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LOYAT |
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La commune de Loyat ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LOYAT
Loyat vient, semble-t-il, de "Loyatus", nom d'un officier romain. Il peut également venir du breton "loué" (cuillerée).
Loyat est un démembrement de la paroisse primitive de Ploërmel. Loyat est mentionné dans un acte de donation fait, vers 1055, par Josselin, vicomte de Porhoët, en faveur de l'abbaye de Redon. A noter aussi qu'en 1059, Josselin fonde sur le territoire de Josselin un prieuré dédié à la Sainte-Croix (sous l'invocation de Saint Corneille et de Saint Cyprien, martyrs). La paroisse de Loyat dépendait autrefois du diocèse de Saint-Malo.
Un château existait à Loyat dès le XIIème siècle, qui fut remplacé par une forteresse vers 1500 à la demande de Béatrice de Rostrenen. La principale seigneurie appartient en 1631 à Pierre Botherel, vicomte d'Apigné et de Loyat, puis passe entre les mains des Coëtlogon.
En 1790, Loyat perd sa trève de Gourhel et se voit ériger en commune et chef-lieu de canton. En 1801, Loyat est rattachée au canton de Ploërmel.
Note : De l'ancien diocèse de Saint-Malo et du doyenné de Lanouée, Loyat est limité au sud par Ploërmel, à l'ouest par Taupont et Saint-Malo-des-trois-fontaines, au nord par Guilliers et Néant, à l'est par Tréhorenteuc et Campénéac. Son bourg, à peu près central, est à 8 kilomètres de Ploërmel et à 58 de Vannes. Le quartier de Gourhel était jadis une trêve de Loyat, ce qui suppose qu'il n'y avait pas alors, comme aujourd'hui, solution de continuité entre les deux territoires, et que la limite de la paroisse s'étendait au sud jusqu'au ruisseau du Millet. Dans son état actuel (en 1891), Loyat possède une superficie de 4152 hectares, dont 1800 sont sous culture, 1500 sous lande, et le reste sous prairies, bois, etc.. Il renferme en partie l'étang du Duc, l'un des plus beaux de la Bretagne ; près du bourg se trouve une fontaine d'eau minérale assez renommée. En 1891, sa population est de 2079 habitants, parlant tous le français ; mais dans le passé on y a parlé le breton, comme l'attestent encore plusieurs noms de lieux, tels que Kerboquelion, Kerbouet, Kersamson, Penhoët, Tréguer, Kernoul, etc... Cette paroisse est mentionnée dans un acte de donation, fait, vers 1055, par Josselin, vicomte de Porhoet, en faveur de l'abbaye de Redon ou du prieuré de Sainte-Croix de Josselin. Parmi de nombreuses terres on y voit figurer Treublen in Loiat (Cartulaire de l'abbaye de Redon, p. 242) (Joseph-Marie Le Mené -1891).
PATRIMOINE de LOYAT
l'église
Saint-Pierre et Saint-Paul (XVIIIème siècle). L'édifice est en forme de
croix latine. L'église est bénite le 9 août 1749 ;
Nota : L'église paroissiale, dédiée à saint Pierre et à saint Paul, a été reconstruite au XVIIIème siècle et bénite le 7 (ou 9) août 1749. Il n'y faut chercher rien d'artistique. Elle a la forme d'une croix latine, et ses deux autels secondaire sont sous le vocable du Rosaire et de sainte Anne. Les Chapelles de la paroisse sont celles de : — 1° Saint-Colomban. — 2° Saint-Malo, au sud-est. — 3° Saint-Clair. Il y avait aussi une chapelle privée au manoir de Vieille-Ville. La paroisse de Loyat dépendait de l'abbaye de Saint-Jean-des-Prés, qui en percevait les dîmes, et présentait le recteur. Celui-ci n'avait, en 1730, qu'un revenu brut de 638 livres, dont il fallait encore défalquer 390 livres de charges. La chapellenie, ou prieuré de Saint-Thomas, desservie au bourg, ne donnait qu'un revenu net de 10 livres, à la même époque. Elle avait une chapelle, une maison, un jardin et une pâture, qui furent vendus à la Révolution. La chapellenie de Trégadoret possédait une maison et des terres, qui furent aliénées de la même façon. La fondation de Crétudel et divers immeubles appartenant à la fabrique subirent le même sort. Loyat dépendait de la seigneurie de Porhoët et de la sénéchaussée de Ploërmel. En 1790, il perdit sa trève de Gourhel et se vit ériger en commune et même en chef-lieu de canton, du district de Ploërmel et du département du Morbihan. Sa circonscription cantonale comprit Taupont et Guilliers. En 1791 son recteur, M. Texier, refusa le serment à la constitution civile du clergé, ainsi que les vicaires ; peu après il dut s'exiler, mais les intrus n'occupèrent point la paroisse. En 1801, Loyat, perdit son titre de canton, pour faire partie de celui de Ploërmel ; en même temps il passa, en vertu du Concordat, dans le nouveau diocèse de Vannes (Joseph-Marie Le Mené - 1891).
la chapelle Saint-Eloi (1872),
située à Trégadoret et édifiée à l'emplacement d'un
édifice qui datait de 1652 (la date est gravée sur une pierre encastrée
dans le mur au-dessus de la porte latérale). Cette chapelle frairiale était
située à l’angle sud-ouest de l’ancien cimetière, dans lequel elle
formait une enclave, face aux vieilles halles. Elle ferait face
aujourd’hui à la sacristie du nouveau sanctuaire et lui serait parallèle.
A proximité du chevet de la chapelle vers l’est, s’élevait un if géant.
Il abrita les cloches pendant plusieurs années, après l’incendie partiel
du clocher (1902). La chapelle Saint-Eloi semble toujours avoir été
paroissiale. Nulle part, en effet, dans les aveux des vicomtes de Loyat, pas
plus que dans les registres paroissiaux ou les comptes de la fabrique, nous
n’avons trouvé qu’elle fût la propriété des seigneurs de Loyat. Au
contraire, une copie du procès-verbal de visite pour la réparation du
presbytère et de la chapelle Sainte-Eloi, faite le 29 juillet 1658, à la réquisition
de messire Gilles Huchet, vicomte de Loyat, indique bien que la chapelle en
question, comme le presbytère, appartient à la paroisse. Le procès-verbal
signale dans la chapelle Saint Eloi : 3 autels, 2 vitres, 1 banc pour
s’agenouiller, 1 balustre proche du grand autel, 3 portes garnies de deux
battants en bon état, sauf celle qui donne sur le cimetière, laquelle est «
fort vieille et brisée par le bas » (Archives du château). Remarquons
: 1° Que toutes les ouvertures du sanctuaire étaient ogivales, la vieille
porte exceptée, qui était romane. Nous l’avons vue en place. Elle
pouvait remonter au XIIème siècle. 2° Dans toutes les paroisses où
existaient des léproseries, comme à Loyat, ces contagieux devaient avoir
leur chapelle à part. Nous sommes bien persuadés, conformément à une
tradition d’ailleurs, que la chapelle de Saint-Eloi leur était réservée
; 3° Pourquoi trois autels dans cette chapelle ? A cause d’un plus
nombreux clergé dans les paroisses aux siècles passés. Comme d’une
part, défense était faite aux prêtres habitués, de célébrer dans les
chapelles frairiales, les dimanches et fêtes, ils devaient ces jours-là
venir dire la messe au bourg ; d’un autre côté, à l’époque des
grandes missions, on comptait six à sept prêtres étrangers. D’aucuns
pouvaient célébrer le saint sacrifice dans la chapelle Saint-Eloi. Ce
sanctuaire renfermait le tombeau de Napoléon de Champagny, filleul de Napoléon
Ier. Madame la comtesse de Champagny, son épouse, avait voulu que ses
restes mortels reposent aux côtés de la dépouille de son mari. A cet
effet, une plaque de marbre vierge, attendait pour l’inscription funéraire.
Le projet de Madame de Champagny, était de construire une autre chapelle,
pour remplacer celle qui tombait en ruine. Hélas ! la pauvre femme est
morte sans enfant, à l’hôpital, m’a-t-on dit, dans un complet dénuement
! Au moment de la démolition de la chapelle, vers 1918, on transporta dans
le nouveau cimetière, la pierre tombale du filleul de Napoléon Ier, sur
laquelle on lit : « Le 31 janvier 1872, Napoléon Marie-Nompère, comte
de Champagny, chevalier de la Légion d’honneur, docteur en droit, député
du Morbihan de 1852 à 1870, membre du Conseil Général de ce département
et maire de sa commune pendant plus de vingt ans, est mort au château de la
Balluère (Ille-et-Vilaine), à l’âge de 65 ans. Le 5 février suivant,
sa dépouille mortelle a été transportée à son château de Loyat. Le 8,
ses obsèques ont eu lieu en l’église paroissiale, et son corps a été déposé
dans cette chapelle ». L’inscription ci-dessus était gravée sur un
marbre adhérent à la muraille de la chapelle. La pierre tombale proprement
dite, porte l’inscription suivante : « Aujourd’hui 24 avril, son
cercueil est descendu dans le caveau de cette chapelle, mise à la
disposition de sa veuve et de sa famille reconnaissantes, par le clergé et
les habitants de Loyat [Note : Dans la séance du 24 mars 1872, le
Conseil Municipal autorisait l’inhumation de M. le comte de Champagny dans
la chapelle de Saint-Eloi. Il permet d'y faire toutes réparations
nécessaires tout en se réservant la propriété de la chapelle], à
titre de respect et de souvenir affectueux. Cette descente a eu lieu en présence
du clergé de la paroisse, de M. l’abbé Perrin, recteur de Guilliers
officiant, et de M. le vicomte Maurice de Jacquelot du Boisrouvray, son
parent et son ami, et des habitants de Loyat. La vie privée du comte Napoléon
de Champagny, fut celle d’un chrétien fervent, d’un vrai serviteur de
Dieu, sa mort fut sainte et édifiante. Sa vie politique fut à la fois indépendante
et dévouée. Il resta fidèle à ses serments, et aux principes qui furent
le point de départ de sa vie publique. Vous tous qui visitez cette
chapelle, dites une prière pour le repos et le bonheur éternel de sa belle
âme ! ». Hélas ! la chapelle Saint-Eloi qui servait de remise pour le
matériel d’un reposoir, des confessionaux supplémentaires, de quelques
statues détériorées, ne connut guère pendant de longues années, que la
visite des araignées et leur labeur textile. Près du tombeau de M de
Champagny était un coeur en zinc renfermant le coeur du maréchal de Coëtlogon.
Que de fois " O profanation ! ", dans mon jeune âge je me
suis amusé à lancer en guise de palet, à rouler sous mes pieds, la partie
la plus noble de la cendre d’un héros ! Le souvenir de mon vandalisme
m’affecte d’autant plus, que le précieux coeur a disparu ! A monsieur
le marquis de Coëtlogon qui me demandait naguère des renseignements sur
cette précieuse relique de sa famille, je lui racontais mon vandalisme
inconscient avec une véritable douleur ! Au XVIème siècle, la chapelle
Saint-Eloi servait parfois pour l’examen en public, des comptes de la
fabrique, au moment où les trésoriers sortaient de charge. Vers 1840, elle
servit d’école paroissiale provisoire aux frères de Ploërmel. Lors de
la démolition de la chapelle Saint-Eloi en 1918, on découvrit cachées
sous les poutres 42 pièces d’argent et de billon, la plupart à
l’effigie de Jean V, duc de Bretagne. La fontaine Saint-Eloi se trouve à
la sortie du bourg, dans une prairie près de l’ancienne route de Trégadoret.
On y venait jadis en pèlerinage pour les chevaux (P. Martin) ;
la chapelle Saint-Colomban
(1714), située à Crétudel. Il s'agit d'un édifice rectangulaire avec clocheton sur le pignon
occidental. Cette chapelle frairiale est-dédiée à Saint Colomban ; Saint
Nicodème y est aussi honoré. On prie le premier pour les fous et les imbéciles,
le second pour les bestiaux, plus particulièrement pour les chevaux, et
pour les cochons. Saint Colomban est un grand moine réformateur, vivant au
VIème et VIIème siècles. Il vint d'Irlande, vers 590 dans les Etats du
roi Gontran, en Gaule. En souvenir des douze apôtres, douze moines,
Irlandais comme notre saint, à pied traînaient à sa suite, leurs corps
amaigris. Par derrière leurs têtes des masses de cheveux tombant ;
au-dessus du front à moitié dégarni, une demi couronne de cheveux en
forme de croissant, dessinait la tonsure colombanienne ; « sur leurs épaules
un sachet contenant les Ecritures : c’est toute leur fortune... Tels étaient
les curieux vagabonds qui venaient remuer le sol avec leurs mains et les âmes
avec leur verbe » (Goyau : Histoire Religieuse de la France).
Saint Colomban fonda entre autres la célèbre abbaye de Luxeuil —
aujourd’hui dans le diocèse de Besançon — d’où partirent tant de
colonies monastiques pour les différentes régions de la France, et tant de
missionnaires pour la Suisse et l'Allemagne du Sud. Notre saint habita la
vaste forêt de Scissy. qui s’étendait autrefois des environs de
Coutances aux rochers de Césembre, par delà Saint-Malo, et comprenant les
marais de Dol. Elle disparut à la suite d’un tremblement de terre et
d’un affaissement du sol en 709. Saint Colomban a exercé immédiatement
une influence considérable pour la conversion et l’organisation
religieuse de notre Armorique. En effet, l’église gallo-romaine de
Saint-Clair et de Saint-Melaine en notre pays, avait presque sombré sous le
flot des grandes invasions : Alains, Huns et Saxons. Tous ces moines
ermites, abbés-évêques venus de la Grande-Bretagne, quelques-uns d'Irlande,
la relevèrent de ses ruines. Ils sont vraiment nos pères dans la foi.
Mais leur vie très austère était modelée sur celle de Saint Colomban ;
leur règle dans les monastères était la sienne, jusqu’a l’édit de
Louis le Débonnaire (818), qui fit adopter la règle de Saint-Benoît.
L’an 1711, la famille Nachebout de Crétudel, une des plus anciennes et
notables familles — aujourd’hui disparue — de la paroisse, fondait une
chapellenie. Elle devait être desservie par missire Pierre Nachebout alors
âgé de 76 ans. Au recteur de Loyat était réservé le tiers des oblations
(Archives d'Ille-et-Vilaine, évêché de Saint-Malo, registre des
insinuations ecclésiastiques, Série G). A quelque temps de là, les
frairiens bâtissent une chapelle, avec un petit campanile où ils faisaient
monter une cloche neuve. Au pied d’une requête présentée par Armel
Nachebout, notaire royal et apostolique, procureur fiscal de la juridiction
de Loyat, Mgr. de Saint Malo donnait la permission, le 5 juillet 1712, de bénir
chapelle et cloche. Il délègue à cet effet, missire Julien Mouillart, recteur-doyen de Beignon, promoteur de l’officialité de
Saint-Malo-de-Beignon. Ce ne fut que le 27 juin 1714, que le doyen donnait
les bénédictions sollicitées. La cloche fut nommée Michelle Marie,
par N H. (noble homme), Michel Gauthier, greffier de la juridiction de Loyat,
parrain, et par demoiselle Marie-Agnès Fablet épouse de N. H. Pierre
Maillart, avocat en la Cour, sénéchal de la vicomté de Loyat, marraine.
Outre le prêtre bénissant, le parrain et la marraine, signent au registre
paroissial : Min. Parrichot, curé ; Julien Maillart et Françoise Maillart,
ces deux derniers parents du sénéchal. La fontaine de Saint-Colomban est
à proximité de la chapelle, en bordure du chemin qui mène au bourg de
Loyat. On chante les vêpres à la chapelle, le dimanche qui suit la fête
de Saint-Colomban. Ce jour-là, on remarque parmi les oblations, des gerbes
qui sont vendues à l’issue de la cérémonie. La chapellenie ou fondation
affectée à la chapelle de Crétudel, fut volée à la Grande Révolution (P. Martin) ;
la
chapelle Saint-Clair, reconstruite au XIXème siècle. Il s'agit de la chapelle
frairiale de Trégadoret. — Une chapelle précéda celle qui existe, et à
la même place. L’actuelle date de 1872, l’ancienne de 1652 Témoin
l’inscription suivante, gravée sur une pierre encastrée dans le mur
au-dessus de la porte latérale : 1652. I. H S. Sus
CLARRUS - Pierre TEXIER M. MA : PROVOST - Estienne DORÉ. Ainsi la
date est suivie des initiales du Christ : I. Iesus ; H. Honinum ; S.
Salvator : Jésus, sauveur des hommes. Sus CLARRUS : Saint-Clair. Après
quoi viennent les noms probablement des deux notables frairiens ou
fabriciens qui contribuèrent principalement à l’érection du sanctuaire
; puis celui du maçon maître Mathurin Provost. A Saint Vily, le linteau
d’une fenêtre à la maison Mounier, porte une inscription en partie
similaire : I. H. S. (un coeur surmonté de la croix, tandis que l'H des
initiales du Christ, porte un globe figurant l’univers). 1691. F. P. AR
(faite par) M. MA : PROVOST. Les deux constructions ne sont-elles pas
l’ouvre du même ouvrier ? Au-dessus de la porte principale d’entrée,
ainsi qu’à la chapelle de Saint-Malo, les armes du seigneur dominant en
la paroisse, en 1652 : Gilles Huchet de la Bédoyère, vicomte de Loyat.
Celui-ci comme tout seigneur dominant en son fief, avait le droit de mettre
ses armes en timbre et en bannière aux vitres à la partie supérieure, sur
les pierres et le bois : en bosse et en plate peinture en ceinture à
l’intérieur et à l’extérieur de l’église paroissiale et des
chapelles. D’où la présence de ces armoiries. Le patron de la chapelle
est Saint Clair. Selon une tradition digne de foi, le pape Saint Lin,
successeur de Saint Pierre, envoya de Rome Saint Clair comme premier évêque
de Nantes. En l’an 96 de notre ère, Saint Clair suivit la grande voie
romaine de Nantes à Vannes et Corseul. Il l’abandonna à la croisée des
routes Nantes-Corseul, Rennes-Carhaix, pour prendre cette dernière
jusqu’en face de Réguiny, à 3 kilomètres, au lieu dit aujourd’hui le
Pont Hamon. A cette évoque, notre Bretagne était un pays de mission, et le
diocèse de Nantes, sans délimitations précises, comprenait outre le comté
de Nantes, tout le sud de l'Armorique jusqu’à la pointe du Finistère, l'Elorn,
en traçant une ligne imprécise par le centre de l'Armorique. Les
conversions de païens étant nombreuses au pays de Réguiny, Saint Clair
appelle le diacre Adéodat, pour l’aider dans son apostolat. Usé par les
fatigues d’un ministère écrasant, Saint Clair meurt à Réguiny en y
donnant la confirmation, le 10 octobre 96. Réguiny garde une partie de son
chef, dans un reliquaire de cuivre doré. C’est par erreur qu’on a
regardé Sainte Claire comme patronne de la chapelle, de 1855 à 1865. A
cette époque, on y disait la messe, le jour de Sainte Claire, le 12 août.
Après Saint Clair, Saint Mathurin et Sainte Anne jouissent d’un culte spécial
dans la chapelle. Jadis en ce petit sanctuaire, tous les dimanches soirs,
tous les soirs de carême et du mois de mai, avaient lieu de pieux exercices
présidés ordinairement par une tertiaire : chant d’un cantique, lecture
édifiante, chapelet, prière du soir. Vers 1920 on dit encore la prière le
dimanche soir, la messe le jour de la fête de Saint Clair, les vêpres sont
chantées pour la solennité de Sainte Anne. Un recteur de Loyat, M. Yves
Louaisel aimait à célébrer de temps à autre des mariages dans les
chapelles de sa paroisse. Le 28 janvier 1677, il donne la bénédiction
nuptiale dans la chapelle de Saint-Clair, à Julien Josse de Caulne et
Perrine Roulin de Trégadoret. En ce même sanctuaire, M Texier recteur, le
13 janvier 1788, bénissait l’union matrimoniale de messire François du
Marquet, fils majeur de feu écuyer François du Marquet et de dame Françoise
Fortin, originaire de la paroisse de la Sainte-Chapelle, ville et diocèse
de Paris, et domiciliée de celle de Carnac, diocèse de Vannes avec
demoiselle Perrine-Renée de Brossard, fille majeure de feu écuyer
Claude-François de Brossard et de feue dame Anne Delourme, originaire de
Loyat et y domiciliée. La soeur de la mariée, Jeanne, deux ans plus tard
à pareil jour, le 13 janvier 1790, épousait en la dite chapelle H. G.
(honorable garçon) Jean Renard de Néant. La jeune femme essaie de mettre
sa signature sur le registre paroissial, elle efface et écrit en caractère
plus ou moins hiéroglyphiques son nom de baptême, qu’elle fait suivre du
mot nettement écrit : « Rossard ! ». La fontaine Saint-Clair est
proche de la chapelle. Quant à la chapellenie de Saint-Clair, elle fut volée
à la Révolution, comme celle de Crétudel. Quelque temps après son élévation
à l’épiscopat (1893), Mgr. Morice, premier évêque des Cayes en Haïti,
fit à son village natal de Trégadoret, une visite qui donna lieu à une cérémonie
bien touchante. Un matin en la belle saison de 1895, Mgr. s’en alla dire
la messe à la chapelle Saint-Clair. Devant le modeste sanctuaire tout le
hameau est rassemblé avec les voisins d’alentour. Sous un arc de triomphe
rustique, dressé à l’entrée d’une allée de jeunes sapins, qu’on a
plantés dans le roc pour la circonstance, le plus ancien du village adresse
les souhaits de bienvenue à Son Excellence. Monseigneur y répond dans un
langage familier, avec un mot du coeur pour chacun des assistants, qu’il
va saluer en particulier. Tous il les appelle par leurs noms de baptême,
auxquels souvent il ajoute : « cousin N, cousine. Y. ».
D’ailleurs, en ce grand hameau un lien de parenté unit la plupart des
habitants. Le prélat les entretient des disparus, depuis cinq ans qu’il
n’a pas revu le pays natal ; il s’informe des malades et des infirmes du
quartier, parle des espérances de la terre, surtout du ciel ! Il réconforte,
il bénit, il console. Des larmes de joie coulent sur plus d’un visage.
Comme ils sont heureux et fiers de leur compatriote, ces bons paysans sur le
front desquels la foi a imprimé un air de dignité, de noblesse et de
grandeur. Le spectacle est si touchant, il a produit en mon âme une émotion
si profonde, que j’en garderai le souvenir toute ma vie. Au moment de
franchir le seuil de la chapelle, Mgr. annonce qu’il va prier Saint Clair,
et célébrer le sacrifice de la messe, pour tous les paroissiens de la
frairie morts et vivants. Nous unissons nos prières ferventes à celles du
prélat [Note : Après une vie apostolique dans toute la force du terme,
Mgr. Morice est mort aux Cayes, le 19 août 1934, à l’âge de 82 ans, après
59 ans de mission en Haïti] (P. Martin) ;
la
chapelle Saint-Malo (XVIIIème siècle). L'édifice est de forme
rectangulaire. Cette chapelle frairiale était dédiée à Saint Malo,
patron de l’ancien diocèse de ce nom. Né vers 520, dans la Cambrie méridionale,
notre saint passe en Armorique, vers l’âge de 30 ans, aux environs de
550, avec une trentaine de disciples, Saint-Malo aborde à l'île de Césembre
occupée par l’école monastique de Festivus. Il y resta quelques mois
seulement pour enseigner. De là, Saint Malo se rend à Aleth aujourd’hui
Saint-Servant. Suivant la règle des chefs religieux bretons, à leur débarquement,
Malo commence par fonder un lann (petit monastère). Ce lann
Aleth deviendra le berceau de la cité de ce nom, qui, ruinée par les
invasions, renaît de ses cendres, sous l’impulsion divine de Saint Malo.
Plus tard, Judaël, roi de Domnonée, père de Saint Judicaël, entraîné
par la parole et les vertus de Saint Malo, fonde l'évêché d'Aleth, dont
Saint Malo sera le premier titulaire entre 585-590. Les violences des Aléthiens
contre Saint Malo, le forcent à prendre le chemin de l’exil. Il meurt en
621, à Saintes où il fut inhumé. Vers 702, 24 bretons sous la conduite de
Roiant Woret, aidé par Rivoëd, prennent le chemin de Saintes. Grâce à
l’appui du roi de Neustrie Childebert III, ils enlèvent pacifiquement la
tête et le bras de Saint Malo, les déposent au monastère de l'île
d’Aaron. Elle change de nom, et devient le berceau de la ville, de la
paroisse et même du diocèse de Saint-Malo, le jour où le bienheureux Jean
de la Grille, Évêque d'Aleth, transféra dans l'île, le siège de son évêché
(1141). La chapelle de Saint-Malo, qui vers 1920 tombe complètement en
ruines, était basse. Sa voûte en bois, portait un clocheton au milieu. Sa
cloche est, en 1920, au presbytère. La chapelle est entourée d’un pâtis
jadis planté de châtaigners et de deux ifs. Ce petit sanctuaire fut bâti
du temps où les d'Acigné étaient vicomtes de Loyat (1450-1563), et
seigneurs prééminenciers dans la paroisse, comme le prouve un écusson de
leurs armes au-dessus de la porte principale de la chapelle. Cet écusson de
granit en relief, a la forme d’une bannière de Bretagne. Deux colonnettes
torses très gracieuses l’encadrent, avec un arc en accolades à chou. Au
centre de l’écu, les armes des d'Acigné : d'hermines à la fasce
alaisée de gueules, chargée de trois fleurs de lis d’or. On est
surpris que ces armoiries bien en apparence sur la chapelle, au bord de la
route de Rennes à Ploërmel, n’aient pas été mutilées sous la Révolution.
Bien que la chapelle de Saint-Malo fût dans le fief de Launay-Guigen
relevant du seigneur de Lézonnet, à cette époque, Pierre Perret, sénéchal
de Ploërmel, le vicomte de Loyat était cependant le seigneur prééminencier
du sanctuaire. Voilà pourquoi le 13 février 1651. Louis Collin. notaire
royal de Ploërmel et Pierre Texier, notaire à Loyat, s’en vont dresser
procès-verbal de la prise de possession de la chapelle de Saint-Malo, sur réquisition
de écuyer Olivier Morice, seigneur de Tréguier, procureur de Gilles
Huchet, vicomte de Loyat, et en cette qualité « seigneur supérieur et
universel de toute la paroisse ». Les notaires mettent le seigneur
Morice en possession de la chapelle à la manière accoutumée, comme un
pasteur dans son église, au jour de son installation. Ils entrent dans la
chapelle s’agenouillent, récitent des prières, sonnent la cloche,
ferment et déferment les portes (Archives du château). Sans doute
firent-ils de même pour les autres chapelles de la paroisse. Les comptes de
la fabrique (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds Bourdonnay-Montluc, 398) aux
archives d’Ille-et-Vilaine, mentionnent à plusieurs reprises, la chapelle
de Saint-Malo. En 1530, la fabrique place dans le sanctuaire un tronc à
deux clés : l’une pour les trésoriers, l’autre pour les paroissiens.
Les mêmes registres nous apprennent que le recteur laissait la moitié des
oblations à la chapelle, pour ses réparations. Les bois du pâtis, ainsi,
je pense, que « le champ de la Chapelle » dont j’ai été en légitime
possession, et « le champ du Carouge » donné par Marie-Reine
Thomas, épouse de François Patier (testament du 25 septembre 1854), étaient
destinées à l’entretien de la chapelle. Hélas ! des détrousseurs de
cadavres ont élaboré et voté des lois de spoliation, et volé ces terres
sacrées !. L’an 1534, Pierre Le Moine fit « la pierre à coupveryz de
la chapelle de Saint-Malo qui estoit chaite par les vens », et pour son
salaire reçut 4 sols. Dans le même temps, Philippe Testard raccommodait la
ferrure de la cloche, le tronc et la boite (tasse à quêter) de N.-D de
Saint-Malo. En 1539, ce même ouvrier forgeron montait la cloche de la
chapelle de Saint-Malo, au clocher de l’église paroissiale. Le clocher
avait été incendié par la foudre ; les cloches se brisèrent en tombant
et furent en partie fondues (Archives du château). « Jean Coudray de la
paroisse de St-Abraham et Perrine Georget de Loyat, reçurent la bénédiction
nuptiale en la chapelle de St-Malo en Loyat, par missire Legendre, prestre,
et y assistèrent nommément Georges Abraham de Saint-Abraham, François
Perret et François Georget de Loyat, le 28ème jour de juin 1677, en foy de
quoi avons signé : Y. Louaisel, p. p., recteur de Loyat » (registre
paroissial). Sous la Révolution, en 1791, la chapelle de Trégadoret devint
la propriété des villages de Trégadoret, la Villette et Leuléac ; à la
commune furent attribuées les chapelles de Crétudel, Saint-Malo et Saint-Éloi.
Nous avons gardé un doux souvenir des Rogations, quand enfant nous prenions
part à la procession, à la suite du clergé qui s’en allait chanter la
messe aux chapelles de Trégadoret et de Saint-Malo, égrenant le long du
chemin, les invocations des litanies qui alternaient avec le tintement des
échelettes. Avec quelle joie, lorsque le vieux sacristain voulait bien nous
les passer, chacun de nous à son tour les faisait sonner, durant le retour
à la maison ! Le 28 avril 1701, était inhumé dans la chapelle de Lézonnet,
en l’église paroissiale, missire Jacques Legendre, en son vivant
chapelain de Saint-Malo (P. Martin) ;
l'ancienne
chapelle prieurale, aujourd'hui disparue. Elle était dédiée à Saint
Thomas de Cantorbéry. Il naquit à Londres, le 21 décembre 1117, jour
consacré à la mémoire de Saint-Thomas, apôtre. Son père était Gilbert
Becket, sa mère Mathilde. Fille d’un prince sarrasin, elle se fit chrétienne
pour épouser celui qui avait captivé son coeur, quand il était devenu
esclave de son père, en revenant de la croisade. D’abord employé dans la
police de Londres, Thomas Becket devint plus tard successivement archidiacre
de Cantorbéry, chancelier du royaume, gouverneur du prince de Galles,
archevêque de Cantorbéry, et à ce titre, primat de Grande-Bretagne. Défenseur
irréductible des droits de l'Eglise, quatre assassins pour complaire à
leur souverain Henri II massacrèrent le saint prélat dans son église, le
29 décembre 1170, jour où il est honoré comme martyr (Petits Bollandistes
: Vie des Saints, T. XII p. 446). La chapelle de Saint Thomas formait angle
avec la maison prieurale qui était bâtie à l’emplacement de la mairie
actuelle. Elle mesurait 28 pieds de long, 15 de large et 17 de haut (Déclaration
de Louis de Coëtlogon faite le 22 juin 1680, lors de la Réformation ordonnée
par lettres patentes de Louis XIV, le 19 mars 1678, archives du château).
Le 23 avril 1527, dom Yves Crouzil probablement prieur de Saint-Thomas,
passe marché avec Jehan Le Roy « de présent à Josselin », pour
une vitre à placer dans la côtière de la chapelle. Au premier panneau Le
Roy fera une « présentation » double, figurant M. et Mme d'Acigné
avec leurs armes, c’est-à-dire les deux donateurs agenouillés avec leurs
armoiries et leurs vêtements, et dans l’autre panneau la Sainte Trinité.
Dans deux autres panneaux, au dessous des précédents, seront les armes des
orants avec « deux chapeaux d'anticque » le reste en verre blanc,
mais avec bordure « d'anticque ». Nous croyons que le mot «
anticque » signifie ici une décoration dans le style de la
Renaissance. Le Roy laissera la « fourmairie » (le haut de la fenêtre,
les soufflets) comme elle est. Prix 7 livres payable à livraison à Pâques.
Le Roy reçoit en avance 52 souls, 6 deniers et 4 boisseaux de seigle. Le
mot de « présent » fait penser que Le Roy n’était pas alors
domicilié à Josselin. C’est qu’à cette époque, on trouvait des
peintres verriers établis même dans nos campagnes. Ils sortaient des écoles
de Tréguier de Quimper et de Redon (gracieuse communication de M. Bourde de
la Rogerie, archiviste d'Ille-&-Vilaine, tirée du fond de la
Bourdonnaye-Montluc 398 archives départementales d’Ille-&-Vilaine).
Dans cette chapelle, le 5 mai 1676, le prieur de Saint Thomas Jean Blanchard
donnait la bénédiction nuptiale à Etienne Huet, maître cordonnier du
village du Hinot en Ploërmel, et à Roulette Bonno du bourg de Loyat
(Archives municipales). Un mémoire de M. Jean de Coëtlogon en date du 22
septembre 1688, déclare : « Il doit y avoir en la chapelle de St-Thomas,
2 nappes d’autel ; le missel est au château de Loyat avec les autres
ornements, en un coffre dans ma chambre. Pour l’avenir il sera bon de
penser à un aumônier, ou à continuer celui qui est, en convenant avec lui
de son salaire. Il faudrait aussi toucher les cinq constituts, à commencer
par le premier, au mois de février prochain. Le terme des décimes qui échoiera
au mois de février, doit être aussi payé alors » (Archives du château).
Les constituts étaient des rentes perpétuelles destinées dans le
cas présent, à l’entretien de la chapelle Saint Thomas et des ornements
du culte nécessaires au prieur. Les constituants devaient avoir part aux
messes qui seraient dites en la chapelle du prieuré ou celle du château.
Voici les constituts en question : - Le premier fondé par Julien
Launay et sa femme du bourg, le 11 septembre 1650 : rente 10 livres ;
- le deuxième et le troisième fondés le 12 septembre 1659 et le 10 septembre
1660, par Maître Mathurin Provost et Jeanne Texier, sa femme : rente 30
livres ; - Le quatrième fondé par Maître Jean Launay et sa femme Jeanne
Grossin, le 6 mars 1661 : 6 livres de rente. L’acte passé devant les
notaires de Loyat, Pirio et Robelaire, porte : « à verser au seigneur
prieur de Loyat, pour lui servir de pain, de vin, blanchissage de la
chapelle et ornements ». - Le cinquième fondé par Jean Perrichot de
Trégadoret et sa femme Mathurine Delourme, le 9 février 1660 : rente 10
livres. (Acte passé en l’auditoire, devant les notaires de la vicomté J.
Leborgne et Robelaire). Soit au total 56 livres de rente, ajoutée au revenu
de la fondation primitive. D’après l’acte de fondation (31 octobre
1408), les prieur de Saint Thomas devaient entretenir chapelle, manoir et
terres en bon état. Missire Jean Blanchart [Note : Il était originaire de
Saint-Vincent-sur-Oust, alors diocèse de Rennes] ayant négligé de faire
les réparations aux édifices, ses héritiers durent verser à son
successeur Jean de Coëtlogon la somme de 250 livres, par contrat du 14 février
1680. L’indemnité était réclamée par Louis de Coëtlogon, frère du
dit Jean, vicomte de Loyat et comme tel, patron du prieuré (Archives du château).
Les 250 livres exigées étaient bien insuffisantes pour remettre en état
la chapelle et la maison de Saint Thomas. Quant au prieur Jean de Coëtlogon,
il déclara à plusieurs reprises, qu’il ne ferait point de réparations
de son vivant, qu’il laisserait ce soin à ses héritiers (Note trouvée
dans les archives du château). Aussi, la chapelle en particulier
demeurait-elle dans un état lamentable. Nous en avons pour preuve le procès
verbal dressé le 28 janvier 1690, par Gayal, notaire à Ploërmel à la
suite d’une ordonnance juridicielle rendue au siège présidial de
Quimper, le 17 décembre 1689, sur la demande de Monseigneur François de Coëtlogon,
évêque de ce diocèse et nouveau prieur de Saint Thomas. Gayal rencontre
au bourg, Louis de Coëtlogon qui lui présente un extrait de l’ordonnance
ci-dessus, et guide l’homme de loi et les experts. Ils sont venus pour
rapporter un état de la chapelle, manoir, jardin et prairie du prieuré.
Les experts, suivant la coutume, commencent par lever la main, et jurent de
se porter fidèlement au fait de leur commission. Ce sont Pierre Guillemaud,
maçon à Kernoul ; Pierre Texier, menuisier à Kerétaux ; Julien Josse,
couvreur à Caulne, tous les trois de la paroisse ; Guillaume Le Cler,
charpentier du Val, en Taupont. La porte de la chapelle est fort usée,
munie d’une vieille serrure et clé ; l’autel est entièrement nu ; du
pavé en tuile il ne reste environ qu’une toise et demie, proche de
l’autel. Celui-ci est brisé, inutilisable : il faut le réparer à neuf.
Le menuisier Texier fait remarquer la démolition presque entière du
plafond et du lambris ; le reste est fort gâté, détaché du cintre qui
lui-même a peu de valeur tout cela à refaire à neuf. A l'extérieur, le
maçon Guillemaud montre le haut du pignon sur lequel on a édifié le campanier
avec voûte en granit, où est fixée la cloche : il surplombe au point de
menacer d’une prompte chute. La raison ? On a rebâti plusieurs fois ce
pignon, en y replaçant les matériaux, et toujours sur de méchants
fondements : il faut reconstruire à neuf le campanile. Devant l’autre
pignon où est la vitre, notre maçon fait cette remarque : tout le mur
depuis les fondements est couleuvré. Il surplombe jusqu’à huit pieds de
longueur, et menace ruine : réparation d’extrême nécessité. Josse à
son tour, va nous dire son mot : les ardoises de la couverture sont bonnes,
mais lattes et chevrons sans valeur. Il y a danger à monter sur le toit :
une boiserie neuve s’impose, ce qui commande la réfection à neuf de
toute la couverture. Au rapport des experts, le devis s’élèverait : -
Pour le maçon Nail à 340 livres ; - Pour le pavé et les carreaux de terre
bien et posé en chaux à 66 livres ; - Pour le lambris et le cintre à 170
livres ; - Pour le toit à 80 livres, avec cette somme on blanchirait les
en-bas. Hélas ! La chapelle Saint-Thomas ne devait plus servir à l’usage
du culte. On y fit les réparations nécessaires pour la transformer en
grange ; vers 1920 elle sert de cellier à cidre pour le recteur. Dans la
prairie voisine dépendant jadis du prieuré, on voit encore, au début du
XXème siècle, la fontaine de Saint-Thomas, à l'ombre d’un if, suivant
l'usage antique (P. Martin) ;
le manoir de la Chaussée (1471), propriété de Eon Maillart (en
1427 et en 1480). Propriété de la famille Gallais au XVIIème siècle : leurs armes
sont gravées au centre du linteau d'une cheminée. La date de 1471 est
gravée sur l'une des pierres formant la voûte de la porte d'entrée ;
le château de Loyat
(1718-1734), ancienne forteresse relevant du vicomté
de Porhoët. Ce château est reconstruit entre 1718 et 1734,
d'après les plans de l'architecte Olivier Delourme, sur ordre de René Charles de Coëtlogon, vicomte de Loyat.
Cette ancienne seigneurie possédait un droit de haute, moyenne et basse
justice. Propriété successive des familles Acigné (au XVème siècle),
Béatrice de Rostrenen, veuve de Jean d'Acigné (au début du XVIème
siècle), Quelneuc (en 1513), Huchet, Volvire (en 1622), Pierre Botherel,
vicomte d'Apigné et de Loyat (en 1631), Coëtlogon (jusqu'à la
Révolution), Champagny (début du XIXème siècle), Delprat de Prémesnil
(en 1888) et Dargnies. Le château possédait jadis une chapelle privée,
appelée " chapelle de Pandonnet " ou " du château
". Cette chapelle semi publique était dédiée à Sainte Barbe.
Notre sainte fut condamnée à mort, comme chrétienne, par le gouverneur de
Nicomédie, Marcien Dioscore. Pour assouvir sa haine envers le
christianisme, le père de Barbe veut être le bourreau de sa fille. Après
des tourments inouïs, la vierge est conduite sur la montagne voisine.
Pendant qu’elle se tourne vers son père, en s’inclinant
respectueusement, Dioscore lui coupe la tête d’un coup de hache. Puis
content de son horrible crime, il descend la colline en compagnie de
Marcien. Soudain en un ciel pur la foudre brille, gronde avec un fracas épouvantable,
tombe sur Dioscore et Marcien qui sont réduits en cendres. On invoque
principalement Sainte Barbe contre la foudre et la mort subite (allusion à
la mort du père de notre sainte). Le mystère de Sainte Barbe, était joué
autrefois dans beaucoup de paroisses. Bien antérieure au château actuel,
la chapelle de Sainte Barbe se trouvait au bout de l’avenue, devant
l’ancien manoir, à 20 mètres environ au dessous du pavillon actuel de la
ferme. Orientée à l’ouest, elle faisait face à la fuie et au colombier
(Archives du château, aveu de Louis Emmanuel de Coëtlogon, 1736). En 1681,
était conclu pour trois ans à partir du 1er janvier 1682, entre Jean de Coëtlogon,
vicaire général de Quimper, prieur de Saint Thomas et missire Pierre
Nachebout, demeurant au bourg de Loyat, le marché suivant : celui-ci
s’engage à desservir la chapellenie de Saint Thomas, soit dans la
chapelle du prieuré, soit dans celle de Sainte Barbe au château.
Obligations : messe tous les jours de l’année, catéchisme dimanches et fêtes
à la fin de la messe, Honoraires : 100 livres par an, payables en deux
termes égaux : fin juin et fin décembre (Archives du château). Au prêtre
qui remplaçait ainsi le prieur titulaire, on donnait le nom de chapelain.
Le 1er juin 1693, missire Mathurin Lucas, prêtre habitué à Loyat, donnait
la bénédiction nuptiale dans la chapelle de Pandonnet, à messire Jacques
Lambert, chevalier-seigneur de la Moute en Comblessac et à demoiselle Françoise
de l'Hôpital, dame de Kerbouët, fille d’Olivier et de Thérèse de
Catonnec (Archives municipales). En construisant son château, René-Charles-Elisabeth
de Coëtlogon avait disposé un local à l’intérieur, pour un oratoire.
Le 17 février 1732. M. Abeille sculpteur à Rennes, écrit à M. de Coëtlogon,
pour lui proposer un dessin d’autel dans la chapelle de son château. «
L’offre que vous me faites, lui dit il, de vous accompagner à Loyat, et
d’y passer avec vous les jours gras, m’est très agréable. Je voudrais
vous entretenir de votre autel en projet » (Archives du château). Le
petit sanctuaire restait inachevé. Cependant en 1747, l’ancienne chapelle
du château était dans un état de caducité si grand, qu’on ne pouvait y
célébrer la messe, sans danger pour les prêtres et les assistants. L’évêque
de Saint-Malo, Mgr. de la Bastie par l’entremise de son grand vicaire M.
de Villepin, fit mander au comte de Coëtlogon qu’il l’autorisait à
transformer en chapelle, l’endroit désigné en son château, par son
vicaire général. A quelque temps de là, le 16 juin 1748, Robert Cucus,
recteur de Loyat, était chargé par Mgr. de la Bastie, de faire la
visite de la chapelle, de rédiger un procès-verbal de l’état des lieux,
et de la bénir s’il la jugeait convenable, et pourvue d’ornements et de
vases sacrés. En conséquence de la commission reçue, notre recteur procède
à la visite canonique. Il est accompagné de Mathurin Chomaud, curé de
Loyat ; Julien Denis, chapelain de Pandonnet et de Pierre Kerbouët, prêtre
de la paroisse. Aux termes du procès-verbal, la chapelle est enduite d’un
beau blanc ; les deux côtés de l’autel, sont en bois sculpté et verni.
Au centre de la menuiserie, un tableau de la Vierge encadré. D’autres
tableaux propres représentent sur les murs : une descente de croix, une
Madeleine, Saint Gilles. La visite canonique fut suivie de la bénédiction
de la chapelle, puis M. Denis célébra la sainte messe, le 22 juin 1748. Le
procès-verbal ne relate pas le titulaire de la chapelle, mais comme Sainte
Barbe n’avait nullement démérité, nous sommes tout porté à croire que
sous son vocable fut placé le nouveau sanctuaire (Archives du château). M.
de Coëtlogon cherchait un aumônier en 1767. Depuis longtemps il avait de
graves difficultés avec les Pères Carmes de Ploërmel. Le 22 juin 1753 en
son nom son sénéchal Joseph Bonnet avait signifié par voie d’huissier
à ces religieux, que son maître Louis de Coëtlogon, vicomte de Loyat,
abandonnait tous ses droits de propriété, préeminences, enfeu, caveau,
banc, écussons, armoiries, prérogatives et tous droits seigneuriaux
qu’il possédait en la chapelle Sainte-Anne des Carmes de Ploërmel, et ce
à la fin d’être libre de toute obligation rente annuelle de 15 livres,
frais d’entretien et de réparations de la dite chapelle. A la
signification les Carmes répondent : « que M. le comte de Coëtlogon
mette d’abord sa chapelle en bon état. Ensuite nous verrons à lui donner
un quitus ». Puis ce fut le silence. Le vicomte de Loyat, grand
seigneur, type de l’officier un peu raide et cassant, au demeurant bon
catholique, croyait avoir pour lui le bon droit. Telle n’était pas la
conviction des Carmes. Visiblement ils cherchaient à gagner l’adversaire,
par la douceur et la temporisation. Le différend sommeilla pendant plus de
14 ans, jusqu’au 23 décembre 1767, jour où commença le procès. Dans
l’intervalle, au mois de septembre précédent. M. de Coëtlogon demande
aux Carmes un chapelain. Le Prieur répond par un refus très poli, en
invoquant la raison de nécessité. « La sortie d’un religieux, écrit-il,
me mettant hors d’état de vous donner un prêtre, j’ai dit au P.
Gervais, de mander à M. votre chapelain de se pourvoir ailleurs. Je n’ai
pas cru en cela vous offenser. Nous serions bien charmés d’avoir
l’honneur d’être votre aumônier, mais nous ne pouvons pour le présent,
vous procurer cet avantage. J’ai l’honneur..., Frère Isaac de
Saint-Michel, Prieur des Carmes de Ploërmel. A Ploërmel, ce 1er octobre
1767 ». De nouveau en quête d’un aumônier, le 10 décembre 1771, M.
de Coëtlogon écrivait à l’évêque de Saint-Malo, Mgr. des Laurents
alors de passage à Avignon. Il l'informe que le prieuré de Saint-Thomas
est devenu vacant, par la démission de l’abbé de Coëtlogon qui ne
pouvait se décider pour l’état ecclésiastique. Le vicomte de Loyat désire
un sujet convenable pour la desserte de la fondation. Elle se fait dans la
chapelle du château. Cette fondation comporte une messe tous les jours de
l’année. Actuellement elle est acquittée par deux prêtres dont l’un
est curé de la paroisse. Et comme Loyat est une paroisse étendue, le
ministère absorbe les trois prêtres surtout dans les temps d’épidémie
[Note : Les années qui précédèrent la grande Révolution, furent marquées
dans la région de Ploërmel, par de fréquentes épidémies]. Eux mêmes
d’ailleurs, peuvent devenir malades ou infirmes. « Les dimanches et fêtes,
force leur est de rester à l’église paroissiale, soit pour assister à
l’office, soit pour confesser, ce qui les oblige à dire la messe au château
ad turnum (chacun à son tour), à l’heure qui leur convient, et non à ma
commodité. Pareille situation est gênante pour un homme de mon âge, et
d’une grande incommodité pour les personnes qui sont auprès de Madame de
Coëtlogon, dans la fâcheuse situation où elle est ». Le vicomte de
Loyat désirerait faire choix d’un ecclésiastique bon et honnête, d’humeur
et de caractère social, qui eût fait de bonnes études, doué de
connaissances variées et d’usage du monde, afin de l’admettre en sa
société et d’en faire son commensal. Et même il pourrait lire ses
lettres, l’aider à les rédiger dans les moments où il ne serait pas
occupé des devoirs de son état. « Il m’accompagnerait dans mes
voyages à Paris et ailleurs dit M. de Coëtlogon et s’il n’était pas
prêtre, il s’occuperait de faire desservir le bénéfice. Le choix d’un
tel ecclésiastique, serait un avantage pour lui, un agrément pour moi ».
Le vicomte de Loyat compte partir pour Paris dans quelques jours. Si l’évêque
veut bien l’honorer d’une réponse il le prie de lui adresser sa lettre,
rue de Verneuil, faubourg Saint-Germain. Mgr. des Laurents répond d'Avignon,
qu’il sera sous peu à Paris à l’hôtel de Tinguy, rue de Vanvres, et
qu’il conférera avec M. de Coëtlogon, d’un chapelain. Or, il
paraissait introuvable ce chapelain ! Mgr. l’évêque d'Auxerre écrit à
M. de Coëtlogon, le 14 juillet 1772, pour lui proposer M. du Tertre de
Kermen, dont il fait le portrait en raccourci. C’est un abbé sans fausses
prétentions. La disette de fortune l’a réduit à remplir les fonctions
de chapelain. « Sa naissance, loin d’être un obstacle aux vues que
vous pourriez avoir sur lui, serait un engagement de plus pour lui à les
bien remplir. Tel était l’ancien usage de la noblesse : celle qui était
pauvre, trouvait dans les maisons riches et puissantes, un asile et un appui
honorable, en s’y rendant utile en différents genres ». Echec de la
combinaison. Le 20 juillet suivant, Mgr. de Saint-Malo propose l’abbé de
la Nouë, puis M. de Parthenay. Nouveaux insuccès. Quelques jours plus
tard, le seigneur de Loyat présentait M. Avelyne au prieuré de
Saint-Thomas. Le 27 août 1772, les notaires royaux Dumay et Le Sanquer
visitent la chapelle du château et l’ancienne chapelle du prieuré de
Saint-Thomas, servant de grange. Ils mettent en possession de ce prieuré,
Maître Pierre Rozé, procureur fiscal de la vicomté de Loyat et procureur
en la circonstance, de Pierre-Etienne Aveline, prêtre de la paroisse de
Saint Sulpice à Paris (Archives du château). M. le comte Louis-Emmanuel de
Coëtlogon avait enfin un aumônier !. Désaffectée à la Révolution, la
chapelle du château n’a pas servi par la suite, croyons-nous, à
l’exercice du culte. En septembre 1934, à l’occasion du séjour au château
d’une colonie de guides (jeunes filles) scouts, M. le colonel de
Presménil et Madame ont obtenu de l’évêché, l’autorisation de faire
célébrer la messe dans leur chapelle (P. Martin) ;
le manoir de Lézonnet (XIXème
siècle), situé à Etang au Duc. C'est à l'origine une ancienne seigneurie avec un château, propriété
successive des familles Coëtlogon (au
XIIIème siècle, en 1380, Guillaume Coetlogon en 1480), Le Prestre (en 1518), Perret
ou Pernet, sieur de Crolais et sénéchal de Ploërmel (vers
1694) et Cornullier. Propriété de Guillaume de Coëtlogon en
1474, il passe par alliance dans la famille Le Prestre (ou Le Prêtre) en
1518 suite au mariage de Jacquette de Coëtlogon avec Jean Le Prestre.
L'édifice qui datait de 1660 était en ruine au milieu du XIXème siècle.
Il a été, depuis, reconstruit et appartient à la famille Pfister. De
l'époque féodale, il subsiste une tour de guet, une entrée avec les
écussons, ainsi qu'une chapelle privée. Cette chapelle domestique était dédiée
à Saint Cado ou Cador. Moine breton du VIème siècle, il naquit au pays de
Galles. Si célèbre, il devint en Bretagne (Angleterre) et en Armorique, au
moyen-âge qu’on peut le considérer avec Saint Gildas, comme le plus
populaire des saints venus d'outre-Manche, évangéliser notre pays. Des
noms de lieux, de personnes (Cado, Cadou, Cadio, Cadieu...), de statues dans
nos églises, de sanctuaires, de paroisses rappellent encore nombreux son
souvenir. Un moine Irlandais fit l’éducation de Saint Cado. Pour se
perfectionner, il va chez les Scots, butine avec ardeur les sciences sacrées
et profanes, qui tombaient de la bouche des doctes moines Irlandais,
jusqu’à ce qu’il ait acquis, selon l’auteur de sa vie (Rees. Vie
de Saint Cadoc, 1853), la somme du savoir de l’Occident. Le zèle
apostolique de Saint Cado, recrute en Irlande un grand nombre de disciples
entre autres Saint Finnian. Là aussi il se lie d’amitié avec Saint David
et surtout Saint Gildas, dont il sera pendant une grande partie de sa vie,
le compagnon et le collaborateur assidu. Tous les deux furent apôtres,
maîtres, docteurs, thaumaturges, voyageurs, ermites. Voilà nos deux
moines qui, partageant la passion de leurs compatriotes moines Bretons et
Scots, pour la solitude, quittent l'Irlande, gagnent leur pays natal, afin
de mener la vie érémitique. A l’instar encore de leurs frères qui, dans
le but de s’isoler davantage du monde, établissent leur asile, leur désert
au fond de la forêt sauvage, ou sur les bords de l'Océan, Gildas fixe son
ermitage sur l’îlot rocheux de Flatholme, face à la côte sud-est du
Glamorgan ; Cado sur l’îlot voisin, également rocheux du Ronec, appelé
aujourd’hui Stepholme. Dans les anfractuosités des rochers dormaient
jusqu’à minuit les deux ermites. Alors sur la pierre dure, froide et
humide ils récitent leurs longues prières. Et quand ils sont transis,
grelottants de froid, ils rentrent dans leurs oratoires pour achever leurs
oraisons. Leur nourriture est faite de poissons frits, de coquillages, de
quelques oeufs d’oiseaux qui cachent leurs nids dans les récifs, et enfin
d’herbages. A la vie pénitente et contemplative, Saint Cado unit la vie
active : sorti de sa retraite, il fonde le célèbre monastère de Lancarvan,
au nord de l’embouchure de la Saverne, dans le voisinage du monastère
renommé de Lan-Iltud. Vers 538, des pirates ayant enlevé le nid d’ascète
de Saint Gildas, il gagne au pays de l'Armorique, l'île de Houat. Quant à
Saint Cado, après sa grande mission en Irlande, sa vie érémitique et sa
fondation célèbre en Bretagne, il continue ses pérégrinations saintes en
Italie, où à Rome il se prosterne aux genoux du pape Jean III. Puis il
visite, dit-on, la Grèce et Jérusalem. Saint Cado nous apparaît comme le
type de ces moines Bretons et Irlandais qui s’intitulaient pèlerins
insulaires du Christ, pour le salut de leurs frères. Bientôt à huit
lieues de Ruys, où Saint Gildas venait d’instituer une célèbre abbaye,
arrive Saint Cado dans les lagunes d'Etel. Là il fonde un petit monastère sur
un îlot qui a gardé son nom, et où l’on voit encore une antique et vénérable
chapelle romane, placée sous le vocable de notre saint. Cependant Saint
Cado reçoit en sommeil, l’ordre de retourner en Bretagne. A l'inspiration
du ciel Cado obéit, et laisse son monastère sous les ordres de l’abbé
Cadwalar. La Bretagne l’avait prêté à des pays étrangers pour la
diffusion de l'Évangile. Dieu rendait Cado à sa patrie. Il fut nommé évêque,
dit une tradition, et il serait mort martyr, lors de l’invasion
anglo-saxonne vers 570. Saint Cado est invoqué comme guérisseur des
humeurs froides. A cause de son nom synonyme de combattant, les guerriers et
les lutteurs de la Bretagne armoricaine, l’ont choisi pour leur patron.
Avant et après le combat, ils aimaient à faire entendre un chant en
l’honneur de Saint Cado. M. de la Villemarqué a recueilli de la bouche
d’un aveugle Guillarm de Plounevez-Quintin, la chanson bretonne sur le
combat des Trente (Barzaz-Breiz, I, p. 195 et seq.). C’est d’abord la
prière et le voeu des chevaliers avant la bataille : « Seigneur Saint
Cado, notre patron, donnez-nous force et courage, afin qu’aujourd’hui
nous vainquions les ennemis de la Bretagne. Si nous revenons du combat, nous
vous ferons don d’une ceinture et d’une cotte d’or, d’une épée et
d’un manteau bleu comme le ciel. Et chacun dira en vous regardant " O
Seigneur Saint Cado bénit, au paradis comme sur terre, Saint Cado n’a pas
son pareil " ». Voici la bataille en quelques traits énergiques :
« Les coups tombent aussi rapides que les marteaux sur les enclumes ..
Aussi déchiquetées étaient les armes, que les haillons des mendiants,
aussi sauvages les cris des chevaliers dans la mêlée, que la voix de la
grande mer... ». C’est enfin le glorieux triomphe où apparaît Saint
Cado : « Il n’eut pas été l’ami des Bretons, celui qui
n’eut point applaudi dans la ville de Josselin, en voyant les nôtres
revenir vainqueurs, des fleurs de genêts à leurs casques ! ». « Il
n’eût pas été l’ami des Bretons ni des saints de Bretagne non plus,
celui qui n’eut pas béni Saint Cado, patron des guerriers du pays, qui
n’eut point admiré, point applaudi, point chanté : " au Paradis
comme sur terre, Saint Cado n’a point son pareil ! " ». Mais ici
une question se pose : « Pourquoi ses compatriotes ont-ils, donné à
Saint Cado, le nom de combattant ? N’est-ce pas parce que, à l’exemple
des moines bretons, il aurait engagé ses compatriotes, à lutter contre
l’envahisseur anglo-saxon jusqu’à la mort ? On s’explique aisément dès
lors, que Saint Cado ait péri dans une attaque furieuse de ces germains ».
Lorsqu’en 1920, je visitai la chapelle de Saint-Cado dans l’ancien
manoir de Lézonnet, je trouvai une vaste porte d’entrée à deux battants
égaux. Surmontée une fenêtre en anse de panier, cette baie servait à éclairer
une tribune assez bien conservée et bordée d’une balustrade à gros
barreaux. Au midi, une petite porte d’entrée dominée par une fenêtre
romane, projetait la lumière sur l’autel. Les ouvertures permettaient de
juger de l’épaisseur considérable des murailles. Au-dessus de l’autel,
quelques restes d’une voûte en bois, et çà et là des vestiges de
boiseries murales s’élevant du parvis à la voûte. Des fragments de
dallage en pierres vertes taillées en losange dans l’intérieur de la
chapelle et à la sacristie. Enfin au milieu de délabrements et de ruines,
ce qui fut probablement la statue de Saint Cado. La chapelle était
transformée en grenier à fourrage. Dom Pierre Legendre mort le 6 octobre
1681 [Note : Le 12 octobre 1677, ce dom Pierre Legendre en cette chapelle de
Lézonnet donnait la bénédiction nuptiale à Pierre Chefdor de la trêve
de Gourhel et à Guillemette Grossin de Loyat, en présence de dom Monsieur
Michel Baignon, subcuré de Gourhel, Mathurin Mesnage et autres. (reg.
parois.). A noter que dom Monsieur renferme un pléonasme !], missire Yves
le Manceau décédé le 2 janvier 1708, Claude Mainguy mort à la maison
noble de Lézonnet étaient chapelains de Lézonnet en leur vivant (Archives
municipales). Monsieur Thomas, en résidence au Freique sous la Révolution,
célébrait la messe à cette époque, dans la même chapelle. An nord-est
du village, près de l'Etang-au-Duc, est la fontaine de la chapelle, dans un
endroit marécageux appelé pour cette cause : le Bouillon (endroit boueux)
Cado. Je serais porté à croire que, avant l’érection de la terre de Lézonnet
en fief détaché de la vicomté de Loyat, un seigneur de Loyat bâtit la
chapelle de Lézonnet en l’honneur de Saint Cado, en souvenir des
relations qui existaient entre plusieurs des 30 anciens combattants bretons
et les vicomtes de Loyat : Olivier de Fontenay, vicomte de Loyat, était
probablement l’ancien combattant des Trente ; Robert de Beaumanoir,
vicomte de Loyat, était le neveu de Jean de Beaumanoir, chef des trente
bretons ; sa femme Agathe de Tinténiac était la parente des deux de Tinténiac,
combattants bretons (P. Martin). A l'intérieur de la chapelle subsiste une tribune ;
le
manoir de la Vieille-Ville. Siège d'une ancienne seigneurie ayant appartenu
à Jean Larcher en 1380 et à Robert Larcher en 1480. Le manoir possédait jadis une chapelle privée
qui se trouvait au haut du jardin. Les registres de la paroisse signalent la
bénédiction nuptiale donnée par Yves Louaisel père, prieur-recteur de
Loyat, dans la chapelle de la Vieilleville, à écuyer Pierre Morin,
seigneur de Bellevue, de la paroisse du Hémon, diocèse de Saint-Brieuc, et
à damoiselle Suzanne Le Veneur, dame du Quily, en présence d’écuyer
et dame Gilles Morin, seigneur du Pol Martin et Gilette Le Veneur, père et
mère du dit épousé, et de damoiselle Marguerite Le Veneur, damoiselle
du Breil, soeur de l’épousée, devant missire Jean Blanchard,
prieur de Saint-Thomas, le 10 janvier 1677. Est témoin entre autres-Jacques
Allain, maître maçon dont le nom figure sur une fenêtre d’écurie
construite par lui au Vieux Quily en 1668. Cette chapelle était semi
publique. Nous ignorons sous le vocable de quel saint elle était placée.
De l’édicule il ne reste plus trace (P. Martin) ;
le four de Trégadoret (XVIIème siècle) ;
la fontaine Saint-Eloi de Trégadoret ;
les moulins à vent de Keretang, de Tregadoret, et le moulin à
eau de la Morais ;
A signaler aussi :
l'ancienne
chapelle privée ou domestique de Tréguier (ou Treguer). Elle est signalée
dans un aveu fait au vicomte de Loyat, par Jacques-Jean de Forsanz, seigneur
de Tréguier, le 9 février 1763 (Archives du château). Au fond d’une
avenue, à l’angle sud-ouest du manoir (maison jadis de Patier-Manceau),
vers le jardin existait une chapelle longue de 16 pieds, précédée d’un
dallage en pierres. Par ses dimensions c’était plutôt un oratoire. Il était
dédié à Sainte-Suzanne. Ses ruines disparurent. A l’ombre du petit
sanctuaire, grâce à l’influence séculaire des familles bourgeoises
Morice, de Forsanz, Gougaud, à la présence assez fréquente de prêtres
habitués. Ces villageois de Tréguier ont pu conserver un esprit de foi et
de piété solides. Aux temps passés, des exercices de piété les réunissaient
comme leurs voisins de Trégadoret dans leur chapelle, les dimanches et
chaque soir pendant le Carême et le mois de Marie. La pieuse coutume de réciter
la prière en commun survécut même à la ruine de la chapelle
Sainte-Suzanne. Les anciens ne se rappellent-ils pas, que jeunes et vieux se
rassemblaient pour la prière en public, dans la maison de François Manceau
ou de Jean Le Moine, sous la présidence de Louis Gougaud ? Tout s’y
passait dans le recueillement, qui convient à la prière et à
l’adoration. Le village ne formait pour ainsi dire, qu’une famille, un cœur
et une âme. A la porte du hameau, est la fontaine Sainte-Suzanne toujours
entourée d’une ceinture verdoyante. Quelques pèlerins y viennent encore,
prier Sainte-Suzanne de les guérir de la fièvre. Les villageois de Tréguier
avaient aussi autrefois une dévotion particulière pour Saint Nicodème.
Ils recouraient à lui, pour qu’il bénisse leurs chevaux et cochons. A ce
saint ils offraient du blé noir, parfois d’autres denrées. L’autel de
Saint-Nicodème — qu’on appelait la chapelle des seigneurs de Tréguier
— était placé dans l’église paroissiale au XVIème siècle, devant
l’enfeu et le banc des dits seigneurs (P. Martin) ;
l'ancienne
chapelle frairienne de Létéhan. La tradition la situe dans le fond du
village de Létéhan, sur un terrain qui appartenait à Joseph Piot. De ce
sanctuaire nous n’avons trouvé aucune trace écrite ;
l'ancienne
chapelle frairienne de Saint-Vili ou Bili (c’est un seul et même nom) —
Les noms de ce petit coin de terre, de ce village, ne sont-ils pas
suffisamment évocateurs de la mémoire de Saint Bili ? Les premiers évangélisateurs
suivirent les voies romaines. Les missionnaires de nos jours, imitant leur
exemple, portent la foi d’abord aux peuplades les plus faciles d’accès.
A Saint-Vili nous trouvons une voie romaine : l’ancien chemin de Corseul.
De leur champ attenant au village, la famille Pierre Mounier a enlevé naguère,
une quantité de briques romaines. A quelque, distance, un ancien castellum,
Casteaumebeuc ; tout près du village le châtelier et le champ
des ermites, qui lui est contigu, le Bois Bily, la Croix Bily, enfin le
village de Saint-Vily lui-même. Voilà autant de raisons qui nous portent
à croire, que Saint Bili a séjourné ici, et établit son ermitage au
champ des ermites, avec son oratoire devenu dans la suite une chapelle. On
m’a montré des restes de murailles, qui pourraient être les bases du
petit sanctuaire. Enfin, preuve indéniable : On conserve précieusement
dans la maison Mounier, le bénitier en granit de la très ancienne
chapelle ;
l'ancienne
chapelle frairienne de Kerboquelion. Une chapellenie de ce nom est signalée
dans un aveu de Vincent Bernard et de Marie, sa fille à Gilles Huchet,
vicomte de Loyat, le 2 juillet 1648 (Archives du château). « Jean
Chesdane de la paroisse de Taupont, et Française Perraud de la paroisse de
Loyat, reçurent la bénédiction nuptiale en la chapelle de Kerboclion par
missire L. Bouëxel, le 23 novembre 1677 » (registres paroissiaux de
Loyat). M. Delprat, ancien officier de marine et châtelain de Pandonnet,
nous déclara jadis avoir constaté les ruines d’une chapelle, lors de la
reconstruction de sa ferme de Kerboquelion (P. Martin) ;
ANCIENNE NOBLESSE de LOYAT
La principale seigneurie de l'endroit avait son siège au château de Loyat, à l'ouest du bourg. Elle appartenait en 1631 à Pierre Botherel, vicomte d'Apigné et de Loyat ; elle passa ensuite aux Coetlogon, qui la conservèrent jusqu'à la Révolution. Elle avait haute, moyenne et basse justice, et dans l'église divers droits honorifiques. Les autres seigneuries étaient :
1° Lézonnet, au sud, appartenant dès 1380 à une branche des Coetlogon ; Jacquette, héritière de sa famille, épousa, en 1518, Jean le Prestre, écuyer, qui prit ses armes. Cette terre fut vendue dans la suite à Pierre Pernet, sieur de Crolais, sénéchal de Ploërmel, qui la possédait en 1694.
2° Boudeveille.
3° Bri-l'ainé.
4° La Chaussée, à l'est, en 1380 à Eon Maillard.
5° Kerboquelion, dit aujourd'hui Kerboclion, aux Bruban.
6° Kerbouet, aux Plumaugat, l'Hôpital et Michel.
7° Kersamson, vers le nord.
8° Léthéan, en 1380 au sgr. de Loyat.
9° Penhoët, au sud-ouest.
10° Quily, en 1380 à Jean Maillard, puis aux Veneur.
11° Tréguer, au nord, aux Veneur en 1380, aux Forsanz en 1705.
12° La Vieille-ville, à Jean Larcher en 1380.
(de Joseph-Marie Le Mené).
A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 8 septembre 1464 et du 4 septembre 1481, on comptabilise la présence d'aucun noble de Loyat.
Dans le dictionnaire des feudataires des évêchés de Dol et Saint-Malo en 1480, on comptabilise la présence de 12 nobles de Loyat :
Eon
COLOBEL (15 livres de revenu) : défaillant ;
Guillaume
de COETLOGON de Lézonnet, sénéchal de Porhoët en 1463 (400 livres de
revenu) : comparaît en homme d'armes ;
Jehan
DE LOURME (2 livres de revenu) : défaillant ;
Guillemette
DE TRECESSON (30 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît
armé d'une jusarme ;
Robert
LARCHIER (30 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en
archer ;
Raoul
LE MARCHANT (10 livres de revenu) : défaillant ;
Jehan
MAILLART ( 5 livres de revenu) : défaillant ;
Eon
MAILLART (12 livres de revenu), remplacé par son fils Eon : porteur
d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;
Raoul
MORICE (10 livres de revenu), remplacé par son fils Pierre : porteur d'une
brigandine, comparaît en archer ;
Olivier
QUATREVILLES (2 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en
archer ;
Pierre
QUELENEUC (3 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé
d'une jusarme ;
Guillaume
THOMAS (5 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé
d'une jusarme ;
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