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EVECHE DE VANNES - Les évêques et les honneurs dus

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EVEQUES

1° Saint Patern a toujours été regardé comme le premier évêque de Vannes. Consacré vers 465 par saint Perpétuus, métropolitain de Tours, il paraît avoir gouverné son diocèse pendant une trentaine d'années. Démissionnaire, il se retira dans l'intérieur de la Gaule et y mourut saintement. Son corps fut rapporté à Vannes, et à cette occasion on bâtit l'église de Saint-Patern, qui devint plus tard paroissiale.

Saint-Patern n'était pas breton, mais gallo-romain : son nom en est une preuve, suffisante. Ses premiers successeurs, Modestus, Dominius, Clément, Amant, Saturnin, appartenaient à la même race. Les Bretons occupaient seulement la partie occidentale du diocèse ; la ville de Vannes et la partie orientale appartenaient à la confédération armoricaine, puis aux rois francs. 

A cette époque, et longtemps après, l'évêque était choisi par le peuple et le clergé, puis accepté ou élu par les évêques de la province, et enfin confirmé et sacré par le métropolitain, assisté de ses suffragants. L'intervention des princes séculiers dans les élections épiscopales était rare ; l'Eglise la subissait parfois, mais ne l'approuvait pas.

Le premier nom breton que l'on rencontre parmi les évêques de Vannes est celui de Macliau. Ce prélat, élu et consacré vers 555, était fils de Guérech, premier comte dés Bretons du Vannetais. Entré dais le clergé, uniquement pour sauver sa vie, il profita de la mort de son frère Canao en 560 pour recueillir le comté et reprendre sa femme, tout en gardant la crosse. Cette apostasie lui valut une excommunication solennelle de la part des évêques de la province ; mais il n'en tint aucun compte. Quand il périt en 577, la distinction des pouvoirs reparut à Vannes : Guérech II ou Waroch recueillit le comté de son père Macliau, et Eunius ou Eonius devint évêque de Vannes (Grég. Tur.). 

Désormais la possession de cette ville sera longtemps disputée entre les Bretons et les Francs, et les évêques seront tantôt gaulois, tantôt bretons, selon la prédominance d'une race sur l'autre, au moment de l'élection. Ainsi Eunius et son successeur Regalis ont des noms latins, et ce dernier se plaint en 590 de la tyrannie des Bretons. 

Après lui, au VIIème siècle, on voit défiler sur le siège de Vannes saint Guénin, saint Ignoroc, saint Budoc, saint Hinguéthen, saint Mériadec, saint Meldéoc, Hamon, Mabon et Morvan, qui tous portent des noms bretons, et font croire que la ville appartenait à leurs compatriotes. Plusieurs de ces saints évêques reçoivent encore aujourd'hui un culte public dans le diocèse. 

Au VIIIème siècle, la même situation se maintient, et les évêques saint Gobrien, saint Justoc, Jagu, Golgon et Luchenart ont tous une physionomie bretonne. Mais en 753 les Francs de Pépin s'emparèrent de la ville de Vannes, et quelque temps après on voit paraître le nom latin de l'évêque Agus ; son successeur Isaac finit le siècle et inaugura le suivant. 

Le IXème siècle fut très agité. Le nom de l'évêque Wenhacloc (8..) est franchement breton, mais ceux de Raginaire (821) et de Susan (838) accusent clairement l'influence française. Sur ces entrefaites, le prince Nominoé secoua le joug des rois francs et fit de la Bretagne un royaume séparé ; en même temps (848), il chassa les évêques qui lui étaient hostiles, et parmi eux Susan de Vannes, et créa de sa propre autorité un archevêque à Dol pour son petit royaume. 

Cette tentative schismatique valut à Vannes l'avantage d'avoir encore des évêques bretons, à savoir, Courantgen, en 848, Dilès en 869, Kenmonoc en 875 et Bili en 890. Ils sont tous très connus par les actes du Cartulaire de Redon. Le dernier d'entre eux disparut en 919, au milieu de l'effroyable invasion normande, et il est honoré comme martyr par son église. 

Après la tempête, l'évêque Conadan eut bien des ruines matérielles et morales à réparer, soit à Vannes, soit dans le reste du diocèse. Son successeur Blinlivet continua son oeuvre, et mourut en odeur de sainteté. Alvi fut témoin de nombreuses atteintes à la loi du célibat ecclésiastique. Son successeur Orscand ou Auriscand était marié, avant ou pendant son épiscopat, car on voit son fils Rudalt faire plus tard une donation à saint Cado (Pr. I. 360). On sait avec quelle énergie et quel succès le pape saint Grégoire VII lutta, au siècle suivant, pour extirper cette plaie de l'Eglise. 

Le XIème siècle s'ouvrit avec l'évêque Judicael, l'un des plus grands prélats de l'Eglise de Vannes, fils du duc Conan I et frère du duc Geoffroi I. C'est lui qui provoqua, dès 1008, le rétablissement du monastère de Rhuys par saint Félix ; et c'est lui. qui procura la reconstruction de l'église cathédrale, dont les derniers vestiges n'ont disparu qu'en 1770. 

A sa mort, en 1037, il fut remplacé par Budic, qui gouverna le diocèse pendant une vingtaine d'années, et fut témoin de la donation de l'île de Saint-Michel et de l'église de Saint Gunthiern de Groix, fait par Huélin, seigneur d'Hennebont, à l'abbaye de Quimperlé. 

Son successeur, Maenyui, fils de Josselin, vicomte de Porhoet, élu vers 1059, fut aussi témoin de plusieurs donations, et fit cesser, vers 1080, le schisme de son diocèse, en reconnaissant l'autorité de l'archevêque de Tours. (Pr. I. 764.) 

40° Morvan II, archidiacre de Vannes, élu vers 1085, prit part en 1096 au concile de Tours, où le pape Urbain II enrôla de nombreux croisés pour la conquête de Jérusalem. Il profita de son voyage pour demander au pape la restitution de Belle-Ile à son diocèse : l'abbé de Quimperlé, qui était substitué aux droits de l'évêque de Quimper, s'opposa fortement à cette réclamation, et finit par avoir gain de cause. (Cart. Q.) Morvan inaugura le XIIème siècle, prit part à divers actes de fondation, et mourut en 1128, après un épiscopat d'environ 43 ans.

Jacques, son successeur, ne tint le siège que durant quatre ans. 

Even ou Yvon, élu en 1132, fut le contemporain du fameux Abailard, abbé de Saint-Gildas dé Rhuis, et agréa en 1138 la fondation de l'abbaye cistercienne de Lanvaux, dans la paroisse de Grandchamp. Le premier abbé de ce monastère, nommé Rotald ou Rouaud, fut élu évêque de Vannes en 1143, et quand il mourut en odeur de sainteté en 1177, les chanoines de la cathédrale et les moines de Lanvaux se disputèrent son corps : ces derniers l'obtinrent et l'inhumèrent dans le choeur de leur église. 

L'évêque Geoffroi ne fit que passer sur le siège de Vannes.

Guéthenoc, son successeur, était archidiacre de Rennes quand il fut élu et consacré en 1182. Conseiller de la duchesse Constance et du jeune Arthur I, il se trouva mêlé à presque tous les événements politiques de son temps, et vit le pouvoir ducal passer à Guy de Thouarn en 1203, et à Pierre de Dreux en 1213. Il donna de nombreuses reliques à la cathédrale et attribua divers revenus au chapitre. Il vit aussi se réunir, en 1215, le concile général de Latran, qui, entre autres règlements, laissa l'élection des évêques aux chapitres des cathédrales, sans plus exiger le concours du peuple. 

Robert, élu en 1220, se joignit aux autres évêques de Bretagne pour excommunier le duc Pierre de Dreux et arrêter ses violences : mais il fut chassé de son siège et mourut en exil. 

Cadioc, son successeur, voulant s'opposer aux empiètements du nouveau duc Jean I, fut dépouillé de son régaire, ou fief temporel, en 1249, et il dut à son tour recourir à l'excommunication ; il ratifia néanmoins en 1251 la fondation de l'abbaye cistercienne de Prières, dans la paroisse de Billiers, faite par ce prince, et mourut le 14 mai 1254. 

Guillaume de Quélen, élu et confirmé, mourut le 26 août 1254, avant d'avoir été sacré. 

Alain, son successeur, eut la consolation, en 1256, de voir le duc Jean I cesser ses exactions contre le clergé, et faire le voyage de Rome, pour avoir l'absolution des censures qu'il avait encourues ; il approuva en 1260 la fondation de l'abbaye de N.-D. de la Joie à Hennebont, faite pour des religieuses par la duchesse Blanche de Navarre, et agréa en la même année l'établissement des Frères Mineurs à Vannes. Il mourut à Viterbe le 18 février 1262 (N. S.).

50°. Guy ou Guyemar de Conlau ou de Conleau recueillit sa succession, consacra l'église des Frères Mineurs en 1265, et mourut le 21 octobre 1270, l'année même de la croisade de saint Louis. Après lui le siège vaqua huit ans, sans qu'on en sache la raison précise. 

Hervé Bloc fut institué directement par le pape, le 12 décembre 1278 : c'est la première intervention du Saint-Siège dans la création des évêques de Vannes. 

Henri Tors, son successeur, élu en juin 1287, édifia l'année suivante le manoir épiscopal de la Motte, et ratifia ensuite plusieurs fondations. 

Jean Le Parisy, élu en 1310, vit supprimer les Templiers en 1312 et reconnut en 1315, avec les autres évêques de Bretagne, que la régale des évêchés vacants appartenait au duc jusqu'au serment de fidélité des nouveaux titulaires.

Geoffroi de Saint-Merwen, élu par le chapitre en 1335 et confirmé par le pape, vit commencer en 1341 la guerre de succession entre Jean de Montfort et Charles de Blois. 

Gautier de Saint-Pern, élu et préconisé dans les mêmes conditions en 1347, mourut le 21 mai 1359. 

Geoffroi de Rohan, élu par le chapitre et confirmé par le pape en 1360, vit finir la guerre en 1364. 

Jean de Montrelais, élu et préconisé en 1377, vit éclater le schisme d'Avignon avec Clément VII, et passa à Nantes en 1382. 

Simon de Langres, transféré à Vannes en 1382, se démit aussitôt. 

Henri Le Barbu, abbé de Prières, institué en 1383, fut chancelier de Bretagne, et en 1404 évêque de Nantes.

60° Hugues Le Stoquer, institué par le fameux Benoît XIII en 1404, fut aussi chancelier et mourut en 1408. 

Amaury de la Motte, élu en 1408, fut confirmé par l'archevêque,  puis par Alexandre V, et reçut à Vannes saint Vincent Ferrier. 

Jean Validire, ou de Saint-Léon, préconisé en 1432, fit des réparations à la cathédrale et mourut le 16 août 1448. 

Yves de Pontsal, élu en 1448, travailla à la canonisation de saint Vincent Ferrier, et rebâtit la nef de son église : travail remarquable, qu'on peut admirer encore aujourd'hui. 

Pierre de Foix, beau-frère du duc François II, élu en 1476, devint cardinal et mourut à Rome le 10 août 1490. 

Alors s'ouvrit une lamentable période de 70 ans, durant laquelle l'Eglise de Vannes n'eut plus d'évêques résidants. 

Des cardinaux italiens ou des favoris de cour en portèrent successivement le titre et se contentèrent de percevoir les revenus, en laissant l'administration à des vicaires généraux. C'est dans ces conditions déplorables que furent pourvus le cardinal Laurent Cibo en 1490, Jacques de Beaune en 1504, le cardinal Robert Guibé en 1511, le cardinal Laurent Pucci en 1513, le cardinal Antoine Pucci en 1529, un autre Laurent Pucci en 1544, Charles de Marillac en 1550, et Sébastien de l'Aubespine en 1557. 

73° Philippe du Bec, doyen d'Angers, nommé par le roi en 1559, en vertu du Concordat de 1516, eut la gloire de recommencer la série des évêques résidants et de prendre part à la conclusion du célèbre concile de Trente en 1563. Il fut transféré à Nantes en 1566 et à Reims en 1594 ; il y mourut en 1605. 

Jean Fabri, chanoine et chantre de Vannes, évêque en 1566 et abbé de Lantenac, mourut en 1570.

Pierre de Saint-Martin, nommé en 1571, préconisé en 1572, ne fut point sacré, et résigna son évêché. 

Jean de la Haye, nommé et préconisé en 1574, mourut empoisonné la même année. 

Louis de la Haye, frère du précédent, évêque en 1575, contribua à la fondation du collège de Vannes et mourut en 1588. 

Georges d'Aradon, élu en 1590, préconisé en 1593, mourut à la fleur de l'âge le 31 mai 1596. 

Jacques Martin de Belleassise, institué le 6 décembre 1599, adopta la liturgie romaine en 1613 et fit plusieurs donations à la cathédrale et au diocèse ; démissionnaire en 1622, il mourut à Paris le 12 janvier 1624. 

Sébastien de Rosmadec, préconisé en 1622 et sacré en 1624, autorisa l'établissement des Carmes à Vannes et à Sainte-Anne, des Jésuites et des Dominicains à Vannes, des Ursulines à Vannes, à Pontivy et à Hennebont, des Cordeliers à Auray, des Capucins à Hennebont, des Augustins à Malestroit, des Hospitalières et des Visitandines à Vannes ; il restaura le culte de saint Vincent Ferrier en 1637, et mourut le 29 juillet 1646. 

Charles de Rosmadec, abbé du Tronchet, puis de Penpont, nommé et sacré en 1647, reconstruisit le palais épiscopal en 1654 et reprit le fief de Kaer en 1666 ; il favorisa les oeuvres de M. Eudo de Kerlivio, du P. Huby, de Mlle de Francheville, etc... Transféré à Tours en 1671, il y mourut l'année suivante. 

Louis Caset de Vautorte, évêque de Lectoure, préconisé pour Vannes en 1671, finit par autoriser la Retraite des femmes en 1674 et inaugura le Séminaire des clercs en 1680 ; il mourut le 13 décembre 1687. 

François d'Argouges, abbé de Vallasse, nommé dés 1688, ne fut institué et sacré qu'en 1692 ; il publia des statuts synodaux dès 1693, confia la direction du séminaire aux Lazaristes en 1702, et supprima plusieurs fêtes gardées en 1708 ; il mourut le 15 mars 1716, en faisant des legs considérables à divers établissements. 

Jean Le Febvre de Caumartin, abbé de Buzay, nommé en 1717, sacré en 1718, fut transféré à Blois en 1719.

Antoine Fagon, évêque de Lombez, fut préconisé pour Vannes en 1720 ; il prépara l'acquisition des marais salants de Séné, meubla la maison de campagne de Kérango, et proposait la reconstruction du choeur de la cathédrale, quand il mourut le 16 février 1742, laissant une réputation assez équivoque à l'égard du Jansénisme.

Jean-Joseph de Jumilhac, abbé de Bonneval, nommé, préconisé et sacré en 1742, eut un démêlé avec le parlement, et fut promu archevêque d'Arles en 1746. 

Charles-Jean de Bertin, de Périgueux, nommé et sacré en 1746, eut aussi des démêlés avec le parlement à l'occasion des Jansénistes, et protesta contre la suppression des Jésuites en 1762 ; il refit la voûte de la cathédrale en 1768, vit recommencer le choeur, et mourut le 23 septembre 1774. 

Sébastien-Michel Amelot, d'Angers, sacré le 23 avril 1775, vit achever les travaux du choeur de son église, et entraîné par l'exemple général il adopta la liturgie parisienne en 1783 ; mandé à la barre de l'Assemblée nationale en 1791, il quitta la France et n'y rentra qu'en 1815, pour y mourir en 1829. 

Un intrus osa prendre sa place, et devint bientôt le jouet des révolutionnaires. Enfin, après dix ans de persécution et de bouleversement, le Concordat de 1801 vint ouvrir une ère nouvelle. 

89° Antoine-Xavier Mayneaud de Pancemont, nommé et sacré en 1802, eut tout à réorganiser ; en 1806 il fut rançonné par des brigands, et mourut l'année suivante. 

Pierre-Ferdinand de Bausset-Roquefort, de Béziers, nommé en 1807 et sacré en 1808, racheta le domaine de Sainte-Anne, et y établit un petit séminaire en 1815 ; transféré à Aix, il y mourut le 29 janvier 1829. 

Henri-Marie-Claude de Bruc, nommé, dès 1817 et préconisé seulement en 1819, mourut le 18 juin 1826.

Simon Garnier, de Langres, nommé, préconisé et sacré en 1826, mourut dès le 2 mai 1827. 

Charles-Jean de la Motte, de Rennes, nommé, préconisé et sacré en 1827, confia le petit et le grand séminaire aux prêtres du diocèse, autorisa la fondation de l'abbaye de Tymadeuc, rétablit la liturgie romaine en 1849, publia des statuts en 1851 ; il vit ériger l'archevêché de Rennes en 1859 et mourut le 5 mai 1860 après 33 ans d'épiscopat.

Louis-Anne Dubreil, de Toulouse, nommé, préconisé et sacré en 1861, fut transféré à Avignon en 1863.

Jean-Baptiste-Charles Gazailhan, de Bordeaux, sacré le 6 mars 1864 ; démissionnaire en 1865, mort en 1872.

Jean-Marie Bécel, de Beignon, préconisé et sacré en 1866, acheva la magnifique église de Sainte-Anne, établit un petit séminaire à Ploërmel, et fit exécuter d'importants travaux à la cathédrale et au grand séminaire ; il prit part au concile du Vatican, publia des statuts en 1884, et mourut le 6 novembre 1897. 

Amédée-Jean-Baptiste Latieule, de Rodez, nommé, préconisé et sacré en 1898.

 

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LES HONNEURS DUS

Après avoir parcouru les trois degrés de l'élection, de l'institution et de la consécration, l'évêque prenait possession de son siège et de son église cathédrale. 

Quand il était ordonné dans son église, comme le fut saint Patern, et comme le furent nombre de ses successeurs, le nouvel évêque prenait possession de son siège le jour même de son sacre, et il ne restait plus qu'à le conduire au manoir épiscopal. 

Mais quand il était consacré à Tours par son métropolitain, en présence des évêques suffragants, ou quand la cérémonie se faisait ailleurs, il venait à Vannes en grande solennité, entrait en procession dans la ville et prenait possession de son église cathédrale. 

Il ne nous reste aucune description de ces entrées solennelles, pour les temps anciens, et il faut descendre jusqu'au XIVème siècle pour avoir quelques détails. Voici le programme suivi en 1383 pour la réception de Henri Le Barbu et en 1405 pour celle de Hugues Le Stoquer. 

« Le jour de la réception de l'évêque de Vannes, le prélat sera porté de Saint-Patern à l'église de Saint-Pierre. La procession ira au devant de lui jusqu'à la porte Avane (porte Prison), et avant d'entrer en ville, l'archidiacre, en son nom et au nom du chapitre, lui adressera les questions suivantes, auxquelles il répondra : 

Votre entrée est-elle canonique et pacifique ?  — Oui, canonique et pacifique. — Voulez-vous et promettez-vous de rétablir et de ramener à l'état régulier, suivant votre pouvoir, les biens et les droits de l'église de Vannes, si quelques-uns ont été indûment aliénés ? — Je le veux et je le promets. — Voulez-vous et promettez-vous de défendre et de protéger, suivant votre pouvoir, les droits et l'état légitime de ladite église de Vannes ? — Je le veux et je le promets. — Voulez-vous et promettez-vous d'observer et de faire observer, suivant votre pouvoir, les statuts licites et honnêtes, les coutumes et les libertés de l'église et du chapitre de Vannes? — Je le veux et je le promets. — Promettez-vous et jurez-vous, sur les saints Evangiles de Dieu, de garder, d'observer et d'accomplir tout cela, suivant votre pouvoir ? — Je le promets et je le jure sur les saints Evangiles de Dieu.  

Alors la procession se dirigera vers la grande porte de l'église ; l'évêque suivra, toujours porté. A la grande porte de l'église, puis à l'entrée du choeur, on lui posera et on lui répétera les mêmes questions que ci-dessus. Alors l'évêque descendra auprès de la porte du choeur, en face du maître autel »

Ce programme fut appliqué à la lettre pour la réception de l'évêque Hugues Le Stoquer, le 1er janvier 1405 (N. S.), comme le constate une relation notariée, dressée le même jour, en présence de nobles hommes, Jean, seigneur de Malestroit et de l'Argoet, Jean, seigneur de Kaer, Pérès de la Forest, Henri Le Parisy, et plusieurs autres. Ce titre, bien que détérioré, existe encore aux archives du chapitre. 

Une cérémonie analogue se pratiquait, vers le même temps, à Quimper, à Nantes, à Rennes, etc... et les barons les plus considérés du pays se faisaient gloire de porter sur leurs épaules le brancard qui portait le siège de l'évêque. A Vannes, le programme ci-dessus ne parle pas des barons, et il est à croire que le fauteuil épiscopal était porté par de simples particuliers. 

Ce cérémonial dut être encore observé pour la réception d'Amaury de la Motte en 1409, de Jean Validire en 1432, d'Yves de Pontsal en 1448, et de Pierre de Foix en 1476. Après la mort de ce dernier, il y eut une série d'évêques commendataires, qui ne mirent jamais les pieds à Vannes, et qui n'y furent jamais reçus solennellement. 

Quand les évêques redevinrent résidants en 1559, ils ne furent plus portés sur un fauteuil, mais ils marchèrent sous un dais et prêtèrent une fois seulement, à la porte de l'église, le serment de garder les droits et privilèges du chapitre. Ainsi, en 1572, le clergé des paroisses de la ville, le chapitre de la cathédrale, le présidial, la communauté de ville, la noblesse, les bourgeois et le peuple allèrent prendre au palais de la Motte Mgr Pierre de Saint-Martin, et le conduisirent processionnellement jusqu'à la porte de l'église, où il prêta le serment accoutumé entre les mains de l'archidiacre Guillaume de Bogar, en touchant l'Evangile. Il fut ensuite conduit au choeur, où le Te Deum fut chanté avec d'autres prières, et il monta à l'autel pour le baiser et y faire son offrande. De là il fut ramené au manoir de la Motte. Suivant l'usage, le chapitre lui offrit du pain et du vin ; les comptes du receveur portent encore cette note : « Payé dix potz de vin, qui furent présentés de par le chapitre à Monsieur de Vannes, quand il print possession, et pour ce 25 sous monnoie »

En 1648, les choses se passèrent un peu différemment pour Mgr Charles de Rosmadec, comme le prouve cette note du temps. « Le samedi 8 mars, ayant su que l'évêque ne désiroit aucune cérémonie pour son entrée, on le conduisit directement à son château de la Motte, où il descendit vers 3 heures après midi. Sur les 4 heures il fut salué en corps par MM. du chapitre, M. l'archidiacre portant la parole, et ils présentèrent par les archiprestres le pain et le vin. 

« MM. du présidial le complimentèrent en corps, par la bouche de M. le président ; et le corps de ville par M. Sabraham, ancien advocat, et ensuite firent présent de plusieurs bassins de confiture, de flambeaux, bougies et chandelles de cire blanche, enrichies de ses armes, de vin, hypocras... 

« Le reste du jour passa à recevoir les visites des ordres religieux et des particuliers qui se rendoient à foule. Ses armes furent attachées à la porte de la ville où il passa, au portail de son église et de son palais. 

« Le 9 de mars, qui estoit le second dimanche de Carême, tout le clergé de la ville et faubourgs et les ordres religieux vinrent, sur les 9 heures du matin, le chapitre en chappes, prendre processionnellement Monseigneur à la chapelle de l'évêché. Le prélat, estant revestu de ses habits pontificaux, commença l'hymne Veni Créator, que M. le chantre avec sort bâton cantoral luy avoit porté, et qui fut continué par la musique. 

« Au bas des degrés de l'évesché, quatre des plus anciens syndics lui présentèrent le dais, et tous se rendirent processionnellement en l'église cathédrale, où il officia et donna la sainte communion à un très grand nombre de monde, qui y avoit accouru, pour participer à l'indulgence plénière, qu'il avoit obtenue de Sa Sainteté. Après quoy il traita son chapitre en corps, et assista au sermon des vespres, où il fut salué par le P. Marc de Varennes, recteur du collège des PP. Jésuites, qui y preschoit le carême. Le 10, il traita le corps du présidial, le 11, le corps de ville » (Evêché).

A la réception de Mgr Louis de Vautorte, en 1672, la communauté de ville se mit également en frais. « Le comptable, pour satisfaire à l'intention de la communauté, fit faire un dais, plusieurs ouvrages de bougies blanches avec ornements, achepta 12 bouteilles d'hypocras 12 bouteilles de vin d'Espagne, 2 bassins de confitures, pour luy présenter ; fit orner la porte de la ville et celle de son hostel, préparer les boistes et canons de la ville, et les conduire aux endroits où il estoit requis, pour les faire tirer à son arrivée. Pour tout quoy et autre menue dépense à ce subject, il aurait cousté 695 livres tournois » (Mairie CC. 10). 

Les évêques suivants jusqu'à la Révolution, c'est-à-dire Mgr d'Argouges en 1692, Mgr Fagon en 1720, Mgr de Jumilhac en 1742, Mgr de Bertin en 1746 et Mgr Amelot en 1775, prirent possession par procureur de la cathédrale et de l'évêché, mais leur procureur ne manqua jamais de faire, à la porte de l'église, devant le premier dignitaire ou le doyen du chapitre, le serment accoutumé d'observer les statuts et les privilèges de l'Eglise de Vannes. (Insin. eccl.) 

A l'époque du Concordat, qui fit table rase de tous les anciens diocèses pour en constituer de nouveaux, le diocèse de Vannes fut rétabli avec une augmentation de territoire. Le nouvel évêque, Mgr Mayneaud de Pancemont, n'ayant pas encore de chapitre pour le recevoir, se fit installer à la cathédrale le dimanche 15 août 1802, par M. Allain, ancien curé de Josselin, spécialement délégué à cet effet par l'archevêque de Tours. Voici un extrait du procès-verbal dressé par M. Allain : « Après que les clefs de l'église ont été remises à M. l'évêque par M. le préfet, en présence de toutes les autorités constituées, nous l'avons conduit à l'autel, qu'il a baisé avec respect, ensuite au siège épiscopal et de là dans la chaire où il s'est assis, et nous avons donné, à haute et intelligible voix, lecture de son institution canonique. Des quelles cérémonies, servant à constater sa mise en possession, nous avons dressé le présent acte, les jour et an désignés ci-dessus, en présence d'un clergé très nombreux et des témoins, qui ont signé avec nous »

Les premiers successeurs de Mgr de Pancemont ont suivi à peu près le même cérémonial, en employant le concours obligatoire du chapitre, et en ajoutant une procession solennelle pour se rendre à la cathédrale, puis à l'évêché. Depuis l'adoption de la liturgie romaine en 1849, on s'est basé sur le pontifical et le cérémonial romains, pour organiser l'entrée solennelle des évêques de Vannes. En voici le programme. 

Quand un nouvel évêque veut prendre possession par lui-même ou par un procureur, il doit avant tout communiquer ses bulles au chapitre de l'église cathédrale, sous peine de suspense pour lui et pour les chanoines qui passeraient outre. Au jour fixé pour l'entrée solennelle, le chapitre, le clergé, les communautés religieuses et le peuple vont au devant de lui en dehors de la ville, avec le dais, et le conduisent processionnellement jusqu'à la porte de la cité, où il s'agenouille pour baiser la croix, puis jusqu'à la porte de la cathédrale, où le doyen du chapitre lui présente l'eau bénite et l'encens et lui adresse un compliment de bienvenue. 

On chante ensuite le Te Deum, en suivant la nef jusqu'au sanctuaire. Là, l'évêque s'agenouille sur un prie-Dieu, et le doyen chante les versets et l'oraison marqués. Puis le prélat va s'asseoir au trône, et reçoit l'obédience des chanoines et du clergé, au chant des psaumes et de l'orgue. Il monte ensuite à l'autel, chante l'oraison du patron, et donne la bénédiction pontificale. 

S'il le désire, l'évêque peut monter en chaire, pour adresser la parole à l'assistance, et donner ensuite la bénédiction du Saint-Sacrement. Enfin le clergé le conduit jusqu'au palais épiscopal et l'y laisse, après lui avoir fait sa visite. Les autorités civiles, militaires et autres se trouvent ordinairement à l'église pour son arrivée, et le suivent jusqu'à l'évêché, pour lui faire également leur visite officielle. 

Le peuple prend une large part à la cérémonie, en ornant de guirlandes et de tentures les rues par où doit passer le cortège, en y élevant des arcs de triomphe, et en se massant partout sur le passage de l'évêque, pour contempler ses traits et recevoir ses bénédictions. 

A ces jours de joie succèdent bientôt les jours de préoccupation pour le gouvernement du diocèse : visites des paroisses, placements des prêtres, solutions des cas épineux, relations avec le pouvoir civil et le Saint-Siège, maintien de la foi, de la morale, de la discipline, etc, etc....  

Après un temps plus ou moins long, vient pour l'évêque, comme pour tous les autres, le moment de quitter la terre et de faire son entrée dans un autre monde. A l'approche de la mort l'évêque, obligé de donner le bon exemple jusqu'au bout, doit se confesser pieusement, puis recevoir le saint viatique des mains du premier dignitaire de la cathédrale. Avant de recevoir la sainte hostie, il doit faire sa profession de foi, et en cas d'impossibilité, la faire lire par un de ses prêtres ; plus tard il doit la renouveler, si c'est possible, devant le clergé de la ville, en demandant pardon de ses péchés, et en se recommandant aux prières des assistants. Quand le moment est venu on lui donne l'extrême-onction et l'indulgence de la bonne mort.

Lorsqu'il a rendu son âme à Dieu, on revêt son corps des ornements pontificaux, et on l'expose sur un lit de parade entouré de cierges. Des deux côtés de la couche funèbre, on établit deux petits autels, pour y célébrer la messe. Tous les jours, pendant que le corps reste exposé, le chapitre, le clergé des paroisses et les communautés religieuses viennent à tour de môle réciter l'office des morts: Pendant ce temps on décore la cathédrale et on fait les invitations pour les obsèques. 

Au jour marqué pour l'enterrement, un évêque voisin lait la levée du corps en présence du clergé, des communautés, des autorités militaires, civiles, judiciaires et du peuple. Le convoi, en sortant du palais de la Motte, suivit en 1646 la rue de Saint-Salomon, la rue Latine ou des Halles, la rue Noé ou de Saint-François, la place du Poids-Public, la place des Lices et la rue de la Monnaie. On y ajouta en 1687 et 1716 la rue des Vierges et la rue Saint-Guénaël. 

A l'église le corps est déposé sur un grand catafalque au haut de la nef, entre les autorités et les communautés religieuses, et le clergé occupe le choeur et au besoin les chapelles latérales. Puis commence la messe solennelle des morts, suivie de cinq absoutes. Le corps n'est ordinairement descendu dans la tombe que l'après-midi en présence du chapitre. 

Les évêques jouissent du privilège d'être enterrés dans leur cathédrale. A Vannes ils ont presque tous usé de ce droit, mais leurs tombeaux ont disparu les uns après les autres, et il n'en reste plus guère que quatre qui méritent d'être signalés. 

Le premier est le tombeau de Mgr Sébastien de Rosmadec, dans la chapelle du chevet ou de Saint-Vincent, du côté de l'évangile ; c'est un sarcophage en marbre, surmonté d'une arcade et d'attributs divers ; il y manque une statue du défunt ; naguères on lisait sur une planchette l'inscription suivante : Hoc in monumento quiescit corpus Sebastiani de Rosmadec, Venetensis episcopi. Mort le 29 juillet 1646

Le second tombeau, situé en face du précédent, est celui de Mgr François d'Argouges. Il offre les mêmes caractères généraux que son vis-à-vis, mais il a de plus une statue du prélat agenouillé sur un prie-Dieu. Il a pour inscription : D. 0 M. Francisco d'Argouges, Venetorum Britonum episcopo... Obiit idibus martiis anni M. DCC. XVI. Monumentum hoc soror piissima Susanna d'Argouyes de Creil fratri charissimo moerens posuit

Le troisième tombeau est celui de Mgr de Bertin, situé dans la chapelle du Sacré-Coeur, au côté sud de la nef. Ce monument, dû à Christophe Fossati, de Marseille, et payé 2,800 livres, est en marbre blanc et surmonté de la statue agenouillée du prélat. On y lit : Hoc in perpetuum suoe venerationis et gratitudinis pignus dilectissimo et illustrissimo D. D. Carolo Joanni de Bertin Episcopo Venetensi Cothedralis hujusce ecclesioe restauratori munificentissimo monumentum erexit Capitulum Venetense anno Domini 1777. Obiit die 23 septembris anni 1774.

Le quatrième tombeau, situé dans le chapelle de Sainte-Anne, a été élevé par souscription publique à la mémoire de Mgr Bécel. Il est en marbre blanc et consiste en un sarcophage, surmonté de la statue agenouillée de l'évêque ; c'est l'oeuvre de M. Le Roux, de Paris. On y lit l'inscription suivante : D. .D. Joannes Maria Bécel, Ep. Veneten. — Natus kal. Aug. M. DCCC. XXV Vixit in pontificatu - annos XXXI. Obiit VIII idus Novembris MDCCCXC VII. — In Pace (abbé Le Mené). 

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