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LUITRE

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La commune de Luitré (bzh.gif (80 octets) Loezherieg) fait partie du canton de Fougères. Luitré dépend de l'arrondissement de Fougères, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LUITRE

Luitré vient du gaulois "Lucterius". 

La paroisse de Luitré, qui dépendait de l'ancien évêché de Rennes, est mentionnée dès le XIIème siècle. A l'époque le territoire de Luitré appartient aux seigneurs de Bois-le-Houx (ou Boislehou). Cette seigneurie dépend d'abord de la baronnie de Fougères puis de celle de Vitré. 

Vers la fin du XIIème siècle, le prieuré de Sainte-Croix de Vitré et l'abbaye de Saint-Florent de Saumur réclamaient la possession d'une grande partie des dîmes de la paroisse de Luitré (nota : dès le XIIème siècle, en effet, deux frères, Jacques et André, premiers seigneurs connus du Bois-le-Hou (ou Boislehou), « de Nemore Leho », donnèrent au prieuré de Sainte-Croix de Vitré la dîme de leurs terres du Bois-le-Hou, du Grand et du Petit-Bouessay et de la Silvelle, toutes situées en Luitré, réservant toutefois les droits des religieux de Saint-Florent dis Saumur sur le huitième des dîmes de cette dernière terre. En reconnaissance de cette libéralité, les religieux de Sainte-Croix donnèrent aux deux frères 12 livres monnaie d'Anjou - M. Maupillé, Notices histororiques sur les paroisses du canton de Fougères, 126) ; mais elles leur étaient disputées par des seigneurs qui faisaient valoir des prétentions contraires. Le Cartulaire de Marmoutiers nous a conservé le souvenir d'une contestation de ce genre suscitée au prieuré de Sainte-Croix par plusieurs seigneurs de la paroisse qu'il désigne sous le nom des Hernier et des La Perche, et qu'il nous représente comme disputant au recteur et au prieur de Sainte-Croix non seulement la jouissance des dîmes de Luitré, mais encore l'exercice de certains droits sur la trésorerie de l'église elle-même. Après de longs débats, cette affaire se termina par un arrangement conclu sous les auspices d'André de Vitré (1173-1211), et d'après lequel les seigneurs durent renoncer à toutes leurs prétentions moyennant une somme de 25 sous, monnaie d'Anjou, qu'ils reçurent du prieur de Sainte-Croix et du recteur de Luitré, nommé Saulnier (M. Maupillé). 

Au XVIIIème siècle, le prieuré de Sainte-Croix de Vitré jouissait encore d'une partie des dîmes de Luitré. La paroisse était alors divisée en quatre traits : le Bourg, le Bois, l'Alleu et Couasnon. Le recteur était, depuis bien des siècles, présenté par le chanoine occupant la huitième prébende de la cathédrale de Rennes. En 1790, M. Le Bannier, recteur de Luitré, fit la déclaration suivante de son bénéfice, l'un des plus beaux du doyenné de Fougères : le presbytère, son jardin et son pourpris ; — les deux tiers des grosses dîmes ; — le tiers des dîmes de La Celle (Selle), succursale de Luitré, plus un préciput de 3 mines, 3 boisseaux de seigle et autant d'avoine. Le tout était estimé 6000 livres ; mais les charges étaient grandes : pension de trois vicaires, 400 livres de décimes, 300 livres pour entretien et réparation, etc. ; le recteur faisait monter ces charges à 2800 livres, de sorte qu'il ne lui restait que 3200 livres de revenu net (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 27). 

On voyait au bourg de Luitré l'auditoire des seigneurs du Bois-le-Houx. Luitré tenait le parti de la Ligue pendant les guerres de Religion. 

On rencontre les appellations suivantes : Ecclesia de Lustreio (au XIIème siècle), Lutreyum (en 1516), L'Huistré (au XVIIème siècle).

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Luitré : Saulnier (vers 1200). Christophe de Cogles (en 1609 ; décédé le 29 septembre 1629, au manoir de Mésaubouin, en Billé, et inhumé dans l'église de Luitré, « à vis le crucifix »). Marin Brandin (seigneur d'Allérac et chanoine de Rennes, il fut pourvu en 1629 et résigna l'année suivante en faveur du suivant). Pierre Nicolas (né à Rennes, de Sévérin Nicolas et de Guyonne Dupont, il prit possession le 17 novembre 1630 ; il résigna en 1668 en faveur de son neveu qui suit ; décédé le 12 janvier 1676, âgé de soixante-treize ans, et inhumé par humilité dans le cimetière, au pied du calvaire. La mémoire de ce saint prêtre est restée en vénération à Luitré et l'on vient encore en pèlerinage sur son tombeau à la fin du XIXème siècle). Pierre Morin (pourvu en 1668, il fit en 1698 enregistrer ses armoiries : de sable à la croix alaisée d'argent, accompagnée de trois coquilles de même, deux en chef et une en pointe. Il résigna peu de temps avant de mourir. Décédé le 22 septembre 1721). Pierre Triboudel (prêtre du diocèse, pourvu le 25 septembre 1721, il prit possession le lendemain ; décédé le 13 juin 1740, âgé de quarante-trois ans). René Le Bannier (licencié en droit et prêtre du diocèse, il fut pourvu le 25 juin 1740 et prit possession le 30 ; il se démit en 1761). Joseph Le Bannier (prêtre du diocèse, pourvu le 24 juillet 1761, il reconstruisit le presbytère en 1774 et gouverna jusqu'à la Révolution ; exilé à Jersey en 1793, il mourut en cette île). Jean-Louis Dehoux (1803-1817). Pierre Motel (1817-1822). Victor Courteille (1822-1826). Vincent Fleury (1826-1829). N... Communier (1829-1839). Jean-Marie Lécarlatte (1839-1842). Joseph Brindejonc (1842, décédé en 1845). Pierre Saisdubreil (1845, décédé en 1854). Joseph Beaugeard (1854, décédé en 1873). Jean-Marie Ménager (1873-1877). Ambroise Briand (1877-1879). Pierre Huart (à partir de 1879), .......

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PATRIMOINE de LUITRE

l'église Saint-Martin (XII-XIXème siècle). Dédiée à saint Martin, évêque de Tours, l'église de Luitré est une ancienne église romane reconstruite en grande partie aux XVIème et XVIIème siècles. Elle se compose d'une nef sans intertransept, accostée de deux chapelles formant bras de croix et terminée par un chevet droit. De la construction primitive il ne reste guère que la tour placée au bas de la nef ; sa flèche, construite en pierre, rappelle la belle tour romane de Saint-Etienne-en-Coglès, mais l'ensemble de l'édifice est bien inférieur. Les restaurations que cette tour a subies à diverses époques, notamment lorsqu'elle fut frappée de la foudre le 2 février 1701 ("Jeanne Lebevre fut tuée en l'église par la chute du clocher le jour de la Chandeleur 1701") et le 6 février 1850, ont complètement altéré son caractère. Les deux chambranles en application que l'on remarque à la porte latérale de la nef, au Sud, avec l'arc Tudor orné d'un panache qui la surmonte, reportent évidemment cette portion de l'église au XVIème siècle. Elle semble se rattacher à un agrandissement de l'édifice qui eut lieu en 1526 ; on retrouve en effet, à cette date, l'acte d'une cession de terrain faite par le recteur de Luitré à ses paroissiens pour accroître et élargir l'église ; la portion cédée était de huit pieds à prendre sur le presbytère et ses jardins. Sur l'une des filières de cette nef on lit l'inscription suivante : Couverte de neuf et doublée, estant M. R. Gresset, R. Courtoux trésoriers, 1644. Les chapelles communiquent avec la nef par deux grandes arcades à plein cintre, et avec le choeur par deux autres petites arcades à cintre surbaissé, disposées en biais dans l'angle qu'elles forment avec lui, Les dates inscrites sur les murailles indiquent que celle du Nord est de 1652 et celle du Sud de 1668. Cette dernière chapelle fut bénite et dédiée à sainte Anne et à saint Joseph le 28 novembre 1668 ; on y voit un écusson en pierre portant : parti : au 1er fretté d'argent et de sable de six pièces, qui est du Bois-le-Hou (Bois-le-Houx), et au 2ème d'or au lion de gueules, surmonté d'une fleur de lys d'azur, qui est Le Goué. Ce sont les armoiries de Jean du Bois-le-Hou, seigneur dudit lieu, marié en 1655 avec Marie Le Goué. La chapelle du Nord renferme un autel dont le retable en pierre est d'un assez beau travail ; on y remarque les armoiries suivantes : écartelé : au 1er d'azur (?) à une tête de lévrier de gueules colleté d'or ; au 2ème fretté d'argent et de sable, qui est du Bois-le-Hou ; au 3ème d'argent à l'aigle de sable becquée et membrée de gueules, au bâton d'or brochant, qui est de Beaucé ; au 4ème de gueules à trois gantelets d'argent en pal, qui est de Vendel. Cet écusson est probablement celui de Gabriel du Bois-le-Hou, seigneur dudit lieu et de Vendel, qui épousa Anne de Beaucé en 1630. Divers autres blasons de la famille du Bois-le-Hou et de ses alliés se retrouvent encore sur le maître-autel ; le seigneur du Bois-le-Hou possédait, en effet, les prééminences de l'église de Luitré, où il avait droit de litre et d'enfeu dans le chanceau. C'est là que furent inhumés en 1628 René du Bois­le-Hou, en 1693 Jean du Bois-le-Hou, et en 1733 Joseph du Bois-le-Hou, tous seigneurs dudit lieu, de Lanrigan, Vendel, le Châtaigner, etc., « seigneurs fondateurs et prééminenciers de Luistré » (Pouillé de Rennes). Le croisillon nord de l'ancienne église était daté de 1652 et le croisillon sud était daté de 1668. Le croisillon nord possédait un retable en pierre du XVIIème siècle, fait par le lavallois François Langlois - 1680 à 1685, aux armes des familles du Bois-le-Houx, de Beaucé et de Vendel. Le croisillon sud présentait un écusson aux armes parties de Jean du Bois-le-Houx et de Marie le Goué son épouse, mariés en 1655. Le maître-autel portait aussi les armes des familles du Bois-le-Houx et de leurs alliances. L'enfeu de la famille du Bois-le-Houx se trouvait autrefois dans le choeur. Les mêmes armes figuraient sur les verrières et sur une litre intérieure et extérieure. La porte sud de la nef, qui datait du XVIème siècle, était en arc Tudor. La tour avec sa flèche en pierre est le seul reste de l'église romane primitive : des restaurations sont faites à la tour en 1701 et en 1850. La nef date de 1887. " Le 17 janvier de mars 1732 la grosse cloche de cette paroisse fut fondue par les Sr. Sabattier et Quentin fondeurs de Loraine, et fut nommée Joseph Charlotte Catherine par haut et puissant Seigneur messire Joseph Du BoisleHoux chevallier Seigneur du dit lieu et Dle Charlotte Catherine de Farcy Dle de la Ville du Bois et bénie par moy soussigné recteur le 19 du dit mois et en étant trésorier Michel Boudier Seigneurs de la Roche et Jean Rousseau Seigneur de Basbourg. Signé de Triboudel, recteur de Luitré " [Voir archives départementales en ligne, BMS de 1732 commune de Luitré, cote 10 NUM 35163 97, page 5] ; 

l'ancienne chapelle (XVIIème siècle), dédiée à Saint-Gilles (ermite du VIIème siècle). Au XVIIème siècle existait à une des extrémités de la paroisse, du côté de Fougères, une petite chapelle dédiée à saint Gilles, « fort fréquentée des dévotions du peuple et prestres circonvoisins, lesquels y célébroient souventes fois la sainte messe ». Mais comme il n'y avait aucune fondation pour le service de cette chapelle, Mgr de la Vieuville la frappa d'interdit. Pierre Nicolas, ancien recteur de Luitré, prit alors sa cause en main ; il acheta en 1670 une maison, un jardin et deux petites pièces de terre qui avoisinaient le presbytère, et fonda en 1672 une messe hebdomadaire qui devait être célébrée dans la chapelle Saint-Gilles tous les mercredis, ou de préférence un jour de fête chômable (M. l'abbé Pâris-Jallobert, Semaine religieuse de Rennes, XV, 725). Cette chapellenie, estimée en 1719 valoir 80 livres de rente, fut présentée à cette époque par le recteur de Luitré Pierre Triboudel, acolyte, qui en fut pourvu par l'évêque. Depuis la fin du XIXème siècle la chapelle Saint-Gilles n'existe plus, mais les biens de sa fondation sont annexés à cette époque à la cure de Luitré, et chaque dimanche on fait alors mémoire du fondateur Pierre Nicolas au prône de la messe paroissiale (Pouillé de Rennes) ; 

la croix (XVIème siècle) historiée et posée sur un socle armorié dans le cimetière ; 

la croix du Bois-Chevalier décorée de sculptures et située route de Parcé ;

le château du Bois-le-Houx ou Boislehou. Il ne reste aucune fortification de l'ancien manoir : ses douves ont disparues. La chapelle privée, dédiée à Notre-Dame, a été reconstruite en 1648 puis restaurée. Anne de Beaucé, veuve de Gabriel du Bois-le-Hou (ou Bois-le-Houx), seigneur de Vendel, ayant fait construire une nouvelle chapelle à son manoir du Bois-le-Houx pour remplacer l'ancienne, tombée de vétusté, y fonda, par acte du 17 juin 1648, deux messes hebdomadaires pour les mardis et vendredis ; elle promit d'entretenir ce sanctuaire, donna au chapelain sa métairie du Petit-Bouessay et présenta Jean Caillebel pour desservir sa fondation (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 18). Le 10 août de la même année, Pierre Nicolas, recteur de Luitré, bénit cette chapelle et la dédia à la Sainte Vierge, et à saint Jean-Baptiste et sainte Anne ; la cérémonie se fit solennellement en présence de la fondatrice, du seigneur du Bois-le-Hou, son fils, et des seigneurs de l'Espronnière, de la Beréchère et de la Villarmois. En 1672 on y bénit l'union de François de la Belinaye, seigneur dudit lieu, avec Marie du Bois-le-Hou (ou Bois-le-Houx). Cette chapelle a été restaurée vers la fin du XIXème siècle (Pouillé de Rennes). Le domaine possédait jadis un colombier et exerçait au bourg de Luitré un droit de haute justice : ses fourches patibulaires à deux piliers se dressaient sur la landelle de la Justice, dans le fief de la Chérine, en la Selle-en-Luitré, sur la terre de la Coatfordière. Il s'agit de la maison seigneuriale de la paroisse de Luitré et relevait de la seigneurie de Châtillon-en-Vendelais. Propriété des seigneurs du Bois-le-Houx en 1158, puis des vicomtes de la Belinaye en 1733 ;

le château de Feulavoir (XIXème siècle), propriété de la famille Pontavice de Vaugarny et de la famille du Plessis de Grénédan ;

la maison (XVIIème siècle), située au lieu-dit La Gasnerais ; 

la maison (1650), située au lieu-dit L'Alleu ; 

la maison (1820-1830), située au lieu-dit Le Haut-Montbelleux ; 

le four à pain, situé au lieu-dit L'Alleu ; 

le puits, situé au lieu-dit L'Alleu ; 

le moulin à vent de Montbelleux, et les moulins à eau du Bois-le-Houx, de Muez ou Mué (XIXème siècle) ; 

A signaler aussi : 

les anciennes mines d'étain de Montbelleux ou Mont-Belleux (XXème siècle) ; 

les anciens menhirs situés au point culminant du bois de Mont-Belleux ;

la découverte d'objets qui datent de l'âge du bronze ;

l'ancien manoir de la Musselière, situé route de la Chapelle-Janson ;

l'ancien manoir de la Cervelle. Propriété de la famille du Bois-le-Houx en 1158 et en 1581 ;

l'ancien manoir de l'Oisonnière. Propriété de la famille de la Villéon en 1513, puis des familles de Lys seigneurs de Beaucé (avant 1681), Amproux sieur de Lourme (en 1681), de la Trémoille barons de Vitré (en 1710) ;

l'ancien manoir de la Caillière, situé route de Saint-Pierre-des-Landes. Propriété successive des familles Dollier (en 1428 et en 1580), de Cantache (en 1646), Gresset (en 1704), de la Belinaye (en 1789) ;

l'ancien manoir de la Sanguinière, situé route de Parcé ;

l'ancien manoir de Montoyer, situé route de Parcé. Il possédait jadis un droit de haute justice. Propriété successive des familles de Cogles (en 1427), du Boisjean (vers 1513 et en 1541), du Bois-le-Bon (en 1686). Il reste entre les mains des seigneurs du Bois-le-Bon jusqu'en 1789 ;

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ANCIENNE NOBLESSE de LUITRE

La seigneurie du Boislehou : Fort ancienne dans la paroisse de Luitré, la terre seigneuriale du Boislehou a donné son nom à une noble famille portant pour armoiries : Fretté d'argent et de sable de six pièces. Le premier seigneur connu de cette maison est Jacques du Boislehou « Jacobus de Nemore Loho », père de Guillaume du Boislehou, vivant dans la seconde moitié du XIIème siècle. En 1158, d'après Potier de Courcy (Nobiliaire de Bretagne, I, 112), ce Jacques du Boislehou, de concert avec son frère André du Boislehou, appartenant au clergé de son temps « Andreas de Nemore Loho clericus », fit une donation aux religieux Bénédictins du prieuré Sainte-Croix de Vitré, membres de l'abbaye de Marmoutiers ; il leur abandonna les deux tiers de la dîme de ses terres du Boislehou, du Grand et du Petit Boissay et de la Silvelle (aujourd'hui la Cervelle), réserve faite toutefois des droits des religieux de Saint-Florent de Saumur sur le huitième des dîmes de cette dernière terre, qui leur appartenait. En reconnaissance de cette libéralité, les moines de Sainte-Croix donnèrent aux deux frères du Boislehou douze livres en monnaye d'Anjou. André baron de Vitré et Guillaume du Boislehou, fils du donateur, approuvèrent cet acte de pieuse générosité dont furent témoins Ruellon de Domagné, Robert de Saint-Didier, Hamelin du Pinel, Robert de la Bouexière, Nicolas de Coësmes et plusieurs autres (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 777). L'histoire se tait ensuite sur les descendants de Jacques et de Guillaume du Boislehou durant les XIIIème et XIVème siècles ; c'est seulement au commencement du XVème siècle que nous retrouvons les seigneurs de ce nom, dont la filiation s'établit aisément ensuite. Jean du Boislehou rendit aveu pour sa terre seigneuriale du Boislehou au sire de Châtillon, le 19 février 1415 (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de Vitré). Il figure comme écuyer dans l'armée du duc de Bretagne, en 1419, sous les ordres de Charles de Montfort et en 1464 sous ceux du sire de Lescun ; à cette dernière date il prit part à la garde du château de Clisson (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, II, 988, III, 122 et 128). Louis du Boislehou, seigneur dudit lieu après Jean qui précède, épousa vers 1473 Jeanne de Parthenay, fille de Bertrand de Parthenay, seigneur de Chalain, et de Philippote de Châteaubriant (Potier de Courcy, Nobiliaire de Bretagne, I, 122). Pierre du Boislehou, fils du précédent et seigneur du Boislehou après lui, eut pour successeur Jean du Boislehou, mari de Guillemette Le Moyne. De cette dernière union naquit Jacques du Boislehou, possesseur dès 1513 de la seigneurie de ce nom, pour laquelle il fit aveu au sire de Châtillon en 1528 (Ancienne réformation de la noblesse de Bretagne – Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de Vitré). Ce Jacques du Boislehou épousa Jacquemine de Vendel, dame dudit lieu, et de Launay-Vendel, dont il se trouvait veuf en 1539. Il se fit représenter à la montre de 1541 par Jean de la Mégaudaye « monté et armé avec deux hommes à cheval, l'un archer, l'autre page, portant lance » (Bibliothèque de Rennes, Ms. De Missérien). Son fils, Claude du Boislehou, encore mineur en 1539 et portant alors le titre de seigneur de Vendel, fit hommage, le 20 février 1553, à Guy de Laval, baron de Vitré et seigneur de Châtillon, pour « son lieu et seigneurie du Boislehou » (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de Vitré). Claude du Boislehou épousa Françoise de Montbourcher, fille du seigneur du Bordage ; cette dame, zélée partisante des idées de la Réforme, fit occuper le Boislehou par de nombreux gens de guerre de la religion protestante et fit garnir son château de plusieurs pièces d'artillerie ; ce qui obligea le roi Charles IX à donner ordre, le 4 juillet 1570, à François du Breil, seigneur des Hommeaux, de se saisir de ce château (Généalogie de la maison du Breil). Cependant en 1590 on trouve un Claude du Boislehou, seigneur dudit lieu, figurant parmi les Ligueurs de Luitré et poursuivi comme rebelle au roi par le sénéchal de Rennes (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, III, 1509). Etait-ce le mari de Françoise de Montbourcher ? C'est peu probable, car on la dit, quelque part, veuve dès 1570. Ce devait être plutôt leur fils, décédé vraisemblablement peu d'années ensuite sans postérité. Ce qui est certain c'est qu'à la fin du XVIème siècle la seigneurie du Boislehou passa aux mains de Jean du Boislehou, frère cadet de Claude du Boislehou, époux de Françoise de Montbourcher. Créé dès 1570 chevalier de l'Ordre du roi, ce Jean du Boislehou épousa :  - 1° Gillette Turpin, dame des Angevinières ; - 2° Françoise de la Jaille, fille de Claude de la Jaille et de Françoise Cadet, seigneur et dame de Kervilly. Du premier mariage naquirent deux filles : Françoise, mariée en 1580 à Rolland du Breil, seigneur du Chalonge — et Renée, épouse du seigneur de Procé. De la seconde union sortirent : René, seigneur du Boislehou, — Claude, recteur en 1648 de Saint-Hilaire-des-Landes, — Gabriel, seigneur de Vendel, — Suzanne, mariée : - 1° à François du Val, seigneur de l'Etang ; - 2° en 1621 à Charles Poulain, seigneur de Trémaudan, — enfin Claudine qui épousa en 1620 Julien de la Gudaye, sieur de l'Epinotière (abbé Pâris-Jallobert, Ancien registre paroissial de Lanrigan, 2). Le fils aîné de Jean du Boislehou et de Françoise de la Jaille, René du Boislehou, seigneur dudit lieu et chevalier de l'Ordre du roi en 1594, contracta mariage avec Anne des Vaux, fille de Gabriel des Vaux et de Julienne de la Corbière, seigneur et dame de la Cour (De Carné, Chevaliers de l'ordre de Saint-Michel, 34 – Potier de Courcy, Nobiliaire de Bretagne, I, 112). La dame du Boislehou mourut le 23 novembre 1617 et fut inhumée dans son enfeu seigneurial au chanceau de l'église de Luitré. René du Boislehou lui survécut quelques années et décéda à Paris le 9 juillet 1628 ; son corps, apporté à Luitré, fut inhumé près de celui de sa femme dans l'église paroissiale ; son coeur fut transféré à Lanrigan, dont il était aussi seigneur, et déposé au choeur de l'église de cette paroisse, proche de la pierre tombale des sires de Lanrigan (abbé Pâris-Jallobert, Anciens registres paroissiaux de Luitré et de Lanrigan). René du Boislehou laissait en mourant trois enfants : Gabriel, René et Claudine ; les deux premiers furent successivement seigneurs du Boislehou après lui. L'aîné, Gabriel du Boislehou, seigneur de la Tour du vivant de son père, ne le remplaça au Boislehou que pendant deux ans seulement. « Chevalier de l'Ordre du roi et mort en vroy chrestien », dit le rédacteur de l'Ancien registre paroissial de Luitré, il décéda dès le 22 février 1630 et fut inhumé le 24 dans le chanceau de l'église de Luitré, en présence de soixante ecclésiastiques. Il est probable qu'il n'avait pas contracté d'alliance. Son frère cadet, René du Boislehou, lui succéda dans la seigneurie de ce nom. Il portait auparavant le titre de seigneur de Lanrigan. Il mourut au Boislehou le 17 décembre 1643 et fut inhumé le 20 dans son enfeu de l'église de Luitré. « Son oraison funèbre fut prononcée par un Père Récollet de Fougères devant un grand nombre d'ecclésiastiques de l'évêché et du Maine et beaucoup de noblesse » (abbé Pâris-Jallobert, Ancien registre paroissial de Luitré, 6). Le défunt ne laissait point d'enfant légitime et sa succession fut recueillie par son cousin Jean du Boislehou, fils de Gabriel du Boislehou, seigneur de Vendel, décédé en 1641 (nota : Il était âgé de soixante ans et fut inhumé à Lanrigan où il faisait sa résidence. « Vir simplex, rectus et timens Deum ; non est inventus similis illi in pietate et aliis virtutibus etc hac stirpe » - d'après l'Ancien registre paroissial de Luitré) et d'Anne de Beaucé, morte en 1668. Jean du Boislehou, seigneur dudit lieu et de Launay-Vendel, Lanrigan, le Chasteigner, etc., rendit aveu au sire de Châtillon en 1686 pour sa seigneurie du Boislehou. Il avait épousé dès 1655 Marie de Goué, fille du juge de Mayenne, et mourut au Boislehou le 31 mars 1693 ; il reçut la sépulture, le 1er avril, dans le chanceau de l'église de Luitré, et sa veuve l'y rejoignit le 8 juin 1708. Ils eurent de nombreux enfants : Marie, l'aînée, mariée le 27 décembre 1672, à François de la Belinaye, vicomte dudit lieu ; — Jean-Gabriel, baptisé le 12 mai 1658 et mort jeune ; — Joseph, seigneur du Boislehou, baptisé le 4 juin 1660 ; — Jeanne-Angélique, baptisée le 6 mai 1663 ; — Charles-François-René, nommé le 9 janvier 1667, par Mgr l'évêque de Rennes et Renée de Quelen, dame de Chambellé ; — Renée, baptisée le 11 mai 1668, — et Catherine, nommée le 6 mai 1673 par Louis de Goué, sieur de Langottière (abbé Pâris-Jallobert, Ancien registre paroissial de Luitré, 6). Joseph du Boislehou succéda à son père en 1693 dans la possession des seigneuries du Boislehou, de Lanrigan, etc. Il fut en 1708 parrain d'une cloche de l'église paroissiale de Lanrigan dont il était seigneur fondateur. En la même qualité de seigneur fondateur de la paroisse de Luitré, il assista en 1721 à la prise de possession du nouveau recteur de Luitré, Pierre Tribondel, et fut en 1732 parrain d'une nouvelle cloche de l'église paroissiale. Il mourut l'année suivante et fut inhumé, le 19 mars 1733, dans cette même église de Luitré (abbé Pâris-Jallobert, Ancien registre paroissial de Luitré, 6). Avec lui s'éteignit le vieux nom noble des sires de Boislehou, ses deux frères étant morts avant lui et aucun de ces trois seigneurs ne laissant de postérité. Leur succession fut recueillie par leur neveu Charles de la Belinaye, vicomte dudit lieu, fils de François de la Belinaye, premier vicomte de ce nom, décédé en 1694, et de Marie du Boislehou, morte en 1700. Charles de la Belinaye avait épousé Marguerite de Beaucé. Il mourut au château de la Belinaye à l'âge de soixante-six ans et fut inhumé le 15 janvier 1740 dans l'église de Saint-Christophe-de-Valains en l'enfeu seigneurial de la Belinaye. Ce seigneur eut pour successeur, à la Belinaye comme au Boislehou, son fils Armand de la Belinaye, qualifié comte dudit lieu, capitaine commandant la noblesse de Rennes et marié en 1727 à Thérèse Frain de la Villegontier. L'un et l'autre moururent au Boislehou, Mme de la Belinaye la première, le 17 octobre 1766 ; M. de la Belinaye après elle, le 10 février 1777, âgé de quatre-vingt-un ans. Ils avaient eu plusieurs enfants, la plupart vivant encore en 1777 : Charles-René, comte de la Belinaye, — Maurice-René, vicomte de la Belinaye, — Renée-Elisabeth, — Thérèse, veuve alors de Jacques Tuffin, marquis de la Rouairie, — Perrine-Anne, femme de Sébastien de Moëllien, seigneur de Tronjoly, décédée avant 1777, — Anne-Pauline, dame de Vendel (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 30). Charles-René de la Belinaye, comte dudit lieu, appelé parfois marquis de la Belinaye parce qu'il avait acquis le marquisat de la Dobiaye, épousa à Saint-Jean de Rennes, le 9 février 1760, étant sous-lieutenant au régiment des Gardes Françaises, Charlotte-Jacquette de Miniac de la Villèsnouveaux. Mais cette dame mourut à Rennes, à l'âge de vingt-trois ans, le 3 juin 1765. Son corps fut transféré à Saint-Christophe-de-Valains et inhumé le lendemain dans l'enfeu des seigneurs de la Belinaye en l'église paroissiale. Quant à Charles-René de la Belinaye, il devint chevalier de Saint-Louis et maréchal des camps et armées du roi, demeurant à Paris au faubourg Saint-Honoré. Il émigra pendant la Révolution, rentra plus tard en France et décéda à Chantilly le 14 février 1821. Il laissait trois fils : qualifiés alors : Armand, marquis de la Belinaye, — Charles, comte de la Belinaye, — et Jean-Marie, vicomte de la Belinaye, époux de Victoire de Broc de la Tuvelière (Archives d'Ille-et-Vilaine, 9 P 36). De ces Messieurs ce fut Charles comte de la Belinaye, né à Rennes en 1765, qui eut en partage la terre du Boislehou. Il épousa Modeste de Choiseul-Beaupré qui mourut, âgée de soixante et un ans, le 30 mars 1842. Lui-même décéda au Boislehou le 15 octobre 1849. Leur fils Charles comte de la Belinaye, décédé en 1892, s'unit à Albine-Laurence de Suffren, morte en 1898. Le Boislehou appartennait à la fin du XIXème siècle au fils de ces derniers, M. le comte Charles de la Belinaye. 

La seigneurie du Boislehou relevait de la châtellenie de Châtillon-en-Vendelais. D'elle-même, elle ne s'étendait guère qu'en la paroisse de Luitré et en La Celle-en-Luitré sa trêve, comprenant une vingtaine de fiefs nommés Launay-Fusel, Bois-Morilian, la Denistière, Boissay-Pommeray, la Galtière, Beuchot, Bois-Fouquet, La Roche, Halegrou, Feulavoir, la Souesnière, les Rochers, la Reusaye, les Essarts, Poutrel, la Chérine, Launay-Graffard, Bois-Bourré, Hauts-Préaux, la Louastardière, le fief du bourg de Luitré, etc. Mais au XVIIème siècle le seigneur du Boislehou étant devenu possesseur des seigneuries de Montoger et de la Morinaye, en Luitré ; de Launay-Vendel et des fiefs des Haries, en Dompierre-du-Chemin (nota : René du Boislehou n'avait acheté en 1615 que les fiefs, l'étang et les moulins des Haries ; ni lui, ni ses descendants ne possédèrent jamais le manoir et la terre des Haries), unit leurs quatre juridictions à celle du Boislehou et les fit exercer toutes ensemble en son auditoire au bourg de Luitré. Ces cinq seigneuries formèrent ainsi une haute justice s'étendant en huit paroisses : Luitré, La Celle-en-Luitré, Saint-Georges-de-Chesné, Dompierre-du-Chemin, Billé, Vendel, Javené et la Chapelle-Janson (Archives d'Ille-et-Vilaine, C). La justice patibulaire du Boislehou, signalée dès 1415 comme étant alors à deux piliers, se dressait sur une lande appelée Landelle de la Justice dans le fief de la Chérine. « On voit encore aujourd'hui — écrivait M. Maupillé en 1873 — sous la salle à manger du château du Boislehou, un souterrain qui, suivant un aveu de 1581, servait de prison pour la juridiction ; suivant le même aveu, c'était aux hommes des fiefs de la Chérine, des Domaines-aux-Vallets et du Fief-Aubert qu'incombait la charge de faire la police dans toute son étendue. Et sont subjects (c'est-à-dire obligés), dit-il, les hommes desdits fiez prendre les délinquants si aulcuns sont trouvés esdits fiez et iceux mener et rendre prinsonniers aux prinsons du Boayslehou et les garder vingt-quatre heures chacun en son tour et rang ; et si lesdits appréhendez sont condamnez en aulcune peine corporelle sont lesdits hommes tenuz conduire et mener iceux prinsonniers d'empuis les prinsons ou lieu ou a esté leur sentence donnée jusques à la justice patibulaire de ladite juridiction » (Notices historiques et archéologiques sur les paroisses des deux cantons de Fougères, 127). La seigneurie proprement dite du Boislehou donnait à son possesseur les droits de prééminence et de fondation dans les églises de Luitré et de La Celle-en-Luitré ; aussi le seigneur de Boislehou y avait-il ses pierres tombales et son enfeu, ses armoiries peintes dans les verrières et sculptées sur les murailles, sa litre ou ceinture d'écussons tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des édifices. 

Disons maintenant quelques mots des autres seigneuries annexées à celle du Boislehou, particulièrement de celles de Launay-Vendel, de Montoger et des Haries. Les deux seigneuries unies de Launay-Vendel et de Vendel (nota : Au XVIIème siècle les fiefs seuls de Vendel faisaient partie du Boislehou, les terre et manoir de Vendel ayant été donnés en partage à une fille du Boislehou) s'étendaient en Dompierre-du-Chemin, Vendel et Billé. A cause du fief de la Comté en Dompierre, renfermant l'église et le cimetière de cette paroisse, le seigneur du Boislehou était fondateur et prééminencier de l'église de Dompierre-du-Chemin. Il prétendait aux mêmes droits, à Vendel comme à Billé, disant que l'église de Vendel se trouvait, ainsi que son cimetière et le presbytère, dans son fief de la Mazure-en-Vendel, et que les église et cimetière de Billé s'élevaient dans les Grand et Petit-Fiefs de Billé faisant partie de la seigneurie de Vendel. Chaque nouvelle mariée de la paroisse de Dompierre-du-Chemin devait au seigneur de Launay-Vendel « un chapeau de fleurs et une chanson », offert et chantée à la fête de l'Ascension à l'issue de la messe paroissiale de Dompierre. Certains vassaux de cette même paroisse étaient aussi tenus de se présenter pour fournir les courses de quintaine au jour indiqué par le même seigneur. Enfin il était dû par quelques tenanciers, habitant la paroisse de Vendel, certaines petites rentes, l'une de 15 deniers, l'autre de 6 deniers et la troisième de 3 deniers qui devaient être payées dans l'église même de Vendel, pendant la messe de minuit, à Noël, au banc seigneurial du lieu (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 30). Dans le fief de Montoger, en Luitré, chaque sujet était obligé, la veille de Noël, « soubs peine d'amende de 60 sols monnoie, d'aider à transporter dans la salle du manoir de Montoger et placer dans la cheminée de ladite salle deux tisons et une fourche pris dans les dépendances de ladite terre de Montoger » (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 30). A cause de ses fiefs des Haries le seigneur du Boislehou prétendait avoir droit à la seigneurie de la paroisse de Javené, dont l'église, le cimetière et le presbytère se trouvaient enclavés dans le Grand-Fief de Javené, faisant partie, selon lui, de la seigneurie des Haries. En résumé le seigneur du Boislehou se disait fondateur de six églises paroissiales et tréviales : Luitré, Dompierre-du-Chemin, Vendel, Billé, Javené et La Celle-en-Luitré. Dans trois de ces églises les armoiries des seigneurs du Boislehou — intersignes de leurs droits féodaux — se voyaient encore naguère. Dans l'église de Luitré nous en avons relevé plusieurs ; c'est d'abord un écusson en pierre sculptée, placé dans la chapelle Sainte-Anne bâtie en 1668 ; il porte : Parti : au 1er fretté d'argent et de sable de six pièces, qui est du Boislehou ; et au 2ème d'or au lion de gueules, surmonté d'une fleur de lys d'azur, qui est de Goué. C'est le blason de Jean du Boislehou, seigneur dudit lieu, marié en 1655 à Marie de Goué. — C'est ensuite sur un rétable d'autel d'un assez beau travail, dans la chapelle opposée à la précédente, les armoiries suivantes d'un membre de la famille du Boislehou dont nous n'osons préciser le nom : Ecartelé ; au 1er d'argent à une tête de levrier de gueules colletée d'or qui est...; au 2ème fretté d'argent et de sable de six pièces, qui est du Boislehou, au 3ème d'argent à l'aigle de sable becquée et membrée de gueules, au bâton d'or brochant, qui est de Beaucé ; au 4ème de gueules à trois gautelets d'argent en pal, qui est de Vendel. Dans l'église de La Celle-en-Luitré on retrouve également plusieurs fois le simple blason du Boislehou : Fretté d'argent et de sable de six pièces ; d'abord dans le chœur au-dessus d'une tribune surmontant la sacristie, puis extérieurement sur la muraille méridionale du temple ; enfin on distingue encore les derniers vestiges de la litre seigneuriale qui enveloppait l'édifice en dehors. L'église de Dompierre-du-Chemin conserve l'écusson du seigneur du Boislehou et de Launay-Vendel : c'est au-dessus de l'arc triomphal donnant entrée de la nef dans le choeur, le blason : Fretté d'argent et de sable de six pièces, qui est du Boislehou, et dans la sacristie — que surmonte une galerie et qui fut peut-être à l'origine une chapelle seigneuriale — l'écu : De gueules à trois gantelets d'argent en pal, qui est de Vendel. Quant aux églises de Vendel, Billé et Javené, elles n'ont point gardé, croyons-nous, les intersignes seigneuriaux qui les décoraient jadis ; cependant dans la dernière on devine plutôt qu'on ne voit quelques traces d'une ceinture extérieure dont les écussons ont complètement disparu. D'ailleurs à Billé les prétentions au droit de fondation et de prééminence, émises par le seigneur du Boislehou, étaient combattues par le seigneur de la Ronce qui réclamait ce privilège féodal. 

Le domaine proche de la seigneurie du Boislehou comprenait : le manoir de ce nom et sa chapelle, dont nous reparlerons à l'instant — un colombier, des jardins, des bois et une grande prairie ne contenant pas moins de soixante journaux, — l'étang du Boislehou, et son moulin, — une dîme en Luitré sur les grains, chanvres, cochons, etc., — les métairies nobles de Boislehou, la Cervelle, la Caillère, le Grand et Petit-Boissay, la Roche, toutes en Luitré, — les métairies roturières des Grande et Petite-Gautries, — les manoir, métairie, bois, étang et moulin de Launay-Vendel en Dompierre-du-Che­min, — l'étang des Haries, également en Dompierre, — les manoir, métairie, bois et étang de Montoger en Luitré, — la métairie de la Fosse et le moulin de Chérinel, également en Luitré, — les métairies nobles des Grande et Petite Angevinières, avec leurs bois et leur étang, plus la métairie noble de la Coatfordière, le tout en La Chapelle-Janson, — enfin, un droit de pêche dans l'étang de Châtillon-en-Vendelais. Le revenu de tout ces domaines était en 1777 d'environ 9 000 livres, mais il fallait y ajouter les rentes que produisaient les fiefs et la juridiction ; elles étaient considérables, de sorte que le Boislehou formait vraiment alors une importante seigneurie (Voir le Prisage des biens de feu M. de la Belinaye en 1777 – Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 30). 

Il reste à dire quelques mots de la maison même du Boislehou et de sa chapelle. Ce n'était pas vraisemblablement un château-fort, mais seulement un manoir pouvant au besoin résister à un coup de main ennemie. C'est pourquoi Françoise de Montbourcher, veuve de Claude du Boislehou, put, comme nous l'avons dit, y placer quelques pièces d'artillerie et y loger un certain nombre de soldats huguenots. Depuis longtemps aucune trace de fortifications ne subsiste au Boislehou ; les douves même qui entouraient le logis ont complètement disparu et il n'est point fait mention de défenses militaires dans les Déclarations du manoir qui nous sont demeurées. A la fin du XIXème siècle, cette vieille maison noble est une vaste construction sans style, mais on y voit encore le souterrain ou « grande salle voultée servant autrefois de prison », dit l'acte de prisage de 1777. Dans la cuisine, qui a du remplacer quelque ancienne salle, est sculpté sur le manteau de la cheminée l'écusson en pierre de Claude du Boislehou, époux vers 1560 de Françoise de Montbourcher : Ecartelé : au 1er Fretté d'argent et de sable de six pièces, qui est du Boislehou ; au 2ème d'or à trois chaunes de gueules, qui est de Montbourcher ; au 3ème de gueules à trois gautelets d'argent en pal, qui est de Vendel ; au 4ème de... à trois mouchetures d'hermines. Quant à la chapelle accompagnant le manoir du Boislehou, comme elle tombait de vétusté au XVIIème siècle, Anne de Beaucé, veuve de Gabriel du Boislehou, la fit reconstruire. Cette dame y fonda, par acte du 17 juin 1648, deux messes hebdomadaires pour les mardis et vendredis ; elle promit d'entretenir convenablement le nouveau sanctuaire, donna au chapelain sa métairie du Petit-Boissay et présenta Jean Caillebel pour desservir sa fondation (Archives d'Ille-et-Vilaine, 9 C, 18). Le 10 août de la même année, Pierre Nicolas, recteur de Luitré, bénit cette chapelle et la dédia à la Sainte-Vierge et à saint Jean-Baptiste et sainte Anne. La cérémonie se fit solennellement en présence de la fondatrice Anne de Beaucé, dame de Vendel, de Jean du Boislehou, seigneur dudit lieu, son fils, de Charles de la Corbière, seigneur de la Berrichère, de Jean l'Espronnière, seigneur dudit lieu, d'Urbain l'Espronnière, seigneur de la Villarmois, du clergé de Luitré et de La Celle-en-Luitré : Jean Malassix et Michel Caillère, subcurés, Médard Jouet, Pierre Pihan et René Jouet, prêtres, et de grand nombre de peuple (abbé Pâris-Jallobert, Ancien registre paroissial de Luitré, 37). C'est dans cette chapelle que le 27 décembre 1672 François de la Belinaye, seigneur dudit lieu et de Racinoux, épousa Marie du Boislehou. Restaurée et entretenue, Notre-Dame du Boislehou continue d'être parfois desservie, à la fin du XIXème siècle, par le clergé de Luitré. Entouré d'un parc bien tenu et de vastes prairies qu'arrosent les eaux d'un bel étang, le château du Boislehou, propriété et habitation, à la fin du XIXème siècle, de M. le comte Charles de la Belinaye, est une des jolies résidences des environs de Fougères (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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