sa sépulture en l'église de
La Goynière au chanceau, au côté senestre, et ordonne qu'on y édifie une
chapelle et que dès le temps de son décès on chante trois messes de
Requiem par chacune sepmaine pour luy et pour ses devanciers et successeurs
» (Du Paz, Histoire généalogique de Bretagne, 634). Vers 1660, Thomas
Porée, chanoine de Saint-Malo, se trouvait seigneur de La Gouesnière. Nommé grand chantre le 6 mars 1661, il se démit peu après de
cette fonction. Il représenta à l'évêque de Saint-Malo que l'église de
La Gouesnière était « caduque, ruineuse et trop petite pour contenir
le nombre des paroissiens ». Il obtint donc de lui la permission de la «
réédifier tout entière et de l'agrandir à ses propres frais ». Le
travail du maître-autel, vaste retable en marbre et tuffeau, fut confié à
l'architecte Dufresne et au sculpteur Delabarre ; on y plaça un tableau
représentant l'Assomption, et agenouillé aux pieds de la Sainte Vierge Mgr
de Villemontée, évêque de Saint-Malo. Ce fut, en effet, ce prélat qui
vint lui-même consacrer, le 31 (ou 16) août 1664, la nouvelle église,
qu'il dédia à Notre-Dame (Archives paroissiales). Cet édifice forme une
croix régulière. La chapelle du Sud fut d'abord dédiée à saint Fiacre,
puis au Rosaire ; celle du Nord, primitivement à saint Jean-Baptiste et
plus tard à saint François d'Assise. On remarque dans ces chapelles deux
belles statues en marbre blanc représentant la Très-Sainte Vierge et saint
François d'Assise ; l'une et l'autre portent les armoiries de la famille Le
Fer, échiqueté de gueules et d'or, qui les offrit à l'église
probablement vers l'époque où elle fit construire en marbre de Gênes le
château actuel de Bonaban. Le marquis de Châteauneuf était seigneur supérieur
de La Gouesnière, mais les droits de fondation et de prééminence d'église
y appartenaient au seigneur de La Gouesnière ; celui-ci avait son enfeu
dans le choeur, où l'on aperçoit encore une pierre tombale avec
personnage, recouvrant peut-être les restes de François Pépin, inhumé en
ce lieu le 25 juillet 1679. Terminons en disant qu'en 1664 le pape Alexandre
VII érigea en l'église de La Gouesnière la confrérie de Notre-Dame
(Pouillé de Rennes). L'église est remaniée au XIXème et XXème
siècles. Une tour, édifiée en 1868-1870, remplace un ancien clocher en
ardoises. Une horloge publique est installée en 1874. Le retable en marbre et en tuffeau du maître-autel
actuel date de 1666-1667 : il a été construit par François II Houdault. Le
tombeau de l'autel date de 1780 : dans l'ovale du tombeau on avait déposé
un reliquaire de plomb contenant un autre reliquaire d'argent trouvé dans
le premier autel, avec des reliques des saints Méen, Judicaël et autres. La chaire date de 1785 :
elle avait coûté 500 livres et elle est l'oeuvre
d'Etienne Lesné (ou Laisné), menuisier à Saint-Malo. Les deux
confessionnaux datent de 1784. Les deux bénitiers en marbre
datent de 1786. On voit dans le transept deux statues en marbre blanc aux
armes de la famille Le Fer de la Saudre seigneurs de Bonaban et de la famille le Grand de
Vergoncey, données par eux en 1774 : ces statues figurent la Vierge à
l'Enfant (oeuvre de Schiaffino, 1774) et
saint François d'Assises. Mme de la Saudre donne aussi en 1776 une chape
blanche d'étoffe d'argent, avec son étole. En 1783, M. de la Ville-Pépin,
chanoine de Saint-Malo, donne un orgue de 400 livres. Le choeur contenait jadis l'enfeu des seigneurs
de la Gouesnière. Les armes des seigneurs de Bonaban décoraient autrefois
les vitres de l'église. Depuis 1887, on n'enterre plus autour de l'église.
Le cimetière a été transféré sur la route de Châteauneuf, dans le
champ du Pré-Launay ;
l'ancienne
église de Bonaban, reconstruite vers 1706 et rasée en 1807. Cette église,
édifiée entre les deux étangs de Bonaban, s'élevait jadis dans le jardin sud de la ferme de la Recette et renfermait
l'enfeu des seigneurs de Bonaban. La rectorie est mentionnée dès 1516,
mais c'est à la fin du XVIème siècle que nous rencontrons un recteur
(Bertrand Rouault) pour la première fois. L'un de ses successeurs, M. Evens
(ou Even), fait restaurer le lieu de prières, en 1706, et de son livre de
dépenses, voici une feuille venue jusqu'à nous : "Jay faict les
deux portes de la nef, bois et maçonnail, chapiteau et tambour de la petite
porte du bénitier. Jay clos et élevé les fonts baptismaux. Faict les
trois fenestres de la nef, il n'y avait que la petite qui est bouchée.
Fermé les deux petits autels qui n'estoient que deux pierres de travers,
sans marchepied ni balustre. Faict la chaire à prescher. Jay fait mettre le
balustre, le marchepied du grand autel et élevé le pavé du sanctuaire.
Faict le petit choeur à chanter, la sacristie avec l'armoire à mettre les
ornements. Faict rehausser le pavé de l'église pour détourner l'eau qui
remplissait fort souvent l'église. Faict rehausser le cimetière dont la
moitié était un lac". Sa maîtresse-vitre portait les armes des
familles de Maure, seigneurs de Bonaban de 1270 à 1560. Le cimetière
était dans l'enceinte actuelle du château. Au XIIème siècle, le recteur
de Bonaban jouit d'une prébende de 2 000 l avec 620 l. de charge, et
percevait des dîmes évaluées à 3 000 l. environ. Avec l'autorisation du
pape Léon X, le recteur est soumis en 1516, par François Ier, à une taxe
de 35 sous. Ce revenu, franc de charge, n'est plus que de 415 l. en 1789. A
la restauration du culte, en 1804, les deux paroisses de Bonaban et de La
Gouesnière sont réunies et la préfecture autorise, en 1806, la mise en
vente de l'église et du presbytère de Bonaban : le produit de cette vente
devait être affecté au rachat du presbytère de La Gouesnière, aliéné
pendant la Révolution, à la réparation de l'église et à l'acquisition
des objets nécessaires au culte. La vente a lieu le 17 février 1806 et
c'est Michel Moulin, habitant la commune de La Gouesnière, qui achète
l'église de Bonaban et son cimetière pour 725 l. Rouxel-Duchêne de
Saint-Servan, se rend acquéreur du presbytère moyennant 3 150 livres.
L'église est démolie l'année suivante de son achat. La petite cloche de
Bonaban, donnée par Charles du Guiny, en 1621, émigre dans le clocher de
La Gouesnière, mais pour peu de temps, car la même année 1806, les
frères Grantès de la Manche, passent un marché pour la refonte de toute
les cloches (dans le haut de la rabine de la Grand-Cour) ;
l'ancienne
chapelle de Saint-Michel, située à La Gouesnière. Elle est édifiée en 1591 entre les
Villages de la Ville-Glé et du Gros-Chêne. Frairienne, elle fut fondée de
messes tous les vendredis par Olivier Gouin, prêtre, par acte testamentaire
du 21 mars 1591. Elle est augmentée par le même prêtre le 25 juillet
1594, et la présentation en fut réservée à sa famille. Cet Olivier Gouin
avait lui-même fait construire cette chapelle « en l'honneur de Dieu,
de Nostre-Dame et de Messieurs saint Michel, saint Roch et saint Mathurin ». En 1714, la chapelle Saint-Michel était si indigente de restauration que l'évêque de
Saint-Malo en transféra le service dans l'église paroissiale ; ainsi
abandonnée, elle ne tarda pas à tomber en ruines (Archives
départementales d'Ille-et-Vilaine, 10 G, 4). Les chapelains de Saint-Michel
furent Henri Le Marchand (1646), Guillaume Gouin (1680), Jean Moulin (1683),
Julien Murie (1735) et N... Renoul (1790). La chapelle est ruinée en 1714 et
a été détruite durant la Révolution ;
l'ancienne
chapelle Saint-Joseph de la Motte-Girault, aujourd'hui disparue et
dépendant jadis du manoir de ce nom, avait été fondée de messes le 3 mai
1686 par les seigneurs du lieu. En 1732, Jacques Le Saige, seigneur de la
Ville-ès-Brune, habitant son manoir de la Motte-Girault, présenta Louis
Louvel pour la desservir. Etienne Renoul succéda à ce dernier en 1742. L'évêque
de Saint-Malo ordonna en 1752 de restaurer cette chapelle, qui avait alors
100 livres de rente (Registre des insinuations ecclésiastiques de l'évêché de Saint-Malo) ;
l'ancienne
chapelle Saint-Nicodème de la Saudrais, aujourd'hui disparue et dépendant du manoir de ce nom,
était jadis en Bonaban. Le 20 avril 1644, Bertranne Renoul, dame des
Saudrais, fonda deux messes hebdomadaires, le lundi et le vendredi, dans l'église
de Bonaban et dans une chapelle qu'Alain du Fresne, sieur de la Saudrais,
s'engagea à bâtir à la Saudrais même dans l'année du décès de la
fondatrice. Cette dame mourut probablement peu de temps après, car le 1er
juillet 1646 Alain du Fresne présenta son fils Bertrand pour desservir la
chapelle de la Saudrais. Plus tard, François du Fresne, chanoine de
Saint-Malo, présenta pour chapelains Jean Jambon en 1717, et François Le
Sieur en 1728 (Registre des insinuations ecclésiastiques de l'évêché de Dol) ;
les
anciennes chapelles de La Gouesnière, aujourd'hui disparues : la chapelle Saint-Romain de Vaution (citée sans autre mention dans
un registre paroissial), la chapelle mortuaire de la famille Level, la chapelle de la Garoulais (mentionnée
en Bonaban en 1648 dans le Pouillé de Tours, bénéfice valant 60 livres. de rente) ;
le manoir de la Grand-Cour (XVIIème siècle),
propriété du châtelain de Bonaban jusqu'en 1842. Ce manoir remplace un manoir primitif
du Moyen-Age, propriété de la famille Goyon : il était
entouré de fossés de 6 à 8 mètres de largeur et 3 mètres de profondeur.
Il s'agit de la maison seigneuriale de la Gouesnière ;
l'ancien
manoir de Launay-Busnel (XVI-XVIIème siècle), situé route de
Chateauneuf-d'Ille-et-Vilaine. Propriété de la famille Busnel en 1504
et en 1513, puis de la famille Rouxel sieurs du Chesne au XVIIIème siècle ;
le manoir
du Grand Belestre (1673 ou 1773), situé au bourg de la
Gouesnière. Sa porte est datée de 1773 ;
le
manoir du Petit Belestre, situé à proximité du manoir du Grand Belestre.
Il possède une tourelle et a servi autrefois de mairie ;
Nota : Dans le bourg de La Gouesnière, saluons au passage la tourelle du Petit Belestre et le manoir du Grand Belestre, daté de 1773. Vers 1947, la cour de ces manoirs est jonchée de débris archéologiques intéressants : fûts de colonnes à chapiteaux brisés, bénitiers primitifs sculptés dans le granit. (Daniel Derveaux).
l'ancien
manoir ou la ferme de la Saudraie (XVIIIème siècle),
situé route de Chateauneuf-d'Ille-et-Vilaine. Il s'agit de l'ancien manoir
qui existait en 1513 et comportait une chapelle
édifiée en 1646 dans le Clos de la Chapelle. On y voit quelques
traces de douves. Propriété de la famille Lévesque en 1513, puis de la
famille du Fresne en 1646 ;
la maison (1740-1745), située à Beauregard et
édifiée par Etienne Houitte de La Chesnaie ;
la maison (1769), située à La Chesnaie et
édifiée par Thomas François Jean Houitte de La Chesnaie (fils d'Etienne Houitte). Cette
maison est encore surnommée "L'Angretière" en 1780 ;
le château de Bonaban
(1776), édifié par la famille Le Fer de La Saudre. Ce château
remplace un ancien château édifié au XIIIème siècle par Bonaban de Rougé et démoli au XVIIIème
siècle. Plusieurs dépendances du château, confisquées et vendues au
XIIIème siècle par le duc de Bretagne, par suite de rébellion du seigneur
à son suzerain, sont acquise de nouveau, peu de temps après, par
l'héritière du nom, Raymonde de Bonaban, qui entre, par son mariage dans
la puissante maison des sires de Maures. Bonaban passe par donation à la
famille du Guiny. Celle-ci s'en dessaisit en 1664. François Pépin,
trésorier général de France se rend acquéreur de cette seigneurie ainsi
que de celle de La Gouesnière, pour les unir. Ainsi commença la
disparition le l'ancienne paroisse de Bonaban. Au XVIIIème siècle, la
seigneurie Bonaban-La Gouesnière passe successivement aux familles de
Marbeuf, de Courtavel et de Vassé, pour échoir enfin aux Le Fer de la
Saudre. Il comprenait au XVIIème et au XVIIIème siècles, un corps de
bâtiment, deux tourelles aux angles nord-est et sud-est, deux cours (une
cours haute et une cours basse, réunies par un perron de treize marches),
des douves et une fuie. Un aveu de 1664 nous apprend qu'à cette époque le
château est une forteresse composée d'un "grand corps de logis
avec un pavillon et deux tours, fossés, douves et pont-levis". M.
Guillotin de Corson précise que la forteresse "élevée qu'elle
était sur une colline regardant les vastes marais de Dol. A côté se
trouvait un colombier et à ses pieds s'étendaient de beaux étangs ; enfin
de grands bois entouraient cette vraie demeure seigneuriale".
L'antique forteresse est rasée par par Le Fer de La
Saudre (riche armateur malouin) en 1776, qui reconstruit à sa place un
château (riche demeure opulente) dans lequel le marbre de Gênes est
utilisé. Le 7 juin 1777, le recteur de La Gouesnière, M. Le
Gentilhomme écrit sur son registre paroissial : "J'ai fait la
bénédiction du château de Bonaban, après une
messe solennelle où le seigneur et dame, avec une nombreuse compagnie, ont
assisté, ainsi qu'à la procession pour finir la cérémonie".
Après avoir acheté le château de Bonaban, et fait reconstruire le
château, la famille Le Fer de la Saudre conserve néanmoins sa demeure de
Saint-Malo (située à l'angle des rues Saint-Sauveur, de la Charité et
Maupertuis et nommée hôtel de Bonaban).
François Le Fer de la Saudre meurt à Bagnères-de-Bigorre en 1782. On
retrouve ensuite comme propriétaires, les familles
Level, Kergariou, Saint-Léon et Saint-Gobain (en 1954) ;
Nota : Au bout d'une immense et majestueuse rabine, Bonaban dresse sa masse blanche de burg Louis XIV. C'était là le siège d'une seigneurie importante fondée par les Bonabes de Rougé dès le XIIème siècle. Leur fille Raymonde épousa en 1270 un chevalier de la maison de Maure. Par succession, Bonaban échut en 1560 aux du Guiny de la Garoulaye, qui le vendirent en 1664 aux Pepin du Bignon. Devenu châtellenie en 1667, Bonaban passa ensuite à la puissante famille Le Fer de la Sandre, dont l'un des membres construisit, en 1776-1777, le château actuel. Le titre de château convient en effet bien plus que celui de malouinière à cette immense construction de quatre-vingts mètres flanquée d'une tour à chacun des angles et cernée de douves importantes. Néanmoins, le style s'apparente à l'architecture malouine par son fronton armorié central, ses lucarnes, l'encadrement de ses fenêtres, son perron double et son toit à pente aiguë. Au style plaisant des malouinières, appartiennent aussi les pavillons symétriquement disposés devant et de chaque côté des façades nord et sud, les beaux jardins et les parterres. L'entreprise conduite à grands frais, utilisa le marbre de Gênes et le granit, et à l'intérieur rien ne fut négligé pour en faire un palais : tapisserie des Gobelins d'après les cartons de Lebrun, mobilier remarquable qu'entretinrent et enrichirent encore les successeurs des Le Fer, les Level d'Amanlis, les de Kergariou. A présent le beau château est aménagé en œuvre pour la vieillesse. La grandeur passée de Bonaban lui devait d'être une commune distincte jusqu'au début du XIXème siècle, où elle fut rattachée à La Gouesnière. Parmi les droits seigneuriaux de Bonaban, il est amusant de relever ceux des seigneurs du Bois Martin et des Chesnes. pour le premier consistant « en un pain cornu à remettre le lendemain de Noël » et pour le second « en une paire de gants » à remettre le même jour. De son côté, le seigneur de Bonaban était tenu de porter à son suzerain « le 1er d'Aoust, un épervier dressé, avec ses longes et ses sonnettes d'argent ». (Daniel Derveaux).
Voir
" Le
château de Bonaban à La Gouesnière
".
la chapelle mortuaire de la famille Level (1866) ;
3 moulins dont le moulin à eau de Bonaban et les moulins à
vent de Bonaban et de la Gouesnière ;
A signaler aussi :
la grotte Notre-Dame-de-Lourdes (1898), située
au Bois-Renou ;
le
manoir de la Ville-Glé, reconstruit au début du XIXème siècle. Il
possédait jadis une chapelle privée ;
l'ancien
manoir de la Motte-Giraud. Il possédait jadis une chapelle privée, et un
colombier au XVIIIème. Propriété de la famille le Saige seigneurs de la
Ville-ès-Brune en 1680 ;
l'ancien
manoir de la Ville-Daulée ;
l'ancien
manoir, situé au village de Laval (l'Aval). Une des maisons du village est
décorée de calices ;
la
ferme de la Recette. Il s'agit de l'ancien logement du receveur d'impôts de
la seigneurie de Bonaban. L'ancien auditoire touche la ferme à l'est. Les
cep et collier ainsi que le poteau patibulaire se dressaient jadis devant lui ;
les
fermes de l'hôtellerie, situées route de
Chateauneuf-d'Ille-et-Vilaine. Elles remplacent une ancienne maison hospitalière ;
l'ancien
manoir de Launay-Buan, situé route de Saint-Servan-sur-Mer. Propriété de
la famille Lossieux au XVIIIème siècle ;
l'ancien
manoir de la Landelle. Propriété de la famille de la Motte en 1513 ;
ANCIENNE NOBLESSE de LA GOUESNIERE
La seigneurie de Bonaban, dont les fortifications existaient encore au commencement du XVIIIème siècle, relevait de Châteauneuf, et le seigneur de Bonaban devait à celui de Châteauneuf une rente féodale « de 6 livres 19 sols 9 deniers, et un épervier dressé avec ses longes et ses sonnettes d'argent, rendu au chasteau de Chasteauneuf » (Archives Nationales, P. 1721).
La seigneurie de La Gouesnière, — dont le chef-lieu était probablement le manoir de la Cour, — appartint successivement aux familles Goyon, de Beaumanoir, de Coëtquen, Frotet, Chéville, Porée, Pépin, de Marbœuf, de Courtavel, de Vassé et Le Fer. La seigneurie de Bonaban, possédée par les de Bonaban, de Maure et du Guiny, fut unie à celle de La Gouesnière au XVIIème siècle par François Pépin, et resta telle jusqu'à la Révolution.
La Révolution a fait disparaître de notre contrée la paroisse de Bonaban, voisine de celle de La Gouesnière, au territoire de laquelle le sien a été réuni depuis lors. Toutefois, le château de Bonaban subsiste encore et c'est même l'une des plus belles habitations de la Haute-Bretagne. La famille noble de Bonaban est éteinte depuis si longtemps qu'on ne sait presque rien sur son compte : en 1123 vivait Halenaut de Bonaban, et en 1270 Raymonde de Bonaban, épousant Jean II, sire de Maure, lui apporta la seigneurie de Bonaban, qui demeura plusieurs siècles dans la famille de Maure. Jean II, sire de Maure, mourut en 1306 et fut inhumé en l'église abbatiale de Paimpont, près de sa femme et de son fils aîné, Robert, décédés avant lui. Son fils cadet, Jean de Maure, devenu seigneur de Bonaban à la mort de sa mère, lui succéda en qualité de sire de Maure et devint Jean III ; il épousa Hilarie de Mareil et maria sa fille, Jeanne de Maure, avec Jean Gouyon, seigneur de La Gouesnière. Son fils, Jean IV de Maure, épousa Aliette de Rochefort ; il mourut en 1332 et sa veuve en 1350 ; ils furent inhumés l'un et l'autre dans l'église des Frères Prêcheurs de Nantes. Vinrent ensuite successivement sires de Maure et seigneurs de Bonaban : Jean V, marié en 1330 à la Marquise de Fresnay, puis à Plésou de la Roncière, et décédé à soixante et onze ans, en 1385 ; — Jean VI, mort sans postérité en 1413 ; — Pierre Ier, neveu du précédent, époux de Jeanne de Fontenay et décédé vers 1430 ; — Pierre II, encore mineur à la mort de son père, qui eut pour tuteur Guillaume de la Motte ; celui-ci rendit aveu en son nom l'an 1433, pour la terre de Bonaban, au seigneur de Châteauneuf. Pierre de Maure épousa Jeanne de la Lande et mourut le 28 juin 1465 ; — Jean VII, fils des précédents, rendit aveu pour Bonaban en 1474, épousa - 1° Jeanne de la Chapelle, - 2° Jeanne du Pont, et décéda en 1500 ; — Jean VIII, son fils, s'unit à - 1° Marie Anger, - 2° Denise de la Villeaubert, et mourut le 15 juillet 1528. François de Maure, fils des précédents, né en 1497, fut le premier comte de Maure : il épousa - 1° Hélène de Rohan, - 2° Magdeleine de la Chapelle - 3° Jacquemine Le Hidoux, et mourut le 27 avril 1557, laissant à son fils Claude les seigneuries de Maure et de Bonaban. Claude, comte de Maure, prit en mariage Françoise de Pompadour et mourut à quarante-six ans, le 25 avril 1564. Il fut le dernier comte de Maure seigneur de Bonaban : il avait en effet, une soeur, Françoise de Maure, qui avait épousé Jean du Guiny, seigneur de Garoulaye. Cette dame étant décédée en 1555, Claude de Maure donna au fils qu'elle laissait, le 4 janvier 1560, la seigneurie de Bonaban (Archives du château de Châteauneuf). Cet enfant fut Jean du Guiny, seigneur de la Garoulaye et de Bonaban, époux de Jeanne Le Filhux. Il en eut Jacques du Guiny, qui lui succéda en ses seigneuries, rendit aveu en 1602 pour celle de Bonaban, devint chevalier de l'Ordre du roi, épousa en 1604 Perronnelle du Guémadeuc et mourut en 1628. Charles du Guiny, son fils, devint alors seigneur de Bonaban et en rendit aveu en 1630 ; il épousa en juillet 1648, Marie de Quelen. Cette dernière mourut veuve à Rennes, le 7 juin 1689, âgée de soixante-quatre ans, et fut inhumée dans son enfeu en l'église de Bonne-Nouvelle. Le 20 décembre 1664, M. et Mme du Guiny vendirent la seigneurie de Bonaban à François Pépin, seigneur du Bignon, trésorier général de France et grand voyer de la généralité de Paris, et à Servanne Miniac, sa femme. Le nouveau seigneur de Bonaban, qui habitait alors Paris, fit prendre possession de sa terre le 13 janvier suivant, par un procureur, René de Lesquen, seigneur de l'Argentaye (Archives d'Ille-et-Vilaine, 1 Q. 434). Deux ans plus tard, le 30 décembre 1666, François Pépin acheta, moyennant 116 500 livres, la seigneurie de La Gouesnière, qu'il fit unir à celle de Bonaban. Il mourut le 20 juillet 1679 à Bonaban et fut inhumé le lendemain au chanceau de l'église de La Gouesnière, en son enfeu du côté de l'évangile. Le seigneur de Bonaban laissait un fils, qui dut mourir jeune et sans postérité, et une fille, Angélique Pépin, qui avait épousé, le 18 avril 1678, Claude de Marboeuf, seigneur de Laillé et président au Parlement de Bretagne. La châtellenie de Bonaban échut au garçon, Anonyme Pépin, par partage fait en 1684, mais peu de temps après selle passa aux mains de sa soeur Mme de Marboeuf (qui mourut que le 19 mai 1734, à Rennes, après avoir perdu son mari et ses deux fils) la vendit en 1719 à Antoine Raudot, intendant de marine, sur lequel elle fut retirée « par premesse de lignage » en 1720 par Hubert de Courtavel, marquis de Pezé, et Nicole de Béringhen, sa femme. Le marquis de Pezé, lieutenant-général des armées du roi et gouverneur de Rennes, ne laissa qu'une fille, Louise-Magdeleine de Courtavel, qui épousa Armand, marquis de Vassé. Cette dame hérita donc de Bonaban ; mais étant séparée de biens d'avec son mari, elle vendit cette châtellenie le 19 juillet 1754, au prix de 195 000 livres, à Guillaume Le Fer, sieur de la Sauldre (il s'agit du fils de Marie Gilbert, parente et héritière de Mme de Marboeuf qui avait épousé Pierre Le Fer), et à Hélène Le Grand de Vergoncey, sa femme (Archives du château de Châteauneuf). Le nouveau seigneur de Bonaban décéda à Saint-Malo le 8 décembre 1762 ; il eut pour héritier son frère, François Le Fer, sieur de la Sauldre, négociant à Cadix, qui rendit aveu en 1764 pour la châtellenie de Bonaban. Celui-ci épousa Damase-Marguerite Roubaud, qui était veuve de lui en 1792. Le dernier seigneur de Bonaban vit la Révolution le chasser de son château. Le 23 juillet 1791, les autorités « municipales et militaires » de La Gouesnière « se rendirent en corps à Saint-Malo chez M. de la Sauldre-Le. Fer, pour lui offrir le voeu de leurs concitoyens, ainsi qu'à MM. ses enfants, et pour partager la peine qu'il avait reçue avec sa famille, se voyant assiégé dans son château de Bonaban pendant toute une nuit, jusqu'à huit heures du matin, par une foule de personnes trompées et mal intentionnées, jusqu'à être obligé de traiter avec eux et forcé de se retirer à Saint-Malo » (Morel, Notice ms sur Bonaban). Cette démarche fait également honneur aux habitants de La Gouesnière et à leur seigneur. La vieille seigneurie de Bonaban relevait tout entière de celle de Châteauneuf ; c'est ce que confirma dès 1442 une sentence du sénéchal, de Rennes. En juillet 1667, Louis XIV donna, en faveur de François Pépin, des lettres patentes unissant les deux seigneuries, de Bonaban (haute justice) et de La Gouesnière (moyenne justice) et érigeant le tout en châtellenie sous le titre de châtellenie de Bonaban ; les lettres royales furent enregistrées au Parlement de Bretagne le 19 octobre 1667 (Archives du château de Châteauneuf). D'autres lettres du même roi, datées de mars 1678, autorisèrent le seigneur de Bonaban à tenir « au bourg de Bonaban - La Gouesnière » un marché tous les lundis et trois foires par an, aux fêtes de saint Léon (11 avril), saint Fiacre (30 août) et saint Maudet (18 novembre). Le Parlement enregistra ces lettres le 17 juin 1678 (Archives du Parlement de Bretagne). La châtellenie de Bonaban était importante : elle s'étendait en quinze paroisses : Bonaban, La Gouesnière, Lillemer, Le Vivier, La Fresnaye, Saint-Benoît-des-Ondes, Saint-Méloir-des-Ondes, Cancale, Saint-Coulomb, Saint-Ideuc, Saint-Guinou, Paramé, Saint-Jouan, Saint-Père et Montdol. Nous avons dit qu'elle relevait du marquisat de Châteauneuf à devoir de 6 livres 19 sols 9 deniers de rente, plus « à cause de la prée du Grand-Islot, un épervier dressé, avec ses longes et ses sonnettes d'argent, payable au chasteau de Chasteauneuf le premier jour d'aoust chaque année ». Le seigneur de Bonaban avait le droit de faire passer ses vassaux les premiers aux plaids généraux du Clos-Poulet, tenus à Châteauneuf. Sa haute justice s'exerçait au bourg de Bonaban, où se trouvaient son auditoire, ses cep et collier, et même ses poteaux patibulaires (Archives du château de Châteauneuf). Faisaient aussi partie de la châtellenie de Bonaban : la grande dîme de La Gouesnière et la dîme de Maure en Saint-Père-Marc-en-Poulet, les pêcheries de Saint-Méloir-des-Ondes, la coutume du Port-Noël en Saint-Guinou, et les coutume et trépas de Bonaban, etc. Quant aux mouvances nobles de Bonaban, elles étaient nombreuses, et les principales étaient : le Bois-Martin et Langotière en Saint-Père ; le possesseur de ce dernier fief devait à son seigneur « un pain cornu le jour Saint-Etienne, lendemain de Noël » ; — les Chesnes, dont le propriétaire devait au même jour Saint-Etienne « une paire de gants » ; — Launay-Busnel, la Sauldraye, la Motte-Girault et l'Hostellerie en La Gouesnière ; — la seigneurie de Saint-Benoît-des-Ondes ; — les Vairies en Cancale et Paramé, etc. Le seigneur de Bonaban était fondateur et prééminencier de l'église paroissiale de Bonaban, « bastie dans le parc dudit chasteau », et de l'église de La Gouesnière ; il n'y avait même en 1623 que ses armoiries : de gueules à un croissant montant de vair (qui est de Maure), dans la maîtresse vitre du chanceau de Bonaban. Dans cette église, dédiée à saint Léon, se trouvaient aussi son banc à queue et son enfeu. En l'église de La Gouesnière, on voyait son tombeau seigneurial élevé de terre et supportant l'effigie d'un personnage ; à côté se dressait le banc de la seigneurie dont les armoiries brillaient aux verrières. Présentement, tout cela n'existe plus ; mais l'église de La Gouesnière conserve deux belles statues de marbre blanc, représentant la Sainte Vierge et saint François d'Assise, portant l'un et l'autre l'écusson des Le Fer, échiqueté de gueules et d'or, et offertes jadis par les derniers seigneurs de Bonaban. Le domaine proche de la châtellenie de Bonaban se composait ainsi : le château de Bonaban et le manoir de La Gouesnière, vulgairement appelé la Grand'Cour, — les métairies de la Recette, de la Matignonnière et de la Grand'Cour, — les deux étangs de Bonaban avec leurs moulins et les moulins à vent de Bonaban et de La Gouesnière, etc. Terminons par quelques mots sur le château de Bonaban : c'était « une forteresse », dit l'aveu de 1602 ; « un grand corps de logis avec un pavillon et deux tours, fossés, douves et pont-levis », déclare celui de 1664. Il dominait tous les environs, élevé qu'il était sur une colline, regardant les vastes marais de Dol. A côté se trouvait un colombier et à ses pieds s'étendaient de beaux étangs. Enfin, de grands bois entouraient cette vraie demeure seigneuriale. Au XVIIIème siècle, le dernier seigneur de Bonaban rasa complètement l'antique forteresse féodale, dont il ne demeure aucun vestige. M. Le Fer de la Sauldre voulut construire un nouveau château et, en riche armateur qu'il était, il se passa la fantaisie d'employer pour matériaux de sa demeure le marbre de Gênes. Cette opulente construction, bénite solennellement le 7 juin 1777, existe encore, et M. de Kergariou en est, à la fin du XIXème siècle, le propriétaire. Un beau parc, rempli de verdoyants bouquets de bois et de jolis gazons, forme comme une ceinture au nouveau château de Bonaban, sur la terrasse duquel le spectateur jouit d'un admirable panorama (abbé Guillotin de Corson).
Une montre qui a lieu à Dol en 1472 voit comparaître des nobles de La Gouesnière : Capitaine Couesquin, Guillaume le Taillandier (jusarmier en paltoc) et Geoffroy Cadiou.
Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 3 nobles de La Gouesnière :
les héritiers
Geoffroy CADIOU (100 livres de revenu) : défaillants ;
Jehan LE
TAILLANDIER (10 livres de revenu) : défaillant ;
Dom Rolland ou
Ruallan LE TAILLANDIER : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une
jusarme ;
Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 3 nobles de Bonaban :
Jehan
DE SAINT-PERE (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît
en archer ;
les héritiers
Guillaume JAGOU (témoin du sire de Maure en 1459) : défaillants ;
Jehan
LAUNE (20 livres de revenu), héritier Olivier : défaillant ;
Lors d'une réformation de l'évêché de Dol en 1513 (rapport fait en partie par Jamet Le Belourd et Briand Malherbe, élus), sont mentionnées à Bonaban (Bonnaban) les personnes et maisons nobles suivantes :
Pierre
Busnel (ou Bunel), sieur de Launay, fils de Jehan Busnel (ou Bunel) et
d'Olive de Broon, sieur et dame de la Croix Herbe ;
Olivier
Launay, fils de feu Jean Launay et de Raoulette Main ;
Le
sire de Maure, fils de Jehan, sire de Maure, possède le chasteau, parc
et praeries dudit lieu ;
Jean
Le Bouteiller, sieur de Maupertuix, fils de feu messire Jean Le
Bouteiller, et Marguerite Dusc, sa compagne, père et mère et dudit Jehan
Le Bouteiller ;
Jean
Levesque et Berthelinne de Sainct-Père, sa femme, fille de Jean de
Sainct-Père, possède le manoir de la Saudraye ;
(Jean
de la Cornillière, sieur de la Villeminguy ?).
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