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ROMAGNE

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La commune de Romagné (bzh.gif (80 octets) Rovenieg) fait partie du canton de Fougères. Romagné dépend de l'arrondissement de Fougères, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de ROMAGNE

Romagné vient du latin "Romanius". 

Au milieu du XIème siècle, l'église de Romagné était entre les mains de plusieurs seigneurs laïques. Main II, baron de Fougères, qui jouissait à lui seul de la moitié de cette église, fut le premier à faire l'abandon de ses droits ; il le fit à l'abbaye de Marmoutiers, en faveur du prieuré de Saint-Sauveur-des-Landes, qu'il venait de fonder (« Dedit Beato Martino medietatem ecelesiœ de Romaniaco, etc. » (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 394) . Cette disposition ne se fit pas sans exciter quelque mécontentement parmi les seigneurs ses copropriétaires, dont le principal était Pinel, fils d'Hermeniot, prêtre de Saint-Sauveur-des-Landes ; et pour le faire sentir aux religieux, ils commencèrent par revendiquer pour eux-mêmes le droit de présenter le prêtre qui serait chargé de desservir la paroisse. Mais le baron de Fougères prouva à ces mécontents que le droit qu'ils réclamaient avait toujours été exercé par lui et ses prédécesseurs, et il les amena ainsi à renoncer à leurs prétentions et à reconnaître le droit qu'avaient désormais les moines de présenter eux-mêmes le recteur de Romagné (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 394). Le baron de Fougères eut bientôt des imitateurs dans sa bonne oeuvre. Plusieurs autres seigneurs, Juhel, Guithenoc et Gauthier, ces deux derniers fils de Cantelin, qui étaient en possession de certains droits sur l'autel et l'église de Romagné, s'en dessaisirent également en faveur de Marmoutiers et du prieuré de Saint-Sauveur-des-Landes. La notice concernant la donation de Juhel nous donne un curieux renseignement sur l'extrême division à laquelle pouvait être portée la propriété d'une église. Ce seigneur n'était fondé dans celle de l'église de Romagné que pour un neuvième, et ce neuvième se trouvait encore réduit par le prélèvement fait, avant le partage, d'une mesure de grain au profit d'un autre seigneur nommé Hervé, fils d'Hildegarde. Pour témoigner leur reconnaissance à leurs bienfaiteurs, les Bénédictins promirent à Juhel de le recevoir à Marmoutiers s'il voulait embrasser l'état monastique, et, par l'entremise d'un moine nommé Albert, ils remirent une somme de cinq sols à Guithenoc et à Gauthier (Bulletin de l'Association bretonne, III, 197). Ces diverses donations furent confirmées à l'abbaye de Marmoutiers par Hamelin, évêque de Rennes (1127-1141), qui lui accorda dans l'église de Romagné les mêmes droits que ceux qu'elle exerçait dans l'église de Saint-Sauveur-des-Landes (Pouillé de Rennes). 

« L'église de Romagné, dit M. Maupillé, prospéra entre les mains des religieux, et bientôt l'on fut forcé de reconnaître l'insuffisance du cimetière pour recevoir les sépultures et les constructions des paroissiens qui venaient s'y établir » (« Nondum sufficiens erat cimiterium tam ad humanda corpora quamque ad domos œdificandas » - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine) . Alfred, prieur de Saint-Sauveur, et Robert, recteur de Romagné, s'employèrent activement pour faire cesser cette insuffisance. Robert obtint de Gaultier Loup et de ses frères, Mainard, Daniel et Guy, possesseurs des terres adjacentes, et d'Olivier, fils de Guinard, seigneur du fief dont elles relevaient, la cession du terrain jugé nécessaire pour l'agrandissement du cimetière, et cela à la seule condition qu'ils seraient eux et leurs prédécesseurs associés aux prières et aux bonnes oeuvres de Marmoutiers. Cette cession se fit solennellement le jour de Pâques, en présence de toute la paroisse assemblée. Olivier et sa mère, Halvide, déposèrent sur l'autel un couteau à manche blanc comme symbole de la tradition qu'ils faisaient de leur propriété ; et le prieur, de son côté, leur remit devant toute l'assistance une somme de dix sols à titre de présent, et les admit à la participation de tous les biens spirituels de l'abbaye. Peu de temps après, Alain, évêque de Rennes (1141 à 1157), étant venu à Romagné, sur l'invitation du prieur de Saint-Sauveur, les habitants de la paroisse se réunirent aux quatre frères dont la libéralité avait permis d'accroître le cimetière pour le prier de le bénir lui-même. Le prélat accéda à leur demande et ratifia tous les actes qui avaient été faits à cette occasion » (M. Maupillé, Notices historiques sur les paroisses du canton de Fougères, 145 et 146). 

Pendant que les Bénédictins s'établissaient ainsi à Romagné, d'autres religieux, les chanoines réguliers de Rillé, y recevaient à leur tour quelques donations ; voici comment. Le seigneur de Fougères, antérieurement à la disposition de l'église de Romagné faite par lui en faveur de Marmoutiers, en avait donné une portion en fief héréditaire à Guillaume du Feil, à charge de le servir à la guerre et de lui rendre en temps de paix les devoirs accoutumés. Le seigneur du Feil, à son tour, avait rétrocédé ses droits à Guillaume Le Doyen. Ce dernier, de concert avec son neveu Geoffroy, qui desservait alors l'église de Landéan, disposa, avec l'assentiment du seigneur de Fougères, en faveur de l'abbaye de Rillé de tous les droits qu'ils avaient sur la paroisse de Romagné ; ils ajoutèrent même à ce don celui d'une terre contiguë au cimetière. Par suite de cette donation, l'abbaye de Rillé se trouva à Romagné en concurrence d'intérêts avec l'abbaye de Marmoutiers, car elle lui donnait droit à 54 quartiers d'avoine, 4 de seigle et un de froment (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 651). Mais il ne semble pas que ce rapprochement ait occasionné de discordes entre ces deux monastères ; les difficultés pour Marmoutiers vinrent d'un autre côté. Il paraît que Pinel et les autres fils du prêtre Hermeniot, hostiles dès le principe aux religieux, firent à l'évêque de Rennes l'abandon de leurs droits sur l'église de Romagné. Ce qui est certain, c'est que, nonobstant les dispositions de l'évêque Hamelin, la cure de Romagné étant venue à vaquer, Etienne, pour lors évêque de Rennes (seconde moitié du XIIème siècle), s'empressa d'y pourvoir et la donna à un prêtre nommé Hervé. L'abbé de Marmoutiers ayant vigoureusement protesté, l'évêque reconnut son tort et demanda à Hervé sa démission ; puis il donna immédiatement la cure à son notaire, Engelbert, qui était en même temps moine de Marmoutiers, mais en lui témoignant le désir qu'il la remît à Hervé, le prêtre dépossédé. Engelbert, après avoir pris conseil de son abbé, disposa du bénéfice de Romagné conformément au désir de l'évêque ; alors celui-ci confirma à l'abbaye de Marmoutiers tous les droits et privilèges que ses prédécesseurs lui avaient accordés dans l'église de Romagné, constatant en particulier le droit qu'elle avait de présenter le recteur et de percevoir les deux tiers dans les dîmes et les oblations, ainsi que la moitié dans les sépultures, tout comme dans l'église de Saint-Sauveur, à laquelle il l'assimila complètement. Ces dispositions, quelque formelles qu'elles fussent, ne semblent pas néanmoins avoir prévenu tout dissentiment entre les religieux et l'autorité épiscopale. La concorde et l'union ne furent définitivement établies qu'en 1197, sous l'épiscopat d'Herbert. De nouvelles difficultés s'étant élevées entre ce prélat et l'abbaye de Marmoutiers relativement aux églises de Romagné et d'Antrain, Herbert consentit — moyennant l'abandon que lui firent les religieux d'une portion de leurs droits sur l'église d'Antrain — à leur donner une charte par laquelle il leur confirmait la pleine propriété de l'église de Romagné ; en même temps, avec l'approbation de son Chapitre, il reçut comme recteur de cette paroisse Pierre de Beaumont, que lui présenta l'abbé (Bulletin de l'Association bretonne, III, 239 et 240 ; M. Maupillé, Notices précitées). Depuis lors, l'église de Romagné dépendit sans conteste du prieuré de Saint-Sauveur, membre de Marmoutiers, jusqu'à l'extinction de ce prieuré (Pouillé de Rennes). En 1790, le recteur de Romagné déclara jouir d'un presbytère avec jardin et de trois journaux de terre appelés l'Aumône, — et de la moitié des dîmes de sa paroisse, valant 4000 livres. Mais il avait pour charges la pension de deux vicaires, 700 livres ; les décimes, 250 livres, etc. L'autre moitié des dîmes appartenait alors au prieuré de Saint-Sauveur-des-Landes (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 27).

On rencontre les appellations suivantes : Romaniaca ecclesia (au XIème siècle), Romaniacum (en 1197), Rommaneium (au XIIème siècle), Romaigneium (au XIIIème siècle), Rummagneium (au XIVème siècle), Romagneyum (en 1516).

Note 1 : en 1781, il y avait en cette paroisse deux maîtres d'école qui se nommaient François Gasnier et François Lécatai. Une maison de retraite est fondée en 1690 à Sainte-Anne-de-la-Bosserie.

Note 2 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Romagné. Tébault (vers 1040). Herbert (vers 1060). Geoffroy (au XIème siècle). Robert (vers 1140). Gautier (vers 1150). Hervé (en 1158). Engelbert (en 1158). Pierre de Beaumont (en 1197). Laurent Girard (il fonda au XVème siècle son anniversaire dans la cathédrale de Rennes au jour Saint-Maurice). N... Quesnel (en 1519). Fralin Dauguet (en 1605). N... Maussan (?) (en 1608). Jean Quesnel (en 1620). Louis Grumet de la Devison (bachelier en droit canon, chanoine de Saint-Brieuc de 1621 à 1627, puis recteur de Guidel, il fut pourvu vers 1630 ; il publia en 1655 l'Histoire véritable de la chapelle miraculeuse de Sainte-Anne de la Bosserie. Il était encore recteur en 1662 et devait avoir alors au moins quatre-vingt-sept ans ; on croit qu'il mourut à Romagné). Jean Le Bannier (pourvu vers 1662 sur la résignation du précédent, il fit en 1678 la déclaration de son presbytère). Georges Rocher (prêtre du diocèse, en 1696 ; il fit en 1698 enregistrer ses armoiries : d'azur à une fasce d'or, accompagnée de trois rochers d'argent, deux en chef, un en pointe. Il prit part au synode de 1701 ; décédé en 1717). Nicolas Danse (il succéda au précédent et permuta presque aussitôt avec le suivant). Jean Habert (prêtre de Paris, docteur en Sorbonne, précédemment prieur de Saint-Laurent de Bellagot, au diocèse d'Angoulême, il prit possession le 9 novembre 1718 ; décédé en 1741). Jean-Baptiste Bouquay de la Moultaye (prêtre du diocèse, il fut pourvu en 1742). René Dussault (il succéda au précédent, 1754-1767). François Pasquier (prêtre du Mans, pourvu le 1er octobre 1767, il se démit l'année suivante). Jean-Gabriel Le Roux (semi-prébendé de Rennes, il fut pourvu le 17 octobre 1768 ; décédé en 1787). Georges-François de Mésange (pourvu le 3 juillet 1787, il s'exila à Jersey en 1793). Augustin Delaunay (1803, décédé en 1853). René Bordais (1853, décédé en 1872). Désiré Dory (1872-1882). Joseph Lemarié (à partir de 1882), ....

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PATRIMOINE de ROMAGNE

l'église Sainte-Anne (XV-XVIIème siècle). L'église de Romagné se compose d'une nef terminée par un chevet droit, et ses parties les plus anciennes ne remontent pas au-delà du XVème siècle ; la tour, placée au Sud, porte même à sa base la date de 1624, et les transepts n'ont été construits qu'en 1838. Elle renferme, dit M. Maupillé, « derrière le grand autel, un petit bas-relief en marbre blanc, représentant quelques scènes de la Passion, et qui doit remonter au XVIème siècle ; il provient de l'abbaye de Rillé ». Nous y avons également vu une jolie statuette de la Sainte Vierge, en terre cuite, qui semble de la même époque (nota : au presbytère se trouvait aussi un beau livre d'heures, ms., enluminé du XVème siècle). Jadis, les droits de supériorité dans l'église de Romagné appartenaient au roi en sa qualité de baron de Fougères, mais ceux de fondation et prééminence étaient au seigneur de Larchapt, qui avait ses armoiries dans la grande vitre, son banc et son enfeu dans le chanceau (Pouillé de Rennes). La sacristie date de 1624. La nef et le chœur datent du XVème siècle : la nef se termine par un chevet droit percé d'une fenêtre flamboyante à un meneau. La porte sud est, semble-t-il, romane. La tour, au sud, est datée de 1624. Le transept a été construit en 1838. On y trouve un cadran solaire qui date de 1663. De nombreux remaniements ont eu lieu au courant du XIXème siècle. Le vitrail "Sainte Anne d'Auray" date de 1891. Le vitrail représentant saint Louis et saint Martin date de 1883 (il s'agit d'une donation de la famille Lemercier de Morière). La maîtresse-vitre portait jadis les armes des seigneurs de Larchapt. On y voit encore les armoiries des familles le Mercier seigneurs de la Malays, avec la date de 1627. Les seigneurs de Larchapt possédaient autrefois un enfeu dans le choeur. Le pavé renferme quelques dalles funéraires. On trouvait jadis derrière le maître-autel un petit bas-relief en albâtre du XVIème siècle, figurant des scènes de la Passion et provenant de l'Abbaye de Rillé à Fougères : il est conservé aujourd'hui au château de la Rouërie ; 

la chapelle de la Bosserie, située route de Fougères. Elle a été édifiée en 1602, sous le vocable de sainte Anne, en exécution d'un vœu, par Pierre le Meignan sieur de la Jallonière et de la Bosserie et par Marie Eschard, son épouse. Les Eudistes y fondèrent en 1690 une maison de retraite. Le Pouillé de Rennes précise qu'en 1597, Pierre Le Meignan, sieur de la Jallonnière, fit voeu de construire une chapelle en l'honneur de sainte Anne en sa terre de la Bosserie, à mi-chemin de Romagné à Fougères ; mais il mourut avant d'avoir pu réaliser ce projet. Ce fut sa veuve, Marie Eschard, qui fit construire en 1602 le sanctuaire actuel de la Bosserie, qui forme une simple croix. Le 14 mai 1611, cette dame y fonda une messe tous les mardis. Après sa mort, les Augustins de Vitré vinrent desservir la chapelle, mais ils durent se retirer en 1636 et furent remplacés par un chapelain séculier, Eusèbe Le Meignan ; André Reste succéda à ce dernier (1679), puis vint le P. André Enouf, eudiste, qui, pourvu en 1688, introduisit à la Bosserie ses confrères de la congrégation de Jésus et Marie en 1690. Les Eudistes voulurent fonder en ce lieu une sorte de Petit-Séminaire ou plutôt de Maison de retraite, mais ils y renoncèrent bientôt et se retirèrent en 1719. La chapelle, confiée de nouveau à des prêtres séculiers, présentés par la famille Le Meignan, fut ensuite desservie par Auguste Perrault, sieur de la Harée, pourvu en 1722 ; Pierre Falourd (1747), François Le Mercier de Montigny (1756), qui devint chanoine et vicaire général de Cahors, et Julien Lagogué (1780). Ce dernier, régent du collège de Vitré, déclara en 1790 que le bénéfice de la Bosserie ne lui rapportait que 114 livres de revenu brute. Vendue nationalement pendant la Révolution, Sainte-Anne a été donnée par l'acquéreur à la fabrique de Romagné, qui en touche les revenus et continue de l'entretenir. Elle est en très-grande vénération dans tout le pays, et un prodigieux concours de pèlerins y afflue au XIXème siècle chaque année au mois de juillet (Pouillé de Rennes). Cette chapelle a été restaurée en 1980 ;

l'ancienne Chapelle du Coudray, aujourd'hui disparue et située jadis route de Saint-Sauveur-des-Landes. La chapelle du Coudray, mentionnée vers 1715, était, dit M. Maupillé, sous le vocable de saint Deluron (Pouillé de Rennes) 

l'ancienne chapelle de la Pouardière est citée en 1678 comme faisant partie de la maison de même nom sise en Romagné (Pouillé de Rennes) ;

la croix monolithe située à la Caillebotière ;

le château de Bonnefontaine (XVIII-XIXème siècle) ; 

le château de la Chasse-Beauvais (XIXème siècle) ; 

le manoir de La Riboisière (XVIIème siècle). Propriété successive des seigneurs Riboays (en 1406), de la Gravelle seigneurs de Montbourcher (en 1435), le Veneur seigneurs de Tillières (en 1501). La seigneurie est divisée en deux en 1534. Le manoir de la Haute-Riboisière devient la propriété successive des familles de Linières, d'Orenges seigneurs de la Courbe (vers 1561), du Bellay seigneurs de Conques, le Meneust seigneurs de la Vieuville (avant 1610), Roger seigneurs de la Villoutin, Baston seigneurs de Bonne-Fontaine (vers 1698 et en 1789). Le manoir de Basse-Riboisière ou du Portail de la Riboisière possédait autrefois une chapelle privée. La chapelle de la Riboisière ou du Portail fut fondée vers 1663, près du manoir de la Basse-Riboisière, par Suzanne Reste, dame de la Vigne, qui chargea Jean Pitois de la desservir. En 1742, Gilles Le Pays, sieur de la Brimanière, et Marguerite Le Fizelier, sa femme, héritière de Michel Reste, présentèrent leur fils Gilles Le Pays pour être pourvu de cette chapellenie. En 1790, le chapelain de la Riboisière avait 100 livres de rente en maison et terre et devait trois messes par semaine (Pouillé de Rennes). Propriété successive des familles le Veneur seigneurs de Tillières, Fétuel seigneurs des Orières (en 1534), Reste seigneurs de la Boissière (vers 1588), le Fizelier seigneurs de la Vigne (vers 1653), Courtais sieurs de Racinoux (vers 1661), le Fizelier (en 1711), le Pays sieurs de la Brimanière (en 1713 et en 1789) ;

le manoir de Larchat ou Larchapt (XVIIème siècle). Le seigneur de Larchat est cité dès 1161. C'était la maison seigneuriale de la paroisse. Il a été restauré au XVIIème siècle. Il exerçait un droit de haute justice à  l'auditoire de Fougères. La chapelle Saint-Jacques de Larchapt dépendait de ce manoir. Dès 1525, François Le Porc, seigneur de Larchapt, présenta pour la desservir Jean Rouaud en place de Guillaume Tubot, décédé. La chapelle a été reconstruite vers 1660. Elle était en 1682 fondée de deux messes par semaine et desservie alors par Charles de Saint-Germain. Georges Boutort en fut pourvu en 1740 (Pouillé de Rennes). Propriété des seigneurs de Larchapt en 1161, puis des familles Soubric (en 1254), le Porc seigneurs de Channé (vers 1268 et en 1616), de la Belinaye et des Prez seigneurs de la Martinais (en 1634), de la Ferrière seigneurs de Paillepré (en 1657), Bertrand sieurs de Saint-Germain de la Celle (vers 1673 et en 1789) ;

le manoir du Plessis-Couard ou du Plessis-Couarde ou du Plessis-Romagné (XVIème siècle). On y trouve un pigeonnier et un puits. Cette seigneurie fusionne en 1618 avec celle des Marinais, de La Marche et de Larchat. Propriété de Guillemette du Plessis épouse d'Olivier de la Roche en 1390, puis des familles de la Roche (en 1400), de Channé (en 1513), de Montbourcher seigneurs du Bordage, Estourbeillon seigneurs de Brin, de Channé (en 1574), de la Belinaye, de Montalembert sieurs de la Mousserie (vers 1645), Malherbe sieurs de la Moricière (vers 1672), Bertin (en 1731), Malherbes, de Saint-Germain et d'Avenel (vers 1775) ;

le manoir de La Morillonais (XVIème siècle). Ce manoir servait autrefois de refuge aux chouans ; 

le manoir de La Tancerais (XVIème siècle). Ce manoir relevait autrefois de la seigneurie de Larchat ; 

le manoir de Carcain (XVIème siècle). La seigneurie de Carcain est mentionnée vers 1540 et appartient juste avant la Révolution à la famille Huchet de Cintré ; 

le manoir de La Galandais (XVIème siècle). Ce manoir relevait autrefois de la seigneurie de Larchat ; 

la maison (XVI-XVIIème siècle), située à Bonnefontaine ; 

le four à pain, situé au lieu-dit La Blousais ; 

4 moulins à eau dont le moulin de Hubert, de Grenouillet, de Larchat et Neuf ; 

A signaler aussi : 

l'ancienne chapelle Notre-Dame se trouvait jadis dans le cimetière, sur l'emplacement actuel de l'Ecole des filles. Située jadis dans le bourg et vis-à-vis l'église, du côté opposé de la route de Rennes, cette chapelle était une construction assez élégante, dit-on, de style ogival fleuri ; on admirait surtout la fenêtre flamboyante du chevet. La tradition populaire en attribuait la fondation à la duchesse Anne de Bretagne, reconnaissante envers la Sainte Vierge d'avoir échappé en ce lieu à un grave péril ; mais il faut bien avouer que rien ne prouve la réalité de ce fait, et ce n'était point le roi, mais bien le seigneur de Larchapt qui était regardé en 1680 comme patron et fondateur de cette chapelle. En 1636, François Chevalier, sieur de la Loriais, fonda une messe tous les dimanches en ce sanctuaire. Un peu plus tard, l'on voit la confrérie du Rosaire établie au maître-autel de Notre-Dame, et Julien Préhu, sieur de la Gendrière, y fonder, le 8 décembre 1650, une grand'messe avec diacre et sous-diacre, suivie d'une procession tous les premiers dimanches du mois (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 19 ; Pouillé de Rennes) ;

l'ancien manoir de la Martinaye. Propriété successive des familles le Porc (en 1433), Pioger seigneurs de la Chaudronnaye (au début du XVIème siècle), de la Cervelle (vers 1540), des Prez (en 1559 et en 1616), Bonnier seigneurs des Grées, Fournier seigneurs de la Roullière (vers 1653), de Porcon seigneurs de la Harcherie (vers 1677), Léziart seigneurs de la Léziardière (vers 1730), de Porcon et du Bois-le-Bon seigneurs de la Choltaye (vers 1775) ;

l'ancienne Maison de la Blousais (1616) ;

l'ancien manoir de la Haute-Dauphinais (Haute-Dauphinaye). Il semble s'agir de l'ancien prieuré de ce nom, fondé en 1257 pour les Chanoines réguliers de l'Abbaye Notre-Dame la Royale en Poitou par Guillaume Soubric, seigneur de Larchapt. On y voyait au milieu du XVIème siècle un logis prioral, un cloître et une chapelle avec son cimetière. La chapelle était en ruines dès le milieu du XVIIème siècle et fut remplacée par une nouvelle chapelle. On y voyait une tombe-arcade dans le mur et plusieurs pierres tombales. Le chevet est droit et percé d'une fenêtre en arc brisé à deux meneaux (XIII –XIVème siècle).

Note : « D'or, au bâton prioral de sable, accosté de deux dauphins d'azur » (Armorial général ms. de 1698). Vers le milieu du XIIIème siècle, Guillaume Soubric, chevalier, seigneur de Larchapt, en Romagné, mû par un profond sentiment religieux et poussé peut-être par les exhortations de l'évêque de Rennes, Jean Gicquel, qui semble s'être beaucoup intéressé à son oeuvre, fonda dans la paroisse de Romagné un prieuré de chanoines réguliers qu'il donna à l'abbaye de Notre-Dame-la-Royale de Poitiers (nota : l'abbaye de Notre-Dame-la-Royale, ou de La Reau, était située sur le bord du Clain, dans la paroisse de Saint-Martin-l'Ars, évêché de Poitiers ; on ignore l'époque et les circonstances de sa fondation, et ses premiers abbés n'apparaissent qu'au XIIIème siècle). Ce fut, selon toutes les apparences, dans le cours de l'année 1257 qu'eut lieu cette fondation, comme l'indique la charte donnée par Guillaume Soubric lui-même, et que nous analyserons bientôt. Mais elle était arrêtée en projet et résolue plusieurs années auparavant. En effet, dès 1254, nous voyons Guillaume Soubric, qui avait acheté de Geoffroy de Malnoë certaines portions des dîmes de la paroisse de Parcé, solliciter de l'évêque de Rennes la ratification de son contrat, et celui-ci, en l'accordant, lui imposer pour condition expresse d'en faire l'appropriement au profit du prieuré de la Dauphinais (ou Dauphinaie), « appropriet Willelmus easdem decimas prioratui de la Daufinaie Regalis Ordinis » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). Si donc la charte de fondation est postérieure de trois années à cette concession, il est à croire, dit avec raison M. Maupillé, que le seigneur de Larchapt fut arrêté par les difficultés que lui suscitèrent les religieux de Marmoutiers, possesseurs, à raison du prieuré de Saint-Sauveur-des-Landes, de l'église de Romagné, dans la dépendance de laquelle étaient situés les domaines affectés à la fondation de la Dauphinaye. Ce ne fut, en effet, qu'au mois de janvier 1256 que Geoffroy, alors abbé de Marmoutiers, se désista, tant en son nom qu'au nom de sa communauté, de l'opposition qu'il avait manifestée, et consentit à l'établissement du prieuré. Les lettres qui constatent son acquiescement laissent apercevoir, à travers les termes de bienveillance, les sentiments dont il était animé et l'espèce de contrainte qu'il dut se faire à lui-même pour l'accorder (M. Maupillé, Notices historiques sur les paroisses des cantons de Fougères, p. 154). « C'est, en effet, dit-il en commençant, à la prière et aux instances de Raoul et d'Isabelle, seigneur et dame de Fougères, et en considération des mérites et de la valeur de Guillaume Soubric, qu'il lui accorde l'autorisation de fonder son prieuré, sans préjudice toutefois des droits de l'abbaye de Marmoutiers et du prieuré de Saint-Sauveur, et à la charge par lui et les religieux de la Dauphinaye de se conformer aux Conditions suivantes : Le prieur de la Dauphinaye (Dauphinais) ou son préposé devrait, dans les trois jours qui suivraient son institution, prêter serment sur les Saints Evangiles, dans l'église de Romagné, en présence du recteur de la paroisse et du prieur de Saint-Sauveur-des-Landes, ou bien de leur représentant, si l'un ou l'autre était absent ou empêché, de ne se permettre ni de permettre à qui que ce soit de sa dépendance aucun acte qui fût de nature à porter atteinte aux droits et prérogatives de l'abbaye de Marmoutiers, du prieuré de Saint-Sauveur-des-Landes ou de l'église de Romagné, et d'observer et de faire observer, autant qu'il le pourrait, les conventions relatives à l'exercice de la juridiction spirituelle. Or, telles étaient ces conventions, que toutes les personnes attachées au prieuré, à quelque titre que ce fût, soit comme serviteurs, familiers ou commensaux, resteraient soumises à l'église de Romagné, et toutes demeureraient, à la vie et à la mort, sujettes à la juridiction du recteur, de sorte qu'elles seraient tenues envers lui à la même obéissance et aux mêmes devoirs que les autres paroissiens, et que les religieux de la Dauphinaye ne pourraient entendre en confession, ni admettre aux honneurs de la sépulture religieuse, aucune d'elles sans l'agrément du prieur de Saint-Sauveur ou du recteur de Romagné. Les oblations et les dons mobiliers faits aux religieux de la Dauphinaye ou à leur église, soit qu'ils provinssent d'un acte entre vifs ou d'un acte de dernière volonté, devraient être partagés moitié par moitié entre les religieux d'un côté, et le prieur de Saint-Sauveur et le recteur de Romagné de l'autre ; ceux-ci auraient également droit au tiers des immeubles qui pourraient leur être donnés. Les religieux de la Dauphinaye s'interdiraient le droit d'accroître leurs domaines, par voie d'acquisition, dans toute l'étendue des fiefs du prieuré de Saint-Sauveur, et il serait stipulé que, dans le cas où il leur serait donné quelque terre, le prieur et le recteur devraient également en prendre le tiers, et que les religieux ne pourraient, plus d'un an et un jour, conserver la jouissance de la portion qui reviendrait au prieur et au recteur sous peine de voir la propriété tout entière devenir le patrimoine de l'abbaye de Marmoutiers » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 3 H, 12 – M. Maupillé, Notices précitées). Ces conditions ne manquèrent pas de paraître dures aux religieux de Notre-Dame-la-Royale, et c'est probablement à ces exigences que nous devons attribuer le retard qu'ils apportèrent à leur acceptation du prieuré que voulait fonder Guillaume Soubric. Une année tout entière sépare, en effet, l'acte d'acceptation donné par Pierre, alors abbé de Notre-Dame-la-Royale, de l'acte de consentement donné par Geoffroy, abbé de Marmoutiers (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 3 H, 12). « Le seigneur de Larchapt, heureux d'avoir pu enfin surmonter toutes les difficultés qu'il avait rencontrées pour l'exécution de son pieux dessein, et voulant témoigner à l'abbaye de Marmoutiers toute la reconnaissance qu'il éprouvait de la condescendance qu'elle avait témoignée à son égard, et en même temps l'indemniser du préjudice qui pourrait résulter pour elle de l'établissement de son prieuré, lui accorda, par l'acte même de sa fondation, une rente annuelle de 40 sous, monnaie courante, payable par le prieur de la Dauphinaye entre les mains du prieur de Saint-Sauveur-des-Landes, moitié à Pâques, moitié à la Toussaint » (M. Maupillé, Notices précitées, p. 155). Ce même acte de la fondation du prieuré de la Dauphinaye, daté de 1257, nous apprend aussi que ce nouveau monastère fut construit en l'honneur de Dieu et de la Sainte Vierge, « ad honorem Dei et Beatœ Mariœ » ; que les Bénédictins de Marmoutiers permirent aux chanoines réguliers de Notre-Dame-la-Royale d'avoir à la Dauphinaye une chapelle, un cimetière et des cloches, « quod dicta domus de la Daufinaie oratorium et cimeterium habeat cum campanis » ; que les religieux de Saint-Sauveur conservèrent le droit de cueillir toutes les prémices et toutes les dîmes, « omnes primicias, tam majores quam minores », dans tous les lieux cultivés par les chanoines de la Dauphinaye en la paroisse de Romagné, « locis et terris, quos vel quas dicti fratres de la Daufinaie per se vel par alios excolent infra metas parochiœ Beati Martini de Romagneio ». Enfin, cet acte de fondation, reconnaissant tous les droits de Marmoutiers et imposant aux religieux de la Dauphinaye l'obligation de les respecter, fut signé par Guillaume Soubric et par Pierre, premier prieur du nouveau monastère, « frater Petrus tunc temporis domus de la Daufinaie prior » (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 966, 967, 968). « Guillaume Soubric ne survécut pas longtemps à la fondation de son prieuré, car trois ans après (1260) nous voyons Perronnelle, sa veuve, la confirmer.  Elle fut encore confirmée, huit ans plus tard (1268), par acte passé devant le doyen de Fougères par Perronnelle Soubric, sa fille et sa principale héritière, qui avait porté la seigneurie de Larchapt à Juhel Le Porc, baron de Vezins, etc., dont les descendants l'ont possédée jusqu'à la fin du XVIème ou au commencement du XVIIème siècle » (M. Maupillé, Notices précitées, p. 156) Il y avait autrefois dans l'église de la Dauphinaye un grand nombre de pierres tombales, ce qui semble indiquer que les fondateurs l'avaient choisie pour le lieu de leur sépulture. Du reste, les seigneurs de Larchapt ne paraissent pas s'être réservé ce privilège exclusivement pour eux-mêmes. Dans le mur méridional de l'édifice on remarque une grande arcade à ogive surbaissée qui indique la place d'un enfeu distinct de l'enfeu seigneurial de Larchapt, probablement placé dans le choeur. Or, nous savons que vers 1316 Gilyon de Racinoux et Marguerite de Saint-Pern, sa femme  (nota : la famille de Racinoux possédait les manoirs de Racinoux, en Saint-Ouen-des-Alleux, et de la Touche, en Saint-Etienne-en-Coglès), donnèrent au prieuré de la Dauphinaye 13 livres de rente pour y fonder, dans l'église même, une chapelle où ils auraient leur sépulture. Quoique la forme de l'arcade accuse une époque plus rapprochée de nous que celle qui est indiquée par l'acte susdit, il y a tout lieu de croire que ce petit monument se rapporte à cette fondation et qu'il aura été construit ou restauré à une époque postérieure. L'époque à laquelle les chanoines réguliers abandonnèrent le prieuré de la Dauphinaye nous est entièrement inconnue. Un aveu de 1553 mentionne encore « la chapelle, les cloistres et les salles et chambres » de ce monastère comme étant en bon état ; mais, un siècle plus tard, l'église était en ruines, et un nouveau prieur, voulant en prendre possession en 1659, n'y trouva ni eau bénite, ni garniture d'autel, ni cloche. Il est vraisemblable que ce prieuré, tombé en commende depuis quelque temps déjà, fut dévasté pendant les guerres de la Ligue, peut-être par les protestants, qui, sans occuper positivement le pays, le parcoururent en différents sens et durent s'y livrer à des actes de brigandage et de destruction contre les propriétés des catholiques. Il est probable que le vieux sanctuaire de Notre-Dame ne fut jamais restauré, quoiqu'en 1759 René de Saint-Germain, seigneur de Larchapt, et Maurice Frain de la Villegontier, prieur de la Dauphinaye, écrivissent à l'intendant de Bretagne pour être autorisés par lui à opérer cette restauration (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C, 65). On s'était, en effet, contenté, après la ruine de l'église priorale, de construire à côté une autre petite chapelle provisoire ; c'est ce que nous apprennent les déclarations des prieurs en 1676 et 1790 : dans l'une il est fait mention de « la chapelle couverte d'ardoises et autre vieille chapelle toute ruisnée et caducque » ; dans l'autre acte il est dit que « la chapelle de la Dauphinaye est en bon estat », ce qui ne semble pas devoir s'entendre de l'édifice primitif, mais plutôt de la petite chapelle moderne. Le prieuré de la Dauphinaye se composait du logis prioral avec son cloître ; — de la chapelle de Notre-Dame ; — des jardins et d'un bois de haute futaie, contenant le tout 9 journaux de terre ; — de la métairie de l'Abbaye ; — de la métairie de la Haute-Dauphinaye ; — d'une rente sur la métairie de la Clémençais ; — de quelques dîmes en Parcé, évêché de Rennes, et en Saint-Sulpice, évêché d'Angers ; — d'une vigne et d'un pressoir en Clayes, au même diocèse d'Angers ; — des fiefs dont les noms suivent : la Clémençais, la Hattais, les Basses-Morières, le Brouillard, Bonnefontaine et la Morinais, en Romagné ; le Petit-Pont-Notre-Dame, en la Chapelle-Saint-Aubert ; le Mont-Romain, dans Le Loroux ; la Bouillasse, en Louvigné ; — d'une rente en grains sur le lieu de Montaubert , en Lécousse ; — enfin, d'une juridiction seigneuriale avec droit de basse justice sur tous les fiefs du prieuré (Déclarations du prieuré en 1553, 1676 et 1790). En 1790, le prieur Georges Leziart de la Villorée déclara que son bénéfice lui rapportait ce qui suit :

 

Métairie de l'Abbaye, affermée. .............................

1,000 livres

Métairie de la Haute-Dauphinaye, affermée . . .

  750

Dîmes et vignes, affermées. ...................................

  614

Rentes des fiefs par argent. ....................................

    46

Rentes des fiefs par froment, seigle et avoine. .

  354

                                                  Total du revenu.................. 2,764 livres

Quant aux charges du prieuré, voici en quoi elles consistaient :

Décimes..........................................................

 700 livres

 

Rente due au prieuré de Saint-Sauveur. .

   25

18 s.

Rente due au recteur de Romagné..............

     1

  4

Service de la chapelle, consistant en quatre messes par semaine et en un service le jour Saint-Georges. .................................

 250

 

 

Réparations et entretien divers................... 

 300

 

Total des charges.......................

1,277 livres

2 sols

Il restait donc au prieur de la Dauphinaye la somme de 1 486 livres 18 sols, nette de toutes charges (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 27). Laissons-nous maintenant guider par M. Maupillé, qui va nous décrire les ruines, très-intéressantes encore, de l'église priorale de Notre-Dame de la Dauphinaye : « Ces ruines consistent aujourd'hui en trois pans de murailles, dont l'un, à l'Est, formait le chevet de l'église ; les deux autres constituaient en partie les parois latérales, celui qui formait la façade occidentale, et dans lequel se trouvait la grande porte, ayant entièrement disparu sans qu'il en reste le moindre vestige. Ces débris, quelque déformés qu'ils soient, n'en sont pas moins précieux et méritent de fixer notre attention au point de vue de l'archéologie et de l'histoire locale ; d'abord, parce qu'ils nous offrent un curieux spécimen de l'architecture religieuse de notre pays à une époque où les monuments sont devenus très-rares aujourd'hui, et ensuite parce qu'ils nous permettent de rétablir avec exactitude la forme de l'édifice et d'apprécier son importance. D'après les données que nous pouvons tirer de ces ruines, l'église de la Dauphinaye consistait dans un vaisseau rectangulaire orienté de l'Est à l'Ouest, et mesurant en longueur 20 mètres sur 6m 50 de largeur entre les murailles. Elle était terminée à l'Est par un mur plat, au milieu duquel se dessinait une grande fenêtre que l'on admire encore aujourd'hui, encadrée dans son pignon aigu, et dans un état parfait de conservation. Malgré les nombreuses guirlandes de lierre qui se suspendent à ses meneaux et semblent se jouer au milieu de ses divers compartiments, il est facile de reconnaître la forme et la disposition de la baie, qui est celle d'une grande ogive lancéolée, encadrant trois ogives similaires, lesquelles sont couronnées dans le tympan par une rose composée de sept contre-lobes à moulures circulaires comme celles des meneaux. L'église était éclairée des deux côtés par cinq fenêtres, trois dans le mur septentrional, deux dans le mur méridional ; mais ces fenêtres différaient essentiellement d'un côté à l'autre. Les trois premières consistaient dans une simple baie d'une hauteur de 2 mètres environ et d'une largeur de 40 centimètres à la base. A l'intérieur, elles offrent un ébrasement considérable et un amortissement circulaire, tandis qu'à l'extérieur elles s'amortissent en lancettes avec des pieds-droits épanelés. La baie des secondes présentait une ogive géminée encadrée dans une ogive lancéolée. Une seule de ces fenêtres a conservé sa disposition primitive ; l'autre a perdu les meneaux qui la divisaient intérieurement. Le mur dans lequel elles sont percées est presque intact et a dû sa conservation à la destination qu'on lui a donnée, en le faisant servir d'appui à des bâtiments de service qu'on lui a accolés des deux côtés. Seulement cette destination a nécessité quelques dégradations qui en ont un peu altéré le caractère » (Notices précitées, p. 151, 152). Pour terminer cette description et donner au lecteur une idée complète des ruines de cette église, nous dirons qu'on y remarque encore, du côté de l'évangile et près du chevet, une crédence, et dans le bas de l'église, du côté opposé, une grande arcade destinée sans doute à un enfeu (et dont nous avons précédemment parlé), l'une et l'autre d'une époque postérieure à celle de la construction de l'édifice lui-même. Liste des prieurs : — Frère Pierre (1257). — Pierre Quartier (1382). — Frère Jehan Bardoul, prieur dès 1513, rendit aveu le 13 décembre 1541. — René Pinel rendit aveu au roi le 13 mars 1553. —  Jean d'Argentré, archidiacre de Dinan, prieur commendataire en 1563 et 1579. — Michel Mauclerc précéda le suivant. — Jean Aubert, principal du collège de Laon, à Paris, et interprète de Sa Majesté pour les langues grecque et latine, pourvu à Rome après le décès du précédent, rendit aveu au roi le 18 janvier 1634. — François du Hallier, décédé en 1659 évêque de Cavallon. — André Reste, prêtre, bachelier en théologie, nommé par Françoise des Prez, dame de Larchapt, prit possession le 29 septembre 1659. Mais en même temps Guillaume Aubry, prêtre d'Evreux, se fit pourvoir à Rome et prit possession le 1er janvier 1660 ; il résigna un an plus tard ses prétendus droits en faveur de François Le Marchand, recteur de Parcé, qui prit possession le 14 mars 1661. Ce dernier mourut l'année suivante, et Jean Bonnier, clerc de Lyon, se fit pourvoir à sa place du prieuré de la Dauphinaye. Pendant tout ce temps-là, André Reste demeurait seul légitime prieur, aux yeux du moins de la dame de Larchapt. — Guy de Lopriac de Coëtmadeuc, docteur en Sorbonne, diacre du diocèse, chanoine de Quimper, prieur de Saint-Christophe-des-Bois, etc., fut présenté à l'évêque, le 1er octobre 1664, par Françoise des Prez dame de Larchapt, sur la résignation faite entre les mains de cette dernière par André Reste. Il s'empressa d'acquérir les droits de Jean Bonnier, alors abbé du Val-Benoît, en lui cédant le prieuré de Jugon, et il prit possession paisiblement ensuite du prieuré de la Dauphinaye. Il devint chantre de l'Eglise de Quimper, abbé de Notre-Dame-de-la-Chaume, conseiller du roi, aumônier de la reine, etc., et résigna la Dauphinaye en faveur du suivant en 1749, se réservant une pension sur ce bénéfice. — Guillaume-François de Saint-Germain, seigneur de Larchapt et de la Celle, prêtre, demeurant à son manoir de Larchapt, fut pourvu en 1719 ; décédé en 1742. — Joseph-Charles Geffelot de Marigny, recteur de Romagné, présenté par René de Saint-Germain, seigneur de Larchapt, fut pourvu en 1742 et prit possession le 4 septembre de cette année ; décédé en 1757. — Maurice-Gabriel Frain de la Villegontier, docteur en Sorbonne, fut nommé en mai 1757 ; décédé en 1773. — Hippolyte Hay de Bonteville, abbé de Notre-Dame-de-Celles, en Poitou, et vicaire général d'Aix, en Provence, fut présenté le 6 août 1773 par Louis-César de Saint-Germain, seigneur de Larchapt, l'évêque, qui le pourvut le 19 du même mois. Il prit possession de la Dauphinaye le 26 août 1773 et devint évêque de Grenoble ; décédé en 1788. — Georges-Hyacinthe Leziart de la Villorée, clerc du diocèse, fut pourvu le 20 novembre 1788 et conserva le prieuré de la Dauphinaye jusqu'à l'époque de la Révolution (abbé Guillotin de Corson) ;

l'ancien manoir de la Basse-Dauphinais. Propriété successive des familles de Cornillé (en 1419), de Lescoët (en 1478), le Provost seigneurs de Saint-Mard (en 1485), Vivien seigneurs de la Vigne (en 1614), Lorfeuvre sieurs du Boisnouault (vers 1681), du Pontavice seigneurs du Bourboulier (au début du XVIIIème siècle et en 1789) ;

l'ancienne Maison de la Marche. Elle possédait jadis une motte et une chapelle privée. La chapelle de la Marche, dépendant de cette maison et fondée d'une messe par semaine, était aussi en 1663 desservie par Jean Pitois, présenté par Suzanne Reste, dame de la Vigne (Pouillé de Rennes). Propriété successive des familles de Champeaux seigneurs du Moulin-Blot (en 1427 et en 1540), de Coaisnon (en 1559), le Moyne sieurs de la Gasneraye (en 1600). Au XVIIème siècle, les terres sont divisées en deux parties. Une partie devient propriété des familles du Reste, de Vallois sieurs de Villiers (à la fin du XVIIème siècle), le Bouteiller seigneurs des Haries (vers 1731 et en 1773). L'autre partie devient propriété des familles Maignan sieurs de la Jallonière (au XVIIème siècle), Avenel sieurs de Patrion (en 1730), de la Villegontier seigneurs de Marbré, de Mésanger, Lefort (vers 1775) ;

l'ancien manoir de la Chapelle-Saint-Etienne, situé route de Fougères à Vendel. La chapelle privée avait été démolie par ses possesseurs protestants, puis reconstruite après la Ligue. Ce sanctuaire, fort ancien, dépendait du manoir de la Chapelle, possédé en 1513 par Adrien de Champeaux. Les successeurs de celui-ci, ayant embrassé l'hérésie protestante, démolirent cette chapelle, qui donnait son nom à la terre. Elle fut reconstruite par Julien Préhu, sieur de la Gendrière, et Marguerite Desbois, sa femme ; ceux-ci y faisaient dire souvent la messe, quoiqu'elle ne fût pas fondée, « pour arrester le cours de plusieurs malheurs qui arrivoient sur ledit lieu de la Chapelle depuis le passage des hérétiques ». Mais le 2 juin 1662, Marie Lasne, veuve de François Préhu, sieur de la Chapelle, fils des précédents, y fonda trois messes par semaine. En 1665, le fils de cette dame, Julien Préhu, sieur de Brezel, propriétaire de la Chapelle-Saint-Etienne, confirma cette fondation et assura 75 livres de rente au chapelain (Pouillé de Rennes). Au XVIIIème siècle, les Hospitalières de Fougères possédaient la terre de la Chapelle-Saint-Etienne ; elles y nommèrent chapelain en 1756 Jean Lambert en place de Pierre Le Texier, démissionnaire, et en 1790 elles déclarèrent que cette terre valait 1300 livres de rente (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 19 ; 1 V, 27). Propriété successive des familles de Champeaux seigneurs du Moulin-Blot (en 1502 et en 1513), de Coaisnon seigneurs de la Marche (en 1559 et en 1574), Ruellan seigneurs du Tiercent (avant 1619), Préhu sieurs de la Gendrière (en 1619), puis des Hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Fougères (en 1715 et en 1793) ;

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ANCIENNE NOBLESSE de ROMAGNE

La seigneurie de Larchapt : Située à environ deux lieues de Fougères, dans la paroisse de Romagné, la terre de Larchapt est une de celles dont on connaît mieux les possesseurs depuis le XIIème siècle. Les actes de l'abbaye de Rillé constatent, en effet, à cette époque reculée l'existence de Guy de Larchapt qui, en 1161, donna à ce monastère la terre de Pérouzel, au nom de Séquard, son oncle (Maupillé, Notices sur les cantons de Fougères, 164). Au siècle suivant un chevalier du nom de Guillaume Soubric possédait Larchapt ; il fonda, en 1257, non loin de son manoir, un prieuré et une belle chapelle à la Haute-Dauphinaye en Romagné ; il donna le tout aux chanoines réguliers de l'abbaye Notre-Dame la Royale au diocèse de Poitiers. Mais il ne survécut pas longtemps à cette pieuse fondation que confirma trois ans plus tard, en 1260, sa veuve appelée Perronnelle (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 967). Guillaume Soubric laissa sa seigneurie de Larchapt à sa fille Perronnelle Soubric qui se trouvait dès 1268 mariée à Juhel Le Porc, seigneur de Charné. Leur descendant Pierre Le Porc, seigneur de Larchapt à la fin du XIVème siècle, rendit aveu en 1413 pour cette terre au baron de Fougères ; gouverneur du château de Mayenne, il se distingua dans la guerre contre les Anglais et fut tué en 1427 dans le combat que ces derniers, assiégeant alors Pontorson, livrèrent sur les grèves du Mont Saint-Michel ; les Anglais envoyèrent son corps à la garnison de Pontorson pour l'engager à se rendre en voyant la perte qu'avait faite son parti, ce qui prouve en faveur des talents et de la vaillance du seigneur de Larchapt. Son fils, nommé aussi Pierre, lui succéda ; en 1430 ce Pierre Le Porc prêta serment de fidélité au duc de Bretagne en qualité de gouverneur de Fougères ; il mourut vers 1448. Raoul Le Porc, seigneur de Larchapt après lui, épousa en premières noces Jeanne de la Barillère, puis Marie de Gougues, dame d'honneur de la Duchesse en 1475. Il prit part en 1451 aux Etats de Vannes et laissa de son premier mariage un fils Guillaume Le Porc. Ce dernier, seigneur de Larchapt, conspira contre le duc de Bretagne ; François II l'en punit en confisquant la terre de Larchapt qu'il donna en 1487 à Thébaud du Matz. Toutefois Guillaume Le Porc obtint son pardon et rentra en possession de sa seigneurie (Bulletin historique de la Mayenne, IV, 252) ; il épousa en 1488 Rose de Goulaine ; cette dame devenue veuve se remaria en 1495 avec Jean de Beau­mont, seigneur du Bois de Sanzay (Généalogie de la maison de Goulaine). François Le Porc, fils de Guillaume, rendit aveu au roi pour sa terre de Larchapt en 1506 ; il s'unit à Nicole de la Rivière d'Auverné et mourut le 17 avril 1548 (Archives de Loire-Inférieure, voir Romagné). Son fils aîné, Jean Le Porc, avait épousé par contrat du 15 juin 1535 Marthe de la Porte, fille du baron de Vezins en Anjou et très riche héritière ; il fut stipulé dans ce contrat que si la ligne masculine des de la Porte venait à s'éteindre les Le Porc ajouteraient à leur nom celui de la Porte et écartèleraient leurs armes de celles des de la Porte (Du Paz, Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 337). Jean Le Porc fit hommage au roi en 1549 pour sa seigneurie de Larchapt (Archives de Loire-Inférieure, B, 1008). Son fils Jacques Le Porc, baron de Vezins, épousa en 1556 Claude de La Noue, soeur du célèbre capitaine La Noue Bras-de-Fer ; en 1565 Jean Le Porc était mort et Jacques lui succédant fit hommage le 30 juin pour la terre de Larchapt (Archives de Loire-Inférieure, B, 1009). 

De son union avec Claude de La Noue Jacques Le Porc eut un fils dont la jeunesse fut un vrai roman. Son histoire nous a été conservée par les Commentaires de Pocquet de Livonnière sur les Coutumes d'Anjou (Voir La Revue illustrée de Bretagne et d'Anjou, III, 5). Pour des raisons demeurées inconnues, le seigneur de Larchapt détestait cet unique garçon nommé René que lui avait donné sa femme. Dès l'âge de trois ans, il l'envoya loin de lui, en 1563, dans une terre de sa femme près de Châteaudun. Bientôt après il chargea deux domestiques affidés d'y aller prendre l'enfant, et sous prétexte de le conduire au manoir du Plessix-Casson qu'il possédait près de Nantes, de le perdre, de l'égarer, de le faire disparaître d'une manière quelconque. « Reculant devant l'horreur d'une pareille commission, les deux domestiques ramenèrent l'enfant en Anjou, s'arrêtèrent dans la petite ville des Rosiers, sur les bords de la Loire, imaginèrent que, frappé par une maladie subite, il y était mort le 19 octobre 1563. Une buche simula le corps de l'enfant dans la bière, un enterrement fut célébré, et le curé des Rosiers leur délivra un certificat de la mort et de l'inhumation du jeune René, certificat qu'ils apportèrent au baron de Vezins, avec les vêtements de son fils » (Revue illustrée de Bretagne et d'Anjou, III, 5). Profitant du séjour ordinaire de Jacques Le Porc dans ses terres d'Anjou, ses domestiques mirent l'enfant entre les mains d'un homme de confiance qui le conduisit à Larchapt et le confia au fermier de cette terre en lui cachant soigneusement son nom ; le fermier de Larchapt éleva le fils de son maître sans le connaître, comme un pauvre enfant trouvé recueilli par charité. « En 1573, René Le Porc avait treize ans lorsqu'il fut mystérieusement enlevé de chez le fermier qui l'avait élevé ; on le livra aux mains d'un marchand qui le conduisit à Genève, où il le plaça en qualité d'apprenti chez un cordonnier de la ville » (Revue illustrée de Bretagne et d'Anjou, III, 6). Il y fut découvert par un singulier hasard. « Un jour que La Noue Bras-de-Fer se trouvait à Genève, où il avait commandé une paire de chaussures, il fut frappé de la ressemblance extraordinaire qui existait entre le jeune cordonnier qui les lui apportait et son beau-frère Le Porc de Vezins. Il n'avait jamais été très convaincu de la mort de son neveu aux Rosiers, et il soupçonnait que l'enfant pouvait bien exister quelque part, inconnu de tous et de lui-même. Il interroge le jeune homme, qui avait de vagues ressouvenirs de son enfance agitée, et bientôt il ne doute plus qu'il est en présence de l'enfant de sa soeur. Il lui fait quitter ses habits et son métier de cordonnier, l'attache à sa personne, le fait instruire dans les lettres et dans les armes et le garde auprès de lui, après l'avoir fait reconnaître par son oncle paternel le seigneur du Plessix de Gesté, époux de Marthe Le Porc » (Revue illustrée de Bretagne et d'Anjou, III, 5). Pendant que s'écoulait ainsi la jeunesse de René Le Porc, sa mère, Claude de la Noue, mourait en 1573 et son père se remariait en 1578 avec Louise de Maillé. De cette seconde union naissaient deux enfants, Jean et Marquise. Le 28 décembre 1585 Jacques Le Porc, baron de Vezins et seigneur de Larchapt, décéda à son tour et sa veuve Louise de Maillé, s'empressant de s'emparer de tous ses biens comme tutrice de ses enfants, fit hommage au roi pour la seigneurie de Larchapt (Archives de Loire-Inférieure, B, 1012). C'est alors que René Le Porc, aidé de ses oncles, entreprit de se faire reconnaître et réclama ses droits d'aîné de la famille. Grâce à l'argent de La Noue, il put entreprendre un procès contre sa belle-mère ; commencé en 1589, ce procès donna lieu à bien des enquêtes, et Louise de Maillé, remariée au vicomte de la Fautrière, mourut sur les entrefaites en 1592. Ses deux enfants, Jean et Marquise, prirent la suite de ce procès qui dura onze ans et coûta cent mille livres : un arrêt du Parlement en date du 5 août 1600 reconnut enfin les droits de René et lui rendit la fortune de son père. Depuis longtemps l'opinion publique s'était si bien prononcée en faveur de René Le Porc que dès 1589 il avait pu épouser Anne de la Tour-Landry, fille du comte de Châteauroux. Néanmoins les difficultés de la vie lui troublèrent probablement le cerveau, car en 1611 il se trouvait interdit et ce fut sa femme qui fit hommage au roi en son nom et comme sa curatrice pour la seigneurie de Larchapt (Archives de Loire-Inférieure, B, 1011) ; il mourut du reste peu de temps après et Anne de la Tour-Landry se remaria à Claude Gouffier, duc de Roannois. François Le Porc de la Porte, leur fils, marquis de Vezins, épousa Marie de Goulaine et rendit hommage au roi, le 30 avril 1616, pour sa terre de Larchapt (Archives de Loire-Inférieure, B, 1011). Quelques années plus tard cette seigneurie changea de maître. Larchapt passa, probablement par acquet, aux mains d'Olive de la Belinaye, veuve de N. des Prez, sgr de la Martinaye, qui en fit hommage le 17 mai 1634 (Archives de Loire-Inférieure, B, 1011). Celle-ci laissa par héritage la seigneurie de Larchapt à sa fille Françoise des Prez qui rendit hommage à son tour le 14 novembre 1657 (Archives de Loire-Inférieure, B, 1011) ; cette dame était alors mariée à René de la Ferrière, seigneur de Paillepré ; devenue veuve, elle épousa Jacques Cochard, sieur de Souliers. De sa première union elle avait eu deux enfants François et Perronnelle de la Ferrière ; François prit le titre de seigneur de Larchapt, mais mourut jeune et Larchapt échut à sa soeur Perronnelle de la Ferrière, femme de Jacques-Bertrand de Saint-Germain, seigneur de la Celle. La famille de Saint-Germain conserva jusqu'en 1789 la seigneurie de Larchapt. Jacques-Bertrand de Saint-Germain en fournit la déclaration à la baronnie de Fougères en 1680. Il laissa Larchapt à son fils Pierre-François de Saint-Germain, époux de Marie-Anne Onfray, qui fit hommage au roi en 1730 et mourut le 1er mai 1740 (Archives de Loire-Inférieure, B 161 et 1032). René-Pierre de Saint-Germain, fils du précédent, lui succéda, mais en 1764 il se trouvait mis en interdiction et avait pour curateur son frère cadet Louis-César de Saint-Germain (Archives d'Ille-et-Vilaine, E 124) ; il mourut sans postérité le 31 mai 1773 et Louis-César hérita de la seigneurie de Larchapt. Celui-ci avait épousé Charlotte Quenouard, mais l'un et l'autre étaient morts lorsque, le 30 juin 1784, leur fille et héritière Marie-Anne-Françoise de Saint-Germain fit le dernier hommage au roi de la terre seigneuriale de Larchapt qui lui appartenait encore en 1788 (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 133 – Archives de Loire-Inférieure, B, 993). 

La seigneurie de Larchapt, moyenne justice à l'origine, était avant le XIXème siècle considérée comme ayant une haute justice. Elle comprenait un assez grand nombre de fiefs disséminés en Romagné et en Lécousse ; sa juridiction s'exerçait à Fougères en 1767. Le seigneur de Larchapt avait : droit prohibitif de seigneur patron et fondateur dans l'église de Romagné et dans la chapelle Notre-Dame sise au cimetière paroissial, avec toutes les prééminences attachés à ces titres ; — droit de fondateur et présentateur du prieuré et de la chapelle Notre-Dame de la Dauphinaye, de la chapelle Saint-Jacques du manoir de Larchapt, de la chapelle Sainte-Magdeleine à Fougères au bas du faubourg Saint-Léonard, de la chapelle de Pinoche dans le faubourg du Marchix également à Fougères, — et enfin droit d'enfeu en l'église Saint-Sulpice de cette ville, dans la chapelle Saint-Guillaume, à gauche du choeur, avec droit de banc, d'accoudoir et d'armoiries en sa verrière (Archives de Loire-Inférieure, voir Romagné). Le sire de Larchapt exerçait dans la paroisse de Romagné un droit de saut fort original que les anciens aveux font ainsi connaître : « Les hommes de la paroisse de Romagné qui épousent filles en icelle et y demeurent le premier an de leurs épousailles, doibvent au seigneur de Larchapt le debvoir de sault, le lundy des féries de la Penthecoste, de chacun an, à l'issue des vespres qui se disent à la revenue de la procession qui tournoie ledit jour ladite paroisse. Et chacun desdits hommes mariés doit saulter par trois fois par dessus ou par dedans une cave pleine d'eau estant au dessoubs dudit bourg de Romagné dans le pastis de la Hardouinaye, pour cet effet érigée ; et, ce fait, ledit seigneur, ses recepveurs ou commis doibvent audit jour à tous lesdits saulteurs dix sols monnoye pour estre convertis en vin ou employé comme ils verront ; et faulte auxdits hommes et subjets de faire ledit debvoir, sont condamnés à l'amende ».  Ajoutons que de son côté le seigneur de Larchapt, pour prévenir les accidents, devait chaque année faire curer et nettoyer cette cave et même la faire « paver de mottes » (Déclaration de la seigneurie de Larchapt en 1741).

Le domaine proche de Larchapt était peu considérable : il ne comprenait guère que le vieux manoir de ce nom, sa retenue, son moulin et la métairie de la Porte. Abandonné par la famille Le Porc, richement possessionnée ailleurs tant en Anjou qu'en Haute et Basse-Bretagne, le manoir de Larchapt fut restauré au XVIIème siècle par ses nouveaux possesseurs qui vinrent l'habiter et dont les descendants y demeurèrent jusqu'à la Révolution. Vers 1660, Mme de la Ferrière y releva en l'honneur de saint Jacques le Majeur une chapelle signalée dès le XVIème siècle et dans laquelle elle fit placer les armoiries des familles des Prez et de la Ferrière (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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