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L'ORGUE DE LA CATHÉDRALE DE NANTES DANS LE PASSÉ |
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C'est plusieurs siècles avant Jésus-Christ qu'il faut chercher les origines de l'orgue. Si dans l'Ecriture, dans les Psaumes en particulier, le terme d'organum a un sens général, sans rapport avec l'orgue tel que nous le concevons, nous en trouvons cependant le principe dans les premiers instruments à vent, la flûte de Pan, surtout.
A Alexandrie, sous le règne de Ptolémée Evergète, l'hydraule fait faire un pas considérable à l'orgue dont nous trouvons déjà, à cette date, les principaux éléments.
Dans les premiers temps du christianisme, il était considéré comme un instrument très profane, aussi l'usage n'en était-il pas admis dans les églises. Ce n'est qu'en 660 que le Pape Vitalien, dit-on, en autorisa l'emploi par un bref. Mais il ne s'introduisit en France que beaucoup plus tard. En 757, les Ambassadeurs de Constantin Copronyme, empereur de Constantinople, offrirent à Pépin le Bref un orgue qui fut placé dans l'église Saint-Corneille, à Compiègne. Puis, en 827, l'Abbé de Saint-Savin, en Poitou, en dota l'église de son monastère. Mais ces instruments ne ressemblaient en rien à ce que l'orgue devint dans les siècles qui suivirent ; qu'on en juge plutôt par cette description faite en 951 :
« Cet instrument se composait de 400 tuyaux et de 26 soufflets. Il fallait un nombre considérable de souffleurs pour actionner ceux-ci. Les touches mesuraient 1 m. 87 de long et 16 centimètres de large. Il fallait les frapper à coups de poings et de pieds ».
Un peu plus tard, pour remédier aux inconvénients de ces instruments vraiment encombrants, on construisit des orgues portatives ou " positives ", ainsi nommées parce qu'on les pouvait placer là où on le désirait. Nous en voyons les dessins dans de vieilles estampes ou de vieux vitraux.
Ce terme " positif " a servi ensuite à désigner le petit buffet placé devant le grand corps d'orgue et qui contient habituellement les tuyaux du clavier appelé pour cela " Positif ".
A quelle époque exacte l'usage de l'orgue s'établit-il à la Cathédrale de Nantes ? Il est difficile de le dire de façon précise. Aux XIIIème et XIVème siècles, le service de l'orgue dans les églises étant assez répandu, la Cathédrale ne devait pas faire exception. En tout cas, nous avons des données précises, à partir du XVème siècle, époque à laquelle fut construit l'édifice actuel.
En 1466, le chapitre donnait « quatre livres quinze sols à René Parajaud qui avait " réparé les orgues " ».
En 1531, il passe un marché avec Grégoire Ambrosy. Il s'agit d'orgues nouvelles payées mille livres, cependant qu'on commandait le buffet d'orgue à deux menuisiers au prix de 200 livres.
En 1555, on ajoutait un jeu de cornet qui coûtait vingt écus sol. C'est à cette époque aussi que, pour remédier au ravage fait par les rats, on transporta l'orgue sur le jubé. A la démolition de celui-ci, on construisit la tribune où il se trouve actuellement.
Cette tribune, très remarquable dans l'ensemble, offre des détails particulièrement intéressants, tels ses clefs de voûte.
C'est de ce début du XVIIème siècle que date vraiment le grand orgue de la Cathédrale.
Le marché pour la confection de cet instrument fut conclu le 11 septembre 1619, « par devant Guillet, notaire royal, entre Jacques Girardet, facteur d'orgues, et une commission dans laquelle nous relevons les noms de Bienvenu, chapelain perpétuel et organiste de la Sainte-Chapelle à Paris, et Giraud, abbé de Meilleraie ».
Le devis portait :
« Montre de 16 pieds, ouverte [Note : Sans entrer dans des détails techniques sur la facture de l'orgue, ce qui dépasserait le cadre de cette étude, il faut rappeler que les jeux se désignent par la hauteur du plus grave de leurs tuyaux, que les jeux de fond sont ouverts ou bouchés ces derniers parlant une octave au-dessous des jeux ouverts], d'étain fin pur, poli et bruni ».
« Bourdon de 8 pieds, bouché, sonnant à l'unisson de la montre. Les deux premières octaves de bois, le reste de plomb ».
« Une montre de 8 pieds, ouverte, d'étain ».
« Un jeu de 4 pieds, bouché (à l'unisson du dit 8 pieds) ».
« Un 4 pieds, ouvert, nommé prestant ».
« Un 2 pieds ouvert ».
« Une fourniture de 4 tuyaux ».
« Une flûte de grosse taille, de 4 pieds, ouverte, de plomb ».
« Un nasard de plomb (quinte) ».
« Un autre nazard de plomb ».
« Un flageolet d'étain ».
« Une tierce d'étain ».
« Un cornet à bouquin [Note : Le ‘’cornet à bouquin " (bouche) était une sorte de petit cor, fait en corne de bœuf. Le jeu de " cornet à bouquin " était sensiblement notre cornet actuel], commençant en C sol, de 5 et 6 tuyaux, entièrement de plomb ».
« Trompette de 8 pieds, le corps d'étain et les anches de cuivre ».
« Un cromorne sonnant le 8 pieds, d'étain ».
« Un clairon à l'octave de la trompette (corps d'étain), anche de cuivre ».
« Un clavier de pédales de 30 notes, avec 2 registres : une flûte de bois (ouvert) et un jeu d'anche d'étain, plus fort que la trompette du Positif ».
« Une montre de 8 pieds, ouvert, polli et bruni ».
« Bourdon de 4 pieds, bouché (sonnant 8 pieds), la première et seconde octaves de bois, le reste de plomb ».
« Un 4 pieds d'étain, ouvert ».
« Un 2 pieds d'étain, ouvert ».
« Une fourniture de 3 rangs, d'étain ».
« Une cymballe de 2 rangs, d'étain pur ».
« Une flûte de 2 pieds, bouché, sonnant, 4 pieds ».
« Un nazard ».
« Un larigot d'étain ».
« Un cromorne sonnant 8 pieds ».
« Chaque jeu ayant son registre,
« 4 soufflets. »
« 1 tambour. »
« 1 rossignol. » [Note : Il était d'usage, à cette époque, de placer dans les orgues, des tambours, des sonnettes et des jeux imitant le chant des oiseaux. Cet usage a, heureusement, complètement disparu dans la suite. Cependant dans certains instruments de facture étrangère, on trouve encore, à notre époque, des tambours et grosses caisses].
« 1 bon tremblant. »
« Les abrégés porteront manivelles et autres choses nécessaires, pour faire sonner tous les jeux ».
« 2 claviers, l'un pour le grand orgue, l'autre pour le positif, de 49 marches et feintes, les feintes (touches noires) d'ébène et les marches (touches blanches), d'ivoire ».
« Le tout au prix de 7.600 livres, garanti un an après réception, à moins que l'accident ne soit le fait de l'organiste et autres personnes de l'église. Les frais de voyage de Bienvenu devaient être à la charge de Girardet, si l'orgue, par suite de défauts, n'était pas reçu ; à la charge du Chapitre, dans le cas contraire ».
« La somme était payable en plusieurs versements ».
« Girardet s'obligeait sur tous ses meubles et immeubles présents et futurs, même par la prison (en prison fermée) en cas de défaut ».
Comme on peut le voir, malgré les siècles, les choses n'ont pas sensiblement changé et ce devis ressemble en plus d'un point à ceux que l'on signe actuellement, encore qu'on ne songerait tout de même pas à menacer de prison nos modernes organiers. Ainsi constitué, cet orgue de 1620 est la base de l'instrument tel que nous le voyons à l'heure actuelle.
Le 2 mars 1643, il fut payé 300 livres à Antoine Le Vasseur, facteur d'orgues, pour le travail qu'il avait accompli.
En 1674, un facteur du nom de Morlet répare « la fourniture, la cymballe, les trompettes, clairon, cromornes et voix humaine ». Morlet était à cette époque un facteur célèbre, c'est lui qui fit le grand orgue de Saint-Ouen de Rouen. En 1686, Pierre Bredard, facteur d'orgues à Orléans, fut chargé « de relever tous les tuyaux de l'orgue tant du grand corps et positif que de l'écho pour les nettoyer, de régaller tous les jeux d'anches comme trompettes, clairons, cromornes et voix homaine et de faire à neuf la première octave d'en bas du cromorne du positif ». Ce travail lui fut payé 800 livres en plusieurs versements, dont le dernier fut réglé le 20 Janvier 1688.
Le 14 juillet 1698, il fut payé à « maître Antoine Vincent, facteur d'orgues », 166 livres onze sols, pour réparations faites à l'orgue. Si l'on tient compte du temps qu'il passa à faire ce travail (46 jours), il faut en conclure que la crise des changes n'existait pas alors, et que la livre avait une valeur autrement importante à cette époque que notre franc actuellement.
En 1744, « Collar, facteur d'orgues à Paris », procède au relevage de l'orgue, et ajoute une montre au positif. Collar qui avait avec lui un ouvrier, y travailla pendant neuf mois. Le Chapitre paya 54 livres à son logeur « pour le loyer du lit et du linge » fournis durant ce temps.
Le 19 août 1767, nouvelles réparations. A cette époque, il y avait en France un facteur d'orgues assez réputé, Jean François Lépine, fils de François Lépine, facteur d'orgues lui-même, et élève de Dom Bedos [Note : Dom Bedos, auteur d'un célèbre ouvrage : « L'Art du facteur d'orgues », et Illustre organier]. C'est à lui que le Chapitre s'adressa pour faire ajouter le « jeu de bombardes ». Lépine fit ce travail pour la somme de 3.300 livres. Ce même facteur était chargé l'année suivante d'accorder l'orgue au prix de 500 livres par an.
Le 15 juillet de cette année 1768, le Chapitre décide de faire augmenter l'orgue. Il charge les chanoines Flippon et Gauvain de conclure un marché avec Lépine. Le buffet de l'orgue devait être augmenté d'une tourelle à chaque extrémité, contenant chacune 10 tuyaux de montre neufs. On ajoutait de plus de nouveaux jeux : une grosse tierce, une grosse fourniture, un basson, une trompette de récit, un hautbois. C'était en somme, l'orgue tel qu'il se présente extérieurement encore aujourd'hui. Les deux tourelles, dont il est question, sont celles qui ont à la base les cariatides.
Le 24 novembre 1780, l'organiste, M. Joubert, attira l'attention du Chapitre sur l'urgence des réparations qu'il fallait faire à l'orgue. Le Chapitre désigna deux de ses membres, MM. Soldini et de Hercé pour examiner avec l'organiste l'état de l'instrument. Après examen de la commission, les réparations furent reconnues nécessaires.
François-Henri Clicquot [Note : François-Henri Clicquot, né à Paris en 1728, mort à Paris en 1791] jouissait alors en France, d'une énorme réputation d'organier. Il avait été chargé de construire l'orgue de Saint-Sulpice. L'inauguration de cet instrument, qui avait eu lieu le 15 mai 1781, avait été pour lui, un grand succès. « La critique n'a rien trouvé à relever dans son ouvrage, c'est un triomphe pour M. Clicquot, » lisait-on dans les journaux de l'époque. Ce même Clicquot construisit la plupart des orgues des églises de Paris.
Le devis pour l'orgue de la Cathédrale de Nantes portait sur une somme de 20.000 livres, payable en 4 ans. Ce travail fut terminé en 1784. En 1785, les réparations et augmentations furent approuvées, et les dernières 5.000 livres furent versées à Clicquot. Etant donné le prix énorme que représentaient à cette époque 20.000 livres, on peut en déduire que l'orgue a été presque entièrement refait par Clicquot. Aussi bien, retrouve-t-on dans cet instrument, tous les caractères de sa facture : douceur et rondeur des jeux de fonds, scintillement des mixtures, exquise sonorité des cornets. Si l'on ajoute à cela que, sans rien de forcé, les moindres sonorités se perçoivent dans toutes les parties de l'église, on aura retrouvé les qualités qu'on peut admirer dans toutes les orgues de la région parisienne signées de Clicquot, celles de Saint-Gervais, en particulier.
C'était à ce moment la veille du cataclysme révolutionnaire. Cet orgue, que des siècles avaient façonné, allait-il disparaître en quelques instants, victime des foules inconscientes et stupides ? A Nantes même, plusieurs orgues furent vendues à l'encan, d'autres furent détruites. Il semblait bien que l'instrument remis à neuf par Clicquot, dut subir ce sort. Le Comité révolutionnaire, avait, en effet, décidé sa destruction, quand il fut sauvé par l'habileté de l'organiste Joubert. Celui-ci fit ressortir qu'il pouvait être utile à l'éclat des fêtes révolutionnaires qui se donnaient dans la cathédrale.
En pleine révolution, on se préoccupe même de le nettoyer afin « d'amuser le peuple qui s'en voyait privé avec peine pour les fêtes décadaires », disait une circulaire du 13 juin 1799.
Il y eut quelques difficultés dans la suite, entre le Département et la Ville de Nantes, pour le règlement de ces frais de nettoiement. Une lettre de Portalis, ministre de l'Intérieur par intérim, à Belleville, préfet de la Loire-Inférieure, en date du 10 Brumaire, an 13, (1er novembre 1804), spécifiait que les 1.260 livres payées pour ces frais de nettoiement, devaient être à la charge de la commune, et non pas du département ; l'édifice qui, à ce moment, venait d'être restitué au culte, ayant été laissé gratuitement à la commune.
En 1833, une décision du Chapitre confia à un facteur de Nantes, le soin de relever le grand orgue. Mais on ne fit qu'un travail incomplet, puisqu'on omit d'améliorer la soufflerie. Celle-ci ne donnant qu'une pression insuffisante pour les jeux de 16 pieds, on essaya d'y remédier en 1846. On demanda des devis aux maisons Cavalier et Ducroquet, mais la Révolution, en passant, avait dépouillé les églises, et les ressources de la Cathédrale ne pouvant suffire pour entreprendre ce travail, on sollicita le concours du Gouvernement. Celui-ci promit, mais ne tint pas ses promesses. Vers 1850, l'organiste M. Minard, se fit plus pressant. Dans une lettre écrite à cette époque, il disait :
« L'orgue n'a subi aucune réparation depuis 1780, aussi est-il dans un état déplorable, la soufflerie surtout est tellement défectueuse qu'elle ne donne plus le vent nécessaire, aussi les jeux d'anches ne parlent pas dans le dessus, et par compensation, les jeux de fonds ne disent rien dans les basses. Les claviers datent de 1619, c'est dire dans quel état ils sont ; les touches noires enfoncent de plusieurs centimètres au-dessous des touches blanches, ce qui est peu interessant pour l'organiste ; les sommiers perdent pour la plupart le vent, et ils sont d'ailleurs étroits ; plusieurs jeux d'anches sont tellement usés, qu'il devient impossible de s'en servir ; je cite comme tels, la voix humaine et le Krumhorn. Pour couronmr le tout, les soufflets du positif étant plus détériorés que les autres, le positif reçoit moins de vent et n'est jamais d'accord avec le Grand Orgue.
Malgré cela, l'orgue produit encore un bel effet, les jeux du grand orgue ont une grande puissance dans le médium, la bombarde à la main est d'une qualité supérieure, on peut en dire autant de la trompette et du hautbois du positif. Il n'est pas douteux que si cet instrument était bien réparé, il ne fut un des meilleurs de province. C'est l'opinion de MM. Barker, Hamel et Cavaillé Coll qui l'ont visité et qui ont même dressé un devis au sujet des réparations à y faire. Il est encore une chose qui mérite la faveur d'une réparation qui devient de plus en plus urgente, je veux parler du peu de solidité du buffet qui date de 1619, et qui surplombe de plus de vingt centimètres. Quoique les Bretons aient la réputation d'avoir la tête dure, ils seraient peu flattés, je pense, d'être un jour coiffés par l'orgue ».
A ce moment, l'orgue était ainsi composé :
CLAVIER DU POSITIF, d'ut au fa (54
notes).
1 Prestant.
2 Montre ...... 4 pieds.
3 Bourdon.
4 Flûte.
5
Plein jeu.
6 Doublette.
7 Clairon.
8 Trompette.
9 Cornet.
10 Krumhorn.
11
Hautbois (3 octaves).
12 Nazard.
13 Tremblant.
GRAND ORGUE (54 notes).
1 Prestant.
2 Bourdon..... 16 pieds.
3 Montre.... 16 —
4 Bourdon......
8 —
5 Montre...... 8 —
6 Flûte..... 8 —
7 Cornet.
8 1ère Trompette.
9 2ème
Trompette.
10 Clairon.
11 Fourniture.
12 Cymbale.
13 Doublette.
14
Quarte.
15 Tierce.
16 Nasard.
17 Grosse Tierce.
18 Gros Nasard.
19 Voix humaine.
20 Tremblant.
CLAVIER DES BOMBARDES.
1 Bombarde.
2 Trompette.
3 Clairon.
4 Cornet.
CLAVIER DU RÉCIT (37 notes).
1 Flûte.
2 Cornet.
3 Hautbois.
4 Trompette.
CLAVIER D'ECHO.
1 Bourdon.
2 Flûte.
3 Clairon.
4 Trompette.
5 Cornet.
CLAVIER DE PÉDALES, de fa à ut
dièze (33 notes).
1 Bourdon.
2 Bourdon.
3 Clairon.
4 Trompette.
5 Bombarde.
L'orgue était alimenté par dix soufflets.
En 1866, le Chapitre entreprit enfin de nouvelles réparations, il nomma une commission composée de : Bourgaud-Ducoudray, Grand Prix de Rome ; Martineau, Maître de Chapelle et Minard, organiste de la Cathédrale.
Cette commission jugeant qu'une restauration assez complète de l'orgue était nécessaire, fit un voyage d'étude et visita les orgues des principales églises de Rennes, Rouen et Paris. Un devis fut dressé et soumis à l'approbation de plusieurs organistes de Paris, d'Ambroise Thomas compositeur, et Benoist professeur au Conservatoire.
C'est à la Maison Merklin de Paris, que fut confié ce travail qui comportait surtout une nouvelle soufflerie. Chose curieuse : en faisant le relevage des jeux du positif, on découvrit tout un foyer d'incendie posé là, évidemment, par une main criminelle : étoupes, allumettes, amadou avaient été placés entre le sommier et le faux sommier. Heureusement, l'amadou n'ayant été atteint que légèrement par le feu, l'incendie fut évité et l'orgue ainsi préservé.
A quelle date cette tentative ? Comment l'expliquer ? Vengeance, passion anti-religieuse ? Nul ne saurait le dire. Aussi bien, l'orgue était sauvé : c'était l'essentiel.
Depuis cette époque, aucune réparation importante n'eut lieu. La Maison Debierre, de Nantes, fut chargée de l'entretien de l'orgue. Ce soin incombe maintenant aux successeurs de M. Debierre : MM. Le Mintier et Gloton.
Telle fut dans ses grandes lignes l'histoire de l'orgue de la Cathédrale.
C'est un monde qu'un instrument comme celui-ci, avec sa multitude de tuyaux, ses transmissions, ses souffleries ! Que les réparations y aient été fréquentes, il n'y a rien d'étonnant à cela, d'autant que la plupart du temps, ce furent plutôt des perfectionnements.
Cet orgue fut l'oeuvre de trois siècles.
Qu'on lise les annales d'autres instruments de cette époque, on verra combien peu elles diffèrent ; et puis, il est convenu de dire qu'il est nécessaire, — et les faits prouvent cette nécessité, — de relever un orgue moderne tous les 25 ou 30 ans ; il sera aisé de constater, pour l'orgue de la Cathédrale, que pendant les 300 ans de son existence, on n'a pas atteint ce chiffre moyen.
L'ORGUE (actuel en 1924).
En 1924, le grand orgue de la
Cathédrale se compose de 50 jeux ainsi répartis :
ECHO.
1 Flûte.
2 Bourdon ...... 8.
3 Cornet.
4 Clairon.
5 Trompette.
RÉCIT.
1 Hautbois.
2 Cornet.
3 Bourdon ....... 8.
4 Flûte ...... 8.
5 Trompette.
GRAND ORGUE.
1 Montre......... 16.
2 Dessus de flute....... 8.
3
Bourdon........... 8.
4 Flûte harmonique........ 8.
5 Montre.......... 8.
6 Bourdon........... 16.
7 Gambe........... 8.
8 Prestant.
9 Quarte.
10 Doublette.
11 Cymballe.
12
Clairon.
13 Gros Nazard.
14 Fourniture.
15 Voix humaine.
16 1ère Trompette.
17 2ème
Trompette.
18 Cornet.
POSITIF.
1 Salicional ........ 8.
2 Flûte harmonique
........ 4.
3 Montre .............. 8.
4
Bourdon ............ 8.
5 Prestant.
6 Cornet.
7 Nazard.
8 Bromorne.
9
Clairon.
10 Doublette.
11 Trompette.
12 Hautbois.
BOMBARDE.
1 Cornet.
2 Bombarde ............ 16.
3 Clairon ......... 4.
4
Trompette ....... 8.
PÉDALE.
1 Flûte .............
2 Bourdon .......... 16.
3 Bombarde
........... 24.
4 Flûte .......... 8.
5 Trompette ........ 8.
6 Clairon ......... 4.
Les claviers du grand orgue du positif et de la bombarde ont 54 notes.
L'écho et le récit : 37 notes.
Le pédalier a 33 notes du fa à l'ut dièze.
Il n'existe aucune pédale d'accouplement, de tirasse, d'appel. Les trois premiers claviers manuels peuvent être accouplés, comme sur toutes les vieilles orgues, par le système dit « du tiroir ».
Voir aussi
"
Les anciens organistes de la cathédrale de Nantes"
(Marcel Courtonne).
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