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SAINT-OUEN-LA-ROUERIE |
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La commune de
Saint-Ouen-la-Rouërie ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAINT-OUEN-LA-ROUERIE
Saint-Ouen-la-Rouërie vient de saint Ouen, évêque de Rouen en 641 (encore surnommé Dadon ou Audoenus).
Cette paroisse, de l'ancien évêché de Rennes, dépend dès le XIème siècle de la baronnie de Combourg. En effet, vers l'an 1065, Rivallon (ou Rivoallon ou Riwallon) de Combourg donne l'église de St Ouen de Rouerie à l'abbaye de Marmoutiers en Touraine pour être annexée au prieuré de Combourg.
Le Pouillé de Rennes indique que vers le milieu du XIème siècle, Riwallon, seigneur de Combourg, donna aux religieux de Marmoutiers établis par lui au prieuré de Combourg deux métairies en la paroisse de Saint-Ouen-de-la-Rouairie (Saint-Ouen-la-Rouërie) ; peu de temps après il ajouta à ce don celui de l'église même de Saint-Ouen, avec ses dîmes, ses oblations, ses droits de sépulture et toute sa terre (« Ecclesiam quamdam in parrochia Redonensis episcopi sitam, in honorem B. Audoeni archiprœsulis Rotomag. extructam, quam ecclesiam de Revocaria vocant, cum decima, oblatione, sepultura integra, terra denique tota » - Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 426). Ces donations furent approuvées par Aremburge, femme du donateur, et par leurs enfants, Guillaume, Jean, saint Gilduin, Geffroy et Advise. Conan II, duc de Bretagne, les confirma lui-même antérieurement à la fin de l'année 1066. A la fin du siècle suivant, en 1197, Herbert, évêque de Rennes, confirma à son tour les Bénédictins de Marmoutiers dans la possession de l'église de Saint-Ouen, de ses dîmes et de toutes ses dépendances, « ecclesiam Sancti Audoeni de Ravoreia cum decimis et pertinenciis suis » (Bulletin de l'Association bretonne, III, 240). Ainsi, dès le XIème siècle Saint-Ouen-de-la-Rouairie (Saint-Ouen-la-Rouërie) existait comme paroisse. Le prieur de Combourg y conserva des terres et des droits importants jusqu'à la Révolution. Toutes les grosses dîmes de Saint-Ouen lui appartenaient en effet, mais il devait céder au recteur le sixième boisseau de ces dîmes. Ce recteur de Saint-Ouen, longtemps présenté par l'abbé de Marmoutiers, avait droit, en outre, au tiers des menues dîmes et à toutes les dîmes novales. Mais au XVIIIème siècle, il renonça à toutes ces dîmes, parce que le prieur de Combourg promit en 1769 de lui payer une pension congrue de 500 livres et de donner 200 livres à chacun de ses vicaires. Ce recteur jouissait aussi d'un presbytère et d'un pourpris composé, en 1679, d'un jardin, d'un verger et d'un champ (Registre des insinuations ecclésiastiques de l'évêché de Rennes). La paroisse de Saint-Ouen devait au moyen-âge deux rentes appelées gardes, l'une de 60 sols au baron de Fougères, et l'autre de 40 sols au sire de Pacey, parce que ces seigneurs s'engageaient à la protéger contre les incursions des Normands, notamment lorsque les habitants de Saint-Ouen allaient en procession au Mont Saint-Michel. En 1605, cette procession solennelle se faisait encore.
L'histoire de Saint-Ouen-la-Rouërie est étroitement liée à celle de la famille Tuffin de la Rouërie qui n'apparaît avec certitude qu'au début du XVème siècle (bien qu'on prétende que Berthe de la Rouairie, fille de Roger et de Rateline de Combourg aurait été mariée à Robert Tuffin en 1147). Le château de la Rouërie, maison seigneuriale de la paroisse, avait un droit de haute justice et a été érigé en vicomté en 1614, puis en marquisat. Pendant la Révolution, le nom de Saint-Ouen-la-Rouërie est remplacé par "Ouen-la-Montagne". Le Prieuré de Combourg possédait au bourg de Saint-Ouen-la-Rouërie au XVIIème siècle une maison qui avait un droit de haute justice.
On rencontre les appellations suivantes : Ecclesia de Revocaria (en 1066), Sanctus Audoenus de Ravoreia (en 1197), Sainct Ouan de Roeria (en 1516).
Note 1 : A l'extrémité de la paroisse de Saint-Ouen, et tout près du château de la Rouairie, se trouve sur un ruisseau un pont qui porte le nom de Pont-à-la-Malade ; les terres qui l'avoisinent s'appellent les Maladreries. Nul doute, par suite, qu'il n'ait existé jadis un petit hôpital en ce lieu. De plus, la tradition dit qu'une chapelle dédiée à sainte Magdeleine s'élevait autrefois près de là. Il est certain qu'au XVIIème siècle la chapelle Sainte-Magdeleine se trouvait dans le cimetière de Saint-Ouen-la-Rouërie, tout près de l'église paroissiale ; mais peut-être, ayant été détruite au XVème siècle, avait-elle été transférée du Pont-à-la-Malade au bourg. Nous voyons, en effet, le duc de Bretagne Pierre II établir au bourg de Saint-Ouen-la-Rouërie, à la requête du prieur de Combourg, la foire de la Magdeleine, « ledit lieu ayant été détruit et désolé par les guerres » (Bibliothèque Nationale, ms. lat.).
Note 2 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Saint-Ouen-la-Rouërie : Bertrand Le Barbier (1585-1608). Robert Burgot (pourvu vers 1608, il fut convaincu de crime et obligé en 1619 de résigner à Jean Le Sage). Julien Chantoux (pourvu en cour de Rome, il débouta Jean Le Sage et N... Le Boulanger, que présentait l'abbé de Marmoutiers. Après un long procès il fut maintenu dans sa cure, vers 1620). Jacques Houille (1624-1645). René Gavard (pourvu en 1645, il résigna en faveur du suivant en 1666 ; décédé le 13 janvier 1693). Bonabes Gavard (frère du précédent, pourvu vers 1666, il rendit aveu au roi en 1679 et se démit en 1687 ; décédé le 2 avril 1691 à la Hautière et inhumé le 3 dans l'église). Julien Loysel (il fut pourvu en 1688 ; décédé le 28 janvier 1708 et inhumé le lendemain dans son église). Julien Le Pelletier (natif de la paroisse, il fut pourvu le 9 mars 1708 ; décédé le 16 octobre 1736, âgé de soixante ans, et inhumé dans l'église). Jean Pirotais (prêtre du diocèse, il fut pourvu le 19 novembre 1736 ; décédé le 15 mai 1755 et inhumé le 16 dans son église). Julien-François Coullon (prêtre du diocèse, pourvu le 13 juin 1755, il se démit en 1759 et devint recteur de Liffré). Siméon-François Thomas (prêtre du diocèse, pourvu le 22 décembre 1759, se démit en 1772). François Jouanne (pourvu le 3 avril 1772, il fut enfermé à Saint-Melaine en 1792 et exilé à Jersey en 1793. Rentré dans sa paroisse en 1800, il fut réinstallé en 1803 ; décédé âgé de soixante-douze ans, le 13 mars 1807). François-Marie Richer (1807, décédé en 1820). François Sourdin (1820-1823). Joseph Tostivint (1823, décédé en 1847). François Renoult (1817, décédé en 1859). Pierre Voisin (1859, décédé en 1874). Julien Hubert (à partir de 1874),...
Voir
"
Origines
de la paroisse de Saint-Ouen-la-Rouërie
".
Voir
"
François Gavard,
prêtre natif de Saint-Ouen-la-Rouërie, mis à mort par les colonnes mobiles en 1799
".
PATRIMOINE de SAINT-OUEN-LA-ROUERIE
l'église
Saint-Ouen (vers 1886), oeuvre des architectes Mellet et Prioul, et édifiée en remplacement d'un ancien
sanctuaire de 1661 qui comprenait une nef, un choeur et un transept. Dédiée
dès le XIème siècle à saint Ouen, archevêque de Rouen, cette église a
pour seconds patrons saint Nicolas et saint Lunaire. De l'édifice primitif
subsistait jadis toute la côtière septentrionale de la nef ; trois baies
romanes, sans aucune ornementation, s'y dessinaient dans le plein de la
muraille et témoignaient de sa haute antiquité. Le reste du temple était
beaucoup plus moderne ; c'était un vaisseau en forme de croix latine. Le
transept du Nord présentait la date de 1645 et celui du Sud celle de 1661.
Le choeur était en partie de 1768, la grande porte occidentale de 1775, et
la sacristie, simulant extérieurement une abside, de 1804. On remarquait en
cette église l'intertransept, surmonté d'une voûte surbaissée dont les
arêtes étaient formées par des pierres plates en granit, sans arcs
doubleaux. C'est sur cette voûte que reposait le clocher. « Le retable
du grand autel, qui est en bois, est remarquable par son tabernacle, qui
doit être une oeuvre du XVIème siècle. Il est à cinq pans, et chacun
d'eux est orné d'une petite statuette. Sur la face antérieure et sur la
porte du tabernacle est Notre-Seigneur Jésus-Christ, tenant un globe dans
la main et semblant évangéliser. A droite et à gauche, l'apôtre saint
Jean et un autre apôtre qui n'est pas bien caractérisé. Enfin, sur les
deux côtés, les apôtres saint Pierre et saint Paul. L'église de
Saint-Ouen possède un calice du XVIème siècle ; sa hauteur est de 30
centimètres. La tige est ornée de colonnettes dans le genre renaissance et
de huit médaillons. La coupe est octogone. Le pied est relevé par divers
ornements, dont les uns affectent la forme de flammes, les autres la forme
de langues, symbolisant sans doute la double manifestation de l'Esprit de
Dieu par la charité et la prière (M. Maupillé, Notices historiques
sur les paroisses du canton d'Antrain, 174). Le sire de Combourg se fit
maintenir en 1696 dans la possession de son droit de seigneur supérieur en
l'église de Saint-Ouen-la-Rouërie (Archives Nationales, P. 1715), mais les
autres prééminences y appartenaient au seigneur de la Rouairie. Ce
dernier, dit Du Paz, avait « son enfeu prohibitif au chanceau de ladite
église, ses armoiries et escussons en la principale vitre derrière le
grand autel et en toutes les autres vitres, et la lisière et ceinture
dedans et dehors icelle église armoiées de ses armes et alliances »
(Histoire généalogique de Bretagne, 515). Aussi fut-ce dans le sanctuaire
de Saint-Ouen que furent successivement inhumés Guillaume Tuffin, seigneur
de la Rouairie, décédé vers 1574 ; Marie Tuffin, dame de Vaugarny,
décédée en 1627 ; Gilles Tuffin, décédé en 1628, à l'enterrement
duquel fut donné beaucoup d'argent et de serge noire aux pauvres de la
paroisse ; Jean Tuffin, prêtre et seigneur de la Motte, décédé à la
Rouairie en 1681 ; Honoré Tuffin, comte de Cornet, décédé en 1696, etc.
On y déposa aussi en 1754 le coeur de Jacques Tuffin, seigneur de la
Rouairie, décédé à Rennes, et en 1783 le corps d'Auguste Tuffin de la
Rouairie, chanoine de Rennes, mort à la Choltais, en Antrain. Plusieurs
confréries existaient jadis en l'église de Saint-Ouen-la-Rouërie : celle
du Rosaire y fut établie le 18 mai 1625 par les Dominicains de Bonne-Nouvelle,
à la requête du recteur Jacques Houitte et de ses prêtres, alors au
nombre de onze (nota : ils se nommaient François Battais, Jean Dauguet,
Jean Deshais, Pierre Champais, Etienne Rougnon, Jean Daby, Louis Gardais,
Jacques Gavard, Louis Allice, Julien Guiborel et Pierre Frain - Archives
départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 H, 5) ; celles des Cinq-Plaies de
Notre-Seigneur et de Notre-Dame y sont signalées en 1690. Beaucoup de
fondations de messes existaient à la même époque en cette église, ce qui
explique le grand nombre de prêtres qui y officiant alors. La vieille
église a disparu vers la fin du XIXème siècle (Pouillé de Rennes). Les armes des seigneurs de la Rouërie se
lisaient jadis sur une litre extérieure et intérieure de l'ancienne
église : ces seigneurs avaient aussi autrefois un enfeu dans le choeur et
leurs armes sur les vitres. Les fonts baptismaux de l'église actuelle datent du XVIème siècle. Les trois
cloches proviennent de l'ancienne église. La tabernacle date du XVIème
siècle : il présente cinq faces ornées de statuettes. L'église abrite
des statues de saint Nicolas et saint Ouen (XVIIIème siècle) ;
l'ancienne
chapelle Saint-Nicolas, aujourd'hui disparue. Cette chapelle se trouvait
dans le cimetière de Saint-Ouen-la-Rouërie et au Midi de l'église. Au
XVIIème siècle on l'appelait aussi Sainte-Magdeleine, d'après Du Paz, qui
en parle en ces termes : « Dedans le cimetière de ladicte église de
Saint-Ouen y a une chapelle fondée en l'honneur de Dieu et de la saincte
Magdeleine et un autel au bout d'en haut, de ladicte chapelle, et un peu
plus bas y a un autre autel et l'image de sainct Nicolas où ceux qui sont
subjets au mal des gouttes autrement chirargie et podagrie, vont réclamer
l'aide de Dieu par l'intercession dudict sainct qu'on appelle vulgairement
sainct Nicolas de la Rouerie ; laquelle chapelle est et appartient au prieur
de Combour par accord faict entre l'un des prieurs dudict lieu et l'un des
seigneurs de la Rouerie » (Histoire généalogique de Bretagne, 515). A
cette époque, la chapelle de Saint-Nicolas était en grande vénération ;
on y venait en pèlerinage de tous les alentours et parfois même de Rennes.
On y disait une messe fondée tous les lundis, et les confréries de
Saint-Nicolas et des Saints Sébastien, Roch et Fiacre y étaient érigées.
Quoique ce sanctuaire dépendit du prieuré de Combourg, le recteur de
Saint-Ouen-la-Rouërie prétendait en 1679 y avoir droit au tiers des
oblations. L'on y voyait aussi un tableau représentant les trois Maries.
Cette chapelle a été rasée lorsqu'en 1804 l'on reconstruisit le haut de
l'église paroissiale. La vieille statue de saint Nicolas a été toutefois
transférée dans le transept méridional de cette église et l'on continue
à la fin du XIXème siècle d'y venir en pèlerinage ; l'on y évangélise
même beaucoup d'enfants le 9 mai, fête de saint Nicolas d'été (Pouillé de Rennes) ;
l'ancienne
chapelle de la Madeleine, aujourd'hui disparue et située jadis près du
Pont à la Malade. Son nom semble rappeler une ancienne léproserie ;
l'ancienne
chapelle située près du village de la Bastille. Elle possédait, dit-on
autrefois, un cimetière ;
la
croix située au lieu-dit "La Croix-Bouëssée". Non loin de cette
croix, 17 habitants du bourg de Saint-Ouen-la-Rouërie ont été égorgés
la nuit du 6 au 7 avril 1796 par les chouans ;
la
croix de la Villeauray. Son fût est armorié et daté de 1633 ;
le
château de la Rouërie ou Rouairie (1620-1630), remanié au XVIIIème
siècle (vers 1730) et au XIXème siècle. Une de ses pierres porte la date
de 1624. On y voyait jadis un grand portail, une chapelle privée et un
colombier. La chapelle de la Rouairie se trouvait à l'entrée de la cour de
cet antique manoir ; elle était fondée de messes et eut pour chapelains M.
Pelletier en 1754, et Jacques Lainé, décédé le 6 octobre 1781 (Pouillé
de Rennes). Propriété de Armand Tuffin de la Rouërie, héros de la guerre
d'Indépendance des Etats-Unis et fondateur de la chouannerie bretonne. La Rouairie relevait
encore de Combourg en 1682 ;
le
château des Blosses (1885-1890), édifié par Madame Edouard Barbier ;
la
maison (XVIIIème siècle), située au lieu-dit Les Coudreaux ;
le
manoir du Boschet, au lieu du Fresne (XVIIIème siècle), édifié par Joseph Tuffin
seigneur de la Vigne en 1727 ;
l'oratoire
de la Fontaine-à-Guillaume (1890). Il s'agit en fait d'une fontaine ;
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moulins
dont le moulin à eau de la Morinais, du Val, de Haut-Hulin, de la
Chatterie, du Bas, du Rocher, de Guibéré (à tan);
A signaler aussi :
la
découverte de tuiles gallo-romaines (Vème siècle), près du village de la Hautière ;
le
logis de Sesmaisons, situé au bourg et propriété de la famille Tuffin aux
XVIIème et XVIIIème siècles ;
le
logis de la Vigne, situé au bourg et reconstruit après la Révolution.
Propriété de la famille Tuffin en 1670 ;
la
Grande Auberge et la Maison de l'Ecu, toutes les deux situées au bourg ;
l'ancien
manoir de la Brebionnière. Propriété de la famille du Chastellier en 1427 ;
l'ancien
manoir des Chastelets, situé route de Coglès. Propriété successive des
familles de Brégel sieurs du Coudray (en 1628), Durand sieurs de la
Minière (vers 1646), Tuffin marquis de la Rouairie (en 1762) ;
l'ancien
manoir du Teillay ou du Heillet, situé route de Saint-Brice-en-Coglès. Il
s'agit d'une dépendance de la vicomté de la Rouairie ;
l'ancien
manoir de Tolleville, situé route de Tremblay. Propriété de la famille de
Porcon avant le milieu du XVIème siècle ;
ANCIENNE NOBLESSE de SAINT-OUEN-LA-ROUERIE
La vicomté de la Rouairie (ou Rouërie) : Si l'on en croit le P. du Paz, la terre seigneuriale de la Rouairie, sise en la paroisse de Saint-Ouen-la-Rouairie (ou Saint-Ouen-la-Rouërie) fut le berceau d'une famille de même nom. Cet auteur dit avoir vu une charte datée de 1149 et signée de Roger de la Rouairie et de Robert Tuffin son gendre (Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 514). Cette charte lui apprit que Roger de la Rouairie avait épousé Raenteline, fille de Rivallon, seigneur de Combourg , dotée par celui-ci de plusieurs maisons, terres et fiefs en Saint-Ouen-la-Rouërie. De ce mariage, étaient nés Henri de la Rouairie, décédé sans postérité, et Berthe de la Rouairie mariée en 1147 à Robert Tuffin. Du Paz ajoute que ces derniers eurent un fils appelé Raoul Tuffin « chevalier vaillant et courageux » qui prit les armes avec Raoul de Fougères, contre Henri II roi d'Angleterre, et fut fait prisonnier à Dol l'an 1173 (Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 515). Mais l'authenticité des chartes relatant ces faits est contestée, parce qu'on ne trouve point mention de ces divers personnages dans les autres actes publics contemporains. La généalogie de la famille Tuffin, qui a possédé jusqu'en 1789 la seigneurie de la Rouairie, n'est en réalité connue que depuis le commencement du XVème siècle. A cette époque paraissent Pierre Tuffin, seigneur de la Rouairie, et Orfraise Le Vayer, sa femme ; ils donnèrent le jour à Jean Tuffin, seigneur de la Rouairie en 1454, qui épousa Catherine de Furgon et fut avocat. Raoul Tuffin, fils des précédents et seigneur de la Rouairie, épousa en 1484 Louise Le Séneschal, fille du seigneur du Rocher-Séneschal ; procureur du prieur de Combourg, il reçut de ce dernier quelques rentes en 1490 ; il se trouvait en 1513 lieutenant de la cour d'Antrain (Anciennes réformes de la Noblesse de Bretagne). Son fils, Vincent Tuffin, seigneur de la Rouairie, en 1526, épousa Georgine du Meix et rendit aveu à la baronnie de Fougères en 1540 ; l'année suivante il présenta pour lui à la montre militaire « un homme armé en estat d'archier », et déclara avoir en fiefs noble, 271 livres de rente (Ms. de Missirien – Bibliothèque de Rennes). Guillaume Tuffin, fils des précédents, rendit en 1546 aveu au baron de Combourg pour sa seigneurie de la Rouairie (Archives du château de Combourg) ; il épousa successivement trois femmes : - 1° Catherine Le Batteur, vivant en 1541 ; - 2° Louise de Lassy ; - 3° enfin Barbe Pinel, fille du seigneur de Chaudeboeuf. Chevalier de l'Ordre du roi en 1572 et gentilhomme de sa chambre, Guillaume Tuffin fit son testament le 29 août 1574, et choisit sa sépulture dans l'église de Saint-Ouen (Saint-Ouen-la-Rouërie) au tombeau de ses ancêtres, mais il ne mourut que vers 1587. Gilles Tuffin, fils de Guillaume et de Barbe Pinel, né à Antrain le 24 juillet 1564, épousa : - 1° En 1586, Louise de Kermeno, fille du baron de Baud ; - 2° En 1590, Anne de Langan, fille du seigneur du Boisfévrier. Créé vicomte de la Rouairie, il rendit aveu en 1621 pour cette terre et y mourut en 1628 ; à ses obsèques célébrées à Saint-Ouen le 2 mars, on distribua beaucoup d'argent et de serge noire aux pauvres de la paroisse. Sa veuve Anne de Langan fonda une lampe en l'église de Saint-Ouen (Saint-Ouen-la-Rouërie) par son testament daté du 8 juillet 1635 (Archives d'Ille-et-Vilaine, C 564). Claude Tuffin, vicomte de la Rouairie, sorti en 1592 du second lit de Gilles et page du roi en 1613, s'unit en 1627 à Marie Le Bourgeois, fille du seigneur d'Héauville. Il rendit aveu à Combourg en 1646 et laissa ses seigneuries à son fils Joseph. Joseph Tuffin, vicomte de la Rouairie, né en 1630, épousa : - 1° En 1659, Marie du Gouray, fille du seigneur de la Coste ; - 2° En 1678, Gillonne Becdelièvre ; - 3° Hélène de Tremaudan. Il mourut en Normandie et fut inhumé le 5 mars 1680, à Carquebuc près Coutances. Son fils, autre Joseph Tuffin, sorti du premier lit en 1662, qualifié comte de la Rouairie et vicomte des Portes, premier chambellan de Monsieur frère du roi (Archives d'Ille-et-Vilaine, E 206), épousa à Dinan en 1684 Anne Fleury, dame du Poncel. Il rendit aveu pour la Rouairie en 1685 et mourut le 21 avril 1728 (notes de l'abbé Pâris-Jallobert). Anne-Jacques Tuffin, vicomte de la Rouairie, né le 12 mars 1689 et reçu page du roi le 22 mars 1704, épousa en septembre 1723 Marie-Anne de Baugy et décéda le 4 janvier 1738. Sa veuve le suivit au tombeau en août 1757. Il laissait pour héritier son fils Anne-Joseph Tuffin, qualifié marquis de la Rouairie, né en 1725, marié à Thérèse de la Belinaye et décédé en 1754. Ces derniers eurent à Fougères, le 14 avril 1751, le plus célèbre des Tuffin, Armand-Charles Tuffin, marquis de la Rouairie et vicomte des Portes, commandant de la cavalerie américaine, chevalier de Saint-Louis et de Cincinnati. L'auteur de la fameuse conspiration de l'Ouest contre la Convention, épousa en décembre 1785 Louise Guérin, fille du marquis de Saint- Brice, décédée peu de temps après son mariage ; lui-même mourut dans les circonstances que tout le monde connaît, caché à la Guyommeraye, le 30 janvier 1793.
Louis XIII voulant récompenser
Gilles Tuffin « qui au service de S. M. fut
fait prisonnier de guerre et paya grosse rançon », et se rappelant aussi les bons services
de son père Guillaume Tuffin, chevalier de
l'Ordre du roi, unit à la seigneurie de la Rouairie six autres terres nobles et
érigea le tout en vicomté sous le nom de la Rouairie,
par lettres patentes datées du mois de février 1614. Les
six seigneuries unies à la Rouairie furent : les Portes en Bazouge-la-Pérouse,
le Vaugarny en Saint-Etienne-en-Coglais, Teillay en Saint-Sauveur-des-Landes, le Chesnay en La Fontenelle,
le Vauhullin et la Cour-des-Landes en Saint-Ouen de la Rouairie. La
seigneurie de la Rouairie, proprement dite, relevait pour une moitié
de la baronnie de Fougères (bailliages en Tremblay, Antrain et
Saint-Etienne-en-Coglais) et pour l'autre moitié du comté de Combourg
(château de la Rouairie et bailliages de Saint-Ouen).
Le domaine proche de la vicomté se composait de ce qui suit : Le château de la Rouairie avec ses dépendances, chapelle, colombier, étangs et bois. — Le manoir des Portes et à côté de lui le vieux château de la Motte à l'entrée de la forêt de Villecartier, avec ses deux tours en ruines joignant la rivière de Couasnon, « la dite forteresse en maçonnerie épaisse à chaux et ciment, en forme de petite isle ». Comme l'indique son nom, le manoir des Portes n'était à l'origine qu'une dépendance du château de la Motte dont on ignore l'histoire (nota : cette seigneurie des Portes était une haute-justice relevant de la baronnie de Fougères ; elle appartenait dès 1483 à Etienne de Langan, seigneur du Boisfévrier, et fut apportée par Anne de Langan en 1590 à son mari Gilles Tulfin, seigneur do la Rouairie) — les anciens manoirs du Chesnay, du Vaugarny et de Teillay et les métairies de mêmes noms — les métairies nobles de la Rouairie, des Portes, du Vauhullin, du Plessix-Guillon, de la Gaucheraye, du Châtelet et de la Cour-des-Landes. — Les moulins de la Rouairie, de Malheutre, du Val, des Portes et de Teillay, etc (Déclaration de la vicomté de la Rouairie en 1755). On estimait vers 1755 les terres de la Rouairie et des Portes valoir environ 6 000 livres de rente. Le château de la Rouairie (ou Rouërie) appartient au milieu du XIXème siècle à M. Barbier qui l'habite parfois. C'est une construction du XVIIIème siècle sans grand caractère, précédée d'une vaste pelouse et entourée d'un jardin anglais où l'on remarque de gigantesques tulipiers (abbé Guillotin de Corson).
Lors de la Réformation faite en 1427, dans l'évêché de Rennes, par les commissaires Jean le Gendre et Jean Radouillet, un noble est mentionné à Saint-Ouen-de-la-Rouerie :
Jeanne
du Chastelier à laquelle appartient le manoir roturier de la Brebionnière.
Voir
"
Seigneuries,
domaines seigneuriaux et mouvances de Saint-Ouen-la-Rouërie
".
A la montre de 1541 des feudataires de l'évêché de Rennes sont mentionnés à "Sainct Ouen de La Rouesrie" :
- Jehan de Mars : "Jehan de Mars seigneur de Guépillon se présente monté et armé en estat d'archer. Et vériffie par serment avoir entendu qu'il avait en fié noble environ quatre vigns livres de rente. Et ne sçavoir aultre chose dire à certain pour ce / qu'il est nouvellement venu par cause de sa femme à la possession et saésine desdictes choses. Et a promis fournir dedans ce jour sa déclaracion par escript. Et a faict le serment".
- Vincent Tuffin : "Vincent Tuffin seigneur de La Rouesrie présente pour luy ung homme armé en estat d'archer. Et a présenté sa déclaracion. Et dit que ses richesses en fyé noble vallent communs ans la somme de deux cens soixante unze livres deux soulz ouict deniers. Et a ledict Tuffin faict le serment".
(extraits du "manuscrit de Missirien" de Guy Autret, né en 1599 au manoir de Lézoualch en Goulien, et complétés par l'article "Montre des Gentilshommes de l'évêché de Rennes de 1541" de G. Sèvegrand).
(à compléter)
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