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NANTES

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La commune de Nantes (pucenoire.gif (870 octets) Naoned) est chef lieu de canton. Nantes dépend de l'arrondissement de Nantes, du département de Loire-Atlantique. 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de NANTES

Nantes vient de la tribu gauloise des Namnètes

Corbilo, port fluvial à l'embouchure de la Loire (selon l'historien Polybe, en l'an 147 avant Jésus-Christ) est créée entre l'an 900 et 600 avant Jésus-Christ : elle deviendra plus tard la capital de la tribu gauloise des Namnètes. Il faut attendre Ptolémée (IIème siècle) pour lire le nom de Condevincum ou Condevicnum (le bourg du confluent). L'arrivée des Celtes se situe entre l'an 500 et 100 avant Jésus-Christ. Les Namnètes, peuple gaulois, occupent la région de Nantes à Angers vers l'an 70 avant Jésus-Christ. Occupation romaine suite à la victoire de César sur les Vénètes, peuple voisin des Namnètes, dans une bataille navale à Saint-Gildas de Rhuys entre la presqu'île de Rhuys et Le Croisic en l'an 56 avant Jésus-Christ. Vers l'an 50 avant Jésus-Christ Nantes se nomme " Portus Namnetus " (cité dans la table de Peutinger au début du IIIème siècle) et prend son essor au IIème siècle au détriment de Rezé (Ratiatum), une cité gallo-romaine florissante. La cité gauloise des Namnètes devient alors une "civitas" soumise sous Jules César. Dans la " Notitia provinciarum " (IVème siècle) apparaît la " Civitas Namnetorum ".

La christianisation de Nantes se fait au IIIème siècle : Saint Clair, premier évêque de Nantes en 275, entreprend la conversion des armoricains (Donatien et Rogatien, deux jeunes chrétiens de Nantes sont exécutés par les hommes de Dioclétien en 290). Nantes est fortifié en l'an 276, juste avant les invasions et les pillages des Francs et des Saxons vers l'an 285. Longue de 1 665 mètres environ, l'enceinte protégeait une superficie de 16 hectares. Après l'adhésion au christianisme de l'empereur Constantin en 325, un premier temple est consacré au Dieu des chrétiens, sur le coteau Saint-Similien.

Vers 380, Conan Meriadech, le neveu d'Octavius, dernier gouverneur romain de la région, serait monté (d'après une légende) sur le trône de Bretagne. En 421, Salomon, petit-fils de Conan Meriadech, devient roi de Bretagne. Suite au décès de Salomon (qui est égorgé dans une église de Brest), Grallon (le frère de Salomon) lui succède en 434. En 445, Audren, fils de Salomon, monte sur le trône : il participe à la guerre contre Attila. En 444-458, l'évêque Léon fait ériger la basilique Saint-Similien et la chapelle Saint-André. En 475-499, l'évêque Karmundus (ou Kamundus) fait bâtir Saint-Domatien (ou Saint-Donatien). D'autres historiens attribuent la fondation de chapelle ou de l'église Saint-Donatien à l'évêque Cerunius en 490 ou au comte Lambert (IXème siècle). Budic succède à son père Audren en 490. En 490, Clovis s'empare de Nantes et la ville de Nantes passe alors sous la domination des Francs

L'évêque Eumélius II dirige le diocèse de Nantes de 527 à 549. En 549, Saint Félix devient évêque de Nantes et crée le port de Nantes. Saint Félix, qui décède en 583, consacre la première cathédrale de Nantes (commencée par son prédécesseur Eumélius) le 30 septembre 567.

Les Bretons chassés des îles britanniques par les Anglais et les Saxons arrivent aux Vème et VIème siècles (vers 589). Herblain, ancien officier de Clotaire III, établit un monastère dans l'île d'Indret au VIIème siècle. En 603, saint Colomban est exilé à Nantes par Thierry III de Bourgogne. Un concile se tient à Nantes en 658. Les Français s'emparent de Nantes en 691. En 826, Nantes est sous l'autorité de Lambert, représentant de Louis le Pieux, roi des Francs : celui-ci recommande au roi de confier le comté à Nominoé, lieutenant général de Bretagne. En 840, Nominoé entre en guerre contre Charles le Chauve. En 843, le comte Rainald et les Nantais sont battus par les bretons à Blain. L'armée de Charles le Chauve est battue le 22 novembre 845 auprès du monastère de Ballon (au nord-est de Redon) et Charles le Chauve reconnaît alors l'indépendance de la Bretagne et la souveraineté de Nominoé. A Nantes l'évêque Actard, jugé trop ami des Francs, doit céder la place à son rival Gislard, qui exerçait déjà sa juridiction sur le pays de Guérande. Charles le Chauve est à nouveau battu à Jengland en 851 : il reconnaît alors à Erispoé, fils de Nominoé, le titre royal et lui cède les comtés de Rennes, de Retz et de Nantes. Nantes devient bretonne.

Les premiers pillages normands ont lieu en 843 : les vikings sont venus le 24 juin 843 de Noirmoutier (qu'ils avaient ravagé en 835) à bord de 67 bateaux massacrant dans la cathédrale l'évêque Gohard (abattu sur les marches de l'autel et inhumé à Angers) et une bonne partie des fidèles nantais. En 853, nouveaux raids des vikings (qui occupent l'île de Biesse) sur la ville de Nantes : les vikings sont chassés de l'île de Biesse par Erispoé en 855. En 857, Salaün (Salomon), le neveu de Nominoé élimine Erispoé, et monte sur le trône de Bretagne. Salaün est assassiné par Pascweten, son gendre. En 890, Alain Le Grand, comte de Vannes et frère de Pascweten, s'autoproclame roi des Bretons : il bat une armée viking à Questembert et reconquiert la péninsule bretonne en repoussant les vikings jusqu'à la Seine en 891. Après la mort d'Alain le Grand en 907, les vikings ravagent à nouveau la région. En 919, les Normands attaquent le pays nantais (on voit les vaisseaux de Raghenold mouiller en 919 devant Nantes). Le poste que les envahisseurs rétablirent dans l'île de Biesse devait, cette fois, durer dix-huit années (919-937). Robert Ier, roi de France, est tenu en échec devant Nantes en 921. En 937, Alain Barbe-Torte, le petit-fils d'Alain le Grand, bat les Normands sur les coteaux de Saint-Nicolas et les chasse de leur lieu de retranchement (le pré Anian ou pré Dian). Il est sacré duc de Bretagne et fonde le duché de Bretagne. Alain Barbe-Torte décède en 952, son corps est déposé à Saint-Donatien, puis inhumé à la collégiale Notre-Dame. Son fils Drogon lui succède et Thibaud le Tricheur, comte de Blois, prend le titre de régent de Bretagne. A la mort de Drogon, en 958, les Nantais se placent sous l'autorité de Foulques le Bon, comte d'Angers et époux de la veuve de Barbe-Torte. Les Normands reviennent une dernière fois, en 960, pour faire des captifs (dont l'évêque Gautier ou Gauthier). La région est défendue par Hoël, un bâtard de Drogon Barbetorte : les Nantais se placent alors sous l'autorité de ce dernier. Thibaud de Blois lui oppose le Tort, comte de Rennes qui devient duc de Bretagne en 979. En 981, Guérec, le fils d'Hoël, est battu à Coquerel (ou Conquereuil) par Conan le Tort (Conan Ier, comte de Rennes). Conan le Tort, qui édifie le château du Bouffay en 990, est tué à Coquerel le 27 juin 992 alors qu'il tente de prendre Nantes. En 1008, Budic, le comte de Nantes, reconnaît le nouveau duc de Bretagne, Alain III. En 1050, à la suite du décès du comte Mathias, Conan, fils d'Alain III et duc de Bretagne depuis 1040, s'empare de Nantes avec l'aide d'Alain Canhiart, comte de Cornouaille, et cède les droits du comté au fils d'Alain Canhiart, Hoël.

Voir Ville de Nantes  La Chronique de Nantes.

Après le décès de Conan II, qui meurt sans descendance, Hoël, comte de Nantes et de Cornouailles devient duc de Bretagne en 1066. Alain Fergent, fils d'Hoël  II, monte sur le trône ducal en 1084. Des chanoines réguliers s'installent à Doulon en 1105. En 1112, Conan III succède à son père, Alain Fergent, qui s'est retiré à l'abbaye Saint-Sauveur de Redon. En 1118, un incendie ravage une partie de Nantes et Conan III fonde le prieuré de la Madeleine, au profit des chanoines de Toussaint d'Angers. Un concile se tient à Nantes en 1129, en présence d'Abélard, abbé de Saint-Gildas-de-Rhuys. En 1141, des templiers érigent la commanderie de Sainte-Catherine sur le pré Nian (aujourd'hui rue d'Orléans). Conan IV, petit-fils de Conan III, devient duc de Bretagne en 1148 après le décès de Conan III. En 1154, le duc Conan IV abandonne Nantes à Henri Plantagenêt, comte d'Anjou, qui vient d'accéder au trône d'Angleterre. Nantes et la Bretagne passent en 1168, sous la domination des Plantagenêts après le mariage de Constance (fille de Conan IV) à Geoffroy, fils de Henri II et d'Aliénor d'Aquitaine. En 1186, est construite la chapelle Saint-Nicolas dans le Bourgmain (burgus magnus), sur la rive droite de l'Erdre. Le meurtre commis par Jean Sans Terre sur son neveu Arthur, fils de Geoffroy et de Constance suscite en 1203, l'intervention du roi Philippe-Auguste. Ce dernier s'empare de la Bretagne et, pour y prolonger sa domination, marie l'héritière du duché, Alix, à Pierre de Braine, fils aîné du comte de Dreux Robert III, et plus connu sous le surnom malveillant de Pierre Mauclerc. Les  dominicains s'installent à l'emplacement actuel de la rue de Strasbourg en 1228. Au début du XIIIème siècle, le duc de Bretagne, Pierre de Mauclerc, entreprend une nouvelle enceinte de fortification afin de remplacer la muraille gallo-romaine malmenée par les invasions normandes et les guerres féodales. Pierre Mauclerc, duc de Bretagne en 1213, reçoit Henri III d'Angleterre en 1230 et remet son duché à Jean Le Roux, son fils, en 1237. Jean Le Roux fait massacrer les juifs de Nantes en 1240. Les cordeliers s'installent à Nantes en 1246. Jean II, fils de Jean Le Roux, succède à son père en 1286. Par une bulle datée du 25 août 1290, le pape Nicolas IV accorde un an et quarante jours d'indulgences, pour un an, le jour de la fête des saints martyrs et pendant l'octave à tous ceux qui iront prier dans la cathédrale de Nantes : " in qua sanctorum martirum Donatiani et Rogatiani fratrum corpora haberi dicuntur " (Reg. Vat. 45, f. 73 v°, ep. 370 ; E. Langlois, Les registres de Nicolas IV, n° 3163). Arthur II succède à son père Jean II en 1305. Jean III succède à son père Arthur II en 1312. Les Carmes s'installent à Nantes en 1318. En 1325, l'évêque Daniel crée la Collégiale Notre-Dame et Jean III érige l'église Saint-Donatien. 

Après le décès, sans héritier, de Jean III, duc de Bretagne, Jean de Montfort son demi-frère, dispute le trône à Jeanne de Penthièvre, nièce du défunt et héritière légitime. Mariée à Charles de Blois, neveu du roi de France, celle-ci est soutenue par Philippe VI et le parti français. Jean de Montfort a l'appui des nobles bretons et des Anglais. Jean de Montfort entre à Nantes le 30 avril 1341, puis est fait prisonnier par les troupes de Charles de Blois en novembre 1341. La ville de Nantes est prise par les Anglais en 1342. Olivier de Clisson, père du futur connétable de France, est exécuté le 2 août 1343 [Note : Son épouse Jeanne de Belleville, luttera opiniâtrement contre le roi de France pour venger son époux]. Après la mort de Jean de Montfort à Hennebont le 23 septembre 1345, son épouse Jeanne de Flandre continue la lutte de son mari. Plusieurs Anglais (56 au total, dit-on) s'emparent du château de Nantes durant les fêtes de Mardi Gras, en 1352. Par une bulle datée du 17 octobre 1384, Clément VII obtient des indulgences aux fidèles qui visiteront la " chapelle " des saints Donatien et Rogatien près de Nantes à certains jours de l'année, ainsi qu'à ceux qui, par leurs aumônes, aideront à la réparer et à la restaurer (Reg. Vat. 297, f. 151 v° ; Reg. Avin. 238, f. 583, v°, inédite) : " Universis christifidelibus, presentes litteras inspecturis, salutem. Licet is de cujus... Cupientes igitur ut capella sanctorum Donatiani et Rogatiani prope muros Nanneten perpetuis futuris temporibus congruis honoribus frequentetur, et ut christifideles eo libentius causa devotionis confluant ad eandem et ad fabricam ipsius capelle manus promptius porrigant adjutrires, quo ex hoc ibidem uberius dono celestis gracie conspexerint se refectos, de omnipotentis Dei misericordia et beatorum Petri et Pauli apostolorum ejus auctoritate confisi, omnibus vere penitentibus et confessis qui in Nativitatis, Circumcisionis, Epiphanie, Resurrectionis, Ascensionis et Corporis Domini nostri Jhesu Christi ac Penthecostes, necnon in Nativitalis, Annuntiationis, Purificationis et Assumptionis Beate Marie Virginis, ac beati Johannis Baptiste, dictorumque apostolorum Petri et Pauli, et in sanctorum Donatiani et Rogatiani, sub quorum vocabulis dicta capella dicitur esse fundata, festivitatibus, ac in celebritate Omnium Sanctorum, et per ipsarum Nativitatis, Epiphanie, Resurrectionis, Ascensionis et Corporis Domini, ac Nativitatis, et Assumptionis ipsius Beate Marie Virginis ac Nativitatis beati Johannis et apostolorum predictorum festivitatum octabas, et per sex dies dictam festivitatem Penthecostes immediate sequentes, unum annum et quadraginta, necnon singulis dominicis quibus dictam capellam devote visitaverint annuatim et ad reparationem et fabricam predictas manus porrexerint adjutrices, ut prefertur, centum et quadraginta dies de injunctis eis penitentiis misericorditer relaxamus. Datum apud Castrum novum, Avinionensis diocesis, XVI Kalendas novembris anno sexto ". Par une bulle datée du 10 mai 1388, Guillaume de Kaer est nommé chanoine de Vannes quoiqu'il possède entre autres bénéfices un canonicat et une prébende : " in sanctorum Donatiani et Rogatiani, in suburbiis Nanneten ... ecclesiis " (Reg. Vat. 301, f. 54 v°). 

Charles de Blois est tué en 1364 à la bataille d'Auray. Le 12 avril 1365, le premier traité de Guérande reconnaît le fils de Jean de Montfort comme duc de Bretagne, sous le nom de Jean IV. Ce dernier ordonne la construction de la forteresse de Pirmil en 1366 (démantelée en 1626). Nantes négocie sa reddition à Du Guesclin en 1373. Entre novembre 1380 et janvier 1381, la ville de Nantes est assiégée par les Anglais mais résiste. Un duel judiciaire a lieu au Bouffay en l'an 1385, entre Robert de Beaumanoir et Pierre de Tournemine : " Le sire Jehan de Beaumanoir « qui moult était preux et vaillant chevalier », ayant été assassiné, son frère Robert fit appeler à Nantes devant le duc, messire Pierre de Tournemine, qu'il soupçonnait d'être l'instigateur du meurtre. L'accusateur offrit au duc « d'en faire la preuve par son corps, selon et comment en tel cas appartient, en appelant au jugement de Dieu ». Après de nombreux ajournements, la rencontre eut lieu, le jeudi 20 décembre « au Bouffay de Nantes », en présence du duc et d'une nombreuse assistance. Les conditions du combat et la nature des armes ayant été d'avance minutieusement fixées par l'accusé, puis acceptées par Robert de Beaumanoir, les lices furent dressées : « Quatre-vingts pas de longueur et soixante-six de largeur ». Vers midi, Pierre de Tournemine se présenta à l'entrée des lices, par trois fois appelé par le héraut en ces termes : « Monsieur Pierre de Tournemine, venez à votre journée contre monsieur Robert, sire de Beaumanoir ». Au troisième appel, le sire de Tournemine, monté et armé, s'avança pour se présenter devant Monseigneur le duc. Les parties séant et étant en leurs cheyères, prêtèrent serment sur les saintes reliques et le livre missel. Les épées et dagues, par quoi ils devaient combattre, ayant été mesurées par le maréchal, Beaumanoir vint et jura le premier. Tournemine après lui fit semblable serment et ils revinrent enfin pour jurer tous les deux ensemble. Ils se retirèrent alors, montèrent sur leurs chevaux et le héraut d'armes cria : « Que tous gens vident les lices fors ceux qui sont adonnés pour garder le champ et qu'il ne soit si hardi de parler, mot sonner, ne faire aucun signe, à peine de corps et de biens ». Lors, le sire de Beaumanoir fut amené en la partie du champ à lui dévolue, et le sire de Tournemine défendeur étant en champ. « Faites vos devoirs ! » cria le maréchal par trois fois et par trois fois il lui fut répondu : « Laissez les aller ! ». Et lors partit ledit Beaumanoir pour aller assaillir ledit Tournemine et commença la bataille entre eux. Puis tous deux se chargèrent à bon escient et vigoureusement, et furent longtemps sans pouvoir s'abattre ni l'un ni l'autre, tellement qu'on demeura un grand temps qu'on ne savait qui aurait du meilleur. Finalement après avoir besogné tant à cheval qu'à pied, de Beaumanoir travailla tant Tournemine qu'il le rendit hors d'haleine, et si travaillé qu'il le contraignit de dire qu'il se rendait. Et de fait, il se rendit. Tournemine fut déclaré vaincu, emmené hors des lices comme s'il eût été mort après que Beaumanoir et ses amis eurent supplié Monseigneur le duc que « celui Tournemine, ne fut ni traîné, ni pendu ! » " (d'après Mellinet, La commune et la milice de Nantes, tome II, p. 201 et suivantes).  

Jean IV décède en 1399 et Jean V devient duc de Bretagne le 7 janvier 1404. En 1404, le pays nantais est fort éprouvé par une épidémie et le clergé nantais organise alors une procession après laquelle le mal cesse ses ravages (Voir : Les voyages de dévotions à Saint-Sébastien). L'église des Jacobins est détruite par incendie en 1410, et reconstruite en 1413 (consacrée le 19 octobre 1413). Le 14 avril 1434, Jean V et Jean de Malestroit posent la première pierre de la nouvelle cathédrale. Jean V décède dans son manoir de la Touche en 1442 et son fils aîné lui succède sous le nom de François Ier. Ce dernier décède en 1450 et son frère lui succède sous le nom de Pierre II. Ce dernier décède en 1457 et son oncle lui succède sous le nom d'Arthur III. Le 29 septembre 1451, le pape Nicolas V charge l'évêque de Vannes de confirmer la fondation de la Chartreuse de Nantes, substituée par Arthur de Richemont à la collégiale des saint Donation et Rogatien (Reg. Vat. 397, f. 329 r°). A la mort d'Arthur III, le 26 décembre 1458, François II, son neveu, devient duc de Bretagne. 

Entre 1436 et 1487, le Conseil des Bourgeois de Nantes adapte les fortifications de la ville à l'utilisation de l'artillerie (ces fortifications sont démolies au cours de la seconde moitié du XVIIIème siècle). Le 4 avril 1460, sous François II, est créée, avec l'accord du pape Pie II, l'Université de Nantes (trois bulles pontificales, en 1414, en 1424 et en 1449 avaient déjà fondé cette institution, mais sans lui donner d'existence réelle). La chapelle des Minimes est construite en 1468. En 1471, François II autorise la confrérie des Chevaliers de Papegault. En 1473, Pierre Landais fait reconstruire l'hôtel de la Bouvardière (aujourd'hui de Briord). En 1477, naissance d'Anne de Bretagne au château de la Tour-Neuve. En 1479, Françoise d'Amboise, veuve de Pierre II et supérieure du Carmel de Vannes, installe sa congrégation aux Couëts (Bouguenais). En 1487, la ville de Nantes est assiégée en vain par Charles VIII qui abandonne le siège le 6 avril 1487. L'armée bretonne est défaite à Saint-Aubin du Cormier en juillet 1488 et le père d'Anne de Bretagne, François II, dernier duc de la Bretagne indépendante, décède le 9 septembre 1488. Le 19 décembre 1490, en violation du traité du Verger signé le 21 août 1488 par François II (qui lui interdit de marier sa fille sans le consentement du roi de France), Anne de Bretagne épouse Maximilien d'Autriche par procuration. Le seigneur d'Albret, Alain d'Albret, se venge alors d'Anne de Bretagne, qui lui a préféré Maximilien, en livrant le 19 février 1491, le château de Nantes aux troupes françaises. Charles VIII, roi de France, vainqueur des Bretons, entre dans la ville de Nantes et Anne de Bretagne épouse Charles VIII au château du Landais, le 6 décembre 1491. Charles VIII meurt accidentellement en 1498. Le 29 janvier 1499, Anne de Bretagne épouse Louis XII, roi de France, à Nantes. Anne de Bretagne décède en 1514 au château de Blois : son cœur est envoyé à Nantes et placé dans le tombeau de son père, François II. Le 22 avril 1515, la reine Claude cède l'usufruit du duché de Bretagne à son mari François Ier, roi de France. Le 4 août 1532, François de France, fils de François Ier et Claude de Bretagne est couronné duc, sous le nom de François III : il décède, empoisonné, le 12 août 1536. Le 13 août 1532, est signé le traité de rattachement de la Bretagne à la France sous le règne de François Ier marié à Claude de France, fille d'Anne de Bretagne et de Louis XII. Par une bulle datée du 27 janvier 1553, le pape Jules II nomme Innocent Millard recteur de l’église paroissiale des saints Donatien et Rogatien près de Nantes en remplacement de Jean de la Roche mort extra curiam au mois de janvier passé (Bulle du 27 janvier 1553 ; Reg. Vat. 1782, f. 206 r°). 

La Chambre des Comptes de Bretagne s'installe à Nantes en 1495. L'Hôtel Dieu est édifié en 1508. Les Etats de Bretagne se tiennent à Nantes en 1519. Dandelot (ou d'Andelot), frère de l'amiral de Coligny, introduit le protestantisme à Nantes en 1559. La mairie de Nantes  est créée en 1559-1560. Nantes passe à la Ligue en 1576-1577 sous la conduite du duc de Mercoeur, et devient la " Capitale de la Ligue ". Signature de l'édit de Nantes par Henri IV au château des Ducs, le 13 avril 1598. 

En 1599, Henri IV substitue un maire de son choix (Gabriel Hux de la Bouchetière) au maire élu par les nantais. 500 portugais viennent s'installer à Nantes en 1603. En 1614, Louis XIII et Marie de Médicis rendent visite à Nantes. En 1626, Louis XIII fait convoquer les Etats de Bretagne dans la ville de Nantes, et durant la même année a lieu l'exécution d'Henri de Talleyrand, comte de Chalais sur la place du Bouffay à Nantes.

Edification de la chapelle du collège de l'Oratoire en 1651. Le cardinal de Retz, un des chefs du parti de la Fronde, qui commença par être abbé de Buzay, dans le diocèse de Nantes, puis archevêque de Paris, est, après son arrestation, enfermé au château de Nantes, d'où il s'évade le 8 août 1654. Le 1er septembre 1661, Louis XIV et Colbert rendent visite à Nantes et Fouquet est arrêté à cette occasion.

Colbert avait entrepris d’unifier, de régulariser, d’assurer les services divers qui constituaient l’administration de la France. Il rencontre dans la réalisation de ses projets de vives résistances, notamment en Bretagne, lorsqu'il veut asservir les Etats de Bretagne qui lui portent ombrage. Cette province avait, de longue date, des droits particuliers que les rois avaient promis de respecter, et que les Bretons défendirent avec ténacité. Grâce à la résistance des Etats, la Bretagne paye relativement peu d'impôts au roi [Note : la fiscalité royale est, à cette époque, moins lourde en Bretagne que dans d'autres provinces] : mais tous le poids en retombe sur les paysans qui supportent aussi la charge de la milice, de la garde-côtes, de la corvée des grands chemins, et de multiples droits féodaux.

Le pays nantais joue un rôle important durant les guerres de Louis XIV. Pour combler le déficit occasionné par la guerre de Hollande, Colbert a recours à la création d'impôts nouveaux. Dans toute la région de l'Ouest, ces impôts provoquent la colère populaire. La révolte des Bonnets Rouges (révolte du papier timbré) éclate en avril-mai 1675 : le duc de Chaulnes, gouverneur de la Province se charge de réprimer le soulèvement.

Le 17 avril 1680, un incendie détruit les rues de la Casserie, de la Clavurerie, du Bois Tortu et de Saint-Nicolas. En 1685, révocation de l'Edit de Nantes par Louis XIV, développement du commerce triangulaire (traite des Noirs) et  Colbert édicte le Code noir qui " réglemente " le sort des esclaves noirs aux îles d'Amérique.

En 1720, suite à une conspiration bretonne contre le Régent, le marquis de Pontcallec, MM. de Talhouët, du Couédic et de Montlouis sont exécutés place du Bouffay. 

L'académie de Musique est créée en 1727. La faculté de Droit est transférée à Rennes en 1735. En 1753, le duc d'Aiguillon est nommé gouverneur de Bretagne : il fait beaucoup pour l'embellissement et l'assainissement des villes. Les murailles de Nantes sont détruites entre 1760 et 1780. La nouvelle Chambre des comptes de Bretagne (actuelle préfecture), ainsi que l'hôtel d'Aux (actuellement hôtel de Corps d'Armée) sont édifiés entre 1762 et 1770. 

Plusieurs milliers d'Acadiens s'installent en 1775 à Chantenay, puis partent en 1785 pour la Louisiane. Benjamin Franklin est de passage à Nantes le 3 décembre 1776. Des conflits se font jour entre la noblesse et le Tiers-Etat en 1776 et 1778. 

La découverte des frères Montgolfier qui, le 5 juin 1783, réussirent à lancer le premier ballon, est accueillie avec enthousiasme. Partout on essaye de renouveler l'expérience. Y compris à Nantes en 1783 et en 1784, époque à laquelle ont lieu les deux premières ascensions en ballon à Nantes.

La Révolution commence à Nantes dès le 1er novembre 1788 par une revendication populaire des droits du Tiers-Etat. Tous les grands évènements dont Paris est alors le théâtre ont leur répercussion à Nantes, ardent foyer révolutionnaire. La convocation royale pour les Etats généraux du royaume est lancée en Bretagne le 16 mars 1789. Des cahiers primaires (ou cahiers de doléances) sont rédigés par les assemblées des paroisses du comté de Nantes ; ceux-ci sont fondus par l'assemblée du Tiers-Etat de Nantes en un cahier général du Tiers de la « ville et comté de Nantes ». La ville de Nantes était depuis plusieurs jours violemment agitée, lorsque la nouvelle de l’insurrection de Paris et de la prise de la Bastille, parvenue extraordinairement à Nantes le 17 juillet, vient porter l'exaltation à son comble. En janvier 1790, le comté de Nantes devient le département de Loire-Inférieure : " Au mois de janvier 1790, le Comté nantais cessa d'exister et devint le département de la Loire-Inférieure. Le département ne représenta pas exactement le Comté : la Roche-Bernard passa du Comté nantais au Morbihan ; Châteaubriant, du bailliage de Rennes, fut rattaché à Nantes. La Loire-Inférieure fut divisée en 9 districts : Guérande, Savenay, Blain, Châteaubriant, Ancenis, Nantes, Paimbœuf, Machecoul et Clisson. Les neuf districts furent partagés en 56 cantons qui formèrent 208 communes. Un grand nombre de celles-ci, dont le nom rappelait un saint, une sainte, quelque souvenir se rattachant à la religion ou à l'ancien régime, seront débaptisées sous la Convention. C'est ainsi que Saint-Père-en-Retz deviendra la Fraternité ; les Moutiers, les Champs libres ; Saint-Nazaire, Port-Nazaire, etc. ". Lorsqu’on apprend à Nantes la fuite du roi Louis XVI, le directoire convoque tous les corps administratifs et leur donne lecture d’une lettre des députés du département, apportée par un courrier extraordinaire, datée de Paris 21 juin, à 11 h 30 du matin : « Grande, mauvaise et triste nouvelle ! .. Le roi est parti avec sa famille, la reine à dix heures du soir, et le roi à deux heures de la nuit... Amis, citoyens, du courage, de la vigueur, des précautions... ». La ville de Nantes reçoit un décret de l'Assemblée Nationale qui déclare la patrie en danger. Le 13 août 1792, Nantes est informée des événements de la journée du 10 août 1792, et à Nantes, comme ailleurs, cette nouvelle est considérée comme l’annonce de l’abolition de la royauté.  

L'application de la Constitution civile du clergé soulève dans le département les plus grandes difficultés. En effet, jusqu’à la première moitié de 1792, le calme n'est point troublé dans la région nantaise. Des mouvements insurrectionnels, entre Ancenis et Nantes, commencent lors de l'installation des curés assermentés à Mauves, Carquefou, Saint-Luce, Thouaré, ... et lors du recensement prescrit par la Convention en vue de la levée de 300.000 hommes. 

La Loire-Inférieure avait nommé comme députés à la Convention nationale : Méaulle, Chauvière, Chaillon, Villers, Mellinet, Fouché, Jarry, Coustard. Chauvière fut remplacé par un suppléant, Lefebvre, procureur syndic du district de Nantes. Lors du jugement et de la condamnation de Louis XVI, la majorité des représentants de la Loire-Inférieure penche pour la clémence (à l'exception de Méaulle, Villers et Fouché qui se prononcent pour la peine de mort).

En mars 1793, éclate la grande insurrection vendéenne qui provoque une guerre civile trop souvent marquée, de part et d’autre, par de sanglantes représailles. La ville de Nantes est attaquée et assiégée par les Vendéens le 28 juin 1793. Les insurgés échouent lors du siège de Nantes (Cathelineau, leur chef, est tué place Viarmes) et leur grande armée est exterminée à la bataille de Savenay, en décembre 1793. 

De nombreux clubs ou sociétés populaires sont fondées à Nantes pendant la Révolution. Le premier, créé en 1790, prend le nom de " Club des amis de la Constitution " ; mais l'action de ces sociétés est surtout importante pendant l'année 1793. Les deux principaux sont alors le Club des Halles (Girondin) et le Club de Vincent-la-Montagne (Montagnard). Pendant la Terreur, l'influence de dernier devient prépondérante, et le 18 novembre 1793, il est en grande pompe, installé par Carrier dans l'église Sainte-Croix.

Vignette du Club de Vincent-la-Montagne

Les autorités nantaises se prononcent pour la Gironde contre la Montagne ; mais, sous la dictature du conventionnel Carrier, la ville connaît la plus affreuse Terreur. A Nantes, de nombreuses exécutions ont lieu sur la place du Bouffay : " Les lieux d’exécutions, et surtout la place du Bouffay, étaient toujours couverts de curieux ; on y louait des chaises, des bancs. Les domestiques, les femmes de la classe pauvre, y menaient leurs enfants, et assistaient toute la journée à ces horribles drames ; elles apportaient des comestibles, et se livraient à quelques travaux d’aiguilles dans les rares entr’actes. Au milieu de cette foule de curieux, groupés autour d’un échafaud, la pitié bannie semblait avoir fait place au mépris de la vie ; si la victime pleurait, on insultait à sa douleur ; mais si la victime marchait d’un pas ferme au supplice, des bravos l’accueillaient. La misère et la cupidité portaient les enfants et les mendiants sur les lieux où l’on fusillait, et dès que le feu avait cessé, dès que les Allemands, chargés de ces expéditions, avaient repris le chemin de la ville, les morts étaient fouillés, leurs vêtements enlevés, lorsque les agents du Comité avaient oublié de le faire préalablement. Souvent on vit ces misérables flaireurs de morts, agitant au bout de longues perches les dépouilles sanglantes des fusillés, parcourir le quartier Graslin, en chantant la Carmagnole (A. Lescadieu et A. Laurant, Histoire de la ville de Nantes, tome second, page 128) ". Carrier arrive à Nantes le 5 octobre 1793 pour y exercer la " vengeance nationale " à l'aide de la compagnie Marat et des Hussards Américains. Sous la Terreur, en 1793, des noyades sont organisées pour éliminer les Nantais jugés suspects par le Comité de salut public : la noyade de la nuit du 16 au 17 novembre 1793 a coûté la vie à environ 84 prêtres réfractaires (voir note 4), la noyade de la nuit du 14 au 15 décembre 1793 (24-25 frimaire an II) a coûté la vie de 129 détenus, celle du 23 décembre 1793 a coûté la vie à 800 personnes dont des femmes et des enfants, ... De nombreux massacres ont lieu du 20 octobre 1793 à février 1794.

Soumis à la terreur royaliste et ravagé par les colonnes infernales de Turreau, pacifié par Louis-Lazare Hoche, le pays, après l’exécution de Charette à Nantes sur la place Viarmes (1796), retrouve peu à peu la tranquillité.  La guerre civile, les réquisitions provoquent une crise des subsistances, et la famine se fait sentir en maintes communes. 

Pierre Haudaudine, soldat de la garde national, combattait les Vendéens lorsqu'il est fait prisonnier en mai 1793. Envoyé à Nantes avec deux compagnons pour y porter des propositions d'échange de prisonniers, ils jurent de revenir s'ils ne réussissent pas. Le Comité révolutionnaire refuse. Alors que ses camarades ne veulent pas retourner ; lui reste inflexible, disant : " J'ai donné ma parole, je pars ". Les vendéens lui laissent la vie sauve et, le 18 octobre suivant, il est parmi les 5.000 prisonniers de Saint-Florent, graciés par Bonchamp mourant. En reconnaissance Haudaudine réussit, en 1795, à obtenir par ses efforts la grâce de la veuve du général vendéen, qui avait été condamnée à mort.

La vie politique au XIXème siècle est très mouvementée. La proclamation de l'Empire est bien accueillie dans la Loire-Inférieure : un complot royaliste (l'affaire des plombs) échoue en 1805. Nantes voit naître Christophe-Louis-Léon-Juchault de Lamoricière le 6 février 1806. Nantes acclame Napoléon Ier et son épouse Joséphine lors de son passage dans cette ville en 1808 : le couple séjourne à l'hôtel d'Aux. La conscription, le despotisme impérial, l'arrêt du commerce modèrent cet enthousiasme, malgré les efforts des autorités, notamment de l'évêque de Nantes, conseiller écouté de l'empereur. Le 12 mars 1815, le journal de Nantes informe notre ville du débarquement de Napoléon Bonaparte. Le retour des Bourbons (1ère restauration, puis 2ème Restauration) est salué avec joie et un système électoral est mis en place.

 

Voir Ville de Nantese " Histoire des événements de 1815 à Nantes

Cependant la Restauration qui ne se fait pas sans répression royaliste (la Terreur blanche), remontre une opposition sérieuse à Nantes, qui adhère dès la première heure à la Révolution de 1830. Une guerre civile se prépare et sous le Gouvernement de Juillet, l'arrestation de la duchesse de Berry met fin à l'agitation légitimiste de 1832 : elle se réfugie à Nantes le 9 juin 1832 et elle est arrêtée, sur dénonciation, le 31 octobre 1832. 

De nombreuses grèves ont lieu à Nantes, notamment en 1836 et 1840, car les ouvriers, qui ont versé leur sang pour asseoir sur le trône le roi Louis-Philippe, ne vont tirer aucun profit des réformes qui marquent son règne. La Révolution de 1848 est acclamée à Nantes : mais les campagnes restent attachées à l'ancien état de choses. La grande majorité de la population accepte le coup d’état du 2 Décembre 1851 et le rétablissement de l'Empire ; mais le gouvernement de Napoléon III a à lutter contre la vive opposition des royalistes et des républicains. La presse nantaise d'opposition est muselée et les Mangin, imprimeurs et publicistes à Nantes, sont étroitement surveillés. La 3ème République est proclamée à Nantes le 4 septembre 1870.

La vie économique retrouve sa prospérité au XIXème siècle. En 1800, une bonne partie du département est encore couverte de terres incultes ; les défrichements sont opérés surtout à partir de 1850, et les rendements améliorés par l’emploi des engrais chimiques. L’industrie reprend aussi son essor : aux importantes raffineries nantaises viennent s’ajouter des usines de conserves alimentaires et des fabriques d’engrais. Le commerce de Nantes, presque anéanti pendant la Révolution, ne retrouve une grande prospérité que sous le second Empire, qui voit aussi la création du port de Saint-Nazaire. Les voies de communications en bon état, sont à peu près inexistantes en 1800 ; le premier Empire crée les routes nationales, et le réseau vicinal se développe dans la seconde moitié du XIXème siècle. Les travaux du canal de Nantes à Brest débutent en 1806 et se terminent en 1833. La navigation à vapeur est introduite sur la Loire dès 1822 ; mais Nantes n’est desservie par le chemin de fer qu’en 1851. L’éclairage au gaz y est installé en 1836, le télégraphe électrique en 1851, le téléphone en 1880, l'éclairage électrique en 1892. Les écoles, très rares dans les campagnes de la Loire-Inférieure au début du XIXème siècle, deviennent nombreuses depuis 1882.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la ville de Nantes est occupée par les troupes allemandes et les bombardements alliés endommagent de nombreux quartiers de la ville.

Port de Nantes

Ville de Nantes   Evénements historiques et inédites sur Nantes au XVIIIème siècle  (cliquer)

Note 1 : Plusieurs évêques marquent leur épiscopat par des constructions neuves : on attribue à Didier (404-444), Saint-Julien de la Fosse, Saint-Vincent et l'hôpital Saint-Clément ; à Léon (444-458), la basilique Saint-Similien, ainsi que la chapelle Saint-André où il fixe sa sépulture ; à Karmundus (475-492), la basilique Saint-Donatien et Saint-Rogatien ; à Eumélius II (527-549) et saint Félix (550-582), la cathédrale. A la fin du XIVème siècle, Nantes renferme une cathédrale, deux collégiales (Notre-Dame et la Chapelle au Duc), six paroisses (Saint-Denis, Saint-Laurent, Saint-Léonard, Saint-Nicolas, Sainte-Radegonde et Sainte-Croix) et quatre établissements réguliers (Carmes, Cordeliers, Jacobins et commanderie Sainte-Catherine). C'est grâce à la générosité du duc Conan III que les Templiers pourront fonder au XIIème siècle (vers 1186) la commanderie Sainte-Catherine qui s'unira par la suite à celle de Saint-Jean. Les communes de Chantenay et Doulon sont rattachées à Nantes en 1908. Comme Saint-Pasquier et Notre-Dame de Lourdes, la paroisse Sainte-Thérèse est une paroisse-fille de la paroisse-mère Saint-Similien. 

Note 2 : La paroisse puis la commune de Chantenay, limité par la Chézine, au Nord de la rue du Boccage, existait depuis 1287 au moins. En 1726, une ordonnance de police de Nantes autorise les portefaix de Chantenay à travailler sur tout le territoire de Nantes. La paroisse de Saint-Martin-de-Chantenay devient commune de Chantenay en 1791. Dès 1792, pour semble-t-il un problème de maintien de l'ordre, le rattachement de Chantenay à Nantes avait été envisagé. Il faudra attendre la loi du 3 avril 1908 pour voir ce projet se réaliser. En 1908, Chantenay-sur-Loire (ou Chantenay) comptait deux paroisses : Saint-Martin (avec sa vieille cure et son cimetière) et Saint-Clair (près de la place Zola). Depuis ont surgi Saint-Yves, Sainte-Jeanne-d'Arc, Saint-Michel et plusieurs temples dont l'église évangéliste, le temple du père Grégoire, l'église orthodoxe et celle des Antoinistes. Un document daté de 1407 et conservé aux Archives départementales de Loire-Atlantique nous apprend que l'abbaye de Chantenay, ancien prieuré  bénédictin (filiale de Saint-Méen en Ille-et-Vilaine et qui daterait du XIème siècle, semble-t-il) s'appelait jadis Abbaye Saint-Melaine et desservait le centre paroissial Saint-Martin que nomme un parchemin de 1287. L'abbaye est ensuite abandonné et vendu mais le manoir voisin continuait à s'appeler "L'Abbaye". Le domaine qui était assez vaste, s'étendait de la Loire au lieu-dit les "Bourderies". Le premier seigneur est le Chancelier Royas (en 1441), puis on trouve l'abbé Giffard qui y vit de longues années en compagnie de sa mère. Ce dernier lègue son domaine à Pierre de Lambilly qui le rétrocède à Bernard, secrétaire du roi en 1536. On trouve ensuite un nommé de Mésanger, président à la cour des Comptes en 1577. A la fin du XVIème siècle, l'Abbaye est aux mains de Jean de Maroyer, sieur de Villeserin ou Villeserein (marié à Jeanne de Rocaz), puis devient la propriété de Jacques Amprou, seigneur de Lorme. En 1705, la famille Le Charpentier en devient propriétaire, puis la famille de Goyon (au début du XVIIIème siècle) qui la conserve jusqu'en 1860, date où elle passe entre les mains de la famille Langlois (Vente du Général de Goyon à Adrien Langlois, maître des Forges à la Basse-Indre) et reste dans cette famille jusqu'en 1925. En 1926, la Société Anonyme de l'Abbaye se rend acquéreur du domaine pour y établir une école de garçons dirigée par les Frères de Ploërmel (le premier directeur de l'école est le frère Jean-Baptiste Legeay). A noter que le château actuel de l'Abbaye est bâti en 1715 par la famille de Goyon (Armand Goyon est conseiller du roi en 1718) sur les ruines de l'abbaye et ce château est restauré en 1855. En 1789, le seigneur de Goyon est gouverneur du château de Nantes. Joseph de Goyon meurt au manoir de l'Abbaye en 1793. La première soeur qui tint la maison des Incurables, à l'Hermitage, en 1756, faisait l'école aux petits enfants (Récit d'une supérieure, 1790 - Archives des Incurables). En 1880, sur la commune de Chantenay, existe un petit hôpital appartenant à Mr. l'Abbé Laurent qui hospitalisent " des miséreux ". Les maires de Chantenay-sur-Loire sont : Elie Bettinguer (en 1793), Durand-Gasselin (en 1816), Leroux de Commequiers (en 1823), Durand-Gasselin (en 1830), Félix Crucy (en 1832), Jean Guilbaud (en 1838), Deffès (en 1843), Jean Pilon et Théodore Dubigeon (en 1848), Georget (en 1870), Jules Sevestre (en 1881), Charles Housset (en 1882), Firmin Colas (en 1886), Prosper Sevestre (en 1892), Paul Griveaud (de 1900 à 1908).

Note 3 : le bourg de Doulon n'a été rattaché à la commune de Nantes qu'en 1908. Ce lieu était primitivement peuplé par les Gallo-Romains. Le territoire était occupé par des moines dès le IXème siècle. Le monastère est anéanti au Xème siècle par les Normands, puisque le duc Alain Barbe-Torte "après la délivrance de Nantes en 936 trouva Doulon désert". Aux moines de Soissons, succèdent avant 952 ceux de Landévennec. L'église et le cimetière tombent ensuite aux mains d'un certain Harscouët. L'évêque Benoît de Cornouailles (1079-111) obtient la restitution de ses biens. Dès 1109, Benoît (ancien moine de Landévennec) confie le monastère, d'abord occupé par des chanoines réguliers de Saint-Augustin, aux Bénédictins de Marmoutiers. Au XVIIème siècle (sans doute vers 1611), l'église Saint-Médard passe au clergé séculier.

Note 4 : le 16 novembre 1793, sur ordre du proconsul Jean Baptiste Carrier, né de riches agriculteurs et ancien député du Cantal (aidé en cela par Guillaume Lamberty, Robert Fouquet, O'Sullivan et Foucaud), la Loire "servit de linceul" à 84 prêtres dont voiçi les noms : Bazile Augustin (moine bénédictin de Redon), Bernard Nicolas (cordelier du Couvent d'Ancenis), Bodet René (prêtre retiré à Guérande), Bonnet Joseph (vicaire Saint-Martin-des-Noyers, Vendée), Bouchard Jean (chapelain de Briord, Port-Saint-Père), Boutheron François (chartreux à Nantes), Brianceau Joseph (vicaire Sainte-Croix de Nantes), Briand Barthélémy (diacre d'Office Cathédrale de Nantes), Briand Henri (chapelain de Saint-Michel-en-Campbon), Brossaud Yves (recteur de Saint-Jean-de-Corcoué), Brizard Jean (chartreux de Grenoble, originaire de Boussay), Cam René (recteur de Boissière, diocèse de Poitiers), Champeau Paul (bénédictin Saint-Aubin d'Angers), Chevé Olivier (recteur Chapelle-sur-Erdre), Chrétien de la Cour Martin (chapelain de la Chevalleraie), Coat Yves (recteur Saint-Donatien de Nantes), Cossin Jean (doyen Chapitre de la Rochelle), Costard Pierre (aumônier Beauchêne Loroux-Landreau), Couvrand François (recteur Besné), Curateau René (sacriste Saint-Denis de Nantes), Daviau Pierre (recteur de Joué, doyenne de Thouarcé, Angers), Deniau Pierre (chapelain à Quilly), Douaud des Rivières Gabriel (chanoine Cathédrale de Nantes), Dubois Louis (curé Saint-Vincent de Nantes), Dugast Augustin (recteur de Gorges), Duteil Henri (vicaire de Saint-Laurent de Nantes), Fleuriau Jean (curé Saint-Jean-en-Saint-Pierre de Nantes), Foulon François (vicaire de Mernel, doyenné de Saint-Maur), Forget François (récollet de Fougères, originaire de Clisson), Gaudin Pierre (prêtre de Saint-Similien de Nantes), Gennevoys Julien (curé de Chevrolière), Gergaud Gilles (chapelain de Calan en Plessé), Giraud Charles (prêtre habitué Saint-Philbert-Grandlieu), Guéguen de Kermorvan René (capucin au couvent Hennebont), Guérin Pierre (chapelain du Migron, Frossay), Guillet de la Brosse Paul (recteur de Drain), Hallereau Jean (chartreux à Nantes), Hervé de la Bauche Roland (doyen de Machecoul), Huet Nicolas (chanoine Cathédrale du Mans), Juguet Barthélémy (recteur de la Marne), Juppin Michel (vicaire général, chanoine du Mans), Lacombe Thomas (recteur de Corsept), Lamare Lucien (aumônier Couvent Sainte-Elisabeth), De Lamarre Siméon (recteur de Bouvron), Landeau François (recteur de Moisdon), Lapasseig Charles (bénédictin de Saint-Gildas-des-Bois), Lecerf Julien (bénédictin de Saint-Gildas-des-Bois), Lecoq René (recteur du Gâvre), Legrand Guillaume (prêtre instituteur Guenrouët), Legrand René (capucin de Nantes), Légé Jean (vicaire de Rouxière), Le Mercier Augustin (prêtre habitué Guérande), Lemonnier René (curé de Saint-Michel et Chanveaux, Angers), Le Normand Louis (recteur de Toussaints, à Rennes), Le Paludier Jacques (ancien recteur de Saint-Lyphard), Leroux Etienne (vicaire Saint-Similien de Nantes), Leroy Marin (chapelain de la Chevalleraie), Lesayeulx Augustin (chanoine Collégiale de Clisson), Loquet Guillaume (chanoine Collégiale de Clisson), Loyant Joseph (recteur de Varades), Lucas Alexis (lazariste de Redon), Maillard Joseph (vicaire de Saint-Julien-de-Vouvantes), Martin Michel (recteur de Bouaye), Matisse René (chanoine Collégiale Notre-Dame de Nantes), Maussion Joseph (recteur d'Oudon), Dominger de Meyrac Joseph (vicaire de la Bernardière), Mongis Pierre (chanoine Collégiale de Clisson), Moyon Joseh (recteur de Grand-Auverné), Mulon François (vicaire de la Trinité de Machecoul), Mulonnière Pascal (recteur de Touvois), Nouel de Kerbodec Joseph (chanoine Collégiale de Clisson), Pouëssel Armel (récollet à Nantes), Poulain de la Guerche Germain (vicaire Général d'Angers), Rebion Pierre (vicaire de Loroux-Bottereau), Remeur Louis (cordelier, aumônier de Sainte-Elisabeth à Nantes), Richard Jean (vicaire de Varades), Richard Hilaire (recteur de Quilly), Roland Michel (vicaire de Lusanger), Sainjon François (professeur à Navarre Paris, Bourges), Salé Jean (professeur au collège d'Ancenis), Stéven Pierre (capucin de Nantes), Thobye Barthélémy (recteur de Pouillé), Tiger Joseph (recteur de Joué-sur-Erdre), Landeau Julien (recteur de Saint-Lyphard et frère de François Landeau, recteur de Moisdon). Ce dernier eut la chance, au moment de l'immersion du bateau, de pouvoir en sortir et de gagner la rive à la nage et ainsi échapper à la mort. La plupart des détenus étaient des vieillards et leur séjour en prison avait dégradé leur santé déjà fragile (cinq d'entre eux étaient des octogénaires).

Note 5 : les Régaires étaient à la fois les fiefs de l'Evêché et les juridictions temporelles qui s'y rattachées. Les pouvoirs de l'évêque se seraient peu à peu substitués à ceux du gouverneur romain. Dès lors naquit le domaine ou mense épiscopale. Les domaines de l'évêché de Nantes composant l'ensemble de la seigneurie étaient disséminés dans 18 paroisses, leur étendue recouvrant la plus grande partie du comté nantais. Ils couvraient notamment en dehors de Nantes les paroisses de Saint-Etienne-de-Montluc, Malville, Sautron, Orvault, Sucé, Casson, Saint-Mars-du-Désert, Mauves, Thouaré, Sainte-Luce, Doulon, Grandchamp, Treillières, Guérande. Si la juridiction spirituelle des évêques de Nantes régissait encore en 1789 tout la comté nantais, avec 261 paroisses, la juridiction féodale des Régaires s'étendait seulement sur les domaines épiscopaux situés en bordure et au nord de la Loire : châtellenies de Saint-Etienne-de-Montluc, Nantes, Mauves, Sucé et Saint-Géréon. Le tribunal de la cour paierie des Régaires avait son siège à Nantes. Cette juridiction avait les mêmes attributions que les justices royales ou seigneuriales avec un corps de magistrats mandatés par l'évêque. Les sénéchaux en furent : Michel Loriot (en 1603), Guy Frain (de 1641 à 1648), Etienne Gervier, François Bourgogne, Pierre Charette, René Marion, Lorette de La Refoulay. En 1649, François de la Garde est qualifié d'alloué et lieutenant général du duché et pairie des Régaires. Entre autres alloués juges, on peut citer : Michel Loriot (en 1591), François Le Marié (en 1608), Guillaume Blanchard (en 1615), Jean Boucaud (en 1684), Turpin du Prouzeau. On trouve en 1732, Charles Le Tourneux, juge-sénéchal et procureur fiscal. En 1769-1770, c'est Henri de Navières avec Paul Potier comme greffier et de 1771 à 1790, Joseph Raoul Turpin du Prouzeau. Le 8 juin 1780, M. Jean Foucaud reçoit son mandement de notaire-greffier des dites juridictions et est installé dans l'exercice de sa charge.

Note 6 : Au milieu du XVIIème siècle de nombreux colons, pour la plupart normands, bretons, angevins installés dans les " Isles " (à la Tortue, à Saint-Domingue, à la Martinique et à la Guadeloupe, réclamèrent des " Noirs " pour leurs plantations de cannes à sucre. Vers 1700, Nantes est le premier port français (Nantes compte près de 1.332 navires alors que Brest n'en a que 936 et le Havre, 570). " En 1706, René Montaudouin, qui avait d'abord armé pour Terre Neuve, puis assuré le transport de pauvres engagés blancs aux Antilles, envoya deux négriers vers l'Afrique. De 1713 à 1722, une dizaine d'autres firent le voyage triangulaire. Entre 1723 et 1740, les colonies reçurent 233.520 Noirs. De 1715 à 1789, un total de 414.000 esclaves seront embarqués sur des bateaux nantais. En y ajoutant ceux des années 1706-1715 et des années 1790-1791, et ceux que des armateurs exportaient sous pavillon neutre en temps de guerre. Nantes aura été en tête du trafic français avec ses 450.000 esclaves transportés et ses 1.300 voyages réalisés par près de 40.000 marins. A ces chiffres devront s'additionner ceux de la traite plus ou moins légale pratiquée après 1815 jusqu'en 1832. De 1706 à 1832, le port de Nantes aurait de ce fait, représenté plus d'un tiers de la traite française " (A. de Wismes). Nantes, premier port négrier d'Europe " traita " en 1751 près de 10.000 noirs (chiffre officiel). Au XVIIIème siècle, les négociants négriers et planteurs firent sans scrupule le " commerce du bois d'ébène " qui se traduisait le plus souvent par de gros bénéfices. " Quelques-unes seulement de ces familles étaient de souche nantaise comme les Bouteiller, Deguer, Libault, Arnous, Michel du Grillau. D'autres régions de la Bretagne étaient arrivés les Portier de Lantimo, Espivent de la Villeboisnet et leur associé le père de Chateaubriand ; les de Luynes, Le Masne, Berthrand, Sarrebourse d'Audeville venaient de l'Orléanais, les Drouin de l'Anjou, les Montaudouin et les Grou de Paris, les Decazeaux et Darquistade du Pays Basque, les Chaurand de Paris. Nantes comptait aussi des armateurs d'ascendance étrangère. Aux Espagnols - les Ruiz, les Espinosa, les Hérédia, et aux Portugais du XVIème siècle, avait d'abord succédé le fort contingent hollandais qui a laissé son nom à la place de la Petite Hollande. Certains naturalisés, étaient restés à Nantes, comme les Deurbroucq et les Van Harzel. Au XVIIIème siècle, de nobles Irlandais catholiques, fidèles aux Stuart, - les Mac Namara, Clarck, O'Sheil, O'Riordan, Brown, Walsh, etc., figuraient en tête du grand commerce. En 1755, sur 230 négociants recensés, 30 étrangers étaient parmi les plus fortunés " (A. de Wismes). Tout l'effort du négoce au XVIIIème siècle porta sur l'Afrique d'une part pour y trouver de la main-d'oeuvre noire, puis sur Saint-Domingue pour l'employer d'autre part, afin de récolter : café, coton, cacao, indigo et canne à sucre. Les bateaux partaient de Nantes chargés de miroirs, fusils, indiennes et eaux-de-vie. Les chefs nègres troquaient leurs sujets contre les articles qui leur plaisaient. Et de Guinée aux Antilles on transplantait ainsi de 300 à 400 noirs en ce périple. Le bateau déchargé était peu après rempli de coton, de café, de sucre brut, toutes marchandises qui étaient vendues en Europe avec profits. Ces nouveaux enrichis, acquéreurs de charges anoblissantes ne firent pas seulement ériger des hôtels ornés de beaux balcons et de mascarons, avec des intérieurs somptueux, mais en la banlieue nantaise, ce fut toute une floraison de " Folies "« Le commerce de bois d’ébène comme l’appelaient quelques facétieux de ce temps là, était fort pratiqué encore à la fin du XVIIIème siècle, en dépit de la sensibilité et de la philosophie alors à la mode. Le port de Nantes, notamment, armait, chaque année, un grand nombre de navires pour ce trafic, aussi contraire à la morale qu’à l’humanité et à la loi naturelle. C’était, le plus souvent, sur les rivages de la Guinée, appelée pour cela " Côte des Esclaves " que l’on allait chercher les noirs travailleurs destinés à la culture de nos colonies d'Amérique. Un navire négrier contenait au moins quatre cents de ces malheureux et la valeur de sa cargaison, au départ, était en rapport avec le nombre de nègres qu’il voulait acheter. Elle consistait en un assortiment d’objets des plus divers, choisis de manière à satisfaire les caprices et les goûts bien connus des rois nègres, avec qui s’opérait la traite. C’était, en effet, un commerce d’échange ; et, à l’époque dont nous nous occupons, les " cauris " [Note : Petites coquilles qui ont longtemps servi de monnaie courante dans les Indes et en Afrique, monnaie qui avait cours pour la traite des nègres] avaient déjà perdu beaucoup de leur valeur. Il en fallait alors trois mille six cents pour égaler une livre tournois, c’est-à-dire vingt sous ou un franc. Aussi ces coquillages n’étaient-ils plus utilisés que pour l’achat des denrées communes et pour la parure des négresses de petite fortune qui s’en faisaient de gracieux colliers. Les objets qui avaient le plus de succès près des monarques africains étaient les miroirs, les caves à liqueurs, les manteaux d'écarlate, de damas ou de satin ; les étoffes de soie, les colliers de corail ou de verroterie, etc.... La grande habileté commerciale du capitaine consistait à faire l’acquisition des premiers nègres à un prix très peu élevé, tout en offrant de beaux cadeaux au roi du pays, ce prix servant généralement de base pour toute la traite. Parmi les présents les mieux accueillis citons : l’eau-de-vie, les liqueurs, les robes de chambre en damas doublées de couleurs voyantes, ou bien encore les pièces d’étoffes et les miroirs d’une certaine dimension. De la côte de Guinée où elle avait été recueillie, la cargaison de " bois d’ébène " était amenée par le négrier sur les grands marchés d'Amérique, ou directement aux îles françaises. Là il mettait les esclaves en vente à prix d’argent ou, plus rarement, les échangeait contre des marchandises et denrées du pays que le navire rapportait en Europe à son retour avec les poudre d’or, gommes, ivoire et autres objets précieux achetés en Guinée. Le prix des nègres, rendus en Amérique ou aux Iles, variait selon les besoins du moment, selon la rareté ou l’abondance de cette marchandise humaine. Un esclave jeune et vigoureux pouvait valoir depuis cent pistoles (c’est-à-dire environ mille francs) jusqu’à quinze cents livres. Les noirs les plus chers et les plus recherchés sur le marché étaient les mâles âgés de seize à trente ans, beaux et bien faits. La traite des nègres fut, comme on le voit, un commerce aussi lucratif qu’inhumain. Il fallait cependant, là aussi, faire la part des pertes, causées par la mortalité qui survenait en cours de route. Cette mortalité était parfois considérable parmi ces malheureux, entassés les uns sur les autres, durant de longues traversées souvent fort pénibles. Ce trafic barbare est heureusement interdit aujourd’hui par des lois internationales. Définitivement aboli en 1843, dans les Indes anglaises, l’esclavage le fut aussi, en 1848, dans les colonies françaises » (J. Baudry). A noter que sur la proposition du député Lacroix, l'abolition de l'esclavage avait été votée le 16 pluviôse an II (4 février 1794) : " Tous les hommes sans distinction de couleur, domiciliés dans les colonies devenaient citoyens français et pouvaient jouir de tous les droits assurés par la Constitution "

Les constructions navales de Nantes s'établissent d'abord au Port-au-Vin (au XVIème siècle), à l'île Gloriette (en 1581), puis au quai de la Fosse (au XVIIème siècle). Elles émigrent ensuite au quartier de Chézine par un arrêt du Conseil, daté du 18 juillet 1738. Des cales sont construites vers 1740 au pied des hauteurs de l'Hermitage. En 1780, plusieurs chantiers quittent le quai de Chézine pour la Piperie à Chantenays. Après 1843, les chantiers s'installent à la Prairie-au-Duc. De nombreux navires sont construits par les chantiers navales de Nantes à diverses époques : - sous François Ier, on trouve le vaisseau " la Nonpareille " ; - sous Henri II, le " Grand-Henry " et le " Grand-Carraquen " ; - le vaisseau " la Rosière d'Artois " est lancé en 1777 aux chantiers de la Chézine ; - la corvette " la Jacobine " est lancée en 1794 aux chantiers de Basse-Indre. L'aviso " l'Epervier ". Les frégates " la Méduse " (Paimboeuf, 1810), " Aréthuse ", " le Rubis " (1812), " l'Etoile ", " la Sultane " (1813), " l'Arche d'Alliance " (1845), " la Belle-Poule ", " la Créole ", " la Renommée ", " la Flèche ", " la Minerve ", " la Dryade ", " la Nymphe ". La région de Nantes abrite de nombreux bâtiments corsaires, dont : la Biche, le Valincourt, la Bonne-Nouvelle, le Duc de Bourgogne (de 1702 à 1705), le Duc de Bretagne, le Patriarche, le Saint-Guillaume, le César, la Duchesse-Anne, la Bédogère, la Mutine, le Jupiter, l'Achille, le Hardy-Guépin, le Lusançay (de 1705 à 1730), l'Hermine, le Mars, la Bellone, La Palud (de 1731 à 1750), .... l'Eugénie, la Musette, le Neptune, le Porkin, le Didon, le Breton, le Sans-Culotte nantais, l'Actéon, le Voltigeur, le Vengeur, le Vautour, l'Hydre, le Nantais, le Courrier, ... (de 1760 à 1800).

Note 7 : C'est au XIIIème siècle (avant 1253) que les Cordeliers s'implantent à Nantes. Leur choix porte sur une modeste chapelle élevée sous le vocable de Saint-Michel, vers 1232 par l'évêque Henri Ier. Les Carmes s'installent en 1318 à l'hôtel de Rochefort, situé Place Saint-Vincent. A partir du XVIIème siècle plusieurs ordres monastiques vont essaimer à Nantes : les Minimes (en 1604), les Oratoriens (en 1617), les Ursulines (en 1627) et les Visitandines (en 1630). Le Séminaire apparaît en 1642, la communauté des prêtres de Saint-Clément en 1674, les Dames de Saint-Charles en 1729. Maintes communautés religieuses vont disparaître sous la Révolution, mais pas toutes, car les Ursulines prendront plus tard la place des prêtres de Saint-Clément, et les Visitandines celle des Chartreux. A l'Est de l'église paroissiale vivait jadis la communauté de prêtres de Saint-Clément, fondée en 1671 par René Levêque, de Gorges, dans le but de développer les retraites et les missions. La cure leurs est confiée en 1671 puis la direction du séminaire de Nantes, en 1673. Vendu en 1798 comme bien national, l'immeuble de l'ex-communauté reçoit en 1806 les Ursulines. Les Ursulines sont autorisées à s'établir (à condition d'y enseigner) dans un des faubourgs de Nantes en 1626. Elles s'installent, l'année suivante, au Nord de l'enclos des Minimes, sur les tenues de la Malvoisine, Bellevue et La Cotterie. Un couvent y est édifié dès 1628. Les Ursulines partent en 1791, cédant la place à un hôpital en 1793, puis à une caserne, enfin une école centrale en juin 1793. Après la Révolution, les Ursulines reviennent pour prendre la place de l'ancienne communauté de prêtres de Saint-Clément. C'est à la demande de l'évêque Mgr de Bourgneuf (1598-1617) que le P. de Bérulle consent à établir une communauté d'Oratoriens à Nantes, plus précisément dans le quartier Saint-Clément où ils deviennent propriétaire d'une partie du domaine de la Mironnerie (avant de la revendre aux Visitandines), puis, en 1619, sur le domaine des Hayes. Les Oratoriens prennent la direction du collège Saint-Clément, à titre provisoire d'abord en 1626, puis à titre définitif en 1672. Les Oratoriens quittent la ville de Nantes en 1790 et le collège devient alors un institut national. Sous couvert du duc de Mercoeur, les Grands Capucins s'installent à Nantes en 1593 au faubourg du Marchix. Ils partent en 1629 pour leur nouveau couvent de la Fosse. L'espace entre les rues Mercoeur et du Marchix appartenait jadis aux religieuses élisabéthaines. Cette communauté vouée à l'éducation des jeunes filles existe à Nantes avant 1515 dans la paroisse Saint-Léonard et met à profit le départ des Grands Capucins vers la Fosse pour occuper dès 1632 leur place au Marchix (le couvent des Capucins est acquis en 1630 moyennant 18 000 livres). L'emplacement du couvent des religieuses élisabéthaines est loti en 1803 et la chapelle est démolie en 1828. Les religieuses Calvairiennes arrivent à Nantes en 1623 et prennent possession, suite à un don acté du 5 mai 1625 et grâce à leur bienfaitrice la comtesse de Caravaz (qui verse les 6 500 livres tournois nécessaires), de la tenue de la Motte Ballue (acquis de Georges de Joannès, sieur de La Perrine). L'année suivante, la reine-mère Anne d'Autriche pose la première pierre des bâtiments conventuels. Lors de la Révolution, les bâtiments servent de boulangerie militaire puis de caserne où séjourne en 1793 la Légion nantaise. Après la vente, en 1798, la chapelle disparaît et les restes du couvent sont transformés en logis.

Note 8 : Liste non exhaustive des gouverneurs de la ville de Nantes : saint Félix, évêque de Nantes (à partir de l'an 560, nommé par le roi Clotaire Ier), Beppolen ou Pappolen (après la mort de saint Félix en l'an 584), Theudoad (vers l'an 610), Grippon (vers l'an 630),....., Widon ou Gui (vers l'an 799), Gondebauld (vers l'an 820), Lambert Ier (l'an 827, révoqué l'an 831), Richowen (l'an 831 jusqu'à l'an 841), Rainauld (l'an 841 jusqu'à l'an 843), Lambert II (depuis 843 jusqu'à 849, par usurpation), Amauri (nommé par le roi l'an 849, sans effet),......, Auriscand, évêque de Rennes (mis en place par Conan le Tors, Comte de Rennes, qui s'était saisi de Nantes l'an 990, sur le Comte Judicaël), Hugues, évêque de Nantes (vers 990 et jusqu'en 992), ......, Jehan de Goulaine (en l'an 1190), ..., Guy de Rochefort (nommé capitaine du château de Nantes en 1353 par Charles de Blois), Bertrand du Guesclin (l'an 1372), Olivier de Clisson (l'an 1379), Amauri de Clisson (l'an 1379 et défendit la ville de Nantes l'an 1380 contre les Anglais), Geffroi de Poutglou (l'an 1384), Olivier de Mauni (vers l'an 1390), Gilles Delbiest (en juillet 1399 et en 1415), Tristan de la Lande (l'an 1417), Bertrand de Dinan (maréchal de Bretagne, gouverneur de Nantes vers 1420), Jean de Malestroit, évêque de Nantes, chancelier de Bretagne (en l'an 1429 et en 1434), le sire de Châteaubriant (en l'an 1436, en 1437, etc....), le sire de Guémené Guingamp (capitaine du château de Nantes vers 1444), Maître Louis (Loys) de Kermené Guingamp, chancelier de Bretagne (en l'an 1445), René Rouaud (le 27 septembre 1457), Henri de Ville-Blanche (nommé le 6 janvier 1459), Tangui du Chastel (nommé le 15 novembre 1461, il tenait encore le gouvernement en 1472), Perrot d'Aidie (en l'an 1473, il était encore en place en 1481 et aux gages de cent livres monnaie sur les deniers de la Ville de Nantes), Jean de Challon, Prince d'Orange (l'an 1486 et 1487), Jean, sire de Rieux et de Rochefort, maréchal de Bretagne (capitaine de Nantes en l'an 1488), Jean de Robien (commis à la garde du château de Nantes le 14 avril 1489), le sire d'Albret (en 1490), Alain de Montmenard, seigneur de Rochefort (en novembre 1491), le sire de Trimouille ou Trémoille (le mois d'août 1492, on le trouve encore en l'an 1498), Artur l'Espervier (ou l'Esprevier) de la Bouvardière (institué le 1er novembre 1498 et le 15 décembre 1503), Jehan de Montdragon (le 26 mars 1512, il était encore en place au mois d'août 1518), le seigneur de Bonnivet, amiral de France (en 1522 et en 1525), Anne de Montmoranci (ou Montmorency), grand-maître de la Maison du Roi et maréchal de France (gouverneur de la Ville de Nantes en 1527 et encore en 1537), Anne Duc de Montmoranci, pair et connétable de France (en 1540, 1563, 1565, et se trouva le 12 octobre 1565 à l'arrivée du Roi à Nantes), René de Sanzai ou Sanzay (Charles IX dans les lettres du 19 décembre 1568 dit lui avoir donné le Gouvernement de la Ville et Château de Nantes, c'est-à-dire, établi Lieutenant pour y commander en l'absence du Gouverneur), Albert de Gondi ou Gondy, général des Galeres et maréchal de France, comte de Rais, etc .. (nommé en 1568), Charles de Gondi ou Gondy, duc de Rais (gouverneur en 1585, il n'eut aucun commandement à partir de l'an 1589, année où le duc de Mercoeur s'empara du château), Hercule de Rohan, duc de Montbazon, pair et grand veneur de France (institué au mois d'avril 1598), Henri de Rochefort (l'an 1616, dit de Montbazon en 1620 ou 1621, il se démit en 1632), Armand Jean du Plessis Cardinal Richelieu (nommé le 2 mars 1632), Charles de la Porte, duc de la Melleraie (ou Melleraye), maréchal de France (nommé à la mort du Cardinal Richelieu en l'an 1642 et mourut l'an 1664), Armand de la Porte, seigneur (reçu en survivance l'an 1643, connu depuis sous le nom de duc de Mazarini, parut à Nantes au mois de juillet 1665, et se démit au mois de décembre de la même année), Sébastien, comte de Rosmadec, marquis de Mollac, etc .. (nommé en décembre 1665 et mourut en 1693), Sébastien, comte de Rosmadec (nommé en 1693 et mourut l'an 1700), Jean, comte d'Estrées, maréchal de France, vice-amiral, etc.. (nommé au mois de juin 1701 et mourut le 19 mai 1717), Victor Marie d'Estrées, grand d'Espagne et maréchal de France (nommé en l'an 1717 et mourut le 28 décembre 1737), Louis Toussaint, duc de Brancas, etc .. grand d'Espagne, maréchal de France (nommé le 1er avril 1738 et fit son entrée dans la Ville de Nantes le 18 septembre 1738), Mr. le Marquis de Brancas, fils (nommé le 21 février 1747), Voir "Gouverneurs de Nantes" ....  

Nantes, le château et la cathédrale, vus par Rouargue vers 1850

Nantes, vue par Rouargue vers 1850.

Ville de Nantes   La division des fiefs dans le Comté Nantais  (cliquer)

Ville de Nantes   Liste des Princes et Comtes de Nantes depuis les Romains jusqu'à l'an 1750  (cliquer)

Ville de Nantes   Les anciens régaires (droits temporels) de l'Evêché de Nantes  (cliquer)

Ville de Nantes   L'instruction primaire dans le comté nantais avant 1789  (cliquer)

Ville de Nantes   Les collèges de Nantes : Saint-Jean et Saint-Clément (cliquer)

Ville de Nantes   Fondation de la paroisse Sainte-Madeleine de Nantes, en 1841-1844  (cliquer)

Ville de Nantes   Privilèges, arrêts, ordonnances et anecdotes sur Nantes (cliquer)

Ville de Nantes   Etat ecclésiastique du diocèse de Nantes avant la Révolution (cliquer)

Ville de Nantes   Etat militaire et Milice bourgeoise avant la Révolution (cliquer)

Ville de Nantes   Anciens Poids et Mesures de la ville de Nantes (cliquer)

Ville de Nantes   Commerce de Nantes et du pays nantais au XVII-XVIIIème siècle (cliquer)

Ville de Nantes   Les léproseries du pays nantais (cliquer)

Ville de Nantes   Incendies, inondations et pestes à Nantes (cliquer)

Ville de Nantes   Les corporations nantaises (cliquer)

Ville de Nantes   La Cour ducale, les fêtes et tournois à Nantes au XVème siècle (cliquer)

Ville de Nantes   Université, Société d'Agriculture et des Arts, Jardin des plantes, en 1766 (cliquer)

Ville de Nantes   Tribunaux, Etat-Civil, Mairie, Police, Messageries, en 1766 (cliquer)

Ville de Nantes   Les corsaires étrangers et nantais (Cassard, Vié, Crabosse) (cliquer)

Ville de Nantes   Le culte de la Sainte-Vierge dans la ville de Nantes (cliquer)

Ville de Nantes   Le culte de la Sainte-Vierge dans le diocèse de Nantes, en dehors de la ville épiscopale (cliquer)

Ville de Nantes   Catalogue des Evêques de Nantes, jusqu'à la Révolution (cliquer)

Ville de Nantes   Le Jansénisme dans le diocèse de Nantes (cliquer)

Ville de Nantes   Histoire du quartier de l'île Feydeau (cliquer)

Ville de Nantes   Histoire des quais Brancas et Flesselles, ainsi que du halle au blé à Nantes (cliquer)

Ville de Nantes   Histoire du quai et du port Maillard de Nantes (cliquer)

Ville de Nantes   Histoire de l'ancien pont de la Rotonde de Nantes (cliquer)

Ville de Nantes   Histoire de la Tour Neuve du château des ducs de Bretagne (cliquer)

 

Nantes : plan de Louis Jouanaulx, 1722)

Plan de Nantes, par Louis Jouanaulx, 1722 (Archives Municipales de Nantes)

Nantes : quartier de Sainte-Croix

Quartier de Sainte-Croix. 

Nantes : Port Maillard, Château, Gare

Nantes : Place Carrousel, Château - Année 1872

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

PATRIMOINE de NANTES

 

la cathédrale Saint-Pierre (1434 - 1508 – XXème siècle), œuvre des architectes Guillaume de Dommartin, Mathelin Rodier et Jean Lemaître. Au VIème siècle, une première cathédrale, édifiée à l'initiative de l'évêque Eumélius II (527-549), est consacrée par son successeur, Félix (550-582), et dédiée à Saint-Pierre et Saint-Paul. En 843, l'évêque Gohard y est massacré avec ses paroissiens, par les vikings. La cathédrale est reconstruite au XIème siècle (vers 1080, sous l'épiscopat de Benoît de Cornouaille). De cette époque, il ne subsiste aujourd'hui que la crypte, sous le chœur, et quelques chapiteaux. Le duc Jean V et l'évêque de Nantes Jean de Malestroit posent la première pierre de la nouvelle cathédrale le 14 avril 1434. Mais sa construction parviendra à son terme que 457 ans plus tard. La façade est achevée à la fin du XVème siècle et les tours en 1508. Les cloches sont transportées du vieux clocher dans la tour sud en 1508. Le portail central (1434-1480), dédié à la Vierge Marie, est l'œuvre de l'architecte Guillaume de Dommartin et des sculpteurs Yvonnet, Jean et Guillaume André. La chaire extérieure (XVème siècle) est l'œuvre de l'architecte Guillaume de Dommartin et du sculpteur Mathelin Rodier. Nefs et collatéraux ne sont achevés qu'au début du XVIème siècle : la verrière de la grande nef, posée en 1958-1959, est l'œuvre de François Chapuis. La verrière occidentale date du XV-XIXème siècle : elle est attribuée à Jehan de La Chasse (fin du XVème siècle). La voûte gothique de la nef, le bras sud du transept et les arcs-boutants sont achevés au XVIIème siècle, comme les orgues, améliorées en 1768 par le facteur Lépine. Le Grand orgue (1619- 1768 – 1933), est l'œuvre des facteurs Jacques Girardet, Adrien Lépine et de la famille Debierre : cet orgue remplace un orgue du XVème siècle et comporte 4 claviers, 29 jeux et 6 800 tuyaux. L'orgue du chœur, œuvre du facteur Louis Debierre, date de 1897 : il est restauré en 1955 par Joseph Beuchet (petit-fils de Louis Debierre). En 1792, les restes de François II et de ses deux épouses y sont transférés dans le plus grand secret. Pendant la révolution, la cathédrale, laissée à l'abandon, est endommagée. Elle sert d'arsenal, d'écurie et en 1800, de lieu d'expérience aéronautique. Rouverte en 1802, elle voit les travaux d'achèvements enfin entamés en 1840. Haute de 37,5 mètres et longue de 102 mètres, la nouvelle cathédrale est inaugurée en 1891. Le chevet (vers 1891), est l'œuvre des architectes Saint-Félix Seheult, Eugène Boismen, Théodore Nau et Louis Sauvageat. On peut y admirer le tombeau (1502-1507, œuvre de l'architecte Jean Perréal et du sculpteur Michel Colombe) de François II, dernier duc de Bretagne et de Marguerite de Foix, sa seconde épouse. Anne de Bretagne décide en 1499 de joindre le corps de sa mère Marguerite de Foix à ceux de son père et de sa première femme, auprès de laquelle il avait voulu reposer au couvent des Carmes. Ce tombeau de marbre sculpté par Michel Colombe est achevé vers 1507. La chapelle Saint-Claire ou Sainte Marie Madeleine, achevée en 1510, abrite l'enfeu de l'évêque Guillaume Gueguen de Plédran. Le gisant de l'évêque Guillaume Gueguen (XVIème siècle) est l'œuvre du sculpteur Michel Colombe. L'autel et le retable de la chapelle Notre-Dame de Pitié, œuvre du sculpteur Tugal Caris, datent de 1656. Le maître-autel, œuvre du sculpteur Jean Sébastien Leysner, date de 1733-1779. Dans le bras nord du transept, se trouve le cénotaphe du général de Lamoricière, œuvre de l'architecte Louis Boitte et du sculpteur Paul Dubois (1878-1879). Le tableau intitulé "Remise des clefs à Saint-Pierre", œuvre de Charles Errard père, date de 1618. Le tableau intitulé "Saint-Clair guérissant un aveugle", œuvre de H. Flandrin, date de 1835-1836. Le tableau intitulé "Cathédrale en feu", œuvre d'Edmond Bertreux, date de 1972. En 1943, les bombardements détruisent le chœur et les vitraux. En janvier 1972, lors des travaux de restauration, un incendie détruit la charpente et les voûtes de l'édifice. Rénovée par les Monuments historiques, la cathédrale est à nouveau ouverte au public en 1987 ;

Nota : Le sort de la Cathédrale de Nantes durant la Révolution :" Nantes, 14 messidor, an 4 de la République Française. L'ingénieur en chef des ponts et chaussées du département de la Loire-Inférieure aux administrateurs du même département. Citoyens administrateurs, Le Citoyen Fleury aîné expose par sa pétition du 9 de ce mois, pour lui et ses associés, le désir d'acquérir l'église de la ci-devant Cathédrale de Nantes pour la démolir, étant disposé à faire les sacrifices nécessaires pour la régularité de la rue projetée du département au château. L'édifice de la ci-devant Cathédrale ayant toujours été regardé comme le principal monument de décoration de la ville, qu'il annonce de très-loin, tous les projets de passage environnants ont été dirigés d'après sa position et de manière à en faire le principal point de vue ; en conséquence il ne peut gêner les communications projetées qui sont les seules nécessaires ; car celle annoncée dans la pétition du citoyen Fleury, pour la continuation de la rue du département jusqu'au château, ne serait d'aucune utilité, n'ayant point d'issue, soit pour se rendre à la rivière, soit pour entrer au château, puisqu'elle arriverait au milieu de la rue Brutus (aujourd'hui, rue Prémion) devant le fossé du château, entre ses deux entrées, et à peu de distance de la rue Haute du château, qui a son issue à la rivière et à l'entrée principale du château. L'édifice de la ci-devant Cathédrale étant un monument qui ne peut qu'embellir la ville de Nantes sans nuire à ses communications ; n'étant point caduc, ayant des tours assez élevées pour procurer la vue entière de l'horizon et conséquemment les moyens de faire des observations astronomiques et planisphères que l'Ecole centrale exigera pour l'instruction ; un observatoire dont l'utilité dans cette guerre a été reconnue étant déjà fait sur l'une des dites tours, ce que l'on ne pourrait faire ailleurs qu'au moyen de dépenses énormes : l'administration jugera sans doute qu'il doit être conservé. D'ailleurs en démolissant cet édifice on détruirait une partie des bâtiments du ci-devant évêché, destiné pour l'administration du département, et il faudrait beaucoup de temps pour la réparer, attendu que la dite démolition serait longue à faire. Ne pourrait-on pas tirer parti de l'intérieur soit pour casernes, manufactures, ateliers, ou autre objet public ? D'après toutes ces considérations, je crois que la destruction de cet édifice serait plus préjudiciable qu'avantageuse à la Nation, et que dans le cas où l'administration pour se décharger des frais de réparation se porterait à l'aliéner, ce ne devrait être qu'à la condition que l'acquéreur ne pourrait faire aucun changement à l'extérieur, dont il entretiendrait la couverture et la charpente, et de laisser la libre jouissance de l'observatoire qui existe et la faculté d'aller sur l'autre tour, et il n'y en a pas, pour y faire toutes les observations qui seraient jugées à propos. Salut et respect : GROLEAU ".

Ville de Nantes  La Cathédrale du VIème siècle et le Baptistère

Ville de Nantes  La Cathédrale romane

Ville de Nantes  La Cathédrale gothique (XV-XVIIème siècles)

Ville de Nantes  La Cathédrale de Nantes au XVIIIème siècle et sa restauration au XIXème siècle

Ville de Nantes  Ordonnance et décorations de l'extérieur de la Cathédrale de Nantes

 

Nota : Visite de la cathédrale (année 2007) : 

                       Chapelles Absidiales

1- Porte Principale

2- Porte Saint-Paul

3- Porte Saint-Yves

4- Chaire extérieure

5- Tombeau de François II

6- Chapelle Notre-Dame de Pitié

7- Chapelle de la Vierge 

 

8- Chapelle du Sacré-Coeur

9- Tombeau de Lamoricière

10- Autel provisoire

11- Puits

12- Porte St Donatien et St Rogatien

13- Porte Saint-Pierre 

 

LES ETAPES DE SA CONSTRUCTION

· Commencée le 14 avril 1434, il a fallu près de 50 ans pour édifier la façade.

· En 1577 dut avoir lieu l'inauguration de la Grande Nef et des collatéraux.

· Le Transept Sud est achevé vers 1650, le Transept Nord n'est commencé qu'en 1840.

· Quant au Transept Central, au Choeur et à ses 5 Chapelles absidiales, leur édification suivra presque sans arrêt pendant 51 années.          

Et le 25 décembre 1891, 457 ans après la pose des premières pierres, Monseigneur LECOQ, Evêque de Nantes, inaugure en son entier la Cathédrale de Nantes.

UN PEU D'HISTOIRE

Après la Révolution de 1793, l'explosion de la Poudrière du Château le 25 mai 1800, le Bombardement du 15 juin 1944, c'est l'incendie mémorable du 28 janvier 1972 qui faillit détruire l'édifice entier.

C'est suite à cet incendie que les Affaires Culturelles et les Monuments Historiques décident la restauration de cette Cathédrale. Elle sera inaugurée par Monseigneur MARCUS, Evêque de Nantes, lors d'un concert spirituel le 31 mai 1985. Une Messe Solennelle sera célébrée le 2 juin 1985. 4000 fidèles y seront présents.

C'est la seule Cathédrale de France dont l'intérieur est entièrement restauré. En ce sens, c'est "intérieurement" la plus belle Cathédrale "restaurées" de France.

DESCRIPTION

Quand on rentre à l'intérieur de cette Cathédrale de style Gothique flamboyant, on est frappé par la pureté de ses lignes et par la profondeur de son vaisseau. Dans la Nef, aucun chapiteau ne vient briser les piliers qui s'élèvent d'un seul jet jusqu'aux clefs de voûte. L'unité qui règne dans l'édifice lui donne un aspect à la fois robuste et élancé.

Quoi qu'il ait fallu 4 siècles et demi pour l'amener à son terme, on y retrouve partout le même style des portes d'entrée à la chapelle qui la termine. De l'ensemble de l'édifice se dégage l'harmonieux équilibre de ses proportions rehaussé par l'éclatante blancheur de la pierre et la féerie des vitraux du Choeur, surtout quand on pénètre dans cette église avec le soleil du matin.

Le NARTHEX

La tribune de l'orgue (1619) laisse deviner l'influence de la Renaissance. 16 statues se dressent sous cette tribune.  

Nantes : cathédrale Saint Pierre

LE COLLATERAL SUD

La porte de la Tour Sud est surmontée par les "Armes du Chapitre" soutenues par des anges (XVème siècle).

Quatre Chapelles, dont 3 mutilées pendant la Révolution, nous font découvrir respectivement :

· Dans la première : au centre d'un retable grec supporté par deux colonnes d'ordre ionique, une Descente de Croix d'André Mineaux (1956).  

Nantes : cathédrale Saint Pierre

· Dans la seconde : un autel en marbre (bas-relief : présentation de Marie) et un Haut-relief en bois du XVème siècle représentant Notre-Dame de la Délivrance.  

· Dans la quatrième : un autel en marbre (bas-relief : quatre évangélistes) et le Tombeau de Guillaume Gueguen, Evêque de Nantes (1500-1506) exécuté par Michel Colombe.

LE TRANSEPT SUD

Le Tombeau de François II fut sculpté par Michel Colombe et ses aides (1502-1507) ; il est en marbre d'Italie et de Belgique.  

Nantes : cathédrale Saint Pierre

Il contenait jadis les restes de François II, Duc de Bretagne (1435-1488) et de ses deux femmes successives : Marguerite de Bretagne et Marguerite de Foix.

2 Gisants (François II et Marguerite de Foix), 12 statuettes (les 12 Apôtres), 16 Figurines de "veilleurs" et 4 grandes statues (Prudence, Tempérance, Force, Justice) ornent ce magnifique Tombeau de renommée nationale et internationale : et que Châteaubriand considérait comme "le  chef  d'oeuvre  de  l'Art  Catholique  en  France".  

" Ce tombeau, chef-d'œuvre du grand artiste breton de la Renaissance, Michel Columb (Colombe), fut élevé par Anne de Bretagne à la mémoire de son père François II, et de sa mère Marguerite de Foix. Le socle, en marbre blanc, moucheté d'hermines, porte le chiffre du duc. Le massif du tombeau, également en marbre blanc, se termine par une table en marbre noir, sur laquelle reposent les statues couchées de François et de Marguerite. Trois anges soutiennent de riches coussins brodés, où les têtes des statues semblent laisser l'empreinte la plus naturelle. Les pieds du duc s'appuient sur un lion, emblème de courage ; ceux de la duchesse sur un lévrier, emblème de la fidélité. Aux angles, quatre statues : la Justice, la Force, la Prudence, la Sagesse, disent les vertus des princes défunts, La première représente, croit-on, Anne de Bretagne. On ne se lasse pas d'admirer ces merveilleuses statues, non plus que les gracieuses petites figures, dite des Douze Apôtres, exécutées en marbre blanc, qui ornent le soubassement, et sont, chacune, placées dans une niche, en marbre rouge, toute festonnée. A la tête et au pied du tombeau sont disposées dans les mêmes proportions que celles des Apôtres, les figures de Saint-François, de sainte Marguerite, de saint Louis et de Charlemagne. Impossible de rêver rien de plus mouvementé, de plus spirituel, de plus attachant que ces figurines. Seul, un artiste de génie pouvait les concevoir et les exécuter sans que sa main trahit sa pensée. Ce tombeau avait été élevé dans l'ancienne église des Carmes, vendue nationalement, à la fin du XVIIIème siècle. Enfoui sous terre à la même époque, il put échapper à la destruction et fut réédifie dans la cathédrale où il est aujourd'hui. On peut en admirer le moulage au musée du Trocadéro ".

La plus haute et la plus vaste verrière de France surplombe ce tombeau. Oeuvre de François Chapuis, on peut y distinguer 7 lignes différentes représentant des Evêques de Nantes, des Saints et Saintes, des Martyrs et des Bienheureux de Bretagne.

Le très beau Tableau d'Hippolyte Flandrin (classé en 1976) montre Saint Clair guérissant les aveugles (1835-1836).

LES CHAPELLES DU CHOEUR

· On abordera avec respect la Chapelle suivante, appelée "Notre-Dame de Pitié" ; le SAINT SACREMENT est déposé après chaque messe dans le tabernacle d'un bel autel à retable de style Louis XIII (Tugal Caris, 1656).

Les personnes qui ont foi en l'Eucharistie s y arrêtent pour prier.

Deux tableaux ornent cette chapelle : Un Christ en Croix (fin XVIIème siècle) et une Descente de Croix (Etienne Barthélemy Garnier, 1827).

· Près de la sacristie (privée) un tableau représente Saint Gervais et Saint Protais conduits au supplice.

· Dans la chapelle suivante on voit un tableau de C. Erard : "Jésus donnant les clefs à Saint Pierre".

 · Ensuite, c'est la chapelle dédiées Sainte Anne, avec le groupe "Sainte Anne, Vierge Marie et Jésus", réalisé en 1995 par le sculpteur Pascal Beauvais.

Un tableau évoque aussi "La tempête apaisée" (Donné).

 · Dans l'axe de la nef, chapelle dédiée à la Vierge Marie, puis celle de Saint Joseph.  

Nantes : cathédrale Saint Pierre

Nantes : cathédrale Saint Pierre

 · On voit ensuite une grande toile : "La Vierge au tombeau" (Van der Berghe, 1835), "Moise" de Sotta et "Un grand prêtre" (Donné).

Tous les vitraux de ces chapelles sont de M. LE MOAL qui a "voulu créer avant tout une lumière sacrée qui donne un climat religieux à l'ensemble du Chœur".


Après la Chapelle Saint Yves, nous sommes maintenant à la Chapelle du Sacré-coeur

· un tableau intitulé "La communion des Apôtres" (Delaunay)

· le Sacré-cœur en Médaillon (Sotta)

· une sculpture "Le Christ au jardin de l'agonie" (Vallet) nous révèle l'Amour Infini de Dieu.

· la statue de Saint Pierre est une copie réduite de la statue de la Basilique Vaticane.  

· un vitrail figuratif (rescapé du bombardement de 1944 et restauré) et un vitrail d'Anne LE CHEVALLIER - "le monde entier que gagne peu à peu le Feu de l'Esprit" surplombent harmonieusement l'ensemble.

Dans l'Axe Central de la Cathédrale, on peut admirer entre autres :  

Nantes : cathédrale Saint Pierre

· l'autel majeur en marbre polychrome (1750).  

Nantes : cathédrale Saint Pierre

· à gauche de cet autel, un magnifique porte-cierge du XVIIème siècle.

· à droite de l'autel provisoire : un crucifix d'origine catalane (fin XVIème siècle).

· l'orgue de choeur, le plus important orgue d'accompagnement de France (31 jeux).  

Nantes : cathédrale Saint Pierre

· puis tournant le dos au choeur, au fond de la Grande Nef, le GRAND ORGUE, un des plus prestigieux de France. Il possède les jeux inimitables d'Anches et de Cornets. Composé de plus de 6000 tuyaux, il possède 74 jeux réels.  

Nantes : cathédrale Saint Pierre

· au-dessus du Grand Orgue, les restes d'un beau vitrail attribué à Jehan DE LA CHASSE (XVème siècle).

· les lustres de la Grande Nef qui datent de 1870 sont en bronze passé à l'or fin (Orfèvrerie Evellin, de Nantes).

LE TRANSEPT NORD

Le Tombeau de Lamoricière (mort en 1865) fut placé dans la Cathédrale en 1879. Quatre statues l'encadrent : la Force, la Foi, la Charité, la Sagesse.  

Nantes : cathédrale Saint Pierre

Le vitrail est d'Anne LE CHEVALLIER qui l'explique ainsi : " ...un grand arbre figure simultanément le mouvement de la grâce de Dieu qui se répand sur les hommes et celui des hommes vers leur Dieu...".

LE COLLATERAL NORD

Quatre Chapelles achèvent notre rapide visite de celte Cathédrale. Nous pouvons y voir respectivement :

· dans la 1ère : un autel de style Louis XV avec au-dessus "Saint Jean Baptiste prêchant" et en face "le roi David".

· dans la 2ème : la statue de la Bienheureuse Françoise d'Amboise, fondatrice du Carmel des Couëts (1427-1485) et un tableau "Saint Charles Borromée donnant la communion aux pestiférés".

· dans la 3ème : une toile montrant Saint Gohard, Evêque de Nantes, assassiné à l'autel en 843 et un tableau « Saint Donatien et Saint Rogatien étendus sur les chevalets ».

· dans la 4ème : un tableau du " Baptême de Notre Seigneur Jésus-Christ" (Copie de Donné).

Enfin, avant de sortir, nous remarquons la porte d'accès à la Tour Nord (sculpture du XVème) surmontée des "Armes de Bretagne" soutenues par des Hermines.

Ville de Nantes  Description des chapelles de la cathédrale de Nantes (en 1933)

DIMENSIONS DE LA CATHEDRALE

Hauteur des Tours : 63 mètres

Hauteur de la Toiture : 49 mètres

Hauteur de la Nef sous voûte : 37 mètres 50

Largeur intérieure : 38 mètres 50

Longueur intérieure : 103 mètres

Longueur du Chœur : 30 mètres  

Nantes : cathédrale Saint Pierre

Nantes : cathédrale Saint Pierre

     

Nantes : cathédrale Saint Pierre

Nantes : cathédrale Saint Pierre

la basilique Saint-Donatien et Saint-Rogatien (1873 - début du XXème siècle), située place des Enfants-Nantais et oeuvre des architectes Louis Liberge et Emile Perrin. Précisons tout d'abord que les " Enfants nantais " (Donatien et son frère Rogatien) ont été exécutés le 24 mai 304. L'église actuelle est bâtie sur des ruines d'une villa gallo-romaine. La première église Saint-Donatien est construite vers 490, la seconde vers 980 et la troisième après la Révolution en 1804. La grande basilique actuelle date de 1873. La première des trois églises qui leur sont successivement dédiées remonte, affirme Albert Le Grand, à l'évêque Karmundus, décédé en 492. C'était d'après les fouilles, "un rectangle de trente mètres sur dix, que terminaient une travée plus étroite et une abside en cul de four. Une construction plus tardive jouxtant la nef du même côté, a pu être soit une chapelle, soit un croisillon du transept". Suite à l'occupation normande au Xème siècle, l'édifice subit des restaurations et remaniements. A partir de 1092, l'église Saint-Domatien devient centre paroissial. L'édifice aurait été détruit en 1226 par Pierre de Dreux, car il était situé trop proche de son enceinte. A Saint-Donatien et Saint-Rogatien, deux pèlerinages importants avaient lieu autrefois le lundi des Rogations et le lundi de Pâques, comme le stipule un acte en latin de 1499 et en français en 1588 : " de temps immémorial, le clergé de la dite église cathédrale accompagné de celuy de la collégiale de la même ville, est dans l'usage de faire tous les ans, le lundy des fêtes de pâques, une procession solennelle dans l'église paroissiale de Sainct-Donatien et Sainct-Rogatien martyrs originaires de ladite ville de Nantes, et patrons du même diocèse … Comme il se rend le lundy de Pâques un concours prodigieux de peuple dans la susdite église de Sainct-Donatien, les habitants ou marguilliers de cette paroisse ont soin d'orner leur église avec le plus de magnificence qu'il est possible …. " (Archives départementales de Loire-Atlantique, G. 102). En 1499, le curé de la paroisse de Saint-Donatien et Rogatien était tenu de " fournir les dicts jours des lundys de Pasques, en la salle du bresbitère de la dite cure, scavoir : deulx jambons, deulx langue de boeuff, seix pots de vin d'Anjou, douze pains blancs du poix d'une livre chacun, oultre à chacun desdits sieurs tenant en dignité en ladite église douze oeuffs, à chacun chanoine seix ; à chacun choriste quatre ; à chacun des enffants deulx, au porte croix et à chacun bedeau trois oeuffs. Et si Messire l'Evesque de Nantes est présent à la dite procession, un jambon et douze oeuffs " (Archives départementales de Loire-Atlantique, G. 102). Un autre sanctuaire lui succède, vaste rectangle à trois nefs, élargi et achevé en 1637. Au XVIIIème siècle, sont construits la façade et le clocher : la pose de la première pierre a lieu le 16 mars 1739. Durant la Révolution, l'église sert d'hôpital, puis est incendiée, vendue et démolie par les acquéreurs. La nef et l'abside, rasées (1804-1806), font place en 1826 à un nouvel édifice de plan cruciforme. La façade est entreprise avant 1870, et Boismen, en 1876, surmonte le tout d'une flèche. En 1873, il est décidé d'élever au-dessus d'une crypte de style roman une nouvel église (1873-1902). La nef date de 1873 - début du XXème siècle. Le sarcophage des saints Donatien et Rogatien datent du IV-Vème siècle (après avoir subi le martyre, les corps des deux frères avaient été recueillis au cimetière familial, dans une fosse découverte lors des fouilles de 1873). Le reliquaire des enfants nantais date de 1881. De nombreux tombeaux, pour la plupart carolingiens, remplissaient le sous-sol du choeur, de la nef et des alentours de l'édifice primitif : Landran (IVème siècle), Nonnechius et Karmundus (Vème siècle), Déomar (VIIIème siècle), Foucher (Xème siècle). Le cimetière qui borde l'église Saint-Donatien renferme un des plus anciens édifices de Nantes, la chapelle Saint-Etienne. Le père de Montfort, célèbre prédicateur du XVIIIème siècle, auteur du calvaire de Pontchâteau, prêche une mission à Saint-Donatien en 1710 ;

 Ville de Nantes Voir les Saints Martyrs Donatien et Rogatien.

 

l'église Saint-Similien (1873-1897), oeuvre des architectes Eugène Boismen et François Bourgouin. Saint Similien (Similianus, mort le 17 juin 310) est évêque de Nantes, au temps, semble-t-il, des empereurs Constantin et Constance II, dans la première moitié du IVème siècle. Sur son tombeau, l'évêque suivant Eumélius édifie une chapelle commémorative (cella memoriae). Une première église est mentionnée au VIème siècle par Grégoire de Tours : l'église est édifiée sur le lieu de sépulture de saint Similien (3ème évêque de Nantes) par l'évêque Léon : "longue de vingt-quatre mètres et large de neuf, environ, l'église se terminait à l'est par une abside plus étroite". L'église mérovingienne mesurait environ 24 mètres de longueur sur 9 mètres de largeur, terminée par une abside de 4 mètres de diamètre. Suite au passage des pillards normands, vers 937, l'évêque Gauthier et ses chanoines, sur la demande des habitants, restaurent l'église " il tomba tant d'aumônes ès troncs, aussi bien de saint Similien que de la Cathédrale, qu'en peu de temps l'église fut levée de terre " (Albert Le Grand). Après le siège de 1486, par l'armée de la régente Anne de Beaujeu (lors de la guerre contre François II, père d'Anne de Bretagne, et Louis d'Orléans, futur Louis XII), l'évêque Pierre Du Chaffault se met à réparer et agrandir de nouveau l'église : la nef est un peu allongée vers l'Ouest et flanquée de deux croisillons, et une tour carrée couverte d'une flèche est élevée à l'Ouest. C'est dans cette église que furent baptisés le capucin Cassien (décédé en 1638) et l'ornithologue Jean-Jacques Audubon (le 23 octobre 1800). Un nouvel et radical changement survient en 1824 : les murs mérovingiens, rasés, font place "à une église divisée en trois nefs par deux files de quatre colonnes doriques". On parle de remplacer l'église vers 1850, car jusqu'à la fin du XIXème siècle la paroisse englobe aussi saint Félix, Saint-Pasquier, Sainte-Thérèse, Notre-Dame de Toutes-Joies et une partie de Saint-Luc, de Saint-Louis de Montfort et de Notre-Dame de Lourdes. Enfin, l'église moderne, orientée vers le nord-ouest, est commencée en 1873 (la première pierre fut posée le 5 octobre 1873). Elle renferme le puits de saint Similien dans lequel aurait été jetée la tête de saint Similien, tranchée en 843 par un pirate normand. Le choeur est achevé en 1880. L'édifice mesure 68 mètres de longueur, 32 mètres de largeur et 24 mètres de hauteur sous voûte. L'église est bénite par Mgr. Rouard le 22 décembre 1897. A signaler la statue de Notre-Dame de Miséricorde, sculptée en 1886 par le maître Vallet. Les vitraux du choeur datent de la seconde moitié du XIXème siècle. On a découvert en 1894, lors de la destruction de l'ancienne église, un puits primitif et plus de 150 sarcophages de la nécropole mérovingienne ainsi qu'une pierre tombale (VII-VIIIème siècle) ;

 Ville de Nantes Voir l'ancienne paroisse (Place et Quartier) Saint-Similien

 Ville de Nantes Voir l'ancien clocher et les anciennes cloches de l'église Saint-Similien

   

l'église Saint-Jacques (XII-XIXème siècle), située rue Saint-Jacques et datée, semble-t-il, de 1180. La façade actuelle date du XIXème siècle. Il s'agit de l'ancienne chapelle du prieuré Saint-Jacques de Pirmil fondée par l'abbaye de Vertou (d'autres historiens prétendent qu'il s'agit d'une ancienne aumônerie) qui faisait partie jusqu'à la Révolution de la paroisse de Saint-Sébastien-d'Aigne (aujourd'hui Saint-Sébastien-sur-Loire). Le couvent qui est fondé au Moyen Age passe sous la dépendance de l'abbaye Saint-Jouin-de-Marnes (près de Thouars). L'église, qui est édifiée à la fin du XIIème siècle (vers 1180), est restaurée au XIXème siècle (vers 1850) par Théodore Nau. Elle est composée d'une nef unique de trois travées longue de quarante mètres et large de sept mètres, un transept à deux absidioles et un choeur profond. La nef est voûtée d'ogives bombées à huit branches retombant sur une colonne par travée. La nef, qui date du XII-XV-XIXème siècle, est remaniée au XVème siècle (vers 1484) par Thomas James, évêque de Dol. Le chevet et le transept, avec deux chapelles, sont anciens. Le chevet est de style roman (des vestiges d'une construction romane ont été mis à jour au milieu du XIXème siècle, lors de la démolition d'un contre-mur élevé en 1484). De l'époque primitive, datent quelques chapiteaux (l'un d'eux représente les raisins de la terre de Chanaan). Soumis à la réforme de Maure, le prieuré a compté quatre ou cinq religieux, puis sept, lorsque les moines de Blanche-Couronne obtiennent en 1767, le droit de se joindre à eux. Il existe une statue de la Vierge (Notre-Dame de Bon Secours) datée du XVIIIème siècle. L'église devient paroissiale durant la Révolution ;  

 Ville de Nantes Voir L'ancien Prieuré Saint-Jacques de Pirmil

 Ville de Nantes Voir Les Confréries du Prieuré Saint-Jacques de Pirmil

 

l'église Sainte-Croix (vers 1670 - XVIIIème siècle - 1841 - 1860). L'église primitive du XIème siècle est l'ancienne chapelle du château du Bouffay. Ce sanctuaire est donné par le duc Alain IV aux moines de l'abbaye de Marmoutier (près de Tours) qui fondent un prieuré au chevet de l'église avec une chapelle Saint-Martin à l'emplacement du choeur actuel. Le cloître, le cimetière se trouvaient dans le jardin qui borde l'église au Sud. L'entrée du prieuré était rue de la Bâclerie. Les moines desservaient une grande paroisse qui s'étendait sur les îles de la Saulzaie (où il y avait une chapelle dédiée à Notre Dame de Bon Secours), de la Madeleine de Bièce ou Biesse (il y avait la chapelle de Toussaint en Grande-Bièce) jusqu'au ruisseau des Récollets. A noter qu'on possède encore la charte qui confie cette église aux Bénédictins de l'illustre abbaye de Marmoutier-lès-Tours qui doit sa fondation à Saint-Martin au IVème siècle. L'église, qui tombait en ruines, est reconstruite en plus grand et non sans multiples difficultés, en 1669 (voire l'inscription "ceste église a été rebâtie en l'an 1669" sur le pilier médian de la nef, côté Evangile) : la nef centrale, qui recouvre à peu près l'ancienne église, reçoit deux bas-côtés, fermés à l'est par un mur étroit. Des documents irréfutables établissent que, si la décision de reconstruire a pu être de 1669, l'édification n'est achevée que après 1685. La façade, commencée en 1685, présente deux étages de style Jésuite, dominés en arrière par une tour carrée. Bien qu'elle fût desservie depuis 1791 par des prêtres "jureurs" (qui avaient prêté serment à la Constitution civile du Clergé), l'église est dépouillée de ses objets de culte (argenterie, vases, ...) le 16 octobre 1792 et fermée au culte en novembre 1793. L'église est rapidement occupée par le club Saint-Vincent (ou Vincent-la-Montagne) jusqu'au 23 mars 1794. Sainte-Croix devient par la suite une prison avant d'être rendue au culte en juin 1795, après la Révolution (le Concordat de 1802 devait y régulariser la situation des prêtres au regard de l'Eglise catholique). Les premiers curés de l'époque concordataire dont M. Réveillé de Beauregard vont refaire des réparations de gros-oeuvre et l'ameublement de l'église. Dès 1828, M. Guilbaud (curé de Sainte-Croix de 1826 à 1860) se charge d'agrandir l'église en lui construisant un nouveau choeur dont les travaux, commencés en juillet 1839, se sont achevés en moins de deux ans (oeuvre de l'architecte nantais Théophile Nau). Le 30 mai 1841, le mur qui jusque-là clôturait l'église, s'effondre. Le beffroi, œuvre de l'architecte Henri Driollet, date de 1860 (l'installation, en 1860, de la tour couronnée par une horloge et un beffroi métallique fait suite à la destruction par la Ville de la tour du Bouffay en 1848). La nef date du XVIIème siècle : elle est allongée d'une travée au XIXème siècle par l'architecte Théodore Nau. Le chœur, œuvre de l'architecte Théodore Nau et du maître-verrier Thévenot (de Clermont), date de 1839-1841. La chaire à prêcher en acajou massif date du XVIIIème siècle. Les stalles datent du XVIIème siècle. Le maître-autel, sculpté par Thomas Louis, est consacré le 1er septembre 1844 par Mgr de Hercé. La statue de "la Vierge à l'Enfant", œuvre du sculpteur Cabuchet, date de 1865. L'ancienne statue de Notre-Dame du Bon-Secours (XVIIème siècle) provient de la chapelle de la Saulzaie. L'inauguration de l'église a lieu le 10 juin 1841. Les vitraux du maître-verrier Thévenot sont anéantis par les bombes le 16 septembre 1943, puis fidèlement reproduite. On y trouve l'ancienne cloche du Bouffay (8.096 kilos), fabriquée en 1663. Sous l'église Sainte-Croix, en consolidant la base du clocher au XIXème siècle, l'architecte Driollet à découvert à 5m50 de hauteur de profondeur un hypocauste, un établissement de bain aux voûtes et gros murs soignés. Il décrit ainsi sa découverte : " C'est une salle voûtée ayant environ 2m50 de hauteur, sur autant de largeur et de profondeur. On voit l'amorce d'une galerie voûtée de 1m30 de large vers le Nord et une autre galerie mais rampante vers le Sud. Les parois de ces deux galeries sont en moellons de petit appareil bien caractérisé. Les voûtes et les piliers sont en grandes briques romaines et l'aire supérieure de ces voûtes est recouverte par un carrelage en briques creuses rectangulaires parfaitement cimentées, canaux destinés à la circulation de la chaleur, la galerie rampante conduit à l'hypocauste au sol supérieur " ;  

 Ville de Nantes Voir L'église Sainte-Croix

 

l'église Saint-Martin de Chantenay (1756-1840), œuvre des architectes L. Laillaud et Louis Gelée. L'église de Chantenay est reconstruite en 1756 et agrandie en 1840. Elle se compose d'une nef bâtie en 1761, accrue en 1839-1841 d'une tour octogonale et de deux bas-côtés. La nef date de 1756-1840 : l'intérieur est refait au XIXème siècle. L'autel date du XVIIIème siècle ;

l'église Notre-Dame-de-Bon-Port-et-Saint-Louis (1846-1858), située place de Sanitat et oeuvre des architectes Saint-Félix Seheult et Joseph Fleury Chenantais (sous le pastorat de M. Fresneau). Deux autres édifices ont précédé l'église actuelle : le premier édifice était la Chapelle du Sanitat, construite en 1612 érigée en église paroissiale en 1792 sous le nom de Notre-Dame de Chézine ; le deuxième édifice était une église paroissiale, sous le vocable de Notre-Dame de Bon-Port et de Saint-Louis, construite en 1827 à l'emplacement de la place Eugène Livet, et consacrée le 24 juin 1828). L'édifice actuelle est voûté par une coupole ovoïde sur la croisée, un berceau sur chacun des bras et une coupole demi-sphérique aux quatre angles externes. L'emmarchement du choeur, oeuvre de l'ébéniste Margot, date du XIXème siècle. Intérieurement, le plan est celui d'une croix grecque inscrite dans un rectangle. La nef (1846-1860) est décorée de peintures réalisées entre 1858 et 1877 par Joseph Goëzou (chemin de croix en 1860, chaire en 1866, autel et chapelle Saint-Louis en 1877), Alphonse Le Hénaff (tambour et pendentifs du dôme), Henri Picon ou Picou (demi-coupole de l'abside), Maurice Onillon (voûte en berceau à l'est, en 1919) et Antoine Challot (coupole de la chapelle de la Vierge, en 1857). Sur la façade, un vaste bas-relief d'Amédée Ménard montre la Vierge accueillant les malheureux. La statue de sainte Anne et le tombeau de l'abbé Fresneau sont l'oeuvre du sculpteur Amédée Ménard. Les statues de Saint-Antoine (1897), de Saint-Joseph (1902), de Jeanne d'Arc (1909), de Notre-Dame (1913), de Saint-Louis (1914) et de Sainte-Thérèse de l'Enfant-Jésus sont l'oeuvre du sculpteur Joseph Vallet. Joseph Vallet a réalisé aussi l'autel du Sacré-Coeur (1894), le bas-relief des fonds baptismaux (1902) et le calvaire surplombant l'autel de la Bonne-Mort (1886). Les orgues (1891-1981) ont été réalisés par le facteur d'orgues nantais Louis Debierre ;

l'église Notre-Dame-de-Toutes-Joies (1856), située rue du Chanoine-Courtonne et oeuvre de l'architecte Henri Faucheur. Il s'agit, à l'origine, d'une simple chapelle, située dans le quartier dit des Folies-Chailloux. La chapelle Notre-Dame de "Toute-Joye", située jadis rue de Bossuet (ou Petite-Rue-Notre-Dame), a été édifiée en 1438 par les bénédictins de Redon et détruite durant la Révolution ;

l'église Saint-Laurent (1964), située place des Dervallières et oeuvre de l'architecte Favreau. La paroisse de Saint-Laurent, qui s'étendait au sud de la cathédrale, ne comptait en 1775 que huit cents habitants. D'origine fort ancienne, l'église primitive, est sans doute restaurée après les dévastations normandes. Des évêques y siègent en 1106. D'autres travaux reçoivent au XIVème siècle l'appui de Charles de Blois. Quelques remaniements surviennent aux XVIIème et XVIIIème siècles. Parmi les sépultures, on peut mentionner celle (vers 1495) de Mathelin Rodier, architecte de la cathédrale et du château, et au nombre des baptêmes celui de Sophie Trébuchet, mère de Victor Hugo (10 juin 1772). La vente de l'édifice comme bien national entraîne sa destruction ;

l'église Saint-Clair (1854-1856), oeuvre de l'architecte Gustave Le Prévôt de Bourgerel. La nef date de 1854 ;

l'église Notre-Dame de Lourdes (XXème siècle), située à Pont-du-Cens et oeuvre de l'architecte Yves Liberge ;

l'église Notre-Dame-de-Toutes-Aides (1881), située place Bash (à Doulon) et oeuvre de l'architecte François Bourgouin. Au départ, un voeu de la duchesse Constance II, retirée en son domaine du Petit-Bottereau, pleurant le rapt de son fils Arthur, duc de Bretagne. Une chapelle reconstruite au XVIIème siècle et abritant une Vierge miraculeuse est à l'origine de l'édification de cette église située sur la paroisse de Doulon ;

l'église Saint-Pasquier (fin du XIXème siècle), oeuvre de l'architecte François Bougouin. Il s'agit, à l'origine, d'une simple chapelle. Saint Pasquier, évêque de Nantes au VIIème siècle, est le fondateur du monastère d'Indre ;

l'église Sainte-Thérèse (1939-1963), oeuvre des architectes Ferdinand Ménard et Ferré. La paroisse de Sainte-Thérèse est créée en 1933 et confiée au père Larosse ;

l'église Saint-Clément (1841-1857, 1860, 1873-1875), édifiée sous l'impulsion de Monseigneur Hercé (évêque de Nantes) et l'abbé Jean Richard, par l'architecte François Liberge et consacrée le 30 septembre 1890. La première pierre, qui contient une plaque de cuivre gravée, est bénite par l'abbé Richard le 31 mai 1841 (Note : on y lit l'inscription suivante " le projet de construire cette église a été honoré dans le mois de mai 1838 et placé sous la protection de la Très Sainte et Très Immaculée Vierge Marie. Trois ans après, une somme recueillie au moyen d'une association volontaire et de souscription partielle, mit en état de commencer l'édifice sacré, et cette pierre, la première de toutes, renfermant les médailles de Marie conçue sans pêché et Mère de douleurs fut placée le 11 mai 1841 ". Suivent les noms du curé, Jean Richard, des deux vicaires, Maurice et Lehuédé, de l'architecte Liberge et des marguilliers d'alors : MM. Pellerin, de Suyrot, Guénel de la Guère, Le Laseur, Lemercier, Chappotin de Neuville, Ladmirault et Babin). La première messe fut dite dans la nouvelle église, par l'abbé Richard, le jour de Noël en 1857, en présence de Mgr. Jacquemet. Une deuxième campagne de construction avec édification de la façade de Saint-Clément comportant, au rez-de-chaussée, trois portails, correspondants aux trois nefs, surmontés de hautes fenêtres, fut décidée par l'abbé Donatien Demouy à partir de 1860, sur les plans de l'architecte Henri Faucheur (Note : le projet et devis de l'entrepreneur Vincent Moriceau étaient acceptés par le Conseil de Fabrique, le 7 juillet 1863). La statue de la Vierge portant l'Enfant Jésus, située entre les deux fenêtres centrales de la façade et placée là le 2 juillet 1876, est l'oeuvre du nantais Joseph Potet. La façade est dotée d'un clocher et d'une flèche en 1875 (Note : la flèche à 80 mètres de hauteur est surmontée d'une croix avec l'inscription suivante : " Cette croix, offerte de M. Boismen, architecte, a été bénite par M. l'abbé Rousteau, vicaire général, le 23 août 1874, M. Rétière, curé de Saint-Clément ". Suivent les noms des Fabriciens : Le marquis de la Jaille, Arthur de la Chevannerie, Théodore Pinard, Jean Ouvrard, de Goyon de Marcé, Guénel, Herbelin, Couespel et Garnier-Delaunay). Dès 1876, cinq cloches, d'un poids compris entre 500 et 3 000 kilogrammes, furent fondues, et bénites, en mai 1877, par Monseigneur Fournier. L'autel de Notre-Dame des Sept douleurs, installé en 1860 dans la chapelle absidiale, est l'oeuvre du sculpteur Amédée Ménard. La chaire monumentale ornée des statuettes des quatre évangélistes et du Christ enseignant, oeuvre d'Amédée Ménard, date de 1864. Un orgue à tuyaux de onze jeux, commandé en 1866 à la maison Cavaillé-Coll par l'abbé Rétière, est installé le 25 janvier 1867. Par la suite, la célèbre maison Debierre, située à Saint-Clément, offrit un orgue, récemment restauré (Note : cette orgue, servant à la fois de grand orgue et d'orgue d'accompagnement, était divisé en deux parties et placé derrière le maître-autel). L'autel principal, qui est daté de 1874, est l'oeuvre des architectes Baussans et Bouvas, de Bourg-Saint-Andréol, et abrite plusieurs statuettes et statues (Saint André, Saint Clément), oeuvre du statuaire Guillaume Grootaers de Nantes. Les autels latéraux sont également l'oeuvre de Baussans et Bouvas : - l'autel du Sacré-Coeur (les figures du bas-relief sont l'oeuvre du nantais Potet, les statues de Sainte Jeanne d'Arc et sainte Marguerite Marie sont l'oeuvre de Joseph Vallet) ; - l'autel de Saint-Joseph (on y trouve des armoiries du pape Léon XIII et des symboles païens) ; - l'autel moderne et sobre (situé au fond de l'abside et abritant la statue de Notre-Dame de Toutes Grâces) ; - deux autels de marbre polychromé, situés dans les chapelles latérales au bas des nefs et provenant de la chapelle de la Communauté des Prêtres de Saint Clément. Les stalle, datées de 1872, sont l'oeuvre de M. Barranger. Le Chemin de Croix, daté de 1877, est érigé par le capucin Benoît-Joseph, gardien du couvent de Nantes. Les vitraux, oeuvre de la maison Paris-Réby (rue de la Refoulais à Nantes) et de la maison Denis (rue de Saint Clément à Nantes), datent du XIXème siècle. L'horloge de la façade, oeuvre de M. Gourdin et Mayet (Sarthe), date de 1886. L'église abrite plusieurs statues dont celle de Sainte Thérèse de Lisieux, Saint Clément et Saint André. L'édifice a été restauré entre 1951 et 1954 par M. Mahot. A signaler les curés suivants : Richard (en 1838), Demouy (en 1860), Rétière (en 1865), Meslier (en 1897), Colas (en 1907), Richeux (en 1913), Leclair (en 1937), Morilleau (en 1951), Mahot (en 1954), Reliquet, Legrand, etc.... . A noter que le premier lieu de culte dédié à Saint-Clément remonte au Vème siècle. Une chapelle aurait été édifiée dès 490, " hors les murs " de la ville de Nantes, par l'évêque Cerimius (ou Gérimius) qui y fut inhumé vers 498. Il s'agissait, à l'origine et suite au Concile de Nicée, d'une chapelle d'un hôpital ou hospice élevé aux abords de la ville de Nantes afin de recevoir les malades, pauvres et pèlerins. Cet hospice au aumônerie (dite de Saint-Clément), est gérée, dès le Xème siècle, par un aumônier sous le contrôle du Chapitre de la Cathédrale Le lieu de culte est détruit, en 1226, par Pierre Mauclerc (duc de la maison de Dreux), pour établir les nouvelles fortifications de la ville de Nantes. A partir de 1227, une nouvelle église est édifiée entre les rues Guibourg-de-Luzinais et Gaston-Serpette. Composée longtemps d'une nef unique, l'église se vit adjoindre deux nefs latérales. A la suite à la Révolution, en 1791, l'église est fermée et vendue comme bien national sous l'appellation de " Liberté et Démosthène ". En 1803, lors du Concordat et du rétablissement du culte, l'abbé Duproz (chanoine de la cathédrale de Nantes) est nommé curé concordataire. Ce dernier meurt en 1806 et est remplacé par l'abbé Gaillard, puis l'abbé Bouyer (de 1811 à 1837) qui fait faire de nombreux travaux de restauration à l'église (du clocher en 1812, du toit en 1813, du choeur en 1816) et l'abbé Richard (de 1838 à 1857) à qui l'on doit la nouvelle église. Saint-Clément avait un cimetière appelé "Champ fleuri". Une cloche nommée Clémence est bénite par Jean Gicquel en 1595 : le parrain est André Symon (seigneur de Beauvoye et séneschal du Chapitre de Nantes) et les marraines sont Marie Le Garrec et Isabeau Rioteau. D'autres cloches sont bénites en 1670 et 1733. A noter également qu'une association missionnaire (la Communauté de Saint-Clément ou Maison des Prêtres de la Communauté de Saint-Clément) est fondée par René Lévêque (ou Lévesque, né à Gorges dans le canton de Clisson en 1624, prêtre en 1650 et décédé à Paris en 1704) en 1671 et disparaîtra en 1790 [Note : les règles de la Communauté sont approuvées par Mgr de la Baume Le Blanc le 27 janvier 1672]. Cette communauté, qui hébergera le Père Montfort en octobre 1700, s'est vu confiée en 1673 la charge et le revenu de l'église Saint-Clément. La Communauté de Saint-Clément, d'abord établie à Sainte-Croix, sous le vocable de Notre-Dame-de-Lorette, comprend lors de sa création trois membres : René Lévêque, Noël Dornic et Clet Jauréguy. En 1790, pendant la Révolution, elle ne compte plus qu'un supérieur, un économe et deux missionnaires. En 1791, les locaux de la Communauté servent de caserne, puis de prison pour les prêtres non assermentés. Le 20 juin 1806, les Ursulines de Nantes achètent les murs de la Communauté et s'y installent jusqu'à leur expulsion le 4 mai 1907 [Note : en exécution des lois contre les congrégations], en édifiant une chapelle et un pensionnat vers 1825 ; 

l'ancienne Collégiale et Royale Notre-Dame, située jadis sur la Place Dumoustier et aujourd'hui disparue. Cet emplacement était déjà occupé de longue date par une chapelle dédiée à la Sainte Vierge. Alain Barbe-Torte, après sa victoire sur les Normands en 937, fait construire l'église Sainte-Marie. Il y est enterré en 952. En 1325, l'évêque Daniel Vigier l'érige en collégiale. Le duc Pierre II fait construire l'abside et le choeur, ainsi qu'une flèche à six pans, flanquée à sa base de six clochetons. François II fait construire l'aile droite du choeur. On restaure le tombeau de Barbe-Torte, et une nouvelle consécration de l'église a lieu le 12 mai 1476. On y trouvait d'ailleurs jadis les tombeaux de Pierre II et de son épouse Françoise d'Amboise. En 1506, la duchesse Anne élève la partie gauche du choeur, près de laquelle sera édifiée la chapelle Saint-Claude, ou de Rouville, par Jean de Rouville. De 1514 à 1524, on édifie la chapelle Saint-Thomas, grâce à Thomas Le Roy, évêque de Dol. Elle porte le nom de Saint-Thomas en l'honneur de l'évêque de Dol, Thomas Regis, qui était chefier de la collégiale. Le chanoine Philippe Quesnouard fait construire la chapelle Saint-Jacques et Saint-Philippe, suivant un devis de 1533. Une autre chapelle est fondée en 1548 par Jean de Compludo et son épouse Françoise d'Astoutilla-Lerma. Le chapitre collégiale disparaît en 1790 et l'église abrite alors 300 chevaux, puis sert de marché en 1820, avant de tomber totalement en ruine. La flèche, édifiée au XVème siècle, comportait six pans entourés de six clochetons. Cette flèche est détruite par la foudre en 1801. Le sol de la Place Dumoustier cache encore une crypte ;  

l'ancienne église Saint-Nicolas (XVème siècle). De la chapelle primitive devenue église en 1287 au plus tard, on ne sait rien. Saint-Nicolas fait l'objet d'importants travaux de 1448 à 1483. Trop petite au milieu du XVème siècle, on lui ajoute un bas-côté en 1452, puis une sacristie. L'église est à nouveau agrandie en 1472 par les maîtres-maçons Pierre et Jean Hochard. L'église compte à cette époque trois nefs que séparent six gros piliers, un chevet plat, un transept peu saillant et un porche. Sur le bas-côté Nord se trouvaient trois ou quatre chapelles latérales. En 1483, le porche est reconstruit par le maître-maçon Jean Perrier : il est surmonté à cette époque d'un vitrail décoré par Bertrand Le Soudet. Un second vitrail est installé dans le chevet en 1495 : oeuvre de Bertrand Le Soudet ou Pierre de La Chasse (peintre du duc François II). Le clocher est reconstruit de 1666 à 1672. Le maître-autel, oeuvre de l'architecte Jean Ballue et du sculpteur Philibert Jacques (auteur de 22 statues), a disparu, sans doute en 1741. La consécration de l'église a lieu en 1483 par l'évêque Bernard Du Chaffault. En 1793, Saint-Nicolas sert d'atelier d'armes. C'est en 1848-1849 que ses vestiges disparaissent. Il ne subsiste de l'église qu'une porte de tabernacle et des sablières sculptées : une des sablières, datée de 1474, est signée du charpentier-sculpteur Jean de Borgell. Une nouvelle église va commencer à s'élever sous l'impulsion du curé de la paroisse, l'abbé Fournier, futur évêque de Nantes. La première pierre est posée le 1er août 1844, et l'ensemble terminé en 1854, sauf le clocher, qui date de 1869 seulement ;

Nota : visite de la nouvelle église érigée en basilique le 28 octobre 1882 (année 2007) : 

L'ancienne église datait du 11ème-12ème siècle. Restaurée en 1478, mais sans entretien depuis, elle se révélait, au début du 19ème, trop petite pour accueillir une population accrue en raison de l'urbanisation, de sa situation en centre ville et de la proximité du grand port fluvial et maritime. 

La nouvelle église, construite à l'emplacement de l'ancienne, est orientée Nord-Sud en raison de l'exiguïté du terrain, et non pas Est-Ouest comme le voulait la tradition (soleil levant sur le sanctuaire). Les travaux s'échelonneront de 1844 (pose de la première pierre) à 1869 (bénédiction de l'église). L'abbé Fournier, d'abord comme vicaire puis comme curé, s'imposa non seulement sur le principe de la construction mais aussi sur son style néogothique. 

Nantes : église Saint Nicolas

La maîtrise d'oeuvre en fut confiée à l'architecte J.-B. Lassus. Les matériaux sont constitués de granit de la région, de pierres dures et tuffeau de Touraine. Lors du bombardement du 16 septembre 1943 trois bombes traversèrent les voûtes du bas-côté droit et firent d'énormes dégâts. Le chantier de reconstruction dura de 1953 à 1974. 

Quelques chiffres : La basilique mesure 86 mètres de long, 32 m de large, la hauteur sous voûte est de 24 m. La flèche s'élève à 100 mètres (+ la croix : 5 mètres).

En se plaçant sous le porche sud, on pourra apprécier l'envolée de la grande nef et de l'autel monumental. Le Vaisseau, avec les doubles collatéraux (2 bas-côtés), comporte 5 travées.

Dans la partie haute du choeur et dans les bras du transept, on remarque le retour complet du triforium et des galeries.  

Nantes : église Saint Nicolas

Nous proposons l'itinéraire de visite suivant :

1 – les fonts baptismaux. La cuve, de style Renaissance, peut être celle de l'ancienne église.

2 – le grand autel, conçu par Bourgerel, dont le pinacle s'élance vers les voûtes.

3 – le dallage du choeur, traité à la façon florentine, entre les autels ancien et nouveau.

Une belle grille en fer forgé, de Bourgerel, entoure le choeur de lys et de roses.

4 – au-dessus du choeur, les vitraux représentent, de gauche à droite : saint Luc, saint Etienne, saint Paul, le Christ, saint Pierre, saint Jean, saint Jean-Baptiste.

Ils ont été réalisés en 1960, comme d'ailleurs ceux de la chapelle de la Vierge, par le meilleur peintre-verrier de l'époque, M. Rocher.

Les vitraux d'origine n'avaient pas résisté aux bombardements de 1943.

L'abside, formée de 5 chapelles, dont celle du centre, dédiée à la Vierge (5), est en même temps celle du Saint Sacrement.

De chaque côté, on verra, de gauche à droite, les autels dédiés à tous les saints (6), à sainte Monique (7), à saint Joseph (8), à saint Félix (9).

Les deux autels du transept sont de Driolet, concepteur de la fontaine de la place Royale – décoration picturale d'Elie Delaunay – Ils sont dédiés, celui de droite, à saint Vincent de Paul apôtre moderne de la charité (10), celui de gauche, au Sacré-Coeur (11).

12 – Monument en mémoire de Mgr Fournier.

Tableaux – Sur le mur de la sacristie Est, un tableau en mauvais état est attribué à Philippe de Champaigne (13). A côté, un emplacement vide attend le retour d'une oeuvre de Sébastien Bourdon en cours de restauration. En face, côté Ouest, on peut voir une Crucifixion (14). Au-dessus des portes des transepts sont accrochés deux tableaux représentant la Transfiguration (15) et la Présentation au Temple (16).

Retournons dans la chapelle de la Vierge.

Nous remarquerons les vitraux, trois baies qui décrivent les mystères joyeux, douloureux, glorieux. Au centre de l'autel, la Vierge règne avec son Fils. Des anges musiciens lui font un cortège.

Des bas-reliefs montrent, à gauche, la présentation de Marie au temple, à droite le couronnement et, sous l'autel : au centre l'assomption, à droite l'annonciation.  

Nantes : église Saint Nicolas

Au maître-autel, les statues qui ornent le pinacle racontent les gloires du diocèse : saints Donatien et Rogatien agitent les palmes de leur martyre ; sainte Françoise d'Amboise abandonne sa couronne ducale.

Dans l'abside, une statue de saint Nicolas, patron de la paroisse, se trouve près de l'autel dédié à sainte Monique.

A l'extérieur, le clocher, ou flèche, entièrement en pierre, repose sur une tour carrée puis octogonale. Sur les pignons du transept, saint Félix, saint Yves, saint Julien côté rue Duvoisin ; saint Clair et sainte Catherine côté rue du Pré Nian.

Voir, derrière l'église, depuis la rue Cacault, l'ensemble des contreforts convergeant vers la fine flèche à la croisée du transept.

Les travaux de restauration en cours côté portail Sud mettront en valeur, courant 2005, le grand portail et le tympan.

Les orgues

En 1901, le célèbre facteur d'orgues nantais Louis Debierre installait un orgue de tribune de 42 jeux. Ce bel instrument sera détruit lors d'un bombardement sur la ville en 1943.

En 1963, M. Beuchet­Debierre, petit-fils du fondateur de la Maison, commença une reconstruction partielle avec 27 jeux. Inachevé, ce travail sera complété, en 1985, par la Maison Renaud qui, avec du matériel en partie construit par Beuchet, portera l'orgue à 54 jeux répartis sur trois claviers et pédalier.

Jamais complètement parachevé, cet instrument nécessitait un grand relevage, une recomposition et une harmonisation digne de ce nom. Les travaux, confiés au facteur Bernard Hurvy, ont commencé à l'automne 2002 et le grand orgue, entièrement restauré, a été inauguré le 21 mars 2004.  

Nantes : église Saint Nicolas

L'orgue de choeur, derrière l'autel monumental, est l'oeuvre de M. Debierre. Il comporte 15 jeux sur 2 claviers manuels et un pédalier. Toujours en service aujourd'hui, il fut inauguré le 19 février 1880.

Les cloches

Les cinq cloches de la basilique Saint-Nicolas de Nantes ont été fondues dans les ateliers Astier, à Nantes. Elles pèsent ensemble 14.475 kg. La première et la plus grosse pèse 7,270 kg ; elle a 2,40 mètres de hauteur et 2 mètres de diamètre. Elle donne le mi naturel.  

Ville de Nantes  L'histoire de la paroisse et de l'église Saint-Nicolas

l'église Sainte-Anne (1845-1846), édifiée par les Chenantais et accrue de deux travées en 1869 puis d'un clocher en 1872. L'escalier Sainte-Anne date de 1849-1851 ;  

l'ancienne église Saint-Vincent (vers le XVIIème siècle). Une légende prétend que l'évêque Didier (404-444) fonde une première église au Vème siècle pour y placer les reliques de saint Vincent, rapportées d'Espagne. Au XVIème siècle, Pierre Landais ajoute du côté sud, une chapelle dédiée à sainte Adrienne et sainte Marthe. Pour commémorer sa victoire de Craon, le duc Mercoeur y accole en 1593, une chapelle dédiée à Notre-Dame de la Victoire. L'église est presque entièrement rebâtie à la fin du XVIIème siècle, puis désaffectée en 1791. Le club des Capucins de la Fosse (ou le club de Saint-Vincent) occupe l'édifice jusqu'au 16 novembre 1793 avant de s'installer à Sainte-Croix. Les bâtiments servent de tribunal criminel de 1795 à 1822. L'édifice est démoli en 1899 ;  

l'ancienne église Saint-Jean-Porte-Latine, consacrée le 6 mai 1632. Cette église, aujourd'hui disparue, avait reçu en 1654 le coeur d'Hercule de Rohan, gouverneur de Nantes. Cet édifice faisait partie primitivement du couvent des Pères Récollets établis à Nantes depuis 1617. Sous la Révolution, l'édifice va abriter un club dit "des Récollets", puis une forge et un magasin d'habillements militaires, avant l'incendie destructeur du 19 août 1795 ; 

l'ancienne église Saint-Saturnin, située jadis au Nord-Ouest de Sainte-Croix. Simple chapelle à ses débuts, elle datait du V-VIème siècle. Une reconstruction eut lieu au XIIème siècle et elle fut agrandie en 1468. Le 21 juillet 1784, la chute d'un pilier entraîna celle de deux arcades et de la charpente ;

l'ancienne église Saint-Cyr et Sainte-Juliette (ou Sainte-Julitte). Cet édifice a succédé à un édifice beaucoup plus ancien (peut-être du Vème siècle) qui a été dévasté par les invasions normandes. L'édifice a été reconstruit en 1038 par Budic, comte de Nantes, et son épouse Aloïs. Leur fils Mathias y installe les religieuses de Ronceray d'Angers. L'église ainsi qu'un cimetière avoisinant sont détruits plus tard par le duc Pierre Mauclerc pour élever son enceinte. Les religieuses du Ronceray d'Angers sont alors dédommagées par le duc. En effet, en 1234, le duc obtient par échange des Bénédictins de Redon, leur cellier sis rue de l'Echellerie et l'offre au Ronceray, pour reconstruire une nouvelle église. La nouvelle église de Saint-Cyr est édifiée dès 1246 et prend ensuite le nom de Saint-Léonard (à partir du XIVème siècle). A proximité, depuis 1231, se trouvait alors le cimetière des juifs, désaffecté vers 1236-1240. L'église Saint-Léonard est totalement incendiée en 1328, puis partiellement incendiée en 1736, avant d'être agrandie en 1769. La suppression de la paroisse en 1790 entraîne la vente de l'édifice qui devient tour à tour une fonderie (en 1792), une filature de coton (en 1821) et un asile de nuit. L'édifice disparaît par la suite pour laisser la place aux archives municipales, en 1899 ;

Ville de Nantes  L'ancienne église Saint-Cyr et Sainte-Julitte

Ville de Nantes  Le prieuré Saint-Cyr et la rue Garde-Dieu

   

la chapelle Saint-Etienne (V-VI-XV-XVIIIème siècle), située dans le cimetière Saint-Donatien, place des Enfants-Nantais. Cette chapelle aurait été édifiée en 510 par Epiphane (Epiphanios), évêque de Nantes (502-527), après avoir ramené des reliques (mandibule supérieure avec les dents) de Saint Etienne d'un pèlerinage aux Lieux Saints. Epiphanios participe en 511 au concile de d'Orléans réuni par le roi Clovis et Saint-Melaine, évêque de Rennes. A noter qu'à ce concile Saint-Avit, évêque de Viennes était l'envoyé du pape de l'époque Saint-Symphorien. La chapelle est remaniée au XVème puis au XVIIIème siècle et restaurée au début du XXème siècle. Le P. de Montfort y fait mettre une cloche en 1710. Elle sert d'église provisoire en 1802. La restauration, en 1900, a permis de dégager une partie de l'édifice primitif. Il s'agit d'un édifice rectangulaire d'environ 17 mètres sur 7,5 mètres, couvert par un toit à deux versants. La crédence située à droite de l'autel et une statue en bois de Saint-Etienne (XV-XVIème siècle) sont les principaux témoins du passé. Le puits extérieur, qui servait à se laver et se purifier, a disparu. On y trouve aussi aujourd'hui les statues de Saint-Georges et Saint-Agapit provenant d'une autre chapelle. En 1917, l'abbé Ecomard, vicaire de Saint-Donatien, fit placer au-dessus de l'autel un tableau de Notre-Dame-du-Coeur et le chanoine Tendron offrit une statue du Père de Montfort ;  

la chapelle de l'Immaculée-Conception (1469-1481 - XVIIème siècle - XIXème siècle), située rue Malherbe et fondée en 1469 par le duc François II en mémoire de sa première épouse Marguerite de Bretagne, particulièrement dévote envers saint Antoine de Padoue. A l'origine, cette chapelle était dédiée à saint Antoine de Padoue. Charles VIII et Anne de Bretagne offrent le sanctuaire aux religieux de Saint-François-de-Paul, dits " Les Minimes ", par un legs verbal (1488). La première campagne de travaux dure de 1469 à 1481. Par lettre patente du 6 juin 1481, le duc François II, annonce une fondation en ce lieu d'une chapellenie dotée de 5 messes par semaine (il se réserve en outre la présentation d'un chapelain) et une rente annuelle de 80 livres : "... Nous voulons ainsi, dit-il, faire commutation des biens temporels, qu'il a plu à Dieu de nous donner, en biens spirituels, prières et oraisons pour le salut de notre âme et celles de nos prédécesseurs. Nous désirons que cette chapelle, située dans ce faubourg de notre ville de Nantes (Note : quartier Saint-Clément), soit dédiée et consacrée au service de Dieu tout puissant, à celui de sa mère, la glorieuse Vierge Marie et à Monsieur Saint-Antoine-de-Pade ... ". La partie de la chapelle construite au XVème siècle par le duc François II, comprend tout le choeur actuel et les deux chapelle qui l'encadrent (Note : la nef s'arrête alors à la hauteur du pilier qui supporte la chaire). Cette chapelle primitive comporte alors trois autels : l'autel principal qui disparaît à la Révolution (situé dans le choeur qui comporte alors une verrière figurant l'image du calvaire, avec la Vierge et l'apôtre Saint-Jean, au pied de la croix), un autel latéral dédié à Notre-Dame-de-Lorette (situé à droite, avec des vitraux représentants Saint-Dominique et Saint-Yves), et un autel latéral dédié à Saint-Sébastien (situé à gauche). On y trouve les armoiries du duché de Bretagne et celles de la Ville de Nantes. A partir de 1630, les nefs sont continuées jusqu'à la façade actuelle. Trois chapelles latérales, dites de la confrérie de Jésus-Marie-Joseph, de Saint-François de Paule et de Saint-Julien sont édifiées du côté Nord. Une façade simple va terminer le tout vers 1680. Durant la Révolution, la chapelle sert tour à tour d'atelier de serrurerie et de parc de fourrage. La construction de l'édifice est achevée grâce à un don de Marie de Médicis. La chapelle devient par la suite la propriété de l'abbé Lusson qui la consacre à l'Immaculée Conception. Elle est restaurée par l'architecte Théodore Nau. Après le bombardement du 15 juin 1944 l'édifice est à nouveau restauré. La chapelle est placée aujourd'hui sous le vocable de l'Immaculée Conception et se compose d'une nef bordée de bas-côtés simples et, au Nord, des trois chapelles, d'un transept et d'un choeur que termine un chevet à trois pans. La nef et le chœur datent des XV-XVII-XIXème siècles. Les vitraux modernes évoquent le mariage de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, avec Marie de Montpensier, célébré le 5 août 1626 dans cette chapelle ;

Ville de Nantes  La chapelle de l'Immaculée

   

la chapelle Mercoeur (XVIème siècle), située rue du Refuge et appartenant jadis à l'ancien couvent des Cordeliers. Les Cordeliers s'installent à Nantes au début du XIIIème siècle ;  

la chapelle de l'Oratoire (1651-1665), œuvre des architectes Abel de Sainte-Marthe, Corbineau et Jacques Malherbe. Cette chapelle est située place de l'Oratoire. Les Oratoriens s'installent à Nantes en 1617 et construisent leur logis dans le faubourg Saint-Clément. Le marché est passé entre la communauté et Gilles Corbineau en 1652 (semble-t-il). Les travaux sont arrêtés en 1654 sans doute faute de ressources. La chapelle n'est consacrée que le 27 janvier 1665. Vers 1760, on abaisse le niveau de la Motte Saint-Pierre, d'où la nécessité de construire un perron avec un double escalier : l'un et l'autre sont terminés en 1765. A l'intérieur, la nef unique de deux travées, le transept et l'abside semi-circulaire sont éclairés par huit fenêtres. Sur les lambris qui tiennent lieu de voûte, on voyait encore en 1870 les armes de la famille Cossé-Brissac, du maréchal de La Meilleraye et du duc de Mazarin. Le porche est construit, vers 1870, avec les vestiges de la chapelle Saint-Thomas. Désaffectée sous la Révolution, la chapelle devient tour à tour hôpital, grange à foin pour les gendarmes, caserne, musée archéologique (1856-1899) et annexe des archives départementales (1899-1933) ;

la chapelle des Jésuites (1854-1857), située au n° 9 rue Dugommier et oeuvre de l'architecte Magloire Tournesac. Cette chapelle est dédiée à Notre-Dame du Calvaire. La nef date de 1854-1857. Trois chapelles absidiales s'ouvrent sur un déambulatoire. L'édifice, qui a été fortement endommagé en 1943, est restauré par la suite. Grâce à leur bienfaitrice, la comtesse de Caravaz, les calvairiennes avaient acquis de Georges de Joannès, sieur de La Perrine, par acte du 5 mai 1625, la tenue de La Motte Balue. Du couvent, la Révolution fit une boulangerie militaire, puis une caserne. Après la vente du couvent en 1798, la chapelle disparut, alors que le reste du couvent était transformé en logis ;

la chapelle du Couvent de la Visitation (1859-1864), située au n° 8 rue du Maréchal-Foch. La nef date de 1864. Les Visitandines, jadis installées à la Mironnerie (transformée en caserne durant la Révolution), sont invitées à venir s'installer, sous le Second Empire, par l'évêque Mgr Duvoisin, sur les vestiges de la Chartreuse, fondée au XVème siècle par François Ier, le duc de Bretagne. L'intérieur de la chapelle du Couvent est décoré de fresques par l'artiste nantais Jules Elie Delaunay (1828-1891). François Ier avait fondé le 13 octobre 1445 une chartreuse à Nantes au dépens de la Chapelle au Duc (élevée en 1325 par Jean III, puis convertie en collégiale en 1350 sur l'ordre de Charles de Blois sous les vocables des saints Donatien et Rogatien). Le duc François Ier posa la première pierre de la chartreuse le 14 octobre 1446 mais ce n'est qu'en 1457 que le duc Arthur III installa les Chartreux venus de Paris. Le monastère est fermé en 1790 (durant la Révolution) et les ossements d'Arthur III et de la duchesse sont transférés à la cathédrale dans la crypte des évêques en 1792 ;

la chapelle Saint-Joseph (1870-1880), située au n° 63 rue Gaston Turpin et oeuvre de l'architecte Paul Nau. Le choeur date de 1870-1880. Il s'agit d'une chapelle ayant appartenu jadis à un orphelinat avant de devenir un dépôt de mendicité sous le nom de manoir Saint-Joseph. La chapelle est reconstruite suite à la donation de Jean Lorette de La Refoulais. A la fin du XIXème siècle, le bâtiment abrite un hospice ;

la chapelle des Capucins (1874), située rue Noire et oeuvre des architectes, les frères Douillard. Les capucins sont installés à Nantes depuis le début du XVIIème siècle. Ils résident alors près de la Fosse, où ils édifient un couvent et une chapelle en 1628. Expulsés en 1791, les pères capucins reviennent au XIXème siècle et fondent un nouveau couvent dans la rue Noire en 1874. La chapelle est dédiée à saint Antoine ;

la chapelle du Couvent de Marie-Réparatrice (1875), située rue Mondésir et oeuvre de René Ménard ;

la chapelle du Séminaire de la Gourmette (1935), située avenue Cardinal-Richard et rue de la Gourmette. Elle est édifiée par l'architecte François Bougouin ;  

l'ancienne chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours (1776-1778), située au n° 1 bis Allée Turenne et édifiée en remplacement d'une ancienne chapelle fondée en 1443. Elle est consacrée le 18 mai 1780. Le roi et la reine s'étaient inscrits pour 10 000 livres et l'armateur Guillaume Grou pour 6 000 livres sur la liste des donateurs. Les marins faisaient de cette chapelle un lieu de pèlerinages. Cette chapelle est transformée en immeuble d'habitation pendant la Révolution ;

l'ancienne chapelle au Duc, située un peu à l'Est de la chapelle des Visitandines et élevée en 1325 par Jean III. Elle est convertie en collégiale en 1350 sur l'ordre de Charles de Blois, sous les vocables des saints Donatien et Rogatien. Sur cet emplacement, le duc François Ier fonde, le 13 octobre 1445, une chartreuse, pour répondre au souhait de son oncle Arthur de Richemont ("c'est au dépens de la Chapelle au Duc et de ses six chanoines"). Le pape Eugène IV approuve ce changement par une bulle du 29 mars 1446. La première pierre de la chartreuse est posée le 14 octobre 1446 mais ce n'est qu'en 1457 que le duc Arthur III installe les Chartreux venus de Paris. L'église est consacrée le 16 août 1459 et on y trouvera plus tard, devant l'autel, les mausolées du duc Arthur et de Catherine de Luxembourg (sa troisième épouse). A noter que la bibliothèque comptait 2761 volumes et une Bible manuscrite de 1279. Le monastère est fermé en 1790 et les ossements d'Arthur III et de la duchesse transférés à la cathédrale dans la crypte des évêques, deux ans plus tard. Après la Révolution, les Visitandines, ne pouvant se réinstaller à la Mironnerie devenue caserne, viendront s'installer dans l'édifice des Chartreux en 1810. L'architecte Liberge élève, de 1859 à 1864, un nouveau couvent. Lors de la chouannerie de 1832, l'édifice passait pour donner refuge à des partisans carlistes ;

l'ancienne chapelle Saint-André, située jadis rue du Préfet-Bonnefoy (dite jadis Saint-André). Sur l'emplacement du n° 80 existait autrefois, la chapelle Saint-André, édifiée par l'évêque Léon (vers 444-458) dont elle reçut la sépulture. Cette chapelle qui a appartenu jadis à la paroisse de Saint-Clément deviendra, avant le IXème siècle, une petite abbaye (abbatiola) pourvue d'une église. En effet en 897, le duc Alain Barbe-Torte, après avoir libéré Nantes du joug des Vikings, nommait un nouvel évêque Foucher et lui donnait " la petite abbaye attachée à l'église du Bienheureux André, construite hors les murs de Nantes, pour l'entretien de son chapitre et de ses serviteurs ". En 1636, Dubuisson-Aubenay disait que la chapelle (alors paroissiale) était "petite et ressemble à un reste de plus grand vaisseau". La chapelle tombe ensuite en ruines et l'architecte Perraudeau édifie en 1766 une nouvelle nef, en utilisant les matériaux de démolition. Un procès-verbal du 2 pluviôse an III (30 janvier 1795) nous en donne une description succincte : " la chapelle, qui est carrelée, consiste en une seule pièce ayant 34 pieds de longueur et 19 pieds de largeur, mesuré hors d'oeuvre (soit 11 mètres sur 6 mètres), bâtie à murs chaux et sables, couverte d'ardoises à deux égouts, éclairée de quatre vitraux ..., sa porte d'entrée sur une petite cour ; la dite chapelle est lambrissée sous les combles ... en planches de sapin, c'est-à-dire est voûté de bois ". Une pierre, mise à jour en 1922, porte, en latin, l'inscription suivante : "A la plus grande gloire de Dieu. Cette chapelle, élevée en l'honneur de Saint-André, apôtre, et tombée de vieillesse depuis quelques années, a été relevée par M. Jean Fonréaux, recteur de cette paroisse. Il en a posé cette première pierre le 9 mai 1766. Les travaux ont été dirigés par Perraudeau, architecte ". On y découvre aussi, en 1922, dix-sept sarcophages en pierre blanche, un autre en grès fin (peut-être celui de l'évêque Léon), et trois tombeaux formés d'ardoises, paraissant datés des VIème et VIIème siècles ;

l'ancienne chapelle Saint-Georges, en la paroisse de Saint-Donatien et Rogatien, " sise à un quart de lieu du bourg (de Saint Donatien) sur le grand chemin de Quarquefou fondée par le sieur Ollivier de Corval " On y avait fondé en 1649 une confrérie du nom de " Confrérie Saint-Georges et Saint Agavit " ;

l'ancienne chapelle de Richebourg, édifiée en 1469 par François II ;

l'ancienne chapelle Saint-Yves, située jadis rue de la Boucherie et démolie vers 1837 suite au percement de la rue de Feltre. Cette chapelle aurait été fondée suivant la tradition par le duc Jean V vers 1440. En effet, le duc Jean V avait une dévotion particulière à saint Yves et il voulut reposer après sa mort près du tombeau de ce Saint : aussi pouvons-nous sans témérité adhérer à la tradition qui attribue à Jean V la fondation de la chapelle dédiée à saint Yves. Ce sanctuaire s'élevait près du pont actuel de l'Ecluse, au bas de la rue de la Boucherie, à droite, en sortant du pont. Chaque année, l'Université de Nantes venait en procession solennelle à cette chapelle, le jour de la fête de saint Yves, qu'elle avait choisi pour patron. Lors des émeutes du papier timbré (en 1675), les insurgés firent de l'édifice une prison (Mgr de La Baume, évêque de Nantes y séjourna). L'usage de la chapelle est concédé en 1768 aux bouchers. En effet, par une transaction du 24 novembre 1768, la corporation des bouchers obtenait du Général et du Recteur de Saint-Similien (la chapelle dépendait alors du territoire paroissial de Saint-Similien) l'usage de cette chapelle toute proche des boucheries et des halles établies sur le pont qui reliait la rue des Halles à la rue de la Boucherie. Chaque dimanche et aux fêtes gardées, les bouchers y faisaient célébrer la Messe. Comme la chapelle du XVème siècle tombait de vétusté, ils voulurent la réparer à leurs frais. La corporation des bouchers restaure l'édifice en 1776-1777. Le 26 février 1776, M. Lebreton de Gaubert, recteur de Saint-Similien, posait «la première pierre en plomb du portail, réédifié, dit-il dans le procès-verbal, par le corps des maîtres-bouchers de cette ville». Le 16 août de l'année suivante 1777, il revenait bénir solennellement la chapelle restaurée et embellie par la communauté des maîtres-bouchers «qui a exhaussé le sol d'icelle, fait un nouvel autel, supprimé les deux petits, et payé quelques autres réparations qui y étaient nécessaires». La Révolution ne devait pas tarder. L'an IV de la République, les commissaires chargés d'inventorier les biens ecclésiastiques visitent ce pieux sanctuaire et nous en laissent la description suivante : « Ladite chapelle consiste dans un seul tenant, n'ayant aucuns collatéreaux, étant renfermée par quatre murs, comme suit, savoir : le mur de fassade, sur la rue des Halles, est revestu en pierre de taille et décoré par un ordre d'architecture, et un frontispice au-dessus ; dans lequel mur est pratiquée la porte d'entrée de la chapelle et au-dessus de ladite porte est un grand vitraille dont les vitrages sont en mauvais état. Dans le mur du fond de ladite chapelle, vers Nord est un grand vitrau, donnant sur la cour de la maison de la citoyenne Segrétin, lequel mur nous a paru privatif à ladite chapelle. Le mur de longueur vers orient nous a paru aussi privatif à ladite chapelle ; et le mur de longueur vers occident nous a paru mutuel et commun avec la maison de la citoyenne Marie. Ladite chapelle est couverte d'ardoises formant deux égouts..... Ladite chapelle est lambrissée par un lambris en planches de sapin et au-dessus de la porte d'entrée, et dans la chapelle est une tribune en bois, avec appui et balustre en bois, avec plancher de chesne : on monte à cette tribune par un petit escalier en bois pratiqué en dans de ladite chapelle. Le carrelage, dans toute l'étendue de ladite chapelle est en mauvais état. Elle a 1078 pieds carrés de- superficie, y compris l'emplacement des murs ; 21 pieds à prendre du carrelage jusqu'au dessous du comble de la charpente non compris l'élévateur de chaque pignion. Elle est estimée 9.810 livres » (Archives Départementales, série Q 778). Ce procès-verbal annonçait la destruction de cette chapelle. Elle a disparu vers 1837, comme tant de souvenirs de notre histoire nantaise, mais le culte de saint Yves lui survit et, plus tard, lui a été dédiée une des chapelles absidiales de la Cathédrale ;  

l'ancienne chapelle, dite de Perrot-Drouet et située jadis au lieu-dit "Vertais" ;

 Ville de Nantes Voir Le quartier de Vertais et le Couvent des Récollets

 

l'ancienne chapelle, dite Notre-Dame de Patience ; 

l'ancienne chapelle, dite Notre-Dame de Miséricorde (XIII-XVème siècle), aujourd'hui disparue et édifiée jadis par les habitants du Marchix, au sud de la Place Viarmes. " Entièrement en pierres de taille, le bâtiment carré était surmonté d'un petit clocher en forme de flèche. La partie inférieure de l'église se trouvait séparée de la partie supérieure par une arcade que soutenaient deux grosses colonnes auxquelles s'adossaient deux retables, l'un représentant l'Adoration des Mages, l'autre la Présentation au Temple " (M Renoul, 1866). Cette chapelle, en ruines dès 1793, est détruite en 1822 ;

Il existait jadis plusieurs chapelles domestiques dans la paroisse Saint-Donatien et Saint-Rogatien : la chapelle de Porteric, Porteric ou Portric, la chapelle de la Tourmessinière, les chapelles de Belle-Isle et du Plessis-Tison, propriété des seigneurs de la Tullaye ;

la croix du martyre des enfants nantais (1896), située rue Dufour et oeuvre des sculpteurs Hernot et Vallet. Cette croix marque l'emplacement du lieu présumé du supplice des saints Donatien et Rogatien. Au monument détruit sous la Révolution succèdent deux croix de bois (en 1816) puis de granit (en 1896) ;  

le prieuré Saint-Jacques (1711). Un premier monastère, fondé par l'abbaye de Vertou, est détruit lors des invasions normandes. Ce monastère tombe ensuite sous la dépendance de l'abbaye Saint-Jouin de Marnes. A cette dernière abbaye est due, semble-t-il, la reconstruction de l'église priorale, et la date de 1180, qui figure sur l'arc triomphal. Le plan de l'église est fort simple : une nef unique de trois travées, longue de quarante mètres et large de sept, un transept à deux absidioles et un choeur profond. Les chapiteaux de la nef ont disparu en 1484. Une autre inscription, au-dessus du portail, précise que Thomas James, évêque de Dol, avait tout restauré en 1484. En 1664, les bénédictins mauristes réforment le couvent et reconstruisent les bâtiments au nord de la chapelle. Ces bénédictins sont rejoints en 1767 par des moines de Blanche-Couronne. L'église devient paroissiale durant la Révolution et passe de Saint-Sébastien-sur-Loire à Nantes. L'église a subi deux restaurations : l'une par l'architecte Nau en 1850, l'autre suite aux bombardements allemands ;  

l'hostellerie des Jacobins ou des dominicains (XVIème siècle), située au n° 2 impasse Joseph-Peignon. C'est André III, seigneur de Vitré, qui aurait, semble-t-il, fondé en 1228 le monastère des Frères prêcheurs à la demande de la duchesse Alix de Bretagne (époux de Pierre Mauclerc). Les dominicains bénéficièrent de la générosité de Charles de Blois et de Jean IV. Ce monastère ainsi que la chapelle sont ravagés par un incendie le 10 avril 1410 avant d'être reconstruits par Jean IV et Anne de Bretagne. Une nouvelle chapelle y est édifiée entre 1410-1413 et plus tard une hôtellerie. La chapelle est consacrée le 19 octobre (ou décembre) 1413. La duchesse Anne fait don aux religieux du terrain de l'hôpital Notre-Dame de Pitié. L'édifice accueille plusieurs fois, au XVIIIème siècle, les réunions des états de Bretagne (par exemple en 1572 et en 1651) avant d'être démoli au XIXème siècle. La chapelle est dotée d'une façade terminée seulement en 1688 et le couvent est agrandi en 1761-1762. Le percement de la rue de Strasbourg en 1868 va couper la chapelle en deux : d'une part à l'Ouest, la façade, disparue en 1898, de l'autre le chevet, disparu à son tour en 1904. La chapelle comportait une nef unique à chevet plat, bordée au Nord par quelques chapelles latérales. On voyait à l'intérieur une mise au tombeau, don de Jean V, et plusieurs sépultures (notamment celles d'Isabelle de Bretagne et de Françoise de Dinan, dame de Châteaubriant (1436-1499)). L'hostellerie, qui peut remonter au début du XVIème siècle, est une maison à quatre étages avec un escalier polygonal ;  

le couvent Sainte-Elisabeth, situé au n° 1 rue d'Erlon. Il s'agit de l'ancienne maison des Capucins du Marchix achetée en 1630 par les religieuses franciscaines de Sainte-Elisabeth. La communauté de Sainte-Elisabeth, établie rue des Caves à la fin du XVème siècle, avait acquis en 1630 le couvent des Capucins moyennant 18 000 livres, et pris possession deux ans plus tard de son nouveau logis. On peut encore apercevoir dans la cour deux arcades en anse de panier, reste de l'ancien cloître, et un pignon daté de 1638 ;  

Ville de Nantes  Les religieuses de Sainte-Elisabeth

 

l'ancien couvent de la Visitation (1645-1679), situé au n° 108 rue Gambetta et œuvre de l'architecte Etienne Bédoy. Il s'agit en fait de l'ancienne demeure de La Mironnerie, propriété de François Miron, ancien maire de Nantes. Cette demeure devient en 1633 la propriété des religieuses de l'Ordre de la Visitation Sainte-Marie, qui édifient un nouveau couvent et une chapelle privée. Le couvent est transformé en hôpital durant la Révolution ;  

l'ancien couvent des Carmes, transféré dans l'actuelle rue des Carmes en 1328. Thibaud de Rochefort, vicomte de Donges, fonde cette communauté en 1318 et l'établit en l'hôtel de Rochefort. La chapelle est élevée entre 1365 et 1372 et le couvent entre 1369 et 1384 (grâce à une donation de Jean V). La chapelle comportait une nef unique suivie d'un choeur plus étroit. On y voyait jadis un jubé de tuffeau à colonnes de marbre, offert en 1631 par Jean de Rieux (marquis d'Assérac), et construit par l'architecte Guillaume Béliard. L'autel comportait un crucifix encadré par les statues de saint François et sainte Marguerite, oeuvre de Michel Colombe. La nef renfermait plusieurs sépultures : celle du poète Jean Meschinot (1491), du maire Gérard Méllier (1729), de Gilles de Rais, de Pontcallec, de Couëdic, de Montlouis, de Talhouët. Dans le choeur, on voyait deux tombeaux : celui de François II et des seigneurs de Rieux. Le duc avait exprimé dans son testament le désir d'être enseveli aux Carmes, près de sa première épouse Marguerite de Bretagne. La seconde épouse, Marguerite de Foix, gisait à la cathédrale d'où sa fille la duchesse Anne, autorisée par un bref du pape Jean II le 13 mars 1506, décida de transférer ses restes auprès de ceux du défunt duc. Anne de Bretagne projetait depuis 1499 de faire élever à ses parents un tombeau commun. Il lui plus aussi que son coeur, enfermé dans un étui d'or, partageât le tombeau familial. Coeur et tombeau connurent par la suite un sort différent. Le coeur fut exhumé à deux reprises : d'abord en 1590, ensuite en 1727. Quant au tombeau, les trois cercueils qu'il renfermait furent déposés en 1792 à la cathédrale. Le tombeau fut déplacer dans un croisillon sud de la cathédrale, en 1817. De nombreuses statues provenant du couvent sont conservées au musée Dobrée : statue de Saint-Marc (XIVème siècle), statue de Saint-Mathieu (XVème siècle), la statue d'un diacre (XVème siècle) et la tête d'une femme au bonnet brodé (XVème siècle). Vincent Eschard de la Salle (comme on l'appelait dans le monde), mais Dominique de Saint-Albert de son vrai nom, ancien prieur des Carmes de Nantes, né à Fougères le 14 avril 1596, fit ses études au collège de Rennes, puis fut reçu comme novice au couvent tout voisin des Carmes que le Père Philippe Thibault venait de rétablir dans une parfaite régularité. C'est au cours de son noviciat que Dominique de Saint-Albert devint le disciple, l'ami et le confident du célèbre Jean de Saint-Samson, frère lai aveugle venu du couvent de Dol, " homme plein de Dieu et de sa vertu et l'un des plus purs contemplatifs que le siècle ait produis ". Dominique de Saint-Albert dut quitter Rennes en 1621 pour diriger le noviciat d'Angers puis devenir successivement lecteur en théologie, vicaire provincial et prieur du couvent de Nantes ; 

Ville de Nantes  La fondation des Carmes à Nantes

l'ancienne commanderie de Sainte-Catherine. En 1825, on découvre dans une cave de la rue du Bois-Tortu la chapelle primitive, une nef de deux travées paraissant remonter au XIIème siècle. Une autre chapelle lui succède plus au sud : cette chapelle est vendue en 1757 à la Ville pour être démolie. Les hospitaliers fondent l'hôpital Sainte-Catherine qu'ils afféagent en 1543, puis cèdent à la Ville avec un cimetière attenant. L'hôpital devient ensuite une annexe de l'Hôtel-Dieu. En 1864 vient la congrégation des soeurs gardes-malades dites de la Sainte-Famille, dont le siège est fixé, en 1893, à la Priauté, proche de la rue Condorcet ;

l'ancien prieuré, situé près de la Madeleine et du quai Magellan. Ce prieuré est fondé le 9 octobre 1119 par le duc Conan III en faveur des augustins de Toussaints d'Angers. A ce prieuré est jointe une aumônerie au XIVème siècle, puis en 1412, une école. Les chanoines Réguliers disparaissent avant le XVIIème siècle. La Madeleine du Pont, qui avait été construite vers 1500 et qui mesurait 15m70 sur 6m55, devient alors une simple chapelle dépendant de l'église Sainte-Croix. L'édifice se terminait par un chevet à trois pans et fut démoli en 1865 pour faire place au quai Magellan ; 

l'ancien couvent des Cordeliers, aujourd'hui disparu. Les Cordeliers s'installent à Nantes au XIIIème siècle. Leur choix se porte alors sur la chapelle Saint-Michel, édifiée vers 1232 par l'évêque Henri Ier. Le Conseil de Bretagne s'y réunit en 1538 et la Chambre des Comptes de 1500 à 1535 et de 1760 à 1782. C'est dans cet édifice que se réunirent aussi les notables avant l'institution de la Mairie, et c'est là qu'est élu le premier maire de Nantes, Geoffroy Drouet, en 1564. Ce couvent, fermé le 18 avril 1791, abrite ensuite successivement un club, l'atelier du sculpteur Lamarie, puis une fonderie de canons. Les Dames Blanches l'achètent en 1811 et le cèdent aux Dames de la Retraite. Il est démoli partiellement en 1835, en 1869 puis en 1874 et en 1924. La chapelle, qui possédait une nef du XIIIème siècle, avait été remaniée au XIVème siècle. Au XVème siècle seront édifiées, au Sud, les chapelles privées Notre-Dame de Pitié et d'Espagne, et au Nord la chapelle Notre-Dame des Anges (alias la chapelle des ducs). Au niveau du flanc Sud, seront édifiées les chapelles Saint-Martin et Saint-Roch d'Aranda (en 1510), de Compludo-Miranda (en 1549), de Ruiz (en 1578), de Sainte-Emerance, d'Espinose. L'édifice comportait des vitraux qui représentaient les ducs et abritait des tombeaux dont ceux de Joachim Descartes (père du philosophe), de Robert de Bretagne (fils de Jean Ier le Roux et de Blanche de Navarre), de Jean de Bretagne (fils de Jean II et de Béatrix d'Angleterre), de deux Charette (les deux avaient été maires de Nantes), de René de Rieux (seigneur de Sourdéac), de Blanche de Boville (épouse d'Olivier de Clisson), du Comte de Chalais. De cette chapelle subsistent quelques vestiges visibles rue des Cordeliers ;

Ville de Nantes Voir   L'ancien Couvent des Cordeliers de Nantes (de 1791 à 1925)

Ville de Nantes Voir   Les Cordeliers - Les Dames du Refuge - Les Dames de la Retraite

 

le presbytère Saint-Martin de Chantenay (XVème siècle), situé rue des Réformés. La paroisse de Chantenay existe depuis 1287 environ. Jusqu'à la Révolution, la cure de Chantenay dépendait du doyenné de La Roche-Bernard. En 1700, son revenu annuel était de 600 livres. Les terres des Courtils et des Vignes du bourg dépendaient de la cure ;

le château des ducs de Bretagne (XIII-XVème siècle). Dans sa partie la plus ancienne, le château date du XIIIème siècle. Mais c'est au XVème siècle, sous l'égide de François II, dernier duc de la Bretagne indépendante, qu'il est transformé pour devenir le lieu de résidence de la cour bretonne, à la fois palais résidentiel et forteresse militaire défensive. C'est à l'emplacement actuel de la place du Bouffay qu'est érigée une première forteresse, en 988-990, sur ordre de Conan Ier (Conan le Tort). Il s'agissait alors d'un quadrilatère flanqué aux angles de quatre tours. C'était une forteresse où résidaient les comtes de Nantes et, à l'occasion, les ducs de Bretagne. Alain Fergent y avait assemblé ses Etats en 1088. Avec l'extension de la ville hors des enceintes gallo-romaines, ce premier château est abandonné en 1250. Commence alors, sur un terrain marécageux plus en amont, la construction du manoir, le "Chastel de la Tour Neuve", qui deviendra le Château des Ducs. La construction du château du XIIIème siècle, commencée par Guy de Thouars vers 1205, est continuée par Pierre Mauclerc et son fils Jean Ier le Roux. Tous les trois vont entrer en conflit avec les évêques : Guy de Thouars est excommunié par Guy Pantin, Pierre Mauclerc est excommunié par Etienne de La Bruère. Pendant la guerre de succession, Jean IV fait fortifier le château, en particulier avec la Tour Polygonale (au XIVème siècle, les angles du château sont renforcés par trois tours polygonales). Il y meurt en 1399. Gilles de Rais dut comparaître devant ses juges, présidés par Pierre de l'Hospital, en 1420. Gilles de Rais y est emprisonné en 1440. En 1466 (mandement du 12 octobre 1466), le duc François II, fait agrandir, fortifier et embellir le château. C'est à cette époque qu'est construit le bâtiment du palais ducal ou du Grand Gouvernement (XV-XVIIème siècle - 1877 - fin du XXème siècle). François II concède l'usufruit du château, en 1467, à son valet de chambre, Gilles Guyomare, et une partie de l'édifice est alors convertie en prison. Cet édifice est amputé d'un tiers de sa longueur suite à l'explosion en 1800 de la Tour des Espagnols et seules subsistent les trois travées de gauche de la fin du XVème siècle (l'autre partie date du XVIIème siècle), suite à un incendie dans les années 1670. Le Petit Gouvernement (XVIème siècle) est édifié sous François Ier. Anne de Bretagne continue l'embellissement (Grand Logis, Tour du Port, Tour de la Rivière et Tour du Fer à Cheval). Le Grand-Logis (XVème siècle-1863-1920-1930) comporte cinq niveaux : des restaurations sont entreprises dès 1863, puis en 1920-1930. Les cinq grandes lucarnes qui ornent la toiture du Grand-logis et qui datent du XVème siècle, sont reconstruites entre 1854 et 1858 et restaurées entre 1955 et 1961. Le puits, situé à la droite du Grand-Logis date du XVème siècle. La Tour du Fer-à-Cheval date du XV-XVIème siècle. Entre 1582 et 1592, durant la Ligue, Philippe Emmanuel de Lorraine, duc de Mercoeur, fortifie le château (bastion de la Tour du Port et demi-bastion de Saint Pierre). La tour du Pied-de-Biche, à gauche et celle de la Boulangerie, à droite, encadrent le pont d'entrée. Plus à droite se dresse la tour des Jacobins. Le bastion de Saint-Pierre (XIV-XVIème siècle) est restauré à partir de 1990. Au XVIème siècle, avec le rattachement de la Bretagne à la France (1532), il devient une demeure des rois de France. En 1598, Henri IV y signe l'Edit de Nantes. En 1654, le Cardinal de Retz, chef de la Fronde y est emprisonné. En 1670, un incendie détruit partiellement le Château. Le bastion Mercoeur est détruit en 1784. L'harnachement date du XVIIIème siècle - 1997 : il est édifié en 1784 à l'emplacement de la terrasse d'artillerie de Mercoeur. Pendant la révolution, le château est utilisé comme arsenal d'artillerie, et sous la Terreur, de prison pour les prêtres. Le 25 mai 1800, une explosion détruit la tour des Espagnols où est entreposée la poudre (de nombreuses personnes sont tuées, pour la plupart, des habitants des maisons alentours). Au XIXème siècle, la construction d'un quai, puis au XXème siècle, le comblement d'un bras de Loire ont modifié sérieusement le site. Caserne jusqu'en 1915, le château est acheté par la ville de Nantes vers 1920. Voici quelques garnisons du château : - la 78ème compagnie de vétérans, de 1790 à 1800 (Capitaines : MM. Challoy en 1790, Jannot en 1798 et Bertaud en 1799), - la 11ème compagnie de canonniers vétérans, de 1822 à 1848 (Capitaines en premier : MM. Labbé en 1822, Fayard en 1826, Metzinger en 1831, Sarrazin en 1840, Legrand en 1844, Geille en 1845. Capitaines en second : MM. Lorsignol en 1822, Mairez en 1829, Rigollot en 1841 et Tanneur en 1846). Le château accueille depuis 1922 le Musée des arts décoratifs, le Musée d'Art Populaire Régional, et depuis 1955 le Musée des Salorges retraçant le passé commercial et maritime de la ville de Nantes ;

Voir aussi   Ville de Nantes "Mandement du duc François II pour la reconstruction du château de Nantes".

Voir aussi   Ville de Nantes "Le château des ducs de Bretagne vers 1923

Nota : Liste des capitaines du château de Nantes : Monseigneur Auriscand, évêque de Vannes (en 990). Guy de Rochefort, chevalier (en 1353). Amaury de Clisson, chevalier (en 1380). Olivier de Mauny, chevalier banneret (en 1390). Gilles de Lesbiest, seigneur de Guignen, chevalier et chambellan (en 1393). Tristan de la Lande, seigneur du Vaurouaud et de Guignen, chevalier et chambellan, grand maître d'hôtel et gouverneur des finances de Bretagne (en 1418). Bertrand de Dinan, seigneur des Huguetières et de Champtoceaux, maréchal de Bretagne (en 1421). Monsieur De Chateaubriand (en 1436). Louis de Guémené-Guingamp, chancelier et membre du Parlement de Bretagne, secrétaire du duc (en 1444). Jacques Bonamy, seigneur du Bois-Méchine, et Monseigneur Arthur de Bretagne, comte de Richemont, de Dreux, d'Etampes et de Montfort, seigneur de Parthenay, connétable et pair de France, compagnon d'armes de Jeanne d'Arc (depuis duc de Bretagne sous le nom d'Arthur III) (en 1450). Henry de Villeblanche, chevalier, seigneur de Maumuczon et de Bagar, conseiller et chambellan, grand-maître de Bretagne (en 1459). Tanneguy du Chatel, chevalier, vicomte de la Bellière, seigneur de Renac et du Bois-Raoul, grand-maître d'hôtel de Bretagne, écuyer, chambellan et conseiller du duc, chevalier de l'ordre du roi (en 1460). Perot d'Aydie, seigneur de Lescun, chambellan (en 1470). Monseigneur François de Bretagne, comte de Vertus et de Goëllo, baron d'Avaugour, seigneur de Clisson, capitaine de la forteresse de Pirmil (en 1484). Monseigneur Jean de Chalons, prince d'Orange, comte de Tonnerre et de Penthièvre, seigneur d'Arlay et de Châtel-Bélin, amiral de Bretagne (en 1486). Monsieur Bizien (en 1487). Jean de Rieux, comte d'Aumale, vicomte de Donges, d'Acérac et de Châteauneuf, seigneur de Rochefort et d'Ancenis, maréchal de Bretagne (en 1488). Jean de Robien (en 1489). Alain, duc d'Albret, comte du Gâvre, de Périgord et de Castres, vicomtes de Limoges et de Tartas (en 1490). Alain de Montménard, seigneur de Rochefort, écuyer, et Monseigneur de la Trémoille, prince de Talmont, comte de Guines et de Benon, vicomte de Thouars, lieutenant-général, conseiller et chambellan, chevalier de l'ordre du roi (en 1491). Arthur L'Espervier de la Bouvardière, écuyer, grand veneur de Bretagne (en 1495). Jean de Montdragon, vicomte de Loyaux, chevalier (en 1510). Philippe Pouvreau, seigneur de Gournay, chevalier, ex-lieutenant de Monseigneur de Bouvinet, amiral de France (en 1520). Louis du Boys, seigneur des Arpentilz et de Montcler, chevalier de l'ordre du roi (en 1523). Anne de Montmorency, grand-maître, maréchal et pair de France, capitaine de la Bastille et de Saint-Malo, chevalier des ordres du roi (en 1529). François du Puy du Fou, chevalier, écuyer tranchant du roi (en 1539). Claude de Laval, seigneur de Boisdauphin et de Théligny, chevalier, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, capitaine de la forteresse de Pirmil (en 1549). Le comte René de Sançay, grand chambellan, chevalier des ordres du roi (en 1555). Hugues de Gassion, seigneur du Coin, chevalier de l'ordre de Saint-Michel, et François du Camboust de Coislin de Mérionec, baron de Pontchâteau et de la Rochebernard, grand veneur et général réformateur des eaux et forêts de Bretagne, conseiller du roi en ses conseils, chevalier de l'ordre de Saint-Michel (en 1579). Jacques de Bardin (en 1582), François Carys (en 1589). François de Mauléon (en 1591). Monsieur de Saint-Rémy (en 1600). Monsieur de Sévéré (en 1673). Alphonse Léonard d'Orvault, chevalier de Malte (en 1695).

Liste des lieutenants du château de Nantes : Jean Labbé, écuyer et conseiller du duc, chevalier de l'ordre de l'Hermine (en 1448). Georges L'Espervier de la Bouvardière, écuyer et chambellan (en 1450). Piron de Correc (en 1467). Regnaud de Brénéen (en 1471). Guillaume Guillemet (en 1484). Gilles du Maz, seigneur du Broczay (en 1485). Geoffroy Ruffier, capitaine des archers de la garde (en 1486). René Chauvin, seigneur de la Musse (en 1488). François de Tournemine et Pierre d'Apremot, seigneur de Marcilly (en 1490). Pierre Daux, bailli des Montaignes, et Merlin de Cordeboeuf, seigneur de Brangier (en 1491). Charles de l'Espervier (en 1500). René Haussart, seigneur de Boucillon (en 1540). Jean de la Tour, écuyer, capitaine de Pirmil (en 1554). Mathurin de Jarze, seigneur des Loges, écuyer (en 1554). Charles de la Touche, seigneur de Marigny (en 1554). Monsieur de Villay (en 1555). Monsieur de Sançay, fils, comte de Magnanne (en 1575). Monsieur Honorat de Bueil, seigneur de Fontaine, capitaine de 50 hommes d'armes des ordonnances, premier écuyer de France, chevalier de l'ordre du roi (en 1578). Monsieur de Partdieu ou de Parcieux, neveu du maréchal de Retz (en 1579). Monsieur de Lussan (en 1595). Monnsieur du Cange (en 1600). Monsieur de Baillon (en 1616). Monsieur de la Celle (en 1631). Jean François Bonnin de Messignac, marquis de Chalucet, chevalier, conseiller du roi (en 1650). Charles Marie Bonnin de Messignac, fils, chevalier, comte de Montrevaux, seigneur de la Musse et des Dervalières (en 1669). Monsieur de Mianne (en 1704).

Liste des lieutenants du roi au château de Nantes : René Rouaud (en 1457). Monsieur le marquis Charles de Sévigné, sous-lieutenant à la compagnie des gens d'armes du Dauphin (en 1693). Louis Henry François Edouard Colbert, chevalier, comte de Croissy, lieutenant général des armées du roi, ex-ambassadeur en Suède (en 1714). Monsieur le comte Louis Joseph de Menou, père, seigneur du Cuissy et de Pontchâteau, brigadier d'infanterie (en 1721). François Gilbert Colbert, marquis de Chabanois, maréchal-de-camp, commandeur de l'ordre de Saint-Louis (en 1748). Monsieur le comte Louis Joseph de Menou, fils, chevalier, baron de Pontchâteau, capitaine de cavalerie au régiment de la Rochefoucauld, chevalier de l'ordre de Saint-Louis (en 1754). Louis Henry François, comte de Colbert, lieutenant au régiment des gardes françaises, chevalier de l'ordre de Saint-Louis (de 1765 à 1789).

Liste des majors du château de Nantes : René de la Baudinière, seigneur de Sénecé, écuyer, lieutenant de l'artillerie de France (en 1665). Monsieur de Cheviré, maître de camp de dragons (en 1720). Monsieur Detretz (en 1742). Monsieur Rouxeau de Livernière, chevalier de Saint-Louis (en 1745). Monsieur le marquis de Mussy (en 1770). Monsieur le chevalier Jean Baptiste de Foucauld, capitaine au régiment d'Enghien (en 1772). Monsieur Mayeur de Muffey (en 1777). Bernard Jean de L'Isle de Goyon, capitaine de grenadiers au régiment d'Enghien (de 1779 à 1789). On mentionne aussi : - deux sergents-majors : Monsieur du Vignau (en 1670) et Monsieur de Cheviré, capitaine aide-major de dragons au régiment de Languedoc (en 1689), et - plusieurs aides-majors : Monsieur de La Caille (?), Monsieur du Clos (en 1720), Monsieur Reynal (en 1745), Henry de Kermartin (en 1768), Edme de Saint-Paul (en 1786), Monsieur de Chaumont (en 1789).

Autre personnel du château de Nantes : - les ingénieurs en chef : Monsieur de Lafond (en 1726), Monsieur de Touros, chevalier de Saint-Louis, auteur d'un plan de la ville et du château de Nantes, déposé aux archives municipales (en 1742), Monsieur Favart (en 1752), Monsieur du Pradillet (en 1789). - les chirurgiens-majors : Monsieur Ruotte (au début du XVIIIème siècle), Julien Boutin (en 1728), Monsieur Sue, ancien chirurgien aide-major des armées du roi (en 1764), Monsieur Freteau (en 1818), Monsieur Aublanc (en 1824). Ces deux derniers sont des médecins attachés à la direction d'artillerie. - les chefs des ouvriers d'Etat : Monsieur de Lafond du Moutier (en 1782) et Monsieur Leblanc (en 1787). 

Direction de l'artillerie et de l'arsenal de construction au château de Nantes. L'arsenal de construction établi au château de Nantes, par ordre du maréchal de Ségur, vers 1782, fut supprimé au commencement du XIXème siècle. La 2ème compagnie d'ouvriers d'artillerie y fut employée de 1782 à 1800 (Capitaines en premier : MM. de la Cour de Lisle en 1782, le chevalier du Fort en 1784, de Guérin en 1787, Petit en 1793, Thomas en 1800. Capitaines en second : MM. de Pomereuil en 1782, de Mautort en 1783, du Moiron en 1787, de Saint-Michel en 1792, et Poignant en 1799). Les directeurs furent : Le Chevalier de Fontenay, maréchal des camps et armées du roi (en 1756). Le Chevalier Pelletier, lieutenant général (en 1763). M. de Sabrevois, colonel d'artillerie (en 1768). M. de Malherbe, brigadier des armées du roi (en 1782). M. de La Gineste, colonel (en 1783). M. Valier, chef de brigade (en 1796). M. Dédon, chef de bataillon, directeur par intérim (en 1798). M. Desbordes, chef de brigade (en 1799). M. Dédon, colonel (en 1800). M. de Villeneuve, colonel, directeur par intérim (en 1809). M. Le Gourzonnois, capitaine, directeur par intérim (en 1810). M. de Fromond, colonel (en 1811). M. d'Hémery, colonel (en 1813). M. Jacquesson, colonel (en 1814). M. le comte Ridouet de Sancé, colonel (en 1815). M. Zevort, colonel (en 1816). M. le baron Jean Humbert Bouvier de Cachard, colonel (en 1817). M. E. L. Maillard de Liscouet, colonel (en 1829). M. le chevalier J. B. V. Raindre, colonel (en 1831). M. Louis Raulin, colonel (en 1841). M. Louis Etienne Thouvenin, colonel (en 1846). Joseph Rodolphe Coteau, lieutenant-colonel (en 1848). M. Paul François Marie Colomb, colonel (en 1849). M. Jean Denis Leroy, colonel (en 1850). M. Jean Pierre Fabian, colonel (en 1851). M. Victorique Platel, colonel (en 1854). M. Ant. Ad. Chautan de Vercly, colonel (en 1855). M. Augustin Jacques Patrice de Fadastes de Saint-Georges, colonel (en 1856). M. le baron Victor Jules Levasseur, colonel (en 1857). M. Marie Henry Charles Ernest de Boisé-Courcenay, colonel (en 1862). M. Louis Henry Benjamin Lenglier, lieutenant-colonel (en 1863). Les sous-directeurs furent : M. le marquis de Champagné-Giffart, capitaine (en 1785). M. de Bonnay, lieutenant-colonel (en 1787). M. de Bonvoust, lieutenant-colonel (en 1792). M. Dédon, chef de bataillon (en 1796). M. Legriel, chef de bataillon (en 1797). M. d'Hémery, chef de bataillon (en 1801). M. Thevenot, chef de bataillon (en 1811). M. le chevalier J. B. V Raindre, major (en 1815). M. Félix Auguste Pluyette, chef de bataillon (en 1817). M. F. M. Even de Vincé, chef de bataillon (en 1825). M. A. F. M Lesbaupin, chef de bataillon, sous-directeur provisoire (en 1828). M. Even de Vincé (en 1829). M. Lesbaupin (en 1831). M. Even de Vincé (en 1833). M. A. J. G de Surineau, chef d'escadron (en 1836). M. Alexandre Marie François de Castel, chef d'escadron (en 1837). M. Victorique Platel, chef d'escadron (en 1847). M. Charles Elie Arcelin, lieutenant-Colonel (en 1848). M. Absinthe Chicogneau de la Valette, chef d'escadron (en 1851). M. Paul Emile Tréton-Dumousseau, chef d'escadron (en 1854). M. Louis Isaac Boquien, chef d'escadron (en 1863). 

 

le château de la Persagotière (XVIIIème siècle), situé rue du Frère-Louis. En 1824 un sourd-muet éduqué par l'Abbé Sicard et nommé René Dunan, fonde, rue Grébillon, une école pour instruire les adolescents atteints de la même infirmité que lui. Cet établissement est confié en 1843 aux Frères de Saint-Gabriel qui achètent en 1856 le château de la Persagotière afin d'y installer un établissement pour sourds-muets ;  

le château du Grand-Blottereau (1742-1747), édifié pour Gabriel Michel, négociant, négrier et directeur de la Compagnie des Indes à Nantes. L'édifice devient ensuite la propriété de Guillaume de Seigne ou Sagne (maître de forges à Moisdon-la-Rivière, décédé en 1740), de Michel de Tharon, Law de Lauriston (en 1823), puis de Thomas Dobrée (en 1835) et de la famille Hippolyte Durand-Gasselin qui vend le domaine à la ville de Nantes. La façade du château est percée de huit grandes baies et encadrée par deux pavillons en équerre. Le château abrite un hôpital militaire américain durant la Première Guerre mondiale, puis un musée colonial et l'Ecole supérieure de commerce ;

le château de l'Eraudière (début du XIXème siècle), situé chemin de l'Eraudière. La petite tour date du XVème siècle. Les communs datent de la première moitié du XIXème siècle. Le château sert d'abord de résidence d'été pour les évêques de Nantes avant de devenir la propriété de la famille Sesmaisons à partir de 1840 ;

le château de la Chantrerie (XIXème siècle), oeuvre de l'architecte Etienne Blon. Propriété d'Etienne Blon en 1825. La chapelle de la Chantrerie date de 1836 ;

le château de Say. Les Say et Voruz, fondeurs et raffineurs, ont été des mécènes pour nombres d'artistes nantais ; 

l'ancien château de Carcouet (XVIIIème siècle). Propriété de Gilles du Pé au XVème siècle, puis deux siècles plus tard d'Isabelle Ruiz, épouse d'un Du Bot, conseiller au Parlement de Bretagne. Propriété aussi de la famille Burat ou Burot de Carcouët (présidents du Présidial de Nantes). Le château est flanqué de deux tours (l'une en poivrière et l'autre carrée) et en son intérieur, on trouve des souvenirs d'Anne de Bretagne et des Rois. Les Rhuys (Ruiz), armateurs espagnols, en avaient fait leur maison de campagne dès le XVIème siècle. Au parc de Carcouet, on montre le banc où René Bazin, père de madame Viot, aimait à s'asseoir ; 

l'ancien château de La Bouvardière (XVIIIème siècle). Cette demeure a abrité les De Coutances, gouverneurs de Nantes au temps de Henri IV, de Louis XIII et de Louis XIV. Cette famille était alliée aux Dodun, Menou et aux Cochon de Maurepas (possessionnés en Saint-Etienne-de-Montluc et Pontchâteau). Lors de la vente des biens nationaux, les biens deviennent la propriété de Lelasseur du Ranzay. Le château de La Bouvardière avec sa chapelle, son sous-bois, est fort bien conservé ;

l'ancien château de La Barberie (XVIIIème siècle). Il s'agit aujourd'hui de la maison de campagne du Grand Séminaire. Il subsiste une chapelle avec son enclos de tombes. Ancienne demeure des familles de négociants Paimparsay, Guilbaud-Doré du Perron, Collet-Duveau de Saint-Domingue ;

l'ancien château du Coudray (XVIIème siècle). Il s'agit aujourd'hui de deux pavillons carrés accolés à une maison neuve. Le domaine est acquis en 1633 par Pierre René Charette, sieur de La Bretonnière, maire de Nantes. Aux Charette, succèdent en 1683 les de La Tullaye. "… Les Suhard, seigneurs de Fonteny, demeurant au lieu noble le Coudray. Le Coudray avait appartenu auparavant aux filles Chatain, Puis à demoiselle Girault, dame de la Grande Noë. Il devint plus tard l'habitation du Seneschal de Nantes, Pierre Charrette de la Bretonnière (1631) et fut acquis ensuite par Noble homme André de la Tullais, sieur du Fresne (1683) " (voir Saint Donatien et Saint-Rogatien de Nantes, abbé Delanoue, 1904). Un certain François Raillard, " sieur du Coudray " est mentionné en 1659. En 1719, Catherine Suhard (épouse de Guillaume Chatain depuis le 27 janvier 1699) rend aveu pour " le lieu et maison noble du Coudray et renement de Clermont se joignant ". Les aveux de 1719 et 1730 stipulent : " Le lieu et maison noble du Coudray et tenement de Clermont se joignant, tant les maisons, cours, colombiers au-dessus du portail, jardins, vignes et terres labourables, le tout cernoyé de fossés et par endroits de murailles et par autres de haies et fossés, borné … par le devant du grand chemin qui conduit du faubourg de Saint-André à Porterie " (Archives de Loire-Atlantique, G. 21). Une des filles de Catherine Suhard (épouse Chatain) mariée en 1723 à Charles Chancerelle (négociant, armateur, originaire de La Flèche) hérite de la demeure. En 1767, la famille Chancerelle loue les bâtiments pour 800 livres par an à l'Intendance de Bretagne qui en fait une prison appelée " la maison des mendiants et des vagabonds " [Note : En 1768, on arrêta 63 pauvres dont 38 à Nantes]. A noter que l'on rencontre pour la première fois le titre de sieur de Clermont avec Pierre Gérault (Giraud ou Girault) de Clermont, auditeur des comptes en 1480. Propriété, à la fin de l'Ancien régime, de la famille Le Mercier de Boisgirard, le Coudray est vendu le 10 ou 11 avril 1820 dans un mauvais état à Louis Cottineau ;  

le manoir de la Touche (vers 1420 - 1441 et 1866 -1876). Le fief de la Touche appartenait, depuis l'époque médiévale à l'évêché de Nantes et c'est tout naturellement qu'il devient un lieu de séjour de l'évêque, Jean de Malestroit qui y fait construire un manoir entre 1420 et 1441. Ce manoir accueille plusieurs fois le duc de Bretagne Jean V. C'est d'ailleurs dans ce manoir que le duc décède le 29 août 1442. Successeur de Jean de Malestroit, son neveu Guillaume habite ensuite le manoir de la Touche. En 1442, pour le procès de Gilles de Rais, le manoir de la Touche est le siège du tribunal suprême de l'Evêque. Pendant les guerres de religion, le manoir est transformé en hôpital pour les protestants blessés. Au début du XVIIème siècle, alors que Nantes est ravagée par la peste, le manoir devient la maison de convalescence de l'hôpital du Sanitat. A la fin du XVIIème siècle, des religieuses de Sainte Catherine de Rennes obtiennent l'autorisation de s'y établir, espérant recevoir du roi les lettres patentes nécessaires à leur établissement. Ne les obtenant pas, elles quittent les lieux en 1688. Le manoir de la Touche prend le nom de " domaine des Irlandais " car, de 1695 à 1793, il devient une résidence des prêtres irlandais, expulsés de leur pays pour leur foi. Réfugiés à Nantes, ils y installent un centre de résistance contre l'anglicanisme et établissent un séminaire. Ils sont expulsés en avril 1793. Le manoir sert alors d'hôpital militaire, puis de magasin de fourrages et de fabrique de munitions. Une partie de la propriété revient aux Irlandais jusqu'en 1857 pour être finalement vendue à Thomas II Dobrée (d'une ancienne famille protestante établie à Guernesey sous le règne de Henri II) en 1862. C'est Pierre Frédéric Dobrée (décédé en 1801) qui s'établit le premier à Nantes, en qualité de commerçant et de consul des Etats-Unis. Son fils est Thomas Ier (1781-1828). Le fils de ce dernier est Thomas II (1810-1895), grand collectionneur d'art. Il y entreprend aussitôt des restaurations : c'est ainsi que les lucarnes du XVIIème siècle sont reconstruites. Dès le 8 août 1894, Thomas Dobrée cède ses immeubles, dont le domaine des Irlandais (le palais Dobrée) et le manoir de la Touche, au Conseil général de Loire-Inférieure. Afin de créer un musée, il lègue, par testament rédigé le 10 septembre 1894, ses " collections de tableaux, gravures, livres, œuvres d'art, monnaies, manuscrits, autographes " au département. L'ancienne chapelle Saint-Gabriel (XVème siècle) faisait partie jadis du manoir de La Touche. Son portail porte les armes de Jean de Malestroit. Thomas Dobrée fit détruire cette chapelle dite des « Irlandais » en 1866, pour faire place à la porterie du palais Dobrée. Mais le portail et le bénitier, remontés sur le pignon ouest du manoir de La Touche, sont encore conservés ;  

le palais Dobrée (1862-1898), œuvre des architectes Simon, Boismen, Chenantais et le Diberder. Les Dobrée appartiennent à une ancienne famille protestante établie à Guernesey sous le règne de Henri II. C'est Pierre Frédéric Dobrée (décédé en 1801), qui s'établit le premier à Nantes, en qualité de commerçant et de consul des Etats-Unis. Son fils Thomas I (1781-1828) poursuit son oeuvre et développe l'entreprise familiale. Le palais est la propriété de Thomas Dobrée (1810-1895), fils de Thomas I, qui se retrouve en 1828 à la tête d'une grande fortune qu'il utilise à l'acquisition de collections (peintures, estampes, orfèvrerie, mobilier, tapisserie…). Pour abriter ses œuvres, il conçoit de construire un grand Palais s'inspirant de l'architecture médiévale sur des terrains acquis par lui sur le Bois de La Touche situé sur le faubourg de La Fosse. L'édifice actuel reprend le plan général défini par l'architecte Viollet-Le-Duc : un bâtiment longitudinal comportant trois avant-corps et orienté est-ouest, mais il en diffère par l'élévation d'une tour carrée à l'ouest sur laquelle Thomas Dobrée a fait graver l'inscription bretonne " Ann dianaf a rog ac'hanoun ", " L'inconnu me dévore " surmontée d'un dragon agrippé à un cœur de pierre rouge. Une tourelle circulaire est déplacée vers l'avant-corps central. C'est par les volontés testamentaires de ce mécène que cet édifice est devenu en 1895 le musée départemental de la Loire-Inférieure [Note : C'est le 30 août 1894 que le Conseil Général acceptait la donation par Thomas Dobrée d'un immeuble sis dans " l'enclos des Irlandais ", donation qui devait être suivie par la suite d'une donation des collections qu'il avait réunies (Thomas Dobrée avait réuni près de 10 000 pièces)]. A noter que, désireux de demeurer inconnu, c'est souvent Giraud de Savines qui se chargeait, en son nom, des achats dans les grandes ventes publiques du XIXème siècle. A la suite de cette donation, le Conseil Général décida de regrouper dans l'immeuble légué par Dobrée, toutes les collections appartenant au Département de la Loire-Inférieure. M. Pineau-Chaillou succéda au chanoine Durville et en 1943, une partie des collections furent momentanément évacuer pour laisser la place à la Mairie de Saint-Nazaire, puis à la Trésorerie Générale. La salle des Arcades date de 1862-1898. L'escalier d'honneur date de 1897-1898. Un nouveau bâtiment (1971-1974), fut réalisé par le Conseil Général et la Direction des Musées de France dans l'enceinte du Musée Dobrée ;  

l'hôpital Saint-Jacques (1831-1836), situé rue Saint-Jacques (sur l'emplacement de l'ancien prieuré de Pirmil) et œuvre de l'architecte Louis-Prudent et Constant Douillard. Il ouvre ses portes à la fin de l'année 1834. Cet hôpital remplace à partir de 1831 le Sanitat (décision du déplacement du Sanitat, prise en 1831 avec la cession par le département de l'ancien prieuré de Saint-Jacques de Pirmil), ancien hôpital général situé à la Fosse. L'origine exacte du prieuré de Pirmil est flou. Certains historiens prétendent que " Le Prieuré de Saint-Jacques de Pirmil, dont la date de fondation n'est pas connue, remonte à une époque antérieure au XIIIème siècle " (Dom Lobineau, Histoire de Bretagne), d'autres que le " prieuré est fondé d'antiquité par les Ducs de Bretagne " (Voir accord entre la mairie de Nantes et le prieur de Pirmil daté de 1643). Un procès-verbal daté de 1684 stipule que " le prieuré est chargé de l'office canonal et de donner le pain de ... septiers, de bled, seigle, aux pauvres de la paroisse et autres s'il y en a à suffire ". Les bénédictins de Saint-Maur, établis à Blanche-Couronne (près de Savenay) viennent s'installer dans le prieuré le 1er novembre 1694 et se chargent de sa restauration qui se termine vers 1713 (cloître, bâtiment claustral, ..). En 1789, le prieuré perd toute vocation religieuse et devient bien national (il sera alors transformé en dépôt de mendicité). Une chapelle privée est placée dans l'axe de l'entrée. Les stalles de la chapelle proviennent de l'ancienne chapelle Saint-Jacques (qui devient église paroissiale à partir du 25 mai 1791) et datent du XVème siècle. La nef et le chœur datent de 1832-1836 ;  

l'hôpital Laënnec de Nantes, situé jadis sur le territoire de la commune de Chantenay. A l'origine, vers 1880, un hospice provisoire existé à Grillaud (en Chantenay). Ce dernier comportait huit lits (4 lits pour les hommes et 4 lits pour les femmes) et avait été institué par l'abbé Laurent. Les docteurs Plantard et Périer avaient pris en charge le service médical. Il est décidé par la suite la création d'un hôpital pouvant répondre aux besoins toujours croissants de la commune de Chantenay. En septembre 1887, madame Jacquillon, demeurant à Nantes, propose moyennant la somme de 35 000 francs une propriété sise au Petit-Joseph. Une promesse de vente est passée le 17 septembre 1887 et l'entrée en jouissance est fixée le 1er octobre 1887. En 1890, sur des plans dressés en 1888 par l'architecte Chenantais, est édifié un établissement qui "devait être à la fois un dispensaire et un hôpital dépendant du bureau de Bienfaisance auquel il serait annexé". L'inauguration du dispensaire a lieu le 7 décembre 1890 et sa bénédiction par Mgr Lecoq, évêque de Nantes, a lieu le 11 décembre 1890. En 1890, c'est le docteur Plantard qui dirige l'hôpital. Outre les docteurs Plantard, Poisson et Touaille de Larabrie, le personnel comporte à cet époque également 5 infirmières et trois religieuses issues de la Congrégation des Filles de la Sagesse de Saint-Laurent sur Sèvre, en Vendée (on dénombre 6 religieuses en 1908). Un oratoire est édifié en 1892. En 1893 est construit un pavillon isolé dit "Pavillon des Pensionnaires" (Pavillon H). En 1895 et 1897 sont édifiés plusieurs bâtiments annexes (buanderie, séchoir, conciergerie, ....) et en 1897 est édifié le pavillon destiné à recevoir les malades contagieux. En 1900, sont édifiées deux nouvelles salles de malades. En 1903, est édifiée une maternité. Après de nombreux travaux exécutés entre 1890 et 1903, l'hôpital est inauguré à nouveau en grande pompe le 4 septembre 1904. A signaler que Chantenay est annexé à Nantes en avril 1908 et dès lors c'est Nantes qui va présider aux destinées de l'hôpital "Nantes - Chantenay". Parmi les médecins qui exercent à l'hôpital durant la période 1903-1908, on ne retrouve aucun de ceux qui avaient servi au Dispensaire. En 1908, l'hôpital est dirigé par 4 médecins assistés de 7 infirmiers/infirmières et 6 soeurs hospitalières. Les activités du Sanatorium débutent le 1er janvier 1909 ;  

la tour de la Porte-Sauvetout (XIII-fin du XVème siècle). La nouvelle enceinte construite au début du XIIIème siècle par le duc de Bretagne Pierre Mauclerc englobe le quartier de Saint-Nicolas ou Bourgmain. Des travaux importants sont menés à partir de 1456, et en 1483 sous le règne de François II. La porte était jadis flanquée de deux tours en fer à cheval : l'une d'elle était coiffée en 1839 par l'industriel Mollière d'une tour à plomb. En avant se dressait le Châtelet renforcé à ses angles par deux tours inégales : la plus importante, à l'ouest, était appelée la tour du bourreau (démolie vers 1790). Une des quatre tours est conservée sur trois mètres d'élévation. On y contemple en 1343, fichée sur un pieu, la tête d'Olivier de Clisson, et le chapitre cathédral vient y accueillir, le 8 novembre 1498, la duchesse Anne. Le pont Sauvetout est réédifié en 1456, rebâti en pierre (en 1601), reconstruit (en 1723) par le maire G. Mellier, reconstruit (de 1809 à 1811), démoli en 1831, relevé en 1837 et élargi (vers 1960) ;  

le mûr des échevins (XIV-XVIIIème siècle). Il s'agit d'un vestige d'un bâtiment du XVème siècle appelé maison des Engins. La maison avait été achetée par la ville de Nantes en 1453 pour servir de lieu de réunion. Elle est rasée en 1906 ;  

le manoir de la Hautière ou Haultière (XIV-XVème siècle et seconde moitié du XXème siècle), situé au n° 14 rue Guillou-Verne. La façade de l'édifice est percée de quinze ouvertures distribuées sur trois corps de logis. Trois fenêtres de l'étage supérieur sont surmontées de pignons ornementés de crochets à choux frisés. A l'angle de la façade Ouest se trouve une tour hexagonale où se voit une porte basse donnant accès, dit-on, au souterrain qui reliait la Hautière à la Tour de Luzançay. Les seigneurs du lieu y possédaient un droit de moyenne justice. Parmi ses nombreux possesseurs citons Guillaume Boislève (XVème siècle), de Bellouan (en 1479), René Lespervier (Perrine Lespervier en 1500), Marie du Pé (épouse de Claude du Houlle), Claude Du Houlle (de 1535 à 1539), Julien Jarnigan (en 1554), Jeanne Chrestien (en 1563), Pierre Charette (en 1587), Marcel Ragaud ou Ragault (vers 1608, contrôleur générale pour le roi en la prévôté de Nantes, échevin en 1611, député en 1612 aux Etats tenus à Redon avec Guichard de Bouteville, échevin, et Guiho de Tregonnet, procureur syndic), Michel Ragaud (épouse de Françoise d'Achon et acquéreur en 1608), Prégent de Kermeno, Pierre de Kermeno (en 1640, qui vend la Hautière à René Foucaud, maître des comptes), François Bonnier (en 1678, sieur de la Chapelle-Coquerie), Salomon Bonnier (en 1702), de Carné (en 1721), la marquise de La Tullaye, Carre de Lusançay, Saint-Pern (XIXème siècle), Edouard Thomelin (en 1825), Gaboriaud (en 1863), madame Lae (en 1883), madame Perodeau (fille de Mme Lae). Le domaine est annexé à la commune de Chantenay en 1906. Ce manoir reçut la visite de Henri IV en 1598 (ou 1594) et de Louis XIV en 1661. Longtemps la famille Carré de Luzançay a possédé ce domaine, loué aux Joullin, Vanasse et Cornu, négociants et planteurs. Les Thomine et Tollenare acquirent avec La Hautière, le Mont-Cassin, et y érigèrent une pyramide portant sur ses flancs les noms des célébrités des arts, des sciences, et des lettres de l'époque. La ville de Nantes a acheté le manoir de la Hautière dans le but d'y installer le musée des salorges, détruit par les bombardements, mais le public s'est habitué à aller le voir au Château des Ducs. Une partie des revenus seigneuriaux du fief provenait des carrières de granit de Miseri, exploitées par la ville de Nantes dès 1420 moyennant une redevance annuelle ("celle-ci s'élevait à huit écus vingt sols en 1589, et trente-six livres en 1789"). En 1529, l'ermite Gilles Bellyan se fit concéder une maisonnette par Pierre Lespervier, seigneur de la Hautière. Une chapelle consacrée l'an 1614, puis des capucins, installés en ce lieu en 1622 par le couvent de la Fosse (grâce aux libéralités de Michel Ragaud, sieur de la Hautière), se trouvent aux environs. Cette dernière communauté va compter jusqu'à douze religieux et fait bâtir un hospice en 1630. En 1813, les ruines de la chapelle et des bâtiments monastiques se voyaient encore. Durant la guerre de 1914, l'édifice est réquisitionné afin de recevoir les réfugiés venus du Nord et de l'Est de la France. Les bâtiments sont libérés en 1920, mais la guerre de 1939 y amène de nouveaux groupes de réfugiés. Le manoir aujourd'hui restauré par les "Compagnons de l'Union Compagnonnique des Devoirs Unis de Nantes" et converti en musée, abrite des chefs d'oeuvres exécutés par les compagnons de toutes corporations confondues ;  

le manoir du Fontenil ou Fonteny. L'ancienne demeure de Fonteny datait du XVIème siècle. Propriété d'Arthur Avignon en 1543, de Victor d'Avignon en 1555, de Nicolas Paulus en 1679. Le logis a subi diverses restaurations dont l'une remonte à 1704. On y trouvait jadis une chapelle privée, un four, et à l'intérieur du logis un bel escalier du XVIIème siècle. Il devient ensuite la résidence des planteurs Guiard (ou Guyard) en 1746 et Bonnamy, amis des Tascher de La Pagerie, créoles de la Martinique. En 1857, le domaine est en possession de la famille Bourgouin, qui vend par la suite le manoir à la famille Humeau qui le fait restaurer. A signaler que dans des titres du XVIIIème siècle, il est fait mention en 1762 de la famille Richard du Bois aux Loups comme propriétaire de ce domaine de Fonteny. A noter que les seigneurs de la Hautière et du Fonteny, au lieu de vivre en bonne amitié, étaient jadis continuellement en querelle (ils se saluaient à coup de canon, et les traces de ces aimables visites existent encore sur les murailles du Fonteny) ;  

le manoir du Plessis-la-Musse (XVII-XVIIIème siècle), situé au n° 44-46 rue Lamartine. Le premier propriétaire du Plessis que l'on connaisse est Jean Tournemine, en 1409, qui le cède en 1423 à Jamet. Les seigneurs de la Musse-Ponthus lui succèdent, puis les Chauvin. La seigneurie du Bois de la Musse appartient dès 1435 à Guillaume Chauvin (époux d'une descendante des Le Fouché), chevalier de l'Hermine, président de la Cour des Comptes et chancelier de Bretagne. Puis en 1460, cette seigneurie appartient à Jean Chauvin, fils de Guillaume, qui épouse en 1459 Françoise de la Musse (le duc François II avait agréé ce mariage, à condition que les enfants qui en naîtraient prendraient le nom et les armes de La Musse). De cette dernière union sont issus deux enfants : une fille, qui épousa Robert Eder, et un fils, Pierre Chauvin, qui fut seigneur à la fois du Bois et du Plessix-la-Musse. En 1523 et 1529, cette seigneurie passe à Pierre Chauvin, en 1537 à Jacques Chauvin, et en 1559 et 1561 à Bonnaventure de La Musse (fils aîné de Pierre Chauvin). Bonaventure (qui prit le nom de La Musse), obtient du roi Charles IX en août 1572 la fusion des seigneuries du Bois et du Plessis de la Musse en une châtellenie dite du Bois de la Musse. Bonaventure, qui était devenu protestant, autorise une colonie calviniste à construire un temple à proximité du manoir du Plessis-la-Musse (44 et 46, rue Lamartine). En 1593, David, fils de Bonnaventure, vend le Bois de la Musse à Jean de La Tullaye, mais il fut racheté, semble-t-il, en 1617 par la famille Chauvin. Cette châtellenie est vendue en 1623 (ou 1621) à François le Porc qui la rétrocède presque aussitôt à César, duc de Vendôme, agissant pour le compte de Jean Blanchard, seigneur de Lessongère (ou L'Essongère), et originaire de Fay-de-Bretagne. A noter que le clos Jaunet était un vignoble important, dépendant du manoir du Plessis-la-Musse et " la vigne du clos Cellier" dépendait en 1630 de la seigneurie du Bois de la Musse. Le Bois de la Musse est érigé en baronnie en 1634 et uni au Plessis-la-Musse par Louis XIII en 1644, en faveur de Jean Blanchard. Jean Blanchard, avocat, notaire et maire de Nantes (il devint procureur du roi au Présidial, puis premier président à la Cour des Comptes) se marie trois fois : il épouse en 1597 Jeanne Rioteau, en 1601 Madeleine Fuoyneau (ou Fruyneau), et en 1640 Marie de Sesmaisons. Cette seigneurie est érigée en baronnie en août 1644 (en faveur de Jean Blanchard) et en marquisat en septembre 1651 (en faveur de César Auffray-Blanchard, fils de Jean Blanchard et de Madeleine Fuoyneau). César Auffray-Blanchard, fils de Jean Blanchard et de Madeleine Fuoyneau, épouse Catherine de Bruc et donne naissance à Charles Blanchard, lequel fait, en 1673, hommage au roi pour le marquisat du Bois de la Musse. Charles Blanchard contracte mariage avec Françoise Le Moyne et donne naissance à Jean Blanchard lequel épouse Reine de La Villaubin et vend le Plessis-la-Musse à la famille Bouchaud (Blanchard ?) de La Pignonnerie. Le manoir primitif, daté de 1634 (restauré en 1642), est reconstruit en 1737. Le domaine devient au XVIIIème siècle la propriété de Bouchaud de La Pignonnière ou La Pignonnerie (les parents de l'Elvire de Lamartine), membre de la chambre des comptes, suite à son mariage avec Anne Duteil. Leur arrière-petite-fille, Julie Françoise Bouchard (ou Bouchaud) des Hérettes (1784-1817) ne fut autre que l'Elvire de Lamartine. Deux chapelles existaient sur la propriété : la chapelle Sainte-Cécile (milieu du XVIIIème siècle), démolie vers 1840, et une chapelle construite en 1725 sous l'invocation de Saint Nicolas et de Sainte Anne (en lisière de la tenue Bouchaud, près de la porte de Grillaud), désaffectée vers 1875, puis convertie en garage ;  

le petit logis (XV-XVIème siècle), situé impasse Saint-Laurent. Cette demeure a servi de résidence à l'archidiacre du Pays de la Mée (il s'agit d'une subdivision de l'Evêché de Nantes située entre l'Erdre et la Vilaine). L'évêché s'en rend acquéreur vers 1837. La Psalette, une école de chant, fondée en 1413 par Henri Le Barbu (évêque de Nantes), s'y installe au XIXème siècle. La Psalette se trouvait, à l'origine, sur le parvis Saint-Pierre, avant de faire place, au cours du XVIIIème siècle, à la maison des Cariatides ;  

l'hôtel du Doyen du Chapitre (XV-XVIIème siècle), situé au n° 6 rue Mathelin-Rodier. La tourelle d'escalier est percée de fenêtres que surmontent encore des restes d'arcs en accolade. Le chanoine scolastique habitait au n° 8 et le curé de Saint-Jean en Saint-Pierre au n° 12 ;

l'hôtel Saint-Aignan (vers 1472), situé au n° 8 rue Saint-Jean et édifié, semble-t-il, par François Goheau, sieur de Saint-Aignan, ou par la famille Tournemine, seigneur de la Guerche, à la fin du XVème siècle (d'où son nom primitif d'hôtel de la Guerche). Un orphelinat des soeurs de Saint-Vincent-de-Paul s'y installe vers 1819. Le corps du logis remonte à 1840 seulement. La façade a subi de nombreuses et fortes restaurations ;  

l'hôtel de la Papotière ou Pabotière (XVI-XVIIème siècle), situé au n° 3 rue Fénelon et propriété, à l'origine, de Pierre Landais, trésorier du duc François II. Pierre Landais doit s'enfuir le 7 avril 1484 afin d'échapper à la vindicte populaire : il est pendu le 19 juillet 1485. La demeure passe ensuite entre les mains des familles Valleton, Lelubois de Marsilly et Becdelièvre de La Seilleraye. Cette demeure est habitée en 1678 par Barrin de La Galisonnière, premier président de la Chambre des Comptes. C'est aujourd'hui un centre de rééducation pour la jeunesse ;  

l'hôtel de Ville (XVII-XIXème siècle), œuvre des architectes Elie Remigerau et François-Félix Ogée. Après la création officielle de la mairie de Nantes par le duc François II en 1559, la ville porte son choix en 1578 sur le manoir de Derval (XVème siècle), appelé encore maison des Dervallières, puis maison de Bizart : l'hôtel de Derval a servi jadis d'auberge sous le nom de l'hostellerie de la Belle Image. Les premières restaurations et agrandissements n'ont lieu qu'au début du XVIIème siècle. Claude de Cornulier, maire de 1605 à 1607 fait édifier par Elie Remigerau, devant le petit manoir, une galerie à arcades qui forme la façade principale de la mairie actuelle, et un bâtiment en retour sur le côté gauche. De 1645 à 1648, un portail monumental est édifié par les soins de Jacques Malherbe, architecte et sculpteur auteur de l'hôtel de Drouges (Rosmadec). Orné de pilastres et de colonnes, il porte les statues de Charles VIII, Louis XIII, d'Henri IV et de Louis XVIII. Il est démoli en 1972. Un portail formant arc de triomphe, œuvre de l'architecte Mathurin Peccot et du sculpteur Debay, est commencé en 1808 et achevé sous le règne de Louis XVIII. Touché par les bombardements, il est remplacé, en 1962 par la grille en fer forgé actuelle, œuvre du maître-ferronnier Subes. Les abords de la mairie sont dégagés, du côté de la rue Saint-Léonard, en 1820. De 1822 à 1829, un vaste programme de restauration et d'extension est entrepris sous la direction de l'architecte François-Félix Ogée : la cour d'honneur est achevée au XIXème siècle et l'aile orientale est construite en 1829. Le jardin, situé derrière le bâtiment, est dessiné en 1727 par l'ingénieur Jacques Goubert, sur les plans de l'architecte du Roi Gabriel : le jardin a été refait en 1800 et replanté en 1824 ;  

l'ancien hôtel Monti de Rezé (XVIIème siècle). Propriété de la famille Monti durant deux siècles, l'édifice devient à partir de 1923 la propriété de la ville de Nantes. L'édifice a subi depuis 1848 de considérables remaniements : une petite tour carrée a disparu en 1875. Il est restauré au XXème siècle ;  

l'ancien hôtel Rosmadec (1653), œuvre de l'architecte Jacques Malherbe et édifié pour César de Renouard, seigneur de Drouges (trésorier général des états de Bretagne et cousin de Nicolas Fouquet, surintendant général des Finances de Louis XIV). Cette demeure devient ensuite la  propriété du marquis de Rosmadec et appartient en 1823 aux Frères de la Doctrine Chrétienne. La cour d'assises vient siéger à l'hôtel Rosmadec de 1822 à 1835. Il est restauré en 1827. L'escalier date de 1623-1936. La salle Paul-Bellamy, œuvre de l'architecte Etienne Coutan, date de 1653-1927. L'édifice devient la propriété de la ville de Nantes en 1923 ;  

l'hôtel de Châteaubriant (XVII-XVIIIème siècle), situé au n° 13 rue de Briord. Il est encore connu au XVIIème siècle sous le nom d'hôtel de La Papotière. Cet hôtel doit son nom à Françoise de Dinan, dame de Châteaubriant (1436-1499). Cette dernière est fiancée dès l'âge de 5 ans à François de Laval, puis épouse Gilles de Bretagne qui périt en 1450. Elle épouse ensuite Guy XIV de Laval (père de François de Laval) qui décède en 1486. Elle se remarie ensuite avec Jean de Proisy. L'hôtel est légué en 1498 à Jean de Proisy Il appartient ensuite, au XVIIème siècle, à Raoul de La Guibourgère, qui le reconstruit et lui donne le nom de "hôtel de la Papotière", puis, en 1679, à Françoise Juchault, épouse de René de Sesmaisons. Leur fille Renée transmet le domaine à la famille Becdelièvre (Bec-de-Lièvre) qui le remanie autour de 1700. Il comprenait en 1680 "une court, galerie et deux grands corps de logis avec jardin derrière et au bout d'icelui un corps de logis avec une petite court et issue dans la rue Saint-Claire (devenue rue Fénelon)". Ensuite c'est l'hôtel Chéguillaume. Il ne subsiste que le porche. La trésorerie principale de Nantes occupe aujourd'hui l'ancien hôtel de Châteaubriant, qui conserve son bel escalier du XVIIème siècle ;  

l'hôtel Saint-Pern (XVIIème siècle), situé au n° 7 rue Malherbe. Il ne subsiste que le porche monumental. Au-dessus d'un arc surbaissé, un tympan losange porte, dans une cartouche, deux écussons. La signature NAU semble désigner le sculpteur. En face de cet hôtel se trouvait jadis la chapelle des Minimes ;  

l'hôtel Harrouys (XVII-XIXème siècle), situé au n° 11 rue du Château ;

l'hôtel Hignard (XIXème siècle), situé aux n° 20-22-23 boulevard de Launay ;  

l'hôtel de Villeneuve (1654-XVIIIème siècle), œuvre des frères Jagueneau et situé au n° 3 rue du Château. Il est édifié pour Claude de Santo Domingo, sieur de Villeneuve. Il ne subsiste que le porche ;  

l'hôtel de Goulaine de Harrouys (XVIIème siècle), situé au n° 14 rue du Château. Il ne subsiste que le porche ;

l'hôtel d'Aux (1771), œuvre de l'architecte Jean-Baptiste Ceineray et situé au n° 2 place du Maréchal-Foch. Cette demeure est édifiée pour l'armateur René-Louis, marquis d'Aux. L'hôtel était en construction en 1771. D'après une délibération du 21 septembre 1771, la Ville vendit 7.187 pieds carrés de terrain à M. d'Aux joignant la maison qu'il fait bâtir sur le Cours des Etats, à 11 sols le pied carré. Il y eut encore erreur dans l'arpentage et le miseur dans son compte de 1771-1772 accusa une somme de 3.990 livres 5 sols pour 7.255 pieds carrés au lieu de 3.952 livres 17 sols, prix des 7.187 pieds marqués dans l'acte de vente (Archives départementales, C. 327. B. Compte du miseur). L'hôtel d'Aux est une des oeuvres les plus remarquables de Ceineray. A l'occasion du grattage dont il doit être, lui aussi, périodiquement victime, comme les bâtisses les plus vulgaires, il a été l'objet d'une intéressante étude signée « UN NANTAIS » ; signature sous laquelle il est facile de reconnaître l'érudit et spirituel conférencier du collège Saint-Stanislas. Nous ne pouvons mieux faire que d'emprunter à cette étude un trait qui montre le grand désintéressement de Ceineray et qui prouve qu'il travaillait surtout « pour l'art et pour l'honneur ». « L'oeuvre était achevée et, sur la demande du propriétaire, Ceineray présenta son état des dépenses ; mais quelques jours après, M. d'Aux lui renvoie le compte, avec l'apostille : inexact. Un homme surpris, ce fut le pauvre architecte ! Il compare les devis et les dépenses, examine tout en détail. Impossible de découvrir une erreur ! Le compte, renvoyé à M. d'Aux, revient une seconde fois, avec cette observation : Vous vous trompez, Monsieur, votre compte n'est point exact. Cette fois-ci, c'est trop fort ! Ceineray n'y tient plus ; il se fâche, tempête et adresse à son client une lettre des plus irritées. C'était ce qu'attendait M. d'Aux. " Mon cher Ceineray, lui écrit-il, je vais vous dire ce que j'ai trouvé d'inexact dans votre compte : c'est le chapitre des émoluments ! Quand on a su produire une oeuvre comme celle que vous avez créée pour moi, on mérite une somme dix fois plus élevée que celle que vous réclamez. Venez dîner demain chez moi et réglons ce dont je crois vous être redevable ". Ceineray se rendit à l'invitation, encore un peu furieux du tour qui lui avait été joué ; mais quand il vit tous les convives le sourire sur les lèvres, il finit lui aussi par se dérider. Cependant, on eut beau dire et beau faire, il persista à ne rien changer dans son compte et n'accepta que ce qu'il avait fixé d'abord. L'Art, en premier lieu ; l'argent ensuite, pensait-il, dût-on vivre et mourir pauvre ! Ceineray vécut et mourut pauvre. Lui qui avait élevé tant de somptueuses demeures, n'eut pour finir ses jours qu'un misérable appartement au 4ème étage, rue de la Fosse, maison Mérot. Son nom tomba dans l'oubli. Ce n'est qu'en 1838 qu'on se souvint un peu de ses services et qu'on donna le nom de Ceineray à la partie du quai de l'Erdre qui déborne au nord l'Hôtel de la Préfecture. Voilà tout ce que Nantes a su faire pour honorer l'homme dont la vie fut employée à créer et à embellir nos places, nos quais et nos promenades... C'est peu ! » (Espérance du Peuple, 4 mai 1899). L'hôtel d'Aux tient son nom des seigneurs d'Aux qui laissèrent aussi leur nom au château d'Aux, autrefois la Hibaudière, en Saint-Jean-de-Boiseau. Pendant la Révolution, il a servi de siège à l'Institut national situé d'après les Etrennes nantaises de l'an III et de l'an IV, « à la maison d'Aux, place de la Liberté ». En 1800, il devint l'habitation du Préfet de la Loire-Inférieure, et, par conséquent la Préfecture. C'est en cette qualité qu'il reçut, le 8 août 1808, Napoléon Ier et l'impératrice Joséphine. Le duc d'Angoulême y descendit le 2 juillet 1814, et le duc de Bourbon, le 9 août 1815. L'hôtel de la Chambre des Comptes n'était encore occupé que par les bureaux de l'Administration du départe­ment. Le Préfet resta à l'hôtel d'Aux jusqu'en 1828, et alla enfin s'installer près des bureaux. L'Administration militaire entra alors en arrangement avec les propriétaires de l'hôtel pour y installer le Lieutenant général commandant la XIIème division. Depuis ce temps, il a été appelé l'hôtel de la Division militaire : il est ensuite (vers 1900) le siège du quartier général du XIème Corps d'armée. Les différentes destinations qu'il a subies depuis qu'il a cessé d'appartenir à la famille des seigneurs d'Aux, lui ont fait perdre leurs armes qui décoraient son fronton. Ces seigneurs, originaires du Poitou, portaient : Coupé au 1 d'azur à trois roquets d'argent, au 2 d'argent au lion de gueules qui est Armagnac. On constatera qu'il est plus facile de rétablir leurs armes dans une étude sur leur hôtel que de les restituer sur l'écu d'où elles ont été effacées (G. Durville). L'état s'en est rendu acquéreur en 1848. A noter que derrière l'Hôtel d'Aux se trouvait jadis, à partir de 1751, une faïencerie "manufacture royale" établie en 1751 par le sieur Leroy de Montillier. Cette faïencerie s'était étendue jusqu'à annexer l'ancienne tour Chauvin. Cette tour Chauvin avait été édifiée vers 1462 (la première pierre avait été posée en mai 1459). Cette tour avait pris, temporairement, au XVIème siècle, le nom de Guillaume de Chevigné, capitaine d'Auray (nom de ses hôtes), avant d'être rebaptisée "tour Chauvin", du nom des seigneurs de la Musse. Cette tour devint une prison au XVIIIème siècle ;  

l'hôtel Pépin de Bellisle (1772-1776), œuvre de l'architecte Jean-Baptiste Ceineray. Cette demeure est édifiée pour Pépin de Bellisle ;  

l'hôtel Lelasseur-Lorgeril (1775-1890), œuvre des architectes Jean-Baptiste Ceineray et Bougouin. Cette demeure est située au n° 13 rue Henri IV. Jérôme Bonaparte, frère cadet du futur Empereur des Français, habite cet immeuble en 1802 ;  

l'hôtel Cottin de Melleville (vers 1777), situé au n° 1 rue Tournefort. En 1794, la compagnie Marat établit son corps-de-garde dans la maison Cottin, placée aussi rue du Peuple Français. La maison Cottin, située derrière l'hôtel d'Aux, occupait une partie de l'ancienne faïencerie dont les terrains s'étendaient jusqu'à cette rue. L'immeuble ayant issue sur deux rues, on a pu se servir, tantôt de l'une, tantôt de l'autre, pour désigner sa situation (G. Durville) ;

l'hôtel Montaudouin (1783), œuvre de l'architecte Mathurin Crucy et situé au n° 5 place du Maréchal-Foch. Cette demeure est édifiée pour le marquis de Martel [Note : M. de Martel semble avoir agi pour madame Montaudoin de la Clartière, car ce fut elle qui paya le terrain acheté à la ville 20 sols le pied carré, le 25 mai 1782. D'après un arpentage plus exact la contenance de ce terrain de 15.603 pieds à 15.104, pour lesquels elle paya 15.104 livres (Archives départementales, B. Compte de miserie, 1783-1784)]. L'hôtel Montaudouin tire son nom d'une des plus célèbres familles d'armateurs nantais du XVIIIème siècle. Il a été élevé sur les plans de Mathurin Crucy, l'émule de Ceineray. Situé sur la même place que l'hôtel d'Aux, non seulement il contribue à décorer cette place, mais son voisinage permet de comparer deux des œuvres les plus remarquables de nos grands architectes, et de distinguer les caractères divers de leur talent. On a dit plusieurs fois qu'il avait été construit en 1790. Ce renseignement semble avoir été emprunté à Mellinet. Une supplique adressée par Madame Montaudouin montre que l'édifice était en état de recevoir des locataires quelques années auparavant (La Commune et Milice, T. 1, 316). Plus heureuses que les armoiries des seigneurs d'Aux, les armoiries des Montaudoin se voient encore dans le fronton de leur hôtel. Elles portent : d'azur à un mont de six coupeaux d'or, mouvant de la pointe de l'écu. L'hôtel Montaudoin est aussi désigné sous le nom d'hôtel des Colonnes. La salle du péristyle est, en 1900, le siège du Cercle Louis XVI ; nous y trouvons ce cercle à partir de 1878 (G. Durville) ;  

l'hôtel de la Villestreux (1743-1754), œuvre de l'architecte Landais et situé au n° 3 place de la Petite-Hollande. Cette demeure est édifiée pour Nicolas Perrée de la Villestreux, marié à une Espivent de la Villeboisnet ;  

l'hôtel Grou (1747-1752), situé au n° 2 place de la Petite-Hollande et édifié par Pierre Rousseau vers 1750 pour Guillaume Grou (1698-1774), négociant-armateur. Ce dernier est tour à tour conseiller-secrétaire du Roi, juge-consul et échevin. Il lègue 200 000 livres aux hôpitaux de Nantes ;  

l'hôtel Montaudouin (XVIIIème siècle), situé au n° 56 quai de la Fosse et rue Montaudouin ;  

l'hôtel O'Riordan (1742-1746), situé au n° 70 quai de la Fosse et édifié pour O'Riordan ;  

l'hôtel Durbé et Collin (1756), situé au n° 80 quai de la Fosse. Il s'agit d'une construction (style Louis XV) de Claude Durbé, capitaine et maître de pilote de navires. L'édifice aurait, dit-on, hébergé la Compagnie des Indes au XVIIIème siècle ;  

l'hôtel Trochon (1742), œuvre de l'architecte Pierre Rousseau et situé au n° 17 quai de la Fosse ;  

l'hôtel Deurbroucq (après 1764 - XXème siècle), situé au n° 6 Allée de l'Ile-Gloriette et édifié par Ceineray pour Dominique Deurbroucq (négociant d'origine hollandaise). Cette famille était propriétaire du château de Goulaine de 1766 à 1850 (acheté à M. de Maillehache, à la veille de la Révolution) et du château de Jarzé, près de Saché (Maine-et-Loire). Les armes portaient " d'azur au chevron d'or, accompagnée en pointe, d'un sanglier courant argent ". Dominique Deurbroucq est consul en 1758. Son fils Pierre-Jean dit Piter devient chef de la garde nationale (en 1792), chevalier de l'Empire (en 1808), baron (en 1809) et député (en 1810). Après avoir appartenu à plusieurs propriétaires successifs, dont la famille Metois (alliée aux Deurbroucq), la famille Godard y laisse l'empreinte de son passage, entre autre les sculptures du fronton triangulaire, laissant apparaître un cartouche avec deux " G " entrelacés, initiales du propriétaire Gaston Godard. On trouve ensuite, comme propriétaire, la famille Grandjouan. Au cours des bombardements de 1943, l'édifice est incendié et gravement endommagé. Le Département de la Loire-Inférieure décide alors de l'acquérir pour le restaurer. L'édifice abrite aujourd'hui le tribunal de commerce et le tribunal administratif. La façade présente un rez-de-chaussée et deux étages, où un avant-corps percé d'un porche est surmonté d'un fronton triangulaire, chargé d'un cartouche ;

le porche de l'hôtel de Commequiers (1790), oeuvre de l'architecte Mathurin Crucy et situé au n° 10 rue du Roi-Albert. Cet hôtel avait été édifié au XVIIIème siècle pour Jacques Cottin (1754-1823) dit l'Américain et natif de Saint-Domingue. Il s'agit du gendre des d'O'Riordan qui devint ensuite par succession le seigneur de Saffré. Jacques Cottin vendit en 1799 au sieur Leroux de Commequiers son hôtel qui, entre temps, avait été réquisitionné en 1793 par la Compagnie Marat. L'édifice était jadis composé "d'un corps de bâtiment flanqué de deux ailes en équerre, encadrant une cour fermée par un mur percé d'un porche" ;

la maison (XVIIème siècle), située au n° 4 rue Mathelin-Rodier. Cette maison héberge, de 1792 à 1872, le siège de la chambre littéraire de la ville de Nantes (autorisée le 20 juin 1760) ;  

la maison (XVème siècle) en pans de bois, située au n° 7 rue de la Juiverie ;  

les maisons (XV-XVII-XVIIIème siècle) en pierre et pans de bois, situées aux n° 3-5 rue Bossuet ;  

les maisons (XVème siècle) en pans de bois, situées au n° 15 rue de Verdun ;  

la maison (XVème siècle) en pierre et pans de bois, située au n° 2 rue des Carmes ;  

la maison à pan de bois (XVIIème siècle), située au n° 15 rue de la Bléterie ;  

la maison à pan de bois (XVIIème siècle), située au n° 21 rue des Carmes ;  

la maison (XVIIème siècle), située au n° 1, rue Rubens ;  

la maison en pierre et pan de bois (XVIIème siècle), située rue de Guérande et rue de la Fosse ;  

la maison Valleton (XVIIIème siècle), située au n° 8, cours d'Olivier-de-Clisson et édifiée pour Nicolas Valleton ;  

la maison (XVII-XIXème siècle), située au n° 11 rue de la Juiverie ;  

la maison (XVII-XXème siècle), située au n° 6 rue Saint-Nicolas ;  

la maison du Chapitre (après 1765), œuvre de l'architecte François Perraudeau et située au n° 2-3 rue Sully ;  

les maisons Miné (1768-1772), situées au n° 9-12 rue Henri IV ;

les maisons de la rue Grébillon (fin du XVIIIème siècle), situées dans le quartier Graslin ;

la maison pompéienne (1893), située au n° 20 rue Mourelet et oeuvre de l'architecte Francis Leray ;

la maison de Procé (1789), située Parc de Procé ;

la maison Mauresque (1875), située au n° 86 rue Felibien ;  

l'immeuble (XVIIIème siècle), situé au n° 26 rue de la Fosse ;  

l'immeuble (XVIIIème siècle), situé au n° 7 place de la Bourse ;  

l'immeuble (1718), situé au n° 8 place de la Bourse ;  

l'immeuble (XVIIIème siècle), situé au n° 2 place de la Bourse ;  

l'immeuble (1730), situé au n° 11 place de la Bourse ;  

l'immeuble (1733), situé au n° 1 place de la Bourse ;  

l'immeuble (1734), situé au n° 6 place de la Bourse ;  

l'immeuble (XVIIIème siècle), situé au n° 13 quai de la Fosse ;  

l'immeuble (XVIIIème siècle), situé au n° 40 quai de la Fosse et rue d'Ancien ;  

l'immeuble (1767-1772), œuvre de l'architecte Jean-Baptiste Ceineray et situé Allée Flesselles ;  

l'immeuble (1772), œuvre de l'architecte Jean-Baptiste Ceineray et situé au n° 5 place du Bouffay ;  

l'immeuble (après 1773), situé au n° 13 Chaussée de la Madeleine ;  

l'immeuble (1777), œuvre de l'architecte Louis Berranger et situé au n° 1 rue Léon-Maître ;  

l'immeuble (1755-1756), situé au n° 13 rue Kervégan et édifié pour Joseph Raimbaud ;  

l'immeuble (XVIIIème siècle), situé au n° 9 allée Turenne et édifié pour Joseph et Jean Raimbaud ;  

l'immeuble Bloyet de Boisrichard (1782-1785), œuvre de l'architecte Pierre Rousseau et situé au n° 24 rue Kervégan. Cette demeure est édifiée pour Gaudème Bloyer de Boisrichard ;  

l'immeuble "Petit Rousseau" (1746-1747), œuvre de Pierre Rousseau et situé au n° 18 rue Kervégan ;  

l'immeuble Perraudeau (1752), œuvre de l'architecte François Perraudeau et situé au n° 13 allée Turenne ;  

l'immeuble (1753), situé au n° 8 allée Turenne et édifié pour Jacques Berronette ;  

l'immeuble (1744), situé au n° 12 place du Pilori ;  

l'immeuble (1750), œuvre de l'architecte François Perraudeau et situé au n° 3 place du Pilori. Cette demeure était jadis une propriété des Pères chartreux ;  

l'immeuble (1752), situé au n° 5 place du Pilori ;  

l'immeuble (1745), œuvre de l'architecte Perraudeau et situé au n° 1 bis rue des Chapeliers ;  

l'immeuble (vers 1750), situé au n° 9 rue de Contrescarpe ;

l'immeuble (1900), situé au n° 9 rue de Strasbourg et oeuvre de l'architecte Clément Josso. Cet édifice a été élevé à l'emplacement de l'ancienne chapelle des Jacobins. Les Jacobins étaient installés à Nantes depuis le XIIème siècle et le couvent est construit au XVème siècle. Le couvent des Jacobins a pour fondateur, en 1228, André de Vitré, agissant à la demande de la duchesse Alix. Les dominicains bénéficient de la générosité de Charles de Blois et de Jean IV qui leur concède en 1365, les vieux bâtiments de la Monnaie. Un incendie détruit, le 10 avril 1410, le couvent et l'église. Cette dernière est reconstruite en trois ans et consacrée le 19 octobre 1413. L'église, remaniée et agrandie sans doute à plusieurs reprises, comporte alors une nef unique à chevet plat, bordée au nord par quelques chapelles latérales. La duchesse Anne, enfin, fait don aux religieux du terrain de l'hôpital Notre-Dame de Pitié. Le couvent des Jacobins sert plus d'une fois aux pouvoirs publics pour leurs assemblées (le conseil de ville y siége en 1493, le Présidial s'y installe au XVIIIème siècle, les Etats s'y réunissent en 1572 et en 1651). L'église est dotée d'une façade, terminée seulement en 1688, et le couvent est agrandi en 1761-1762, face aux douves du château. L'évêque constitutionnel Minéc y est élu en 1791. On voyait jadis à l'intérieur de l'église une mise au tombeau, grandeur nature, don de Jean V, et plusieurs sépultures, notamment celles d'une fille du même duc, Isabelle de Bretagne, et de Françoise de Dinan, dame de Châteaubriant (1436-1499). Les restes de cette dernière ont quitté le grand caveau, situé au milieu du choeur, pour être déposés à la cathédrale, près du tombeau de François II. Le percement de la rue de Strasbourg en 1868 va couper l'église en deux parties : d'une part à l'ouest, la façade, rasée en 1898, de l'autre le chevet qui disparaît à son tour en 1904 ;

le muséum d'histoire Naturelle (1875), situé au square Louis Bureau et oeuvre de l'architecte Gustave Bourgerel et du sculpteur Guillaume Grootaërs ;

le musée des Beaux-Arts (1893-1900), situé au n° 10 rue Georges-Clemenceau et oeuvre de l'architecte Clément Josso. Le musée est créé officiellement en 1800. Par l'arrêté du 1er septembre 1800 (14 fructidor an VIII), Bonaparte attribue à la ville de Nantes 43 tableaux provenant de pays étrangers occupés. Bien plus important est l'apport de la collection Cacault (François Cacault (1743-1805) était diplomate à Rome) : 1 155 tableaux, 64 sculptures et plus de 600 estampes. Le maire de Nantes, Bertrand-Geslin achète la collection Cacault en 1809. A ces trésors viennent se rajouter ceux de Fournier (1814), Clarke duc de Feltre (1852), Urvoy de Saint-Bédan (1854) et bien d'autres encore ;

l'Hôtel-Dieu (1952), situé au n° 1 place Alexis-Ricordeau et oeuvre de l'architecte Michel Roux Spitz. Le premier Hôtel-Dieu est édifié en 1645-1646 (la construction est autorisée en 1643 par lettres patentes, et la première pierre est posée en 1645) sur la prairie (" la prée ") de la Madeleine, sur l'Isle Goriette (l'île Gloriette) : les premiers malades y entrent en 1655 et le principal corps de logis est achevé en 1662. D'après le Professeur Kerneis, une aile dite " aile d'amont " est ajoutée en 1670, et une aile dite " d'aval " est ajoutée en 1695. L'édifice est refait entre 1856 et 1865 par l'architecte J. F. Chenantais (la première pierre est posée en 1856 et l'inauguration a lieu le 15 novembre 1863). Il est à cette époque composé de dix bâtiments séparés (dont l'un était affecté à l'Ecole de Médecine), de deux étages chacun. En 1910 et 1930, sont édifiées à l'écart, une maternité et des crèches. Le nombre de lits qui est à l'origine de 900, passe alors à 1.222 lits. On y trouvait un groupe sculpté en 1863 par Am. L'édifice est sévèrement abîmé par les bombardements américains du 16 septembre 1943. Reconstruit, le nouvel édifice accueille son premier malade en Mai 1964 dans le pavillon de "La Mère et l'Enfant" et le 16 Octobre 1967 dans le bloc central. Au final, il aura fallu 80.000 mètres carrés de plancher, 400 kilomètres de fil électrique, 60 ascenseurs, environ 20.000 points lumineux et prises de courant, et près de 10 kilomètres de couloirs.... Quant au coût définitif des travaux, il est de : 125.235.188, 11 francs de l'époque. A son ouverture, l'Hôtel-Dieu de Nantes comporte 1.083 lits : 901 lits dans le bloc central, et 182 lits à " La Mère et l'Enfant ". L'ancien et le nouvel Hôtel-Dieu possédaient l'un et l'autre leurs chapelles. De la première chapelle on ne sait pas grand chose, sinon qu'elle servait, au début de la Révolution, à réunir les assemblées primaires des électeurs. La seconde chapelle, qui datait de 1867, est détruite par les bombardements de 1943 ;  

la préfecture (1762 - 1781 - XXème siècle), œuvre de Jean-Baptiste Ceineray et située place Roger-Salengro. Les bureaux de la Préfecture occupent depuis 1791 le palais de la Chambre des Comptes de Bretagne créée à la fin du XVème siècle ;  

Ville de Nantes  L'ancien palais de la Chambre des Comptes de Nantes

Ville de Nantes  Le nouveau palais de la Chambre des Comptes de Nantes (Préfecture) 

le palais de la Bourse (1790 - XXème siècle), oeuvre de l'architecte Mathurin Crucy et situé place du Commerce. Nantes possède une Bourse (oeuvre d'Hélie Brosset à qui les travaux sont adjugés pour 8 300 livres) dès 1641. La Bourse, menaçant ruine, est rasée en 1723. Les travaux de la nouvelle Bourse, arrêtés durant la Révolution, ne reprennent qu'en 1808 grâce à Napoléon Ier et sont terminés en 1815. Il faut, en 1889, remettre en état les fondations de l'édifice : on en profite aussi pour l'agrandir. Détruit par les bombardements du 16 septembre 1943 et du 15 juin 1944, l'édifice est à nouveau reconstruit (la restauration prend fin en 1951) ;  

le Temple du Goût (1753-1754), œuvre de l'architecte Pierre Rousseau et situé au n° 16 allée Duguay-Trouin. Cette demeure est édifiée pour Pierre Rousseau ;

la fuie ou le colombier des Dervallières (XVII-XVIIIième siècle), situé boulevard Jean-Ingres et propriété jadis des sires de Derval (avant le XVème siècle) puis de la famille Stapleton (au XVIIIème siècle). Le fief des Dervallières appartenait jadis à la baronnie des Dinan-Laval. Cette branche des Laval avait son hôtel au centre de Nantes, la mairie actuelle que l'on appelait Hôtel des Derval, et une maison de campagne, Les Dervallières. Ce fief allait de La Contrie à La Garoterie et à Carcouet avec droit de haute justice. Il subsiste une tour de guet et un colombier. Les propriétaires après les Derval (avant le XVème siècle), furent par alliance les Rougé, ainsi que les Malestroit. Françoise de Dinan, comtesse de Laval, acquiert en 1494 ce domaine qu'elle donne ensuite à Jean François de Cardonne, receveur général des Finances du duché. Succèdent ensuite, à partir de 1539 (date de décès de Jean François de Cardonne) et par héritage les familles Tissart (Joachim Tissart était l'époux d'Anne de Cardonne) en 1540, puis d'Argy (François d'Argy) en 1557. En 1573, Claude d'Argy, qui était dame des Dervallères et l'épouse de René du Breil, seigneur de Liré, et gentilhomme ordinaire du roi, possède cette terre. René du Breil, époux de Claude d'Argy, vend en 1578 l'hôtel de Derval. Claude d'Argy se défait en 1578 des Dervallières au bénéfice de Georges Morin, sieur du Chapeau, trésorier de Bretagne, et de Claude Morin épouse de Charles de Maillé. Le domaine appartient en 1600 à Urbaine de Maillé, épouse de Jean-François Bonnin. On retrouve ensuite par alliance les Bonnin de Messignac, seigneur de Chalucet (en 1678, Charles Bonnin de Messignac), qui cèdent la propriété en 1699 à Louis Daussain. Les Dervallières passent en 1701 (pour le prix de vente de 64 000 livres) entre les mains de la famille Stapleton, riches armateurs irlandais, beaux-frères des Grou, Walsh, Clarke et Oschiell. Ils partageaient cette châtellenie avec les Knolles, Lée, Gilagh, Géraldin, White, Vanasse, Butler, Odèlan, Fitz-Simon, ...Tous avaient des "Plantations" à Saint-Domingue. Jean Stapleton (1696-1776) est l'épouse d'Anne Oschiell (O'Shiell). Les biens des Stapleton sont en partie confisqués durant la période révolutionnaire puis vendus en 1818 à Michel de la Brosse. Michel de la Brosse laisse les Dervallières à un gendre, Charles de La Rochefoucauld-Bayers. Le domaine est revendu en 1913 à d'autres membres de la famille de La Brosse. La famille Guillet de La Brosse qui avait vendu ses "plantations" avant la révolte de Saint-Domingue, et laissé ses capitaux en Amérique, acquiert Les Dervallières sous Louis XVIII. Cette famille achète également Le Plessis, L'Orée, La Grée en Orvault, la Droitière en Mauves, Gesvres et Fayau en Treillières, Ardennes en Sainte-Pazanne, .... En 1860, les Dervallières ne contienent que quatre feux avec 20 habitants. Le parc du domaine est loti en 1934 ;

l'ancien entrepôt des Cafés (1788), oeuvre de Duparc et Mellinet. L'édifice est transformé en prison durant la Révolution (à partir de septembre 1793). La fermeture de l'entrepôt a lieu au début de février 1794. Sous la Restauration, il se transforme en une caserne de lanciers, détruite en septembre 1839 par un incendie. Le portail, encore visible au n° 2 rue Lamoricière est le seul vestige de l'entrepôt des cafés ;

le cimetière de Miséricorde (1793-XIXème siècle), ouvert en 1793 et agrandi en 1810, 1830 et 1848. Il tient son nom d'une chapelle détruite en 1809 et érigée au XIIIème siècle en souvenir de trois chevaliers nantais vainqueurs d'un dragon. On y trouve entre autres les tombes de Marie et Michel Van Neumen (début du XIXème siècle), du général Cambronne (XIXème siècle), de Joseph Chenantais (XIXème siècle), d'Aristide François David (XXème siècle), le mausolée Dobrée (fin du XIXème siècle) et le monument commémoratif de la Révolution de juillet 1830 - 1834 (oeuvre du sculpteur Etienne Suc) ;  

les vestiges d'un moulin (XVIII-XIXème siècle), situés rue Sévigné et rue du Boccage ;

les moulins de Contant, de l'Evêque, de Gillet, de Groignard (XVIème siècle), du Harnois, du chapitre Notre-Dame (1483), moulin sur bateau, .... ;

A signaler aussi :

le Belem (1896), édifié par l'armateur nantais Fernand Crouan ;  

le mur d'enceinte bastionnée (1574-1624), œuvre de l'ingénieur Amboise Frondard et situé rue Paul-Bellamy. Il s'agit, à l'origine, de protéger le quartier du Marchix, sur demande de Charles IX en 1574. Les terrassements inachevés sont abandonnés en 1624 ;  

le monument de Gilles de Rais, qui se trouve aujourd'hui au musée Dobrée, date de 1440. Ce monument avait été élevé à l'origine sur le lieu même de son supplice. La base du calvaire comportait trois niches, avec les images de la Vierge, de saint Gilles et de saint Lau. Les statues ont disparues durant la Révolution. Le monument est démonté en 1867 ;  

la porte Saint-Pierre (1478-XVIème siècle), œuvre de l'architecte Jean Bodard et située place du Maréchal-Foch. La construction repose sur une muraille du IIIème siècle. Tout pense à croire que le quartier de la porte Saint-Pierre renfermait, à la fin du IVème siècle, l'église Saint-Jean du Baptistère et la basilique aux trois petites cryptes, qui devait précéder la cathédrale d'Eumélius II. Cette porte est flanquée de deux tours : celle de l'Evêché et de Guy-de-Thouars. Elle est surmontée au début du XVIème siècle d'un logis à la demande de l'évêque Guillaume Gueguen ;  

la porte (XVII-XVIIIème siècle), située au n° 7 rue Henri IV ;

l'ancienne porte Briand-Maillard, située jadis dans la rue des Petites-Ecuries. Elle avait été reconstruite en 1553, puis protégée de 1621 à 1755 par un bastion ;

l'ancienne porte Poissonnière, jadis précédée d'un pont-levis et encadrée par deux tours reconstruites de 1484 à 1516 ;  

la portion de muraille (fin du IIIème siècle), située rue du Refuge ;

l'ancien séminaire de philosophie (début XIXème siècle), situé rue du Maréchal-Joffre et oeuvre de l'architecte H. Gelée. Ce séminaire est créé par l'évêque de Nantes Mgr Joseph de Guerines (vicaire général de l'évêque de Clermont-Ferrand, promu en 1822 à l'évêché de Nantes). Dès 1826, la maison pouvait recevoir 90 élèves. Durant dix-huit ans, l'abbé de Courson (1799-1850) [Note : Prêtre en 1822, vicaire général en 1823, professeur au Grand Séminaire en 1824 et Supérieur général de Saint-Sulpice en 1845], gouvernera le nouveau séminaire. En 1844, il sera remplacé par l'abbé Férit, puis par l'abbé Cahier, sulpiciens comme lui. C'est un séminariste, Félix Fournier, qui, le premier enseigna la philosophie dans l'établissement. L'histoire du séminaire de philosophie s'acheva en 1907 du fait de la loi de Séparation des Eglises et de l'Etat et des conséquences de cette loi (expulsion du 19 décembre 1906). Par la suite, les bâtiments sont occupés par l'Institut Polytechnique de l'Ouest, devenu Ecole Nationale Supérieure de Mécanique, puis, par l'Institut Universitaire de Technologie. A noter qu'un séminaire est fondé à Nantes, à l'Ouest du couvent primitif des Ursulines, dès 1642. Ce dernier est reconstruit en 1695 avant de laisser la place à un lycée. Dès le début le Séminaire avait été confié aux Sulpiciens, puis, en 1673 à la communauté des prêtres de Saint-Clément. Les Sulpiciens sont rappelés en 1728 par Mgr de Sanzay pour diriger le Séminaire ;

la place Mellinet (1828-1874), oeuvre des architectes Etienne Blon et Louis Amouroux. Cette place porte le nom du général Mellinet depuis le 10 mai 1894. A l'emplacement de cette place, se dressait jadis la propriété de Launay (château et parc de Launay-Godetière) où on y reçut les Ambassadeurs du Siam en 1686, Joseph II et le Comte d'Artois en 1777. La tradition parle de grilles dorées qui étaient gardées par des noirs armés, au temps des amateurs Magon, alliés des Saint-Pern. Le général Guimberteau, époux d'une Saint-Pern et d'opinion républicaine sauva les biens de la famille. Le château est rasé en 1826 par les propriétaires, les frères Allard et Vauloup (ou Vanloop). L'emplacement est loti par les Allard et Vauloup autour de 1830, et c'est sur l'emplacement de l'ancien château que trône la statue du général Mellinet ;  

la place royale (1786-1788-1865 - années 1950), œuvre de l'architecte Mathurin Crucy. Les immeubles s'élèvent de 1788 à 1845, mais la place est à peu près achevée dès 1794. On inaugure une fontaine monumentale, oeuvre du sculpteur Ducommun de Locle, en 1865. Cette place, détruite par les bombardements en septembre 1943, est reconstruite au milieu du XXème siècle par l'architecte Ferré ;

la place Graslin (1787), oeuvre de l'architecte Mathurin Crucy. Jean Joseph Louis Graslin (1728-1790), avocat au parlement de Paris, se fixe à Nantes au milieu du XIXème siècle. De 1776 à 1779, Graslin va acquérir les tenues du Bouvet et de La Cagassais, avec quelques terres avoisinantes. Il charge ensuite Ceineray d'établir un projet d'aménagement de l'ensemble ;

la place du Sanitat (1835), oeuvre des architectes, les frères Douillard. Le Sanitat est un hôpital à l'usage des pestiférés ouvert en 1569 sur la tenue de l'Asnerie par le conseil des bourgeois de Nantes [Note : il s'agit, à l'origine, d'un ancien domaine de l'abbaye de Buzay qui appartient alors à Laurent de Marchis, sieur de La Vrillière]. Devenu insuffisant pour héberger les malades, on y entreprend des constructions financées par " une subvention de 5.000 livres que le Roi autorise à prélever sur les octrois ". Le 16 août 1576, le " chirurgien-barbier " Julien Pesche, décédé en 1582, est en charge des soins [Note : il sera remplacé plus tard par des religieux Récollets ou Capucins]. En 1597 on comptabilise 18 chambres. En 1602, la Ville se rend acquéreur du logis du Bois de la Touche, voisin de l'Asnerie et en 1612, elle construit une chapelle. En 1622, on y interne 700 protestants capturés au siège de La Rochelle, et en 1643, des prisonniers espagnols, ayant participé à la bataille de Rocroi. Le Sanitat devient en 1643 un dépôt de mendicité. D'autres catégories de pensionnaires, les prostituées ou filles de la misère et les enfants abandonnés, viennent bientôt s'ajouter aux mendiants et vagabonds. Le Sanitat prend le nom d'hôpital général en 1671. En 1676 est fondé un quartier d'aliénés. On voit que la population du Sanitat est très hétéroclite. En 1692 on comptabilise 334 pensionnaires, à la veille de la Révolution 644 pensionnaires, et en 1818, on dénombre 810 lits. En 1725, le bureau du Sanitat est composé de quinze directeurs nommés pour six mois (un représentant du Chapitre des chanoines, un représentant de la Chambre des Comptes, un représentant du Présidial ou Tribunal, un représentant de la mairie de Nantes et onze représentants choisis dans chacune des paroisses de Nantes). Dès 1674, des femmes pieuses prennent en charge les pensionnaires [Note : on dénombre 19 femmes pieuses en 1787]. On trouve ensuite, à partir de 1803, les Soeurs de la Sagesse et deux aumôniers. Sous la Terreur, à la fin du XVIIIème siècle, le Sanitat, dit alors Hospice de la Réunion (vers 1791), devient une infirmerie des prisons de Nantes. L'édifice est déclaré en ruine en 1822 et vendu par adjudication le 4 Mars 1833 (mis à prix pour 543.000 francs, il est vendu au final à 600.000 francs). Le bombardement du 23 septembre 1943 a détruit l'ancienne chapelle hospitalière qui était devenue en 1792, sous le nom de Notre-Dame de Chézine, le siège d'une paroisse éphémère, Notre-Dame de la Fosse (dont le premier curé constitutionnel fut l'abbé Pinot). L'autel central était dédié à Saint Louis, les collatéraux à Saint Roch et Saint Sébastien. Cette chapelle, datant de 1612, avait été restaurée en 1842 et abritait sous Louis-Philippe, "l'Eglise Française" fondée par l'abbé Châtel (1795-1857). La "nef, longue de 17 mètres et large de 6 mètres, encadrée par deux collatéraux, se terminait en chevet plat creusé de trois niches arrondies". Les scellés furent apposés sur l'armoire de la sacristie le 14 janvier 1843. Vendu dans l'indifférence générale, l'édifice de la chapelle a servi d'atelier de serrurerie avant de disparaître ;

la place Saint-Pierre (1868-1872), oeuvre de l'architecte Eugène Demangeat ;

le théâtre Graslin (1788). Le théâtre est inauguré le 23 mars 1788 (les travaux sont achevés dès 1787). Ce théâtre remplace l'ancien opéra dit "du Bignon-Lestard". La salle de spectacle du théâtre date de 1813-1830 : cette salle (oeuvre de Mathurin Crucy) est refaite de 1811 à 1813 suite à un incendie le 22 août 1796 et la visite de Napoléon Ier qui signa le décret du 11 août 1808 ordonnant la reconstruction du théâtre. D'autres travaux ont lieu en 1865. Le plafond date de 1881 : il est l'oeuvre du peintre Hyppolite Berteaux ;

Nota : Les Trois Théâtres de Nantes (1796 à 1800). La lettre qui donne lieu à cet article et qu'on lira plus loin, bien qu'elle ne soit, en elle-même, qu'un document de peu d'importance, n'en est pas moins le trait d'union entre deux effroyables catastrophes qui affligèrent la ville de Nantes, l'une en 1796, l'autre en 1800 ; rappelons-les en quelques mots et par ordre de dates. 

- Le 7 fructidor an IV (24 août 1796), le théâtre de la place Graslin dont la récente construction remontait à 1787, fut entièrement détruit par les flammes. Au 3ème acte de l'opéra de Zémire et Azor, musique de Grétry, le feu d'une bougie se communiqua au transparent placé au-dessus de l'appartement de Zémire ; en quelques instants, l'incendie, grimpant par les décors et le rideau, atteint les combles..., et la toiture, la charpente, le lustre, le rideau, s'affaissent dans la salle avec un horrible fracas. La conduite du directeur du théâtre, M. Douglas, qu'on emporta mutilé et évanoui, fut vraiment héroïque au milieu de cette indescriptible confusion. En définitive, ce beau monument fut anéanti, ainsi que le magasin des décors, les costumes des artistes ; il en fut ainsi de la maison du sieur Goisneau adossée à la salle. Malgré le sang-froid et le dévouement manifestés par les spectateurs, qualités ordinairement si rares dans ces moments de confusion, sept cadavres calcinés furent trouvés sous les décombres. Un bruit sinistre courut la ville au sujet de cet incendie, qu'une odieuse dénonciation attribuait à une rivalité de métier ; on ajoutait même que l'administration municipale avait ouvert le chemin à cette criminelle vengeance, en faisant fermer, huit jours avant l'événement, le théâtre de Madame veuve Ténèbre, dirigé par le sieur Julien. Il s'ensuivit forcément une minutieuse enquête officielle, où il fut prouvé : que l'Incendie était un cas fortuit ; — que l'administration municipale n'avait pris que le 8 (le lendemain de l'incendie), l'arrêté qui fermait le théâtre de la veuve Ténèbre, et non huit jours avant le désastre ; — que cet arrêté (assez bizarre dans ses vues), n'avait été signifié à la veuve Ténèbre que le 9 ; — que cet arrêté, enfin, n'avait d'autre but que de concentrer l'intérêt et les ressources sur les infortunés artistes du théâtre brûlé. — Ainsi tomba la calomnie. Ruinés par l'incendie, les artistes, réunis en société sous la direction de M. Douglas, autorisés d'ailleurs par la Ville, s'entendirent avec Madame Beconnais propriétaire de la salle du Chapeau-Rouge, où ils commencèrent leurs représentations le 4 septembre suivant. Voilà la part qui fut faite à Madame Ténèbre dans ce premier événement. Passons au second.

- Le 5 prairial an VIII (25 mai 1800), à midi et quelques minutes, eut lieu l'explosion de la tour des Espagnols, au château de Nantes, par suite de l'écroulement du plancher du magasin des artifices. Il y eut soixante personnes tuées et cent huit autres blessées ; cent et une maisons furent plus ou moins atteintes ; les pertes étaient considérables. Dès le lendemain de cette douloureuse catastrophe, le maire Saget fit donner une représentation au profit des familles pauvres atteintes par cet événement. Et c'est au théâtre de la veuve Ténèbre que cette représentation a lieu ; et c'est à cette dame, si étrangement malmenée par l'administration municipale quatre ans auparavant, à cette dame dont on a requis d'office la salle, que la mairie, par l'organe de l'agent municipal, le citoyen François-Adrien Barbier, réclame un concours désintéressé, dans la crainte qu'elle n'exige le loyer de sa salle ! Cette lettre est la reproduction de le pièce originale que nous possédons ; elle n'est pas moins curieuse par la singularité des noms et l'orthographe, que nous avons conservée, que par le style et la calligraphie. L'original est écrit sur gros papier petit raisin ; les douze lignes occupent toute la surface de la page. L'acceptation de la veuve Ténèbre est intercalée, faute de place, entre le corps de la lettre et la date, suivie de la signature du citoyen Barbier. Citoienne, La représentation de ce jour est pour les pauvres, qui ont souffert de l'explosion du chatau. Chacun remet ce qui lui revient, sans doute vous ferez comme les autres et vous n'exigerez pas votre loyer de ce jour. Cependant comme on ne peut forcer personne on demande votre agrement, et votre reponse fera la régle de la conduite à tenir. Nantes, six prairial an huit. Pour approbation, Barnier ad. Municipal. Je nest veut rien recevoir pour la reprezentation. Veuve TENEBRE. Le Théâtre Julien et le Théâtre du Chapeau-Rouge destinés tous deux à des variétés de spectacles, se confondaient déjà dans les souvenirs, pendant le premier quart de ce siècle. Peut-être trouvera-t-on intéressant de connaître les emplacements de ces salles, qui ont complètement disparu. Lorsque la troupe du Grand-Théâtre prit possession de la salle du Chapeau-Rouge, la municipalité dut faire paver la rue du Calvaire, qui n'était alors qu'un triste cloaque ; la salle avait deux entrées, l'une par la rue du Calvaire, l'autre par la rue du Chapeau-Rouge. Ce fut dans cette salle qu'un bal fut donné, en 1808, à Napoléon Ier. Sur les observations de M. Bertrand-Geslin, maire de Nantes, l'empereur résolut de mettre fin aux atermoiements ministériels pour la reconstruction de la salle Graslin, qui fut livrée au public vers la fin de 1812 (Auguste Laurant).

la colonne Louis XVI (1790-1823), oeuvre de Mathurin Crucy et de Dominique Molknecht. Cette colonne est située place du Maréchal-Foch. Un aigle est rajouté au sommet lors de la visite de Napoléon Ier, en 1808. La statue de Louis XVI est réalisée sous la Restauration, mais remplacée en 1926 par une copie du sculpteur Perraud ;

la statue du Général Cambronne (1848), oeuvre du statuaire Jean Debay et située à Cours Cambronne. Le monument est inauguré le 23 juillet 1848. Le général Cambronne, né le 26 décembre 1770 à Nantes (non loin de l'hôpital), meurt le 29 janvier 1842 au n° 3 de la rue Jean Jacques Rousseau. Il épouse en 1820 Mrs Sword née Marie Osburn (d'origine écossaise) ;  

l'île Feydeau (XVIIIème siècle), œuvre de  l'ingénieur Jacques Goubert. Ce lieu n'est plus une île depuis le comblement des deux bras Nord de la Loire. La chapelle Notre-Dame de Bon-Secours s'y élève en 1443 (reconstruite en 1776-1780) et la nouvelle halle aux poissons quelques années plus tard. François II fortifie cette île en 1464 et en 1477. Le terrain est acquis par la ville de Nantes en 1722 pour y édifier des immeubles. La plupart des immeubles ont été réalisés entre 1740 et 1780 selon un schéma identique. Les premiers constructeurs se nomment Valleton, Charron et La Villestreux. L'hôtel de La Villestreux est un des plus anciens de l'île, édifié, croit-on, vers 1740-1750 par l'architecte parisien Launais pour Nicolas Perrée de La Villestreux. On peut admirer les balcons tout particulièrement au n° 16, allée Duguay-Trouin ; la "cour ovale" au n° 9, allée Turenne et de beaux mascarons (masques de fantaisie décorant clefs des portes et fenêtres) ;

l'ancien cercle des Beaux-Arts (1859), situé au n° 4 rue Voltaire et oeuvre de l'architecte Joseph Fleury Chenantais ;

l'institution Sainte-Françoise-d'Amboise (1859-1878), située rue Mondésir et oeuvre de l'architecte Henri Gilée. La chapelle Sainte-Françoise-d'Amboise date de 1876-1878 ;

l'institution Blanche de Castille (XXème siècle). Il s'agit à l'origine d'une fondation des Religieuses Ursulines de l'Union Romaine qui assure l'enseignement des jeunes filles. Leur monastère est contigu aux bâtiments visibles du boulevard Jules Verne. Les Ursulines, dont l'Ordre avait été créé en 1535 à Brescia par Angèle Merici (canonisée en 1807), se sont installées à Nantes dès 1627 [Note : " Le lundi Saint 29 mars 1627, le maire de la Ville de Nantes, Monsieur de l'Epinay de Harrouys, le Juge de la Prévôté, les Magistrats, les Notables, recevaient les voyageuses venues par la Loire de Saumur et d'Angers.... Elles étaient sept sous la direction de la Prieure Marguerite de Berty (âgée alors de 29 ans), dite de Sainte-Ursule et ancienne Prieure de Saumur "]. Les huit religieuses s'installent dans la maison de la Malvoisine (près de la Motte Saint-Pierre). Le 15 juin 1628, l'évêque Mgr. de Cospeau permet aux religieuses de " bâtir un monastère propre et commode sous bonne et sûre clôture ". L'autorisation royale leur parvient en 1629 et le 10 septembre 1630, elles s'installent dans le nouveau monastère. Après la Révolution, les religieuses élisent une Prieure, le 5 mai 1803, Mère Gabrielle Guery de la Vergne, et s'installent dans l'ancienne maison des Sulpiciens de Saint-Clément, qui devient alors le Monastère de Sainte-Ursule (dont l'implantation à Nantes est autorisée par le gouvernement de Charles X, en 1826). Un externat s'y ouvre en 1830. En 1832, les religieuses sont soupçonnées de protéger la duchesse de Berry. Une chapelle est construite en 1873. La fermeture du Monastère Sainte-Ursule est décidée le 15 juin 1906 (suite à la loi de 1904 qui supprime l'enseignement congréganiste). La maison de Sainte-Ursule est mise en vente en 1909 et se voit alors transformée en une caserne de pompiers. Après leur exil hors de France, les religieuses reviennent dès 1916 et achètent la propriété de la famille de la Tullaye en 1928 pour créer dès 1930 " l'Institution Blanche de Castille " (château, monastère et externat). L'Institution Blanche de Castille comprend actuellement : l'école Blanche de Castille (enseignement élémentaire et primaire) et le collège + lycée (assurant l'enseignement jusqu'en terminale) ;

le musée Jules Verne (XIXème siècle), situé sur la Butte Sainte Anne. La Butte Sainte Anne était primitivement occupée par des ermites. En 1622 un monastère de capucins s'y installe ; 

Ville de Nantes   Jules Verne de Nantes

le Jardin des Plantes (XIXème siècle). On y trouve le buste de Jean-Marie Ecorchard (1892-1983) et la fontaine Wallace (XIXème siècle), oeuvre de Le Serre (1895) et du sculpteur Charles Le Bourg. A signaler que le premier directeur du Jardin des plantes créé en 1688 par les maîtres apothicaires de la ville de Nantes, près de la Motte Saint-Nicolas, fut Joseph Cigongne de Nantes ;

l'ancienne caserne de Gendarmerie à cheval (1840), située aux n° 12-15 rue Menou et oeuvre des architectes Noisette et Diclin ;

le lycée Livet (1852-1870), situé rue Dufour et oeuvre de l'architecte Théodore Nau ;

le lycée Jules-Verne (1878-1880), situé rue du Général-Mensines et oeuvre de l'architecte Aristide Van Iseghem. Cet édifice est élevé à l'emplacement de la prison Neuve construite par F. Ogée et désaffectée en 1869 ;

le lycée technique (1881-1882), situé au n° 11 boulevard de Launay et oeuvre de l'architecte Antoine Demaget ;

le lycée Grusthau (1912-1931), situé rue du Boccage et oeuvre de l'architecte G. Guchet ;

le lycée Georges-Clemenceau (1886-1892), situé rue Georges-Clemenceau et oeuvre des architectes Antoine Demoget et Léon Lenoir. A signaler qu'à l'emplacement de l'ancien lycée impériale, aujourd'hui Clémenceau (au bas de la Motte Saint-Pierre), s'élevait jadis le séminaire de Nantes, entre le couvent des Minimes et le monastère des Ursulines. L'acte de fondation du séminaire fut rédigé au château de Chassay (maison de campagne des évêques de Nantes, située à Sainte-Luce) le 17 juin 1642 par l'évêque Gabriel de Beauvau (1635-1667), qui fit l'acquisition d'un terrain appartenant alors au sieur de la Renaudière depuis 1634 (ce terrain faisait partie, semble-t-il, de l'ancienne tenue dite "Malvoisine"). L'ouverture de l'établissement eut lieu en octobre 1649 sous la direction des Sulpiciens. Fermé en 1660, il est réouvert en 1670 ou 1671 par Gilles de la Baume Le Blanc (1668-1677), évêque de Nantes (Note : Coupperie des Jonchères en est nommé supérieur avec Etienne Poulain comme adjoint). Après la Révolution les bâtiments étaient occupés par le collège de la ville de Nantes. La chapelle et l'entrée des Ursulines sont réunis en 1808 aux bâtiments du Grand Séminaire pour former le lycée impériale. Pour réhabiliter le séminaire, Mgr Duvoisin, évêque de Nantes, jeta son dévolu, en 1807, sur l'ancienne maison Saint-Charles qui se trouvait près de l'ancien couvent des Chartreux. Là, allaient cohabiter deux institutions distinctes : le Petit et le Grand Séminaire. Vers la fin du XIXème siècle, est créé le séminaire des Couëts ;

le collège Saint-Stanislas (1860), situé rue Stanislas et oeuvre des architectes Henri Gilée et François Bougouin. La chapelle privée date de la fin du XIXème siècle ; 

l'école Notre-Dame. Cette école occupe un château édifié au XVIIIème siècle et surélevé en 1925. Le château se trouvait au lieu-dit l'Abbaye (lieu-dit qui rappelle l'existence d'un prieuré ayant appartenu, croit-on, aux bénédictins de Saint-Méen le Grand). Le château est édifié au XVIIIème siècle par la famille de Goyon (ou primitivement "Gouyon"), originaire de Condom (Gers) et qui en reste propriétaire jusqu'en 1858. Joseph de Goyon meurt en 1793 à " la maison de l'Abbaye ". A la famille Goyon (général de Goyon) succède en 1895 Adrien Langlois, propriétaire des forges de Basse-Indre et qui l'occupe jusqu'en 1925. Le fief de l'Abbaye s'étendait jusqu'à la "Croix Bonneau" et au "Repos de chasse" ; la seigneurie possédait plusieurs moulins, fours et pressoirs banaux ;

le groupe scolaire François-Dallet (1911), situé au n° 148 boulevard des Poilus et oeuvre de l'architecte Etienne Coutan ;

l'ancien collège Saint-Jean, aujourd'hui disparu. Il s'agit du plus ancien collège de la ville de Nantes, après celui de Melleray. Sa fondation remonterait à 1399. Les bâtiments avaient été agrandis en 1610. Après un arrêt du parlement de Bretagne, le 14 février 1655, la ville de Nantes vend le collège et la recette est utilisée à rebâtir le collège de Saint-Clément ;

l'ancien asile Sainte-Anne (1854-1858), situé au n° 12 rue Russeil et oeuvre de l'architecte Joseph Fleury Chenantais. Cet asile est tenu en 1854 par les Petites Soeurs des Pauvres ;

les bains-lavoirs (1855), situés Allée de la Maison-Rouge et oeuvre de l'architecte Henri Driollet. Ces bains sont ouverts en 1860 ;

l'ancienne manufacture des tabacs (1857-1865), située au n° 11 boulevard Stalingrad et oeuvre de l'architecte Joseph Fleury Chenantais ;

l'ancienne Caisse d'Epargne (1868), située au n° 12 rue de Strasbourg et oeuvre de l'architecte Gustave Bourgerel ;

la Synagogue (1870), située au n° 10, rue Copernic ;

les anciens ateliers Brissoneau (1870), situés au n° 1 rue Meurice ;

le bateau-lavoir (XIX-XXème siècle), situé sur l'Erdre ;

l'ancienne conserverie Saupiquet (fin du XIXème siècle), située boulevard de Stalingrad et rue Evelin. Arsène Saupiquet s'installe à Nantes dans la seconde moitié du XIXème siècle ;

la gare de Doulon (fin du XIXème siècle - 1910) ;

la mairie annexe de Chantenay (1904), située place de la Liberté et oeuvre de l'architecte Chauvin ;

la mairie annexe de Doulon (fin du XIXème siècle), située boulevard Louis-Millet et oeuvre de l'architecte Francis Leray ;

le pont de la Motte-Rouge (1880-1881), inauguré en 1886 seulement ;

le pont Aristide Briand (1966) ;

la tour de Bretagne (1976), oeuvre de l'architecte Claude Devorsine. Haute de 144 mètres, elle dispose de 16 000 mètres carré de bureau ;

l'ancienne usine LU (1905), située avenue Carnot et oeuvre de l'architecte François Bluyssen et du sculpteur François Perraud. Louis Lefévre-Utile, installé en 1885 quai Baco (île Gloriette), se lance dans la production industrielle de biscuits. Louis Lefèvre-Utile est le fils de Romain Lefèvre qui s'installe à Nantes en 1846 et d'Isabelle Utile. Cette famille est originaire de l'Est de la France (une maison de fabrication Lefevre-Utile existait déjà à Reims). La première usine, d'où sort le " Petit beurre Lu ", brûle en 1888. L'usine est alors reconstruite et porte alors le nom de " Manufacture Lefevre - Utile ". La tour de l'édifice, ornée d'un ange et surmontée d'un dôme à phare, est restaurée à la fin du XXème siècle ;

la Bourse du Travail (1911-1921), située rue Arsène-Leloup et oeuvre de l'architecte G. Guchet ;

les ateliers et chantiers de Nantes (1914-1918), situés au n° 2 boulevard Léon-Bureau et oeuvre de l'architecte René-Charles Ménard ;

la raffinerie Béghin-Say (1934-1950-1995), située au n° 45 boulevard Benoni-Goulin. Cette usine date de 1936-1950. Elle est détruite durant la Seconde Guerre mondiale et reconstruite en 1950 ;

le pont Saint-Mihiel (1913). Il remplace l'ancien pont Châteaubriant, au début simple passerelle construite en 1875 et refaite vingt ans après ;

le pont de Pirmil (1947). Du IXème au XIIIème siècle, on comptait à Nantes 6 ponts : Poissonnerie, Belle-Croix, La Madeleine, Toussaint, les Récollets, et Pirmil. Il faut attendre pourtant 1563 pour voir les premiers ponts de pierre. Le Pont de Pirmil n'a pas toujours porté ce nom sous sa forme actuelle. Il s'est écrit Pont de Pilemil ou Pilemy, puis Piremil ou Piremy et enfin Pirmil. Pil-Mil viendrait de Pila-Millaria (borne militaire). Il faut sans doute attribuer au IXème siècle et peut-être au règne d'Alain le Grand (879-907) la passerelle primitive lancée sur pilotis. La guerre de Succession de Bretagne étant terminée par le traité de Guérande en 1362, l'amiral Bouchard reçoit l'ordre de mettre en défense le pont et un château-fort est érigé dans ce but à la jonction des rues Saint-Jacques et Dos-d'Ane. En 1366, le pont est l'objet de rudes combats : il est assiégé et pris par les troupes de Bertrand du Guesclin. Au cours du XVIème siècle, le pont est emporté quatre fois, et la dernière (en 1564) alors que le roi Charles IX prépare son entrée à Nantes. Le pont est à nouveau sinistré en 1586, en 1651 et en 1711. En 1727, l'adjudication des travaux est remportée par l'ingénieur des Ponts et Chaussée M. Thevenon et l'entrepreneur Jean Lalliaud. Le pont s'effondra de nouveau en 1729. Une vie commerçante s'organise autour de Pirmil : " des maîtres cordiers exercent leur métier sur le pont moyennant 60 sous tournoys par an à la ville ". En 1772, suite à la reconstruction du pont, des droits étaient levés au profit du prieur de Saint-Jacques et de la ville de Nantes (Voir archives municipales). Le pont-levis n'existe plus en 1805, et trois arches ainsi que le tablier sont refaits en 1862. Dubuisson-Aubenay, le décrit ainsi en 1635 : " Le Pont est fort beau, assez large pour quatre grands chariots à passer de front et avec un beau parapet crénelé pour flanquer et batre (sic) sur la rivière ". Le Pont de Pirmil, édifié entre les XVIème et XVIIIème siècles, s'effondre dans la Loire le 26 mai 1924. Sur la partie la plus ancienne de l'ouvrage, des immeubles avaient surgi qui dureront jusqu'en 1924. Trois arches métalliques succèdent alors aux quinze arches de pierre d'autrefois, mais pas plus de 20 ans, puisqu'elles vont sauter le 12 août 1944. Le pont est reconstruit en octobre 1947 ;

Nantes : vue de Nantes au XVIème siècle

Vue de Nantes au XVIème siècle avec le pont de Pirmil.

l'ancienne forteresse de Pirmil, aujourd'hui disparue, remonte au duc Jean IV. Elle fut construite en 1365 sur l'ordre du duc Jean IV. L'édifice a servi de défense pour protéger les Nantais et les travaux de défense avaient été menés par l'amiral Nicolas Bouchard, seigneur de Kerbouchart et amiral de Bretagne. Dès son origine, cette citadelle fut érigée en capitainerie et le titulaire recevait une pension annuelle de 120#. Les habitants des faubourgs de Pirmil et de Vertais étaient chargés de fournir tous les jours un certain nombre d'homme pour le service de la forteresse et la ville subvenait à leur entretien en prélevant quelques droits à l'entrée des ponts. Le château construit en 1365 (ou 1366), est pris en 1381 par Du Guesclin, puis restitué au duc lorsque Jean IV fait amende honorable vis-à-vis du roi de France par le second traité de Guérande (4 avril 1381). Au XVIIème siècle, la municipalité, regardant comme une charge onéreuse la citadelle de Pirmil, où la milice bourgeoise fournissait une garde quotidienne, profita de l'arrivée du souverain, en 1614, pour en demander la démolition. Le gouvernement refusa mais en 1626 il permit le démantèlement. Depuis cette époque, les gouverneurs cessèrent d'y résider. Cette capitainerie ne constituait plus alors un commandement, c'était un titre purement honorifique, qui fut supprimé en 1789. La tour et les servitudes de Pirmil furent démolies en 1839 pour l'élargissement de la place et l'établissement d'une cale descendant à la Loire ; 

Nota : Les capitaines de la forteresse de Pirmil étaient : Messire Nicolas Bouchard, seigneur de Kerbouchart, amiral de Bretagne (en 1365). M. de La Barde (au XIVème siècle). M. Jean de Langle, écuyer (en 1402). M. Guillaume de Grantboays, maréchal de salle, écuyer et chevalier de la maison de Jean V (en 1423). M. Charles L'Enfant, écuyer, chevalier de l'ordre de l'Hermine (en 1440). M. Olivier Le Roux, trésorier-receveur général de Bretagne, membre du conseil ducal (en 1457). Monseigneur François de Bretagne, comte de Vertus et de Goëllo, baron d'Avaugour et de Clisson, capitaine du château de Nantes (en 1474). M. François Goheau (en 1476). M. Jean Charles Guesdon (en 1515). M. Claude de Laval, seigneur de Boisdauphin et de Théligny, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, capitaine du château de Nantes (en 1551). M. Jean de la Tour, écuyer, lieutenant du château de Nantes (en 1552). François de Daillon, seigneur de la Chartebouchère, connétable de Nantes, chevalier de l'ordre du roi (en 1560). M. Louis Thorres de Gastines (en 1580). M. Hercules de Rohan, duc de Montbazon, comte de Rochefort, lieutenant-général, grand veneur et pair de France, chevalier des ordres du roi (en 1598). M. le comte Henry de Rochefort de Montbazon, fils (en 1616). M. Armand Jean du Plessis, duc de Richelieu, cardinal, ministre, secrétaire d'Etat, chef du conseil du roi, surintendant général de la navigation et du commerce de France, maître de camp du régiment de la Marine (en 1632). M. Charles de La Porte, duc de la Meilleraye, seigneur de Parthenay, de Saint-Maixent, de Sillé-le-Guillaume et de Secondigny, maréchal et pair de France, grand maître de l'artillerie, chevalier des ordres du roi (en 1632). M. Armand Charles de La Porte-Mazarini, duc de Rethelois-Mazarin, de la Meilleraye et de Mayenne, prince de Château-Porcien, marquis de Montcornet, comte de la Fère et de Marlé, lieutenant général, grand maître de l'artillerie et pair de France, chevalier des ordres du roi (1643). M. Sébastien de Rosmadec, marquis de Molac, père, lieutenant général (en 1665). M. le comte Sébastien de Rosmadec, fils (en 1700). M. le comte Jean d'Estrées, père, vice-roi d'Amérique, grand-maître de l'artillerie, maréchal de France, capitaine des chasses du comté nantais, chevalier des ordres du roi (en 1702). M. le duc Victor Marie d'Estrées, fils, vice-roi d'Amérique, maréchal de France, capitaine des chasses du comté nantais, chevalier des ordres du roi, grand d'Espagne, membre de l'Académie française (en 1707). M. le duc Pierre de Montesquiou d'Artagnan, maréchal de France, chevalier des ordres du roi (en 1716). M. de la Ferronays (en 1718). M. Danuaux, lieutenant-colonel (en 1721). M. le marquis Louis de Brancas, lieutenant général, conseiller d'Etat ordinaire d'épée, grand d'Espagne, commandeur de l'ordre de Saint-Louis, chevalier des ordres de Saint-Esprit et de la Toison d'Or (en 1738). M. le duc Louis Paul de Céreste-Brancas, grand d'Espagne, chevalier du Saint-Esprit et de la Toison d'Or (en 1789). A mentionner aussi que, en 1696, M. Jacques Guérin, écuyer, seigneur de la Roche-Pallière était lieutenant du roi à Pirmil.

Ville de Nantes   Pirmil : origines et faits historiques  

l'ancien monument de Notre-Dame de Crée-Lait, qui abritait jadis une statue de la Vierge encadrée par celles de saint Gilles et de saint Lau. La croyance populaire prétendait que cette statue de Notre-Dame avait le pouvoir de donner du lait aux futures mères. Ce monument est détruit en 1867 ;

le Temple protestant (1956), situé place Edouard-Normand et oeuvre des architectes Victoire Durand - Gasselin - Frièse. Ce temple remplace celui édifié en 1854-1855 par l'architecte H. Driollet et détruit en 1943. La première pierre de l'ancien Temple est posée en 1853 et la dédicace a lieu le 25 mai 1855. Le troisième centenaire de l'Edit de Nantes y est célébré en 1898. L'édifice primaire comprenait un vestibule (surmonté de la tribune d'orgues), une salle de culte de forme octogonale, et des dépendances (sacristie, bibliothèque, …). Ce temple est détruit par les bombardements sur la ville de Nantes le 16 et 23 septembre 1943. Il est remplacé provisoirement de 1945 à 1954 par une modeste construction en bois (avec porche, salle de culte de 160 places et sacristie), édifiée dans le square de la place Edouard-Normand (à l'emplacement de l'ancien théâtre de la Renaissance détruit par un incendie en décembre 1911) et financée par les églises protestantes de Suisse [Note : ce nouveau lieu de culte protestant est consacré le 3 juin 1945]. La pose de la première pierre du nouvel édifice a lieu le 30 septembre 1956 et sa consécration officielle, le 26 octobre 1958 ;

l'ancien hôtel de Rochefort, situé jadis au coin de la rue Saint-Vincent. L'édifice est acquis le 23 mars 1456 par le duc Pierre II et son épouse Françoise d'Amboise pour y installer une communauté de Clarisses, avec l'assentiment du Pape Calixte III. Le monastère de Decize enverra plusieurs religieuses le 30 août 1457 pour prendre possession de l'édifice. L'édifice est transformé en prison de mars 1792 à janvier 1795. Les derniers vestiges disparaissent en 1897-1898. La chapelle contenait les dépouilles de deux fils de Mercoeur, François (en 1590) et Louis (en 1593), ainsi que l'enfeu de la famille d'Espinose ;

l'ancienne demeure de Plaisance. Il s'agit de la propriété du général Thareau, camarade de Cambronne. Blessé à la Moskowa, il mourut en 1812. Son épouse était une Boutillier. Leur fils, le baron Pierre Thareau, épousa, en 1823, Eulalie Bourgault-Ducoudray ;

la demeure du Petit-Chantilly ou de la Morlière. Ce fut la propriété des négociants Chancerel, Colas, Murphy et Dumaine. Patrick Murphy épousa Magdeleine Deurbroucq d'origine hollandaise. Ce bien passa aux Guisthau puis aux Demangeat ;

la demeure de La Choltière. Il s'agit de l'ancienne terre des familles Eon et Imbert de La Choltière, familles de Saint-Domingue. Elle est devenue la maison de campagne de la famille Decré ;

la demeure de La Sauzinière. Il s'agit de la propriété ancestrale de la famille Sesmaisons. Le domaine est vendu ensuite aux familles Jogues, puis Leray de Chaumont qui y héberge Franklin en 1778. C'est aujourd'hui le Grand Séminaire ;

la demeure de La Villa-Maria. Propriété, jadis, de la famille Priet qui la vend, au prix de 1 800 NF, au Département en 1831 pour en faire l'Ecole Normale d'Institutrice ;

la demeure du Mont Joyeux, située rue de la Distillerie et édifiée par la famille Monnier ;

la demeure du Mont Coguet, propriété successive des familles Caulnier, Filiol de Raymond, Turcaud ;

le domaine de La Porcherie, propriété de la famille Hallouin de La Pénissière. Ce domaine englobait jadis La Mulotière, Talence, La Barberie et La Pavotière. La Mulotière était la propriété de la famille Renault. Talence appartenait à Mgr Jacquemet. La Pavotière appartenait aux familles Grèvecoeur et Charrier ;

le domaine de la Mironnerie, ainsi nommé en souvenir de François Miron, sieur de Villeneuve, maire de Nantes (1578-1580) et général des Finances de Bretagne. Le domaine de La Mironnerie appartenait primitivement pour les deux-tiers, depuis 1624-1625, aux Oratoriens. Les visitandines, autorisées à venir s'installer à Nantes le 12 mai 1630 et qui viennent s'installer à Nantes le 19 juillet 1630, vont acquérir vers 1631 l'autre tiers disponible de la Mironnerie. L'ensemble sera acquis par ses dernières en 1631. Deux ailes entourées d'un parc composaient le logis. Les moniales y ajoutent une chapelle, ouverte en 1645, dont les murs sont encore visibles rue Dugast-Matifeux. Un nouveau monastère (avec quatre corps de logis en carré) y est édifié en 1654 par l'architecte Etienne Bedoy. Pendant la période révolutionnaire, l'édifice abrite une prison de femmes entre février et juillet 1793, puis un hôpital dit de l'Unité. Sous l'Empire, l'édifice deviendra caserne jusqu'en 1878, puis bibliothèque municipale de 1884 à 1900. Le corps Sud, dernier vestige de La Mironnerie, est démoli en 1883. Du monastère de 1654, il subsiste encore les trois façades intérieurs, percées de hautes fenêtres. L'ancien cloître comptait neuf travées et les arcades en anse de panier retombaient sur de courtes piles octogonales ; 

l'ancien domaine de la Mocquardière. La communauté de la Grande-Providence s'y installe en 1780. La chapelle date de 1816 ;

la demeure de La Close. Ancienne propriété des familles Porteau du Plessis, Cibot, Parangue et de Berthou ;

la demeure de La Gaudinière. Propriété, jadis, de la famille Bournay d'Aux dont une fille épousa le marquis Charles de Perrien, puis de la famille de banquiers Gouin, dont une fille épousa le banquier Brousset ; 

la demeure de La Chauvinière. Propriété de Mathurin Bellabre, maire de Nantes (1750). Cette terre passe ensuite aux de La Tullaye puis aux Juvenel ;

la demeure de La Boissière. Ce logis abritait jadis Lanouë-Bradefer, un compagnon d'armes de Henri IV. Cette seigneurie passe aux La Tullaye puis aux Sallentin après la Révolution. Jusqu'en 1943, le château de La Boissière subsistait avec sa tourelle. Tout l'espace est aujourd'hui loti ;

l'ancienne demeure de La Morhonnière (XVIème siècle), ancien rendez-vous de chasse des ducs de Bretagne. Il possédait jadis une tourelle hexagonale et une chapelle privée. Le plus ancien propriétaire connu se nommait Jean Grigonnaire (1532). On rencontre parmi ses successeurs, Guillaume Harrouys, parent de la marquise de Sévigné. Une procédure fut ouverte un peu avant 1723 contre Alexandre et Théodore Hallouin, frères, "comme suspects d'avoir participé à la fausse monnaie et fonte faite en leur absence dans leur maison de la Moronnière". Ce logis est démoli en mars 1960 ;

l'ancienne demeure de La Lombarderie. Elle fait place aujourd'hui à la Cité Universitaire. Il s'agissait de la résidence de la famille Lombard, puis des familles Mosneron et Guibourg de Luzinais ;

l'ancienne demeure de La Houssinière, une des anciennes résidences d'été pour les évêques tout comme Talence et Chassay ; 

l'ancienne demeure du Loquidy. Il s'agissait jadis d'une juridiction épiscopale qui relevait de la Psalette. Les familles Vallin et Audat en deviennent propriétaires durant la période révolutionnaire. C'est aujourd'hui une dépendance scolaire du collège Saint-Stanislas ;

la demeure de Tourneron, ancienne résidence du général Lamoricière qui la vendit en 1850 à la famille Drouet ; 

l'ancienne demeure de La Trémissinière (en Saint-Donatien), propriété jadis de la famille Charette. Ce logis reçut la visite de la duchesse de Berry le 30 juin 1828 ;

l'ancien château du Plessix-Tizon ou Plessis-Tison (en Saint-Donatien). Propriété des familles La Tullaye de Vaucouleurs, la Varenne, la Suze et Magnanne. Le château a servi de prison sous la Révolution (vers 1794). Une école libre est installée aujourd'hui dans l'ancien château ; 

l'ancienne demeure de l'Epéronnière (en Saint-Donatien). En 1480, la seigneurie dite de l'Eperonnière appartient au chancelier du Duc de Bretagne François II. Ce chancelier, Jean Chauvin, est l'ennemi juré du trésorier breton Landais qui est pendu le 19 juillet 1485. En 1516, Guillaume Chauvin, fils de Jean, vend le domaine au duc de Mercoeur. Les bâtiments servent de prison durant "la Terreur " en 1794, puis deviennent le siège de la commission militaire Lenoir, puis un hôpital (fermé par le directoire du district). Le domaine est vendu comme bien national en 1798 puis vendu par ses propriétaires d'alors aux "dames du Sacré-Coeur de Jésus" pour en faire un établissement religieux. Par la loi du 7 juillet 1904 (interdisant l'enseignement congréganiste en France), les soeurs durent abandonner leur établissement. Propriété du duc de Mercoeur (en 1594), de la famille Letourneux (ou Le Tourneux) de L'Eperonnière durant la Révolution. Le château a servi de prison sous la Révolution, puis d'hôpital des réfugiés. Sous Louis-Philippe, les Dames du Sacré-Coeur y édifient leur couvent (en 1836). La caserne Mellinet est établie dans l'ancien parc. A l'arrivée du 51ème RAC (51ème Régiment d'Artillerie de Campagne), le couvent prend le nom de Quartier Mellinet (Général français, 1798-1874). En 1923-1924, le régiment est dissous pour donner naissance au 355ème Régiment d'Artillerie Lourde Portée. Le Quartier Mellinet abrite en 1962, le Centre d'Instruction du Service de Santé (C.I.S.S.), puis à partir du 1er juillet 1986 le 9ème Régiment de Commandement et de Soutien (9ème R.C.S.) appartenant à la 9ème Division d'Infanterie de Marine (9ème D.I.M.A.) ;

l'ancienne demeure du Ranzay (ou jadis Ranziacum), situé en Saint-Donatien. Propriété jadis de la famille Chotard de La Loyrie et de Clairmont du Cellier, puis de la famille Lelasseur alliée aux Becdelièvre. La famille Vincent d'Indy l'a possédée longtemps ;

l'ancienne demeure du Fort. Propriété des familles Galbaud du Fort, Sallier du Pin, Chappotin. L'héritière Hélène Chappotin, religieuse, a légué ses biens à la Communauté dont elle est la fondatrice. Son buste figure au milieu du jardin du Fort ;

l'ancienne demeure de La Marière ou Marrière (en Saint-Donatien), située derrière l'Ecole des Poilus.  Cette propriété a servi de prison en 1793 (elle a contenu jusqu'à 163 prisonniers) ;

l'ancienne demeure de La Bottière. Il s'agit d'une terre anoblie en faveur de Pierre Raboceau, secrétaire du duc François II. C'est maintenant un centre de formation professionnelle ; 

l'ancienne demeure de La Colinière. Ancienne propriété des Charette de La Colinière ;

l'ancienne demeure du Boisbriant, ancienne "Folie" de la famille Cesbron ;

les anciennes demeures de La Closille et du Clos-sur-l'Eau. La Closille vit s'installer dans son parc, une fonderie, dirigée au XVIIIème siècle, par les Dacosta et plus tard par les Blount ;

l'ancienne demeure du Clos-sur-l'Eau, édifiée par l'architecte Rousseau. Les héritiers sont les Rousseau-Bloyet, puis les Duboueix et Pelloutier. Ces derniers vendent le logis à des Suisses protestants, les Favre-Petitpierre ;

l'ancien manoir de Lusancay. Il s'agit, sous la Terreur, d'un lieu de détention des Anglais, prisonniers de guerre. Pendant la Révolution, le manoir est réquisitionné pour servir de prison (l'amiral Duchaffault ou Du Chaffault de Besné, qui commandait en 1778 l'avant-garde de la flotte française à la bataille d'Ouessant et qui fut emprisonné à Lusançay en 1793, y trouvera la mort pendant sa captivité). Un incendie détruit le logis en 1848. Au bas de l'avenue de Lusancay existait jadis une chapelle dédiée à la Vierge. A signaler qu'en 1777, l'île d'Indret est retenue pour l'installation d'une fonderie de canons, et l'intendant de la Marine Royale se voit confier la surveillance du cours du fleuve. Un souterrain est alors édifié entre le manoir de la Hautière et une tour d'observation, appelée tour de Luzançay et détruite en 1910 ; 

l'ancien manoir de Michel Ragaud, situé au n° 14 de la rue de la Hautière. Parmi les nombreux propriétaires citons Guillaume Boislève (XVème siècle), René Lespervier, les Du Houlle, Pierre Charette (en 1587), Prégent de Kermeno, la marquise de La Tullaye, Michel Ragaud (en 1608), Carre ou Carré de Lusançay, Saint-Pern (au XIXème siècle). Abandonné, l'édifice est ensuite acquis et restauré par la ville de Nantes. Au cours des fouilles entreprises en 1860, on découvrit, semble-t-il, un atelier de faux monnayeurs ;

l'ancien manoir des Bourderies (XVIème siècle), aujourd'hui disparu ;

l'ancien hôtel du Bois-Jouan, situé jadis dans la rue des Pénitents. Propriété successive des Carcouët, l'abbaye de Blanche-Couronne, la Chartreuse de Nantes, les Lépervier, les Gallery, les d'Avaugour, de l'Onglée, Huteau, Le Meneust, etc ... A côté des Pénitentes, se trouvait l'hôtel du Bois-Jouan. Cet hôtel existe encore en partie vers 1900, entre la rue des Pénitentes et la rue Strasbourg. Avançant dans la première de ces rues, il en a conservé l'ancien alignement. La partie qui nous en reste en 1900 doit être celle qui a été reconstruite au commencement du XVIIIème siècle par messire Pierre le Meneust, seigneur des Treilles et du Bois-Briand, en Doulon, président de la Chambre des Comptes. Dans son aveu de 1722, le propriétaire du Bois-Jouan mentionne en effet, une première maison, puis un « second corps de logis faisant aujourd'hui partie de la maison cy-dessus, et y composant un double appartement sur le derrière, vers les Dames religieuses pénitentes, qui fut autrefois une petite maison appartenant au sieur Jean Guy, ensuite à M. des Burons Huteau, et depuis audit sir président des Treilles, qui depuis les vingt ans derniers l'a fait rebâtir, pour les deux maisons n'en faire qu'une où il est présentement demeurant ». Ce ténement était, depuis les temps les plus anciens, le plus important du quartier. Grâce à son importance, les titres qui le concernent ont été conservés en assez grand nombre pour qu'on puisse reconstituer son histoire. La maison du Bois-Jouan prit ce nom au XVIème siècle, des seigneurs du Bois-Jouan, en Saint-Mars-de-Coustais. L'emplacement qu'elle occupe appartenait, en 1329, à Pierre Gas et Philippe, sa femme, qui l'échangèrent avec Jannot de Carcouet et Janne, sa femme. Le fonds en comprenait, avec la maison, des courtils, vergers et autres choses, « situés entre le herbergement ès Nonains de Saint-Cir et la maison Fory, aboutant au chemin par où l'on va du manoir des Cordeliers aux moulins Coutans, d'un chef, et à la Herrodière, le mur entre deux ». Dans son aveu de 1381, Jehannot de Carquoet le dit situé entre « le herbergement de la priouresse du Bourg des Moustiers, la maison Jehan Galopin et celle à Gouesmat ». De Jehannot de Carcoet, le logis passa à Olivier son fils, qui avait pour curateur Geffroy de la Chapelle. Vendu en 1413 à Perrot Mallivier, charpentier, et en 1424 à Pierre Chohel et Jouhane sa femme, ce ténement fut aussi possédé en 1451 et 1470 par les religieux de l'abbaye de Blanche-Couronne, et la maison porta pendant quelque temps le nom de cette abbaye. En 1495, les Chartreux vendirent, à leur tour, « la maison vulgairement appelée la maison de la Blanche-Couronne », qu'ils possédaient au moins depuis 1473. Elle appartenait, en 1500, à Rolland de Scliczon, qui fut seigneur d'Orvaut (Orvault), et, en 1505, à Charles Lespervier (Lépervier), seigneur de la Verrière et écuyer tranchant de la reine et duchesse Anne de Bretagne. Le mariage de Jehanne (Note : Elle est aussi appelée Thomine dans plusieurs copies H. 355, 309 ; H. 340) Lespervier, fille de Charles, avec André Gallery, seigneur du Bois-Jouan, en fixa la possession dans la famille de ces seigneurs de 1540 à 1594, année où Marguerite Gallery, dame du Bois-Jouan, y mourut. La maison du Bois-Jouan fut vendue en 1600, pour 12.000 livres, par les enfants de l'écuyer Melchior de Vaudray, héritier de Charles Lespervier, par représentation de sa fille Jeanne, à Jan Verdier, seigneur des Pontreaulx, maître des Comptes et Olive le Peletier son épouse. Jean Verdier étant mort en 1602, sa veuve épousa noble homme Etienne Le Franc, maître des Comptes, et laissa le Bois-Jouan à sa fille Marie Le Franc. Le 16 juin 1620, « Messire François Thevin seigneur de la Durbelière, conseiller du Roi en ses conseils d'Estat et privé, maître des requestes de son hostel », époux de Marie Le Franc, le revendit, pour 12.150 livres, à Messire Louis d'Avaugour. A la mort de Louis, sa veuve, Anne Descartes, l'échangea, en 1650, avec ses frères Pierre et Charles d'Avaugour, qui le vendirent, le 25 août 1651, pour 14.000 livres, à noble homme François de Montulé, seigneur de l'Onglée. Gabriel de Machecou, sgr. de Vieillevigne, époux de Renée d'Avaugour, le retira, le 21 mars 1652, par retrait lignager, pour 14.860 livres, sur le sieur de l'Onglée, et le vendit le 4 avril 1653, pour 15.830 livres, à Messire Jacques Huteau chevalier, seigneur des Burons, conseiller du Roi en ses conseils et président de la Chambre des Comptes. A la mort de Jacques Huteau, il passa à autre Jacques Huteau, seigneur des Burons, fils du précédent, et de dame Charlotte Thevin, et aussi président de la Chambre des Comptes. Ce dernier, époux de Catherine Simon, étant mort en 1678, laissa pour héritier son frère Jean, sgr. de Quervené, et, par suite de cette mort, seigneur des Burons. L'hôtel du Bois-Jouan passa alors dans une autre famille, mais continua d'appartenir à un président de la Chambre des Comptes. Par adjudication du 3 décembre 1691, il fut cédé à Pierre le Meneust, sir des Treilles, qui le reconstruisit. En 1767, il appartenait à Simon Pierre Le Meneust, chevalier, seigneur du Bois-Jouan. A la suite de l'hôtel du Bois-Jouan venait « la maison du Petit-Bois-Jouan ». En 1732, cette maison faisait « le coin de la rue Garde-Dieu et de celle par laquelle on va des Cordeliers au Port-Communeau ». La maison avait une dépendance de l'autre côté de la rue Garde-Dieu, près du jardin de la commanderie de Saint Jean. Son nom suffit pour indiquer qu'elle avait été démembrée de l'immeuble principal du Bois-Jouan. En 1722, elle appartenait, par adjudication du 20 novembre 1694, à Pierre le Meneust, chevalier, sir des Treilles et de Bois-Briant, qui la réunit ainsi à l'hôtel principal. Elle resta dans cette famille jusqu'en 1770. Le 31 août de cette année, Dame Jeanne-Marguerite Lemeneust, veuve de Messire Nicolas Modeste Grout, chevalier, sir de Belesme, capitaine de vaisseau de la Compagnie des Indes, la vendit à écuyer Jacques-René-Félix Lelièvre, sir du Saussay, auditeur honoraire à la Chambre des Comptes, qui en rendit aveu à la prieure de Saint-Cyr (Archives départementales, H. 354 et 355), en 1780 (G. Durville) ;

le lieu-dit "La Garde", ancien siège de la potence près du Chêne de la justice. En ce lieu se déroulait jadis de nombreux duels, ceux de Meuris et de Noury, du marquis de Maubreuil, Laisant-Halgan, Cotton, Cossin, de James Lloyd et Ecorchard, etc ... ;

l'ancienne tenue de Bloinville. Cette tenue est acquise en 1729 par les dames de Saint-Charles, alias Carolines (association charitable fondée vers 1685 par Mlle de La Bourdonnaie de Bratz, rue du Chapeau-Rouge, pour instruire et recueillir des orphelines). Une chapelle est édifiée en 1741. L'enclos est agrandi dès 1755. L'école comptera plus de 400 élèves en 1782. Sous la Révolution, l'édifice devient l'hôpital de la Cordialité. Au début du XXème siècle, l'évêché y transfère le grand séminaire. Une école professionnelle fondée par Eugène Livet (1820-1913) succède au séminaire ;

l'ancien hôpital Notre-Dame-hors-les-murs ou Saint-Clément. Il s'agissait de la plus ancienne maison de charité de Nantes. Elle accueillait les malades, les pèlerins, les pauvres et les infirmes. Une annexe dans la rue Saint-Donatien avait été réservée aux pestiférés dès le XVème siècle. En 1487, cet hôpital Saint-Clément est, en partie, détruit par les troupes françaises. Réparé, on y accueille, au XVIème siècle, les malades de la vérole qui sont ensuite transférés à l'aumônerie de Toussaints. A signaler que l'aumônerie de Toussaints avait été fondée par le Duc Charles de Blois en 1362 et se trouvait située jadis à l'extrémité de la rue Grande Biesse [Note : cette aumônerie, gérée par deux prévôts élus par une confrérie de laïcs au XVème siècle, ferma en 1656]. Réaménagé, l'ancien hôpital Saint-Clément devient un collège en 1557. En effet, le 29 juillet 1555, il est décidé d'y installer le collège Saint-Clément et le premier principal est l'abbé Pierre Bintin, recteur de La Couyère. En 1625, l'administration du collège est confiée à l'Oratoire ; 

le cimetière de Miséricorde (1793). Il est agrandi en 1810, 1830 et 1848. Il tient son nom d'une chapelle détruite en 1809. Cette dernière aurait été construite en souvenir de trois chevaliers nantais vainqueurs d'un dragon, qui vivait dans une forêt très proche de Sautron ;

l'ancienne léproserie Saint-Lazare, située jadis rue des Hauts-Pavés. L'hôpital se trouve à l'abandon en 1569 et ses biens passent ensuite à l'Hôtel-Dieu. En 1672, les biens deviennent la propriété de l'ordre de Saint-Lazare et du Mont-Carmel ;

l'ancien immeuble de Bon-Pasteur. Une communauté religieuse est établie en 1693 ou 1694 par une demoiselle Gaudin, lingère nantaise, et un diacre, Barbot de La Perrinière, dans le but de procurer un asile aux filles repenties. La fondation officielle a lieu le 12 juillet 1703 et les lettres patentes d'agrément datent de janvier 1771. En août 1793, l'édifice devient une prison pour femmes (700 pensionnaires en 1794). Le Bon-Pasteur, évacué en janvier 1795, redevient sous le Directoire une prison pour les prêtres devant être déportés. Suite à sa vente en 1821, l'édifice devient une filature à coton et la chapelle est transformée en magasin ;

l'ancien hôtel Chardonneau (1827), édifié par Séheult et Guillemot et aujourd'hui disparu (vers 1943). L'édifice a abrité successivement la Société des beaux-arts, le Cercle des Sports et la Belle-Jardinière ;

l'ancien hôtel Henri IV, situé entre la rue Racine et la rue Voltaire. Il est fondé par une société tontine et s'ouvre en 1788. Le général Léchelle y meurt le 12 novembre 1793. L'hôtel est vendu en 1874 ;

l'ancien hôtel des Dervallières (XVème siècle), situé jadis rue de Verdun. Dépendant de la seigneurie des Dervallières, ce manoir à tourelle avait appartenu à Françoise de Dinan, comtesse de Laval, qui le donna en 1454 à François de Cardonne, général des Finances de Bretagne. L'édifice devient ensuite la propriété d'Anne de Cardonne, épouse de Philibert Tissart, puis de Claude Tissart. Cet hôtel sert quelques temps d'auberge, à l'enseigne de la "Belle Image". L'édifice est acquis ensuite par Jeanne Taillandier, épouse du maire de Nantes, Mathieu André, sieur de Champeau, au prix de "4 482 écus d'or au soleil et un tiers d'écu" . La ville de Nantes se porte ensuite acquéreur en 1578 pour en faire l'Hôtel de ville. Des travaux de restauration sont menés en 1606, sous le mandat du maire Claude de Cornulier (1605-1607) ;

l'ancien hôtel de Briord. Pierre Landais, trésorier du duc de Bretagne François II, le construit en 1434 et s'y installe en 1473. Par la suite, sa fille Françoise l'Espervier, dame de La Bouvardière, en prend possession et le vend peu après à Lanoue Bras de Fer, devenu seigneur de Briord. Ce dernier y accueillera Anne de Bretagne, âgée de 11 ans, après la mort de son père, tandis que les troupes du roi de France font le siège du château en 1487. Pendant longtemps cette demeure logera des hôtes illustres comme la reine de Navarre en 1538, Mercoeur en 1582, ... A signaler que les Jésuites habitèrent la rue de Briord de 1671 à 1776, date de leur expulsion. Ces derniers y édifièrent une chapelle ;

l'ancienne maison Mérot (XVIIIème siècle), située près de la Place Royale. Le 30 juin 1811 y mourut à 89 ans l'architecte J. B. Ceineray. L'édifice a servi aussi de siège à la commission Bignon, instituée le 14 décembre 1793 par Bourbotte, Prieur de la Marne et Turreau ; 

l'ancien manoir du Plessis-Gautrot (en Chantenay), aujourd'hui disparu. Siège d'une terre appelée Plessis-Gautrot, ancien fief des Rohan. Il appartient à Louis Bretineau en 1679 et aux Goyon en 1857 ;

l'ancien manoir de la Hallée (en Chantenay), aujourd'hui disparu. Cette terre dépendait du Bois de la Muse. Après avoir été la propriété de Mathurin Crucy, il passe entre les mains des Pelloutier, puis des Paneton, qui le cèdent aux dames Oblates qui s'y fixent en 1887 ;

l'ancienne maison des Renardières, aujourd'hui disparue. Siège de la terre des Renardières qui comportait beaucoup de vignobles, comme il est mentionné dans des aveux faits en 1630 par Blanchard de L'Esongère au roi Louis XIII. La demeure appartient en 1679 à N. Bourgogne, au XIXème siècle aux familles Ogereau, puis Pilon, et au XXème siècle à la famille de Saint-Julien ;

l'ancien manoir de Chézine. Siège de la seigneurie de Chézine (ou Chézines), en Chantenay, vassale de la sénéchaussée de Nantes. Aveux du Domaine et Manoir de Chézines, rendus par Jean de Henleix, Jean de Machecoul, époux de Jeanne de Henleix, et Gilles de la Lande, sieur de la Clartière, de Chézines et du Pressoir (Archives départementales, E. 390, 1460-1575). A signaler que le Pressoir et la seigneurie de Chézine sont vendus, après la mort de Charles de Montauban, à René Foucault, lequel possédait les domaines voisins de Launay et de La Hunaudaie. Après la mort de ce dernier, le 22 octobre 1641, tous ces biens rentrèrent en possession de sa fille Anne, qui épousa son cousin germain François Bonnier, seigneur de La Chapelle-Coquerie ;

l'ancienne demeure de la Durantière (en Chantenay), aujourd'hui disparue. Siège de la terre de la Durantière, qui appartient en 1679 aux seigneurs de ce nom. Propriété en 1746 et 1774 de Jean Stapleton, comte de Terves, puis, en 1857, de la famille Goldemar ;

l'ancienne demeure de Grilleau ou Grillau ou Griau (en Chantenay), aujourd'hui disparue. Le manoir datait du XVIème siècle. Siège d'une seigneurie de Grilleau, ayant appartenu en 1428 à Jean Le Boursier, en 1678 à Gabrielle Giraud, veuve de René de Montbourcher, en 1680 à Gabriel Michel, en 1774 à Jean Michel. Le domaine est vendu comme bien national aux enchères le 30 juillet 1791, pour une somme de 70.200 livres, à un nommé Tourgouilhet de La Roche. En 1847, la propriété appartient à la famille Le Roux de Commequiers des Ridelières ;

l'ancienne demeure du Vigneau (XVIème siècle). La terre du Vigneau, qui s'étendait sur Saint-Herblain et Chantenay, dépendait de la seigneurie de la Musse : cette terre avait un château édifié en 1593, et appartenait en 1679 à Michel des Moulins, sieur de Cheviré. L'ensemble composé de pavillon, chapelle fuie et dépendances, ceint de hauts murs, fut aussi le domaine des Mellient, puis des La Tullaye ; 

les premières halles, dont Henri III autorise la construction en 1582, sont bâties sur la Place du Bouffay en 1628, incendiées en 1718 puis refaites. Les halles, datées de 1786 et situées jadis entre les rues du Couédic et La Pérouse, sont l'oeuvre de Crucy. De forme rectangulaire (40 mètres sur 16 mètres environ), l'édifice était divisé en trois nefs et comportait un premier étage qui a abrité la bibliothèque municipale de 1806 à 1881. L'édifice disparaît en 1882 pour faire place à l'hôtel des postes ;

l'ancien atelier monétaire du Bouffay. La Monnaie menaçait ruines dès 1800. Il fallut l'évacuer en 1818 puis la démolir en 1820-1822. L'établissement est alors transféré rue Voltaire. La nouvelle construction de l'hôtel de la Monnaie commencée en 1821, rue de Penthièvre, est achevé en 1825. Suite à l'ordonnance royale du 16 novembre 1837, on va cesser de battre monnaie à Nantes et la Monnaie de Nantes est fermée le 1er Janvier 1838. Les lieux sont alors occupés en 1842 par le tribunal de première instance et la cour d'assises. En 1871 (suite à l'inauguration d'un nouveau palais de justice, le 2 mars 1851), l'école des Sciences (remplacée plus tard par l'institut de droit et l'Ecole supérieure de commerce) s'installe dans le côté Sud et le Museum dans la partie Nord de l'édifice ;

l'ancienne prison du Bouffay. Point central de la ville rebâtie après l'incendie de 1118, le château du Bouffay restait non seulement la place d'armes et l'arsenal, mais devint encore lieu de réunion des divers gouvernements, administrations et corporations. Le premier Palais de Justice est établi au Bouffay en 1477 et les prisons occupées alors les chambres bases du château. La tour de l'horloge, édifiée de 1661 à 1663, est détruite en 1848 (décision prise lors de la séance municipale du 19 mars 1848). Sur la place du Bouffay se dressait jadis une potence (de 1642 à 1764), et un pilori, planté en 1552, puis reconstruit en 1642 (ce dernier disparut vers 1848) ;

l'ancienne aumônerie de Toussaints (ou Toussaint), fondée le 27 avril 1362 par Charles de Blois et son épouse Jeanne de Penthièvre, pour les pèlerins qui se rendent vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Cette aumônerie sert aussi d'hôpital. Le duc Charles crée, pour régir l'aumônerie, une association charitable, la " noble confrérie de Toussaints ". Des rois, comme François Ier (en 1532) puis Henri IV (en 1598), approuvent ses statuts. Faute de ressources suffisantes, l'aumônerie tombe par la suite sous l'emprise de l'hôtel-Dieu, qui l'absorbe complètement en 1656. La confrérie va survivre et la chapelle deviendra succursale de Sainte-Croix, jusqu'en 1790. L'aumônerie est démolie en 1824 et la chapelle utilisée comme étable à boeufs en 1846. Les dernières traces disparaissent vers 1897 ;

Ville de Nantes   L'aumônerie de Toussaint

l'ancienne Maison de Sainte-Marie-Madeleine, dite des Pénitents ou Pénitentes et aujourd'hui disparue. Cette Maison est fondée par un missionnaire diocésain René Lévêque, et/ou par Marguerite Leroy, veuve de François Bienvenu, en 1671. Cette Maison possédait une chapelle avec son cimetière ;

Ville de Nantes   L'ancien établissement des Pénitentes ou Maison Sainte-Marie-Madeleine  

l'ancienne Chambre des Comptes (XVIIIème siècle). Cette Chambre des Comptes se trouvait initialement à Vannes, Redon, Auray, puis Muzillac, .... avant que la duchesse Anne fixe son siège à Nantes, à l'hôtel de La Suze, par un mandement du 5 février 1495. Ce n'est, en fait, qu'en 1501, sur ordre de Louis XII que la Chambre arrive de Vannes pour s'installer dans l'édifice des Cordeliers. Un terrain est acquis, en 1508, entre la rue des Caves et l'Erdre, et un hôtel bâti sous les règnes de François Ier et de son fils (1515-1543). L'édifice menace ruine au XVIIIème siècle et il est évacué en 1762. Un nouveau édifice est construit dès l'an 1763 par l'architecte Ceineray (dont les plans retouchés par l'Académie d'Architecture, reçurent l'approbation en 1762). Les sculptures sur pierre sont l'oeuvre de Robinot-Bertrand, et ceux sur marbre sont l'oeuvre de Sébastien Leysner. Après la suppression de la Chambre des Comptes, l'édifice héberge les bureaux du département et du district, plus tard ceux de la préfecture. La salle des procureurs est remise en état en 1961-1962. Le 15 juin 1944, une bombe vient détruire le fronton principal ;

Ville de Nantes   Les léproseries du comté et diocèse de Nantes

Ville de Nantes   Les aumôneries et hôpitaux du comté et diocèse de Nantes

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ANCIENNE NOBLESSE de NANTES

Le comté de Nantes : Comme Rennes, Nantes cité d'origine gallo-romaine fut enlevée à l'empereur Louis-le-Débonnaire par le roi breton Nominoë, au milieu du IXème siècle. Ce prince s'empara également du pays de Retz, c'est-à-dire de la partie actuelle de la Loire-Inférieure, au sud de la Loire, et il l'annexa au pays nantais situé au nord de cette rivière. Toutes ces conquêtes furent ratifiées par Charles-le-Chauve en faveur du roi Erispoë successeur de Nominoë. Cent ans plus tard, lorsque les Bretons eurent chassé les envahisseurs normands et reconquis leur pays, il se forma en Bretagne quatre grands comtés, gouvernés par autant de comtes respectivement indépendants, qui, tout au plus consentaient à reconnaître l'un d'eux pour chef de la nation sous le nom de duc, sans que cette reconnaissance ôtât rien à l'indépendance de chacun d'eux dans l'administration et dans les limites de son comté. C'étaient les comtes de Nantes, de Rennes, de Cornouaille et de Léon (De la Borderie, Géographie féodale de la Bretagne, 170). Le libérateur des Bretons, le vainqueur des Normands en 937, Alain Barbe-Torte, comte de Nantes, fut d'abord salué par tous comme chef et duc de Bretagne. « Après avoir chassé les Normands de Nantes, Alain rétablit l'ordre dans la ville et restaura la cathédrale et les fortifications. Il fit aussi une nouvelle répartition des fiefs ; il partagea la ville et ses droits de tonlieu (droit de vente sur les marchandises) en trois parts, l'une pour lui, l'autre pour l'évêque, la troisième pour les barons » (De la Borderie. La Bretagne aux grands siècles du moyen-âge, 21). Après la mort d'Alain Barbe-Torte en 952, une longue lutte s'éleva entre les comtes de Nantes et de Rennes, mais elle se termina à l'avantage de la maison de Rennes qui, au commencement du XIème siècle, sous le duc Geoffroy Ier, arriva à une prépondérance incontestable. Toutefois, si Rennes devint ainsi la capitale du duché de Bretagne, Nantes n'en conserva pas moins une grande importance et devint même au XVème siècle la demeure ordinaire des ducs. L'histoire des premiers comtes de Nantes, aussi bien que celle de Geoffroy Ier et de ses successeurs au duché de Bretagne, fait partie de l'histoire générale de la province et nous n'avons pas à la raconter. Après l'union de la Bretagne à la France en 1532, nos rois jouirent du comté de Nantes, comme en avaient joui nos ducs et cet état de choses dura jusqu'en 1789. Les limites du comté de Nantes étaient : à l'ouest, l'Océan depuis Bourgneuf jusqu'à l'embouchure de la Vilaine ; – au nord, le cours de la Vilaine depuis son embouchure jusqu'à Saint-Ganton, puis de là une ligne conventionnelle séparant le pays nantais du pays de Rennes, allant de Saint-Ganton à Juigné, donnant à Nantes la grande paroisse de Fougeray et laissant Bain, Teillay et Châteaubriant au comté de Rennes ; — à l'est une autre limite conventionnelle allant de Juigné à Montrelais, touchant Vritz et Saint-Mars-la-Jaille ; — au sud enfin le cours de la Loire depuis Montrelais jusqu'au Cellier ; là commençait le pays de Retz dont la limite extrêmement contournée descendait jusqu'à Boussay, Vieillevigne, Legé et Saint-Etienne-de-Mer-Morte pour gagner l'Océan près de Bourgneuf. Il faut remarquer que l'étendue du comté nantais n'était pas tout à fait la même que celle du diocèse de Nantes. Six paroisses de la baronnie de Châteaubriant faisaient en effet partie du comté de Rennes, tout en se trouvant sous la juridiction de l'évêque de Nantes. De plus dix-sept paroisses de la province d'Anjou, comprises dans le diocèse de Nantes, ne faisaient partie ni du comté nantais, ni même de la Bretagne (De la Borderie, Géographie féodale de la Bretagne, 96). Outre la ville de Nantes entrant en grande partie dans le domaine proche du comte, ce prince possédait les châtellenies de Guérande, du Gâvre, de Loyaux et de Touffou, et plusieurs petits fiefs aux environs de Nantes ; il y avait même quelques manoirs peu importants, comme le Verger en Couëron où mourut François II et la Touche à la porte de Nantes où décéda Jean V. Du comte de Nantes relevaient de grandes seigneuries : les duchés-pairies de Retz et de Coislin, les baronnies d'Ancenis, de la Roche-Bernard, de Pontchâteau et de Derval, la vicomté de Donges, les marquisats de Blain, d'Assérac, Fougeray, de Goulaine, de la Galissonnière, les regaires de l'évêché de Nantes, etc., etc. La première demeure connue des comtes de Nantes fut le château du Bouffay. Il fut bâti au Xème siècle au confluent de la Loire et de l'Erdre et formait un quadrilatère défendu à chaque angle par une tour ; cette forteresse subsistait encore au commencement de notre siècle. Dans les premières années du XIIIème siècle Guy de Thouars, mari de la duchesse Constance de Bretagne, construisit un second château plus à l'Est de la ville mais comme le Bouffay au bord de la Loire. Le duc Jean IV y fit faire en 1367 des agrandissements considérables ; on l'appela la Tour-Neuve et il conserva ce nom jusqu'à ce qu'en 1466 1e duc François II l'eut remplacé par le magnifique château qu'acheva sa fille la bonne duchesse Anne et que nous admirons encore. C'est ce château de Nantes qui faisait Henri IV s'écrier en le voyant : « Ventre Saint-Gris! Mes cousins les ducs de Bretagne n'étaient pas de petits compagnons ! ». Le vaste édifice est un modèle d'architecture du XVème siècle ; on y trouve notamment dans la façade du logis ducal un des plus beaux spécimens de l'art si riche et si décoratif qui distingue les constructions de l'époque. La ville de Nantes était au moyen-âge défendue par des fortifications importantes, dont les murailles et les tours venaient rejoindre le Bouffay et la Tour-Neuve. Ces fortifications furent complétées au XIVème siècle par la construction en 1365 d'une troisième forteresse appelée Pirmil, élevée à l'entrée des ponts bâtis sur la Loire. Cette citadelle de Pirmil fut démantelée en 1626 et démolie en 1839.

 

La seigneurie de Grilleau ou Grillau ou Griau s'étendait entre le Plessis de la Musse et les Dervallières. Le plus ancien de ses possesseurs connus est Jean le Boursier en 1428. De 1680 à la Révolution, ce domaine appartient à la famille Michel. Gabriel Michel (1635-1689), fils d'un marchand de drap, se fait banquier et épouse Françoise d'Espinose. La seigneurie de Grilleau englobait jadis Procé et les Folies-Chaillou. Sur le territoire de Grilleau se trouvait aussi le prieuré bénédictin de Sainte Catherine, dépendant de l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé. Christophe du Bois (1486) en est le prieur en 1486. Le manoir de Grilleau (XVIème siècle) a aujourd'hui totalement disparu. 

 

La seigneurie de la Hunaudais ou Hunaudaye possédait une justice qui s'étendait sur Pilleux, la Fournillière et les Bourderies. Elle dépendait de la juridiction de Saint-Herblain et avait haute, moyenne et basse justice sur Pilleux et La Fournillière. Cette seigneurie a appartenu longtemps aux Tournemine, avant de passer par vente, en 1532, dans les mains de Jean de Plédran, seigneur de Launay. Le 22 octobre 1641, René Foucault décéda, laissant La Hunaudaie et Launay et les domaines de La Hautière et du Plessis-la-Musse à son cousin germain François Bonnier, seigneur de La Chapelle-Coquerie.

 

La châtellenie de Sesmaisons : La noble famille de Sesmaisons est sans contredit une des plus anciennes du comté nantais. Jean Ier de Sesmaisons suivit, avec son frère Hervé, Pierre Mauclerc à la Croisade. A son retour de Terre-Sainte, en 1250, comme il ne s'était sans doute pas enrichi dans cette expédition lointaine, un riche prêtre nantais, Normand de Marchillé, lui donna par testament et à titre d'aumône (Dedit post decessum suum in puram eleemosinam Johanni de Suis Domibus civi Nannetensi et ejus hoeredibus - Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 244) « tout ce qu'il possédait en vignes, maisons, terres arables, prés, rentes, etc., dans le fief de l'archidiaconé de la Mée, au lieu de la Sauzinière dans la paroisse Saint-Similien de Nantes, pour être partagés entre les héritiers dudit de Sesmaisons, par portions égales ; et sans les pouvoir vendre à jamais ni engager qu'à ceux de sa famille. La Sauzinière depuis ce temps c'est point sortie de la famille de Sesmaisons, et le premier partage qui en fut fait se fit par moitié entre le fils dudit Jean de Sesmaisons et sa fille Bonne de Sesmaisons, femme d'Olivier Annet, sous l'autorité et du consentement de Thébaud, archidiacre de la Mée, du fief duquel tous les biens légués ressortissaient » (Travers, Histoire de la ville et du comté de Nantes). Les généalogistes donnent la succession non interrompue des seigneurs de Sesmaisons à partir de ce Jean Ier de Sesmaisons, seigneur dudit lieu et de la Sauzinière, vivant au XIIIème siècle et marié à sa parente Macée de Sesmaisons (Généalogie de la maison de Sesmaisons, imprimée en 1844). La terre de Sesmaisons et sa juridiction se trouvaient dans la paroisse Saint-Sébastien de Nantes ; la famille de Sesmaisons en prit le nom ou lui donna le sien. Nous verrons plus loin qu'à cette seigneurie de Sesmaisons furent unies celles de la Sauzinière et de Portechaires pour former en 1650 la châtellenie de Sesmaisons. David Ier de Sesmaisons, fils de Jean Ier, succéda à son père ; Grand bailli d'Anjou en 1293, il épousa : -1° Marguerite de Champigny, -2° Olive de Thouaré. Olivier de Sesmaisons, seigneur dudit lieu, son fils, s'unit en 1299 à Agnès de Derval et reçut en 1331 une sauvegarde de Philippe VI, roi de France (Inventaire des titres du château de Nantes, 497). Ce seigneur de Sesmaisons plaida de 1331 à 1335 contre l'évêque de Nantes au sujet de la mouvance de ses fiefs (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, III, 57). Vinrent successivement ensuite Jean II de Sesmaisons marié en 1337 à Agnès de Rougé ; leur armoiries se trouvaient jadis dans l'église Saint-Similien de Nantes — Guillaume Ier de Sesmaisons, époux de Philippote Le Vayer, l'un des compagnons à la guerre du connétable Olivier de Clisson et en 1386 caution de l'évêque de Nantes (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, II, 101, 102, 173, 203, 206, 208, 246, 254 et 522) — et Robert de Sesmaisons qui s'unit en 1401 à Louise de Goulaine et rendit aveu le 24 août 1405, à l'évêque de Nantes pour son fief du Blotereau en Doulon (Archives de Loire Inférieure, G23). Robert de Sesmaisons mourut te 2 février 1425, laissant ses seigneuries à son fils Gilles Ier qui, le 15 octobre 1427, rendit aveu au duc de Bretagne pour son fief de Sesmaisons en Couëron. Ce Gilles Ier de Sesmaisons épousa : -1° en 1427 Béatrice du Chastellier, -2° en 1438 Catherine de Clérembault. Jean III de Sesmaisons, fils du précédent et fruit de sa première union, s'unit en 1450 à Thomasse de Muzillac ; il devint chambellan de Pierre II duc de Bretagne et rendit aveu en 1461 à l'évêque de Nantes pour ce qu'il possédait en Thouaré. Ecuyer du duc de Bretagne dès 1452, il fut en 1474 fait prisonnier de guerre et ce duc paya sa rançon en considération des services qu'il lui avait rendus. Jean III de Sesmaisons décéda le 31 août 1480 et eut pour successeur son fils, Guillaume II de Sesmaisons, qui fournit en 1481 le minu des fiefs du défunt et épousa Marguerite de Goulaine veuve de lui en 1499 (Archives de Loire Inférieure, B, Couëron). Jacques de Sesmaisons, encore mineur à la mort de son père, hérita de ses seigneuries ; il s'unit, le 20 août 1512, à Anne Eder de Beaumanoir, qui devenue veuve en 1532, se retira à la Berrière, manoir en la Chapelle-Bassemer. Il eut pour successeurs l'un après l'autre, ses trois fils Christophe, François et Jacques. Christophe Ier de Sesmaisons fit hommage au roi, le 6 octobre 1539, et lui rendit aveu le 7 juin 1563 pour sa terre de Sesmaisons (Archives de Loire Inférieure, B1007) ; mais n'ayant eu que des filles de son mariage avec Françoise de Bréhant, il céda à François, son frère puîné, en 1561 la terre seigneuriale de la Sauzinière et en 1564 celle de Sesmaisons (Généalogie de la maison de Sesmaisons). François de Sesmaisons fit, hommage au roi pour ces deux seigneuries le 26 novembre 1565 (Archives de Loire Inférieure, B1008). Il épousa d'abord en décembre 1560 Marguerite Poyet, veuve de René Chéminart, seigneur du Chalonge, et plus tard Françoise Fergeon. En 1578, il donna à son tour à un autre frère cadet, Jacques de Sesmaisons, ses terres et seigneuries de Sesmaisons et de Portechaires (d'après M. de Cornulier, la seigneurie de Portechaires en Saint-Sébastien appartenait dès 1452 à Jean III de Sesmaisons - Dictionnaire des terres nobles du Comté nantais, 232) et Jacques en fit hommage au roi le 19 décembre de cette année-là (Archives de Loire Inférieure, B, vs 1012). Toutefois ce Jacques de Sesmaisons mourut probablement sans postérité, car Sesmaisons et Portechaires vinrent après lui, en 1593, aux mains de son neveu Christophe II de Sesmaisons, fils de François et de Marguerite Poyet. Christophe II ne conserva pas Sesmaisons qui appartenait en 1608 à Michelle de Sesmaisons, femme de César des Vaux, baron de Levaré. Mais le 16 juin 1645 Bertrand et Charles des Vaux, fils de ces derniers, cédèrent Sesmaisons à leur parent Claude de Sesmaisons, fils de Christophe II et de Françoise de Lesrat. Marié dès 1634 à Barbe Le Bigot, Claude de Sesmaisons, seigneur dudit lieu, avait été reçu la même année maître à la Chambre des comptes de Bretagne ; en 1659 il devint chevalier de l'Ordre du roi. René de Sesmaisons, fils des précédents, fit hommage au roi, le 24 janvier 1673, et lui rendit aveu le 6 novembre 1680, pour ses seigneuries de Sesmaisons et de Portechaires (Archives de Loire Inférieure, B1009). Il contracta deux unions, d'abord dès 1668 avec Judith Huteau puis avec Guyonne des Champsneufs (Archives de Loire Inférieure, B1226). Il mourut en 1686 et fut inhumé « sous la pierre tombale de Sesmaisons, vis-à-vis l'autel de la sainte Vierge » en l'église Saint-Similien. Charles de Sesmaisons, issu du premier mariage de René, qualifié marquis de Sesmaisons, se maria également deux fois : -1° en 1701 à Cécile du Pé d'Orvault, -2° en 1705 à Julie Le Pennec. Il décéda le 27 avril 1730 à l'âge de 53 ans ; sa veuve mourut elle-même âgée de 64 ans, le 28 décembre 1749 (Archives communales de Nantes, G, G57 et 362). De la seconde de ces unions naquit un fils, Claude-François de Sesmaisons, qui épousa en mars 1743 Marie-Gabrielle de la Fontaine-Sollart. Lieutenant-général des armées du roi, il fit en 1774 hommage à S. M. pour sa châtellenie de Sesmaisons et mourut en 1779 (Archives de Loire Inférieure, B1052). Cette vieille seigneurie de Sesmaisons appartint en dernier lieu au fils des précédents, Claude-François-Donatien, comte de Sesmaisons, marié en 1778 à Renée de Goyon de Vaudurant, émigré pendant la Révolution et décédé en 1804 (Généalogie de la maison de Sesmaisons).

La châtellenie de Sesmaisons consistait surtout en fiefs s'étendant autour de Nantes, principalement dans les paroisses Saint-Similien, Saint-Sébastien et Saint-Donatien de cette ville, mais aussi dans quelques autres paroisses voisines, telles que Chantenay, Couëron et Saint-Herblain. Elle était ainsi constituée en 1440 et 1570 (Archives de Loire Inférieure, B1008). Il y avait même en la paroisse de Lavau un fief de Sesmaisons avec haute justice, uni dès 1586 à la seigneurie du Chastellier en Bouée et relevant comme cette seigneurie de la vicomté de Donges (Archives de Loire Inférieure, E451). Les fiefs de Sesmaisons en Chantenay, Couëron et Saint-Herblain furent également aliénés vers la fin du XVIème siècles, et la seigneurie de Sesmaisons ne se composa plus ensuite que du fief de Sesmaisons et Portechaires en Saint-Sébastien et Saint-Donatien et du fief de la Sauzinière en Saint-Similien. Le 5 mars 1651 furent publiés au prône de la grande messe paroissiale de Saint-Sébastien d'Aigue (aujourd'hui Saint-Sébastion de Nantes), près Nantes, des lettres patentes de Louis XIV données par ce roi en faveur du seigneur de Sesmaisons « portant érection en chastellenie de ladite juridiction de Sesmaisons, des Haute et Basse Portechèzes et de la Sauzinière, avec pouvoir audit seigneur de Sesmaisons de prendre qualité de chastelain et de soy faire servir à ce titre ; luy accordant fourches patibulaires à quatre piliers, banc et accoudoir près et au costé gauche du grand autel de l'église parochiale de Saint-Sébastien » (Archives de Loire Inférieure, E3444). Il ne semble pas que ces lettres patentes du grand roi « données à Compiègne en 1650 et signées Louis avec sceau de cire verte » (Archives de Loire Inférieure, E3444), aient été enregistrées en Bretagne ; nous ne les avons pas du moins retrouvées, ni dans les registres du Parlement, ni dans ceux de la Chambre des comptes ; mais il est fait mention en 1664 des démarches que faisait alors Claude de Sesmaisons pour obtenir leur vérification par cette dernière Chambre. La châtellenie de Sesmaisons, érigée en 1650, se composa donc de deux seigneuries distinctes unies par le roi : Sesmaisons-Portechaires et la Sauzinière, disons quelques mots de chacune d'elles. 

-1° Sesmaisons et Portechaires. — Ces deux noms dans les vieux actes féodaux paraissent toujours ensemble, ne désignant qu'un seul fief ; c'était une haute justice relevant directement du roi en sa cour de Nantes. Cette juridiction s'exerçait aux derniers siècles sous le chapitreau de l'église paroissiale de Saint-Sébastien ; ses fourches patibulaires s'élevaient « és communs de Jouellin » près de Morteruelle (Revue de l'Ouest, Mémoires, XV, 138) ; elle s'étendait surtout en Saint-Sébastien et un peu en Saint-Donatien. Entre autres droits seigneuriaux, celui de quintaine sur les nouveaux mariés de la paroisse Saint-Sébastien appartenait au sire de Sesmaisons. Une réformation du fief de Sesmaisons en 1769, faite par ordre de Claude-François de Sesmaisons, nous apprend que ce fief consistait surtout en rentes d'argent, d'avoine et de seigle, de chapons et de poules, et d'un certain nombre de barriques de vins. Portechaires ou Portechèzes, anciennement Port-des-Chaires Portus Cathedrarum, faisait à l'origine partie des Régaires de l'évêque de Nantes et figure à ce titre dans la charte de Louis le Gros, en 1123. C'est au village de Portechaires que s'élevait le manoir seigneurial de Sesmaisons ; il en est encore fait mention dans l'Aveu de 1634 en ces termes : « Partie de l'hostel dudit lieu de Sesmaisons sittué au village de Port-de-Chesres, ditte paroisse de Saint-Sébastien, consistant en deux chambres haulte et basse, ung pressouer au costé, ung petit jardrin au derrière, dans lequel y a une fuye à pigeons » (Archives de Loire Inférieure, B, Nantes, v. Saint-Sébastien). Evidemment ce n'était plus là qu'un dernier débris du manoir primitif de Sesmaisons ; mais ce texte a son importance puisqu'il nous prouve l'existence de cette maison noble depuis longtemps disparue. Dans les Aveux suivants de la seigneurie de Sesmaisons il n'est point parlé de manoir et cette seigneurie ne consiste plus qu'en un fief sans aucun domaine. 

-2° La Sauzinière. — Nous avons relaté les origines de cette terre noble. Les sires de Sesmaisons y construisirent un manoir qu'ils habitèrent pendant plusieurs siècles, mais qu'ils vendirent en 1781 à François Jogues, secrétaire du roi (Dictionnaire des terres nobles du comté nantais, 260). La seigneurie de la Sauzinière relevait en grande partie de l'archidiacre de la Mée et pour quelques portions de l'archidiacre de Nantes. Elle jouissait d'une haute justice s'étendant en la paroisse Saint-Similien de Nantes. Néanmoins Claude de Sesmaisons reçut en 1669 de là part du Chapitre de Nantes une assignation à comparaître à l'audience du Présidial de Nantes pour se voir condamné à retirer le banc fermé et armorié qu'il avait fait placer dans le choeur de l'église Saint-Similien, du côté de l'évangile, les chanoines de Nantes étant patrons et présentateurs de la cure de Saint-Similien et l'église dudit lieu se trouvant dans leur fief. Nous ignorons ce qu'il advint de cette chicane, — qui explique peut-être pourquoi les lettres d'érection de la châtellenie de Sesmaisons ne furent pas enregistrées, — mais nous savons qu'on voyait du temps de l'abbé Travers les armoiries des sires de Sesmaisons dans les verrières de l'ancienne église de Saint-Similien et qu'ils y avaient un enfeu devant l'autel de Notre-Dame. Le seigneur de Sesmaisons avait aussi le droit de faire ses vassaux du fief de la Sauzinière, nouvellement mariés, courir la quintaine à Saint-Similien. Le domaine proche de la Sauzinière comprenait en 1779 : le manoir de la Sauzinière avec ses galeries, cours, chapelle, colombier, jeu de paume, etc. —  les trois étangs du Parc, de l'Islot et des Grenouilles — un moulin à eau et deux moulins à vent — des vignes et une métairie, etc. (Archives de Loire Inférieure, G116). Les sires de Sesmaisons possédèrent aussi en 1680 les terre et seigneurie de Malville en la paroisse de ce nom et les manoirs de Bellanton et de la Patouillère en Saint-Similien et Orvault ; mais tous ses biens ne semblent pas avoir fait partie de leur châtellenie de Sesmaisons. L'ancien manoir de la Sauzinière est remplacé à la fin du XIXème siècle par une habitation moderne propriété de M. Le Lasseur.

 

La baronnie de Porteric ou Portric ou Porterie : Bâti aux portes de Nantes et naguère dans la paroisse de Saint-Donatien de cette ville, Porteric ou le Porteric, comme on disait jadis est un manoir fort antique. « C'était, dit M. Maître, une ancienne terre épiscopale mentionnée dans la charte de Louis VI sous le nom latin de Porteriacum, mise en culture à l'époque gallo-romaine et située dans la vallée de l'Erdre au milieu de chênes séculaires » (Géographie histoire de la Loire-Inférieure Ier 465). Comment ce domaine ecclésiastique fut-il aliéné ? Nous n'en savons rien, mais il était en 1286 devenu la propriété de Jean de Châteaubriant, puîné de l'importante maison de Châteaubriant (De Cornulier, Dictionnaire des terres du comté nantais. — Ce Jean de Châteaubriant était peut-être le petit-fils du baron Geoffroy IV et le fils de Jean de Châteaubriant, seigneur des Roches-Baritaud). De Jean Ier de Châteaubriant, seigneur de Porteric, naquit un fils portant le même nom, qui épousa vers le milieu du XIVème siècle Marie de Montrelais, fille de Renaud sire de Montrelais. Jean II de Châteaubriant et Marie de Montrelais, seigneur et dame de Porteric, eurent deux enfants Jean et Marguerite. Ce Jean III de Châteaubriant, sire de Porteric, s'unit à Marie du Sens (alias du Vuissent) veuve de lui en 1399 (Archives de la Loire Inférieure, B. v. Saint-Julien de Concelles. — Marie du Sens se remaria avec Bouchard de l'Isle, seigneur de Touarcé) ; elle lui donna deux garçons Désiré et Jean de Châteaubriant, décédés l'un et l'autre sans postérité ; leur succession fut recueillie par leur tante Marguerite (Du Paz – Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 673). Marguerite de Châteaubriant, devenue ainsi dame de Porteric, avait épousé d'abord vers 1376 Thébaud Anger, seigneur du Plessis-Anger, puis après son décès, Edouard de Rohan, fils cadet de Jean vicomte de Rohan ; elle mourut le 18 avril 1414. De son premier lit sortirent, entre autres enfants, Jean et Marguerite Anger. Jean Anger, seigneur du Plessis-Anger et de Porteric, maria en 1416 sa soeur Marguerite Anger à Louis de la Motte, fils aîné et héritier présomptif de Robert de la Motte, seigneur de Bossac ; la jeune femme reçut en dot « quatre cents livres de rente assises par son frère Jean Anger sur la terre de Porteric estimée lors six vingts dix livres de rente, et autres terres » (Du Paz – Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 658). Plus tard Louis de la Motte et Marguerite Anger devinrent seigneur et dame de Bossac et de Porteric ; cette dame mourut veuve le 17 juin 1436 (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne II 214 et 1298). Isabeau de la Motte, leur fille aînée, apporta Porteric à Geoffroy du Perrier, seigneur de la Roche d'Iré, qu'elle épousa avant 1412 ; c'était le fils de Jean du Perrier, sire de Quintin ; elle survécut à. son mari et ne décéda que le 16 juin 1474. Dix-neuf ans avant sa mort Isabeau de la Motte avait marié l'une de ses filles, Mathurine du Perrier, à Jean Tournemine, seigneur de la Guerche, fils cadet du sire de la Hunaudaye. « La lettre du contract de ce mariage, dit du Paz, est datée du 28e jour de janvier 1455, selon la computation moderne ». Le sire de la Hunaudaye assigna à Jean Tournemine 600 livres de rente assises sur la terre de la Guerche au pays de Retz ; de son côté, la dame de la Roche d'Iré « donna et bailla à sa fille le lieu, manoir, domaine, terres et richesses du Porteric, ô toutes ses appartenances et dépendances, tant en maisons, jardins, terres arables et non arables, prez, vignes, pastures, communs, rentes par deniers, bleds, seigles, avoines. gelines, corvées, fermes, dismes, moulins, vins, coustumes, et tous droits de juridiction, appartenant à la dite dame és paroisses d'Orvault, Chantenay, et Saint-Donatien et ailleurs, généralement et entièrement sans rien en retenir ny réserver » (Du Paz - Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne 164). [NDLR : Les seigneurs de Porterie ou Porteric fondèrent une chapelle privative " sur neuf quartiers de vignes entiers dans la pièce des Nouettes de Portric, valant environ soixante livres … servie par Messire Yves Mivy " (Voir le procès verbal de la visite de Messire Antoine Binet)]. Jean Tournemine et Mathurine du Perrier, seigneur et dame de la Guerche et de Porteric, décédèrent l'un vers 1473, l'autre en 1504 ; ils laissèrent deux fils François et Raoul qui leur succédèrent l'un après l'autre, dans leurs seigneuries. L'aîné François Tournemine, « grand voyageur en son temps », ne contracta point, en effet, d'alliance et vint se reposer de ses longues pérégrinations dans son manoir de Porteric, où il mourut le 30 octobre 1529, âgé de soixante et douze ans ; il fut inhumé en l'église conventuelle des soeurs Clarisses de Nantes. Son frère Raoul Tournemine hérita de ses biens (Du Paz - Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne 165). Marié à Marguerite Caillon, ce dernier eut également deux fils René Tournemine, seigneur de la Guerche et de Porteric, et Pierre Tournemine, seigneur de Campzillon. En 1541, René Tournemine reçut des aveux en qualité de seigneur de Porteric, mais il céda cette terre à son frère Pierre Tournemine qui jouissait de Porterie en 1549 (Archives de Loire-Inférieure B 1008, E 516). Ce Pierre Tournemine, baron de Campzillon, embrassa le protestantisme et mourut en 1580. Il est probable que Porteric fut vendu vers cette époque ; l'acquéreur fut Geffroy Drouet, seigneur de Langle, élu premier maire de Nantes en 1564 et mari de Marguerite Pesneau. Celui-ci prit alors le titre de seigneur de Porteric (Livre doré de l'Hôtel de Ville de Nantes, I, 129), mais à sa mort cette terre passa aux mains d'un de ses héritiers Guillaume Belon qui la vendit en 1594 à Marie de Beaucaire, veuve de Sébastien de Luxembourg, duc de Penthièvre et vicomte de Martigues ; cette dame fit hommage au roi pour une portion de la seigneurie de Porteric en 1595 (Archives de Loire Inférieure, B1012 et 1015). La duchesse de Penthièvre ne conserva pas longtemps Porteric ; elle le revendit dès 1599 à Guillaume Bernard, receveur général des finances de Bretagne, qui fit hommage au roi pour cette terre le 8 janvier 1600 (Archives de Loire Inférieure, B1015). De son mariage avec Françoise Hus, Guillaume Bernard laissa un fils, nommé Gabriel, qui prit comme lui le titre de seigneur de Porteric. Ce Gabriel Bernard fit hommage au roi en 1628 pour Porteric, en son propre nom comme au nom de ses soeurs, leur père étant alors défunt (Archives de Loire Inférieure, B1009). Peu de temps après, les terre et seigneurie de Porteric furent vraisemblablement mises en vente de nouveau et achetées cette fois par une famille qui les conserva plus longtemps que les dernières. Elles furent acquises par Michel d'Espinoze, président au Parlement de Bretagne et seigneur des Renaudières, et par Jeanne Gazet, sa femme. Dès 1640 Michel d'Espinoze obtint du roi l'érection en baronnie de la seigneurie de Porteric. Michel d'Espinoze, fils des précédents, baron de Porteric et reçu en 1654 conseiller au Parlement de Bretagne, vint habiter le manoir de Porteric ; il épousa Bonne de Renouard, fille de Jean-Jacques de Renouard, comte de Villayers. De cette union naquit Bonne-Elisabeth d'Espinoze mariée à Gabriel-Sébastien de Rosmadec, seigneur du Plessix-Josso. Cette dame jouissait en 1720 de la baronnie de Porteric, qu'elle laissa en mourant, en 1735, à son fils Michel-Anne de Rosmadec, marquis de Goulaine. Celui-ci épousa l'année suivante Marie Le Fèvre d'Ormesson, dont il eut Germain de Rosmadec décédé sans alliance dès 1750. Le marquis de Goulaine, baron de Porteric, eut la douleur, de survivre à son fils et à sa femme décédée en 1771 ; il mourut lui-même en 1786 (Suppl. à la Généalogie de la maison Cornulier - éd. de 1847, p. 129). La succession du marquis de Goulaine fut recueillie par des parents collatéraux et la baronnie de Porteric échut à Charles-Paul-Augustin, marquis d'Espinoze, qui vint habiter le vieux manoir et qui dut en être le dernier seigneur (Archives de Loire Inférieure, E610). Erigée en baronnie par le roi, en 1640, en faveur de Michel d'Espinoze président au Parlement de Bretagne, la seigneurie de Porteric relevait en sa plus grande partie de la baronnie de Châteaubriant (Archives de Loire Inférieure, C1189) et pour quelques portions seulement du duc de Bretagne puis du roi sous leur domaine de Nantes. C'était une haute justice s'étendant principalement en trois paroisses : Saint-Donatien de Nantes, Orvault et Chantenay. Les documents nous manquent pour décrire en détail cette seigneurie et son domaine. Mais à la fin du XIXème siècle encore le manoir de Porteric, propriété et habitation de la famille Le Lasseur de Ranzay, conservait bien son cachet de vieille résidence seigneuriale ; son vaste portail d'entrée, sa chapelle, sa cour murée, ses hautes futaies rappellent d'anciens souvenirs, tandis qu'à côté s'élève l'église moderne d'une paroisse nouvellement créée sous le nom de Saint-Joseph de Porteric.

 

Le marquisat de La Muce ou Le Bois-de-la-Muce : De l'antique seigneurie de la Muce-Ponthus furent distraits les fiefs de la Muce en Chantenay et de la Muce en Couëron ; on y adjoignit les deux manoirs seigneuriaux du Plessix et du Bois en la paroisse de Chantenay et du tout fut formée une châtellenie érigée au XVIIème siècle d'abord en baronnie, puis en marquisat. Parlons d'abord de ces deux terres avant leur union.

 -1° Le Bois appelé plus tard le Bois-de-la-Muce. — Cette seigneurie appartenait en 1456 à Guillaume Chauvin, premier président de la Chambre des Comptes, chancelier des ducs Pierre II et François II, chevalier de l'Hermine, victime de la haine du trésorier Landais et mort en 1481 dans la prison du château de Vannes. Il avait épousé Catherine Le Fauché (Revue hist. de l'Ouest, XII. Documente, 28) dont il eut Jean Chauvin marié en 1459 à Françoise de la Muce, dame dudit lieu. Pierre Chauvin, fils de ces derniers, fut à la fois seigneur du Bois et de la Muce-Ponthus, aussi bien que ses trois fils Jean mort en 1537, Jacques décédé en 1542 et Bonaventure qui rendit aveu au roi pour sa seigneurie du Bois en 1543 (Archives de Loire Inférieure, B1008).

-2° Le Plessix appelé plus tard le Plessix-de-la Muce. — Jean Tournemine possédait en 1409 le Plessix en Chantenay, mais dès 1428 nous trouvons cette terre entré les mains du sire de la Muce (De Cornulier, Dictionnaire des terres du comté nantais, 203). Les seigneurs de la Muce-Ponthus, que nous connaissons, la conservèrent jusqu'à Bonaventure Chauvin. Celui-ci, qui prit en 1572 le nom de Bonaventure de la Muce, obtint la même année du roi l'union de ses deux seigneuries le Bois et le Plessix et leur érection en châtellenie sous le nom du Bois-de-la-Muce. Mais son fils David Ier de la Muce vendit ses terres en 1593 à Jean de la Tullaye, seigneur de la Jaroussaye, qui en rendit aveu au roi en 1595. Toutefois la famille de la Muce ne tarda pas à rentrer en possession du Bois et du Plessix pour lesquels Sara du Bouays, douairière de la Muce, fit hommage au roi en 1617 au nom de son fils David II de la Muce banneret dudit lieu (Archives de Loire Inférieure, B1009). Peu de temps après les sires de la Muce-Ponthus perdirent définitivement le Bois et le Plessix. Ce fut David II de la Muce qui vendit ces seigneuries, le 13 juin 1623, à François Le Porc, seigneur de la Porte de Vezins (François Le Porc céda en échange du Bois et du Plessix sa terre seigneuriale de Villeneuve en Nort que David de la Muce annexa à la Muce-Ponthus) ; mais neuf jours plus tard, le 22 juin, François Le Porc rétrocéda le Bois et le Plessix, moyennant 60 000 livres à César duc de Vendôme : or ce prince déclara immédiatement n'avoir fait cette acquisition qu'au profit de Jean Blanchard, seigneur de Lessongères (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de Laillé). Ce dernier d'abord avocat et notaire à Nantes, puis maire de cette ville en 1611, devint plus tard premier président de la Chambre des comptes de Bretagne. Il épousa : -1° en 1597 Jeanne Rioteau, -2° en 1601 Madeleine Fruyneau, -3° en 1640 Marie de Sesmaisons (Kerviler, Bio-bibliographie bretonne. III, 358). Il laissa de son second mariage César-Auffray Blanchard, premier président aux Comptes après lui et créé en 1660 marquis du Bois-de-la-Muce. Celui-ci épousa Catherine de Bruc, qui donna le jour en 1640 à Charles Blanchard, tenu sur les fonts baptismaux par le maréchal duc de la Meilleraye. Charles Blanchard fit en 1673 hommage au roi pour le marquisat du Bois-de-la-Muce (Archives de Loire Inférieure, B1009) et lui en rendit aveu en 1679. Il épousa Françoise Le Moyne dont il eut Jean Blanchard, marquis du Bois-de-la-Muce après lui, marié à Nantes, le 11 août 1711, à Reine Pelaud de la Villaubina (Archives communales de Nantes, II 253). Ce dernier seigneur mourut le 31 juillet 1725, laissant sa veuve tutrice de plusieurs jeunes enfants. L'aîné de ceux-ci Jean-Baptiste Blanchard, émancipé en 1734 et marquis du Bois-de-la-Muce, épousa successivement : -1° Thérèse de Bruc, -2° Françoise du Bot, et -3° Marguerite de Mont de Gaurault (Archives de Loire Inférieure, E662). Président à mortier au Parlement de Bretagne, il décéda le 8 décembre 1780, ne laissant que des filles. Par lettres du mois d'août 1572 Charles IX voulant récompenser Bonaventure Chauvin, seigneur de la Muce, unit en une seule haute justice les fiefs de la Muce en Chantenay et de la Muce en Couëron (le fief de la Muce en Couëron avait été donné en partage vers 1549 à Claude Chauvin femme de François Blanchard, seigneur de la Blanchardaye, et leur fils Charles de la Blanchardaye le possédait en 1560. Mais Bonaventure de la Muce parvint à le reprendre) ainsi que les deux juridictions du Plessix-de-la-Muce s'étendant en Chantenay et Saint-Herblain, et du Bois-de-la-Muce s'exerçant seulement en Saint-Herblain. Le roi érigea ensuite le tout en châtellenie ; mais ces lettres royales ne furent enregistrées qu'en 1598 à la Chambre des comptes de Bretagne (Archives du Parlement de Bretagne, 8e reg. 151 – Archives de Loire Inférieure B65). Au siècle suivant Jean Blanchard, seigneur de Lessongère, ayant acheté la seigneurie de Port-Launay en Couëron et la partie en Saint-Herblain des seigneuries de la Hunaudaye et de la Haye-Mahéas, demanda au roi leur annexion à sa châtellenie du Bois-de-la-Muce. Louis XIII y consentit et non seulement décréta cette union des fiefs, mais érigea le tout en une seule seigneurie portant le titre de baronnie du Bois-de-la-Muce. Les lettres, données à ce sujet par le Roi à Paris en août 1644, furent enregistrées le 17 février 1645 par la Chambre des Comptes de Nantes (Archives de Loire Inférieure, B78). Enfin, peu de temps après, Louis XIV donna en faveur de César-Auffray Blanchard, baron du Bois-de-la-Muce, de nouvelles lettres patentes, datées du mois de septembre 1651 et enregistrées à la Chambre des Comptes de Bretagne le 23 juin 1660 ; par ces lettres le Roi érigeait en marquisat la baronnie du Bois-de-la-Muce (Archives de Loire Inférieure, B78). Le marquisat nouvellement créé se composait de huit principaux fiefs : la Muce-en-Chantenay, la Muce-en-Couëron, Sesmaisons-en-Chantenay, la Hunaudaye-en-Saint-Herblain, le Bois, le Plessix, la Bouvardière et la Haye-Mahéas-en-Saint-Herblain. Tous ces fiefs relevaient de toute antiquité directement du duc puis du roi, sous leur domaine de Nantes ; ils formaient une haute juridiction exercée au bourg de Saint-Herblain « avec cep et collier, poteau et écusson, auditoire, geole et conciergerie audit bourg, et fourches patibulaires à quatre pots de pierre, assises entre ledit bourg et le manoir du Bois » (Déclaration du Bois-de-la-Muce en 1738). Du Bois-de-la-Muce relevaient un grand nombre de seigneuries et de juridictions, parmi lesquelles nous noterons la Joliverie en Saint-Herblain, dont le propriétaire devait au sire de la Muce « une paire d'éperons dorés et un gant senestre pour porter oiseau » — et la Bourgonnière, aussi en Saint-Herblain, sur laquelle il était dû, chaque année, un gâteau de froment (Déclaration du Boie-de-la-Muce en 1634). De son côté le marquis du Bois-la-de-la-Muce tenait du roi la propriété de l'Isleneuve en Chantenay, à charge de fournir à chaque fête de saint Jean-Baptiste au Domaine de Nantes « une paire d'éperons dorés, appréciés 40 sols » (Archives de Loire Inférieure, B15). Il appartenait au seigneur du Bois-de-la-Muce « un droit de quintaine par terre et par eau : sçavoir par terre ès paroisses de Chantenay, Saint-Herblain et Couëron ; et par eau sur les habitants du Port-Launay. Lesquelles quintaines tous les nouveaux mariés èsdits fiefs doibvent, courir ; à faute de quoi faire et rompre leurs lances, ils sont chacun d'eux amendables d'un septier d'avoine, oultre les frais de justice ». Deux foires avaient été créées en faveur du seigneur du Bois-de-la-Muce en 1643 : l'une au bourg de Saint-Herblain le 18 avril, l'autre au Port-Launay à la Saint-Luc (18 octobre) ; plus tard on y ajouta un marché à Saint-Herblain et une foire à Chantenay. Le même seigneur avait un droit exclusif de passage sur la Loire, du Port-Launay au Pellerin et du Pellerin au Port-Launay, et aussi de Port-Maurice à Bouguenais et à l'arche de Gigan. Il jouissait encore d'un droit sur la sortie des foins des grandes vallées, îles et prairies de Couëron, de Chantenay et de Saint-Herblain. Ce droit consistait dans les fiefs de la Muce « en deux deniers monnoie par charretée de foin et une esselée de foin qu'on tire à la charrette pendant qu'elle passe sur la chaussée » ; hors de ces fiefs en Couëron il était dû « un sol tournois par charretée avec pareille quantité de foin qu'on tire à la charretée comme ci-devant est dit » ; enfin en Chantenay et Saint-Herblain, on devait « quatre deniers monnoie par charretée de deux boeufs sortant de la vallée d'Aindre, oultre une brocquée de foin qu'on tire à la charrette pendant qu'elle passe sur la chaussée » (Aveux du Bois-de-la-Muce). Il était encore permis au même seigneur de mettre dans certaines vallées de Chantenay et de Saint-Herblain « tout le cours de l'année deux boeufs à paistre et pacager, mesme au temps qu'elles sont deffensables » ; — de lever un droit de bouteillage au Port-Launay et dans ses fiefs de la Muce et de Sesmaisons ; — et outre les droits de bris et d'ancrage, de « percevoir sur tous les navires et bateaux chargés de blé, sel ou autres marchandises exposées en vente, mouillant l'ancre au Port-Launay et autres endroits des fiefs de la Muce et de Sesmaisons, un demeau de ladite marchandise, mesure de la seigneurie » (Aveux du Bois-de-la-Muce). « Comme aussi a ledit seigneur marquis droit de prééminence et tous droits honorifiques, bancs et accoudouers ès églises de Saint-Martin de Chantenay et de Saint-Herblain ; lisières et ceintures funèbres de ses armes au-dedans et au dehors desdites églises, comme seigneur patron et fondateur d'icelles (en 1680, le marquis du Bois-de-la-Muce fut débouté du droit de fondation en ces deux églises, droit réclamé par le roi. Mais en 1767 le Conseil d'état lui rendit ce privilège moyennant une redevance de 10 livres payée annuellement au Domaine royal) ; avec pareil droit de banc et accoudouer au choeur de l'église de Couëron, et enfin droit de patronnage et fondation des chapelles Saint-Blaise en Couëron et Notre-Dame de Recouvrance au Port-Launay » (Déclaration du Bois-de-la-Muce en 1738). Le marquisat du Bois-de-la-Muce comprenait, comme nous l'avons dit, deux manoirs « Les manoir et domaine de la Muce, aultrement du Plessix-de-la-Muce, avec ses fuie, bois de haulte futaye et taillis, le tout en Chantenay », — et « le manoir et chasteau du Bois-de-la-Muce, cour, colombier, jardin, bois et estang, aussi en Chantenay ». Ce dernier château avait été bâti dans la seconde moitié du XVème siècle par Guillaume Chauvin, chancelier de Bretagne. Plus tard, par lettres patentes, Louis XIV accorda au marquis du Bois-de-la-Muce la permission de faire creuser des fossés, construire des contrescarpes autour de ce château et d'y avoir deux tourelles et deux canons soit pendant la paix, soit pendant la guerre (Ogée, Dictionnaire de l'Histoire de Bretagne, éd. I, 163). Sous la Révolution, le château de la Musse fut vendu nationalement. Il est établi qu'en 1857, le Bois de la Musse (Bois de la Muce) appartenait à Pantin de la Guère. Le château du Bois-de-la-Muce bâti au bord de la Loire non loin de la Roche-Maurice n'existe plus, croyons-nous ; quant au Plessix-de-la-Muce, c'était un manoir moins important, situé dans la partie de Chantenay englobée maintenant par Nantes. Outre ces deux manoirs le domaine proche du marquisat du Bois-de-la-Muce comprenait : les métairies du Bois et du Plessix, — un auditoire à Saint-Herblain, — les moulins à vent du Plessix, du Bois, d'Héret et du Port-Launay, — un four à ban au Port-Launay, — les vignes de la Châtellenie en Chantenay, Saint-Herblain et Couëron, — de nombreuses prairies et îles en Loire dans les trois mêmes paroisses — les deux tiers des dîmes « de bled, vin, lin, chanvre, laine, veaux et agneaux du fief de la Muce en Chantenay » (Déclaration du Bois-de-la-Muce en 1634) (abbé Guillotin de Corson).

« La ville de Nantes comprenait onze paroisses, à savoir : Saint-Jean-en-Saint-Pierre, Saint-Laurent, Sainte-Croix, Saint-Nicolas, Saint-Saturnin, Sainte Radégonde, Saint-Denis, Notre-Dame, Saint-Léonard, Saint-Vincent et Saint-Clément. - Château-Gaillard. Ancienne maison des Ducs à Richebourg, près de Nantes. Afféagée par la ville en 1478. - Le Douet-Garnier. Terre. Vendue par Guillaume le Maistre en 1590. Propriété de Pierre Belon (en 1656), de Jean-Baptiste Vallelon, maître des Comptes (en 1741), de Guérin-Doudet (en 1857). - La Fosse. Juridiction. Propriété d'Hervé Le Felle, puis, en 1265, de Mabille le Felle, femme d'Hémery d'Avoir. Acquise par l'évêque de Nantes, en 1280. - Launay. Autrefois Launay-Godetière, terre. En 1760, propriété de Marie Salomon de Deval, femme de Jean-François de Saint-Pern. C'est à présent un quartier de la ville de Nantes. - Nantes. Comtes de Nantes. Lambert (en 825), Richovin (en 832), Renaud, comte de Poitiers (en 841), le même Lambert (en 843), Erispoë, roi de Bretagne (en 852), Salomon, roi de Bretagne (en 857), Pasquiten, comte de Vannes (en 874), Alain-le-Grand, duc de Bretagne (en 877). Au pouvoir des Normands, en 907 et 936. Puis propriété d'Alain-Barbe-Torte, duc de Bretagne (en 937), Hoël (en 953), Guerech, évêque et comte (en 970), Alain (en 987), Aimery, vicomte de Thouars (en 992), Judicaël (en 996), Budic (1005), Mathias (en 1047), Hoël, comte de Cornouaille, qui fut duc de Bretagne en 1066 (en 1051), Mathias, frère du duc Alain-Fergent (en 1072), Conan-le-Gros, duc de Bretagne (en 1104), Hoël, comte de Cornouaille (en 1148), Geoffroy, comte d'Anjou (en 1156), le duc Conan IV (en 1158), Henri, roi d'Angleterre (en 1159), le duc Geoffroy (en 1182). - Le Pont-en-Vertais. Terre et seigneurie. Propriété d'Hervé de Volvire (en 1380), de Nicolas de Volvire (en 1404), de Joachim Rouaud, sire du Bois-Ménard (en 1470), Pierre Landoys, trésorier de Bretagne (en 1480), de Bonaventure Lespervier, femme de François de la Noue (en 1540). Donnée en 1642 par le Roi à Louis du Plessier, seigneur de Genonville, en échange de l'île d'Indret, en Loire » (Ernest de Cornulier).

La famille Angebault appartient à l'ancienne bourgeoisie de Nantes. Louis Angebault, procureur au présidial de Nantes, fit enregistrer à l'armorial général de 1696 ses armoiries d'or à un léopard de gueules. Jean Angebault fut nommé en 1776 échevin et sous maire de Nantes ; son fils, Guillaume Angebault, décédé en 1842, fut bâtonnier de l'ordre des avocats de Nantes. Ce dernier a laissé trois fils dont l'aîné, Laurent Angebault, né en 1790, décédé en 1869, a été évêque d'Angers en 1842 et comte romain, dont le deuxième, Jean-Baptiste Angebault, né à Nantes en 1796, décédé en 1884, a été un des avocats les plus distingués de sa ville natale et dont le troisième, Clément, a été médecin.

 

Ville de Nantes   Terres et Seigneuries de l'ancienne paroisse de Saint-Donatien

Ville de Nantes   Terres et Seigneuries de l'ancienne paroisse de Chantenay  

Ville de Nantes   Terres et Seigneuries de l'ancienne paroisse de Saint-Similien  

Ville de Nantes   Terres du côté nantais érigées en dignités  

Ville de Nantes   Les Seigneurs de Nantes depuis les Romains jusqu'en 1789  

Ville de Nantes   Faïencerie et Verrerie de Nantes  

(à compléter)

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