Dol-de-Bretagne : Histoire, Patrimoine, Noblesse (commune chef lieu de canton)

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DOL-DE-BRETAGNE

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La commune de Dol-de-Bretagne (pucenoire.gif (96 octets) Dol) est chef lieu de canton. Dol-de-Bretagne dépend de l'arrondissement de Saint-Malo, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne).                                 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de DOL-DE-BRETAGNE

Dol-de-Bretagne tire son nom d'un toponyme breton signifiant "table" (référence à un dolmen ayant couronné le Mont-Dol). Au nord de la ville de Dol-de-Bretagne s'étend le marais de Dol, sur l'emplacement de l'antique forêt de Scissy engloutie au XVIIIème siècle par la mer. Un rocher granitique, le Mont Dol, domine le marais. Le Mont Dol, comme ses deux rochers voisins, le Mont Saint-Michel et Tombelaine, était un lieu consacré au culte des divinités celtiques. Les ermites chrétiens vinrent très tôt s'y établir. Dol pourrait être un nom celtique qui signifie "lieu bas et fertile".

La ville de Dol-de-Bretagne se développe autour d'un monastère fondé au VIème siècle par l'évêque cambrien saint Samson, venu du Pays de Galles et qui débarque vers 548 à l'embouchure du Guioul ou Guyoult. La légende raconte que le moine y aurait rencontré un homme désespéré qui, des yeux fixés vers la mer, semblait guetter quelques secours. Cet homme était le seigneur du pays  il implora Saint Samson de soigner sa femme et sa fille, toutes deux mourantes, et, pour le récompenser, il lui permit de fonder dans le pays son ermitage ou monastère. Le monastère de Dol est, à l'origine, qu'une enclave de l'évêché d'Aleth. La plus ancienne mention de Dol est malheureusement trop sobre de traits descriptifs. Nous lisons seulement : Samson "aptissimum reperit inibi locum atque honorificum fundavit monasterium, quod usque hodic proprio vocabulo Dolum nuncupatur" (Bollandistes, A. S., Jul. VI, p. 585, E. F.) et encore : "in illo eminentissimo atque optimo loco in quo sanctus Samson quiescit in pace" (Eod. loc., p. 591, B). Il n'est pas impossible qu'on ait mis à profit les restes d'un camp romain ("Oppidum autem Britanni vocant cum silvas impeditas vallo atque fossa munierunt, quo incursionis hostium vitandoe, causa convenire consueverunt" (Cesar, De bell. Gallic., I. V, C. XXI)) pour édifier en ce lieu une église. Vers 652, Finan dresse une belle église épiscopale, "quam tamen more Scottorum, non de lapide sed de robore secto totam composuit atque harundine texit" (Bède, Hist. Eccles., I. III, C. XXV).

Ville de Dol-de-Bretagne (Bretagne).

Au IXème siècle, le roi Nominoë fait de Dol, un archevêché. La première cathédrale (IXème siècle) est placée sous la protection d'un donjon de bois figuré sur la tapisserie de Bayeux, qui devient la résidence de l'évêque. C'est à Dol, dans la cathédrale primitive, qu'est couronné, en 848, le roi Nominoë. La reconstruction de la cathédrale aux XIème et XIIème siècles coïncide avec le développement de la ville marchande. Au concile dolois de 1128, l'évêque de Tréguier et l'évêque de Léon confirment, l'un, par son anneau, l'autre, par sa mitre, la fondation du prieuré de Saint-Martin de Morlaix, de plus Honorius II recommande à l'archevêque de Dol, comme aux autres archevêques, d'avoir les plus grands égards pour son nonce, Gérard, évêque d'Angoulême. Cet archevêché n'est aboli qu'en 1189 ou 1199 par le pape Innocent III, après un procès qui avait duré trois siècles et demi (bulle papale du 1er Juin 1199 qui oblige l'évêque de Dol à reconnaître la suprématie de Tours).  Dol-de-Bretagne devient, au Moyen Age, un important centre religieux.

Ville de Dol-de-Bretagne (Bretagne).

Le duc Alain Barbe-Torte y défait en 936 une troupe normande qui s'était approprier le monastère de Dol. Le danois Harold prend la ville de Dol-de-Bretagne par surprise en 944. Le duc Conan II assiège en 1064 dans la Tour de Dol, Riwalon sire de Combourg, ligué contre lui avec plusieurs seigneurs du comté de Rennes. A noter que le château de Combourg est une fondation des archevêques de Dol, et c'est pourquoi le sire de Combourg, qui porte le titre de Signifer sancti Samsonis, a charge de défendre les terres et les sujets de l'église doloise (La Borderie). Au XIème siècle, le duc de Normandie Guillaume le Conquérant tente de s'emparer de Dol-de-Bretagne à plusieurs reprises (en 1076 et en 1085-1086), mais en vain. Dol-de-Bretagne est prise en 1091 par le comte de Penthièvre, soulevé contre Alain Fergent : Dol-de-Bretagne est délivrée par ce dernier en 1093. Une armée normande s'en empare en 1164 au nom du duc Conan IV. La ville de Dol-de-Bretagne est prise en 1173 par Raoul II de Fougères au cours de la lutte que soutenait Henri II d'Angleterre contre son fils, le futur duc Geoffroy II. La tour de Dol est reprise par les Anglais le 26 août 1173. En 1203, Jean sans Terre brûle la cathédrale de Dol et vole les reliques. Saint Vincent Ferrier y fait des prédications en 1418. Les Français sous les ordres du comte de Montpensier, s'emparent de la ville de Dol-de-Bretagne le 15 octobre 1487 et la pillent. Le roi François Ier vient à Dol-de-Bretagne le 6 octobre 1518, et Charles IX en 1570. La ville de Dol-de-Bretagne tient le parti de la Ligue durant les guerres de Religion : ses faubourgs sont attaqués par le prince de Dombes en 1590 et Dol-de-Bretagne est assiégée sans succès le 7 janvier 1591 par le huguenot Jacques de Montgommery et son frère Gabriel de Lorges venant de Pontorson. La ville de Dol-de-Bretagne est le théâtre d'un combat les 20 et 21 novembre 1793 entre les troupes républicaines commandées par Westermann, Marceau et Kléber, et l'armée royaliste de la Rochejacquelein : ce combat a lieu au lieu-dit la Motte du Vieux Gibet.

Ville de Dol-de-Bretagne (Bretagne).

On cultive la vigne à Dol-de-Bretagne dès le XIIème siècle. La ville primitive (actuellement Grande-Rue-des-Stuarts) était protégée par un château et par une première enceinte vraisemblablement élevés au XIIème siècle. Les fortifications de Dol sont élevées par l'évêque Jean des Pas en 1371, sans l'autorisation du duc. Ce dernier s'en rend maître en 1386 et y place une garnison. Les fortifications sont réparées en 1407 (sous la direction d'Etienne Coeuret, évêque de Dol (1405-1429)) et achevés en 1476 (sous la direction de Jean de Coëtquen) : le mur d'enceinte était entouré de douves, il contenait autrefois deux portes (porte Notre-Dame ou d'Embas, la porte Saint-Michel ou d'Enhaut démolie en 1777 et en 1785), deux poternes et treize tours (Notre-Dame, du Château, aux Lutins, Saint-Samson, de la Motte, des Carmes (Grande et Petite), Saint-Michel, du Presbytère, des Bacheliers, de la Barcane, des Bourgeois, de la Prison). Ces fortifications protègent alors le bourg Sainte-Marie où s'élèvent dès le XIème siècle l'église paroissiale Notre-Dame (aujourd'hui détruite), puis les couvents de Carmes (1401) et de Bénédictines (1634).

Ville de Dol-de-Bretagne (Bretagne).

La ville de Dol-de-Bretagne comptait autrefois trois paroisses, à savoir celle du Crucifix, dont le culte s'exerçait dans une des chapelles de la cathédrale, celle de Notre-Dame, et celle de l'Abbaye-sous-Dol (route de Plerguer) :

- la paroisse du Crucifix : cette paroisse n'était pas importante, elle ne comprenait que le rue Ceinte ou Sainte, habitée par les chanoines, la rue de la Licorne (partie sud de la rue de la Trésorerie) et quelques maisons disséminées dans les autres quartiers de la ville. Elle dépendait du chapitre et était desservie par un chapelain ou recteur présenté par les chanoines. Elle possédait son siège dans la cathédrale dès le XIIIème siècle. Le recteur du crucifix était en même temps sacriste de la cathédrale. Elle est supprimée par Mgr de Hercé le 27 juillet 1772 et réunie à la cure de Notre-Dame.

Nota : — La paroisse du Crucifix, se desservant en la cathédrale même de Dol, dans la chapelle de Notre-Dame, située au haut du collatéral septentrional du choeur, devait être fort ancienne ; nous pensons même qu'elle pût être la paroisse primitive de Dol. Elle dépendait du Chapitre et était desservie par un chapelain ou recteur présenté par les chanoines (« Item in eadem ecclesia Dolensi et extra chorum fundata vicaria curata, Crucifixi vulgariter nuncupata, que spectat ad prœsentationem Capituli quoties casus vacationis occurit et ad collationem episcopi » - Livre Rouge du Chapitre de Dol. — Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 5 G, 108) . En 1297, le pape Boniface VIII confirma le Chapitre de Dol dans la possession de la chapelle de Notre-Dame, située à côté de la cathédrale, « capellam Sancte Marie que est juxta ipsam ecclesiam Dolensem », et de la moitié de celle du Bourg-Notre-Dame, « et medietatem ecclesie de burgo Sancte Marie » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 5 G, 108). Cette charte très-importante nous fait voir clairement que la chapelle de Notre-Dame, appartenant en entier au Chapitre, différait d'une autre église bâtie sous le même vocable à Dol, dans le Bourg-Notre-Dame, dont les chanoines n'avaient que la moitié, et dont nous parlerons plus bas. Au XIIIème siècle, l'office paroissial se faisait donc déjà dans la chapelle récemment bâtie en dehors du choeur, sous le même toit que la cathédrale elle-même, mais dans des proportions beaucoup plus grandes que les autres chapelles. Aussi en 1269 voyons-nous Nicolas, recteur de cette paroisse, prendre le titre de « rector capellanus B. Marie in ecclesia B. Samsonis », recteur-chapelain de Notre-Dame dans l'église de Saint-Samson. Ce recteur fit un accord à cette époque avec Guillaume, seigneur de Coëtquen, relativement aux dîmes de Mordreuc, que feu Olivier de Coëtquen avait laissées au Chapitre de Dol pour l'entretien de cette chapellenie de Notre-Dame (Bibliothèque Nationale, Blancs-Manteaux, LXV, 85). La paroisse dont nous nous occupons portait-elle dès cette époque le nom du Crucifix? Nous n'en savons rien, mais elle le portait certainement au siècle suivant. Nous voyons, en effet, apparaître en 1340 Rolland de Hirel, chapelain du Crucifix et curé de Dol, « Rollandus de Hirel capellanus desserviens capellœ Crucifixi, curatus in ecclesia Dolensi » (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 1406). Remarquons ici que la cathédrale de Dol, dédiée depuis longtemps à saint Samson, avait cependant à l'origine été construite en l'honneur de la Sainte Vierge, disent les titres du Chapitre. La première paroisse a donc fort bien pu porter d'abord le vocable de Notre-Dame et ne l'avoir abandonné qu'au XIVème siècle pour des raisons que nous ignorons. Quoi qu'il en soit, la paroisse du Crucifix n'était point importante aux derniers siècles : elle ne comprenait guère alors que la rue Ceinte, habitée par les chanoines, la rue de la Licorne et quelques maisons disséminées dans les autres quartiers de la ville. En 1688, le Chapitre de Dol atteste que « la cure du Crucifix ne vaut que 230 livres de revenu, et que ladite paroisse ne renferme, en outre des maisons prébendales et vicariales et des chapellenies, que douze à quinze ménages pauvres formant quarante à cinquante communiants » [nota : une partie de la paroisse du Crucifix relevait féodalement du seigneur de Landal ; aussi les hommes de la Croix-Péguille, en cette paroisse, lui devaient-ils chaque année « une renarde à queue blanche et, la nuit de Noël, à l'issue de la messe de minuit, deux canards sauvages vifs et non viciés, avec deux torches de cire pesant chacune une livre, ardentes et flambantes, pour reconduire ledit seigneur de Landal ou son commis jusqu'à la maison où il sera logé en la ville de Dol, lorsqu'il aura reçu les­dits canards » (Aveu de 1571)]. Aussi au XVIIIème siècle Mgr de Hercé supprima-t-il la pa­roisse du Crucifix ; son décret, daté du 27 juillet 1772, est appuyé sur les considérants suivants, qui montrent ce qu'était alors cette petite paroisse : « C'est une chose notoire, dit le prélat, que le recteur du Crucifix, étant en même temps sacriste de la cathédrale (nota : la modicité des revenus de la cure du Crucifix obligeait le recteur d'accepter du Chapitre l'office de sacriste ; il parait même qu'en dernier lieu la sacristie avait été régulièrement unie à la cure du Crucifix) , ne peut remplir ses obligations pastorales : il ne célèbre dimanches et fêtes qu'une messe basse pour ses paroissiens, sans leur dire de vêpres ; les enfants de sa paroisse ne sont instruits que par les prêtres de Notre-Dame, et ce n'est qu'à Notre-Dame qu'ils font leur première communion ; le revenu fixe du recteur n'est pas suffisant pour l'entretenir ; la paroisse n'a point de fabrique, etc. ». En conséquence, l'évêque de Dol, « désunissant la place de sacriste de la cathédrale d'avec la cure du Crucifix, unit ladite cure à celle de Notre-Dame ; supprime le titre de ladite cure du Crucifix ; unit les fonds de cette cure, soit en dîmes, soit en autres choses, à la fabrique de la cathédrale, à charge à celle-ci de payer 120 livres à la fabrique de Notre-Dame, et l'excédant du total des revenus au sacriste de ladite cathédrale » ; et termine enfin par ordonner « que les fondations faites au Crucifix continuent d'être desservies à la cathédrale » (Pouillé de Rennes).

Nota : liste des recteurs de la paroisse du Crucifix :  Nicolas (1269). Rolland de Hirel (1340). Olivier Hingant, notaire apostolique (1452). Noël Le Corvaisier, chanoine de Dol, décédé vers 1569. Jean Gobart fut présenté en 1569 par le Chapitre pour remplacer le précédent ; il fut pourvu et résigna en 1587. Servan Douet fut présenté par le Chapitre le 22 mai 1587, à condition qu'il fit les fonctions de diacre au choeur. Charles Hubert (1602). Pierre Le Breton, recteur en 1624, décédé en 1639. Guillaume-Julien de Trémaudan, chanoine de Dol, présenté le 12 novembre 1639, prit possession le 15 ; décédé en 1642 à sa maison de Dingé et inhumé en la cathédrale. Louis Aubery, prêtre de Paris et chanoine de Dol, pourvu par l'évêque le 15 avril 1642, prit possession le lendemain ; il était prieur de Ticheville en 1647. Pierre Charnacé fut nommé vers 1653 ; décédé le 30 septembre 1661 et inhumé en la cathédrale, devant l'autel du Crucifix. Louis Aubery, chanoine de Dol, fut pourvu de nouveau le 1er octobre 1661 et reprit possession le 3. N... Pigeart (1663-1668). N... Tirremeuf (1668-1678) . N... Deaucey (1680-1688). Jean Le Corvaisier, chanoine de Dol, résigna en 1690. Gabriel Bréal, chanoine et official de Dol, fut pourvu en août 1690. Bertrand Nogues succéda au précédent en 1698 et résigna dès 1700. Guillaume Audren, décédé en 1711. Jean de Lourmel, prêtre de Rennes, fut pourvu le 8 août 1711, résigna et devint chanoine de Dol en 1712 ; décédé le 5 janvier 1732 et inhumé au pied de l'autel du Crucifix. André-Thomas Danlos, prêtre de Dol, nommé le 26 septembre 1712, prit possession le 29 ; décédé le 14 avril 1720, âgé de trente-deux ans, et inhumé devant l'autel du Crucifix. Michel-Joseph Desrieux, prêtre de Dol, fut pourvu le 26 avril 1720 et prit possession le 28 ; décédé le 4 septembre 1734, âgé de cinquante ans, et inhumé devant l'autel du Crucifix. Michel Fristel, prêtre de Dol, fut nommé le 11 décembre 1734 et prit possession le lendemain ; décédé le 16 décembre 1751, âgé de cinquante ans, et inhumé en la cathédrale. Jean-Baptiste Jambon, prêtre de Dol, fut pourvu le 7 janvier 1752 et prit possession le 11 ; il fut le dernier recteur du Crucifix, l'évêque de Dol ayant supprimé cette cure en 1772, mais il conserva la jouissance des revenus de son bénéfice jusqu'à sa mort, arrivée le 2 juin 1775 ; il fut inhumé le 4 dans la chapelle du Crucifix.

- la paroisse de l'Abbaye-sous-Dol : c'est vers l'an 1079 qu' Even, archevêque de Dol, érige en paroisse le territoire de Mezwoit ou Mezuoit (devenu Maboué puis l'Abbaye) où les bénédictins de l'Abbaye de Saint-Florent en Anjou avaient fondé leur prieuré de l'Abbaye-sous-Dol de 1076 à 1081. Ce prieuré comprenait un logis prioral, une chapelle, une grange, un colombier, un auditoire, et possédait aussi un droit de haute justice. Il s'agit d'une paroisse établie en 1079 et démembrée de celle de Carfantain. L'Abbaye-sous-Dol est érigée une commune en 1790 et en 1791 puis est réunie à la commune de Dol-de-Bretagne entre 1790 et l'an II.

Nota : La date de l'érection de la paroisse de l'Abbaye nous est connue, quoique fort ancienne elle aussi. C'est vers l'an 1079 qu'Even, archevêque de Dol, érigea en paroisse le territoire de Mezwoit, situé près de sa ville épiscopale, et où les Bénédictins de Saint-Florent venaient de fonder leur prieuré de l'Abbaye-sous-Dol. Comme ce territoire dépendait originairement de la paroisse de Carfantain, il fut stipulé que les habitants de la nouvelle paroisse de l'Abbaye paieraient chaque année 18 deniers au recteur de Carfantain, le jour de l'Assomption, pour reconnaître la prééminence de Carfantain en sa qualité d'église-mère (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 434). Les moines de Saint-Florent présentèrent naturellement le recteur de l'Abbaye jusqu'à l'extinction de leur prieuré, en 1697. A cette époque, Mgr de Chamillart fit de ce vieux monastère son Grand-Séminaire, qu'il confia aux Eudistes ; en même temps, il chargea ceux-ci de la direction de la paroisse de l'Abbaye et il unit la cure de ce nom à la charge de supérieur du Séminaire ; cette union dura jusqu'en 1790. Cette paroisse était sous le vocable de Notre-Dame ; il se peut qu'il y ait eu à l'origine deux églises à l'Abbaye, l'une priorale, dédiée à la Sainte-Trinité, et l'autre paroissiale, consacrée à Notre-Dame ; mais depuis bien des siècles il n'y subsistait qu'une seule église, tout à la fois paroissiale et conventuelle (Pouillé de Rennes).

Nota : liste des recteurs de la paroisse de l'Abbaye : Pierre Roussel, « Petrus Rousseli rector de Abbatia Dolis » (1416). Noël Le Corvaisier (1555). Julien Le Scieu, décédé vers 1612. François Dauguet succéda au précédent en 1612. Olivier Pinczon fut nommé en 1627. Nicolas Chasnel (1637). Guillaume Briand, décédé le 25 décembre 1646. Jean Brajeul fut nommé à la fin de 1646 ; décédé le 9 mai 1688 et inhumé dans son église, sous une tombe armoriée de trois poissons posés de fasce. Pierre-Joseph Chauvel succéda au précédent et fit en 1697 enregistrer ses armoiries : de sable à trois chevrons d'or. Il devint chanoine de Dol en 1697. Adrien de Saint-Aubin, supérieur du Grand-Séminaire, fut pourvu de la cure le 3 janvier 1698 et la conserva jusqu'en 1704. A partir de cette époque, tous les recteurs de l'Abbaye ne furent autres que les supérieurs du Séminaire. N... Creully (1705-1707). N... Allix (1707-1709). René Vanier (1712-1715). Charles Penec (1716-1719). J. Guymont (1719-1723). N... Racine (1723-1726). Jacques Arthur (1727-1730). René Pezor (1730-1733). N... Davy (1733). N... de Saint-Germain (1740-1743). N... Le Chevalier (1743-1747). N... Dauguet (1747-1751). N... Couarde (1751-1755). N... Davy (1755-1758). N... de la Fontaine (1758-1768). N... Maubert (1769-1771). N... Le Moigne (1771-1772). Sébastien de Launay (1772-1782). Jean Le Roy (1782, décédé le 28 novembre 1788). Pierre de Launay, eudiste comme tous les précédents, fut pourvu le 5 juin 1790 et prit possession le 8 de « l'église parois­siale de Notre-Dame de l'Abbaye-sous-Dol ». Il fut le dernier recteur de cette paroisse et le dernier supérieur du Grand-Séminaire de Dol.   

- la paroisse Notre-Dame-sous-Dol (la plus importante paroisse de la ville épiscopale) : une église est fondée, dit-on, dans la première moitié du XIème siècle par Riwalon, premier seigneur de Combourg, qui venait de recevoir, de son frère Ginguené, archevêque de Dol (1010-1030), donation de masures au bourg Sainte-Marie (Dom Morice). Le village de Carfantain ou Carfantin était autrefois le siège d'une paroisse qui existait dès 1076 et à laquelle la tradition donne pour origine un monastère fondé par saint Samson au VIème siècle. La commune de Carfantain est réunie à Dol-de-Bretagne par l'arrêté du représentant du peuple Le Carpentier en date du 18 floréal an II. La paroisse et l'église Notre-Dame étaient, dès le XIIème siècle, divisées en deux sections administrées, l'une par le curé nommé par le Chapitre de Dol, l'autre par les Bénédictins de Saint-Florent de Saumur, établis dans leur prieuré de l'Abbaye. Dom Huynes, dans son Histoire manuscrite de Saint-Florent, dit qu'en 1194, l'Evêque de Dol, Jean de la Mouche, concéda aux Bénédictins de Saint-Florent la totalité de la paroisse. En 1239, au contraire, comme le titulaire bénédictin était en voyage depuis trois ans, laissant sa moitié de paroisse en souffrance, l'Evêque de Rennes, Jean Gicquel, dont le théologal Jean Quarré était recteur de la seconde moitié, obtint de l'Abbé de Saint-Florent, Geffroi, qu'il mit celui-ci à la tête de la paroisse entière. L'Evêque de Dol, Clément agréa la présentation, tout en maintenant en principe la division de la paroisse (Dom Huynes). Cet état de choses dura jusque vers la fin du XVème siècle ou le commencement du XVIème siècle. Alors la pénurie des ressources nécessaires pour nourrir deux recteurs, obligea à ne plus nommer qu'un seul titulaire, qui fut au choix de l'Evêque de Dol. Le 27 juillet 1772, Mgr de Hercé unit à Notre-Dame les quelques rues dépendant de la paroisse du Crucifix qu'il supprima. Notre-Dame était donc, à la fin du XVIIIème siècle, la paroisse la plus importante de Dol, lorsque la Révolution vint la ruiner. Son église fut convertie en halles en 1818.

Nota : L'église de Notre-Dame, située en dehors de Dol, a dû être construite lorsque cette ville fut fortifiée et pour procurer les secours spirituels aux habitants des faubourgs, privés de pasteur pendant les sièges si fréquents dans les guerres du moyen-âge. Il nous semble donc que la paroisse de Notre-Dame dut être érigée d'assez bonne heure et immédiatement après celle de la cathédrale ou du Crucifix. Fondée vraisemblablement par le Chapitre de Dol, la paroisse de Notre-Dame ne demeura pas complètement entre ses mains. Lorsque les moines de Saint-Florent de Saumur eurent fondé à Dol leur prieuré de l'Abbaye, ils obtinrent, nous ne savons comment ni pourquoi, une partie de l'église de Notre-Dame. Aussi voyons-nous en 1123 l'archevêque Baudry déclarer que les Bénédictins de Saint-Florent possèdent la moitié de l'église Notre-Dame de Dol, « medietatem ecclesiœ parrochianœ Dei genitricis Marie Dolensis », dont l'autre moitié appartient au Chapitre de Dol (Archives départementales de Maine-et-Loire). Les papes Callixte II en 1122, Urbain III en 1186 et Boni­face VIII en 1297 confirmèrent successivement l'abbaye de Saint-Florent dans la possession de cette moitié de Notre-Dame de Dol. C'est cette église dédiée à la Sainte Vierge qui donna son nom au Bourg-Notre-Dame, ou Bourg-Sainte-Marie, « burgum Sancte Marie », dont il est fait mention dans l'enquête établie en 1181 pour le recouvrement des biens de l'Eglise de Dol. C'est à tort que D. Morice a dit qu'il s'agissait là d'une paroisse engloutie depuis par la mer ; c'est évidemment d'un faubourg de Dol — comme nous dirions maintenant — qu'il est question dans cette charte. Or, l'on y voit que Ginguené, archevêque de Dol d'environ 1010 à 1030, donna à son frère Riwallon, seigneur de Combourg, quelques masures qu'il possédait dans le bourg Sainte-Marie, « masuras in burgo Sancte Marie » (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 683). Ceci nous prouve que dès les premières années du XIème siècle l'église Notre-Dame existait aussi bien que le faubourg qui portait son nom, et l'on peut en même temps conjecturer avec beaucoup de certitude que la paroisse de Notre-Dame était elle-même érigée à cette époque reculée. De ce qui précède ne pourrait-on pas conclure encore que ce furent les sires de Combourg, grands bienfaiteurs de Saint-Florent, qui donnèrent à cette abbaye la moitié de l'église Notre-Dame? Nous le croyons volontiers, et la tradition confirme notre sentiment en attribuant la fondation de cette église à ce même Riwallon, premier seigneur de Combourg. Toujours est-il qu'au XIIIème siècle il y avait deux recteurs pour gouverner cette paroisse, l'un nommé par le Chapitre de Dol et l'autre présenté par l'abbaye de Saint-Florent (nota : dans son Histoire ms. de l'abbaye de Saint-Florent, D. Huynes dit qu'en 1194 Jean de la Mouche, évêque élu de Dol, céda entièrement l'église de Notre-Dame aux moines de Saint-Florent, avec permission d'y nommer un seul recteur, mais que cet état de choses ne dura pas, le Chapitre de Dol ayant réclamé contre cette donation). En 1239, Jean Quarré, official de Rennes, était recteur de la portion de Notre-Dame dépendant du Chapitre ; mais à la même date l'autre portion n'était point administrée, parce que le titulaire, nommé Harsculfe, voyageait depuis plus de trois ans en pays d'outre-mer. Jean Gicquel, évêque de Rennes, apprenant cela, écrivit à Geffroy, abbé de Saint-Florent, lui représentant que l'évêque de Dol était en droit de se plaindre d'un tel état de choses et lui proposant son official, Jean Quarré, déjà recteur d'une portion de Notre-Dame, pour remplacer cet autre recteur vagabond. L'abbé de Saint-Florent approuva l'évêque de Rennes et présenta Jean Quarré à Clément, évêque de Dol ; ce prélat pourvut l'official de Rennes de la moitié de la cure de Notre-Dame, tout en stipulant que les deux portions ne seraient point réunies pour cela, mais que Jean Quarré serait recteur en même temps des deux bénéfices distincts l'un de l'autre (D. Huynes, Histoire ms. de Saint-Florent). En 1400, il y avait encore deux recteurs à Notre-Dame, et l'abbé de Saint-Florent en présenta un à cette date ; aussi voit-on en 1402 ces deux recteurs s'unir pour s'opposer à l'établissement des Carmes à Dol. Toutefois, cette double institution dut prendre fin dans le courant du XVème siècle ou au commencement du XVIème siècle. Déjà en 1239 l'évêque de Rennes avait constaté que les revenus des deux portions étaient insuffisants pour entretenir deux recteurs. Cette pénurie ne dut que s'aggraver. D'autre part, les moines de Saint-Florent et le Chapitre de Dol lui-même perdaient chaque jour de leur autorité ; aussi fut-il plus facile à l'évêque de Dol d'unir les deux portions de Notre-Dame en une seule cure, dont la présentation fut attribuée à l'ordinaire. Ce dernier état de choses dura jusqu'à la Révolution ; seulement, nous venons de voir qu'en 1772 la paroisse de Notre-Dame fut agrandie du territoire de la paroisse du Crucifix. En 1790, les revenus de Notre-Dame de Dol consistaient en ce qui suit : fabrique : 1.121 livres de rente et 1.020 livres de charges ; — obiterie : 3.481 livres de rente et 433 livres de charges. Le recteur recevait une pension congrue du Chapitre, gros décimateur dans la paroisse, et jouissait du cinquième du revenu de l'obiterie (Pouillé de Rennes).

Nota : liste des recteurs de la paroisse de Notre-Dame : Harsculfe (1236). Jehan Quarré, official de Rennes (1239). Pierre Le Pennetier, chanoine de Dol et recteur de Pleine-Fougères (1509). Jean Grainel (1585). Michel Perrigault (1591-1608). Julien Baron (1609-1612). Raoul Gavard (1612, décédé en 1639). Pierre Verdys, archidiacre et chanoine de Dol, fut pourvu le 12 novembre 1639 et prit possession le lendemain. N... Couaspel succéda au précédent en 1642 et gouverna jusqu'en 1651. Balthasar Veyron fut nommé en 1652 ; décédé le 12 février 1680 et inhumé dans son église, en la chapelle Saint-François. Jacques Le Bret, pourvu le 18 février 1680, devint vicaire général de Dol et gouverna jusqu'en 1684. Jean Avril fut nommé en 1685 ; il fut interdit, dit-on, et sa paroisse fut gouvernée de 1700 à 1714 par des curés d'office ; décédé en 1714. Jacques Nicolas, prêtre de Dol, pourvu le 2 août 1714, prit possession le lendemain ; décédé en 1721. Martial Mallier, prêtre de Bourges et docteur en Sorbonne, nommé le 1er avril 1721, prit possession le 12 et résigna en faveur du suivant. Jean-François Rolland, prêtre de Saint-Brieuc, pourvu en cour de Rome, prit possession le 5 juin 1722 ; décédé le 7 mai 1731 et inhumé dans le choeur de son église. Pierre Morand, prêtre de Dol et confesseur des Bénédictines, fut pourvu le 12 mai 1731 et prit possession le 15 ; il se retira devant le suivant au mois de juin de la même année. Jean Le Gendre, précédemment recteur de Saints, pourvu le 18 mai 1731, prit possession le 20 malgré l'opposition du précédent, qui finit par se désister le 2 juin ; décédé le 6 octobre 1757, âgé de soixante-dix ans, et inhumé dans le cimetière. François Pioche, précédemment recteur de Saint-Ydeuc, nommé le 22 décembre 1757, prit possession le 1er janvier 1758 ; il permuta en 1767 avec le suivant. Jean-Baptiste Le Serf, précédemment recteur de la Fresnaie,  prit possession le 14 juillet 1767 ; décédé le 2 février 1781, âgé de cinquante-six ans, et inhumé dans le cimetière. Jean Garnier, prêtre de Saint-Malo, vicaire et secrétaire du Chapitre de Dol, fut présenté par le Chapitre le 5 février 1781 et pourvu le 7. Il prit possession le 13 février, fut député à l'Assemblée Nationale et se démit de sa cure en 1790. Pierre-François Guyot de Folleville, prêtre de Saint-Malo et docteur en théologie, fut pourvu le 1er avril 1790 et prit possession le surlendemain. On sait qu'il prêta serment à la Constitution, puis se rétracta solennellement, et joua dans l'armée vendéenne le rôle d'évêque d'Agra ; exécuté à Angers, le 5 janvier 1794.

Ville de Dol-de-Bretagne (Bretagne).

La Révolution, détruisant l'évêché de Dol, fit aussi disparaître les anciennes paroisses de cette ville. En 1803, une nouvelle paroisse fut établie, comprenant tout le territoire dolois ; d'abord érigée en cure de première classe, elle est devenue de nos jours chef-lieu du doyenné de Dol, et son titulaire a le titre d'archiprêtre.

L'évêché ou diocèse de Dol, qui comptait à la veille de la Révolution 44 paroisses dans son territoire propre, auxquelles s’ajoutaient près de 50 enclaves, est supprimé pendant la Révolution. 

Le lieu-dit " la Grande Maladrie " (situé route d'Epiniac) et les villages de la Grande et de la Petite-Maladrie (situés route de Plerguer) semblent indiquer la présence d'anciennes léproseries. On trouve d'ailleurs une léproserie citée dès 1137 dans l'ancien faubourg de la Chaussée (actuellement rue de Paris) : sa chapelle du XVIIème siècle, aujourd'hui sécularisée, était dédiée à saint Lazare.

On rencontre les appellations suivantes : Ecclesia Dolensis et Doul (au XIIIème siècle).

Ville de Dol-de-Bretagne (Bretagne).

Note : Dol-de-Bretagne était jadis une des 42 villes de Bretagne qui députaient aux Etats de la Province. Elle était le siège d'une capitainerie de garde-côtes au XVIIIème siècle. Elle est érigée en chef-lieu de district en 1790. Dol-de-Bretagne est libéré par le général Patton le 4 août 1944.

Ville de Dol-de-Bretagne (Bretagne).

Les évêques de l'évêché de Dol sont, dans l'ordre : Saint Samson (vers 548-565), Saint Magloire (vers 565-568), Saint Budoc (vers 568), S. Geneve (?), S. Leucher (à la fin du VIème siècle), Tiernmaël (au début du VIIème siècle), Restoald (vers 640), Wrval (vers 650), Saint Turiau (vers 700, décédé vers 749), S. Jumel (vers 770, décédé vers 790), Haëlrit (vers 842), Salocon (vers 848), Festien (entre 859 et 869), Main Ier (entre 872 et 882, décédé vers 882), Lowenan (au début du Xème siècle), Agan (vers 930), Wichoen (vers 950-970, décédé vers 988), Main II (vers 990, décédé vers 992), Roland Ier (vers 992, décédé vers 1004), Guinguené (entre 1008 et 1039, décédé vers 1039), Juthaël (entre 1039 et 1076), S. Guilduin (élu en 1076, décédé en 1077), Even (entre 1076 et 1081, décédé en 1081), Jean II (entre 1090 et 1093, décédé en 1093), Rolland II (entre 1093 et 1107, décédé en 1107), Vulgrin (élu en 1107), Baudry (entre 1107 et 1130, décédé en 1130), Alain (?), Guillaume Irfoy (?), Gervais le Breton (?), Geoffroy Ier Le Roux (entre 1130 et 1147), Olivier (entre 1147 et 1153, décédé en 1153), Guillaume Ier (élu en 1154), Hugues le Roux (entre 1154 et 1161), Du Homet Roger (entre 1161 et 1163, décédé en 1163), Jean III (entre 1163 et 1177, décédé en octobre 1177), Rolland III (entre 1177 et 1188, décédé le 12/03/1188), Henri Ier (élu en 1188, décédé en août 1188), De Vaunoise Jean V (élu en 1188, décédé en 1191), De la Mouche Jean VI (entre 1191 et 1207), De Lysenech Jean VII (en 1231, décédé le 27/11/1231), De Vitre Clément ou Coëtquen (entre 1233 et 1241), Etienne Ier (entre 1243 et 1265, décédé le 17/11/1265), Mahé Jean VIII (entre 1266 et 1280, décédé le 13/05/1280), De Pouance Thébaud Ier (entre 1280 et 1301, décédé le 29/09/1301), De Moreac Thébaud II (entre 1301 et 1312, décédé le 14/01/1312), Du Bois Jean IX (entre 1312 et 1324, décédé le 25/01/1324), Meschin Guillaume II (entre 1324 et 1328, décédé le 15/03/1328), D'Avaugour Jean X (entre 1328 et 1340, décédé le 08/05/1340), Du Bois Henri II (entre 1340 et 1348, décédé en Mars 1348), Le Maire ou Le Maye Simon (entre 1352 et 1357, décédé le 07/07/1360), De Coetmoisan Geoffroy II (entre 1357 et 1380, décédé le 30/11/1380), De Roye Guy (entre 1381 et 1382, décédé en 1409), De Sinigaglia Pierre (en 1382, décédé le 24/12/1382), De Tremagon (entre 1382 et 1386, décédé en 1386), De Brie Guillaume II (entre 1386 et 1391, décédé le 02/02/1391), De Lesmenez Richard (entre 1391 et 1405, décédé le 25/05/1405), Coeuret Etienne II (entre 1405 et 1429, décédé le 06/12/1429), De Montfort Guillaume IV (en 1429, décédé le 27/09/1432), De Bruc Jean XI (entre 1431 et 1437, décédé le 19/09/1437), De Lespervez Alain Ier (entre 1437 et 1444, décédé le 17/03/1455), De La Moussaye Raoul (entre 1444 et 1456, décédé en 1456), De Coëtivy Alain II (entre 1456 et 1474, décédé le 09/08/1474), De Penmarc'h Christophe (entre 1474 et 1478, décédé le 06/01/1506), Guibe Michel (entre 1478 et 1482, décédé en 1502), James Thomas (entre 1482 et 1504, décédé le 05/04/1504), De Pledran Mathurin (entre 1504 et 1521, décédé le 10/12/1521), Le Roy Thomas Ier (entre 1521 et 1524, décédé le 21/10/1524), Jean XII Giovanni Stafileo (en 1524), De Laval François (entre 1528 et 1554, décédé le 02/07/1554), Du Mas Jean XIII (en 1557, décédé le 12/10/1557), D'Espinay Charles (entre 1558 et 1594, décédé le 12/09/1594), De Marconnay Melchior (en 1594, décédé le 07/03/1618), De Revol Ennemond (entre 1598 et 1603, décédé le 13/10/1627), De Revol Antoine (entre 1603 et 1629, décédé le 06/08/1629), D'Ouvrier Hector (entre 1629 et 1644, décédé le 20/06/1655), Cohon Anthyme Denis (entre 1644 et 1648, décédé le 07/11/1670), Cupif Robert (entre 1648 et 1659, décédé le 21/09/1659), Thoreau Mathieu (entre 1661 et 1692, décédé le 31/01/1692), De Chamillard Jean François (entre 1692 et 1702, décédé le 16/04/1714), De Voyer de Paulmy d'Argenson François Elie (entre 1703 et 1715, décédé le 25/10/1728), Du Bouschet de Sourches Jean Louis (entre 1716 et 1748, décédé le 23/06/1748), Dondel Jean François (entre 1749 et 1767, décédé le 11/02/1767), De Hercé Urbain René (de 1767 à la Révolution, décédé le 28/07/1795).

Ville de Dol-de-Bretagne (Bretagne).

Voir aussi   Ville de Dol de Bretagne "Les anciennes rues de Dol, avec ses remparts, fortifications, halles

Voir aussi   Ville de Dol de Bretagne "Histoire politique et municipale de Dol

Voir aussi   Ville de Dol de Bretagne "Dol de-Bretagne, durant la Révolution de 1789

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PATRIMOINE de DOL-DE-BRETAGNE

la cathédrale Saint-Samson (XII-XVème siècle), siège de l'ancien évêché de Dol. Cet édifice remplace la première cathédrale dans laquelle Nominoë se fit couronner roi de Bretagne vers 850. Le bas du pignon ouest et les grosses colonnes de la nef semblent datés du XIIème siècle (vestiges de la cathédrale romane). La porte rectangulaire de la façade Ouest semble datée du XIIème siècle. L'église a été incendiée en 1203 par Jean-sans-Terre. La cathédrale, entièrement reconstruite vers 1250 (après le retour des reliques de saint Samson de Normandie en 1223), se compose d'une nef (vers 1270), de deux collatéraux, d'un transept (vers 1270) et d'un choeur à chevet droit (deuxième moitié du XIIIème siècle) avec un déambulatoire entouré de neuf chapelles (chapelle du Sacré-Coeur, de Saint-Gilles, de Saint-Gilleduen à St Méen, de la Sainte-Vierge, de Saint-Antoine, de Pitié, de Saint-Denis et deux chapelles sans emploi). La première chapelle double du déambulatoire du côté nord (la chapelle de la Sainte-Vierge) et les deux travées correspondantes étaient affectées au culte de la paroisse du Crucifix qui existait déjà, semble-t-il, en 1340 et qui fut supprimée en 1772. La chapelle absidale, dédiée à saint Samson, date, semble-t-il, du XIVème siècle : elle renfermait autrefois le tombeau de Jean du Bois, évêque de Dol de 1312 au 25 janvier 1323 (décédé en 1323) et plusieurs pierres tombales d'autres évêques (Mathieu Thoreau décédé en 1691, Jean du Bouschet de Sourches décédé en 1748, Jean François Dondel décédé en 1767, Mathurin de Plédran décédé en 1521). La tour Nord (de la façade Ouest) date du XVIème siècle. La partie inférieure de la tour Sud qui date du XVème siècle (de la façade Ouest) semble remonter au XIIème siècle. Les faces ouest et nord de la tour romane sont reconstruites en 1504 et 1520 sous l'évêque Mathurin de Plédran. La tour Sud, qui abrite l'horloge, reçoit en 1663 un campanile au sommet de son escalier en vis, dû à l'architecte Pierre Corbineau. La façade Sud de la cathédrale possède deux porches : le petit porche ou porte de l'Evêque date du XIII-XVème siècle (on y voit les armes de l'évêque Coeuret), le grand porche date du XIV-XVème siècle. Le grand porche ou porche de Plomb est construit en prolongement du grand portail sud, conforté à deux reprises à la fin du XIVème siècle et au XVème siècle, puis restauré au milieu du XIXème siècle par l'architecte Richelot sous l'autorité de Lassus : il porte les armes de l'évêque Etienne Coeuret (1405-1429). La chaire date de 1898 : elle est l'oeuvre d'Aügerie (1856-1927), menuisier à Vitré. Dans le choeur, on trouve la très belle verrière à médaillons du XIIIème, restaurée peu après 1870 et divisée par sept meneaux formant 48 petits médaillons : elle montre des scènes de l'histoire de Sainte Marguerite, d'Abraham, du Christ, de Saint Samson et des premiers évêques de Dol. La verrière de Saint-Magloire date de 1884. La verrière de Sainte-Anne date de 1887. En 1700, lors de l'installation d'un nouvel orgue, la verrière occidentale est réduite. A l'entrée du choeur s'élevait jadis un jubé orné des statues des quatre Evangélistes et précédé de deux autels : ce jubé a été détruit en 1792. On lit au milieu du choeur l'épitaphe de l'évêque Jean du Bois, décédé en 1323, et sous la deuxième arcade nord celle de l'évêque Etienne Coeuret, décédé en 1429. Le maître-autel, dessiné par le chanoine Brune et réalisé par Poussielgue-Rusand, date de 1877. De chaque côté du choeur s'étend une double rangée de quatre-vingts stalles du XIV-XVème en chêne sculpté, restaurées au XIXème siècle et accompagnées d'un trône épiscopal du XVIème, aux armes de l'évêque François de Laval (1528-1556). On trouve aussi deux bénitiers des XIV-XVème siècles et un buffet d’orgue en partie du XVI-XVIIème siècle (l'orgue est remplacé en 1877, puis reconstruit dans la seconde partie du XXème siècle). On y voit une statue de Notre-Dame de Dol provenant de l'ancienne église Notre-Dame et qui date du XIVème siècle. Vers le milieu du XIXème siècle, le garde-corps du grand porche Sud est restauré et son décor de bas-reliefs, refait. Le croisillon nord abrite le tombeau de l'évêque Thomas James (1482-1504) et de ses deux neveux, Jean et François James, chanoines de Dol : ce tombeau a été érigé en 1507 par les frères Jean (surnommé Justus ou Florentinus) et Antoine de Florence (Italie). On y trouve aussi le cathèdre de Monseigneur de Laval (XVIème siècle), fils de Guy XVI de Laval et d'Anne d'Espinay et ancien évêque de Dol de 1528 à 1554. A signaler aussi que l'édifice avait était ruiné en l'an 1483 durant les "guerres de France et de Bretagne", puis restauré par Thomas James, ancien évêque de Léon, élu évêque de Dol le 28 mars 1482 et décédé le 5 avril 1504. La cathédrale a servi durant la Révolution de Temple de la Raison, puis d'écuries et de magasin à blé. Curés de Saint-Samson : - François-Julien Portier, chanoine honoraire (1803, décédé en 1818), - Louis Bigot, chanoine honoraire (1818, décédé en 1841), - Pierre Chevrier, chanoine honoraire (1841, décédé en 1866), - Louis Brignon, chanoine honoraire (à partir de 1866) ; 

Cathédrale de Dol-de-Bretagne

 

Cathédrale de Dol-de-Bretagne

Nota 1 : La date du vitrail du chevet de la cathédrale de Dol (Ille-et-Vilaine). On assigne habituellement le grand vitrail du chevet plat de cette cathédrale au XIIIème siècle [Note : M. l'abbé Robert, Guide du touriste archéologue à Dol,  p.9. " On attribue la pose des vitraux à Thibaud de Pouancé, évêque de 1280 à 1301 "]. Il est vrai qu’au premier abord il a tous les traits caractéristiques d’une verrière du XIIIème siècle. Il se divise en huit lancettes par les meneaux de pierre, et chacune comprend une série de six médaillons, de bas en haut. Le fond entre ces médaillons consiste en des ornements géométriques : des rondelles bleues sur champ rouge, des quadrilles bleus séparés par des barres rouges, des losanges alternativement bleus et rouges ; les mêmes mosaïques se trouvent dans les vitraux du XIIIème siècle de la cathédrale de Chartres (vitraux de saint Rémy, de saint Thomas Becket). Dans les médaillons les petits personnages se placent sous des dais archaïques, en plein cintre, à chapiteaux romans, tout pareils à la disposition de Chartres, attestation singulière du retard des peintres-verriers sur les architectes. Toutefois, les armatures des lancettes ne sont que des barres horizontales, au lieu des fers ployés de Chartres, Bourges et Canterbury selon un usage qui se ralentit à l'introduction des meneaux de pierre. Néanmoins, à part cette disposition générale du XIIIème siècle, on trouve des détails qui accusent nettement une date plus tardive. Les bordures de toutes les lancettes se composent du feuillage naturel du XIIIème siècle. Ainsi, la première lancette, en commençant par le nord, a des feuilles vertes sur un fond rouge ; la deuxième, des feuilles alternativement vertes et jaunes sur un fond rouge ; la troisième, des fleurs de lis jaunes sur un fond bleu ; les quatrième et sixième, des feuilles vertes et bleues sur une tige jaune, le fond demeurant rouge ; la cinquième, un cep de vigne vert sur un fond rouge. Dans la première lancette – Vie de sainte Marguerite - les personnages se tiennent debout sur un premier plan de verdure, détail qui ne se trouve guère avant le XIVème siècle. On a employé le jaune d'argent, mais on l'a employé frugalement. Cette nouvelle méthode fut découverte pendant les premières années du XIVème siècle. Le vitrail de Dene, 1306. à la cathédrale de York (Angleterre), doit être un des plus anciens exemples de l'emploi du jaune d’argent. A Dol il ne se rencontre que rarement et aux endroits que nous indiquons. Première lancette : Vie de sainte Marguerite ; médaillon (sainte Marguerite conduite devant le gouverneur d'Antioche) ; sur les cheveux de la sainte, les souliers du gouverneur et dans le terrain gazonné sur lequel elle se tient. Seconde lancette : Vie d'Abraham ; second médaillon (Sodome en feu ; un ange emmène Loth et sa famille). Sur les cheveux de l'ange et de la femme de Loth ; sur l’aile de l’ange. Quatrième lancette : premier médaillon : Entrée de Jésus à Jérusalem. Sur la bride de l’ânesse. Cinquième lancette : premier médaillon (Flagellation du Christ). La colonne, son chapiteau à feuilles trilobées et sa base sont en jaune d'argent ; aussi la ceinture et la dague du bourreau en costume du XIVème siècle. Sixième lancette : Légende de saint Samson, premier évêque de Dol ; second médaillon : le saint vogue vers l'Armorique. Le navire, restauré en partie, est en jaune d'argent ; la voile est en blanc et jaune d'argent. Septième lancette : archevêques de Dol entourés de six évêques. Plusieurs des mitres sont en jaune d'argent. La plupart des personnages portent le même costume qu’à Chartres, à savoir, la cotte, tunica, du XIIIème siècle qui descend jusqu’aux genoux. Mais plusieurs sont vêtus d’après la nouvelle mode introduite vers 1340 - une jaque (jaquette) au buste ajusté, fendue de l'encolure à la taille, et descendant sur les cuisses, et au-dessous la taille, une ceinture est richement ornée, et les chausses sont par suite très longues. C’est ainsi qu’on voit, à la première lancette où sainte Marguerite est représentée devant le gouverneur, les deux bourreaux avec cette nouvelle tenue. A la cinquième lancette : Flagellation du Christ. Un des deux bourreaux porte la cotte du XIIIème siècle ; l'autre a les nouveaux vêtements : à sa ceinture, grande et très ornée, est suspendue une dague. Cependant, dans le médaillon du Portement de Croix (cinquième lancette), le bourreau est habillé d’après la mode du XIIIème siècle. L’ancienne tenue persiste bien au delà de 1350, car Charles V la conserva. Pendant le deuxième tiers du XIVème siècle nous trouvons ces deux modes ensemble. Dans la mappemonde du prébendier Richard de Haldingham, conservée à la cathédrale de Hereford (1300-1310), tous les gens qui l'entourent dans la bordure, ont les vêtements du XIIIème siècle. Il en est de même des paysans et des ouvriers sculptés sur les miséricordes de la cathédrale de Winchester, où l’on travaillait en 1308. Le Psautier des Luttrell, écrit en 1330-1340, nous montre un mélange curieux des costumes des XIIIème et XIVème siècles. A la cathédrale d'York, la statue tombale de William de Hatfield. deuxième fils du roi Edouard III, mort en 1344, est à la nouvelle mode. Les miséricordes de la cathédrale de Gloucester, sculptées en 1350, nous montrent des paysans habillés de la jaque du XIVème siècle, mais avec une jupe flottante qui descend aux genoux. De ces déductions on peut assigner au vitrail de Dol la date de 1330-1350. C'est un exemple du retard des peintres verriers, qui ont conservé si tard la technique du XIIIème siècle. On pourrait citer d'autres exemples ; un vitrail de 1310, à la cathédrale d'Evreux, et un autre de 1310, à la cathédrale de Beauvais, sont du style du XIVème siècle ; tandis que ceux de Jean de Mante (1308) et Geoffroy (1316), à la cathédrale de Chartres, sont encore du style du XIIIème siècle. Le chœur de la cathédrale de Dol fut probablement fini en 1280, car l’évêque Jean Mahé (1266-1279) y fut inhumé. Néanmoins il n’était pas rare qu’une fenêtre ait longtemps attendu la pose de ses vitraux et on les garnissait provisoirement de toile ou de verre blanc. Par exemple, le chœur de la cathédrale de York était en construction vers 1361-1373, mais l’adjudication pour le vitrage de la grande fenêtre du chevet fut signée le 10 décembre 1405 (William-H. EAGLE).

Ville de Dol-de-Bretagne (Bretagne).

Nota 2 : L'ancien et le nouvel autel de la cathédrale de Dol. — L'autel n'a pas échappé aux innovations qui depuis la fin du XVIème siècle ont amené des changements si profonds dans le mobilier et dans l'ameublement des églises. A son égard les modifications ont été tellement graves, que, pour comprendre les renseignements qui nous ont été conservés sur l'ancien autel de la cathédrale de Dol, il faut rétablir par la pensée, dans son aspect primitif, le maître-autel d'une cathédrale du moyen âge. L'autel lui-même, au lieu d'offrir, comme maintenant, la forme d'un tombeau, présentait celle d'une table : c'est en effet sur une table, le jour de la Cène, qu'a eu lieu l'institution de l'Eucharistie. Cette table, au lieu d'être surmontée d'un énorme baldaquin, ne supportait qu'un retable peu élevé ; au lieu d'être isolée, elle était entourée de colonnes en métal, ordinairement au nombre de six, portant des statues d'anges ; au lieu d'être exposée à la vue, elle était dérobée aux regards, au moins sur trois de ses côtés, par des tentures en étoffes précieuses suspendues dans l'intervalle des colonnes à des tringles fixées aux chapiteaux. Enfin, derrière l'autel s'élevait un petit édifice souvent fort élancé, en pierre ou en bois, qui renfermait les reliques du patron de l'église et les châsses des saints. Tels étaient les autels des cathédrales de Paris, d'Amiens, d'Arras, de Bourges et tant d'autres. Depuis plusieurs siècles nous avons changé tout cela. L'ancien maître-autel de la cathédrale de Dol offrait une disposition analogue. Nous apprenons, par une note d'un vieil obituaire de la Cathédrale, que l'an 1410 furent exécutées les colonnes qui entouraient le grand autel de saint Samson. Elles portaient les armes de l'évêque Etienne Coeuret, le même qui fit restaurer le petit porche méridional de son église, et donna au trésor, suivant l'inventaire de 1440, « une grande mittre toute couverte de menues perles en faczon de fleurs de liz garnie de pierres, esmaulx et autres ournissemens précieux du pris de VI cens escuz ». Elles étaient surmontées de statues d'anges, qui devaient porter entre leurs mains les instruments de la Passion, comme on le voyait aux cathédrales de Paris, d'Arras et d'Amiens, citées plus haut. C'est à un artiste de Rennes que ce travail avait été confié. Il se nommait Pierre Picart, et possédait sans doute du talent et des connaissances variées, car il devait réunir dans sa personne la science du fondeur à l'art du modeleur. « Anno MCCCCX fuerunt facte columpne cum angelis quae sunt iuxta altare magnum S. Samsonis in quibus sunt arme Steph. tum Dol. epi, et fuerunt facte Redonis per manum Petri Picart » (Obit. Dol.). L'année suivante, le même évêque Etienne Coeuret fit procéder en sa présence à l'ouverture de la grande châsse de saint Samson. Cette châsse en argent devait être fort ancienne, puisqu'un procès-verbal de visite faite en 1400 par l'orfèévre Rondeau, nous apprend qu'il y manquait une statue de saint Paul, trois colonnes et nombre d'ornements moins importants. Elle était adossée au maître-autel sous un petit édifice analogue à ceux qui protégeaient à Paris le corps de saint Marcel, à Bourges celui de saint Guillaume. Aussi l'auteur d'une description manuscrite du choeur de l'église nous dit-il : « Sur l'autel de la cathédrale a un bastiment en forme de châsse ». On y trouva de nombreuses reliques du premier évêque de Dol, un bras, deux des grands os des jambes, de nombreux ossements du cou, des mains et des pieds. Pour satisfaire la piété des fidèles, ou admit tous ceux qui le voulurent à baiser ces reliques vénérées, puis la châsse fut refermée. « In anno sequenti, videlicet MCCCCXI, fuit capsa sci Samsonis aperta ; in qua fuerunt invente multe reliquie corporis B. Samsonis, videlicet unum brachium et due tibie et multa ossa colli manuum et pedum. Et postquam omnes qui volebant illas osculati sunt, iterum fuit clausa. Factum die dominica, XVI Augusti, presentibus Dno Steph. Dol. epo, etc. Signé J. Lorie verum est » (Obit. Dol.). Au XVIIIème siècle, époque de destruction systématique de tout ce qui rappelait le moyen âge, les chanoines de Dol entreprirent de rajeunir le choeur de leur cathédrale. Le trésor était à sec ; on fit argent de tout. L'oeuvre de Pierre Picart fit en partie les frais du nouvel autel. Le 15 septembre 1742, messire Jean-Claude Armand, chanoine et fabriqueur de l'église de Dol, autorisé par délibération capitulaire, vendit, à raison de seize sous la livre à un poëlier de Villedieu, Richard Havard, « tous les pillié et potin qui sont auxtour et font aujourdhuy l'ornement de l'hautelle de ladite église catédralle de Dol ». Le poids du métal s'éleva à treize cent soixante quinze livres, abandonnées pour la somme de onze cents livres monnaie. Je dirai ailleurs par quelle honteuse spoliation des tombeaux des évêques de Dol le Chapitre se procura les marbres nécessaires à la construction de l'autel encore existant. Il fut fabriqué en 1744, par Maurice Pierlet et Honoré Pincé, marbriers de Laval ; et coûta, pour la main-d'œuvre seulement, onze cent cinquante livres. Il a conservé, au milieu de formes toutes modernes, un souvenir, qui n'est plus guère compris, des vénérables traditions liturgiques. Une énorme crosse en bois sculpté et doré s'élève au centre de l'autel, au-dessus du tabernacle. On y voit généralement aujourd'hui l'insigne de la dignité épiscopale dont jouissait jadis l'église de Dol. C'est une méprise causée par l'ignorance des anciens usages liturgiques. L'habitude de renfermer le Saint-Sacrement dans des tabernacles placés sur l'autel est toute moderne. Le mode le plus ancien et le plus général de conserver l'Eucharistie consistait à la tenir suspendue en l'air dans une colombe, dans un ciboire, ou dans une petite botte en métal connue sous le nom de pixide. Ce vase, quelle que fût sa forme, était attaché par un fil à la volute d'une crosse dressée au-dessus de l'autel. La rupture de ce fil amena des accidents qui hatèrent l'introduction des tabernacles. Toutefois, cet usage des suspensions et des crosses qui les soutenaient s'est prolongé dans la plupart des églises de France jusqu'à la fin du dernier siècle. Il était déjà prescrit par le Concile de Tours, tenu en 567. Il a donc été observé au moins pendant treize ou quatorze cents ans. La crosse du maître-autel de Dol a servi à cet usage. Elle a été exécutée en 1744 par un sculpteur malouin, du nom de Dufeu, et avait succédé à une plus ancienne. Le Saint-Sacrement y était suspendu dans un ciboire. « Item une couppe d'argent couverte, pendue sur le grant aulter où est corpus Domini, pesan … » (Inventaire de 1440). Mais pour que le saint-ciboire ne restât pas dans un état permanent d'exposition, il était renfermé, comme un battant sous son timbre, dans une espèce de cloche en fer blanc, désignée sous le nom de suspension. Si nous en croyons les contemporains, cette suspension était « d'un dessin magnifique ». Elle avait été faite à Rouen par un ouvrier de grande réputation pour la fabrication de ces sortes d'objets et qui se nommait L. Tarlé. Elle a disparu avec le ciboire. La crosse seule est parvenue jusqu'à nous. Il existe encore en Bretagne quelques autres crosses eucharistiques dont l'origine est en général l'objet des conjectures les moins fondées. Celle de l'abbaye de Bégard, du XVIIème siècle, actuellement conservée au musée de Saint-Brieuc, a été considérée par M. A. de Barthélemy (Bulletin Monumentale, 1849, p. 40), comme « l'insigne de l'abbaye royale ». Celle de l'abbaye de Bonrepos, plus ancienne que la précédente, est aujourd'hui déposée dans l'église du Quilio. Enfin les comptes de la cathédrale de Tréguier constatent, au XVème et au XVIème siècles, l'emploi de la suspension dans cette église. Voici deux mentions extraites d'un compte de 1505 : « Item d'avoir payé à Pierre Ploeiber, le 22 mars, pour préparer le custos du Sacrement au dessus le grant l'aultier, 3 s. 4 d. » — « Item d'avoir payé le 10 juign à Jehan Goellou en cinq brassées de cordes à tenir le Sacrement en son lieu dessus le grant l'aultier, 10 d. ». (Alfred Ramé).

Ville de Dol-de-Bretagne (Bretagne).

 

l'ancienne église Notre-Dame-sous-Dol (XIème siècle), détruite en 1879-1880 pour être remplacée par une halle moderne. L'église, fondée, dit-on, dans la première moitié du XIème siècle par Riwalon, premier seigneur de Combourg, est ruinée pendant la Révolution, puis convertie en halle et enfin rasée en 1879. Elle comprenait une nef à chevet droit, deux collatéraux et un transept qui datait du XIème siècle. La croisée du transept était surmontée d'une tour en ardoises qui semblait dater du XIVème siècle. Sa façade Ouest, avait été relevée au XVème et au XVIème siècles. On trouvait au XVIIIème siècle au sud de l'église le cimetière paroissial. Voici une description de Notre-Dame par M. de la Bigne-Villeneuve, en 1855 : "Notre-Dame est une église à trois nefs, terminée à l'Est par un chevet rectangulaire ; son style se rattache en grande partie à l'époque romane ; ainsi, le carré central ou intertransept, présente ses quatre arcades cintrées en fer à cheval dont l'archivolte, doublée par une retraite à l'intrados, retombe sur des pilastres munis d'un simple chanfrein. Ce carré a beaucoup de rapport avec celui de Saint-Melaine de Rennes ; à l'intérieur de ses quatre angles ont été appliquées, après coup, des colonnes rondes à bases simplement garnies d'un tore et couronnées de chapiteaux romans, lesquels reçoivent les nervures toriques de la voûte. Les quatre premières travées de la nef affectent la même disposition que le carré central et appartiennent à la même époque, c'est-à-dire au XIème siècle. Au-dessous de chaque arcade, le mur est percé d'une fenêtre cintrée. Les deux dernières travées du bas de l'église paraissent postérieures ; l'une d'elles a des piliers cylindriques à chapiteaux historiés. On remarque particulièrement près de la porte occidentale, du côté du collatéral Nord, un massif carré, épannelé sur ses angles, cantonné de quatre colonnettes engagées, le tout surmonté d'un chapiteau historié dont voici le détail : 1ère face, une femme endormie ; 2ème face, tête d'âne montrant la langue ; 3ème face, personnage appuyé sur un bâton ; 4ème face, feuillage et rinceaux d'une exécution grossière. La nef n'a point de voûte, mais un simple lambris en ogive avec tirants en bois sculpté. Les deux transepts, voûtés en pierre, appartiennent encore au style roman, quoiqu'on y ait percé des fenêtres ogivales ; il en est de même des arceaux qui ouvrent les bas-côtés sur les transepts. Le chevet est une reconstruction du XIVème siècle peut-être, comme semblent l'indiquer deux fenêtres dont les meneaux se subdivisent en deux ogivettes supportant un trèfle, et des contreforts extérieurs à retraites peu saillantes. Je rapporterais à la même époque la tour qui surmonte le carré central et le mur du collatéral Nord où l'on voit de petites fenêtres étroites; trilobées à leur sommet, tandis que la façade occidentale présente tous les caractères des XVème et XVIème siècles"

Voir Bretagne : Dol-de-Bretagne L'église Notre-Dame de Dol.  

l'église Notre-Dame-de-l'Assomption (1861), située à Carfantin et reconstruite en 1861 sur les plans de l'architecte Hawcke. On y voit, de chaque côté du porche, les statues de saint Samson et saint Magloire, oeuvres du sculpteur Yves Hernot (1820-1890) ;

Ville de Dol-de-Bretagne (Bretagne) : église de Carfantin.

l'église de l'Abbaye (1777-1781), située au n° 61, rue de Dinan. La chapelle primitive se composait en 1679 "d'un choeur, d'une chapelle adjacente au nord appelée la Chapelle Blanche, de l'aile septentrionale de ladite église, et de la nef servant à la paroisse". Un séminaire y est créé en 1697 par l'évêque Chamillard (1692-1702). Le prieuré a été transformé en Hôtel-Dieu depuis la Révolution. L'église est construite à l'initiative de M. de Launay. Le confessionnal de la sacristie date du XVIIIème siècle ;   

l'ancien prieuré de l'Abbaye-sous-Dol, ancien membre de l'abbaye de Saint-Florent. « D'azur à une Nostre-Dame d'or » (Armorial général ms. de 1698). En 1070, Guillaume, fils de Riwallon, seigneur de Combourg, et neveu de Ginguené, archevêque de Dol, religieux à Saint-Florent de Saumur, fut élu abbé de ce monastère. Il avait déjà fait de belles donations à son abbaye lorsqu'il était entré en religion ; toutefois sur son instigation, ou tout au moins à son occasion, ses deux frères, Jean dit de Dol, seigneur de Combourg, et saint Gilduin, chanoine de Dol, résolurent de faire une nouvelle fondation, plus importante que les précédentes, en faveur de Saint-Florent. Vers l'an 1076, ils donnèrent donc à l'abbé Guillaume et à ses moines le village de Mezwoit (aujourd'hui Mabouet), situé en la paroisse de Carfantain, mais aux portes de Dol, « villam Mezvuoit prope castellum Dolis » (nota : Quoique ce village fut tout près de Dol, il appartenait cependant aux seigneurs de Combourg, car, nous disent les témoins d'une enquête faite en 1181, Guiguené, archevêque de Dol au XIème siècle, avait donné ce territoire à son frère Riwallon, premier seigneur de Combourg - voir Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 685) ; ils y joignirent tous les droits de coutume et les vignes qu'ils possédaient en ce lieu, le village de Béthon, en la paroisse de Roz, et tout ce qu'ils y avaient, et la terre d'un chevalier nommé Hamet (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 433). Mais Jean de Dol voulait construire un monastère à Mezwoit même, et il n'avait fait la donation précédente que dans ce but ; il obtint en conséquence du pape saint Grégoire VII, par l'entremise de Milon, évêque de Bénévent, la permission nécessaire. De même que le Souverain-Pontife, Even, archevêque de Dol, consentit volontiers à la construction de ce nouveau couvent, et il vint en personne bénir le cimetière, c'est-à-dire l'emplacement de l'église et de ses dépendances. Le prélat breton voulut même contribuer à cette fondation en donnant aux moines toutes les coutumes qui lui appartenaient en ce lieu et en les autorisant à y tenir une foire le jour de la fête de saint Florent, et à former un bourg autour de leur monastère, à la seule condition de n'y point recevoir d'habitants de Dol sans sa permission. Les chanoines du Chapitre de Saint-Samson ratifièrent les dons faits par leur archevêque, mais avec la réserve que les moines n'enterreraient point sans leur autorisation les habitants de Dol ni les seigneurs de Ratel, « ex optimatibus de Ratel defunctum ». Alors Jean de Dol commença la construction de l'église et du monastère projetés et les dédia à la Sainte Vierge et à saint Florent, « cœpit Johannes construere monasterium in honore Sanctœ Mariœ Sanctique Florentii » (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 434). Un grand nombre de seigneurs assistèrent à la fondation du nouveau monastère de Dol, et plusieurs d'entre eux voulurent y prendre part : Hamon, vicomte de Dinan, concéda aux moines les droits de coutume qu'il avait en Plouasne ; Alain Le Séneschal leur donna le four à ban qu'il possédait à Mezwoit et sa part des droits sur la vente du pain. Les religieux reconnaissants admirent parmi eux Riwallon, frère de ce dernier, qui se fit moine. Geoffroy, fils d'Anquetil, leur céda aussi ses droits sur la vente du gros pain de seigle, d'avoine et d'orge, dans le village de Mezwoit, et reçut en échange, de l'abbé Guillaume, une cavale valant 40 sols (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 434, 438 et 461). Nous avons dit que Mezwoit se trouvait dans la paroisse de Carfantain ; Gosselin, surnommé Germain, possédait alors les dîmes et oblations de l'église Notre-Dame de ce bourg. Ce seigneur, pour opérer le salut de son âme, abandonna aux moines du nouveau prieuré toutes les redevances, dîmes, devoirs de sépulture et oblations que les habitans de Mezwoit devaient à l'église de Carfantain ; mais pour dédommager le prêtre de cette dernière église, Gosselin lui donna la dîme de Ville-Hérault. De leur côté, les religieux de Saint-Florent versèrent à Gosselin la somme de 60 sols, en témoignage de leur gratitude ; et pour reconnaître la prééminence de Carfantain en qualité d'église-mère, ils s'engagèrent également à payer chaque année au prêtre de cette paroisse la somme de 18 deniers, à la fête de l'Assomption (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 434). L'archevêque de Dol sanctionna cet arrangement et érigea ainsi en église paroissiale l'église des Bénédictins de Saint-Florent à Dol. Tous ces actes furent confirmés par cet archevêque Even, sacré en 1076, et par Geoffroy-le-Bâtard, comte de Rennes ; comme Even mourut en 1081, c'est entre ces deux dates qu'il faut placer l'époque de la fondation de Saint-Florent de Dol. M. de la Borderie précise et croit qu'il faut admettre 1079. Plus tard, à la prière de Jean de Dol, Alain Fergent, duc de Bretagne, confirma à son tour les moines de Saint-Florent en la possession de l'église construite à Dol par ce seigneur en l'honneur de la Sainte Trinité, de Notre-Dame et de Saint-Florent, « in honorem Sanctœ Trinitatis et memoriam B. Dei Genitricis Sanctique Florentii ». Cette confirmation est datée de 1086 (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 462). Les papes Calixte II en 1122, Innocent II en 1142, Urbain III en 1186, et Baudry, archevêque de Dol, en 1123, confirmèrent également l'abbaye de Saint-Florent de Saumur dans la possession de l'église de Saint-Florent de Dol, « ecclesiam Sancti Florentii juxta Dolum sitam », avec tous ses droits, immunités et dépendances. Les Cartulaires de Saint-Florent renferment un grand nombre d'actes se rapportant aux commencements du prieuré de Dol. On y voit que les religieux eurent à soutenir leurs droits contre plusieurs seigneurs qui prétendaient agir en maîtres à Mezwoit ; il fallut même souvent que les moines déboursassent quelque argent pour obtenir de ces hommes le désistement de leurs prétentions. Ils s'obligèrent aussi à donner chaque année un repas au seigneur de Combourg, leur fondateur, et à lui payer une rente de 60 sols pour qu'il sauvegardât leur monastère. Plus tard, en 1226, Jean de Dol, seigneur de Combourg, fit une transaction avec le prieur de Dol : il fut convenu entre eux que le sire de Combourg n'exigerait plus son droit de past ou de repas, mais seulement celui de garde ; en revanche, les religieux s'obligèrent à lui payer 20 sols chaque année, en outre des 60 sols qu'ils lui devaient pour la sauvegarde de leur prieuré (Archives départementales de Maine-et-Loire). En 1325, Jean, évêque de Dol, et Philippe, prieur de Dol, passèrent la convention suivante, relativement à la juridiction du bourg de l'Abbaye-sous-Dol (nota : On se demande pourquoi le prieuré de Dol portait le nom d'Abbaye, puisque rien ne prouve qu'il s'y soit trouvé un abbé à la tête des religieux. Il est vraisemblable que c'était simplement en souvenir de l'abbaye de Saint-Florent. On sait qu'il n'est pas rare de voir encore de nos jours des villages appelés l'Abbaye, uniquement parce qu'ils dépendaient jadis d'un monastère portant ce titre) : le prieur et ses hommes obéiront ès choses temporelles à l'évêque de Dol à la manière des barons, chevaliers nobles et leurs sujets des terres de ce prélat ; toutefois l'évêque ne pourra imposer aucun service au prieur ni à ses vassaux, et ne pourra leur confisquer aucun fief pour cause quelconque. Le prieuré de l'Abbaye-sous-Dol, tombé en commende au XVème siècle, était en 1483 entre les mains de Foulques de Sinybaldis, protonotaire apostolique, qui l'affermait alors 400 livres à Jehan Le Théoux, chanoine de Dol, et Roland Launay, paroissien du Crucifix de Dol. Ce prieur commendataire résigna cette année-là même son bénéfice en faveur de Louis du Bellay, abbé de Saint-Florent (nota : Le Pape avait autorisé cet abbé à jouir de quelques prieurés, parce que son oncle et prédécesseur, Jean du Bellay, évêque de Poitiers, s'était réservé, en résignant Saint-Florent, une grande partie de la mense abbatiale à sa vie durant). A la suite de cette résignation, François II, duc de Bretagne, donna des lettres autorisant « l'union du prieuré de Notre-Dame hors les murs de Dol à la mense abbatiale de Saint-Florent ». L'abbé Louis du Bellay jouit, en effet, quelque temps de ce prieuré et nomma alors receveur de ses biens Gilles Le Sellier, prieur de Sceaulx, dans l'Avranchin. Ce dernier fit restaurer l'église priorale de Dol, le prieuré lui-même et les bâtiments de la métairie de Mabouet. Mais lorsque Louis du Bellay eut recouvré toute la mense abbatiale de Saint-Florent, il se dessaisit du prieuré de l'Abbaye-sous-Dol, qu'il donna de nouveau en commende vers 1498 (D. Huynes, Histoire ms. de l'abbaye de Saint-Florent). Toutefois, malgré le triste état où ils se trouvaient par suite de la commende, les moines du monastère de Saint-Florent de Dol continuèrent de mener toujours la vie régulière et conventuelle. L'Ancien Pouillé de Saint-Florent de Saumur (cité dans le Pouillé de la province de Tours, imprimé en 1648) nous dit que le prieuré de Saint-Florent et la Sainte-Trinité de Dol, « prioratus Sancti Florentii et Sanctœ Trinitatis », est occupé par quatre religieux. Or, ces moines durent y rester jusqu'à l'extinction du prieuré, puisque nous les retrouvons encore en même nombre en 1689, ayant alors pour prieur claustral dom Louis Julliot de Sion (Archives départementales de Maine-et-Loire). La Déclaration que fit au roi, en 1679, le prieur commendataire Jacques Cousinot nous fait connaître assez bien ce qu'était alors le prieuré de l'Abbaye-sous-Dol au point de vue temporel. Voici d'abord la vieille église priorale, composée « du choeur, d'une chapelle adjacente, au Nord, nommée la chapelle Blanche ; de l'aile septentrionale de ladite église et de la nef servant à la paroisse ». A côté se trouvent le cimetière, et non loin « le logis prioral, avec sa cour et ses jardins, et un corps de bâtiment joignant l'église audit logis ». Voici aussi la grange dîmeresse, — le colombier, — le four et le pressoir, tous deux banaux ; — l'auditoire où s'exerce la juridiction seigneuriale, — de belles prairies et un étang, — plusieurs pièces de terre, parmi lesquelles on remarque celles qui se nomment le Grand et le Petit-Bois, et qui ont remplacé les grands bois de décoration environnant jadis le monastère. — Il y a aussi le Clos-du-Moulin, où se trouvait autrefois un moulin à eau ; — la pièce des Masses, où s'élevait un moulin à vent ruiné par les guerres civiles. — Enfin, la métairie de Mabouet, rappelant par son nom les origines mêmes du prieuré. Tel était le domaine proche de l'Abbaye-sous-Dol. Quant à ses fiefs, ils ne manquaient pas d'une certaine valeur. Ils s'étendaient dans les paroisses de l'Abbaye-sous-Dol, — Notre-Dame de Dol, — Carfantain, — Baguer, — Hirel, — Roz-landrieux, — Roz-sur-Couesnon, — Montdol, — Combourg et Lanrigan. Le prieur de l'Abbaye percevait aussi toutes les dîmes, tant grosses que menues, de la paroisse de l'Abbaye-sous-Dol, et une partie des dîmes des paroisses de Roz-landrieux, Combourg, La Fresnaye et Pleine-Fougères. Il prétendait, enfin, avoir le droit de présenter les recteurs de l'Abbaye-sous-Dol, — Notre-Dame de Dol, — La Boussac, — Pleine-Fougères, — Roz-landrieux, — Saint-Léger, — Lanrigan et Dingé (Archives Nationales, P. 707). « Le prieuré de l'Abbaye-sous-Dol, dit M. de la Borderie, avait une haute justice relevant directement du roi, laquelle embrassait toute la paroisse de l'Abbaye et quelques petits fiefs éparpillés dans les paroisses voisines. Pourtant, il n'en avait pas toujours été ainsi, car l'aveu de la seigneurie de Combourg de 1580 dit formellement que les hommes dudit prieuré sont tenus ressortir par contredit (c'est-à-dire en appel) à la cour dudit Combour », et que, « en reconnaissance de la fondation faite d'icelui prieuré par les feuz seigneurs de Combour » il était dû chaque année par le prieur au baron de Combourg une rente de 4 livres monnaie » (Bulletin de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine, 190 - Ces 4 livres sont les 80 sols dont il a été question précédemment). Nous avons vu, en effet, que le prieuré de la Trinité de Dol avait été fondé par Jean de Dol, seigneur de Combourg ; mais, d'autre part, il est certain que Riwallon, premier seigneur de Combourg et père du fondateur de ce monastère, tenait le territoire de l'Abbaye-sous-Dol de l'archevêque Ginguené. Il paraît que les prélats dolois renoncèrent à tous droits sur ce territoire au moment où il fut donné à Saint-Florent, et que bien plus tard seulement le roi s'empara de cette mouvance, en considérant le prieuré comme un fief entièrement amorti, quoique les seigneurs de Combourg s'y fussent réservé des droits. Le prieuré de l'Abbaye-sous-Dol avait, comme l'on voit, une importance réelle ; ses revenus étaient estimés valoir 5.265 livres de rente. Aussi Mgr de Chamillart, devenu évêque de Dol, jeta-t-il les yeux avec complaisance sur ce beau bénéfice lorsqu'il projeta la fondation d'un Grand-Séminaire pour son diocèse. Ses désirs furent satisfaits, et il obtint en 1697 de l'abbé et des religieux de Saint-Florent l'extinction du titre du prieuré de l'Abbaye-sous-Dol et l'union de tous ses revenus à un Séminaire établi dans les bâtiments mêmes du monastère. Les conditions furent toutefois que le Séminaire paierait chaque année, à perpétuité, 300 livres aux religieux et 6 livres à l'abbé de Saint-Florent de Saumur, et solderait en plus une rente viagère au dernier prieur, Anne de Fourcy, résignant en sa faveur. Des lettres patentes de Louis XIV, datées de mai 1698, approuvèrent cette convention, ainsi que le décret épiscopal d'union, et consacrèrent la transformation du prieuré de Dol en Séminaire diocésain. Mgr de Chamillart confia son nouvel établissement aux Eudistes, qui peu à peu relevèrent tous les bâtiments de l'Abbaye-sous-Dol, de sorte que rien ne demeura debout de l'antique prieuré. En 1777, Mgr de Hercé posa la première pierre d'une nouvelle église et y renferma une plaque de cuivre à ses armes avec inscription ; le même prélat consacra cet édifice le 4 mai 1781. La Révolution, en chassant les évêques de Dol, abolit naturellement leur Séminaire. A la fin du XIXème siècle, l'Abbaye-sous-Dol est devenu l'hôpital de cette ville. On y remarque alors encore l'église, dédiée à Notre-Dame, formant une croix, et construite dans ce style assez régulier mais si froid du XVIIIème siècle ; y joignant au Sud se trouve un vaste corps de logis de la même époque, que 1796 ne permit pas d'achever. L'ensemble est assez grandiose à cette époque ; toutefois, rien, absolument, — sauf le village de Mabouet (le Mezwoit de 1076), qui se trouve à côté, — ne rappelle aujourd'hui en ces lieux l'antique monastère des Bénédictins de Saint-Florent. Liste des prieurs :  — Ulric figure dans un grand nombre de chartes, notamment en 1085. — Ruellon (vers 1180). — Silvestre (1197). — Jean de la Croix mit d'accord en 1232 le prieur du Pont-de-Dinan et le recteur de Lanvallay. — G... fit en 1254 un accord avec Olivier Hasart au sujet de deux terres situées en La Fresnaye, et appelées les Sillons-Geslin et la Terre-du-Moine. — Guillaume, vivant en 1267, est peut-être le même que le précédent. — Guillaume de Montors mourut le 10 septembre (nous ne savons en quelle année), d'après l'Obituaire de Dol ; il fut aussi prieur du Pont-de-Dinan et fonda son anniversaire dans la cathédrale de Dol, léguant pour cela aux chanoines de Saint-Samson une rente de 3 mines de froment sur la dîme de Baguer-Morvan. — Jean Mahé consentit, à la prière de Thibaud de Pouancé, évêque de Dol (1280-1301), à céder au recteur de Roz-landrieux la moitié des dîmes de cette paroisse appartenant au prieuré de Dol. Pour l'en récompenser, ce prélat voulut qu'on donnât à Jean Mahé quelques autres rentes. — Jacques Mahé ayant vu qu'on lui retranchait les rentes dont il vient d'être question, s'en plaignit à l'évêque Thibaud de Moréac, qui, en 1309, lui donna à perpétuité 4 mines de froment sur les dîmes de Carfantain. — Philippe, prieur dès 1325 et Bénédictin comme tous les précédents, fit deux ans plus tard un accord avec Guillaume Melchin, évêque de Dol, relativement aux dîmes de La Fresnaye, qu'ils se partageaient. — Dom Guillaume Labbé acheta en 1346 une terre dépendant de Montrouaud. — Dom Hervé de la Pommeraye plaida vers 1425 contre l'évêque de Dol, prétendant que son prieuré relevait des seigneurs de Combourg et non pas des évêques de Dol. — Dom Olivier du Bellay fit en 1429 une requête contre Raoul Roche, seigneur de la Hurlaye. — Dom Pierre de Montplace, religieux de Saint-Florent, succéda au précédent et soutint ses droits en plaidant en 1445 contre Guillaume Boutier, abbé de Beaulieu, qui prétendait au prieuré. — Guillaume d'Estouteville, abbé du Mont Saint-Michel, puis évêque et cardinal, prieur commendataire, termina le procès précédemment entrepris par Hervé de la Pommeraye contre les évêques de Dol ; ceux-ci renoncèrent à leurs prétentions sur le prieuré (1459). — Dom Rolland Lhostellier, religieux du prieuré de Combourg, se disait en 1464 prieur de l'Abbaye-sous-Dol ; mais en 1469 il ne prenait plus que le titre de procureur du cardinal d'Estouteville. — Alain de Coëtivy, cardinal de Sainte-Praxède, archevêque d'Avignon et évêque de Dol, jouit aussi en commende du prieuré de l'Abbaye ; décédé à Rome en 1474. — Foulques de Sinybaldis, protonotaire apostolique, résigna le prieuré en faveur du suivant en 1483. — Louis du Bellay, abbé de Saint-Florent, jouit pendant plusieurs années du prieuré de Dol, qu'il possédait encore en 1497. — Charles de Hautbois résigna en 1505, en se réservant une pension sur le bénéfice. — Jean d'Espinay, abbé de Saint-Méen, laissa tellement tomber en ruine le prieuré qu'il avait en commende, que les religieux de l'Abbaye-sous-Dol obtinrent en 1598 un arrêt du Parlement de Bretagne ordonnant la saisie des biens de ce prieur pour effectuer les réparations indispensables au monastère. Jean d'Espinay jouissait encore du bénéfice en 1602. — Edmond de Revol, fils de N... de Revol et de Jeanne de Rosset, protonotaire apostolique, chantre et chanoine de Dol, était prieur en 1629 ; il dut résigner vers 1636 en faveur du suivant. Il habitait le prieuré de l'Abbaye et avait un cachet armorial portant : d'argent à trois trèfles de sinople, l'écu surmonté d'un chapeau à six houppes. — François de Revol, chanoine de Dol, se fit pourvoir à Rome, mais comme dom Liger prétendait avoir droit au prieuré, M. de Revol le lui abandonna moyennant une pension de 500 livres. — Dom Guillaume Liger, Bénédictin de Saint-Florent, résigna vers 1642. — Michel Bonnard, clerc du diocèse de Paris, pourvu en cour de Rome, prit possession le 12 avril 1642. — Jacques Cousinot, conseiller au Parlement, prieur de Bécherel et de l'Abbaye-sous-Dol dès 1646, rendit aveu au roi pour ce dernier prieuré en 1679. — François Cousinot, sieur de Suilly, conseiller du roi, pourvu des deux mêmes prieurés que son prédécesseur, ne conserva en 1685 que celui de l'Abbaye. Il habitait ce dernier, à Dol, où il mourut, étant sous-diacre, le 6 juin 1688 ; il fut inhumé dans son église priorale, « proche le grand autel ». — Anne de Fourcy fut le dernier prieur de l'Abbaye-sous-Dol ; en 1697, il résigna ce bénéfice en faveur du Séminaire que projetait de fonder l'évêque de Dol ; il se réserva seulement une rente viagère de 1.000 livres, que les directeurs du Grand-Séminaire lui payaient encore en 1724 (abbé Guillotin de Corson) ;

 Ville de Dol-de-Bretagne (Bretagne).

l'ancien membre de l'hôpital de Dol, dépendant de la commanderie du Temple de la Guerche. Ce membre assez important se composait d'éléments très-anciens et fort disparates : ainsi, le nom d'Hôpital de Dol indique suffisamment que les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem possédèrent cet établissement dès son origine, tandis que les noms des paroisses de Vildé-Bidon et de Lanhélin, faisant partie du même membre, se trouvent inscrits parmi les biens des Templiers confirmés par le duc Conan IV. La juridiction de l'Hôpital de Dol s'étendait en cette ville dans le faubourg de la Boulangerie et dans les dix-sept paroisses dont les noms suivent : Vildé-la-Marine, relevant tout entière de la commanderie, à la réserve d'une seule maison ; le commandeur y avait quelques rentes, un droit de moulin à vent, « dont il y a la masse que la mer a ruisnée », et la présentation du bénéfice ; — Vildé-Bidon, mentionnée sous le nom de « Bidon » au XIIème siècle, et relevant aussi tout entière de la commanderie, à l'exception d'une maison ; le commandeur y avait quelques petites rentes et y présentait le bénéfice paroissial ; — Roz-landrieux, où le commandeur avait une rente de 12 boisseaux et demi de froment rendus à Dol, et la sixième partie des dîmes de la paroisse (nota : On a conservé en Roz-landrieux un vague souvenir des Chevaliers, qu'on dit avoir habité le prieuré du lieu ; cela semble une erreur, car ce prieuré a été de bonne heure mis entre les mains de l'abbaye du Tronchet ; mais celte tradition, quoiqu'elle confonde les Bénédictins avec les Templiers, n'en est pas moins intéressante à recueillir) ; — Baguer-Morvan, dont les vassaux devaient au commandeur 6 boisseaux de froment rendus également à Dol ; — Lanhélin ; le commandeur y prenait la moitié des dîmes, y levait quelques rentes et y tenait les plaids généraux de sa juridiction le lendemain de la fête de saint André ; il prétendait même avoir en l'église droit de fondation. Nous avons dit que Lanhélin, « Alahalan », figure dans la charte apocryphe de 1182 ; la tradition locale veut que les Chevaliers aient habité jadis le village actuel des Chapelles, situé en cette paroisse ; Lourmais et Combourg ; dans ces paroisses s'étendait le bailliage de Terre-Rouge, dont les vassaux devaient au commandeur une petite rente d'argent et une paire de gants blancs ; le commandeur y jouissait aussi d'un petit dîmereau, et l'on trouve encore à Combourg aujourd'hui une maison appelée la Templerie, située dans la ville même ; — Saint-Suliac, où se trouvait le bailliage de Dolet, relevant de la commanderie, et devant quelques rentes en argent et en grains, payables à la Saint-Gilles, fête patronale de la chapelle bâtie au village de Dolet ; — Saint-Méloir-des-Ondes ; le commandeur y possédait le petit fief de la Merveille ; — Cancale, Cherrueix, Baguer-Pican, Le Vivier, Bonnemain, Lanrigan et Saint-Broladre, paroisses dans lesquelles les Chevaliers avaient quelques vassaux et quelques mouvances ; on retrouve encore en quelques-unes d'entre elles, notamment en Bonnemain, le village du Temple ; — La Boussac, enfin, où le commandeur avait un fief et « un droit de bouteillage des vins et cildres qui se debitent sous l'estendue de sondit fief ». Mentionnons encore ici les possessions que les Hospitaliers avaient aux environs de Tinténiac au XIIIème siècle. C'étaient la terre de Lesternac, en Tinténiac même, et les manoir, domaine et oratoire de la Bouhourdière, en Saint-Domineuc. Deux chartes de 1211 et de 1213 sont relatives à des stipulations entre Stéphanie, abbesse de Saint-Georges, et deux grands dignitaires de l'Ordre des Hospitaliers, l'un frère Guillaume de Villiers, prieur de l'Hôpital en France, et l'autre frère Geoffroy, maître de l'Hôpital de Jérusalem en France. L'abbesse, en leur concédant des terres dans son fief de Tinténiac, aux lieux susdits, fit remarquer qu'il ne leur était pas permis d'y élever une chapelle ni d'y construire un cimetière au détriment des privilèges de son abbaye et de ses bénéfices de Tinténiac et de Saint-Domineuc. Il est dit ailleurs que ces Chevaliers avaient également en Tinténiac la maison servant d'Hôpital aux lépreux en 1207 (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Georges, 46, 209, 210, 211, 492). M. de la Bigne Villeneuve pense que ces biens faisaient partie de la commanderie de la Guerche, et nous croyons dès lors qu'ils se rattachaient plutôt à l'Hôpital de Dol qu'à tout autre membre (abbé Guillotin de Corson) ;  

la chapelle Sainte-Magdeleine du château, sise dans le château de Dol occupé par les évêques de Dol, était leur oratoire privé. Elle était fondée de messes, et il paraît que le Chapitre en avait la présentation, car en 1661 il y nomma chapelain Louis Charnacé, recteur de La Boussac, en place de Pierre Charnacé, décédé ;  

la chapelle Notre-Dame des Tanguières située près du pont de ce nom, appartenait à la paroisse du crucifix et servait de lieu de sépulture aux paroissiens les plus notables ;  

la chapelle de Saint-Marc, qui dépendait jadis de l'hôpital ;  

la chapelle de Saint-Lazare (XVIIème siècle), qui dépendait jadis de la Léproserie située dans l'ancien faubourg de la Chaussée ;  

la chapelle de Saint-James, qui dépendait jadis du Sanitat ;  

la chapelle du Collège ;  

l'ancienne chapelle Notre-Dame des Carmes, qui appartenait jadis aux Carmes. L'ancien couvent des Carmes, situé route des Carmes, est fondé en 1401 par Guillaume de Montauban (seigneur de Landal), sur le terrain vague de l'Aire Béart. Sa première pierre est posée par le duc Jean IV. Son église a été démolie en l'an XII ;

Nota 3 : « De sable mantelé arrondi d'argent, à trois étoiles, deux en chef et une en pointe, de l'un en l'autre » (Armorial général ms. de 1698). Guillaume de Montauban, seigneur dudit lieu et de Landal, fonda le couvent des Carmes de Dol au commencement du XVème siècle. Jean IV, duc de Bretagne, posa la première pierre du monastère le 18 janvier 1401, et Richard de Lesmenez, évêque de Dol (nota : d'après une Notice ms. que m'a remise M. Charil des Masures, Richard de Lesmenez donna aux Carmes l'emplacement même de leur couvent, situé au haut de sa ville épiscopale), ainsi que le sire de Combourg, voulurent aussi contribuer à la fondation de ce pieux établissement. C'est ce que nous apprend la chronique rimée que voici : - L'an mil quatre cent et un an, - Le jour de la Chaire Saint-Pierre, - Assit le noble duc Jehan - De céans la première pierre. - Richard, évesque de ce lieu, - Les sires Montauban et Combour, - En la revérence de Dieu, - Le fondèrent en grand labour. - Pour eux et tous autres fondeurs - En ce moustier généralement - Et pour tous autres bienfaicteurs - Soit prié Dieu devotement (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, III, 842). Cette fondation ne se fit pas toutefois sans de grandes difficultés : le Chapitre de Dol et les deux recteurs de Notre-Dame de Dol n'ayant point été consultés par l'évêque sur l'opportunité de l'établissement des Carmes, s'y opposèrent, plaidèrent à Rome et obtinrent une sentence condamnant les religieux à démolir leur nouvelle construction faite dans le fief du Chapitre et en la paroisse de Notre-Dame. Richard de Lesmenez mourut sur les entrefaites, et son successeur, Etienne Coeuret, ayant obtenu l'arbitrage de cette affaire, la termina vers 1407 à l'avantage des Carmes, qu'il releva de la censure encourue par eux parce qu'ils avaient refusé de détruire leur monastère à peine sorti de terre (Albert Le Grand, Catalogue des Evêques de Dol). Guillaume de Montauban décéda en 1432 et fut inhumé dans l'église des Carmes, où reçut également la sépulture son fils, Jean de Montauban, amiral de France, seigneur de Montauban et de Landal, mort en 1466. Le testament de ce dernier prouve qu'à cette époque le couvent de Notre-Dame des Carmes de Dol n'était pas encore complètement édifié, puisqu'il légua « pour le parachevement d'icelui le nombre de cent liv. tournois par chacun an après son décès jusques à vingt ans ». La fille unique de ce seigneur, Marie de Montauban, épousa Louis de Rohan, seigneur de Guémené, mais omit d'accomplir les dernières volontés de son père ; les Carmes le lui rappelèrent dans une requête où ils demandent les rentes qui leur sont dues, « afin qu'ils puissent parfaire et accomplir leur église », dont ils reconnaissent que le sire de Rohan-Guémené est fondateur à cause de sa femme (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 842). Le monastère des Carmes avait été construit sur un terrain vague appelé l'Aire-Béart, à l'intérieur et à côté des murs de ville et près la porte d'En-Haut ; mais l'église conventuelle fut bâtie sur un terrain voisin relevant de Briand de Lanvallay, seigneur de Vaudoré ; aussi le fils de ce dernier, Bertrand de Lanvallay, demanda-t-il une indemnité au Chapitre provincial des Carmes tenu au couvent de Dol en 1442. « Il luy fut accordé par les Pères du Chapitre que luy et ses successeurs seigneurs de Vaudoré se feroint enterrer, si bon leur sembloit, en la chapelle de près le revestuaire (ainsi appeloint-ils la sacristie), vers le soleil couchant, qui est de l'autre costé du choeur et en mesme hauteur que la chappelle de Nostre-Dame » (Histoire ms. de la fondation des couvents de Carmes en Bretagne - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). Au commencement du XVIIème siècle, le couvent des Carmes de Dol tomba dans le relâchement ; mais la réforme de l'Observance de Rennes y fut introduite par les soins de Mgr de Revol, en 1616, et le monastère se releva plus florissant que jamais. Peu de temps après, Hector d'Ouvrier, également évêque de Dol, fit reconstruire « le cloître de Notre-Dame du Carme » vers 1638, et y plaça ses armoiries. « Le couvent de Dol a passé depuis pour être une des maisons les mieux bâties de l'Ordre ; on y vit plus de ferveur et de piété qu'en tout autre couvent, et les études de philosophie et de théologie lui donnèrent un grand éclat » (Juhel de la Plesse, Chronologie ms. des Evêques de Dol). Le couvent des Carmes de Dol ne fut jamais riche. En 1790 il possédait en maisons, terres et rentes, un revenu de 2.877 livres, et avait 846 livres de charges ; partant, il ne lui restait que 2.031 livres de revenu net. Le tout fut vendu nationalement pour une soixantaine de mille francs ; quant au mobilier du couvent, il n'atteignit à la vente que le chiffre de 600 fr., ce qui dénote bien sa pauvreté. Depuis lors l'église a été démolie, et ce qui reste, à la fin du XIXème siècle, des bâtiments conventuels est devenu méconnaissable. A la fin du XIXème siècle, on aperçoit toutefois encore ces tristes débris à l'entrée de Dol, près du pont construit sur la voie ferrée de Saint-Malo. D'ailleurs, ce n'est qu'en 1863 qu'a été rasée la chapelle Saint-Sébastien, dernière portion restée debout de l'ancienne église conventuelle de N.-D. du Carme (Pouillé de Rennes).

la chapelle des Bénédictines ;  

la chapelle de Saint-François d'Assises, qui appartenait jadis aux Franciscaines. Dans l'archidiocèse de Rennes, les Franciscaines de Calais ne possèdent qu'une maison : c'est celle de Dol, fondée en 1867. Les religieuses y ont des classes de filles, une salle d'asile et un ouvroir. Leur chapelle est dédiée à saint François d'Assise (Pouillé de Rennes) ;  

l'ancien couvent des Bénédictines (1666) établies à Dol depuis 1634. Les Visitandines, établies à Dol-de-Bretagne en 1627, sont remplacées en 1634 par les Bénédictines qui commencèrent en 1666 l'édification de leur couvent dans la rue de l'Aire Béart. Les religieuses en sont expulsées en 1792 et la Révolution en fait une prison. L'édifice est concédé à la commune en 1809 et sert ensuite d'école ; 

Nota 4 :  « D'azur à un saint Benoît d'or » (Armorial général ms. de 1698). D'après M. l'abbé Tresvaux, Edmond de Revol, chantre de Dol, neveu d'Antoine de Revol, évêque de cette ville, mit dès 1634 les religieuses bénédictines de la Trinité à la place des Visitandines, qui avaient quitté Dol ; et en cela il ne fit qu'accomplir les dernières volontés de son oncle, décédé en 1629 (Eglise de Bretagne, 293). Mais dans sa Chronologie ms. des Evêques de Dol, M. Juhel de la Plesse dit que la première pierre de l'église et du monastère des Bénédictines de Dol ne fut posée que le 27 mai 1666, par l'évêque Mathieu Thoreau. Les deux récits peuvent, au reste, s'accorder, parce que les religieuses n'eurent peut-être d'abord qu'une chapelle provisoire. Ce couvent se trouvait en face de celui des Carmes, dans la rue de l'Aire-Béart ou des Carmes ; son enclos, bordé par cette rue et par la place du Champ-à-l'Avoir, rejoignait le presbytère de Notre-Dame. Le 23 février 1790, les Bénédictines de Dol déclarèrent posséder, outre leur monastère et quelques pièces de terre en Dol, les métairies du Pont-Limier, également en Dol ; du Grand et du Petit-Ergay, en Baguer-Pican et Carfantain ; de la Billiais, en Cherrueix, et de la Ginclais, en Saint-Broladre. Le total de leurs rentes était de 4.016 livres ; leurs charges montaient à 1.063 livres, de sorte qu'il leur restait un revenu net de 2.953 livres. Tous les biens des Bénédictines furent vendus nationalement 65.975 livres après l'expulsion de ces religieuses, qui eut lieu le 28 septembre 1792. Leur maison fut alors convertie en prison politique ; mais plus tard un décret impérial de mars 1809 concéda la vieille chapelle en ruines et le couvent des Bénédictines à la ville de Dol pour y établir une maison d'éducation pour les jeunes filles. En 1823, les Dames de Saint-Thomas de Villeneuve y installèrent un pensionnat, mais ces religieuses quittèrent Dol en 1830, et leur maison devint une institution primaire laïque. C'est encore l'état à la fin du XIXème siècle de cet établissement d'instruction pour les filles. Quant à l'église conventuelle d'autrefois, elle a disparu, et ce qui reste du monastère des Bénédictines n'offre plus rien d'intéressant (Pouillé de Rennes).

 

l'ancien collège épiscopal (1728-1734-XIXème siècle). Le collège épiscopal de Dol est construit à l'initiative de l'évêque Bouschet de Sourches. L'aile de droite actuelle est une construction du XIXème siècle qui remplace l'ancienne chapelle de l'établissement. Il est aujourd'hui une école privée ;   

le manoir de Grand-Pont-Gérouard ou du Pont-Guérouard (XVIème siècle) ;   

l'ancien manoir de l'Epinay ou l'Espinay (XVIème siècle). Propriété de la famille Poirier en 1513 ;  

la demeure Du Quengo (XVI-XVIIème siècle) et son colombier. La demeure du Quengo est composée de deux corps de bâtiments accolés : celui de l'Est est flanqué de deux tourelles et date du XVIème siècle, celui de l'Ouest possède trois étages ;

 Ville de Dol-de-Bretagne (Bretagne) : manoir du Quengo.

le manoir de Belle-Noé ou Bellenoë (XVIIème siècle), situé à Carfantain et ancienne propriété du corsaire Robert Surcouf. Ce manoir possédait jadis une chapelle privée aujourd'hui disparue. Propriété de la famille Paynel en 1513, puis des familles de la Haye et Sébire au XVIIIème siècle. Il s'agit de la maison natale de Durand-Brager (1814-1879), peintre de marine ;   

le manoir de la Motte (1786), situé à Carfantain. Au nord-est s'élève une tour carrée ;   

le manoir des Beauvais (XVIIème siècle), situé faubourg de la Lavanderie. Il conserve une tourelle demi-circulaire ;   

le manoir des Ylouses ou Islouzes (XVIIème siècle), situé au faubourg de la Lavanderie. Il possède une tour, semi-circulaire et sommée d'un pigeon, qui renferme un escalier à vis en bois ;   

le manoir de la Halouse. Il possédait jadis une fuie. Propriété de la famille Peschart en 1589 ;   

la demeure "les trois bécasses" (1617). Il s'agit de la maison natale de Charles Toullier (1752-1832), auteur du premier "Traité de droit civique français" ;   

la maison des Plaids ou Petits Palets (XII-XVIème siècle). Elle a été restaurée. Son appartenance au Regaire de l'évêque, attestée en 1575, suggérait qu'elle ait pu être, à l'origine, un auditoire de justice et une halle construits au coeur de la ville marchande ;   

la maison de la Guillotière (XIIIème siècle), située au n° 27 Grande-Rue-des-Stuart. Le premier niveau est en pierre et le deuxième niveau est en pan de bois ;    

le porche de la maison de la Cour-ès-Chartiers (XIII-XVème siècle) ;    

les maisons (XIII-XVème siècle), situées au N° 14-18 Grande-Rue-des-Stuart ;    

la cave de l'enfer (XIIIème siècle), située au n° 18 Grande-Rue-des-Stuart ;    

la maison de la Grisardière (XII-XVIème siècle), restaurée au XIXème siècle. Le premier niveau possèdent des arcades (quatre à l'origine, deux aujourd'hui). Les fenêtres du deuxième niveau ont été remaniées au XVIème siècle. Le troisième niveau en pan-de-bois date du XIXème siècle ;    

la tour de la prison (XIVème siècle) ;   

la tour des Carmes (XVème siècle) ;   

la trésorerie (XVème siècle), située 2 place de la Trésorerie. On y trouve les armes d'Etienne II Coeuret, évêque de 1405 à 1429, date de sa mort. Cet édifice semble avoir abriter la trésorerie du Chapitre. Pour d'autres, il aurait été habité par l'évêque Etienne Coeuret ;   

la maison "La Rose Rouge" (XVème siècle), située 31 rue Lejamptel et restaurée au XIXème siècle ;   

l'hôtel Grand'Maison (XVIIIème siècle), surnommé encore autrefois " Auberge de l'Image du Petit Saint-Martin" ;   

la fontaine Saint-Samson, située au village de Carfantain ;  

l'ancien Hôtel-Dieu, situé jadis rue du Moulin. Reconstruit en 1764, l'Hôtel-Dieu existait avant le XIVème siècle. Il est transféré après la Révolution dans l'ancien prieuré de l'Abbaye-sous-Dol. Il a été probablement fondé par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. L'origine de l'hôpital de Dol n'est pas très-claire, mais elle est antérieure au XIVème siècle. D'après un mandement de Mgr Cupif, c'était une fondation faite par les évêques de Dol ses prédécesseurs, et la Déclaration de Mgr d'Espinay, en 1575, mentionne aussi cet Hôtel-Dieu comme relevant de l'évêché. Mais les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui possédaient à Dol un membre important appelé l'Hôpital de Dol et dépendant de leur commanderie de la Guerche, prétendaient avoir la présentation du prieuré de l'hôpital Saint-Marc de Dol et le droit de patronage et de fondation dans l'église de ce nom. Il est probable que primitivement ces Chevaliers-Hospitaliers construisirent ou desservirent tout au moins, en effet, l'hôpital de Dol ; mais ils abandonnèrent la maison et ne conservèrent que des droits seigneuriaux sur le prieur chargé de l'administrer ; ce que voyant, les évêques de Dol relevèrent à leurs frais l'Hôtel-Dieu, de sorte qu'il se trouva deux établissements juxtaposés qui, dans l'origine, avaient dû n'en faire qu'un seul : le prieuré ou aumônerie présenté par le commandeur de la Guerche, et l'Hôtel-Dieu administré par les soins de l'évêque de Dol (nota : En 1363, Philippe, vicomtesse de Dinan, légua quatre mines de froment aux pauvres de la maison-Dieu de Dol, « pauperibus clonus Dei Dolensis » - Anciens Evêchés de Bretagne, V, 231). En 1624 Guillaume Chertier, en 1638 Louis de Callac, en 1640 Augustin Perroguy, et en 1642 Gilles Perroguy, furent successivement pourvus du prieuré de l'hôpital de Dol. Mais lorsque ce dernier prieur mourut en 1657, l'évêque Robert Cupif obtint la suppression du bénéfice du prieuré de l'hôpital et l'union de ses revenus à la mense des pauvres de l'Hôtel-Dieu, ce qui fut confirmé en 1659 par un arrêt du Grand-Conseil. Déjà en 1615 Mgr de Revol, évêque de Dol, avait uni à son hôpital la frairie de Saint-Nicolas. Cette confrérie, fonctionnant dès le XIIème siècle, dépendait primitivement du Chapitre de Dol et s'assemblait à la cathédrale ; elle jouissait de certaines terres et de quelques rentes, et chaque année on faisait des quêtes à son profit ; tous ces fonds formaient comme un Bureau de bienfaisance à l'aide duquel les confrères de Saint-Nicolas soulageaient les pauvres malades. L'union de cette confrérie à l'Hôtel-Dieu fut donc très-avantageuse à ce dernier établissement (Notes ms. de M. Gaultier-Bidan). Un administrateur et des gardiens laïques tenaient à cette époque l'hôpital de Dol ; mais en 1673 Mgr Thoreau, de concert avec les échevins de Dol, y appela les Hospitalières de Saint-Thomas. Plus tard, en 1733, le roi donna des lettres patentes en faveur de cet Hôtel-ieu, à la prière de Mgr de Sourches, qui se proposait de le doter. Le successeur de ce dernier évêque, Mgr Dondel, fit reconstruire en 1764 l'Hôtel-Dieu de Dol, tant de ses propres deniers que de l'argent de l'oeuvre des retraites, accumulé à cet effet depuis trente ans?. Au commencement du XVIIIème siècle, cet établissement n'avait que 426 livres de revenu et 1.010 livres de charges ; la Communauté de ville de Dol lui donnait chaque année 300 livres, et les aumônes des fidèles suppléaient à ce qui manquait pour l'acquit des charges. L'hôpital Saint-Marc de Dol était situé dans la rue du Moulin, au Midi et près du pont de l'Archevêque, et ne renfermait dans le principe que deux salles et douze lits. Les Hospitalières de Saint-Thomas s'y trouvaient, au siècle dernier, au nombre de quatre religieuses aidées de deux soeurs converses ; elles vivaient des pensions que leur faisaient leurs parents, car l'administrateur de l'Hôtel-Dieu n'avait pas le moyen de les payer (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C, 1290). Depuis la Révolution, l'hôpital de Dol a été transféré dans les bâtiments de l'ancien prieuré ou séminaire de l'Abbaye-sous-Dol. Toutes les maisons du vieil Hôtel-Dieu, avec leurs dépendances, ont été vendues 43.600 fr. par la Commission administrative de l'hospice civil de Dol, en 1840. Nous n'avons rien à dire de l'ancienne église de l'Hôtel-Dieu de Dol, dédiée à saint Marc ; on y desservait entre autres chapellenies celle du Saint-Esprit, en 1661. Elle se trouvait à la suite du corps principal de logis, le long de la rue du Moulin, et avait été rebâtie en 1766 ; elle est remplacée main­tenant par une maison particulière (abbé Guillotin de Corson) ;  

l'ancien Hôpital-Général, aujourd'hui disparu. Il y avait aussi à Dol un Hôpital-Général créé par ordre de Louis XIV, et desservi, comme l'Hôtel-Dieu, par les Hospitalières de Saint-Thomas. Il renfermait en 1774 vingt-huit infirmes et était établi dans le même local que l'Hôtel-Dieu ; il se composait alors de trois salles : l'une pour les garçons de trois à seize ans, l'autre pour les filles de même âge, et la troisième servant de classe aux deux sexes réunis ; les enfants au-dessous de trois ans étaient mis en nourrice. La chapelle Saint-Marc était commune aux deux hôpitaux, et les Hospitalières n'avaient que trois petites chambres pour se loger. C'était, comme l'on voit, peu de chose que cet établissement, dont les revenus fixes n'étaient en 1724 que d'un peu plus de 400 livres, tandis que ses charges atteignaient le chiffre de 1.450 livres ; aussi cette maison ne subsistait-elle que grâce aux abondantes aumônes qu'y versaient les évêques de Dol (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C 1290, 1292 et Pouillé de Rennes) ;

Nota 5 : Le 24 juillet 1673, Mgr Mathieu Thoreau, évêque de Dol, d'accord avec les échevins de cette ville, passa un traité avec les Hospitalières de Saint-Thomas et leur confia le soin des malades de l'Hôtel-Dieu de Dol, situé alors rue du Moulin ; les religieuses en prirent aussitôt possession. Plus tard, en 1701, son successeur, Mgr Jean de Chamillart, donna aux mêmes Hospitalières la direction d'une Maison de Retraite dont on lui devait l'établissement à Dol ; il leur confia aussi la tenue de l'Hôpital-Général de Dol, annexé à l'Hôtel-Dieu (M. Gaultier-Bidan, Notes ms.). Ces religieuses, rentrées après la Révolution dans le nouvel hôpital de Dol, ont continué de desservir cet établissement jusqu'en 1875 (Pouillé de Rennes).

 

l'ancienne léproserie de Saint-Lazare, aujourd'hui disparue. Il est fait mention plusieurs fois au XIIème siècle, notamment en 1137, de la maison des lépreux de Dol (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 575, 596 et 773). Cette léproserie était placée sous le patronage de saint Lazare et avait dû être fondée par les évêques de Dol. Le Chapitre de cette ville se rendait jadis processionnellement le jour Saint-Lazare à sa chapelle. Il est probable que cette maladrerie cessa d'être nécessaire au XIVème siècle, par suite de la disparition de la lèpre à Dol, car en 1310 l'évêque Thibaud de Moréac afféagea la maison de Saint-Lazare, « domum Sancti Lazari », à Pierre d'Acigné, trésorier de Dol. Dans les derniers siècles, il ne restait plus guère que le souvenir de la léproserie de Dol, la chapelle de Saint-Lazare, dont l'évêque présentait le chapelain, et un fief appelé aussi Saint-Lazare et appartenant à la fabrique de la cathédrale. Ce fief s'étendait dans la paroisse de Notre-Dame de Dol, au faubourg de la Chaussée (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 4 G, 180), car c'était en ce quartier que se trouvait l'établissement dont nous venons de parler. La chapelle Saint-Lazare y existe encore à la fin du XIXème siècle, quoique abandonnée ; c'est un rectangle reconstruit en partie au XVIIème siècle, mais offrant quelques portions plus anciennes, notamment une jolie porte ogivale dont les voussures reposent sur d'élégantes colonnettes. C'est à côté de cette chapelle que se trouvaient, au moyen-âge, les vignes possédées à Dol par l'abbaye de la Vieuville ; ce monastère partageait avec la léproserie de Saint-Lazare les terres de la Bigotière (Pouillé de Rennes) ;  

l'ancienne maladrerie de l'Abbaye, aujourd'hui disparue. A l'autre extrémité de Dol, sur la route de Dinan et au-delà du faubourg de l'Abbaye-sous-Dol, se trouvent deux villages contigus appelés la Grande et la Petite-Maladrerie. M. Gaultier-Bidan ne semble pas croire que c'eût été jamais un hôpital proprement dit ; mais ce dut cependant être la demeure de quelques lépreux. Nous en avons la preuve dans une charte du XIIIème siècle, qui mentionne une certaine lépreuse nommée Brunette, « Brunetta leprosa », comme habitant alors aux environs de l'abbaye (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 960). Il est d'ailleurs très-vraisemblable que le prieur de l'Abbaye-sous-Dol, indépendant du Chapitre de Dol, ait établi pour les hommes de ses fiefs une maladrerie distincte de la léproserie de Saint-Lazare (Pouillé de Rennes) ;  

l'ancien Sanitat, aujourd'hui disparu. Au commencement du XVIIème siècle, la peste désola la ville de Dol. Pour soigner plus commodément les pestiférés et pour mettre les gens bien portants à l'abri de la contagion, on établit un sanitat ou lazaret non loin de l'ancienne léproserie de Saint-Lazare, dans le faubourg de la Chaussée. Le nom du lieu occupé par ce lazaret, appelé au XVIIIème siècle le champ de Saint-James, indique que la chapelle des pestiférés était dédiée à Saint-Jacques ; elle fut, en effet, construite sous ce vocable par Mgr de Revol. Au moment où la peste sévissait le plus cruellement, le bienheureux Jean de Saint-Samson, religieux carme du couvent de Dol, se transporta au sanitat de Dol, en 1606, et y donna des preuves admirables de sa charité : « Il encourageait les malades avec tendresse, les excitait à la confiance par de saints discours ; il parlait surtout aux agonisants avec tant de ferveur et de charité, qu'ils rendaient le dernier soupir au sein d'une paix confiante et douce ». (Vie du vénérable frère Jean de Saint-Samson, par le R. P. Cernin-Marie, p. 40). Au reste, les historiens de ce bon religieux assurent que Dieu lui accorda la grâce de guérir les malades atteints de fièvres paludéennes, fréquentes alors à Dol et dans les contrées environnantes. Rentré dans son monastère en 1607, après la cessation de la peste, il récitait sur les religieux malades de la fièvre une oraison particulière, et ils étaient aussitôt délivrés de leur mal. Le bruit de ces merveilleuses guérisons s'étant répandu dans la ville, toutes les personnes atteintes de la fièvre désiraient que le bon aveugle (car Jean de Saint-Samson était aveugle) priât sur elles. « Les malades venaient tous les matins à l'église du monastère et s'agenouillaient devant l'autel ; le saint homme passait, conduit par un religieux, récitait sur chacun d'eux l'oraison dont la vertu était si efficace dans sa bouche, et l'on dit que souvent ils s'en retournaient guéris » (Vie du vénérable frère Jean de Saint-Samson). Nous rattachons ce souvenir des vertus du vénérable Jean de Saint-Samson au sanitat de Dol, parce qu'il édifia grandement cet asile des pestiférés et qu'il put y soigner des fiévreux aussi bien que d'autres malades. Quant à ce sanitat lui-même, il n'en reste plus de traces : il se trouvait là où est à la fin du XIXème siècle l'école tenue par les Frères (Pouillé de Rennes) ;

l'ancienne maison de retraite : une maison de retraite fut fondée à Dol en 1701 par l'évêque Jean-François de Chamillart, qui la confia aux Hospitalières de Saint-Thomas de Villeneuve. Les bâtiments situés rue du Moulin furent en partie reconstruits en 1779. La Révolution a détruit complètement l'oeuvre des retraites de Dol, qui contribuait beaucoup à l'entretien de l'Hôtel-Dieu de cette ville. On voit encore à la fin du XIXème siècle près du pont de l'Archevêque cette maison de retraite, dont la porte est surmontée de la date 1779 et du blason mutilé de l'évêque de Dol. La chapelle Saint-Marc, qui l'avoisinait, était commune aux retraitants et aux malades de l'Hôtel-Dieu (Pouillé de Rennes) ;

l'ancienne Maison des Filles de la Sagesse, aujourd'hui disparue. La maison des Filles de la Sagesse de Dol fut fondée en 1765 par Mgr François Dondel, évêque de cette ville, qui leur donna 450 livres de rente, à charge de visiter et soigner gratuitement les pauvres malades à domicile et d'instruire les jeunes filles. Cette fondation fut augmentée par Mgr de Hercé. La Révolution chassa ces religieuses, dont la maison a longtemps servi, à la fin du XIXème siècle, de presbytère à Dol ?. Mais les Filles de la Sagesse sont rentrées dans cette ville en 1875 et elles y ont pris la direction de l'hôpital et d'une salle d'asile (Pouillé de Rennes) ; 

l'ancien couvent des Visitandines, aujourd'hui disparu. Les Visitandines doivent leur premier établissement en Bretagne à Mgr Antoine de Revol, évêque de Dol, qui était ami de saint François de Sales. Le prélat breton demanda et obtint, en 1627, des religieuses du premier monastère de Paris, qu'il plaça dans sa ville épiscopale, où il les combla de ses bienfaits. La supérieure de cette nouvelle maison fut la vénérable mère Françoise Patin, encore toute jeune religieuse du premier monastère de la Visitation de Paris ; elle devint plus tard la fondatrice, avec le P. Eudes, de la congrégation des Filles de Notre-Dame-de-Charité. Malheureusement Mgr de Revol mourut deux ans après la fondation du couvent de Dol, et les religieuses de la Visitation s'y trouvant dénuées de secours et souffrantes de l'air insalubre du pays, l'abandonnèrent dès 1631 et allèrent s'établir à Caen, où elles fondèrent une maison florissante. Elles cédèrent leur couvent de Dol en 1634 aux Bénédictines, qui vinrent l'occuper aussitôt (Pouillé de Rennes) ;  

8 moulins dont les moulins à eau du Petit-Gué, de Carfantin, de La Chapelle-Cobat, plus un moulin à huile. On mentionne aussi des moulins (Beau-chef) dans la partie occidentale des marais ;

  Ville de Dol-de-Bretagne (Bretagne).

A signaler aussi :

un mégalithe situé au Champ-Dolent (époque néolithique). Ce menhir mesure 9 mètres de hauteur. On prétend qu'il marque le lieu de la bataille entre le roi Clotaire Ier et son fils Chramme en 560 ;   

le sarcophage de saint Samson, situé place de la cathédrale (époque mérovingienne). Ce sarcophage a contenu les restes de saint Samson jusqu'au XVIIIème siècle, date à laquelle les ossements ont été placés dans un reliquaire. Il était jadis placé dans la cathédrale, derrière le maître-autel. Vide, il a été déplacé dans une arcade funéraire de la chapelle absidiale, avant d'être déplacé à nouveau dans le jardin du presbytère ;  

l'ancienne voie romaine d'Avranches à Corseul ;   

la découverte au village de Carfantain de 50 haches à douille et en bronze ;  

l'ancien manoir épiscopal (1371-1386), situé au sud de la cathédrale et remplacé par un édifice construit au milieu du XVIIIème siècle. L'édifice, qu'on appelait encore la Tour de Dol ouTour Morice, est fortifié dès le XIème siècle, puis reconstruit au XIVème siècle. Il possédait jadis une chapelle et un donjon. Le manoir est démoli en 1753, puis reconstruit. Il sert de collège communale après la Révolution, avant de disparaître à son tour, puis d'être remplacé à partir de 1888 par une école primaire ;

l'ancien Grand-Séminaire de Dol-de-Bretagne. Dès 1585, Charles d'Espinay, évêque de Dol, entretint son Chapitre du dessein qu'il formait d'établir un Séminaire dans sa ville épiscopale ; il choisit même le chantre Thomas Faverel, l'archidiacre Guillaume Le Corvaisier et le chanoine Raoul Guillier, docteur en théologie, pour s'occuper avec lui de cette importante affaire. Des obstacles sérieux s'opposèrent, paraît-il, à la réalisation de ce projet, qui ne fut repris qu'en 1697 par Mgr de Chamillart. Ce prélat obtint cette année-là même des lettres patentes du roi autorisant l'établissement à Dol-de-Bretagne d'un Séminaire ; il pria les Jésuites d'en prendre la direction, mais ceux-ci refusèrent. L'évêque s'adressa alors à des prêtres de Paris, obtint en 1698 d'autres lettres royales unissant le prieuré et la cure de l'Abbaye-sous-Dol au nouveau Séminaire, et fit reconnaître pour supérieur de ce Séminaire et recteur de l'Abbaye un prêtre parisien, M. Adrien de Saint-Aubin. Mais ce dernier ne tarda pas à quitter Dol, ce qui détermina Mgr de Chamillart à traiter avec les Eudistes ; il le fit le 20 octobre 1701 et obtint du roi, l'année suivante, de nouvelles lettres patentes autorisant les Eudistes à tenir son établissement. L'évêque de Dol établit tout naturellement son Séminaire dans les bâtiments du prieuré de l'Abbaye-sous-Dol, dont les revenus venaient de lui être cédés par M. de Fourcy, dernier prieur commendataire (nota : le revenu brut du prieuré de l'Abbaye-sous-Dol était en 1724 de 5.265 livres - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C. 1290). Mais ces bâtiments étaient très-anciens et fort insuffisants ; aussi fallut-il songer à rebâtir la maison, ce qu'on commença à faire dès 1739. Ce ne fut tou­tefois qu'en 1771 qu'eut lieu la construction du principal corps-de-logis, qui existe encore à la fin du XIXème siècle, mais qui n'a jamais été complètement fini. En 1777, on commença à rebâtir l'église telle qu'elle est aujourd'hui. L'évêque de Dol, en chargeant les Eudistes de son Séminaire, leur avait en même temps confié l'administration de la paroisse de l'Abbaye-sous-Dol, de sorte que le supérieur du Séminaire était aussi, comme nous venons de le dire, recteur de cette paroisse. Mgr de Hercé consacra le 4 mai 1781 la nouvelle église, servant à la fois aux séminaristes et aux paroissiens. Vers cette époque, il y avait neuf prêtres eudistes et quatre frères au Grand-Séminaire de Dol. La Révolution chassa les Eudistes et vendit, le 17 juin 1791, les biens du Séminaire de Dol 76.350 fr. ; ils consistaient surtout dans le domaine de l'enclos, formé de prairies et de 14 journaux de terres labourables, — la métairie de Maboué en Dol — les Fougeroux et les Houssais en Montdol, — et la terre des Hièbles (Registre Capitulaire de Dol - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C. 1290). A la fin du XIXème siècle, les bâtiments du Séminaire de Dol sont occupés par l'hôpital de cette ville (Pouillé de Rennes) ; 

l'ancien Collège de Dol-de-Bretagne. Le scholastique de Dol, chargé de diriger les écoles du diocèse, ne donnant plus lui-même au XVIème siècle l'instruction aux enfants de la ville épiscopale, le Chapitre fut prié de nommer un précepteur pour enseigner la jeunesse de Dol-de-Bretagne. En 1592, les bourgeois de cette ville adressèrent même une sommation à ce Chapitre afin d'obtenir de lui l'union à une préceptorerie de la prébende vacante alors par suite du décès du chanoine Guillaume Le Corvaisier. Mais cette façon d'agir un peu brutale déplut au Chapitre, qui refusa l'annexion sollicitée, et les bourgeois renoncèrent alors, faute de dotation, à l'établissement de la préceptorerie projetée. C'est à Mgr Jean-Louis de Bouschet de Sourches que l'on doit l'établissement du collège de Dol-de-Bretagne. En mars 1727 cet évêque obtint du roi des lettres patentes, enregistrées l'année suivante au Parlement et l'autorisant à fonder un collège dans sa ville épiscopale. Comme cet établissement devait tenir lieu de Petit-Séminaire, Mgr de Sourches en proposa la direction aux Pères Eudistes, qui avaient déjà celle du Grand-Séminaire. Mais ces religieux ne crurent pas pouvoir accepter cette nouvelle charge, et l'évêque de Dol résolut alors de confier sa nouvelle maison aux prêtres de son diocèse. Le prélat acheta donc au lieu appelé la Croix-Péguille, dans le faubourg de la Chaussée, l'emplacement de l'ancien sanitat Saint-James, que la fabrique de Notre-Dame lui vendit 500 livres seulement ; l'architecte Delatour fit le plan des bâtiments, dont la première pierre fut solennellement posée le 19 juin 1728 par le grand-chantre, M. Le Loup de la Biliais, en présence du Chapitre, du clergé de Notre-Dame et des bourgeois de Dol-de-Bretagne ; cette pierre formait un des angles de la chapelle. Quand l'édifice fut terminé, l'évêque de Dol vint lui-même le bénir en 1737 ; il y eut à cette occasion de grandes fêtes à Dol (Dol-de-Bretagne) ; on y joua une pastorale en musique composée par le chanoine N. de Saint-Martin, et Monseigneur fut complimenté par le syndic, en présence de la milice bourgeoise sous les armes. Un an plus tard, Mgr de Bouschet dota généreusement le nouveau collège. Par acte du 24 avril 1738, il donna à cet établissement la maison qu'il avait fait bâtir et ses dépendances situées en la paroisse de Notre-Dame, — les métairies de la Petite-Grandville, la Grétardière, le Tertre, Vienne, la Ville-ès-Chiens en Montdol, — Launay-Bourdais en Carfantain, — les maisons de la Buterie et de la Brèche-Artur, ainsi qu'une autre maison sur les douves en Dol, — le clos du Robinet en Dol, — douze pièces de terre, une grange et un verger en Montdol, — le pré noble des Verdières en Hirel, — diverses rentes montant à 156 livres 13 sols d'argent, 58 boisseaux de froment et 3 chapons, le tout évalué à 2.000 livres de revenu annuel. L'ouverture des classes du collège de Dol se fit en 1737, et le premier principal fut le chanoine Gilles Théault, tenu de dire sept messes par semaine à l'intention du prélat fondateur. On enseigna dans ce collège toutes les classes jusqu'à la philosophie inclusivement. Parmi les principaux de Dol-de-Bretagne, notons le savant chanoine Gilles Déric, un autre chanoine, Joseph Portier, et Julien de la Croix, dernier titulaire, déporté pendant la Terreur et mort à Cayenne. La Déclaration faite le 24 février 1790 prouve que le collège de Dol-de-Bretagne n'avait alors que 5.292 livres de rente, et que ses charges (traitement de cinq professeurs et dépenses diverses) montaient à 6.076 livres (nota : L'évêque de Dol-de-Bretagne conférait souvent des bénéfices aux professeurs du collège, ce qui constituait une partie de leur traitement ; ainsi le principal Gilles Théault fut chapelain de Sainte-Anne-de-la-Grève et de Saint-Denis-de-la-Rue ; Louis Rogier, professeur de rhétorique eu 1744, chapelain de Vaudemaire et de Beauregard ; Charles Labonde, professeur de philosophie en 1746, chapelain de la Mettrie ; Jean Le Rouge régent de troisième en 1747, chapelain de Tardifume et des Jonchées, etc. - Registre des insinuations ecclésiastiques de l'évêché de Dol). Le prix de la pension des élèves n'était que de 27 livres par mois pour nourriture, chauffage, éclairage et blanchissage. En 1764, ces élèves étaient au nombre de quatre-vingt-quatre. Le collège de Dol-de-Bretagne, avec ses jardin et verger, fut vendu nationalement le 24 septembre 1795 pour la somme de 30,400 fr. Il est occupé, à la fin du XIXème siècle, par l'école des Frères de l'Instruction chrétienne (nota : Registre Capitulaire de Dol. — Communications de MM. Charil des Masures et Gaultier-Bidan. — Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 4 G, 189. — Rétabli après la Révolution dans l'ancien palais des évêques de Dol, ce collège a été pendant quelque temps, notamment durant la Restauration, tenu par des prêtres. En 1827, MM. les abbés Ruault et Depincé en étaient principal et sous-directeur ; mais la ville de Dol-de-Bretagne a ensuite confié cet établissement à des laïques ). — En 1765, Mgr Dondel, évêque de Dol, appela en cette ville les Filles de la Sagesse, leur bâtit une maison dans un faubourg et leur assura 450 livres de rente ; à la charge de visiter les malades et d'instruire gratuitement les jeunes filles pauvres. Cette fondation fut augmentée par Mgr de Hercé, qui comprenait bien l'importance d'une telle école dans sa ville épiscopale (Pouillé de Rennes) ;

l'ancien manoir de Champlion, situé route de la Boussac ;

l'ancien manoir du Clos-Lupin, situé route d'Epinac. Propriété de la famille le Prévost, puis de la famille de Plumaugat seigneurs de Tréveleuc et de l'évêque de Dol Thomas James en 1513 ;

l'ancien manoir du Rouvray, situé route d'Epiniac. Propriété de la famille de Lesquin en 1513 ;

l'ancien manoir des Orgerils, situé route d'Epiniac. Propriété de la famille de Lanvallay en 1513 ;

l'ancien manoir de Chatteville, situé route d'Epiniac. Il possédait jadis une chapelle privée aujourd'hui disparue. Propriété de la famille du Cobatz seigneurs de la Chapelle-Cobatz en 1513 ;

l'ancien manoir du Tertre-Martin. Propriété successive des familles Hirel, Landais et Charzault (en 1513) ;

l'ancien manoir de la Haute-Bruleraye, situé route d'Epiniac ;

l'ancien manoir des Beauvais, situé route de Combourg. Propriété de la famille Rouxel en 1513 ;

l'ancien manoir de la Croix-Pèquille, situé route de Combourg ;

le manoir de Belle-Lande, situé route de Combourg. Propriété de la famille de la Bellière en 1513 ;

l'ancien manoir de la Chapelle-Cobatz. On y voyait autrefois une chapelle dédiée à saint Turiau, sixième évêque de Dol. Propriété de la famille du Cobatz en 1513, puis de la famille de Lanjamet au XVIIIème siècle ;

l'ancienne maison Saint-Jacques, située route de Plerguer, non loin de l'ancien prieuré ;

l'ancien manoir de la Cochardière, situé route de Plerguer. Propriété de la famille de Montereul en 1513 ;

l'ancien manoir de Monplaisir, situé route de Plerguer ;

l'ancien manoir de Launay, situé route de Plerguer. Propriété de Marguerite Montereul, veuve de Guillaume Guibert et de Thomas du Pont en 1513 ;

l'ancienne Auberge des Trois-Pigeons ;

l'ancien manoir de Legeart, situé Boulevard Deminiac ;

du côté sud de la Grande-Rue, il y a lieu de citer les anciennes Auberges du Grand-Pot d'Etain, du Grand et du Petit-Cheval Blanc, de la Dauphinière et du Gros-Chêne que remplace l'Hôtel de Ville, de la Rose-Rouge, du Pignon-Blanc, de la Grande et de la Petite-Tête-Noire ;

du côté nord de la Grande-Rue, il y a lieu de citer les anciennes maisons de l'Image Saint-Michel, de la Croix-Verte, du Grand et du Petit-Paradis, du Pilier-Blanc, du Pilier-Rouge, du Grand et du Petit-Croissant et de la Grande-Trotellière ;

l'ancienne Maison du Mortier-d'Or, située dans la Grande-Rue ;

dans la rue La Jamptel (ancien maire de Dol sous la Restauration), il y a lieu de signaler l'Auberge de l'Image du Petit-Saint-Martin, la Maison du Soleil et les Maisons de l'Hermine et de la Boissardière ;

dans la rue de la Poissonnerie, il y a lieu de citer la Maison de la Grabolays ou du Porche au pain (XVème siècle) et la Maison du Fournil (citée dès 1538) ;

dans la rue Sainte, il y a lieu de citer la Maison de la Psallette et la Maison du Chantre ;

les anciennes maisons situées dans la ville close et mentionnées : la Maison de la Cité, les Maisons de l'Aumône, la Maison de Saint-Michel-le-Doré, la Maison de l'Image Saint-Pierre et de la Chasse ;

l'ancienne Maison de la Bazinnière, située route de Rennes ;

l'ancienne Maison du Lion d'Or et l'Hôtellerie de l'Image-Notre-Dame, situées rue du Moulin ;

dans la rue de la Boulangerie, il y a lieu de citer les Maisons de l'Officialité, du Petit-Chapeau-Rouge et de la Truie-qui-File ;

Ville de Dol-de-Bretagne (Bretagne).

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ANCIENNE NOBLESSE de DOL-DE-BRETAGNE

Le comté de Dol : Dol était la seule seigneurie ecclésiastique titrée de notre territoire. L'évêque de Dol eut toujours d'ailleurs une position exceptionnelle parmi les prélats bretons ; non-seulement au moyen âge ses prétentions à la dignité archiépiscopale l'élevaient au-dessus d'eux, mais encore sa puissance territoriale lui donnait une importance incontestable. Seigneur de sa ville épiscopale et de toutes les paroisses circonvoisines (nota : l'évêque de Dol possédait, en outre, les baronnies de Coëtmieux en Basse­Bretagne et de Saint-Samson de la Roque en Normandie, mais nous n'avons pas à nous occuper ici de ces seigneuries), il prenait le titre de comte de Dol et prétendait même à la souveraineté dans son regaire épiscopal. « L'évêque de Dol, dit M. de Barthélemy (Mél. Histoire sur la Bretagne, III, 113), était si bien un baron de Bretagne, un tyern suivant l'ancienne constitution armoricaine, qu'il était tenu de fournir son contingent à l'ost ducal (c'est-à-dire à l'armée) ; c'était certainement une exception parmi les prélats bretons. Au XIIIème siècle, il devait dix chevaliers, c'est-à-dire un contingent aussi considérable que celui du sire de Goëllo pour ses domaines de Goëllo et de Quintin ; un de plus que le vicomte de Rohan et autant que le sire de Porhoët. Parmi ses vassaux, il comptait les Landal, les Beaufort, les Combour, les Du Guesclin, etc. ; ces chevaliers devaient personnellement le service militaire lorsque l'évêque leur ordonnait de prendre les armes ». Le prélat avait un porte-enseigne qui était, comme nous l'avons dit précédemment, le sire de Combour. Quant aux prétendus comtes laïques de Dol, ils n'ont jamais existé ; l'importance de la position féodale des évêques de Dol en est la meilleure preuve. La famille qui portait le nom de Dol descendait d'un frère cadet de l'archevêque Ginguené et n'eut jamais qu'une position subalterne relativement aux prélats dolois. Il est difficile de savoir jusqu'où s'étendait le domaine territorial des évêques ou archevêques de Dol au XIème siècle, alors que l'un d'eux, Ginguené, distrayait de ses terres les importantes seigneuries de Combour et du Guesclin pour en doter ses frères. Mais, quoique bien diminué par la suite des temps, le territoire épiscopal de Dol avait encore une grande importance avant le XVIIIème siècle, comme nous allons le voir. Aussi l'évêque de Dol prenait il le titre de « seigneur et comte de Dol » et timbrait-il ses armes d'une couronne comtale et d'un casque de chevalier. En même temps, et en souvenir, de l'ancien archevêché breton, l'évêque de Dol jouissait, comme prélat, de plusieurs beaux privilèges ; ainsi il devait être convoqué par son métropolitain, dans les circonstances solennelles, par lettres spéciales, et non par une lettre commune à tous les suffragants ; — dans les conciles provinciaux il s'asseyait en face du métropolitain, sur un siège plus élevé et plus décoré que celui des autres évêques ; — dans son diocèse il faisait porter devant lui la croix archiépiscopale et il en timbrait ses armoiries et son sceau ; — à chaque réunion des Etats de Bretagne il revendiquait la présidence de l'ordre du clergé ; — enfin, quoique l'archevêque de Tour eût conservé le droit de visiter le diocèse de Dol, ce droit avait été singulièrement restreint avec le consentement du Saint-Siège. Lorsque l'évêque comte de Dol faisait son entrée solennelle en sa ville épiscopale, le sire de Landal devait se trouver présent en personne et « tenir la bride de la haquenée ou cheval du seigneur évesque, lorsqu'il met pied à terre, sauf à prendre et garder pour lui ladite haquenée ou cheval avec tout son harnois ». Le même jour les seigneurs du Gage et de la Chesnaye-au-Bouteiller (seigneuries en Rozlandrieuc) devaient à la table du prélat faire, le premier, « l'estat et service de maistre d'hostel », le second, « celui d'échanson ». On comprend bien que nous ne songeons pas à donner ici une liste des évêques comtes de Dol qu'on trouve imprimée partout ; nous parlerons donc seulement de leur seigneurie temporelle, c'est-à-dire de ce qu'on appelait au moyen âge le « regaire de l'évêque de Dol ». M. de la Borderie ayant étudié cette question dans tous ses détails, il suffit d'analyser son intéressant mémoire (inséré dans les Bulletins de la Société archéologiques d'Ille-et-Vilaine, 1862) pour se rendre compte de la puissance féodale des évêques de Dol. 

Le regaire de Dol se divisait en trois parties distinctes : - 1er le regaire non enclavé qui comprenait Dol et ses alentours ; - 2° le regaire de Dol enclavé dans la seigneurie de Châteauneuf, et  - 3° le regaire de Dol enclavé dans la seigneurie de Combour. Le principal corps de regaire épiscopal de Dol ou regaire non enclavé renfermait dix-huit paroisses, savoir : le Crucifix et Notre-Dame de Dol, Carfantain, Montdol, Cherrueix, Saint-Broladre, Baguer Pican, la Boussac, Epiniac, Saint-Léonard, Bonnemain, Baguer-Morvan, Plerguer, Rozlandrieuc, Lillemer, la Fresnaye, Hirel et le Vivier. Toutes ces paroisses ne formaient qu'un très grand fief d'un seul tenant. La partie du regaire épiscopal de Dol enclavée dans la seigneurie de Châteauneuf s'étendait en cinq paroisses : Saint-Coulomb, Saint­Ideuc, Paramé, Cancale et Saint-Méloir-des-Ondes. Enfin le regaire de Dol aux enclaves de la seigneurie de Combour embrassait la paroisse entière de la Chapelle aux-Fils-Méen (Chapelle-aux-Filtzméens) et une partie des paroisses de Meillac et Cuguen. Telle était l'étendue générale de la seigneurie temporelle des évêques de Dol ; leur haute juridiction s'exerçait en vingt six paroisses. Quant au domaine proche de Monseigneur de Dol, il était encore avant la fin du XVIIIème siècle fort considérable ; le prélat en avait dans quatorze paroisses. C'étaient à Dol le palais épiscopal, l'auditoire, les prisons, les cohues à blé, à chair et à poissons, — en Saint-Léonard le manoir des Ormes et ses dépendances, — en Carfantain la métairie du Grand-Rouvray, le bois des Hayes de Dol et la lande de Chatteville, — en Saint-Broladre la lande du Loup-Pendu, — en Montdol des granges dimeresses et « la prée de Monsieur » dont le foin devait être fané par les habitants de Dol et charroyé par ceux de Baguer-Morvan. — D'autres pacages plus vastes, mais de différente nature, étaient les prés de la Brière en Rozlandrieuc, les Rosayes et Fennages de l'Evêque, tout le long du Bié-Jean en Rozlandrieuc, Lislemer, la Fresnaye et Hirel, grands marécages couverts de roseaux et de hautes herbes, plutôt que prairies véritables. Notons encore les landes de Cuguen, trois moulins à eau et une demi-douzaine de moulins à vent, etc. Au point de vue féodal, l'évêque de Dol avait un proche fief considérable dans toutes les paroisses environnant sa ville épiscopale. Ses mouvances nobles n'étaient pas moins importantes : relevaient de lui 48 fiefs à juridiction, dont 10 hautes justices et 38 moyennes justices. Les dix hauts justiciers dépendant en partie de Monseigneur de Dol étaient : le chapitre de Dol, les abbés du Tronchet et de la Vieuville, le marquis de Châteauneuf, les comtes de Combourg (Combour) et de Landal, les seigneurs du Plessix-Bertrand, de la Chapelle-aux-Fils-Méen, de Bourgneuf en Meillac et de la Massue en Cuguen. Il ne faut pas omettre une autre mouvance noble à cause de sa singularité : suivant les Déclarations de 1575 et 1680, « le baron de Vitré est homme vassal de l'évesque de Dol et tient de lui prochement et noblement, à devoir de foi, hommage et chambellenage, une des tours de son château de Vitré, nommée la Tour de Montafilant, avec la chapelle dudit chasteau appelée la chapelle Saint-Julien, laquelle est en la présentation dudit baron et en la collation dudit évesque ». Cette tour relevant de Dol et faisant partie du château de Vitré existe encore. « Fait bizarre, dit M. de la Borderie, d'une tour qui au temporel ne relevait point du même seigneur ni au spirituel du même évêque que le reste du château dont elle faisait partie ». L'évêque-comte de Dol avait dans toute l'étendue de sa seigneurie haute, moyenne et basse justice. Il prétendait même anciennement, pour sa cour laïque, avoir le droit de rendre des sentences souveraines et sans appel. « L'évêque de Dol, dit dom Morice, était le maître de sa ville et y avait une juridiction aussi considérable que celle du souverain. Il donnait le champ à ceux qui devaient se battre en duel, droit dévolu au souverain, selon les coutumes » (Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 21). Ces privilèges extraordinaires de l'évêque de Dol disparurent sous le gouvernement des rois de France, et en 1575 il n'était plus question à Dol de ce droit de souveraineté. Pour faire l'exécution des criminels Monseigneur de Dol avait une justice patibulaire « en manière de vergue » et de toute ancienneté appelée la Vergue de Dol. C'était une potence ordinaire composée de quatre pots ou piliers ; mais, par une exception rare en Bretagne, elle était élevée au milieu même de la ville de Dol, entre les deux halles et près de l'auditoire, dans cet élargissement qu'offre aujourd'hui la Grand'Rue. Outre les officiers ordinaires, de toute haute justice, sénéchal, alloué, greffier, notaire, procureur, etc., l'évêque de Dol avait un « juge chastelain » chargé exclusivement de la police et de la surveillance des digues et rigoles d'écoulement des marais de Dol (nota : les évêques de Dol attachaient une telle importance à ces travaux qu'ils excommuniaient ceux qui, par malveillance, rompaient ces digues ou bouchaient ces canaux), et « un grand voyer » héréditaire (nota : c'était le seigneur du Gage, en Rozlandrieuc) qui devait veiller à l'entretien des chemins et voies de communication de la seigneurie. Quant aux droits féodaux proprement dits du seigneur-comte de Dol, bornons-nous à énumérer les principaux : droit de bouteillage, — coutume sur les marchands passant à Dol, au Vivier et à Cuguen, — droits sur les drapiers, bouchers, potiers, poissonniers et corroyeurs de Dol, — droit d'avoir tous les poissons royaux « comme esturgeons et saumons » et la moitié des poissons gras « morues, baleines et autres grands poissons » qui se prennent dans la seigneurie « lesquels poissons doivent estre portés au seigneur évesque, aussitôt après la pesche, soit à son chasteau de Dol, soit à son manoir des Ormes », — droit d'exiger de certains habitants de Dol, le jour de l'entrée solennelle de l'évêque, « vingt saussiers de bois », par quoi l'on ne doit point entendre des sauciers à servir sauce sur table, mais mesures à mesurer corps secs comme pois, fèves, sel, etc. Le jour et la veille de la foire Saint-Samson, les habitants de Dol devaient faire le guet et la chevauchée en la ville pour maintenir l'ordre et devaient aussi fournir « deux flambeaux et des cierges pour faire l'évocation des sujets qui doivent assister à ladite chevauchée ». Parmi ces sujets devaient comparaître, par soi ou par procureur, le seigneur de Combour, à la tête des tenanciers de son fief de Malestroit à Dol, et le seigneur du Gage, avec ses hommes du bailliage de Carcou. Ces deux chevaliers devaient le guet et la garde à cheval et étaient tenus de « comparoir avec leurs hommes à la porte du chasteau de Dol ». Ils faisaient ensuite « la chevauchée » par toute la ville, le sire de Combour à l'ouverture de la foire et le sire du Gage à sa clôture. Dans le résumé des redevances dues à l'évêque de Dol on trouve : par le propriétaire du manoir de Legeart en Notre-Dame de Dol « vingt douzaines de pigeonneaux et deux pipes de cidre », — par les tenanciers du Crucifix et de Notre-Dame de Dol « douze livres d'amandes sans coque, une livre de poivre et une livre de gingembre, deux paires de gants et une couronne de fleurs de roses au jour du Sacre », — par d'autres tenanciers de Mont-Dol « une livre de gingembre et trois livres de poivre », — par le seigneur de la Corbonnaye en Saint-Léonard « deux chapons blancs, deux paires de gants blancs et quatre éteufs dorés » (nota : on appelait éteufs de petites balles pour jouer à la paume).

Un mot, en finissant, des habitations seigneuriales de l'évêque-comte de Dol. Le château épiscopal de Dol bâti près de la cathédrale était au moyen âge une véritable forteresse. La Tour de Dol, comme on l'appelait, joua un grand rôle durant les guerres des XIème et XIIème siècles. Plus tard l'évêque Thibaud de Moréac construisit un nouveau château également fortifié au commencement du XIVème siècle, à côté, sinon sur l'emplacement de l'ancien. Mais la Tour de Dol fut souvent un objet de contestation entre les ducs de Bretagne et les prélats dolois. Quand ces derniers virent disparaître une partie de leur puissance féodale, ils furent contraints de reconnaître, en 1457 et 1478, que les ducs avaient droit de mettre garnison dans le château de Dol, et qu'il incombait à ces princes de le défendre. Cette forteresse fut démolie en 1753 par ordre de Mgr Dondel, qui éleva à cette époque au même endroit un grand hôtel décoré du titre pompeux de « palais épiscopal » et qui vient lui-même d'être rasé de nos jours. Dans les derniers siècles surtout, les évêques de Dol se plaisaient peu, on le comprend, dans cette sorte de citadelle d'un autre âge ; ils préféraient habiter leur manoir des Ormes, situé à une lieue environ de Dol, dans la paroisse de Saint-Léonard. Les Ormes avaient été également fortifiés, il est vrai, par Thibaud de Moréac ; mais le château-fort fut bientôt abandonné et remplacé par un manoir d'apparence moins sévère. Construite à diverses époques, la nouvelle maison était à la fois d'aspect imposant et gracieux, avec son parc immense, ses étangs, ses prairies, ses bois et ses rabines. La Déclaration de 1680 décrivait ainsi cette demeure champêtre : « Le manoir épiscopal et le parc des Ormes, circuit et environné de murailles de pierres, dans lequel il y a un grand nombre de bois de haute fustaye, bois taillis, prés, terres labourables, un colombier, des vergers, garennes, étangs, un moulin à eau, une grande grée au proche et autres décorations ». Aujourd'hui le manoir des Ormes est assez délabré ; on y distingue trois parties : la plus ancienne, construite dans le style ogival fleuri du XVème siècle, présente encore une très belle porte avec pinacles, tympan flamboyant et fronton aigu ; malheureusement l'écusson qui surmonte cette porte est trop martelé pour qu'on puisse savoir à quel évêque est due cette construction. A droite de ce vieux corps de logis, maintenant inhabité, est un riche pavillon renaissance qu'on dit l'oeuvre d'un prélat, poète et ami des beaux arts, Mgr Charles d'Espinay (1558-1591) ; on y remarque une superbe cheminée sculptée, le balcon du grand salon et ce salon lui-même restauré à la fin du XVIIIème siècle. Enfin à l'opposé du château est un autre grand pavillon que fit élever le dernier évêque de Dol, Mgr de Hercé. Adossée à ce pavillon était jadis la chapelle épiscopale, transférée de nos jours dans une salle de la partie la plus ancienne du manoir. Terminons en disant qu'on montre l'assiette ou emplacement du château fortifié des Ormes dans les bois du Bocage, au milieu du parc (abbé Guillotin de Corson).

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 19 nobles de Dol-de-Bretagne

Jehan BOUESSART le jeune : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;

l'héritier de Jehan BUSNEL, avocat de Dol : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;

Bertrand CHOUFFE (50 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;

Jehan DAUPHIN : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;

les héritiers de Thomas ou Thébault DOUAULT (60 livres de revenu) : défaillants ;

Robin DU HAN : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Robert DU PAS : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;

Geoffroy GENEST, héritier Jehan Genest : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;

Jehan GUIBERT (30 livres de revenu), remplacé par son fils Raoul : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Robert GUIBERT, mineur : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;

Robin LE BIGOT : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Jehan LE CHEVRIER : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;

Guillaume LE FRANCOYS : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;

Charles MACE : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Georges MAUFRAS : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Jehan PAYNEL (60 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;

les héritiers de Pr. PERIER (60 livres de revenu) : défaillants ;

les héritiers de Jehan PIEDEVACHE : défaillants ;

Olivier TIBOUT : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;

 

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 3 nobles de la Chapelle Saint-Samson

Alain HINGANT de Trenblais (100 livres de revenu) : défaillant ;

Bertrand LADVOCAT (5 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Olivier SIMEON (80 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;

 

Lors d'une réformation de l'évêché de Dol en 1513 (rapport fait en partie par Pierre Rondel, Michel Gouault, Yvon L'Abbé et Jamet Le Boucher, élus), sont mentionnées à Notre-Dame de Dol les personnes et maisons nobles suivantes :

Guillaume Garrel possède le manoir de Lergay ;

Le manoir de Bellelande, appartenant à la dame de la Bellière ;

Eustache Rouxel (Rouezel), noble homme, avocat de Dol, possède le manoir de Beauvais (ou Beauvays) ;

Guillaume Le Gallays, sieur de Chantelou et de Lourmelet ;

Olive de Chèse, veuve de feu Guillaume Artur, lieutenant de la cour de Dol.

 

Lors d'une réformation de l'évêché de Dol en 1513, aucun noble ni manoir noble est mentionné de L'Abbaye sous Dol (l'Abbaye près Dol).

Lors d'une réformation de l'évêché de Dol en 1513 (rapport fait en partie par Olivier Le Roux, Guillaume Jehan et Hamon Jehan, élus), sont mentionnées à Carfantein (ancienne paroisse du diocèse de Dol) les personnes et maisons nobles suivantes :

Jean de la Fontaine, gentilhomme.  

Olivier de la Moussaye, gentilhomme.  

La maison du sr. de Halonze (?) appartenant à Pierre Lenfant de mesme que les métairies nobles de Cardeguen et de le Noë.  

Marguerite Montereul demoiselle possède le manoir de Launay. Laditte Marguerite veuve de Thomas du Pont, et avant femme de Guillaume Guybert, comme aussi la métairie de la Crochardière.  

Arthur de Margat et Michelle Guybert, sa femme possèdent la métairie du Chesne.  

Jean Le Bourdays avocat, tient la métairie de Bienluyvient.  

Guillaume de Vauclerc tient la métairie de Lourme-Morvan.  

Philippes Poirier tient la métairie de l'Epinay.  

Jacques Huguet, à cause de Renée de Cobaz se mère, tient la métairie de la Maison-Neuve.  

Guillaume Blanchart, sieur de la Buharaye, tient la métairie de la Forest-Harauld.  

Gilles du Cabaz, sr. de la Chapelle-Cobaz, tient les métairies de la Haute-Brusleraye, de Chatteville et du Pont-Girouard.  

Bertrand de Poilly, à cause de Marie Chouffe sa femme, et Eustache Vauclerc possèdent la métairie de la Basse-Brusleraye.  

Charlotte de Lanvallay, dame du Vaudoré, tient la métairie des Orgerils.  

Gilles Lescain, sr. de Chasteau d'Assy, tient la métairie du Rouvray.  

La métairie du Clos autrefois appartenant à Allain Le Prevost et depuis à Briand de Pleumagat, sieur de Treveleuc, et laquelle fut acquise par feu Maistre Thomas James évesque de Dol, de laquelle il fonda son obit.  

Allain Chazault et Guillemette Poirier possèdent la métairie du Tertre-Martin, qui fut à Gillette Hirel et depuis à Olivier Landays.  

Amonnette Blanchart, comme garde de Gilles Pailleuc  son fils, tient la métairie de Pont-Girouard, qui fut à M. Charles Pailleuc, avocat, et depuis à Jehan Pailleuc son fils.  

Jehan Eon, sieur de la Rouauldaye et Amaurye de Han sa femme, possèdent la métairie de Pont-Girouard.  

(Eustache Vauclerc).

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