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LA ROCHE-MAURICE

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La commune de La Roche-Maurice (pucenoire.gif (870 octets) Ar Roc'h-Morvan) fait partie du canton de Ploudiry. La Roche-Maurice dépend de l'arrondissement de Brest, du département du Finistère (Bretagne).

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LA ROCHE-MAURICE

La Roche-Maurice vient du breton « rob » (forteresse) et de Morvan (Maurice).

La Roche-Maurice est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Ploudiry. C’est seulement au XIVème siècle qu’apparaît le nom de La Roche-Maurice. Ce nom semble lié à la présence d’une forteresse surnomméeRoch'Morvan et édifiée dès le XIème siècle par Morvan (Maurice, en Français), vicomte du Faou. Elle tombe aux mains des vicomtes de Léon dès le XIIème siècle. La Roche passe aux Rohan, par le mariage d'une fille d'Hervé VII du Léon. En 1472, le duc de Bretagne François II dépossède, pour un temps, les Rohan au profit de son écuyer Loys de Rosnivinen. Retournée aux Rohan, la forteresse est démantelée en 1490 par ordre du Roi, à cause de l'ombrage fait à Brest.

Ville de la Roche-Maurice (Bretagne).

Sous l'Ancien Régime, La Roche-Maurice était une trève de la paroisse de Ploudiry et dépendait de l'ancien évêché de Léon. L'église avait pour titulaire saint Yves dès 1363. Le statut de paroisse lui est accordé au Concordat de 1801. La commune de la Roche-Maurice est formée de l’ancienne trève de ce nom augmentée de la trève de Pont-Christ (qui comptait en 1790 206 habitants et dont la chapelle est fondée en 1533 par le seigneur de Brézal) et d’une portion de la paroisse de Plounéventer.

« La chapelle de Pont-Christ, qui date de 1581, était, avant la Révolution, le chef-lieu d'une paroisse érigée en commune en 1790, supprimée en l'an VIII et réunie à La Roche-Maurice » (B. Girard).

Ville de la Roche-Maurice (Bretagne).

On trouve les appellations suivantes : Rupes Morvan (en 1263), Rocha Morvani (en 1281), Rocha Morvam (en 1363), La Roche Morice (en 1359), La Roche Maurice (en 1421).

Ville de la Roche-Maurice (Bretagne).

Note 3 : liste non exhaustive des Maires de La Roche-Maurice : Jean Marie Cessou (1792-1795), Louis Coat (1795-1796), Roch Amelant (1796-1799), Bernard Le Rest (1800-1803), Roch Amelant (1803-1808), Denis Guymar de Coatidreux (1808-1810), Hervé Le Hir (1810-1818), Jean Baptiste Lamarque (1818-1838), Lucien Bazin (1839-1857), Yves Coloigner (1858-1866), Louis d'Audibert de Lavillasse (1867-1891), Victor Henry Bazin (1891-1901), Victor Marie Bazin (1901-1935), Hervé Marie Morvan (1935-1945), Jean Marie Coathuel (1945), Hervé Coat (1945-1947), Hervé Marie Morvan (1947-1953), François Emily (1953-1969), Lucien Bonniou (1969-1983), François Marc (1983-2001), Jean François Jaouanet (2001-2004), Laurence Fortin (2014-...), etc ... (Archives départementales).

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PATRIMOINE de LA ROCHE-MAURICE

l'église Saint-Yves (XVIème siècle), édifiée à l’emplacement de l’ancienne chapelle castrale et dédiée depuis 1363 à Saint Yves. Il s'agit d'un édifice de forme rectangulaire à trois vaisseaux lambrissés (nef de trois travées avec bas-côtés, séparée par le jubé d'un choeur de deux travées avec bas-côtés), construite pour l'essentiel dans le deuxième tiers du XVIème siècle. La maîtresse vitre porte la date de 1539 et les sablières portent les inscriptions suivantes : "Ia(n) Le Boell. G A(n) Lan MILVLXI ; A. Rollant 1559 ; 1561 H. H. Elaere. Le Men.". Les sablières, ornées de scènes de la vie quotidienne, datent de 1559 et 1561. Le clocher, qui porte la date de 1589, possède deux étages de cloches, deux galeries et une haute flèche octogonale et dentelée. Le portail sud date de 1550-1554. La porte occidentale de l'église est ornée de colonnes ioniques et de niches avec les statues de saint Yves, saint Vincent Ferrier et saint Antoine. LeJubé, un des plus beaux de Bretagne, date du XVIème siècle : "le soubassement plein est surmonté d'une claire-voie à barreaux fuselés, entremêlés de colonnettes formant pendentifs. Au dessus règne une plate-forme dont le plafond divisé en caissons, est soutenu par d'élégantes consoles ornées de figures fantastiques". Un grand Christ en croix domine le jubé. Du côté de la nef se trouvent neuf Apôtres et trois papes. La façade du côté du choeur contient les statues suivantes : saint Pol Aurélien, saint Christophe, saint Michel, sainte Marie Magdeleine, le Christ de Résurrection, sainte Marguerite, sainte Barbe, sainte Appoline, saint Antoine, sainte Geneviève, ... La maîtresse vitre, restaurée en 1950, date de 1539 et semble être l'oeuvre de l'atelier quimpérois de Laurent Sodec : elle porte l'inscription "en lan Mil VCCXXXIX fut fest ceste vitre et estoet por lors Allen Joce L. S." et on y trouvait jadis les blasons des Rohan. Si le coffre du maître-autel a été refait au XIXème siècle, le retable aux niches vides qui l'accompagne, pourrait être de Jean Bertouloux, sculpteur à Brest au milieu du XVIIème siècle. L'autel conciliaire est orné dans trois panneaux néo-gothiques des vertus théologales : Foi, Espérances et Charité. L'autel du nord, installé vers 1970, est daté de 1545 et porte les armoiries des Le Gac de Kerraoul (paroisse de la Roche-Maurice). Les stalles qui dataient du XVIIIème siècle ont été démantelées : sept sièges ont été appuyés au mur Sud et l'appui de cinq panneaux collé au Nord. La chaire à prêcher date du XVII-XVIIIème siècle. La cuve des anciens fonds baptismaux date du XVIIème siècle : elle sert aujourd'hui de bénitier sous le clocher. L'église renferme un calice en argent doré du XVIème siècle avec pied de 1610 (poinçon aux initiales de G. D. - Guillaume Desboys) et un autre calice du XVIIème siècle. Le ciboire date du début du XVIIème siècle. La chapelle reliquaire, avec poinçon, oeuvre probable de Y. Ploiber de Morlaix, date du XVème siècle. L'église abrite aussi une statue ancienne de Notre-Dame de Bon-Secours et un groupe de saint Yves entre le riche et le pauvre du XVIème siècle ;

Eglise de la Roche-Maurice (Bretagne).

Voir aussi  Ville de La Roche-Maurice (Bretagne) " L'église et l'ossuaire de La Roche-Maurice ".

Voir aussi  Ville de La Roche-Maurice (Bretagne) " L'enclos paroissial de La Roche-Maurice ".

Eglise de la Roche-Maurice (Bretagne).

la chapelle-ossuaire Sainte-Anne (1639-1640), édifiée par l'atelier de l'Elorn. Elle est de plan rectangulaire, avec un modeste clocheton et des lanternons d'angle inégalement inachevés. Elle porte l'inscription "Memor esto Judich mei sic erit et tuum mihi hodie tibi Cras 1639". Au-dessus de la porte du pignon, se trouve l'inscription "Memento homo quia pulvis es 1640" ;

les vestiges de la chapelle de Pont-Christ (1533-1560), dédiée à Notre-Dame du bon Sauveur. Cette chapelle, qui datait de 1533, est assise de la façon la plus pittoresque à l'extrémité d'un pont en dos d'âne, et en face du moulin féodal de Brézal et d'un vieux colombier, qui ont survécu à la ruine du château de Brézal. Il s'agit d'une ancienne trève de Ploudiry [Note : L'histoire de Pont-Christ est liée à celle des seigneurs de Brézal, propriétaire d'une grande partie des terres et bois avoisinants. La chapelle fut construite en 1553 par Guillaume de Brézal ; elle fut d'abord la chapelle du château, avant de devenir l'église tréviale de Pont-Christ-Brézal, qui dépendait alors de la paroisse de Ploudiry]. A la Révolution, la chapelle était desservie par Ursin Le Gall et Bernard Marie Caroff. On y célébrait l'office religieux jusqu'en 1885. Sur ses murs se trouve l'inscription gothique "En l'an Mil VCCXXXIII (1533) Guille de Brezal et Marguerite Senechal firent faire ceste chapelle en l'honneur de Dieu et de Notre Dame de Secours" ;

Chapelle de la Roche-Maurice (Bretagne).

Chapelle de la Roche-Maurice (Bretagne).

les anciennes chapelles de La Roche-Maurice, aujourd'hui disparues : la chapelle du Ponthoy, la chapelle de Keraoul (dédiée jadis à saint Claude) ;

le calvaire à l'entrée sud du placître de l'église de la Roche-Maurice (vers 1572). On y trouve trois fûts sur soubassements ornés d'arcatures ;

Calvaire de la Roche-Maurice (Bretagne).

la croix située à l'intérieur du placître de la chapelle de Pont-Christ (XVIème siècle) ;

la croix de Penmarc'h (1625). On y trouve les armes de la famille Rohan ;

d'autres croix ou vestiges de croix : la croix de Kernévez (1936), la croix de Pont-Christ (Moyen Age), la croix du cimetière de la Roche-Maurice (1883), la croix du moulin du Morbic (Moyen Age, restaurée en 1849) ;

les vestiges du château de la Roche-Maurice (XIème siècle). Le château, fort ancien, aurait appartenu au Vème siècle, d'après la légende, à un seigneur nommé Elorn. Ce château, encore surnommé Hainebon (d'après les Chroniques de Froissart), est implanté sur un piton rocheux et tombe, au XIIème siècle, entre les mains du vicomte de Léon puis passe par mariage à la famille Rohan (vers 1330). Les Anglais ravagent la Bretagne en 1167, au moment où Guyomarch IV est comte de Léon. Le château de la Roche-Maurice est pris en 1177 par les Anglais, qui y placent une garnison. Geoffroy II Plantagenet, duc de Bretagne de 1181 à 1186, restitue une partie du Léon aux fils de Guyomarch. Le donjon d'environ 13 mètres de côté pourrait avoir été élevé pour Guyomarc'h V, héritier en 1179 de la moitié du Léon, et vivant jusque dans les années 1210. Peu après, Roch-Morvan prend le nom de La Roche Morice, comme le stipule l'acte de naissance du futur Hervé VIII de Léon : "L'an de Notre Seigneur 1341, le dimanche après la translation de Saint-Martin, la nuit, deux heures environ avant le lever du soleil, naquit à la Roche-Morice, Hervé de Léon issu de parents de la plus haute noblesse. Il eut pour père Monseigneur Hervé de Léon et pour mère Madame Marguerite d'Avaugour.......". En juin 1342, Charles de Blois tente, en vain, de se rendre maître du château occupé par Jeanne de Montfort (l'arrivée de navires transportant 6000 archers commandés par Gautier de Mauny, mettra Charles de Blois en fuite). En 1355, Hervé VIII de Léon séjourne à la Roche-Maurice. Le 15 janvier 1358, Raoul de Cahors s'engage à "travailler à ramener sous l'autorité du roy les châteaux de Hen bont (La Roche-Maurice) et de Brest...". Hervé VIII de Léon décède en 1363 et le Léon revient alors à sa soeur aînée, épouse du vicomte Jean Ier de Rohan depuis 1349. Suite à un traité, daté du 4 novembre 1371, entre le roi d'Angleterre et le duc Jean IV de Bretagne, le château est gardé par une garnison anglaise. En mai 1373, Du Guesclin s'empare du château et en 1375, le duc Jean IV, aidé par des soldats anglais, reprend le château. En 1376, Guillaume Riou est connétable de la Roche-Maurice. En 1377, le capitaine du château est Morice de Treziguidy, puis, en 1379, il est remplacé par Henri Le Parisy. Le château est restauré en 1421. En 1472, le duc François II saisit le château de la Roche sur le vicomte de Rohan pour le punir de tenir le parti du roi de France, et il nomme Louis de Rosnivien ou Rosnivinen (seigneur de Keranchoat) au commandement de cette place, le 22 septembre 1472. Guillaume, fils de Louis de Rosnivinen, est nommé "capitaine de la Roche-Morice", le 6 février 1479, après le décès de son père. Suite à la réconciliation du duc avec Jean II, ce dernier donne alors le commandement du château à son ami Perceval de Lezormel, le 4 septembre 1484. Le 26 novembre 1502, Perceval de Lezormel nomme, comme adjoint et lieutenant de son poste, son neveu, Olivier de Lezormel. Ce château est démantelé en 1490, pendant la guerre que Charles VIII faisait à Anne de Bretagne. En 1592, ce qui subsiste du château est pillé par Guy Eder de La Fontenelle. Ce qui reste de l'édifice, sert de prison en 1678. Un aveu rendu par le duc Louis Ier de Rohan Chabot au roi Louis XIV en 1695 stipule que "les chasteaux et forteresses de La Roche-Morice et Joyeuse-Garde estoient à demi-ruinées....". Le château est vendu le 25 août 1802 à Louis Henri Janzé, puis, le 22 novembre 1814, le baron Louis Henry Janzé revend à Alexandre de Rohan Chabot, duc de Rohan, "tous les biens immeubles et droits qui composent le domaine de Léon, consistant, savoir... à Laroche, commune de Laroche....l'emplacement du ci-devant château de Laroche...". Ce qui subsiste du château au début du XIXème siècle, sert ensuite de carrière. Il est aujourd'hui, propriété du Département du Finistère ;

Nota : " Plus l'on s'approche de l'extrémité de la Bretagne, vers Brest, et plus le sol devient inégal : sans cesse il faut au voyageur s'élever sur des montagnes ou descendre dans de profonds vallons. En Angleterre, la principauté de Galles offre de semblables aspects, et les Anglais la nomment Suisse anglaise. Ne pourrait-on pas en dire autant de la Basse-Bretagne pour la France ? Nos peintres commencent à fréquenter davantage un pays dont les sites pittoresques enrichissent leur porte-feuille de vues d'une originalité particulière. Lorsque, venant de Morlaix, se rendant à Brest, on est arrivé à trois quarts de lieue de Landerneau, et qu’après avoir descendu une longue côte, on parvient au pont jeté sur la rivière d'Elhorne, alors on a devant soi un tableau qui embrasse un vaste amphithéâtre, où la scène, d'une nature sauvage, prête à l'imagination le souvenir de ces lieux de l'Italie qu'a peints Salvator Rosa, pour y placer ses brigands. Ici d'énormes rochers parsemés sur le sol se groupent à des massifs d'arbres, dont les ombres épaisses en précèdent d'autres qui le sont davantage, celles des cavernes formées par des rochers inclinés et appuyés sur d'autres. Ces affreux coteaux, presqu'inaccessibles, sont surmontés d'un vieux château abandonné depuis des siècles, et dont l'antiquité remonte peut-être aux Romains. Celui qui cherche des lieux romantiques fera bien de visiter les environs du château de la Roche-Morice ou Roche-Maurice, où nombre de souvenirs le retiendront. D'abord il apprendra que la rivière d'Elhorne a dû son nom à un roi qui habitait ce château, et qu'un désespoir fit s'y jeter ; si le lecteur doute du fait, on peut lui citer un vers latin, pris d'un ancien poète : Elhorn Elhornis nomina fecit aquis (Aux eaux de l’Elhorne Elhorne donna son nom). Il voudra savoir pourquoi ce désespoir. C'est que vers le commencement de notre ère, le royaume du souverain qui tenait sa cour à la Roche-Morice, était ravagé par un monstre à forme de serpent, ayant une grosse tête, des ailes, et une queue à replis tortueux, lequel ne put être appaisé qu'en lui livrant tous les samedis un enfant à la mamelle. Le tour du roi étant venu, et son enfançon dévoré, ne pouvant survivre à sa douleur, il se jeta dans la rivière qui coulait au bas de son chateau. Fable ou conte de bonne femme, n'est-ce pas ici un souvenir de la religion des Armoricains, qui plaça sur la terre des figures idéales que l'astronomie avait fixées au ciel ; mythologie qui a pris son départ de l'Orient en même tems que l'astrolatrie, et qui dédaigna de se mêler au polythéisme des Grecs et des Romains. Ce serpent dragon n'est-il pas celui figuré que le christianisme naissant poursuivit partout où il le rencontrait ? Les légendes de nos Saints bretons sont pleines de combats contre des dragons, qu'ils finissent toujours par vaincre et conduire doucement dans les eaux : on a cru y voir les conversions et les baptêmes opérés par les missionnaires chrétiens. Il est particulier que, dans toutes les églises de la Basse-Bretagne, on voie le dragon représenté ; surtout dans celle de Lan-Bol, près la Roche-Morice, ce monstre est multiplié à l'infini. Lan a voulu dire temple ; Bol est le même que Bal, et le culte de Bal ou Bel correspondait au sabéisme ou adoration des astres ; puis on immolait des créatures humaines à Bal, à Bel et Bol. N'est-on pas surpris de voir que les Dictionnaires bretons traduisent le mot belec par prêtre et sacrificateur ; que le grand-prêtre s'appelât ar belec brass, idem Melchisedec ; qu'on ait conservé dans la langue bretonne le mot beleghess, qui veut dire une prêtresse ; qu'on dise coat belegheff, le bois de la prétresse, comme on rencontre sterbelec, l'étoile du prêtre. Mais laissons le dragon fabuleux au ciel, où il défend une vierge, et disons encore un mot du château de la Roche-Morice, qui, dans le pays, porte aussi le nom de Rock-Morvan, nom d'un autre roi qui, dans son orgueil, osa braver la toute-puissance de Charlemagne, mais ne put résister à Louis-le-Débonnaire, quoiqu'à la tête de ses troupes, il fût attaquer le monarque français, venu en Bretagne seulement pour le soumettre " (Maudet de Penhouët, 1829).

Château de la Roche-Maurice (Bretagne).

Voir aussi  Ville de La Roche-Maurice (Bretagne) " Le château de la Roche-Maurice et ses légendes ".

l'ancien château de Brézal (XVème siècle), qui est situé aujourd'hui dans la commune de Plounéventer. En 1380, la maison noble de Brézal appartenait à Yves de Brézal (né vers 1360, décédé vers 1418). Son fils Olivier de Brézal fut capitaine des Francs-Archers de Saint-Pol-de-Léon en 1419. Yvon de Brézal était, en 1479, capitaine des francs-archers de l'évêché de Léon. Guillaume, son fils, était l'époux de Marguerite Le Séneschal, dame de Rosnivinen. Au XVIIIème siècle, Brézal était, comme on disait à cette époque "le séjour des grâces et des muses". Cette terre appartenait alors au marquis de Kersauzon, qui en avait hérité, et qui eut l'honneur de recevoir dans son château, en 1773, le comte d'Artois, et en 1778, le duc d'Orléans, à la suite du combat d'Ouessant. Son moulin, édifié en 1520 par Guillaume de Brézal et son épouse Marguerite Le Sénéchal, est situé dans la paroisse de Plounéventer avec l'inscription suivante : " au dyvis de Ichiner Garric " (sur les plans de l'architecte Eguiner Garric) ;

le manoir ou château du Pontois ou Ponthoy (en bordure de la vieille route de la Roche-Maurice). Propriété successive des familles de Bauchesnes Le Pontois (Guillaume Le Pontois époux de Catherine Mahieu, avant 1693, et René Le Pontois époux de Catherine Derrien en 1693-1708), Moucheron (suite au mariage de Sébastien de Moucheron avec Marguerite Le Pontois), Le Roy (à partir du milieu du XVIIIème siècle), Parscau du Plessis (à partir du début du XIXème siècle, vers 1800), Audibert de Lavillasse (à partir de 1831, suite à l'achat du domaine du Pontois par Joseph Marie François Etienne d'Audibert de Lavillasse, époux de Louise Denise Guymar de Coatidreux, le 12 février 1831), Eugène Belin (1891 à 1895, suite à l'achat du domaine du Pontois à Stéphanie d'Audibert de Lavillasse le 28 janvier 1891), Gabriel Marie de Kermenguy (1895 à 1913, suite à l'achat du domaine du Pontois le 22 mai 1895), Yves Bernard (à partir de 1913, suite à l'achat du domaine du Pontois le 8 avril 1913). Le manoir actuel (bâtiment de ferme) est assez récent. Il a remplacé l'ancien du XVème siècle ou XVIème siècle qui appartint, avec sa chapelle Saint-Guillaume, à la famille du Pontois ;

Château ou manoir du Pontois à la Roche-Maurice (Bretagne).

le manoir de Keraoul ou Kerraoul ou Kernoual, propriété successive des familles Keraoul (Robert de Keraoul en 1426), Le Gac de Keraoul (du XVIème siècle au XVIII siècle), O'Croly (par succession de feu Christophe Ange Le Gac, sieur du Quistillic), Ollivier (suite à l'achat du domaine de Keraoul par Joseph Marie Ollivier le 31 décembre 1802). C'est Yves Isidore Marie Ollivier qui fait construire le nouveau château sur l'emplacement de l'ancien manoir, vers 1871-1873. Le domaine de Keraoul est vendu ensuite à Ernest Robert (époux de de Louise Miorcec de Kerdanet) le 16 février 1876, puis à Fernand Aubert de Vincelles (époux de Marie-Thérèse de la Bintinaye) vers 1901, puis à Louis Berthelot (époux de Marie Hautin) vers 1922. Le domaine est depuis 1946 la propriété de l'Association Don Bosco ;

Château ou manoir de Kerraoul à la Roche-Maurice (Bretagne).

7 moulins dont le moulin à eau de Keramer, de Tregastel, Neuf, de la Roche, de Kermadec et deux minoteries ;

A signaler aussi :

les vestiges romaines de Valy-Cloistre ;

le pont de l'Elorn (1675), classé monument historique en 1925 ;

l'ancien manoir de Kermadec (XIIIème siècle), où naquit vers le milieu du XIIIème siècle, Olivier Saladin, recteur de l'Université de Paris en 1348, puis évêque de Nantes, surnommé la Fleur des Prélats de son temps. Il se trouva à Avignon, lors de la canonisation de saint Yves. Ce prélat était frère de Pigette Saladin, qui, porta, par mariage, la seigneurie de Kermadec à Hervé, fils d'Huon, sieur de Kerhuon, prévôt féodé héréditaire de la vicomté de léon. La manoir est reconstruit vers 1503 par Pierre Huon, sieur de Kermadec ;

l'ancien manoir de Kernevez (vers le milieu du XIXème siècle), propriété successive des familles d'Audibert de Lavillasse (vers 1861), Dieuleveult (en 1872, suite à la vente de Kernevez par Paul d'Audibert de Lavillasse, né en 1866 et décédé en 1906), Coatgoureden (en 1914, suite à la vente de Kernevez par Paul de Dieuleveult à Charles de Coatgoureden), Berthelot (de 1921 à 1995, suite à l'achat du domaine de Kernevez par Charles Alain Marie Berthelot frère de Louis Berthelot (qui achète Keraoul) et époux d'Anne Louise Gaulard) ;

Château ou manoir de Kernevezl à la Roche-Maurice (Bretagne).

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ANCIENNE NOBLESSE de LA ROCHE-MAURICE

Les comtes de Léon, dit Toussaint de Saint-Luc (Mémoire sur l'état de la Noblesse de Bretagne), ont toujours conservé par eux-mêmes leur droit de préséance dans les Parlements généraux et dans les Etats de cette province. Les sires de Léon formaient deux grandes branches qui se subdivisaient en plusieurs rameaux.

Les comtes de Léon, qui ont pour auteur Morvan, l'adversaire de Charlemagne et de Louis le Débonnaire, proclamé roi des Bretons, et tué par un officier de l'empereur-roi, en 818 [Note : « Les ruines du château de la Roche-Morice, assises sur des pentes abruptes, s'élèvent à environ 70 mètres au-dessus d'un pont jeté sur la rivière d'Elorn. Ce château, situé à Ploudiry (Finistère), aurait appartenu, au Vème siècle, au dire des légendaires, à un seigneur nommé Elorn, dont la rivière a gardé le nom. On sait que Charlemagne, profitant du partage de la Bretagne entre plusieurs princes, en avait fait la conquête. Après la mort de l'empereur, Morvan, comte de Léon, souleva les Bretons en 811, et prit le titre de roi. Louis le Débonnaire lui envoya d'abord l'abbé Witchat pour l'engager à rentrer dans l'obéissance. Witchat le trouva dans son château de la Roche, appelé de son nom, Roc'h-Morvan (Roche-Morice) ; ni les prières ni les menaces ne purent rien sur l'esprit de Morvan, qui fit, en le congédiant, une fière réponse à l'envoyé de l'empereur. Ses forces ne lui permettant pas de tenir la campagne devant l'armée impériale, il fit la guerre de partisans et fut tué dans une de ces rencontres, sur le bord de l'Ellé, près de la forêt de Priziac ». Ce Morvan est la tige des comtes puis vicomtes de Léon, et par conséquent l'ancêtre de Mauricette, dame de Kersauson. « En 1472, le duc François II saisit le château de la Roche sur le vicomte de Rohan, pour le punir de tenir le parti du roi de France ; il nomma plus tard, en 1478, Louis de Rosnyvinen, — et nous verrons même un Kersauson assister à la cérémonie de prise de possession, — au commandement de cette place, ruinée en 1490. On ne distingue, aujourd'hui, du château de la Roche-Morvan, que quelques parties d'un donjon carré circonscrit par un donjon carré extérieur, où sont les restes de quatre tours » (Bretagne contemporaine, Finistère, t. II, p. 107)].

Cette branche a fourni Guyomarc'h IV et Hervé, père et fils, croisés en 1096 (Mss. de Bay., p. 26, et D. Morice, Table généal. des rois, comtes et ducs de Bretagne). Un évêque de Léon (Hamon) mort en 1771 ou 1774. — Le dernier comte de Léon, Hervé V, vendit pièce à pièce son comté au duc Jean I, en 1276. (D. Morice, Table généal. des rois, comtes et ducs de Bretagne ; D. Lob., t. I, liv. VIII, p. 274).

Les vicomtes de Léon, branche à laquelle appartenait Mauricette de la Roche-Morice ou Morvan (en breton), étaient comtes de Crozon, — srs. de Landerneau, — de Daoulas, — de la Roche-Morice, en Ploudiry, — de la Joyeuse-Garde, — de la Forêt, — de la Palue, paroisse de Beuzit-Conogan (aujourd'hui abolie, près de Landerneau), — de Coatméal, paroisse de ce nom, — de Pensez, en Taulé, — de Penhoët et de Herlan, en Saint-Thégonnec, — de Quemeneven, paroisse de ce nom, — du Stang, en Pluguffan, — de Châteauneuf, en Timeraie, au Perche, — de Noyon-sur-Andèle et de Hacqueville, en Normandie.

Blason : D'or au lion morné de sable, qui est Léon, à la bordure chargée de onze annelets de même en orle, comme marque de juveignerie (Sceau de 1306).

Cette branche des vicomtes de Léon a eu pour tige Hervé Ier, fils puîné de Guyomarc'h VI, qui reçut en apanage les fiefs de Landerneau, Coëtmeur, Daoudour, Pensez, en Léon, avec ceux de Plougastel-Daoulas, Crozon, en Cornouailles, et Bourgneuf, en Poher. Cet Hervé épousa Marguerite de Rohan, morte en 1208. Hervé II, vicomte de Léon, se croisa, en 1218, avec Morvan, vicomte du Faou, son beau-frère [Note : " En celuy an (1318), en hyver, ainsi que dit Guillaume d'Armorique, Hervé de Léon, entre les Bretons, puissant d'ans et de richesses, comme il fust au service de la saincte croix, à Acharon (Acre), mourut là Morvan, le vicomte du Faou, frère de sa femme. » (Le Baud, ch. XXX, p. 222 ; — Guill. Armor., De Gestis Philip.-August., année 1219)]. Celui-ci étant mort en Palestine, Hervé, impatient de recueillir sa succession, repartit aussitôt et fit naufrage à Brindes. (Willel. Arm. dans le t. XVII des Histor. de la France, p. 13.).

La branche aînée a fini à Jeanne, fille, unique héritière [Note : Jeanne n'était devenue héritière de Léon que par la mort, sans enfants, de son frère aîné, Hervé VIII], d'Henri VII et de Marguerite d'Avaugour, mariée, en 1363, à Jean, vicomte de Rohan. La vicomté de Léon, érigée en principauté en 1572, devint la propriété des Chabot, en 1643, par le mariage de Marguerite, duchesse de Rohan, avec Henri de Chabot, sr. de Sainte-Aulaye. (D. Morice, ibid.; Aymar de Blois, Biogr. bret., t. II ; D. Lob., t. I, passim.). La branche de Hacqueville a produit Guillaume, chambellan de Charles VI, en 1407. Elle subsistait encore en 1455, et s'est éteinte depuis, comme toutes les autres branches du nom (J. Kersauson).

(à compléter)

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